Météo informatique : Tsunami Cloud/SaaS à l’horizon ! Première partie : l’alerte !


Tsunami 1 De nombreux animaux, terrestres et marins, seraient capables d’anticiper un Tsunami, bien avant l’arrivée de la vague assassine, ce que les humains ne savent pas faire.

Je vous propose de jouer le rôle de ces “vigiles avancés” et de vous annoncer que :
le plus grand Tsunami qui a jamais frappé l’industrie l’informatique c’est déclenché ; il va, rapidement, submerger toutes les “plages informatiques” existantes.

Le nom de ce Tsunami : Cloud/Saas.


Une longue expérience des ruptures technologiques

Crevasse L’industrie informatique a déjà connu, au cours de ses 50 années d’existence, de nombreuses ruptures, des changements profonds :
- Les postes de travail graphiques, Macintosh puis Windows.
- Internet 1 ère génération : interconnexion des machines.
- Internet 2 éme génération, le Web = Interconnexion de pages.
- Internet 3 ème génération, le Web 2.0 = Interconnexion de personnes.
- L’invasion des ERP / PGI.
- Les communautés Open Source.
- ...

Le Tsunami Cloud/SaaS s’annonce comme la mutation la plus forte, la plus universelle, celle qui va impacter le plus en profondeur tous les secteurs de l’industrie informatique.

Il me faudra plusieurs textes pour essayer d’anticiper ses impacts (ses dégâts ?), mais avant, il est nécessaire de faire des rappels rapides, sur les concepts de Cloud Computing, de SaaS (Software as a Service) et d’innovation.


Rappel 1: Cloud Computing et SaaS (Software as a Service)

Ce sont deux concepts avec lesquels les lecteurs attentifs de mon blog sont familiers.
L’article anglais de Wikipedia sur le sujet est une remarquable mine de renseignements.

Cloud Computing plane @ - Le Cloud Computing, ce sont des infrastructures informatiques partagées, mises à la disposition des clients comme un service “Internet”.
Cette énergie informatique est :
+ Illimitée, en pratique.
+ Modulaire, que l’on peut consommer “à la carte”, en ne payant que ses besoins, qui peuvent varier selon les taches et les moments.

Saas - Les caractéristiques “fondatrices” des solutions SaaS :
+ S’exécutent sur des infrastructures Cloud Computing.
+ Sont nativement “multi-tenants” (multilocataires), ce qui signifie que la même instance du logiciel est partagée par de très nombreux clients.
+ Sont facturées comme un service, le plus souvent au temps et au nombre d’utilisateurs.

 Migration vers Cloud : SaaS Tous les acteurs de l’industrie informatique doivent se préparer à cette double rupture.
Toutes les entreprises doivent se préparer à cette double rupture.


Rappel 2 : l’innovation expliquée par Christensen

Clayton_christensen Clayton Christensen a révolutionné la compréhension que nous avons de l’innovation en publiant plusieurs livres sur ce sujet ; le premier de la série est “The Innovator’s dilemna”.

J’en ai souvent parlé dans mon blog ; c’est, à mon avis, la clef la plus puissance que je connaisse pour décrypter les évolutions d’une industrie qui évolue aussi vite que celle de l’informatique.

Sur ce schéma, très simplifié, de la démarche présentée par Christensen, je m’intéresse en priorité aux marchés de type C, pour Continuité.
Modèle Christensen-Tsunami Cloud:SaaS
Leurs caractéristiques :
- Des produits ou services surdimensionnés par rapport aux attentes de la grande majorité des consommateurs.
- Des acteurs dominants, en position de monopole ou d’oligopoles.
- Des innovations de continuité, qui ont de plus en plus de mal à “enthousiasmer” les acheteurs potentiels.

Ce que démontre brillamment Christensen, c’est qu’il n’est pas possible d’attaquer avec succès, de front, les leaders de ces marchés de type C en proposant des solutions similaires.
Il est indispensable d’innover, avec des produits et services de type R, pour Rupture.
Cette rupture peut prendre plusieurs formes :

Moto family - Des fonctionnalités nouvelles, que n’ont pas les produits existants ; un bon exemple est le premier iPhone d’Apple.

- Des coûts beaucoup plus bas, pour des services proches ; la Logan de Dacia/Renault en est un bon exemple.

- Miser en priorité sur le marché des “non-utilisateurs” : c’est le cas de la voiture indienne Nano qui cible les millions de familles qui voyagent encore en moto !


Topologie des secteurs informatiques impactés

Ce double rappel permet de mieux comprendre quels sont les marchés de type C qui ont tout à craindre de l’arrivée des solutions R, que sont le Cloud Computing et le SaaS.

Plages SI tsunami Tous les secteurs de l’industrie informatique “historique” sont directement touchés par cette double rupture, qui peut mettre à mal leur leadership actuel.

En fait, il est plus facile d’identifier les secteurs non impactés !

Dans mes prochains textes, je vais analyser les marchés qui seront les plus impactés par le Tsunami Cloud/SaaS.
Ce sont :
- Infrastructures : vendeurs de serveurs. En migrant sur le Cloud, les entreprises vont réduire le nombre, voire éliminer les serveurs qu’elles installent dans leurs Intranet.

- Infrastructures : matériels et logiciels des postes de travail historiques. Les CWR, Client Web Riche, majoritairement mobiles, serviront en priorité à accéder des usages SaaS sur le Cloud, depuis un navigateur.

- Fournisseurs de réseaux, filaires et sans fil. S’ils ne réagissent pas rapidement, ils sont condamnés à ne devenir que des vendeurs de “tuyaux”, sans différentiation, sans valeur ajoutée forte.

- Solutions logicielles transverses, bureautiques et “participatique”. Ce seront les premières applications à migrer en mode SaaS, car leur nature “universelle” représente un marché prioritaire, car gigantesque. Il y a au minimum 700 millions d’utilisateurs d’Office dans le monde !

- Editeurs d’ERP et progiciels intégrés. Les solutions SaaS privilégient une approche “Best of Breed”, avec des services spécialisés.

- SSII et sociétés de conseil. Il est “très” difficile de vendre des contrats millionnaires en euros, pour des développements spécifiques ou de l’”intégration” quand les solutions SaaS ont des coûts qui se mesurent en ... milliers d’euros !

- DSI et équipes informatiques internes.  Quand le pouvoir d’une DSI se mesure au nombre de serveurs gérés, à la taille des équipes et aux budgets d’investissements, une migration vers des solutions Cloud/SaaS aura peu de probabilités d’être accueillie à bras ouverts par les informaticiens de l’entreprise.

Boxing SaaS vs IT industry Dans tous ces domaines, il existe des entreprises informatiques très puissantes, proposant des solutions haut de gamme, qui maîtrisent très bien leurs marchés, bien implantées chez leurs clients.
Elles ont compris les dangers que représente ce Tsunami Cloud/SaaS ; il ne faudra pas s’étonner de leurs réactions fortes de défense de leurs territoires menacés.


Quand ?

Chrono arrivée Tsunami Reste une question complexe, essentielle, qui est celle du calendrier de l’arrivée de ce Tsunami Cloud/SaaS :

- Arrivera-t-il en plusieurs vagues, de plus en plus fortes ?
- Est-ce que toutes les “plages informatiques” seront touchées en même temps ?
- Les barrages que vont tenter d’établir les leaders actuels pourront-ils ralentir, voire bloquer ce Tsunami Cloud/SaaS ?

Microsoft et Intel : divorce annoncé !


Divorce Intel Microsoft Wintel ? Windows + Intel.  Depuis 1981, le destin de ces deux entreprises est intimement lié et ce couple très uni a été à l’origine du succès du PC, l’un des produits les plus emblématiques des 30 dernières années.

En 2009, l’une des annonces les plus importantes dans l’industrie informatique mondiale est le... divorce de ces deux acteurs !
Les premières actions de séparation ont commencé et tout devrait être consommé d’ici la fin de l’année 2010. 


Un mariage très profitable... jusqu’en 2008

SItuation 2008 Intel Microsoft Pendant trois décennies, le couple Wintel a largement dominé le marché des postes de travail.
Fin 2008, il y avait un peu plus de 1 000 millions de PC en fonctionnement, pour accéder au Web, à un Intranet ou à un Système d’Information classique.

Il y avait quelques concurrents, mais la domination de Wintel restait très forte :
- Intel a environ 80 % du marché, AMD et VIA se partageant le reste.
- Windows a environ 90 % du marché, face à MacOS et Linux.

Les premiers nuages ont commencé à apparaître dans ce ciel bleu, en 2007, quand les smartphones équipés d’un véritable navigateur, iPhone et autres G1 Android ont connu un succès très rapide.
Un peu moins de 100 millions d’OAI, (Objets d’Accès Internet) sont opérationnels aujourd’hui.

Résultat immédiat : alerte maximale chez Intel, qui a bien compris que l’essentiel de la croissance du marché risque de lui échapper !


Les risques, bien compris par Intel

Sans être dans le secret des dieux, j’imagine assez bien les réunions de stratégie qui se sont déroulées chez Intel.

Quelles seront les grandes tendances du marché informatique en 2012 ?

PC shipments Q1 2009 - Les PC classiques de bureau (desktop) sont une espèce en fin de vie.
Selon une étude de iSuppli, la chute des ventes PC de bureaux a été de 23 % au premier trimestre 2009, par rapport à l’année précédente, quand la chute globale du marché n’a été “que” de 8 %.

SItuation 2012 Intel Microsoft - La croissance du marché viendra en priorité des OAI mobiles légers, smartphones, smartbooks et autres netbooks. J’estime que, fin 2012, le nombre de ces OAI utilisés pour des usages “navigateurs” sera équivalent à celui des PC classiques, de bureaux et portables.

Sur ces marchés en croissance, le couple Wintel est un ... nain économique :

- Les processeurs sont fournis en priorité par ARM, Via et Qualcomm, qui ont une forte compétence dans les processeurs orientés communication et multimédia, à faible consommation.
Qualcomm snapdragon Intel est présent grâce à Atom, mais ce dernier ne peut pas, aujourd’hui, équiper autre chose que les Netbooks.
L’offre Snapdragon de Qualcomm est un bon exemple de plateforme très bien adaptée à cette nouvelle génération d’OAI.

Windows XP on Netbooks - Windows n’est pas adapté à ces plateformes. Microsoft a réussi à contenir la diffusion de Linux sur les netbooks en bradant Windows XP.

Windows 7 on a Netbook Microsoft a annoncé qu’une “version du pauvre” de Windows 7 sera disponible pour ce marché, mais elle sera dépouillée de l’essentiel des fonctionnalités qui pourraient rendre ce nouveau produit intéressant.

Microsoft a quand même eu la décence de supprimer la limite de trois applications fonctionnant en simultanéité, qu’il avait initialement annoncée.  Les premiers tests de performance ont montré que Windows 7 a des performances équivalentes à ... Windows XP.

La seule alternative réaliste consistera à continuer à proposer Windows XP, mais ce n’est pas avec ce produit que Microsoft pourra assurer la croissance de son CA et de ses marges.

- De très nombreux systèmes d’exploitation, en majorité Open Source, sont proposés pour ces OAI mobiles : Android de Google, Symbian de Nokia, LiMo (Linux Mobile) et de très nombreuses variantes de Linux, à commencer par Ubuntu.

Android Developers - Pour réussir sur ces nouveaux marchés, la clef de la réussite tient en deux mots :
+ Communautés de développeurs
+ Open Source

C’est bien la raison qui a poussé (obligé ?) Nokia à mettre en Open Source Symbian !

Amazing storms Vu par Intel, le panorama est pour le moins très inquiétant :
- Mes processeurs ne sont pas les mieux adaptés à ces nouveaux marchés.

- Mon partenaire historique, Microsoft, propose un système d’exploitation qui n’a aucune chance de s’imposer sur ces marchés en forte croissance.

Conclusion : nous devons réagir ! Et ils l’ont fait, rapidement ! Bravo !


Intel, une contre-attaque fulgurante

Juin 2009 : Intel fait trois annonces majeures, qui montrent que ses dirigeants ont bien compris la menace et ont su réagir.

1 - Rachat de Wind River
WindRiver HP Pour environ 900 millions de dollars, Intel va racheter Wind River.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce nom, Wind River a été créée en 1981, l’année du premier PC ! C’est le leader mondial des solutions logicielles pour les “systèmes embarqués” (Embedded systems), avec une très longue expérience de solutions fiables, économiques et faibles consommatrices d’énergie.
Intel collaborant depuis plus de 10 ans avec Wind River, il ne faudra pas attendre très longtemps pour voir arriver des premiers produits communs destinés aux OAI mobiles d’entrée de gamme.

2 - Avec Moblin, Intel devient ... éditeur de système d’exploitation
Moblin logo Moblin ? Vous allez en entendre parler, très souvent !
Moblin n’est pas un “produit Intel”, c’est une version de Linux, optimisée pour les objets mobiles, comme le montre clairement leur site, mais derrière laquelle Intel met toute sa puissance, financière et marketing.

Moblin charter Ce sera une option de plus, pour les fabricants d’objets mobiles, quand ils devront choisir un système d’exploitation. Android ou Moblin ? Symbian ou Ubuntu mobile ?
Il y a moins d’un an, aucune de ces options Open Source n’existait !
Avant la fin de l’année 2009, entre 15 et 20 modèles de smartphones Android seront commercialisés dans le monde, par HTC, Motorola, Samsung ou d’autres.

Ne me demandez pas de pronostiquer quelles seront les parts de marché de chacun de ces différents systèmes d’exploitation Open Source sur objets mobiles en 2012 ?
Ce que je peux vous garantir, par contre, c’est que, ensemble, ils représenteront plus de 80 % du marché total.

3 - Intel s’allie avec Nokia
Nokia N800 Nokia est encore le numéro un des fabricants de téléphones mobiles, avec environ 40 % de part de marché.
Par contre, Nokia a complètement raté son entrée sur les marchés porteurs des smartphones à interface tactile et des netbooks.
Nokia vient aussi d’annoncer l’arrêt de ses MID (Mobile Internet Device), de première génération, la série N800.
Aucun des objets mobiles fabriqués par Nokia n’avait, jusqu’à aujourd’hui, de processeurs Intel.

Nokia - Intel Wedding Mon analyse est relativement simple, voire “primaire” :
- Intel n’a pas réussi son entrée sur le marché des OAI mobiles, mais est un grand du processeur.
- Nokia n’a pas réussi sur le marché des smarphones modernes, mais est un grand du téléphone mobile.
En s’associant, Intel et Nokia peuvent capitaliser sur leurs forces respectives pour rattraper leur retard actuel sur un marché qui est encore petit et où il n’y a pas encore de leaders en position de monopole.
De très nombreux articles ont déjà été écrits sur ce sujet, par Bloomberg, rethinkwireless, eweek, zDNet et bien d’autres.

Bravo Intel ! Je pense que, pendant les mois qui viennent, de très nombreuses annonces complémentaires vont confirmer ce virage stratégique d’Intel, pour prendre des parts de marchés importantes sur un grand marché mondial porteur.


Et Microsoft ? Quelles options pour remplacer son conjoint Intel ?

Windows vache à lait Quelles sont les nouvelles pistes de croissance pour Microsoft, qui a parfaitement compris que son produit leader Windows, “vache à lait” est sur un marché stable, voire en décroissance ?

Quels sont le, ou les nouveaux “conjoints” qui pourraient se substituer à Intel pour créer un nouveau couple pour succèder à Wintel ?

Ballmer defend its empire

Je n’aimerais pas être à la place de Steve Ballmer, aujourd’hui !

Je viens de lire le dernier numéro de l'une de mes revues favorites, BusinessWeek, et j'adore sa nouvelle couverture, qui traite d'un thème ... proche de celui de ce blog !

29 juin 2009 : information complémentaire.

Intel a aussi pris une participation dans "Imagination Technology", une entreprise spécialisée dans les processeurs graphiques pour objets mobiles.  L'autre actionnaire important est... Apple qui utilise ces processeurs dans les iPhones.

On peut lire un article intéressant à ce sujet sur RethinkWireless.

Jacques Attali, ou la mauvaise éducation !

La mala educación Je n’avais pas prévu de publier ce texte, mais il y a des limites à la “désinvolture” et un bon coup de gueule, cela fait parfois du bien !

Jeudi 25 juillet, juin 19h30 : avec deux cents personnes, je suis installé dans un amphithéâtre de l’école Télécom ParisTech ; nous attendons l’arrivée de Jacques Attali, qui doit animer une conférence autour du thème “Technologie et Pénurie”.

Les organisateurs ont très bien préparé la réunion, tout est prêt, il ne manque plus que... le conférencier.

Tous les téléphones portables se mettent en œuvre, on a “perdu Attali”.
Attali Paris Tech Aucune nouvelle, aucune information, aucune excuse, notre Jacques national a disparu, son GPS doit être en panne, son téléphone portable n’a plus de batterie... c’est un MIA (Missing In Action).

La salle reste étonnamment calme, les organisateurs s’affairent, mais ... rien.
Il y a un piano sur la scène : un appel au public pour savoir s’il y a “un pianiste dans la salle”, ne donne aucun résultat.

Ces deux cents personnes avaient fait un gros effort pour venir, après une journée de travail, beaucoup avaient payé leur inscription.
A titre d’exemple, j’avais animé un séminaire Web 2.0 de 9h à 17h30, couru pour être à l’heure à un RV avec un éditeur de solutions SaaS à 18h15 et me précipiter rue Barrault pour assister à cette conférence dont j’espérais beaucoup.

A 20h10, les organisateurs doivent se résoudre à annoncer que la conférence de Jacques Attali est annulée.
Ils ont, eux, eu l’élégance d’inviter les participants à partager le buffet qui avait été prévu pour permettre des échanges avec Jacques Attali après sa conférence.

Piétiner avec autant de désinvolture le travail des volontaires qui avaient investi temps et effort pour organiser cette conférence, mépriser 200 personnes qui avaient fait l’effort de venir après une journée de travail, obliger les organisateurs à rembourser les inscriptions, sans même prendre la peine de prévenir...
sans commentaires.

Exactitude, Politesse rois A la place des organisateurs .... j’enverrai demain à Jacques Attali la facture des dépenses d’organisation de cette conférence, y compris, bien sûr, le coût du buffet, ensemble de dépenses qui auraient été couvertes par le montant des inscriptions.

 Monsieur Attali, j’avais appris que :

L’exactitude est la politesse des rois.

Il vous reste encore quelques textes à digérer !

J’allais oublier un “détail” : cette conférence n’était pas rémunérée !
Tout a une explication..


Attali TV Il m’est ausi revenu à la mémoire un récent clash, à la télévision, quand Jacques Attali avait quitté le plateau d'une émission de Laurent Ruquier car il s’y ennuyait !

Jacques AttaliJ’avais pris cette photo de Jacques Attali lors des rencontres d’Opio 2008, qu’il avait daigné honorer de sa présence.

J’allais oublier un “détail” : à Opio, pour son intervention de 30 minutes, il avait encaissé des honoraires qui dépassait le salaire annuel d’une personne payée au SMIC.

Et si l’exactitude de Jacques Attali avait un prix, un coût ?

DSI : des réactions fortes et positives face aux challenges économiques actuels


Logo Finaki Couleur La vingtième édition des entretiens informatiques annuels organisée par Finaki à Opio a eu lieu du 18 au 21 juin 2009.

Le thème général de ces rencontres était, et cela n’étonnera personne :

Crise et Incertitude : accélérateurs de transformation de l’IT


Les Entretiens informatiques d'Opio, en quelques mots

Président Opio 2008 4s 80 DSI de grandes organisations, 80 représentants des différents métiers de l’offre informatique, éditeurs de logiciels, fournisseurs de matériels, SSII... se retrouvent chaque année à Opio pour partager leurs expériences et travailler sur des thèmes choisis par un comité de DSI, dont le président était cette année Mr Michel Delattre, Directeur des Systèmes d’Information Groupe de La Poste.
(Revevol faisait partie des fournisseurs présents)

Les entretiens sont aussi un lieu de networking intense où les fournisseurs, qui payent leur participation, rencontrent les DSI qui, eux, n’ont à payer que leur voyage !
Plus de 50 % des participants viennent accompagnés de leur conjoint(e), ce qui ajoute une très agréable touche de convivialité à l’événement.

Les entretiens d’Opio arrivent à maintenir un bon équilibre entre fournisseurs et DSI. A l’inverse de la majorité des rencontres organisées par un grand fournisseur ou d’autres événements, chacun est libre de rencontrer qui il souhaite, de choisir sa table ronde, ses activités sportives...

Philo 1s La conférence de clôture est toujours animée par une personnalité qui ne vient pas du monde de l’informatique.
Cette année, c’était le philosophe André Comte-Sponville qui avait été invité.

Il avait publié il y a 5 ans un livre, prémonitoire, sur le thème : “Le capitalisme est-il moral”.
Le thème de sa conférence à Opio était donc, tout naturellement :

“Le Capitalisme, la Crise et la Morale”

Le Capitalisme est-il moral ? Par une coïncidence amusante, il parlait deux jours après que les candidats au bac aient planché sur leur épreuve de philosophie.

L’attention avec laquelle le “who’s who” de la profession informatique a suivi cette conférence était impressionnante et les questions posées lors du débat qui a suivi ont été très pertinentes.
Ceux qui croient encore que les informaticiens ne s’intéressent qu’à la technologie auraient été très surpris de voir combien ils se passionnaient pour ces thèmes, et les références fréquentes à Aristote ou Kant n’avaient vraiment pas l’air de les déstabiliser !


Les tables rondes

L’essentiel du travail se fait à Opio lors de tables rondes qui se réunissent deux fois sur des thèmes choisis par le comité de programme.
Animateurs 2s Chaque table ronde est animée par un DSI et regroupe DSI et fournisseurs.

Les 7 thèmes traités cette année à Opio étaient :
- Apte à gérer l’incertitude ?
- Le défi budgétaire
- Le DSI dans l’entreprise citoyenne
- Vers de nouvelles relations clients-fournisseurs ?
- Les Hommes de la DSI de demain
- La nouvelle entreprise étendue
- Industrialisation et Flexibilité : quel compromis ?

J’ai été très impressionné par la qualité du travail réalisé par ces tables rondes. J’espère que le contenu de ces travaux sera rapidement rendu public pour en faire profiter tous les informaticiens.

Cette année, la méthode choisie pour la restitution des travaux était originale et très efficace.
Fiche synthèse Défi budgétaire Chaque table ronde a publié, à la fin de ses travaux, un document de synthèse présentant :
- Les conclusions clefs
- Les questions restées ouvertes
- Les points qui rassemblent
- Les points qui divisent

Ensuite, tous les participants, réunis en petits groupes, ont commenté et travaillé sur les sept thèmes pendant plus de deux heures.
Etoiles 12s Les iPhones et autres Blackberry dont sont équipés tous ces responsables sont restés silencieux pendant toute la séance, ce qui est le meilleur symbole de l’intensité et du sérieux des débats.
Bravo aux organisateurs pour avoir imaginé ce processus innovant de restitution des résultats, qui évite la séance classique et souvent soporifique “Powerpoint” !


Travailler, oui, faire la fête, aussi !

Orchestre 2s Pour fêter le 20ème anniversaire des rencontres d'Opio, le diner de clôture avait lieu sur la plage de Cannes, devant le Martinez.
Au cours de la soirée, Philippe Courqueux, DSI de CORA, a été intronisé Président des Rencontres d’Opio 2010, ce qui a été fêté par l’orchestre qui animait le diner.

Jean Chavinier, DSI groupe de Pernod Ricard, nous a ensuite fait profiter des excellents produits de son entreprise en organisant un “open-bar ” qui a duré fort tard dans la soirée...


Synthèse rapide

LNs Les mots clefs que j’ai le plus entendus, qui apparaissent le plus souvent dans les fiches de synthèse sont :
- Flexibilité, rapidité et industrialisation.
- Relations de confiance avec les différents partenaires.
- Importante de la gestion des ressources humaines.
- Contrôle, transparence, traçabilité des coûts.

Il m’arrive parfois dans ce blog de m’interroger sur la pertinence de certains choix et décisions des DSI.  Je suis d’autant plus à l’aise pour les féliciter du sérieux de leurs travaux à Opio 2009 !

Roland Garros : l’informatique au “service” de la performance


DSI FFT 2s J’ai accepté avec plaisir une invitation d’IBM à visiter les coulisses informatiques du tournoi de Roland Garros.

Alex Loth, DSI de la FFT (Fédération Francaise de Tennis) a pu me consacrer un long moment malgré un agenda qu’il est facile d’imaginer très chargé en cette période ; qu’il en soit remercié.


Un projet commun, IBM et FFT

Logo fft IBM est le partenaire informatique de la FFT depuis 24 ans, sans interruption ; le premier site Web a été ouvert en 96, quand “Lotus Notes” est devenu le serveur Web Domino.

Le projet Roland Garros 2009 a débuté en septembre 2008, avec des équipes mixtes IBM et FFT.

Logos tennis grand chelem La solution informatique développée par IBM couvre les quatre grands tournois du grand chelem, US Open, Australian Open et Wimbledon en plus de Roland Garros.

Alex Loth a des échanges mensuels avec les DSI des trois autres grands tournois, pour partager, échanger et s’apporter mutuellement des idées nouvelles.
Même si l’essentiel des applications est commun, il faut adapter les solutions aux contextes spécifiques de chaque tournoi. A titre d’illustration, le suivi des “amorties” n’est pas fait à Wimbledon, où la surface ne se prête pas à ce type de jeu.

Il y a jusqu’à 50 personnes d’IBM présentes à Roland Garros pendant les 15 jours du tournoi. La majorité est composée d’anciens joueurs de tennis, souvent classés ; la connaissance du “métier” est souvent un plus pour les informaticiens !
Les équipes sont sur place une semaine avant le début du tournoi.


Architecture informatique

Roland Garros Architecture Ce schéma est une représentation, très simplifiée, de l’architecture informatique mise en œuvre pendant le tournoi.

Tout le territoire de Roland Garros est couvert par deux boucles optiques Giga Ethernet. Toutes les données, images, son, mesures sont nativement saisis en mode IP.

Quelques chiffres intéressants :
- 5 700 prises Ethernet (RJ45) sont utilisées.
- Il y a dix capteurs techniques par court : température, humidité...
- L’arbitre est équipé d’un PDA relié lui aussi au réseau par une prise RJ45.
- Sur chaque court, une personne choisie par la FFT pour son excellente connaissance du tennis, équipée d’un PDA, est chargée de “marquer” chaque point joué : ace, faute directe...
- Sept courts sont équipés pour une retransmission télévisuelle. Le nombre de caméras est de 17 sur le central (Philippe Chatrier), de 12 sur Suzanne Lenglen, plus réduit sur les autres.
- Les sept courts principaux sont équipés de radars pour la mesure de la vitesse des services et des différents échanges ; ces radars sont pilotés par des personnes qui suivent les échanges.
- Les mesures sont effectuées tout les 1/200 de seconde, en temps réel.

Serveurs transportables-s Pour le traitement local des données, IBM transporte des serveurs Power6 dans des containers ; ceci permet, dès la fin du tournoi, de les envoyer immédiatement à ... Wimbledon ; bien vu !

Ces données sont immédiatement transmises sur le “Cloud”, aux différents centres de calcul d’IBM, dont Atlanta. C’est sur ces serveurs que les internautes accèdent aux résultats.
Slam tracker Il y a peu cette année, jusqu’à 200 000 visiteurs simultanés pour suivre les résultats.

Il est intéressant de constater que c’est en semaine que le nombre de visiteurs est le plus élevé ; pourquoi ?
Ce sont des accès qui viennent des entreprises ! Pendant le week-end, les fans du tennis préfèrent la télévision, mais se contentent du Web sur leurs lieux de travail !
Voila une information qui va encore augmenter la défiance des dirigeants "traditionnels" vis-à-vis des usages d'Internet au bureau.


Des innovations permanentes

Shoot tracker Wimbledon Tous les ans, IBM et la FFT proposent de nouvelles fonctionnalités et abandonnent des solutions qui n’avaient pas été plébiscitées par le public.
C’est par exemple le cas du “tracker” qui permettait de visualiser, en 3D, un échange et ne fait plus partie des options disponibles

IBM Visual Match Safari Dementieva  Cette année, la principale innovation avait pour nom VisualMatch, évidemment en version ß.
VisualMatch permet de revivre le fil d’une partie, point par point en visualisant la domination progressive d’un joueur sur l’autre.


Couverture télévision

Car Régie Vidéos Huit cars de régie TV sont présents à Roland Garros, un pour chaque court équipé.
A l’intérieur de chaque car, trois équipes travaillent en parallèle :

- Les responsables des images, qui pilotent les différentes caméras (17 sur le central) donnent des ordres aux cameramen, choisissent les images qui seront transmises en régie centrale pour les différentes chaînes qui retransmettent les parties.

Ajout Stats 2s - Une petite équipe chargée de préparer les “incrustations” informatiques telles que les statistiques, les scores ou des informations sur les échanges.

- Une troisième équipe, soigneusement isolée des deux autres, s’occupe des bandes sons.

Pendant les matches, il y règne une ambiance très tendue, très pro ; les responsables de chaque régie doivent gérer en temps réel les images, les incrustations, le son, les directives aux différents acteurs...

Pour la France, c’est France Télévisions qui distribue les images. D’autres chaînes ont fait des propositions financières plus élevées à la FFT, mais FT a été choisie, car ils peuvent proposer la meilleure couverture en nombre d’heures en utilisant France 2, France 3 et France 4 en clair.

Comme les images sont saisies nativement en numérique, IP, j’ai bien sûr demandé pourquoi il n’était pas possible de suivre directement les matches sur Internet.
C’est uniquement pour des raisons de droits et de publicité ; les seules images disponibles sur Internet sont celles proposées par des sites “pirates”, en majorité chinois, qui réinjectent les images sur Internet !
J’ai cru comprendre que cet “Interdit Internet” ne devrait pas durer très longtemps, car il est difficile de bloquer trop longtemps l’innovation technologique.

Toute cette technologie de pointe IBM est aussi utilisée pour deux autres grands sports majeurs, la couverture des grands tournois internationaux de Golf et la NFL, National Football League aux USA.


Un “gros” regret !

No entry Je n’ai, hélas, pas pu assister à un seul match ! IBM, l’un des principaux sponsors du tournoi, disposait de places, mais... pas pour moi ; dommage !

La première conférence européenne Cloud Computing, à Prague


Entrée cathédrale 2 s Prague, quelle belle ville !

C’était le lieu choisi par SYS-CON pour organiser leur premier congrès en Europe sur les thèmes Cloud Computing et Virtualisation.

Cloud Computing Prague Hilton SYS-CON se présente comme “the World’s Leading i-Technology Media Company” et organise de très nombreux congrès aux USA, sur le Cloud Computing, la Virtualisation, AJAX, SOA, et autres thèmes d’actualité.

Cloud Computing conference Santa clara 2 Le prochain congrès sur ces thèmes aura lieu à San Francisco en novembre 2009 et Jeremy Geelan, le responsable de ce premier congrès en Europe, m’a confirmé qu’une deuxième édition aura lieu en 2010, à la même période de l’année, dans un lieu non encore choisi.


Remarques générales

Room 2s Cette première édition européenne a réuni quelques centaines de participants, ce qui, compte tenu des circonstances économiques, est un bon résultat. C’était vraiment un congrès européen ; j’ai rencontré des Français, des Russes, des Espagnols, des Tchèques et beaucoup d’autres pays étaient représentés.


Cloud Sky bar 2s Je m’étais demandé pourquoi SYS-CON avait choisi l’hôtel Hilton (très Hilton !) pour ce congrès alors qu’il y a tant de superbes hôtels anciens à Prague. J’ai découvert pourquoi quand ... j’ai vu le nom du bar qui se trouve au 9e étage : “Cloud9 sky bar & Lounge !

Le programme était très riche, et il était impossible d’assister à toutes les présentations, car il y avait souvent trois conférences en parallèle.

Je ne vous parlerai pas de ma présentation, qui a été suivie par beaucoup de personnes ; vous pouvez trouver une copie de mes supports, ici.(en Anglais).
Je préfère présenter les trois thèmes qui m’ont paru les plus originaux, les plus d’actualité :
- Naissance de la Cloud Security Alliance.
- EyeOS, pour créer des “nuages privés”.
- Cloud Computing et Virtualisation.


Cloud Security Alliance

Cela a été, pour moi, l’intervention qui m’a le plus appris. Le conférencier, Jim Reavis, est l’un des initiateurs et le nouveau Président de la Cloud Security Alliance, une association qui a pour but de répondre à tous les défis potentiels de sécurité que peuvent poser les solutions Cloud Computing et SaaS.
CSA White paper Ils ont publié un remarquable document, en anglais, de 90 pages, qui fait l’inventaire de tous les défis de sécurité ; il est disponible, gratuitement, sur leur site.
C’est une lecture indispensable pour toute personne qui s’intéresse, comme client ou fournisseur, au Cloud Computing.

Cette association regroupe des acteurs de la sécurité, tels que PGP et Qualys, des clients tels que les banques Barclays et ING, des fournisseurs comme Dell, Sun (Oracle) ou HP.
Cette initiative est passionnante, car elle permet d’attaquer immédiatement les problèmes potentiels de sécurité, alors même que le mouvement vers le Cloud Computing n’en est encore qu’à ses débuts.

Il y a aussi deux lectures négatives possibles de ce document :
- Je vous l’avais bien dit, le Cloud Computing est plein de risques, il ne faut pas y aller !
- Ce document ne présente aucune solution à des problèmes potentiels graves, il est inutile !

Je préfère, vous vous en doutez, en faire une analyse positive ; plus tôt on aura identifié les risques, plus rapidement on sera capable de proposer des solutions.


Eye0S, une option Open Source pour des “Private Clouds”

Pau Garcia s Bravo à SYS-CON pour avoir invité le “benjamin” des conférenciers, Pau García Mila, un catalan de 22 ans ! (Ne lui dites surtout pas qu’il est Espagnol, il rectifiera immédiatement !).

A 17 ans, il a commencé à travailler sur EyeOS, un projet Open Source permettant de créer des “nuages privés”, qui ne mettent pas nos données entre les mains des grands clouds publics tels que Amazon ou Google. Il est, sur ce point, dans la droite ligne du discours de Richard Stallmann, gourou historique du “Free Software”, et qui mène une campagne acharnée contre le Cloud Computing.

EyeOS private vs public cloud J’ai un peu de mal à comprendre le positionnement d’EyeOS, mais l’initiative est sympathique et il est toujours encourageant de constater que la nouvelle génération des “Digital Natives” ne se borne pas à utiliser les outils du Web 2.0, mais est aussi capable de participer activement à leur conception et leur réalisation.


Cloud Computing et Virtualisation

Comme ils le font aux USA, SYS-CON avait regroupé dans la même conférence les thèmes “Cloud Computing” et “Virtualisation”.
Les raisons économiques sont évidentes :
- Un marketing plus efficace.
- Un plus grand nombre d’exposants potentiels
- Des participants plus nombreux, sans doubler le coût de la manifestation.

Future 5 public, 500 private clouds Sur la complémentarité de ces deux thèmes, deux thèses opposées se sont “confrontées” pendant le congrès, et méritent qu’on approfondisse le sujet :
L’un des intervenants a fait un prognostic “dérangeant” :


En 2015, il n’y aurait que 5 nuages publics et 500 nuages privés !

- Cloud Computing et Virtualisation sont “cousins germains”.
- Cloud Computing et Virtualisation sont deux thèmes disjoints, souvent en opposition.

Ce n’est pas, à mon avis, un sujet anodin, car il sera au centre de nombreux débats dans les années qui viennent. J’aurai l’occasion d’y revenir souvent.

Les partisans de la première approche sont pour l’essentiel des fournisseurs historiques, qui voient dans la virtualisation et la création de “nuages privés” la possibilité de continuer à commercialiser leurs solutions existantes.

Je suis un grand fan de la virtualisation, qui permet à une entreprise d’optimiser ses ressources, réduire ses budgets et sa consommation électrique. Je suis moins convaincu de la pertinence du concept dans une véritable logique Cloud Computing.

VMWare Best platform for building clouds VMWare, l’un des sponsors de cette conférence, fait partie des défenseurs de cette approche, et c’est logique. VMWare, comme tous les “Gold Sponsors”, a eu droit à deux conférences “keynotes”, et l’un des thèmes clefs était :

“Construisez votre nuage avec nous”.

“Build Cloud Infrastructures ?”
Oui, mais qui ?
- Les fournisseurs industriels de Cloud Computing, tels que Amazon et Google. C’est l’un de leurs métiers de base et une source de compétitivité. Il suffit de voir comment ces grands fournisseurs protègent leurs “secrets de fabrication” pour s’en rendre compte.
- Les entreprises. L’un des avantages du Cloud Computing est justement de permettre aux entreprises de ne pas se poser de questions d’infrastructures et de laisser les professionnels s’en occuper.

Construire son Cloud, ce sont quand même des mots en opposition !

Je vous propose donc une première topologie des solutions mise à la disposition des entreprises :

- Cloud Computing, l’original. L’entreprise cliente ne se pose aucune question sur les infrastructures et les outils utilisés et n’a aucun pouvoir sur le prestataire pour lui proposer ou imposer ses choix.

Private Clouds - Private Clouds : L’entreprise gère ses infrastructures, les optimise, s’appuie sur la virtualisation et peut même “externaliser” une partie de ses infrastructures, par exemple en cas de surcharge.
C’est le point de vue de VMWare qui parle de “Cloud” sous la responsabilité des équipes informatiques, qu’ils soient internes ou hébergés

Derrière ces différentes visions du Cloud Computing, se cachent des enjeux techniques et financiers majeurs, ne l’oublions pas.
Les partisans des “private clouds” vous annoncent qu’il est possible d’aller vers des “Clouds publics”, mais en garantissant la réversibilité de cette décision. En clair, vous pouvez “y aller sans y aller !” et revenir en arrière.

Bus reversible C’est à mon avis, une contre-vérité profonde. Les solutions industrielles de Cloud Computing professionnelles, proposées par des Google ou Amazon, sont construites sur des techniques propriétaires, en particulier pour la gestion des données.

C’est rendre un mauvais service aux entreprises que d’essayer de leur faire croire qu’elles pourront, facilement, faire marche arrière.

Cette “réversibilité” est, en pratique, une sympathique, mais dangereuse illusion !

Tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur cet événement peuvent consulter ce site, où ils trouveront aussi de nombreuses photos des participants.

Arrêtez immédiatement vos déploiements de Vista, dixit... Microsoft


Hasta la vista En avril 2006, j’écrivais sur mon blog “Hasta la Vista”, première alerte sur l’arrivée prochaine de Windows Vista.

En septembre 2006, je demandais aux DSI de choisir leur camp, en leur suggérant “fortement” de ne pas déployer Windows Vista.

Inutile de vous dire que les commentaires n’étaient pas tous positifs et que quelques DSI, heureusement très rares, ont succombé aux sirènes de Microsoft et pris la décision de déployer ce nouveau système d’exploitation sur leurs PC.


Qui croire ? Louis Naugès ? Microsoft ?

Mais... les messages changent, du coté de .... Microsoft !

Corbillard Vista En octobre 2008, Microsoft, par la voix de Steve Balmer, commençait à reconnaître l’échec de Vista dans le monde professionnel.

Le dernier clou du cercueil Vista a été enfoncé le 11 mai 2009, par l’un des plus hauts responsables de Microsoft, Bill Veghte, senior vice president for Windows business lors d’un congrès majeur de Microsoft, Tech•E.d 2009 USA

Veghte Je cite :
“If you're just starting your testing of Vista, with the release candidate (Of WIndows 7 ndrl) and the quality of that offering, I would switch over and do your testing on the release candidate, and use that going forward.”
(Si vous venez de commencer vos tests de Vista, avec l’arrivée de la Release candidate de Windows 7, et la qualité de cette solution, je prendrais la décision de déplacer immédiatement les tests vers cette release candidate et de continuer maintenant dans cette direction”).

Et s’il m’arrivait, parfois, de bien anticiper les évolutions et les décisions stratégiques à prendre pour construire un Système d’Information performant ?

Je suis heureux de pouvoir démontrer, à ceux qui m’accusent souvent d’être un “anti Microsoft primaire”, que Microsoft et moi avons, au moins sur ce sujet, la même opinion :

     Windows Vista n’a aucun avenir dans le monde professionnel


DSI : Décisions immédiates concernant Windows Vista

DSI, soyez rassurés ! Microsoft vous le recommande !
Vous pouvez faire l’impasse sur Windows Vista.

Face à Windows Vista, les entreprises sont aujourd’hui dans trois situations différentes :

Gros jean comme devant - Déploiement réalisé ou très avancé : Désolé, mais les énormes investissements réalisés, les perturbations apportées à des milliers d’utilisateurs, qui n’en demandaient pas tant... n’auront servi à rien.
Pour les DSI impliqués dans ce naufrage, les prochaines réunions avec leur comité exécutif risquent d’être agitées !

Précipice mouton - Déploiement planifié ou en phase de démarrage : On arrête tout ! On tire le signal d’alarme !  On ne saute pas dans le précipice !
Même dans les entreprises qui calquent leur stratégie Système d’Information sur celle de Microsoft (mais si, il en existe, je les ai rencontrées), personne ne reprochera plus à un DSI d’arrêter un projet qui mènait l’entreprise droit dans le mur, maintenant que Microsoft “l’autorise” !

J’aimerais bien assister aux prochaines réunions de la Direction Générale de la société Avanade, bras armé d’Accenture pour déployer les solutions de Microsoft ; les prévisions de CA relatives à Vista doivent prendre la “direction du Sud” avec une très forte pente.

Winner - Aucun déploiement de Windows Vista prévu : DSI, votre jour de gloire est arrivé !

Vous pourrez parader devant vos collaborateurs, vos dirigeants, vos utilisateurs, en expliquant que vous aviez brillamment anticipé la décision de Microsoft et l’abandon précoce de cette version de Windows.


L’après Windows Vista : quelles décisions, en 2009 ?

Maintenant que Windows Vista a disparu de vos radars prévisionnels, quelle est la prochaine décision raisonnable pour un responsable informatique ?

Relax J’ai une très bonne nouvelle : elle tient en trois courtes phrases !
- Relax !
- Ne touchez pas au système d’exploitation de vos PC pendant 12 mois !
- Reposez-vous la question au milieu de l’année 2010.
Ceci vous laissera plus de temps pour répondre à des défis immédiats, autrement plus stratégiques, tels que les possibilités de réduire fortement le coût de votre S.I en mettant en œuvre vos premières solutions SaaS et Cloud Computing.

Relax, pourquoi ?
Vous pouvez éliminer de vos préoccupations immédiates ce sujet. Windows 7, la prochaine version de cet OS, pourrait apparaître sur les PC grands publics à la fin de 2009, juste à temps pour les ventes de Noël. Ce n’est absolument pas garanti.

J’imagine que Dell, HP, Acer et les autres doivent se poser beaucoup de questions sur leur stratégie de vente pour le dernier trimestre de 2009.

Quelle version Windows
Quelles seront les versions à proposer sur les Netbooks, les PC portables, les PC de bureau ? Comment communiquer efficacement sur les avantages respectifs de chaque version ? Comment gérer les demandes des clients qui souhaiteront garder l’une des trois versions sur leurs nouveaux PC ?

Pour les entreprises, les premières versions opérationnelles de Windows 7 devraient être disponibles mi 2010.
OS vs Navigateur On y verra beaucoup plus clair d’ici là, non seulement sur la pertinence d’une éventuelle migration vers Windows 7, mais, surtout, sur les rôles et les poids respectifs des systèmes d’exploitation et des navigateurs sur les objets d’accès de demain.

Ce sera le thème d’un très prochain texte sur mon blog.

D’ici là, ne boudez pas votre plaisir, profitez de quelques mois de tranquillité pour vous et les utilisateurs de PC dans votre entreprise ; laissez les travailler en paix avec leur fidèle Windows XP.

Ayons quand même une petite pensée pour ces millions de clients grand public condamnés, encore pour de longs mois à subir Windows Vista, qui leur est imposé par l'immense majorité des fournisseurs de PC.

Google Apps dans les grandes entreprises : Valeo “sort du placard” !


Logo VALEO Discrétion ? Précaution ? Peu importe la raison de ce long silence ; Valeo vient de publier un communiqué officiel qui confirme une information que beaucoup d’entre nous connaissions depuis longtemps, mais ne pouvions pas divulguer :

Valeo aura, fin 2009, migré l’intégralité de ses 30 000 utilisateurs
de postes de travail sur Google Apps Premier Edition.


Une annonce qui a fait le tour du monde !

Phileas En moins de 24 heures, cette annonce a été reprise par des dizaines de sites Web !
En utilisant une des nouvelles fonctionnalités avancées de Google Search, qui permet de ne chercher que sur les dernières 24h, j’ai trouvé 77 références sur la recherche “google valeo”.

Parmi les nombreux supports qui ont parlé de Valeo et Google, on trouve :
- Le journal du Net
Techcrunch Valeo - Le blog de Techcrunch
- Cnet.com
- BusinessWeek
- Et, bien sûr, le site de Revevol !

Pourquoi autant de réactions ? Il y a deux analyses possibles, diamétralement opposées :
Migration

- C’est une nouvelle majeure, le signe que les grandes entreprises vont, massivement, migrer leurs solutions bureautiques et de communications vers des outils “Participatique” sur le Cloud !

- C’est la démonstration que les solutions Bureautique 2.0 sur le Cloud ne sont pas encore mures ; faire autant de bruit sur une entreprise qui ne représente “que” 30 000 utilisateurs montre bien à quel point ces solutions sont encore marginales.
(Rappel : on estime que 600 à 700 millions de personnes utilisent encore aujourd’hui une version officielle de Microsost Office).


Historique du projet Valéo - Google Apps

Chut J’attendais avec impatience que Valeo officialise ce projet, car j’étais tenu par le devoir de “réserve” et ne pouvais pas parler de sa genèse. 

Je pense qu’il est intéressant, pour des responsables informatiques de grandes organisations, de comprendre comment est né et a évolué ce projet majeur, le plus important déploiement de Google Apps dans une entreprise, tous pays confondus.

- Octobre 2006 : François Blanc, DSI du groupe Valeo et Hervé Dumas, responsable “office solutions”, me demandent d’animer un séminaire devant tous les responsables informatiques du groupe Valeo.

- Novembre 2006 : Laurent Gasser, aujourd’hui Directeur Général de Revevol, participe chez Google, à Montain View en Californie, au premier séminaire de formation à une offre non encore officielle, qui deviendra ensuite Google Apps.  C’est le seul européen présent à ce séminaire.

- Novembre 2006 : Je contacte immédiatement une dizaine de DSI que je connais personnellement et que je sais être ouvert à l’innovation pour leur proposer de participer à un programme mondial de “Early Adopters” pour tester ce nouveau service.
Avec Essilor, L’Oréal, SMABTP, Médiamétrie et quelques autres, Valeo accepte immédiatement cette proposition.

Lancement Google Apps 02:2007 - Février 2007 :  Les “Frenchies” représentant la majorité des entreprises mondiales ayant signé pour ce programme, Google décide d’annoncer officiellement Google Apps en France.

Mars-juin 2007 : Valeo lance trois POC (Proof Of Concept), des plateformes de démonstration "office solutions" pour remplacer ses outils existants.

Course chevaux_m IBM et Microsoft sont bien sûr consultés, ainsi que Google. Valeo demande aux équipes de Revevol de prendre en charge le POC construit autour de Google Apps et quelques autres outils complémentaires.
Les différentes solutions sont présentées, pendant plusieurs jours, à des groupes de managers, d’utilisateurs et d’informaticiens.

La solution Google arrive largement en tête !

Janvier 2008 à  juin 2008 : Durant cette période :
Negociation - Des groupes pilotes testent la solution et remontent à la DG de Google Enterprise leurs commentaires et demandes de modification.
- Les négociations sur les dimensions financières et juridiques ont lieu entre Google et Valeo (Ce n’est pas le plus facile !).
- La Direction Générale de Valeo prend la décision de basculer toute l'entreprise sur Google Apps.

- Février 2008 : A la suite du feu vert donné par la Direction Générale de Valeo, CapGemini est contacté pour prendre en charge le déploiement opérationnel de la solution dans les 27 pays où Valeo est présent, Revevol étant sélectionné pour accompagner Valeo dans les dimensions de management du changement.

- Mai 2009 : Valeo officialise son choix Google Apps et confirme que le déploiement sera terminé en 2009, pour les 30 000 collaborateurs concernés.


Une première analyse de cette mise en œuvre de Google Apps

Je ne reviendrai pas sur les caractéristiques des solutions Google Apps, dont j’ai souvent parlé dans ce blog. On peut aussi visiter le site de Google pour en connaître les fonctionnalités précises.

Le communiqué de presse de Valeo est très clair quand il exprime les principales motivations qui les ont amenés à faire ce choix :

Saving - Forte réduction des coûts administratifs ; c’est le point clef du communiqué. C'est un argument auquel sont très sensibles tous les dirigeants, surtout dans le contexte économique difficile actuel. 
A 3 euros par personne et par mois, tout compris, difficile de trouver mieux et moins cher !

- L’amélioration de la productivité des 30 000 utilisateurs. Valeo a déjà trouvé, lors des premiers mois de déploiement, de très nombreux exemples concrets d’augmentation de la productivité dans les différents métiers de Valeo.

Collaboration - Google Apps est le leader mondial des outils “nativement” participatique, depuis le traitement de texte à la messagerie en passant par l’outil “Sites” qui permet de créer rapidement des espaces partagés de type wiki.
Valeo a aussi trouvé rapidement de nombreux usages professionnels à la possibilité de partager des vidéos (3Go par personne x 30 000 personnes = 90 Teraoctets de vidéo).

Coq-francais Pourquoi le cacher ? Je suis très heureux que des entreprises françaises, comme Valeo, démontrent que nous sommes aussi capables de prendre le leadership mondial dans les usages innovants des outils informatiques.

Ce qu’a réalisé Valéo, des dizaines d’autres entreprises, petites, moyennes et grandes sont en train de le mettre en œuvre en ce moment avec Revevol. Le plus souvent, comme vient de le démontrer Valeo, elles préfèrent attendre pour en parler d’avoir obtenu des premiers bénéfices démontrables.

SaaS User Group Dans quelques jours, Revevol organisera la deuxième réunion d’une association que nous avons contribué à créer, le “SaaS User Group”.
Cette association regroupe un nombre restreint de grandes organisations européennes qui ont commencé à déployer des solutions SaaS, Software as a Service, dans tous les domaines du Système d’Information. 

Ce ne sera pas un club d’utilisateurs d’un seul produit ; on y trouvera des clients de Google, mais aussi de solutions CRM, gestion de ressources humaines ...
Hervé Dumas, qui a brillamment mené le projet Google Apps de Valeo depuis le début, a accepté d’en être le premier Président.

Arme au pied Je suis persuadé que l’annonce de Valeo va accélérer les décisions de très nombreux dirigeants, de très nombreux DSI qui, rassurés par cet exemple, ne voudront pas priver plus longtemps leurs entreprises des bénéfices tangibles et immédiats d’une migration de leurs solutions “héritages” vers Google Apps.

Revevol est prêt, l’arme au pied, pour vous accompagner dans ce voyage passionnant !

Très haut débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (Cinquième partie). Dimensions financières


Réseaux & dollars Dans un premier texte, j’ai posé la problématique du Très Haut Débit (THD).

La deuxième partie a présenté les quatre principales technologies filaires qui permettent d’obtenir du THD.

La troisième partie a fait le point sur les cinq principales solutions sans-fil qui permettront, d’ici à 2013, de proposer du THD.

Dans la quatrième partie, j’ai sélectionné les solutions qui devraient s’imposer, selon les contextes.

Il reste à analyser les dimensions financières, vues à la fois par les clients, particuliers et entreprises, les fournisseurs de solutions et les états.

Pas simple, mais essentiel si l’on souhaite l’arrivée la plus rapide possible du THD, ce qui est mon souhait.


Client particulier

Grand Public Janus Je propose de commencer par le point de vue du “client particulier” ; ce sont les plus nombreux et ce sont aussi, pour beaucoup, des personnes qui vont utiliser le THD dans leurs activités professionnelles, où il pourrait être tenté d’utiliser les .... mêmes outils.

La France est l’un des pays où l’accès à l’ADSL est le moins cher du monde, en grande partie grâce aux actions du FAI (Fournisseur d’Accès Internet) Free avec son message d’une simplicité aveuglante : tout le haut débit pour 30 € !

Toutes les box Les consommateurs ont très bien compris le message, trop bien aux yeux des autres opérateurs, mais il est devenu impossible de faire marche arrière.

Les FAM (Fournisseurs d’Accès Mobile) ne peuvent plus ne pas adopter la même démarche !
Nous allons donc vivre une époque “géniale” :
- Le THD filaire à 30 €.
- Le THD sans-fil, LTE ou WiMAX à .... 30 €, aussi !

Il y aura bien sûr des écarts de +/- 10 € autour de ce chiffre, mais le principe du forfait pour un accès données illimité en mode filaire et sans-fil restera la norme.
N’oublions surtout pas qu’il y a déjà 4 milliards de clients de téléphones mobiles, voix, et que beaucoup d’entre eux sont prêts à prendre un forfait données illimité.

Faisons un peu de “technologie fiction” en se projetant en 2013.

Usages THD 2013 Je serai équipé, à minima, d’un smartphone TDH sans-fil avec un abonnement forfaité à 30 €. Comment l’utiliser, intelligemment ?
- Ce sera mon outil de base pour tous mes déplacements, tous mes usages en mobilité, dans les trains, les métros et les avions.
- Toutes mes communications voix (oui, il en restera !) seront évidemment en VoIP, par Skype ou toute autre solution, et l’abonnement voix aura disparu du catalogue des opérateurs !
- Ce smartphone me servira, cela va de soi, de “modem” pour mon PC portable, que ce soit un PC, un Mac, un Netbook ou un MID tels que les nouveaux MaxiIPhone qui seront disponibles avant la fin 2009.  Je pourrai ainsi utiliser, plus confortablement, un outil disposant d’un écran plus grand et d’un clavier plus confortable.
- Je pourrai aussi récupérer la carte SIM pour l’installer dans un mini boitier WI-Fi pour partager l’accès THD avec toute ma famille, dans ma maison de campagne, dans la résidence que j’aurai louée pour les vacances ou dans une chambre d’hôtel. Il est même probable que ce minirouteur Wi-Fi pourra se connecter sans fil à mon smartphone, sans même avoir besoin de déplacer la carte SIM.

Il va alors se poser une question “intéressante” à toutes les familles ?
Combien d’abonnement THD faut-il acheter ?
- Un par personne ?
- Un par lieu de résidence ?
Dépenses France Telecoms La réponse n’est pas évidente ! Prenons l’hypothèse d’une famille de 4 personnes qui ont, chacune un abonnement THD sans-fil, ce qui représente un dépense de 120 €/ mois, soit environ 1 500 €/an.
Aujourd’hui, le budget télécom moyen d’une famille française est déjà proche de 100 €/mois, pour des capacités bien moindres.

Si chacun peut continuer à utiliser son abonnement THD sans-fil quand il est chez lui, et même le partager avec les autres membres de la famille, alors... pourquoi payer, en plus, un abonnement de type xDSL chez soi ?

Si ce scénario n’est pas totalement aberrant, alors les opérateurs “historiques”, qui continuent à obtenir des rentes très élevées pour leurs infrastructures “cuivre” depuis longtemps amorties, ont beaucoup de souci à se faire.

Foyers US mobile only Garderiez-vous une ligne téléphonique fixe si elle ne servait qu’à des échanges de voix
? Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ne la gardent que parce qu’elle fournit un accès haut débit à Internet.
Le mouvement est déjà bien entamé aux USA, car l’Internet par le câble TV y est très répandu et permet de se passer d’ADSL.

Je pense quand même que, pour des raisons de confort d’usage, beaucoup de familles décideront de conserver un accès filaire THD à 30 €/mois, surtout si c’est de la fibre optique qui sera, souvent, plus rapide.

Résumé : quel sera le budget télécommunication d’un foyer, en 2013 :

                 Budget télécom familial moyen = (N+1) x 30 € / mois

Où N est le nombre de personnes partageant le foyer, ayant plus de 5 ans, et moins de 95 ans.


Entreprises

J’ai, depuis le début de cette série de textes, fait la différence entre les grands et les petits sites professionnels.

Coûts THD professionnels Pour les petits sites professionnels, le calcul du budget sera ... simplissime !
Un accès THD sans-fil = 30 € /mois.

Cet accès sans fil sera utilisé avec un boîtier Wi-Fi qui fournira une excellente couverture à tous les collaborateurs.
Prenons l’exemple d’une banque ayant 1000 agences ; son budget télécom agences sera de 360 000 € / an. 
Ce chiffre devrait faire très plaisir aux responsables réseaux des grandes banques qui payent, aujourd’hui, beaucoup plus pour des vitesses rachitiques.

J’entends déjà les cris que vont pousser les professionnels en me parlant de sécurité, de garantie de service...
Comment, par exemple, continuer à fonctionner si le réseau sans-fil de l’opérateur choisi par la banque ne donne plus signe de vie ? La réponse est ... très, trop simple !
N’oublions pas que 100 % des collaborateurs de la banque qui travaille dans l’agence affectée viennent travailler avec un accès THD sur leur mobile. Il suffira qu’un seul d’entre eux ne soit pas fourni par le même opérateur et qu’il le mette, provisoirement, au service de la banque, pour que le problème soit réglé !

Pour les grands sites professionnels, la solution retenue sera d’installer un ou plusieurs liens THD fibre optique en mode Ethernet Last Mile ou Man Ethernet, selon la distance.
Je pronostique les coûts suivants : (J’assume le risque de me tromper)

- Liens THD en mode MAN Ethernet : 300 à 500 €/mois pour 1 Gbit/s.
- Liens THD en mode MAN Ethernet : 1 000 à 2 000 €/mois pour 10 Gbit/s.
- Liens THD en mode MAN Ethernet : 10 à 20 K€/mois pour 100 Gbit/s.

RIP - PABX Et la voix ? Elle sera, c’est évident, transportée en mode VoIP sur les mêmes réseaux Ethernet / IP que les données.
Et la téléphonie, et les centraux téléphoniques ? La ToIP (Téléphonie sur IP) sera généralisée et offrira l’essentiel des services nécessaires, aujourd’hui proposés par de coûteux centraux téléphoniques qui auront rejoint les machines à écrire au musée des antiquités de l’informatique.

J’ai, vous l’avez compris, un peu trop simplifié la situation ! en 2013, il y aura encore quelques services complémentaires à payer, tels que le MPLS (Multiple Label Switching), pour garantir une bonne qualité de service et de priorité aux flux sensibles, la voix ou la vidéo, mais tous les opérateurs seront capables de fournir ces services.

En résumé :
Cost busters La pénurie actuelle de bande passante, endémique dans l’immense majorité des entreprises en 2009, aura disparu en 2013.

Les tarifs, prohibitifs, auxquels sont commercialisées des bandes passantes anémiques en 2009 auront été remplacés par des forfaits raisonnables THD, le Gbit étant la base minimale pour les grands sites.


Opérateurs, filaires et sans fil

Debit-credit J’ai présenté l’équation financière du THD du point de vue des clients, particuliers et professionnels.
Ce sera bien sur la même équation, vue des opérateurs filaires et sans-fil, ce qui sort des poches des clients entrant dans celles des opérateurs.

- Est-ce qu’ils vont tous accepter, de gaité de cœur, les joies du “forfait généralisé” ?
- Est-ce qu’ils vont tous comprendre, rapidement, que c’est la demande évidente de tous les clients, et qu’il faudra y répondre ?

C’est peu probable !
Je vois apparaître deux grandes mutations intéressantes :

- Fournisseurs de réseaux filaires
ce sont les premiers à s’être convertis au tarif forfaité, en priorité pour le grand public. Ceci n’empêche pas les bons acteurs du marché, tels que Free, d’avoir des marges brutes supérieures à 50 % !
Beaucoup vont souffrir de la forte réduction des usages THD passant par le filaire cuivre téléphonique, mais ils pourront compenser, partiellement, par le THD sur fibre optique.

- Fournisseurs de réseaux sans-fil, en clair, opérateurs mobiles.
Ce seront les plus réticents à accepter le principe du forfait généralisé, alors que ce sont eux qui ont le plus à y gagner !
Comme ils l’ont fait avec la téléphonie voix classique, où le GSM marginalise de plus en plus le fixe, ils peuvent jouer à fond la carte du THD mobile.

ITU on mobile phones Par rapport aux premières heures de la téléphonie mobile, ces opérateurs ont un avantage concurrentiel majeur : ils ont déjà des dizaines de millions de clients à qui ils peuvent, rapidement proposer de nouveaux services !

Les opérateurs sont de plus en plus filaires et sans-fil : l’arrivée de la BBox chez Bouygues en est un exemple récent.
A eux de proposer, rapidement à leurs clients, grand public et professionnels, des offres “intelligentes” THD qui .... optimisent le rapport Valeur/Coût pour leurs clients !

Les premiers à le faire auront un avantage concurrentiel durable, mais quels sont ceux qui seront capables d’une véritable démarche de rupture, à la “Christensen” ?


Gouvernements

Lobbying2 En ces périodes économiques difficiles, nombreux sont les acteurs économiques, opérateurs, fournisseurs de composants, régions... qui exercent un “lobbying” très actif sur le thème du Très Haut Débit.

Je suis personnellement persuadé que le THD est une priorité d’investissement pour des pays comme la France, où de trop nombreuses entreprises sont pénalisées par l’absence de haut débit aujourd’hui, ou par les coûts indécents auxquels il est parfois proposé, sous couvert d’une “qualité professionnelle”.

On parle beaucoup d’une quatrième licence mobile en France, avec des nouveaux acteurs comme Free ou Virgin Mobile qui sont pour et, surprise, FT, SFR et Bouygues Telecom pas vraiment emballés !

Grenelle Haut débit On parle aussi beaucoup d’un plan fibre optique, dans le cadre de la LME, “Loi de modernisation de l’économie”.
J’ai même entendu parler d’un “droit à la fibre optique !
Est-ce que ce n’est pas confondre l’objectif, le THD, et “La” solution, la fibre optique ?
La vision “ambitieuse” de ce plan est d’avoir ...  4 millions d’abonnés à la fibre en 2012.

Au mois de septembre 2009, se tiendra au CNIT la Défense à Paris le salon “ODEBIT 2009”, dont l’un des thèmes forts est :
Le premier FiberCamp européen.
Le nombre d’organismes “Bleu Blanc Rouge” qui en sont partenaires est impressionnant.

Et si c’était, au contraire, un plan ... ringard” ?

Fin 2012, nous pourrions avoir, plus vite, moins cher, entre 15 et 30 millions d’abonnés THD sans-fil !

France Hot Country Ouvrir une quatrième licence, sous réserve que l’opérateur propose immédiatement du LTE ou du WiMAX mobile, aider les trois opérateurs historiques à basculer aussi vite que la Suède et d’autres pays tels que la Corée, ce sont, à mon humble avis, de très loin les meilleures solutions pour doter l’économie française d’une infrastructure THD de pointe.

Démodés, les HotSpots Wi-Fi ! Vive les “Hot Countries” LTE/WiMaX !

La demande, formulée, par l’ARCEP, de partage des investissements dans les nouveaux réseaux entre les opérateurs va dans le bon sens.

J’ai de plus en plus de mal à me convaincre que des investissements dans les travaux de génie civil sont très intelligents, alors qu’ils représentent 80 à 90 % des coûts de “fibrage” de la France.


Une rapide synthèse

Merci de votre patience, à vous tous qui ont attendu un mois pour voir se terminer cette longue série de cinq textes sur le THD, le Très Haut Débit.

Optimism La synthèse tient en peu de mots :

Optimisme : le THD sera là, en 2013, pour une grande majorité de la population.

Espoir : Les acteurs de marchés tels que l’ADSL ont montrè qu’ils pouvaient être à la fois compétitifs et rentables.

Rapidité : 2013, c’est demain ! Il faut se préparer, aujourd’hui, à l’idée que le THD sera disponible, partout, économiquement !

Je voudrais terminer cette série en remerciant tous les participants des séminaires “Passeport Réseaux et Télécoms” que j’anime pour CapGemini Institut et qui m’ont beaucoup aidé, par leurs questions, à mieux formaliser les réponses aux questions complexes que j’ai abordé dans ces textes.

Très Haut Débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (Quatrième partie). Quelles solutions, pour chaque contexte


High_speed_internet Dans un premier texte, j’ai posé la problématique du Très Haut Débit (THD).

La deuxième partie de cette analyse a présenté les quatre principales technologies filaires qui permettent d’obtenir du THD.

La troisième partie a fait le point sur les cinq principales solutions sans-fil qui permettront, d’ici à 2013, de proposer du THD.

Reste maintenant le plus difficile, comment choisir selon le contexte, la ou les  solutions les plus pertinentes.


Rappel : les contextes

Options THD, Très Haut Débit Je reprends le schéma utilisé dans la première partie, qui présente les cinq lieux où le TDH peut être utilisé et les quatre “dernier kilomètre”.

Dans les deuxièmes et troisièmes parties, j’ai identifié quatre solutions filaires et cinq solutions sans-fil qui permettront, entre 2009 et 2013, le THD.

Je peux donc, maintenant, construire un “méga-tableau” de 9x9 soit 81 cases, en croisant les deux dimensions !
Rassurez-vous, toutes les cases ne sont pas pertinentes !

Dans un premier temps, je vais faire l’inventaire des solutions possibles. Sur ce point, il ne devrait pas y avoir trop de polémiques.

Ensuite, je proposerai “ma” vision des solutions les plus plausibles, les plus raisonnables. C’est là que je m’attends, et c’est normal, à des échanges animés avec des personnes qui ont un autre point de vue !


Les solutions possibles, selon les lieux

Dans ce grand tableau, les étoiles rouges indiquent les couples “lieu-technologie” possibles.
Tableau options THD-1 Les solutions sont bien connues, il y a peu d’ambiguïtés.

- Cœur de réseau : la fibre optique est déjà omniprésente ; elle le restera. Les solutions satellites, telles que O3B, déjà cité, pourront servir de cœur de réseau complémentaire dans de nombreux pays.

- Grand lieu professionnel : Paires téléphoniques et fibres optiques sont largement déployées ; les progrès de ces deux technologies sont suffisants pour qu’elles restent pertinentes. 
Wi-fi-unsecured On devrait par contre assister à la généralisation du Wi-Fi, en complément, puis substitution progressive, des réseaux filaires, maintenant que les RSSI (Responsables de la Sécurité des S.I.) abandonnent, progressivement, leur phobie pour cette solution sans-fil !

- Petit site professionnel : Rares seront ceux qui auront besoin de fibre optique. La solution la plus raisonnable sera de privilégier le Wi-Fi et d’installer en complément un réseau filaire, téléphonique ou CPL, mais uniquement si c’est indispensable.

- Espace domestique : Le Wi-Fi a déjà gagné la partie ; il pourra être complété par du CPL, en particulier dans les maisons à plusieurs étages.

Autonet - Wi-Fi - Mobilité : Les personnes n’ont bien sur pas “besoin” d’un réseau, mais voitures, trains, bateaux et avions seront de plus en plus équipés en Wi-Fi, pour y redistribuer les signaux reçus.


Les solutions possibles, pour le “dernier kilomètre”

Dans le grand tableau, les étoiles bleues indiquent les couples “lien-technologie” possibles.
C’est sur le “dernier kilomètre” que les mutations seront les plus spectaculaires, dans les cinq ans qui viennent.

Ethernet Man - Lien 1, entre grand site et cœur de réseau : Les entreprises vont, rapidement, abandonner les solutions en fin de vie qui ont pour nom ATM ou Frame Relay, réminiscences d’une époque où les cœurs de réseaux avaient été construits pour transmettre en priorité la voix.

La solution à privilégier sera l’accès Ethernet MAN (Metropolitan Area Network) sur fibre optique. Tous les opérateurs le proposent, il suffit de l’exiger !
Dans les pays, les régions où les réseaux filaires sont peu répandus, WiMAX infrastructure et satellites seront capables de fournir du THD sur ce lien.

- Lien 2, entre petit site et cœur de réseau : Selon les disponibilités locales, VDSL, CPL ou fibre optique pourront être utilisés, si l’on souhaite disposer d’un réseau filaire.
Fonera 2 De plus en plus, les solutions sans-fil, WiMAX infrastructure, LTE, satellite ou WiMAX mobile, pourront compléter ou se substituer aux filaires. Ces signaux seront ensuite redistribués localement en ... Wi-Fi.
C’est déjà une réalité ; la deuxième génération du boitier Wi-Fi communautaire Fonera permet d’y insérer une clef USB, 3G aujourd’hui, THD demain.

- Lien 3, entre espace domestique et cœur de réseau : C’est le “nirvana ” ! Les neuf solutions, filaires et sans-fil, peuvent être utilisées. Ceci devrait rassurer les lecteurs qui ont évoqué les zones blanches.
ll sera vraiment très, mais très difficile, en 2013, d’arriver à trouver une zone blanche, sans accès THD !

Mobile internet User - Lien 4, en situation de mobilité : LTE et/ou WiMAX mobile seront les solutions banalisées de THD. En situation de mobilité, mais en usage sédentaire, dans un bureau de passage, dans une gare ou un hôtel, les Hot-spots Wi-Fi seront omniprésents.
Comme tous les PC portables, les netbooks ou les smartphones seront équipés, nativement, pour recevoir ces trois types de signaux, le THD en mobilité sera partout disponible.

Dites 33 Ce tableau ne contient “que” 33 étoiles, ce qui veut dire que les 2/3 des couples potentiels ont été éliminés.

33, c’est encore beaucoup ! Il ne s’agit plus d’éliminer, mais de choisir les solutions qui devraient être dominantes en 2013.
C’est un exercice difficile, mais mes analyses m’amènent à en privilégier seulement... 15.

Lesquelles ?


Mes recommandations, selon les solutions

Je vous propose maintenant une analyse “horizontale”, par famille de solutions. C’est ainsi que vont (devraient) raisonner les décideurs politiques et les dirigeants d’entreprises.

Tableau options THD-2 Dans ce second tableau, des cercles entourent les 15 étoiles qui devraient, selon moi, s’imposer.
Je vous en propose une lecture de bas en haut ; pourquoi ? La logique de cette approche sera rapidement évidente.

- Satellites : seront utiles, mais en complément ou substitution des autres solutions quand elles sont défaillantes.

LTE_WiMax - LTE et WiMAX mobile : Je les regroupe, car ces deux solutions proposeront des services THD similaires aux utilisateurs en mobilité.
Je ne pense pas être le seul à ne pas savoir comment LTE et WiMAX mobile vont se partager le marché. C’est une question stratégique pour les opérateurs et les fournisseurs d’infrastructures, mais pas pour l’utilisateur final, qui disposera, quelle que soit la solution dominante, du THD, partout.

Clef Bouygues 3G:Wi-Fi 1 Comme le proposent déjà Bouygues Télécom et d’autres opérateurs, une simple clef USB permettra de transformer le THD mobile, LTE ou WiMax, en Wi-Fi pour distribuer le signal dans un espace domestique ou professionnel de petite taille.

- WiMAX infrastructure : Cette solution devrait jouer un rôle important dans les zones géographiques à densité de population faible ou moyenne.

- Wi-Fi : Les réseaux Wi-Fi seront hégémoniques dans tous les lieux d’utilisation du THD. Ils devraient, rapidement, y marginaliser les solutions filaires. 

Fiber last mile - Fibre optique : Elle c’est déjà imposée dans les cœurs de réseaux et les artères principales des grands sites.

Quel rôle devra jouer la fibre optique, dans les liaisons “dernier kilomètre” ?
C’est l’une des questions stratégiques, aujourd’hui.

Pourquoi ne pas la généraliser à tous les espaces domestiques ? 
Ma réponse est évidente ; en 2013, tous ces espaces domestiques disposeront déjà du THD grâce aux solutions sans-fil LTE et WiMAX mobile !
Il me parait donc beaucoup plus efficace, utile et économique de n’amener en priorité la fibre optique que :

- Dans les zones d’activités professionnelles, pour tous les établissements de grande taille et pour la grande majorité des petits sites.
Ceci permettra, bien sûr, de proposer la fibre optique dans les espaces domestiques qui sont proches des lieux qui en seront équipés.

- Dans les zones de population à forte densité, où elle complétera les solutions cuivres existantes.

Les partisans de la “fibre optique pour tous” vont me rétorquer que j’ai une vision étroite, à court terme, du problème.  Ils vont citer l’Australie qui vient de lancer un chantier fibre optique pour tout le pays.
Je pense que cet exemple est intéressant à analyser.

Densité population Australie En 2018, si tout va bien, 90 % de la population australienne serait équipée d’un réseau fibre à 100 Mbit/s ; le coût de ce projet est estimé à 22 milliards d’euros. Il y a un “petit problème” : l’Australie compte 20 M d’habitants, avec une densité de ... 2,6 hab/km2 , répartie encore plus inégalement qu’en France, comme le montre cette carte.

L’investissement prévu représente quand même plus de 1 000 €/habitant.

En 2018, à quelle vitesse fonctionneront les réseaux THD sans-fil, LTE ou WiMAX mobile ? 1Gbit/s ? 10 Gbit/s ?
Est-ce que O3B, ou un autre réseau satellitaire ne pourrait pas couvrir toutes ces zones à si faible densité de population ?
Les mêmes questions se poseront aussi ... en France !

-Câble télévision : Localement, quand elle est déjà installée, cette solution continuera à jouer un rôle important. Par contre, aucun investissement nouveau ne sera réalisé en câble TV.

Vdsl2-infineon - Cuivre téléphonique : Le haut débit sur cuivre téléphonique est la solution dominante en Europe aujourd’hui, et spécialement en France.  Il est simple et très économique d’adapter cette technologie au THD ; pourquoi s’en priver ?

Quel pourcentage des accès xDSL haut débit peuvent proposer du THD ? Difficile à estimer, mais il dépassera certainement les 50 % en 2013 et pourrait atteindre les 90 % si les innovations technologiques, telles que celles proposées par John Papandriopoulos , deviennent une réalité.


Résumé : les fondations THD des cinq prochaines années

Wireless Quelles seront, demain, les deux technologies universellement disponibles pour fournir des accès THD ?

- Le Wi-Fi, omniprésent dans tous les lieux de consommation du THD, y compris en mobilité.

- LTE et WiMAX mobile, qui couvriront l’essentiel de la planète en 2013.

Ce sont deux technologies... sans-fil.

Si cette hypothèse se vérifie, et j’en suis convaincu, les décisions stratégiques deviennent... beaucoup plus simples !

Les autres technologies THD se positionnent en ... complément ou en substitution de ces deux solutions sans-fil, chaque fois que cela est utile ou nécessaire.

Le panorama du THD devrait donc être complété, d’ici 2013, par :

Quatre options THD-1 - La fibre optique, dans les cœurs de réseaux, les grands lieux de travail, les liaisons MAN/WAN des entreprises et les zones à forte densité de population.

- Le cuivre téléphonique, pour les accès domestiques dans les zones urbaines et à densité moyenne de population.

Avec ces quatre technologies, je pronostique que 80 à 90 % des besoins THD, pour 80 à 90 % des populations seront couverts, en 2013, pour leurs activités professionnelles et personnelles.

Toutes les autres familles de solutions, satellites, WiMAX infrastructures et cuivre électrique auront leur place pour permettre ... une couverture complémentaire des besoins.

C’est une... excellente nouvelle !!

Je m’aperçois qu’il y a encore une dimension que je n’ai pas abordée, et qui n’est pas neutre, c’est celle des investissements et des coûts !

Il me faudra donc un cinquième texte pour le faire !

Très haut débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (Troisième partie). Solutions sans-fil


High_speed_internet Dans un premier texte, j’ai posé la problématique du Très Haut Débit (THD).

La deuxième partie de cette analyse a présenté les quatre principales technologies filaires qui permettent d’obtenir du THD.

Cette troisième partie fait le point sur les cinq principales solutions sans-fil qui permettront, d’ici à 2013, de proposer du Très Haut Débit.


Très haut débit : solutions sans-fil

Il existe de nombreuses technologies permettant de transmettre des informations sans support physique.
Les transmissions hertziennes dominent largement, en se répartissant sur une grande variété de fréquences. Ces solutions devraient s’imposer dans le THD, mais je rappelle, brièvement, qu’il existe d’autres solutions :

Irda - Transmissions infrarouges
Autour du standard irDA, les usages de l’infrarouge sont très fréquents, depuis les télécommandes jusqu’aux PDA. Elles ne devraient pas permettre, à mon avis, d’aller vers le THD.

- Transmissions Laser
FSO Connue aux USA sous le nom de FSO (Free Space Optic), c’est une solution très performante qui utilise des émetteurs récepteurs laser pour transmettre à des vitesses supérieures au Gbit/s.

La distance de transmission maximale opérationnelle ne dépasse pas 4 à 5 kilomètres.
C’est une excellente solution pour les entreprises qui disposent d’établissements séparés et proches, car les coûts de transmission sont... égaux à zéro

Les cinq principales solutions présentées ci-dessous sont basées sur des réseaux hertziens.


Wi-Fi
Disponible depuis 2001, les réseaux Wi-Fi ont rapidement conquis le monde, car ce sont des réseaux Ethernet dont on a simplement remplacé le support filaire par une transmission radio, dans la bande de fréquence des 2.4 GHz, libre de licences.

Virgin in-flight Wi-Fi J’ai une “mauvaise nouvelle” pour les personnes qui pensaient trouver encore un “havre de paix” sans accès Internet quand elles prenaient l’avion ; depuis peu, de nombreuses compagnies aériennes, dont Virgin et United, proposent des accès Wi-Fi, à des prix compris entre $ 10 et $ 15 !

Aujourd’hui le Wi-Fi-n dépasse les 200 Mbit/s et doit atteindre rapidement les 600 Mbit/s.

Je pronostique qu’une nouvelle version, dont j’ignore le nom, permettra, en 2013, de dépasser le Gbit/s.

Wi-Fi antenna Les réseaux Wi-Fi de base ont une portée de quelques dizaines de mètres ; avec des antennes adaptées, un réseau Wi-Fi peut atteindre quelques kilomètres.
Une nouvelle version en test, RCP (Rural collectivity Plaftorm) poussée par Intel, permettrait d’atteindre les 50, voire les 100 km.

En résumé : les réseaux Wi-Fi permettent, aujourd’hui, le THD sur des distances comprises entre quelques dizaines de mètres et quelques kilomètres.


WiMAX : Infrastructures

Wimax Fixed Les premiers réseaux WiMAX sont apparus en 2004. Deux standards très différents sont couverts par le nom WiMAX, ce qui induit beaucoup de confusion dans le marché.

Le WiMAX, 802.16, est une solution d’infrastructures, qui atteint une distance de plusieurs dizaines de km (30 en pratique) avec une vitesse supérieure à 70 Mbit/s dans les versions actuelles. Les prochaines versions devraient dépasser rapidement les 200 Mbit/s.
Ces réseaux WiMAX d’infrastructures sont aujourd’hui déployés en priorité dans les pays en émergence, en substitution de réseaux filaires inexistants, tels que l’ADSL.
Le signal WiMAX doit ensuite être transformé en Wi-Fi pour être utilisable par un PC ou un smartphone.

En résumé : Un réseau WiMAX infrastructures permet, aujourd’hui, le THD sur des distances de quelques dizaines de kilomètres.


WiMAX mobile

WiMax mobile Cette deuxième génération de réseaux WiMAX, 802.16e, est apparue en 2006. Le signal peut être reçu directement par un PC ou un smartphone équipé d’un circuit adapté.

Cette deuxième génération de WiMAX rentre en concurrence frontale avec les réseaux de téléphonie mobile, comme on le verra plus loin. Elle permet en effet d’utiliser un réseau à haut débit aujourd’hui, à THD demain, en situation de mobilité totale.
La norme 802.16m, en cours d’élaboration, devrait permettre des transferts à 1 Gbit/s.

Intel WiMax promotion Intel est l’un des grands promoteurs du WiMAX mobile, mais a fort à faire pour convaincre les opérateurs et les fabricants de téléphones mobiles que c’est une solution d’avenir !

Début 2009, les premiers réseaux WiMAX mobiles ont été déployés dans plusieurs villes des USA, dont Baltimore et Portland. ClearWire est le principal opérateur WiMAX aux USA et Intel a investi plus d’un milliard de dollars dans cette société.

WiMax USB En 2010, un grand nombre de PC seront livrés en natif avec un circuit de réception double Wi-Fi/WiMAX, leur permettant de recevoir directement l’un ou l’autre des signaux.
Des cartes WiMAX, USB ou au format PCCard, sont déjà disponibles.

En résumé : le WiMAX mobile permettra, à partir de 2010-2011, un accès THD en situation de mobilité.


Réseaux téléphoniques mobiles : LTE

4 milliards de personnes utilisaient, fin 2008, un réseau téléphonique de deuxième génération (GSM en Europe) pour transmettre la voix.
Toutes les évolutions, bas débit, de la 2G et de la 3G, GPRS, EDGE ou UMTS étaient donc destinées aux transmissions de données.

HSDPA PC Avec l’arrivée du HSPA (HSDPA en descente et HSUPA en montée), le haut débit est maintenant opérationnel sur les réseaux téléphoniques mobiles.
Depuis le milieu de l’année 2008, les ventes de “clefs USB” HSPA pour PC ont fortement augmenté. 
Dès 2010, beaucoup de PC portables, de Netbooks seront équipés, nativement, d’un circuit HSPA où il suffira d’introduire sa carte SIM pour accéder au réseau.

Logo LTE C’est la nouvelle génération LTE, Long Term Evolution, que beaucoup appellent 4G, qui permettra le THD avec des vitesses qui dépasseront les 50 Mbit/s dès les premières versions.

Les avancées de LTE sont très rapides ; la grande majorité des acteurs majeurs de la téléphonie mobile, opérateurs, fournisseurs de mobiles et d’infrastructures, ont décidé d’investir massivement sur cette technologie.

Alcatel-Lucent, en “petite forme” économique, semble avoir décidé de jouer son va-tout avec LTE.

Les premiers réseaux LTE seront opérationnels dès 2010 et certains pays, tels que la Suède, prévoient d’avoir une couverture LTE pour 99 % de la population dès la fin de 2013.

En pratique, pour l’utilisateur qui souhaite disposer d’un réseau THD en mobilité, LTE et WiMAX mobile fourniront des services très proches.

La guerre entre ces deux grandes familles de solutions sera l’une des plus acharnées des 5 prochaines années.

En résumé : LTE permettra, à partir de 2010-2011, un accès THD en situation de mobilité.


Satellite

Satellite4 Depuis peu, le haut débit bidirectionnel, à un prix raisonnable, est disponible dans beaucoup de pays, dont la France. C’est une excellente solution de couverture haut débit pour les zones blanches ou à faible densité de population.

Il existe de nombreuses offres commerciales telles que Sat2way ou Viveole.

Ces solutions haut débit s’appuient sur des réseaux de satellites géostationnaires, ce qui induit une latence (temps de transmission A/R) forte, proche d’une seconde, qui peut être gênante pour certaines applications telles que les jeux vidéos.

Ces liaisons satellites seront-elles capables de proposer, demain, du THD ? Ce n’est pas évident, mais il n’y a aucune raison technique qui rende cette hypothèse irréaliste.

J’ai déjà parlé dans mon blog du nouveau réseau de satellites basse altitude O3B, qui sera opérationnel à la fin de 2010.

03B advantage Comme son nom l’indique “Other three billiion”, ce réseau a pour objectif prioritaire de “désenclaver”, informatiquement parlant, les trois milliards de personnes qui vivent dans la grande zone équatoriale comprise entre les deux 45 ème parallèles.

O3B proposera du THD d’infrastructures aux opérateurs locaux, allant jusqu’au Gbit/s.  Est-ce que ce THD sera ensuite proposé aux clients finaux, il est encore trop tôt pour le dire, mais l’arrivée du haut débit dans ces régions sera déjà une véritable révolution.

En résumé : Les réseaux satellites pourraient permettre, à partir de 2012, un accès THD.


Très Haut Débit sans-fil : synthèse

Horce race 2 Cinq familles de solutions permettront, potentiellement, de proposer du THD sans fil avant la fin de 2013.
Elles s’additionnent aux quatre solutions filaires, ce qui nous permet maintenant de disposer de neuf familles de solutions THD.

Deux solutions sans-fil ont des potentiels impressionnants, le WiMAX mobile et LTE. Des milliards de personnes pourront, en situation de mobilité complète, disposer du THD sur leurs PC, leurs Macintosh ou leurs smartphones.
Les solutions filaires ont ... du souci à se faire !


Très Haut Débit : Quelles solutions choisir ?

Choice shoes La quatrième partie de cette analyse proposera des éléments de réponse à cette question, qui pèse plusieurs milliards d’euros, et peut modifier en profondeur le fonctionnement de l’économie et de la société dans tous les pays du monde.

Un beau, un périlleux challenge !

Très Haut Débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (Deuxième partie). Solutions filaires


Globe THD Dans une première partie de cette analyse, j’ai posé la problématique du Très Haut Débit (THD).

J’avais initialement prévu couvrir dans la deuxième partie les solutions filaires et sans-fil.
Devant la richesse des options, j’ai préféré réserver pour la troisième partie les solutions sans-fil.

Cette analyse comprendra donc un minimum de quatre parties.


Très Haut Débit : précisions

Un commentaire sur ce premier texte m’a fait remarquer, avec juste raison, que je n’avais pas évoqué le thème des vitesses montantes ou descendantes, symétriques ou asymétriques.

Dans cette série de textes, je prends comme hypothèse que le THD commence à 50 Mbit/s pour la vitesse descendante, depuis l’opérateur vers le client final.  Il est évident que les réseaux symétriques, tels qu’Ethernet ou le SDSL, ont un grand avantage par rapport à ceux qui proposent des vitesses de remontée dix fois plus faibles. 
Je le préciserai donc clairement dans ce deuxième texte en indiquant si une technologie est A pour Asymétrique ou S, pour symétrique.

Cette deuxième partie fait le point sur les principales options filaires qui seront en compétition pour couvrir les besoins en THD d’ici à 2013.

Pavlov Dans l’inconscient de l’immense majorité des personnes avec qui je parle du THD, cette expression déclenche un réflexe “Pavlovien” :
Très Haut Débit = Fibre optique !

C’est une grave erreur, qui peut coûter très cher aux pays et aux entreprises qui n’auraient pas l’intelligence de regarder les autres solutions !

Un dernier rappel avant d’analyser les solutions qui sont ou seront disponibles ; je me place dans un horizon à 5 ans, en clair fin 2013.

Il faudra, pour certaines solutions, être un peu patient.

A l’inverse, 5 ans pour bouleverser nos usages, c’est très court, dans l’histoire de l’humanité, et même des technologies de l’information !


Très Haut Débit : solutions filaires

Réseaux filaires Une solution “filaire” utilise un support physique pour transmettre l’information.

Les quatre principaux supports physiques utilisables sont :
- Le cuivre des réseaux téléphoniques.
- Le cuivre des réseaux électriques.
- Le câble télévision.
- La fibre optique.

Quelles sont leurs possibilités, en termes de THD ?

Cuivre téléphonique

India_phone_1 C’est l’ancêtre de tous les supports d’information, utilisé depuis la création du téléphone.
Ses usages en THD sont .... extrêmement fréquents !

L’immense majorité des réseaux locaux d’entreprises Ethernet (LAN) sont construits avec du cuivre. Les débits actuels atteignent les 1 000 Mbit/s et un nouveau standard 10Gbase-T devrait permettre d’aller jusqu’à 10 Gbit/s.
Ce sont des réseaux symétriques.

Haut débit France T4 2008 95 % des liaisons haut débit en France sont aujourd’hui en ADSL, qui utilise le cuivre téléphonique.

La norme VDSL2 autorise le THD, jusqu’à 100 Mbit/s, mais sur des distances de quelques centaines de mètres. De nombreux pays, comme la Finlande ou la Belgique, ont démarré des projets sérieux en VDSL2.
L”ADSL est asymétrique, le VDSL est symétrique.

Papandriopoulos Connaissez-vous John Papandriopoulos ?  Non ? Retenez son nom !
Il pourrait devenir, rapidement, le cauchemar de tous les fournisseurs de fibre optique ; pourquoi ?

En 2006, ce brillant ingénieur australien a développé de nouvelles méthodes de Dynamic Spectrum Management (DSM), très complexes, permettant de réduire les interférences électriques des signaux.
En clair, la vitesse potentielle d’un réseau ADSL ou VDSL pourrait être multipliée par 100 et dépasser le Gbit/s, sur quelques kilomètres, comme l’ADSL actuel !
Il a été immédiatement embauché par ASSIA, une entreprise américaine qui devrait commercialiser les premiers produits issus de ses travaux d’ici 3 à 5 ans.

En résumé : en 2013, le THD sur cuivre téléphonique sera disponible sur des distances de plusieurs kilomètres.


Cuivre électrique

Plc Plus connue sous le nom de CPL (Courant Porteur en Ligne), cette technologie permet d’utiliser une autre infrastructure préexistante, le réseau de transport d’énergie électrique, pour transporter aussi des données informatiques ; et ça fonctionne très bien !

Cette technologie est déjà très répandue dans les réseaux locaux (LAN) : les nouvelles Freebox sont livrées en standard avec des boitiers PLC.

Opera CPL standard Opera, un nouveau standard Européen, a été défini ; il permettra de transmettre, sur le réseau électrique basse tension (en clair, le réseau EDF 220v) à des vitesses pouvant atteindre 400 Mbit/s.
Le CPL est symétrique.

En résumé : en 2013, le THD sur cuivre électrique sera disponible sur des distances de plusieurs kilomètres.


Câble télévision

Cable-tv-ch Nos amis américains, helvètes ou belges connaissent bien le “Câble TV” qui équipe l’immense majorité des foyers ; difficile de voir une antenne TV en Belgique !

DOCSIS Speed Depuis de nombreuses années, cette infrastructure TV est utilisée pour transmettre des données. Les nouvelles versions du standard DOCSIS permettront de dépasser les 400 Mbit/s en descente et les 100 Mbit/s en montée.

Le câble télévision est asymétrique.

En résumé : en 2013, le THD sur câble télévision sera disponible sur des distances de plusieurs kilomètres.


Fibre optique

JM Billaut Avec cette série d’articles, je risque de me fâcher avec mon grand ami Jean-Michel Billaut, pour qui, “hors de la fibre optique, pas de salut !”.

La fibre optique est évidemment le support idéal du THD, tout le monde en convient. Tous les réseaux d’entreprises en Gbit/s, tous les cœurs de réseaux des opérateurs, tous les câbles sous-marins modernes utilisent la fibre optique.
La vitesse “minimale”, symétrique, de la fibre optique est de 100 Mbit/s et sur plusieurs dizaines de kilomètres. En utilisant plusieurs centaines de longueurs d’ondes différentes (WDM pour les pros), la capacité de la fibre optique dépasse les 10 Tbit/s.

En résumé : en 2009, le THD sur fibre optique est déjà disponible sur des distances de plusieurs milliers de kilomètres.


Très Haut Débit filaire : synthèse

Good-news-new Rien qu’avec les technologies filaires, nous disposerons, au plus tard en 2013, de quatre solutions performantes qui peuvent, chacune, couvrir l’essentiel de la demande, quelle que soit la distance.
C’est déjà une bonne nouvelle, nous aurons l’embarras du choix, mais....

N’oublions surtout pas que le sans-fil THD pointe le bout de son nez !

C’est ce que je présente dans la troisième partie de cette analyse.

Très haut débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (1ère partie)


Fiber Quelles sont les questions réseaux les plus stratégiques des cinq prochaines années que doivent se poser tous les pays, toutes les entreprises du monde ?

- Quelles solutions technologiques pour proposer du très haut débit (THD) ?
- Quel pourrait être un calendrier de déploiement, à la fois réaliste et ambitieux ?
- Pour quels usages ?
- Qui doit investir ? Combien ?

Les réponses à ces questions sont complexes, et les choix qui seront faits auront des impacts majeurs, à long terme, sur la compétitivité des pays et de leurs entreprises.

Cul de sac Pourquoi aborder ce sujet dans ce blog, centré sur l’Entreprise 2.0 ?
La réponse est très simple : les réseaux THD sont indispensables pour permettre la généralisation des usages 2.0 dans les entreprises.

Je vous propose une série de 3 textes pour mieux comprendre les options technologiques possibles, les choix stratégiques et les... principaux “culs-de-sac ” à éviter !



Le très haut débit : quelle définition ?

High speed car Pour la clarté de l’exposé, je vais utiliser la segmentation suivante, qui fait référence aux vitesses théoriques, optimales, des réseaux :

- Bas débit : vitesse inférieure à 1 Mbit/s.
- Haut débit : vitesse comprise entre 1 et 50 Mbit/s.
- Très haut débit : vitesse supérieure à 50 Mbit/s.

Ce sont bien sur des limites discutables, mais qui me semblent raisonnables pour bien différencier les usages possibles des réseaux.

Débit 4 Wi-Fi Dans la pratique, les débits utiles sont souvent inférieurs de 50 % aux chiffres théoriques, nous le savons tous. A titre d’illustration, la vitesse utile d’un réseau ADSL décroit très vite en fonction de la distance qui sépare le point d’émission (DSLAM pour les initiés !) du lieu d’arrivée. Au-delà de 4 à 6 km, l’ADSL ne peut pas fournir, aujourd’hui, du haut débit.


Topologie : Très Haut Débit, où ?

Options THD, Très Haut Débit Ce schéma servira de base à toutes les analyses faites dans ce texte.
Je vous propose une vision par “composants” :

- Cœur Réseaux Internet : les “backbones” Internet, construits et gérés par les opérateurs.

- Grand lieu professionnel : bureaux, usines, sites où travaillent plus de 50 personnes.

- Petit site professionnel : bureaux, agences où travaillent moins de 50 personnes.

- Espace domestique : une maison, un appartement familial, où l’on peut aussi.... travailler !

- Mobilité : situation d’une personne en déplacement, professionnel ou privé.

Les flèches, de 1 à 4, correspondent à ce que l’on nomme le “dernier kilomètre” (Last Mile en Anglais), en clair ce qui sépare un lieu d’usage du point d’entrée le plus proche sur un cœur de réseau.


Très Haut Débit : déjà là, souvent

Commençons par les bonnes nouvelles ; le THD est déjà opérationnel dans de nombreux lieux :

Abilene network - Cœur Réseaux Internet : tous les opérateurs utilisent de la fibre optique qui permet des débits supérieurs au Gigabit ; problème réglé.
Les performances s’améliorent, aujourd’hui, plus vite que la consommation, comme le montrent le taux d’usage des réseaux avancés tels que Abilene aux USA ou Renater en Europe.

- Grand lieu professionnel : Les réseaux locaux Ethernet (LAN) sont omniprésents. La majorité de ces réseaux sont déjà à 100 Mbit/s, voire 1 GBit/s ; problème réglé.
De plus en plus, les entreprises installent en complément des réseaux filaires  de l’Ethernet sans fil (Wi-Fi) ; le Wi-Fi-n, dont la vitesse est comprise entre 100 Mbtis/s aujourd’hui, et 600 Mbit/s d’ici 2012, devient la norme.
C’est l’une des très rares situations où le monde professionnel est encore en avance sur le grand public !

- Petit site professionnel : on y trouve souvent un réseau Ethernet filaire à 100 Mbit/s et, de plus en plus, du Wi-Fi ; problème réglé.

Prise CPL _ Wi-Fi - Espace domestique : les solutions Wi-Fi (standard n de plus en plus) et/ou CPL (Courant Porteur en Ligne) se banalisent et dépassent déjà le 50 Mbits/s ; problème réglé.

En clair, tous les lieux où l’on consomme du réseau sont déjà équipés THD.

Seules, pour le moment, manquent à l’appel les situations de mobilité !

Il ne reste donc plus qu’à trouver des solutions pour le “dernier kilomètre”, c’est à dire pour les flèches 1, 2, 3 et 4 du schéma.

Dernier Kilomètre C’est, aujourd’hui, sur ce dernier kilomètre que le THD est le moins présent.
C’est, demain, sur ce dernier kilomètre que le THD va faire des progrès fulgurants.

Quelles seront, d’ici à 2012/2013, les solutions possibles ? Les solutions retenues ? Les solutions installées ? That is the question !

Cette question se pose :
- A tous les pays.
- A toutes les entreprises.

La deuxième partie de ce texte fera le point sur les principales options, filaires et sans fil, qui seront en compétition pour couvrir les besoins en THD.

Dans la troisième partie, je présenterai les solutions qui me paraissent les plus pertinentes pour répondre aux attentes de THD dans les quatre principales situations de “dernier kilomètre”.

High speed internet Sans “déflorer” le sujet, je peux déjà transmettre une excellente nouvelle à tous les responsables informatiques :

Vous pouvez, aujourd’hui repenser votre stratégie Systèmes d’Information en faisant l’hypothèse que tous vos “clients”, internes et externes, auront à leur disposition un minimum de 100 Mbit/s, en tout lieu, à toute heure, sur tout objet d’accès, et ce, avant la fin de 2013.

17 avril : la deuxième partie de cette analyse (solutions THD filaires) est disponible, .

20 avril : la troisième partie de cette analyse (Solutions THD sans-fil) est disponible, .

24 avril : la quatrième partie de cette analyse (Quelles solutions, dans quel contexte) est disponible,.

4 mai : la cinquième, et dernière partie de cette analyse (dimensions financières) est disponible, .

Web 2.0 : Identité numérique, thème de “YouOnTheWeb” à Lille

Youonthe web logo Bravo aux organisateurs de YouOnTheWeb, réunion à laquelle ont participé plus d’une centaine de personnes intéressées par le management de leur identité numérique.


You On The Web

Isabelle Brisset Le thème principal de cette réunion était :
Rencontres sur l’identité numérique, l’e-réputation et le personal branding.

YouOnTheWeb a eu lieu le samedi 28 mars 2009 à Lille, dans les locaux de l’Ecole de Commerce, organisée en moins de six semaines par une équipe exceptionnelle de “Geemiks”, pilotée par Isabelle Brisset.

Notre système éducatif français irait beaucoup mieux s’il y avait un plus grand nombre d'"Isabelles” dans d’autres écoles, d’autres facultés !

L’Iteem, une jeune école innovante d’ingénieur-manager-entrepreneur dont j’ai déjà parlé dans mon blog, co-organisait cet événement.


Rappel : Google Apps pour éducation

Google Apps education L’ESC de Lille est la première école de commerce en France qui a migré sur Google Apps éducation, en septembre 2008. J’espère que cela donnera des idées à d’autres établissements d’enseignement, quel que soit leur secteur d’activité, surtout quand on sait que c’est une version haut de gamme et ... gratuite de Google Apps !

Nous savons tous que les universités françaises sont très riches, très bien équipées en informatique et disposent d’excellents outils de bureautique et de messagerie, avec plusieurs Go de mémoire par étudiant !

Pourquoi n’ont-elles pas encore toutes migré vers Google Apps ?
Cela dépasse l’entendement de toute personne raisonnable, un tant soit peu soucieuse de la qualité des outils mis à disposition des étudiants, et ... de la façon sont dépensés les budgets alloués à nos écoles et universités.

Frédéric Je suis un peu plus optimiste à la suite de mes échanges avec Frédéric Di Gleria, le dynamique DSI de l’ESC qui m’a confirmé qu’il recevait maintenant de très nombreuses visites d’autres établissements d’enseignement, venus analyser cette grande réussite.


Une journée bien remplie !

Toute la journée, l’ambiance a été à la fois studieuse et décontractée.
Je suis certain que nous aurons, très bientôt, un compte rendu détaillé des différents exposés sur le site de YouOnTheWeb.

Table ronde Le temps fort de la matinée a été une table ronde sur les différentes facettes de la gestion de son identité numérique sur le Web.

Assemblée 3 Cette séance était webcastée en direct pour toutes les personnes qui n’avaient pas pu se joindre aux très nombreuses personnes présentes sur place.

Les participants ont aussi, au cours de la journée, pu circuler dans des “jardins” thématiques pour échanger, de manière plus informelle avec des professionnels du sujet tels que Sylvie le Bars, Emilie Oger, Miguel Membrano ou Frédéric Warembourg.
(Mes excuses à tous les autres intervenants que je ne peux pas citer.)


Poken, une innovation intéressante, présente à YouOnTheWeb

Tous les participants présents à YouOnTheWeb sont repartis avec une clef USB Poken.
Poken ? Vous ne connaissez pas ? Rassurez-vous, moi aussi, j’en ignorais l’existence avant de participer à cette manifestation.

Poken L’idée de Poken, entreprise canadienne, est très simple et astucieuse :

- Chaque personne dispose d’une clef Poken, qui a un numéro d’identification unique, un peu comme une adresse MAC pour les réseaux Ethernet.

- Il suffit de rapprocher deux Poken pour qu’ils échangent leurs numéros, par un réseau sans fil NFC (Near Field Communication) similaire à ceux utilisés par les passes Navigo du métro parisien.

- Sur le site de Poken, vous choisissez quels éléments de votre “identité numérique” vous souhaitez partager. J’ai, à titre d’exemple, établi un lien avec mes identités Facebook et LinkedIn.

Poken Louis Naugès - Toute personne avec qui vous avez partagé votre Poken pourra ainsi, très simplement, retrouver vos identités sur le Web.

Si cette technologie réussit, elle pourrait, avantageusement, remplacer les ... cartes de visites papier !
J’ai parlé avec quelques personnes de Poken qui étaient présentes à Lille pour mieux comprendre leur stratégie.
Il me semble que la clef du succès réside dans la possibilité d’avoir la “fonction” Poken disponible sur un maximum de téléphones portables, pour éviter de transporter un objet numérique de plus.


Des étudiants récompensés, par des sponsors

Tableau Sponsors L’équipe organisatrice avait demandé à quelques entreprises de sponsoriser la remise d’un ordinateur portable à quelques étudiants ayant montré par leurs activités un clair intérêt pour les innovations du Web, autour de l’identité numérique.

Sept organisations, dont Adeo (Leroy Merlin), Auchan, CapGemini et ... Revevol, associé à Google, ont répondu présent.

Groupe Travail Auchan Laurent Un jury de 4 à 6 personnes avait été constitué autour de chaque société sponsor pour choisir le lauréat parmi une liste d’étudiants présélectionnés par les organisateurs de YouOnTheWeb.
Tous ces jurys se sont réunis à l’heure du déjeuner pour faire leur choix, à la suite d’échanges très animés.

Louis Ordinateur Revevol J’ai participé au jury “Revevol”, et la remise des prix a eu lieu en fin de journée, à 17 h.
Notre jury a choisi comme gagnant du PC portable, Sébastien Stadil, étudiant à Lille, où il est de retour après un séjour en Californie.

Il a d’ailleurs rapidement réagi à ce choix sur son blog.
Si vous le lisez, il est intéressant de voir comment il a réagi après avoir reçu ce superbe PC portable, mais qui fonctionnait sous ... Windows XP !

Sébastien Stadil Cloud Computing Group

Je pense que l’un des éléments qui, dans notre jury, a le plus fait pencher la balance pour Sebastien est le fait que, jeune étudiant français dans la Silicon Valley, il a été capable d’organiser et de gérer un groupe de travail sur le “Cloud Computing”, qui réunissait plus de 800 personnes, les “cloudsters”.


Espoir, Optimisme, fierté, futur radieux

Dans le TGV qui me ramenait vers Paris, j’ai pu parler avec quelques personnes qui avaient, elles aussi, participé à You0nTheWeb.
Optimism Cette journée était une excellente cure d’optimisme en plein milieu d’une période pendant laquelle l’un des mots les plus entendus est ... crise.

J’ai fait aussi le plein d’espoir et de fierté en repensant à la qualité des dossiers de tous les étudiants que j’ai pu étudier, au professionnalisme des personnes qui ont organisé YouOnTheWeb et à la qualité des échanges que j’ai pu avoir avec les personnes présentes.

N’oublions pas que pour l’essentiel, les jeunes d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, mais différemment, sont remplis d’énergie, de volonté et peuvent nous aider à la création d’un futur radieux.

Ne laissons pas l’infime minorité de quelques centaines de “malades” qui manifestent violemment à Strasbourg ou en Corse, sans même savoir pourquoi, masquer l’immense majorité de ceux qui sont prêts à se “défoncer” pour construire un avenir meilleur, souvent avec l'aide du WEB !

J’en ai rencontré, beaucoup, à Lille !

J’ai même rencontré des .... DSI prêts à innover !


Merci, Alain !

AP2s Alain Pouyat est DSI (Directeur des Systèmes d’Information) du Groupe Bouygues, membre du comité de Direction. Il réunit tous les trimestres les responsables informatiques du groupe, ce qui représente plus de 120 personnes.

Le Groupe Bouygues, c’est  32,7 milliards d’euros de CA, 1,5 milliard d’euros de résultat net et 140 000 collaborateurs.
Les principales sociétés sont Bouygues Construction, TF1, Bouygues Telecom, Bouygues Immobilier et Colas.

Il m’avait demandé d’intervenir le 18 mars, lors la première réunion de l’année 2009, pour présenter ma vision des évolutions des systèmes d’information sur la période 2009 - 2012.

Massimo 1s Le titre de mon exposé : Ruptures ! (j’y reviendrai à la fin)

 Maintenant que le groupe Bouygues est l’actionnaire de référence d’Alstom, les DSI de cette société participent aussi à ces réunions.
J’ai eu ainsi le plaisir de rencontrer et de dialoguer avec Massimo Spada, l’alter ego d’Alain Pouyat chez Alstom.


L’innovation... technologique

Salle sourire s  Il n’est pas toujours facile quand on travaille dans un ensemble qui représente plus de 3000 informaticiens, 130 000 PC et 250 millions d’euros d’investissements logiciels par an de sortir de l’opérationnel et de se projeter à 3 ou 4 ans.

C’est l’un des grands mérites de ces réunions trimestrielles de permettre de faire le point sur les évolutions de plus en plus rapides des technologies informatiques.

Olivier 2s Aidé par deux informaticiens du groupe Bouygues qui avaient été au CES 2009, début janvier, la grande fête annuelle de l’informatique grand public, Olivier Ezratty, dont le blog “opinions libres” est remarquable, a présenté les innovations les plus marquantes de cette édition.

Sa présence confirmait une idée que je défends en permanence : l’innovation a déserté le monde de l’entreprise et se concentre sur le grand public, un marché beaucoup plus important et plus réceptif à des outils ou solutions innovantes.

AP + téléphone project s En invitant Olivier, Alain Pouyat reste fidèle à sa recherche permanente de l’innovation. Il n’a d’ailleurs pas résisté au plaisir de sortir de l’une des ses poches le premier téléphone portable équipé d’un “picoprojecteur ” et à en faire une démonstration. On voit,sur cette photo, la petite image à droite qui est créée par le téléphone qu’il tient dans la main.


L’innovation... par les usages

Institut Management Bouygues Rien ne sert de plaquer une technologie innovante dans une organisation allergique au changement.
Créé il y a dix ans, l’Institut du Management Bouygues (IMB) est une université interne réservée aux cadres dirigeants du groupe.

Groupes Lors de cette journée, j’ai écouté avec attention deux présentations par des groupes de travail de l’IMB, qui avaient été pilotés par Alain Pouyat.
Ils ont présenté les résultats de leur recherche sur :

 “Comment mieux travailler avec les outils de communication ?”

J’ai été impressionné par la qualité et la pertinence du travail réalisé par ces deux groupes.  Ce qui me parait très positif, c’est que tous les dirigeants informatiques du groupe Bouygues soient sensibilisés aux dimensions humaines et organisationnelles du travail “participatique”.


Enjeux Collaboratif 2 Je ne peux évidemment pas, pour des raisons évidentes de confidentialité, reprendre ici toutes les informations passionnantes qu’ont présentées ces deux groupes. J’en ai simplement extrait l’une des slides présentées, qui met en évidence les enjeux managériaux de ces innovations.


Innovations ... de ruptures

Louis 2 Ruptures ! J’avais la lourde charge de terminer la matinée par une présentation de 75 minutes sur ce thème.

J’avais bien sûr préparé cette conférence avec les équipes d’Alain, mais ils m’ont laissé carte blanche pour choisir les thèmes de mon intervention. Me connaissant, ils prenaient des “risques” !

Le message de synthèse de cette présentation était très clair :

Il y a des évolutions majeures, inéluctables, irréversibles, qui vont s’imposer à toutes les entreprises, à tous les responsables informatiques.

Pour les lecteurs assidus de mon blog, ces idées sont bien connues.

Entreprises innovantes Face à ces évolutions irréversibles, les entreprises sont, classiquement, réparties en trois groupes :

- Innovateurs : elles les anticipent, les accompagnent en mettant en œuvre une stratégie Système d’Information innovante qui leur permet de gagner un avantage compétitif majeur vis-à-vis de leurs concurrents. 
C’est ce que fait le Groupe Bouygues depuis plus de 25 ans (J’y ai animé une conférence sur les potentiels de la ... messagerie électronique en 1983, devant Francis Bouygues, Président fondateur du Groupe !).

- Majorité : c’est le groupe le plus important ; elles attendent que leurs concurrents aient montré que c’était une bonne décision pour passer à l’action.

- Réticents : ne bougent que quand elles ne peuvent pas faire autrement, quand les solutions informatiques qu’elles utilisent ne sont plus maintenues, quand elles ne trouvent plus d’informaticiens capables d’assurer la continuité de ces solutions.

Cette “courbe de Gauss” de l’innovation est très classique ; ce qui est nouveau c’est que l’échelle de temps se raccourcit beaucoup !


Une démarche que j’aimerais voir ... se généraliser !

Fin des certitudes Bravo à ces DSI qui acceptent de recevoir des messages “dérangeants”, de se poser des questions sur la pertinence de certains choix d’infrastructures et d’usages qui sont ultra-dominants dans leur entreprise :

- Oui, les choix d’infrastructures qui étaient les meilleurs il y a 5 ou 10 ans peuvent être remis en cause.

- Oui, il existe d’autres fournisseurs stratégiques que Microsoft, SAP ou IBM.

C’est ce qu’a démontré le CIGREF (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises) en invitant Google dans sa liste des fournisseurs partenaires.

- Oui, le client lourd n’est peut-être pas l’avenir de l’informatique.

- Oui, héberger des données sur le “Cloud” est une option raisonnable.
- Oui ...

Toutes les entreprises, grandes et moyennes, quel que soit leur secteur d’activité, sont ou seront confrontées à ces mutations irréversibles.

Il est très encourageant pour moi de constater que des entreprises aussi prestigieuses et performantes que le Groupe Bouygues ou Alstom acceptent de remettre en question certaines de leurs “certitudes” informatiques.


DSI, le monde bouge, très vite, autour de vous !

Magritte Nuages Acceptez de regarder en face ces ‘ruptures” qui s’imposeront à vous, un jour.

Plus vous prendrez le virage tôt, mieux vous dominerez les évolutions de votre Système d’Information.

Anticiper pour ne pas subir, c’était, je pense, le principal message que j’ai retenu de cette journée passionnante.

Je suis persuadé que de très nombreuses entreprises vont organiser en 2009 des réunions semblables à celle du Groupe Bouygues.

Je suis prêt à vous aider à les animer !

L’avenir de la bureautique (suite)... la réponse de Microsoft !


Bernard Ourghanlian Mon récent texte, à la suite de l’annonce de BPOS (Business Productivity Online Services), la solution Exchange hébergée proposée directement par Microsoft, a généré de nombreux commentaires, dont l’un de Bernard Ourghanlian, directeur technique et sécurité de Microsoft, que j’avais cité dans mon texte.

Je le remercie de ce long et très courtois commentaire, dont je recommande chaudement la lecture à toutes les personnes intéressées par ce sujet majeur.


Software + Services Il y présente clairement des éléments clefs de la stratégie de Microsoft, autour de concepts maintenant bien connus tels que Software + Services.

Pour prolonger les échanges, j’ai décidé de publier un deuxième texte qui me permettra de mieux préciser ma compréhension de la position de Microsoft face aux challenges des nouvelles offres Bureautique 2.0, sur le Web.


La position de Microsoft

Bernard Ourghanlian insiste sur le fait que le commentaire que je citais : “Pourquoi les gens ont-ils envie d’aller vers des clients Web ce qui, à bien des égards, constitue un contre-sens total ?”, était relatif à la productivité des développeurs, et il a raison ; c’est aussi pour cela que j’avais mis un lien sur son interview pour que les lecteurs comprennent bien la position de Microsoft.

Je suis, comme Bernard Ourghanlian, un grand défenseur des plateformes de développement objet ; j’ai beaucoup travaillé, dans les années 90 avec les meilleures solutions du marché SmallTalk puis Java.

Il insiste beaucoup sur le fait que JavaScript, le langage utilisé pour construire des “applications Web”, est très rustique et imparfait ; une fois encore, il a raison, mais...
C’est, aujourd’hui, l’outil le plus abouti, universel, standardisé, pour construire des applications Web de haute qualité dans un navigateur moderne.
Il est essentiel de bien dissocier le point de vue du consommateur de l’application, vous ou moi, de celui des développeurs :
JavaScript experiments - Pour le consommateur de l’application, seul le résultat compte, et il est aujourd’hui spectaculaire.  Nous avons accès à des centaines d’applications Web qui nous offrent une ergonomie haut de gamme (Google Street !) et des fonctionnalités de tout premier ordre.
Je vous conseille de visiter le nouveau site de Google, Chrome experiments.  Il vous permettra de tester quelques applications spectaculaires.

- Les développeurs JavaScript ne disposent pas encore d’outils aussi riches que la plateforme Eclipse pour Java.  Je fais confiance aux développeurs Open Source pour améliorer, très vite, les plateformes de développement JavaScript.

Ce débat sur JavaScript est emblématique de deux visions opposées de l’avenir de l’informatique.


JavaScript, révélateur de deux visions opposées

La situation est d’une clarté aveuglante !
- Si JavaScript s’améliore, si les applications construites avec cet outil deviennent excellentes, le besoin d’un client lourd disparait et le CWR, le Client Web Riche s’impose.

- Si JavaScript piétine, le client lourd (en clair, Windows) garde toute sa valeur.

Est-il très difficile de comprendre de quel côté penche le cœur de Google, et de quel côté penche celui de Microsoft ?

L’ancien leader de la bureautique et le futur grand ont donc deux stratégies, en totale opposition, comme le montre les annonces concernant les nouveaux navigateurs IE8 (disponible ici), Chrome, Firefox, Safari et Opera.

Browser Wars on JavaScript Je vous conseille de lire, en anglais, cet excellent texte sur JavaScript, publié par Cnet.com à l’occasion de la sortie d’Internet Explorer 8.

Fastest pages in IE 8 - Microsoft annonce que IE8 est le plus rapide, comme le montre le tableau joint, et c’est vrai ! Mais, que mesure Microsoft ?
Le temps d’accès à des pages Web traditionnelles, statiques, qui ne font pas appel à JavaScript.

WebBrowsers speed - Tous les autres grands navigateurs, Firefox, Chrome, Safari ou Opera se battent comme des “chiffonniers” pour démontrer qu’ils sont les plus rapides avec... JavaScript. 

Sunspider_tests C’est devenu si stratégique que tous les grands éditeurs de navigateurs ont donné un nom à leur “moteur JavaScript”, le logiciel que personne de voit directement, mais qui est responsable de la performance. (V8 pour Google, TraceMonkey pour Firefox...)
Ces quatre acteurs ont développé différents tests, chacun mettant en évidence leur point fort, et c’est de bonne guerre. Ils sont par contre unanimes sur un point :

IE8 est, de très loin, le dernier de la classe !


Rapidement choisir ... son camp

On voit clairement émerger deux visions stratégiques différentes du futur des outils bureautiques.

- Une démarche de continuité, au sens de Christensen ; BPOS est une solution bien connue, basée sur les logiciels Exchange et autres Sharepoint en version hébergée, tels qu’ils sont proposés depuis des années par des entreprises comme Orange Business Services.

- Une démarche d’innovation de rupture, basée sur les infrastructures “Cloud Computing”, des logiciels en mode SaaS, JavaScript, dont Google Apps est le principal représentant.

Fleurets Microsoft le sait très bien, Google le sait très bien ; ils tiennent tous les deux des “discours” très gentils, à “fleurets mouchetés” du genre :
- Google Apps n’est pas un concurrent sérieux pour les solutions bureautiques de Microsoft.
- Avec Google Apps, nous ne cherchons pas à concurrencer directement Microsoft.

En réalité, il s’agit d’une guerre sans merci pour contrôler demain le milliard de personnes qui utiliseront quotidiennement des outils bureautiques professionnels.


En résumé

- Je ne vais pas essayer de convaincre Microsoft que les solutions 100 % navigateur sont l’avenir des Systèmes d’Information.
- Microsoft ne va pas essayer de me convaincre que le client lourd a un avenir brillant.

Smoking kills Par contre, les décideurs informatiques doivent, aujourd’hui, choisir leur camp.  J’espère que ces échanges, courtois, les aideront à mieux comprendre les différences entre ces deux visions et pourquoi il est essentiel de “bien” choisir !

Ne demandez pas à Revevol, que je préside, de vous installer BPOS ; éthiquement parlant, je ne serais pas honnête avec moi-même si j’acceptais cette mission.
Cela reviendrait à demander à un médecin ORL de vous prescrire deux paquets de Marlboro par jour !


Un dernier conseil pour DSI avisé, en temps de restrictions budgétaires.

Money-belt Si vous envisagez de changer votre outil de messagerie et/ou votre version actuelle d’Office, ne le faites jamais sans demander à Google une contre-offre. Il suffira ensuite de faire savoir à votre commercial Microsoft favori que vous avez une réponse concurrentielle de Google.

Même si vous décidiez de garder Exchange et Office, ce qui me parait très peu probable, votre directeur financier va adorer les très substantielles remises que vous obtiendrez de la part de Microsoft !
Plusieurs entreprises avec qui travaille Revevol m’ont confirmé que leurs commerciaux Microsoft avaient reçu la consigne de ne jamais laisser entrer Google !!

L’avenir de la bureautique ? Le Cloud, dixit... Microsoft !


Hallelujah Hallelujah ! A la conférence Cebit d’Hanovre, du 3 au 6 mars 2009, Microsoft a officiellement annoncé, dans la “famille” Microsoft Online Services, la solution BPOS (Business Productivity Online Services).

Il est possible d’essayer gratuitement, pendant un mois, BPOS. La procédure pour s’y inscrire est disponible (en Anglais).


BPOS : Business Productivity Online Services : présentation rapide

Saint Paul Damas  Comme Saint-Paul sur le chemin de Damas, Microsoft a vu la lumière au travers des “Nuages”. Bien aidé par l’arrivée de Ray Ozzie, les dirigeants de Microsoft, y compris Steve Ballmer, chantent maintenant les louanges du “Cloud Computing” et annoncent des solutions telles qu’Azure.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’annonce de BPOS.

Les composants de base de BPOS sont très classiques et bien connus des entreprises déjà utilisatrices des solutions Microsoft :
- Exchange
- Sharepoint
- Office Live meeting
- Office Communications

Business Productivity France La principale “différence” vient du fait que l’on ajoute le mot “Online” à chacun de ces quatre composants.
Nous sommes clairement dans une logique de “continuité” des offres existantes : les entreprises ne seront pas dépaysées par cette annonce !

Le site de Microsoft France qui présente BPOS est accessible ici.


Ce qu’en dit le Web

Face à une annonce aussi significative, un grand nombre de textes ont déjà été publiés sur le Web.
Je vous propose une sélection de quelques commentaires :

- Phil Wainewright, l’un des auteurs les plus lus de ZDNet.com sur tous les sujets du SaaS et du Cloud Computing. Son analyse est claire : c’est une réponse directe de Microsoft à la “menace” de Google Apps”. 
Big fight Il cite d’ailleurs le commentaire de Ron Markezich, corporate VP de Microsoft :

“Google we really do not feel is ready for the enterprise
(nous ne pensons pas que Google est prêt pour le marché des entreprises).

Microsoft en a profité pour annoncer que le laboratoire GSK avait manifesté son intention de déployer progressivement BPOS pour 100 000 personnes.

Il ne faut pas se leurrer : derrière le ton légèrement “méprisant” du commentaire, se cache une trouille noire de Microsoft devant l’arrivée de Google Apps.
Ce n’est, à mon avis, que le début d’une lutte, à la vie à la mort, entre le géant actuel de la Bureautique 1.0 et le “futur ?’ leader de la Bureautique 2.0.

- Sur le blog de Hugo Lunardelli, dont les liens avec Microsoft sont connus, vous pouvez lire une présentation très détaillée, et positive, de cette offre.

- ZDNet France présente quelques images de l’offre BPOS.


Les choix bureautiques sont limpides, maintenant

Onction Avec BPOS, Microsoft confirme que la bonne direction, c’est :
- Le Web.
- Des solutions externalisées, en mode hébergé ou SaaS.
- Proposer aux “Deskless”, les personnes non équipées des solutions Bureautique 1.0, trop chères, l’accès à des outils bureautiques.

Ce sont des messages que je pousse sur ce blog depuis le début ; je suis donc très heureux que l’acteur dominant de la bureautique 1.0, en fin de vie, confirme mes orientations stratégiques.
Grâce à l’”onction” de Microsoft, un responsable informatique qui doit faire évoluer ses solutions bureautiques 1.0 ne peut plus ignorer les grandes options et devra faire des choix.

- Garder des solutions de Bureautique 1.0
Fired C’est une erreur de management, une erreur technique, une erreur économique, une erreur de compréhension des tendances majeures des systèmes d’information. En suivant cette voie, il s’expose à une sanction claire :

Licenciement immédiat, sans indemnités, pour faute professionnelle grave !

(Cela fera de la place pour des personnes qui ont compris où est le futur, et elles ne manquent pas !)

- Préparer la migration vers des solutions Bureautique 2.0.
Google a fait, pendant deux ans, cavalier seul dans cette direction, même si d’autres acteurs tels que Thinkfree ou Zimbra, qui ont aussi des offres de qualité, ont essayé d’exister, mais sans grand succès.

Sleeping-Beauty Les deux géants endormis de la bureautique 1.0 se réveillent, Microsoft avec BPOS, IBM avec Lotuslive, commencent à mettre un pied dans le monde de la Bureautique 2.0.

Y seront-ils crédibles ? That’s the question !


BPOS, une menace pour Google Apps ?

Gapps gueule loup La question peut surprendre ; de nombreux responsables informatiques avaient, encore récemment, l’habitude de poser la question dans l’autre sens : est-ce que Google Apps est une alternative à Microsoft Exchange ?

Comme je l’annonce depuis longtemps, et comme le démontre la contre-attaque de Microsoft avec BPOS, tous les grands acteurs du marché ont compris, souvent à contre-cœur, que l’avenir appartient aux solutions bureautiques Web.

BPOS LN Même si j’ai déjà commencé à tester BPOS, pour mieux comprendre les forces et les faiblesses de cette “nouvelle” offre, il n’est pas dans mon intention de faire dans ce texte une comparaison détaillée de BPOS et Google Apps.

Il y a cependant des différences majeures et évidentes entre l’offre Google Apps et BPOS de Microsoft ; j’en citerai simplement trois :
- Architecture : Cloud Computing pour Google Apps, hébergée pour BPOS.
- Taille des boîtes aux lettres : 500 Mo pour BPOS, 25 Go pour Google Apps, soit 50 fois plus.
Dollars dans main - Coût annuel par utilisateur (sujet très sensible par les temps qui courent !)
Microsoft BPOS = 147,5 €
Google Apps     =  40 €
Différence / personne / an = 107, 5 €
En clair : Microsoft BPOS est 3,7 fois plus cher que Google Apps.

Merci Microsoft, cette annonce valide tous les choix stratégiques recommandés depuis deux ans par Revevol.

Je ne peux m’empêcher, pour terminer, de faire référence à I’interview par Hugo Lunardelli de Bernard Ourghanlian, directeur technique et sécurité de Microsoft France dans lequel il dit, et c’est “fascinant” :

“Pourquoi les gens ont-ils envie d’aller vers des clients Web ce qui, à bien des égards, constitue un contre-sens total ?

Fuzzy directions Est-ce vraiment la pensée stratégique de Microsoft ?
Si c’est le cas, comment peut-on accorder le moindre crédit à la volonté de Microsoft d’aller, sérieusement, vers des solutions innovantes Web ?

Mise à jour du 22 mars 2009 : pour répondre efficacement au long commentaire fait par Bernard Ourghanlian, j'ai décidé de publier un nouveau texte.

RunMyProcess, vainqueur des trophées SaaS 2009


Bravo, RunMyProcess !

HUG RMP Lors du Forum SaaS/ASP, qui c’est déroulé à Paris le 5 mars 2009, a été décerné le “Trophée ASP et du SaaS 2009”.
Il y avait un seul gagnant parmi les six candidats, et c’est la jeune société française, RunMyProcess, créée il y a deux ans, qui l’a emporté.



Le prix SaaS 2009

Pour l’édition 2009 du trophée ASP et SaaS, il y avait 27 dossiers en concurrence.
Un jury, choisi par les responsables de ce forum, c’est réuni pour sélectionner 6 “nominés”, qui ont été présentés sur le site de l’événement.
Résultats votes Pour établir le classement final, il y a eu deux votes :
- Les abonnés à la lettre SaaS/ASP (50 %). (Précision du 8 mars 2009 : les participants aux journées SaaS ont eu, eux aussi, la possibilité de voter).
- Les membres du jury (50 %).
Le classement final a été annoncé à la fin de la journée.

(A ceux qui me reprochent parfois mes liens “très” étroits avec Google, je ferai remarquer que Google Apps faisait partie des candidats, mais n’est que cinquième.)


RunMyProcess, en quelques mots

Logo RMP La société RunMyProcess (RMP) a été créée il y a deux ans par Matthieu Hug, Alexandre Lachmann, tous les deux ingénieurs Supelec (comme moi !) et Eric Mahé, Centrale Marseille.

RMP est, au niveau mondial, la première solution, 100 % SaaS, Software as a Service, qui permet de modéliser, efficacement et rapidement, des processus de gestion qui s’appuient à la fois sur des solutions SaaS et des logiciels traditionnels.

Exemple RMP Les points forts de cette offre :
- RMP utilise le standard de notation BPMN.

- RMP dispose déjà de plusieurs centaines de connecteurs, aussi bien pour les grands classiques historiques que sont SAP ou Oracle que pour des offres plus innovantes telles que Salesforce, Google Apps ou... Velib.

- RMP s’appuie sur les infrastructures “Cloud Computing” du numéro un mondial, Amazon, ce qui garantit à tous leurs clients des performances de haut niveau, quels que soient le nombre ou la complexité des processus déployés.


RunMyProcess, chez... Revevol

Revevol est aussi une jeune entreprise, née la même année que RunMyProcess.
Partenaires Revevol Depuis sa création, Revevol, qui conseille les entreprises qui souhaitent faire évoluer leur Système d’Information vers le Cloud Computing et les solutions SaaS, pratique ce qu’elle recommande et n’utilise que des solutions SaaS, et en particulier celles de tous nos partenaires.

Comment fonctionne Revevol au quotidien :
- Tous les usages bureautiques et “participatique” avec Google Apps, que l’on ne présente plus aux lecteurs de ce blog !
- La gestion commerciale avec Salesforce.com, le numéro un mondial du CRM SaaS.
- Notre site Web, construit avec Nêlis, une autre jeune société française, basée à Montpellier.
- Nous commençons à utiliser ... RunMyProcess pour industrialiser nos processus internes, tels que suivi des missions et gestion financière, pour faire face à la forte croissance prévue en 2009, avec un CA qui devrait être multiplié par quatre.
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Remplacer Lotus Notes : Premier marché stratégique pour RunMyProcess ?

MIke Zisman Dès le début des années 90, j’ai été un grand “fan” de Lotus Notes ; j’ai participé à de nombreux Lotusphere, quand mon ami Mike Zisman était CEO de Lotus.

C’était, à l’époque, un produit très innovant :
- Créé par Ray Ozzie, aujourd’hui numéro 2 de Microsoft.
- Sur les infrastructures innovantes de l’époque, les réseaux de micros.
- Un bon outil de messagerie et de gestion d’agenda.
- Une solution multiplateforme, tant pour les serveurs que pour les postes utilisateurs.
- L’un des premiers outils permettant la réplication de données entre les serveurs et les PC portables.
- Le premier outil opérationnel de “groupware”, permettant de créer, très vite et économiquement, des dizaines d’applications de gestion de processus soutien.

Pendant presque 20 années, des milliers d’entreprises intelligentes ont utilisé Lotus Notes pour la messagerie et des usages collaboratifs.
Elles avaient fait un excellent choix stratégique et ont pu, pendant de nombreuses années, proposer des usages à forte valeur ajoutée à leurs collaborateurs ; bravo !

Old Notes Exchange Groupwise Toutes les entreprises, qu’elles utilisent Exchange, Groupwise ou Notes, des solutions qui ont toutes plus de dix ans d’âge, doivent aujourd’hui se poser la question de leur remplacement.

Je rencontre de plus en plus de responsables informatiques, dans des entreprises utilisant Lotus Notes, et qui me posent la question de son remplacement.

Il y a trois options principales :

- Remplacer Lotus Notes par Microsoft Exchange.

L'idiotie Soyons clairs : tout DSI (Directeur des Systèmes d'Information) qui suit ce chemin n’a rien compris aux évolutions stratégiques du marché ! Il serait temps qu’il change de métier !

- C’est remplacer une solution en fin de vie par une autre solution en fin de vie.
- C’est se priver de tout le potentiel “Groupware” de Lotus Notes.
- C’est abandonner une solution ouverte, multiplateformes, pour une solution intégrée, mono fournisseur, dont il sera encore plus difficile de sortir.
- C’est créer, inutilement, des perturbations liées à un changement qui n’apporte strictement rien d’innovant aux utilisateurs.
- C’est gaspiller les ressources financières et humaines de son entreprise dans un projet “cul-de-sac”.

- Regarder ce que propose LotusLive.
Lotuslive A la dernière conférence Lotusphere, fin janvier 2009 à Orlando (Floride), IBM a annoncé LotusLive, une solution “Cloud Computing” qui semble pleine de potentiels.

La version entreprise regroupe une solution hébergée, mais non SaaS, de Lotus Notes, et des fonctions complémentaires dont le principal avantage est de pouvoir collaborer en dehors de son pare-feu.

Je vais, dans les semaines qui viennent, analyser en détail cette solution.
C’est à mon avis, plus un chemin d’évolution que d’innovation, mais il permettra aux entreprises de garder les avantages actuels de Notes tout en se familiarisant avec les potentiels des solutions "participatiques” Web.

- Google Apps + RunMyProcess.
Beaucoup d’entreprises, utilisatrices de Lotus Notes, ont commencé à migrer vers Google Apps. C’est assez logique ; innovantes dans les années 90, elles le sont restées et ont vite compris les avantages concurrentiels de Google Apps.
Il leur manquait pourtant un élément important, que ne propose pas Google Apps, la possibilité de migrer “on the Cloud” tous les processus efficaces qu’elles avaient développés avec Lotus Notes ; c’est là que RunMyProcess intervient !

Apps + RMP 70€ La combinaison de Google Apps et de RunMyProcess permet de basculer l’intégralité des usages de Lotus Notes dans une solution 100 % SaaS + Cloud :

- Google Apps remplace la messagerie, l’agenda, le chat et les partages de documents.
Coût : 40 €/an/personne

- RunMyProcess prend en charge toutes les applications Notes qui faisaient appel à des “workflows”.
Coût : 30 €/an/personne

Cette offre conjointe, à 70 €/an/personne, est “La” solution innovante qu’attendaient tous les utilisateurs de Lotus Notes.

Il n’est pas très difficile de prévoir que RunMyProcess aura, dans les mois qui viennent, un extraordinaire succès, tant en France que dans le monde.

Bravo aux jurys du Forum SaaS/ASP pour son choix d'un lauréat 2009 de cette qualité !

Avertissements
LN SaaS 5  - J’ai participé comme conférencier à l’ASP/SaaS forum.
- J’étais l’un des membres du jury qui a sélectionné les candidats.
- Revevol, dont je suis le Président, est depuis peu partenaire de RunMyProcess.
(C’est une société avec laquelle je suis en contact depuis 2 ans).

Participatique ?


Search Social computing- Software Depuis quelques mois, l’expression “Social computing” est de plus en plus utilisée dans les médias anglophones pour couvrir l’ensemble des applications informatiques qui font appel à la participation des utilisateurs.
Social software est aussi utilisé, avec une fréquence proche.

Comment parler de “social computing” en français ?
Faut-il la traduire ? Comment ?


Participatique = Social Computing

J’ai souvent cherché à traduire en français des expressions américaines ; c’est un petit sport que j’aime bien.
Wang Word Processor Le succès a parfois été au rendez-vous, comme pour le mot Bureautique, pour traduire “Office Automation”. Le plus souvent, ces expressions innovantes n’ont eu pour le moment qu’un succès d’estime, comme processiel par exemple.

Pour remplacer “social computing”, j’ai envisagé plusieurs options :

- Informatique sociale : le plus évident en apparence, mais le mot social n’a absolument pas la même signification dans les deux langues !

- Informatique collaborative : cette expression est déjà ancienne et le mot collaboratif porte en lui beaucoup d’échecs autour des solutions peu performantes des années 90 ou du début des années 2000.

UGC  - Informatique participative : le mot participation est encore très peu utilisé dans le monde informatique.  Il correspond bien, à mon avis, à cette culture Web 2.0 de participation active des utilisateurs à la création de contenu (UGC = User Generated Content) ou même de création de ses outils : UGT : User Generated Tools.

- Participatique : un néologisme, un seul mot pour exprimer la même idée que informatique participative. Un rapide test sur Google m’a montré que ce mot n’avait jamais été utilisé, sauf dans des “erreurs de frappe”. Il n’est donc, aujourd’hui, porteur d’aucune signification “a-priori”.

- Continuer à utiliser “Social Networking” en français.  Ce serait peut-être la solution la plus simple, mais elle a deux inconvénients :
 + Cette expression sera mal comprise par les Français qui ne maîtrisent pas bien la langue anglaise.
 + C’est encourager un peu plus l’arrivée de mots anglais dans la langue française.


Qu’en pensez-vous ?

Dans une véritable logique “participative”, je souhaite recueillir votre avis sur ce sujet hautement “stratégique” !
J’ai, personnellement, une petite préférence pour “participatique” ; j’aimerais cependant avoir l’avis des lecteurs de mon blog et je vous remercie par avance de répondre au questionnaire présent sur ce blog.
Sur le coté droit du blog, vous trouverez ce questionnaire. Dès que vous aurez répondu, votre vote sera pris en compte et vous disposerez des résultats de ce sondage.

Merci de votre participation.


Participatique : un essai de définition

Participation Dans la suite de ce texte, je vais utiliser le mot “participatique”, mais, quelle que soit l’expression utilisée, elle recouvre un espace de plus en plus stratégique des systèmes d’information.

Participatique : sous-ensemble d’un système d’Information qui regroupe toutes les activités universelles, indépendantes du secteur économique et du métier des personnes, pouvant faire appel à la participation des utilisateurs.

Au-delà d’une définition formelle, qui pourra encore changer, l’important est de bien comprendre ce que recouvre cette idée.


Participatique : l’importance du concept

Born Digital La banalisation des outils Web 2.0, la culture des “digital natives” qui commence à pénétrer dans les entreprises, font que toutes les activités réalisées dans le monde du travail peuvent avoir une composante “participative” beaucoup plus forte qu’auparavant.

J’ai regroupé sous le nom des “sept piliers”, les outils informatiques qui peuvent, aujourd’hui, servir de fondation à la Participatique.

La séparation entre le concept, la Participatique, et les outils, les sept piliers, est fondamentale. Demain, de nouveaux outils peuvent arriver, pour enrichir la panoplie des solutions disponibles.

J’aurai surement, au cours des prochains mois, de nombreuses occasions de revenir sur le concept de Participatique pour en préciser les contours.


La place de la Participatique dans le Système d’Information

J’utilise depuis longtemps un schéma qui présente les composants d’un Système d’Information.

Composants SI - Participatique Avec la création du concept de Participatique, ce schéma devient encore plus cohérent.

Dans ma vision, un Système d’Information comprend quatre “mega” composants :

- Les infrastructures : entièrement Web 2.0, elles basculent, progressivement, vers le “Cloud Computing”.

- Les usages structurés, processus soutien : ce sont toutes les applications liées à une activité spécifique : RH, Finances, Communication... et utilisables dans tous les secteurs d’activités. 
Un processus budgétaire est valable aussi bien chez Total qu’à la BNP ou chez Valeo.

- Les usages structurés, processus métiers : toutes les applications informatiques liées à un secteur d’activité.
Une application de gestion de raffinerie n’intéresse pas une banque et un outil de gestion de portefeuilles boursiers n’est pas pertinent pour un chimiste.

- La Participatique : tous les usages universels, indépendants des métiers des personnes et des secteurs économiques de l’entreprise.
La Bureautique 2.0 en est un sous-composant majeur.

Ce schéma sera, je l’espère, à la base d’une extraordinaire simplification d’un Système d’Information et d’une véritable industrialisation de sa construction.

On en reparlera, souvent !

Gmail : la panne, expliquée et les clients, dédommagés !


Car breakdown Dans mon dernier texte,qui parlait de la “monstrueuse panne” de Gmail, il y a deux jours, je terminais en espérant avoir des explications de Google.

De nombreux commentaires posaient des questions sur le SLA, contrat par lequel Google garantit un niveau de service de 99,9 %, et de la manière dont Google allait le mettre en pratique.

J’ai obtenu des réponses à ces deux questions.


Panne Gmail : les explications

Deux jours après cette panne, Google a envoyé un message à tous ses clients et publié sur l’« official gmail blog” une explication détaillée de l’origine de l’incident.

Bug free Résumons en quelques lignes ces explications :
- C’est un “bug” logiciel (désolé pour les partisans de la grande conspiration mondiale contre Google ou d’une attaque massive contre ses serveurs).

- Google a réalisé une maintenance préventive de l’un de ces centres de calcul en Europe. Une modification récente du logiciel destiné à faciliter la localisation des données au plus près des utilisateurs a déclenché une surcharge d’un centre de calcul. Cette surcharge c’est ensuite propagée à d’autres centres de calcul

- Les ingénieurs de Google ont mis une heure pour trouver la cause de la panne ; ils ont ensuite pu remettre, en deux heures, en état de fonctionnement tous les centres de calcul concernés.

- Aucune donnée, aucun message n’ont été perdus.

Wainewright Sur ce thème, Phil Wainewright émet une hypothèse intéressante ; Phil est un blogueur célèbre de la galaxie ZDNet, spécialiste du Cloud Computing et des solutions SaaS ; il sera d’ailleurs à Paris le 5 mars pendant les Etats Généraux du SaaS/ASP, où j’interviens également.

Selon lui, l’une des causes de cette panne serait liée aux demandes des Entreprises européennes qui souhaitent que Google puisse garantir que les données restent hébergées en Europe.
Google prévoit, rapidement, de répondre à cette demande et travaille sur une partition de ses 40 centres de calculs mondiaux en grandes régions géographiques.


Google Apps Status Dashboard (Tableau de bord)

Pour permettre à ses clients de suivre en permanence les performances de toutes les applications de Google Apps, Google a ouvert à tous ses clients un accès à un tableau de bord qui donne, en permanence, une image de l’état de fonctionnement des applications.

Google Apps Status Dashboard Pour chaque incident répertorié, il est possible d’obtenir une explication détaillée et les prévisions concernant le retour à la normale.
J’imagine que ce tableau de bord était déjà disponible pour les responsables internes de Google ; l’ouvrir à leurs clients est une excellente idée.


La réponse de Google au SLA (Service Level Agreement)

Sla_shaking_hands Revevol étant l'un des clients de la version professionnelle de Google Apps, j'ai reçu un message d'excuses de Google expliquant les causes de la panne et me disant que ...
en allant bien au-delà de ses obligations, Google a décidé de prolonger gratuitement de 15 jours la durée du contrat de tous les clients.

En résumé : 2h30 de perturbations après plus de deux ans d'utilisation sans incident, 8 minutes effectives de désagrément, 15 jours de prolongation gratuite de mon service.
Combien d'informatiques internes, combien d'éditeurs traditionnels sont capables de proposer ce niveau de service ?

J’imagine déjà la réaction d’un directeur financier pragmatique : des pannes comme cela, j’en redemande !

Waiting-22 Avec une panne tous les 15 jours, qui me perturbe pendant quelques minutes, j’aurai accès gratuitement à la solution professionnelle en permanence !!

Je crains, malheureusement pour lui, que ce directeur financier soit très déçu ; la fiabilité de Google Apps risque de l’obliger à attendre, longtemps, la prochaine prolongation de son contrat !

Remarque : depuis quelques mois, ZDNet.fr reprend mon blog sur son site ; c'est le blog de référence sur les thèmes "Entreprise 2.0".

Rectificatif  6 mars 2009 : je viens de m'apercevoir que ce texte a été publié deux fois, suite à une erreur de ma part. Je laisse quand même les deux versions car des commentaires différents sont présents sur les deux documents.  Avec toutes mes excuses.

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