Roland Garros : l’informatique au “service” de la performance


DSI FFT 2s J’ai accepté avec plaisir une invitation d’IBM à visiter les coulisses informatiques du tournoi de Roland Garros.

Alex Loth, DSI de la FFT (Fédération Francaise de Tennis) a pu me consacrer un long moment malgré un agenda qu’il est facile d’imaginer très chargé en cette période ; qu’il en soit remercié.


Un projet commun, IBM et FFT

Logo fft IBM est le partenaire informatique de la FFT depuis 24 ans, sans interruption ; le premier site Web a été ouvert en 96, quand “Lotus Notes” est devenu le serveur Web Domino.

Le projet Roland Garros 2009 a débuté en septembre 2008, avec des équipes mixtes IBM et FFT.

Logos tennis grand chelem La solution informatique développée par IBM couvre les quatre grands tournois du grand chelem, US Open, Australian Open et Wimbledon en plus de Roland Garros.

Alex Loth a des échanges mensuels avec les DSI des trois autres grands tournois, pour partager, échanger et s’apporter mutuellement des idées nouvelles.
Même si l’essentiel des applications est commun, il faut adapter les solutions aux contextes spécifiques de chaque tournoi. A titre d’illustration, le suivi des “amorties” n’est pas fait à Wimbledon, où la surface ne se prête pas à ce type de jeu.

Il y a jusqu’à 50 personnes d’IBM présentes à Roland Garros pendant les 15 jours du tournoi. La majorité est composée d’anciens joueurs de tennis, souvent classés ; la connaissance du “métier” est souvent un plus pour les informaticiens !
Les équipes sont sur place une semaine avant le début du tournoi.


Architecture informatique

Roland Garros Architecture Ce schéma est une représentation, très simplifiée, de l’architecture informatique mise en œuvre pendant le tournoi.

Tout le territoire de Roland Garros est couvert par deux boucles optiques Giga Ethernet. Toutes les données, images, son, mesures sont nativement saisis en mode IP.

Quelques chiffres intéressants :
- 5 700 prises Ethernet (RJ45) sont utilisées.
- Il y a dix capteurs techniques par court : température, humidité...
- L’arbitre est équipé d’un PDA relié lui aussi au réseau par une prise RJ45.
- Sur chaque court, une personne choisie par la FFT pour son excellente connaissance du tennis, équipée d’un PDA, est chargée de “marquer” chaque point joué : ace, faute directe...
- Sept courts sont équipés pour une retransmission télévisuelle. Le nombre de caméras est de 17 sur le central (Philippe Chatrier), de 12 sur Suzanne Lenglen, plus réduit sur les autres.
- Les sept courts principaux sont équipés de radars pour la mesure de la vitesse des services et des différents échanges ; ces radars sont pilotés par des personnes qui suivent les échanges.
- Les mesures sont effectuées tout les 1/200 de seconde, en temps réel.

Serveurs transportables-s Pour le traitement local des données, IBM transporte des serveurs Power6 dans des containers ; ceci permet, dès la fin du tournoi, de les envoyer immédiatement à ... Wimbledon ; bien vu !

Ces données sont immédiatement transmises sur le “Cloud”, aux différents centres de calcul d’IBM, dont Atlanta. C’est sur ces serveurs que les internautes accèdent aux résultats.
Slam tracker Il y a peu cette année, jusqu’à 200 000 visiteurs simultanés pour suivre les résultats.

Il est intéressant de constater que c’est en semaine que le nombre de visiteurs est le plus élevé ; pourquoi ?
Ce sont des accès qui viennent des entreprises ! Pendant le week-end, les fans du tennis préfèrent la télévision, mais se contentent du Web sur leurs lieux de travail !
Voila une information qui va encore augmenter la défiance des dirigeants "traditionnels" vis-à-vis des usages d'Internet au bureau.


Des innovations permanentes

Shoot tracker Wimbledon Tous les ans, IBM et la FFT proposent de nouvelles fonctionnalités et abandonnent des solutions qui n’avaient pas été plébiscitées par le public.
C’est par exemple le cas du “tracker” qui permettait de visualiser, en 3D, un échange et ne fait plus partie des options disponibles

IBM Visual Match Safari Dementieva  Cette année, la principale innovation avait pour nom VisualMatch, évidemment en version ß.
VisualMatch permet de revivre le fil d’une partie, point par point en visualisant la domination progressive d’un joueur sur l’autre.


Couverture télévision

Car Régie Vidéos Huit cars de régie TV sont présents à Roland Garros, un pour chaque court équipé.
A l’intérieur de chaque car, trois équipes travaillent en parallèle :

- Les responsables des images, qui pilotent les différentes caméras (17 sur le central) donnent des ordres aux cameramen, choisissent les images qui seront transmises en régie centrale pour les différentes chaînes qui retransmettent les parties.

Ajout Stats 2s - Une petite équipe chargée de préparer les “incrustations” informatiques telles que les statistiques, les scores ou des informations sur les échanges.

- Une troisième équipe, soigneusement isolée des deux autres, s’occupe des bandes sons.

Pendant les matches, il y règne une ambiance très tendue, très pro ; les responsables de chaque régie doivent gérer en temps réel les images, les incrustations, le son, les directives aux différents acteurs...

Pour la France, c’est France Télévisions qui distribue les images. D’autres chaînes ont fait des propositions financières plus élevées à la FFT, mais FT a été choisie, car ils peuvent proposer la meilleure couverture en nombre d’heures en utilisant France 2, France 3 et France 4 en clair.

Comme les images sont saisies nativement en numérique, IP, j’ai bien sûr demandé pourquoi il n’était pas possible de suivre directement les matches sur Internet.
C’est uniquement pour des raisons de droits et de publicité ; les seules images disponibles sur Internet sont celles proposées par des sites “pirates”, en majorité chinois, qui réinjectent les images sur Internet !
J’ai cru comprendre que cet “Interdit Internet” ne devrait pas durer très longtemps, car il est difficile de bloquer trop longtemps l’innovation technologique.

Toute cette technologie de pointe IBM est aussi utilisée pour deux autres grands sports majeurs, la couverture des grands tournois internationaux de Golf et la NFL, National Football League aux USA.


Un “gros” regret !

No entry Je n’ai, hélas, pas pu assister à un seul match ! IBM, l’un des principaux sponsors du tournoi, disposait de places, mais... pas pour moi ; dommage !

Très haut débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (Cinquième partie). Dimensions financières


Réseaux & dollars Dans un premier texte, j’ai posé la problématique du Très Haut Débit (THD).

La deuxième partie a présenté les quatre principales technologies filaires qui permettent d’obtenir du THD.

La troisième partie a fait le point sur les cinq principales solutions sans-fil qui permettront, d’ici à 2013, de proposer du THD.

Dans la quatrième partie, j’ai sélectionné les solutions qui devraient s’imposer, selon les contextes.

Il reste à analyser les dimensions financières, vues à la fois par les clients, particuliers et entreprises, les fournisseurs de solutions et les états.

Pas simple, mais essentiel si l’on souhaite l’arrivée la plus rapide possible du THD, ce qui est mon souhait.


Client particulier

Grand Public Janus Je propose de commencer par le point de vue du “client particulier” ; ce sont les plus nombreux et ce sont aussi, pour beaucoup, des personnes qui vont utiliser le THD dans leurs activités professionnelles, où il pourrait être tenté d’utiliser les .... mêmes outils.

La France est l’un des pays où l’accès à l’ADSL est le moins cher du monde, en grande partie grâce aux actions du FAI (Fournisseur d’Accès Internet) Free avec son message d’une simplicité aveuglante : tout le haut débit pour 30 € !

Toutes les box Les consommateurs ont très bien compris le message, trop bien aux yeux des autres opérateurs, mais il est devenu impossible de faire marche arrière.

Les FAM (Fournisseurs d’Accès Mobile) ne peuvent plus ne pas adopter la même démarche !
Nous allons donc vivre une époque “géniale” :
- Le THD filaire à 30 €.
- Le THD sans-fil, LTE ou WiMAX à .... 30 €, aussi !

Il y aura bien sûr des écarts de +/- 10 € autour de ce chiffre, mais le principe du forfait pour un accès données illimité en mode filaire et sans-fil restera la norme.
N’oublions surtout pas qu’il y a déjà 4 milliards de clients de téléphones mobiles, voix, et que beaucoup d’entre eux sont prêts à prendre un forfait données illimité.

Faisons un peu de “technologie fiction” en se projetant en 2013.

Usages THD 2013 Je serai équipé, à minima, d’un smartphone TDH sans-fil avec un abonnement forfaité à 30 €. Comment l’utiliser, intelligemment ?
- Ce sera mon outil de base pour tous mes déplacements, tous mes usages en mobilité, dans les trains, les métros et les avions.
- Toutes mes communications voix (oui, il en restera !) seront évidemment en VoIP, par Skype ou toute autre solution, et l’abonnement voix aura disparu du catalogue des opérateurs !
- Ce smartphone me servira, cela va de soi, de “modem” pour mon PC portable, que ce soit un PC, un Mac, un Netbook ou un MID tels que les nouveaux MaxiIPhone qui seront disponibles avant la fin 2009.  Je pourrai ainsi utiliser, plus confortablement, un outil disposant d’un écran plus grand et d’un clavier plus confortable.
- Je pourrai aussi récupérer la carte SIM pour l’installer dans un mini boitier WI-Fi pour partager l’accès THD avec toute ma famille, dans ma maison de campagne, dans la résidence que j’aurai louée pour les vacances ou dans une chambre d’hôtel. Il est même probable que ce minirouteur Wi-Fi pourra se connecter sans fil à mon smartphone, sans même avoir besoin de déplacer la carte SIM.

Il va alors se poser une question “intéressante” à toutes les familles ?
Combien d’abonnement THD faut-il acheter ?
- Un par personne ?
- Un par lieu de résidence ?
Dépenses France Telecoms La réponse n’est pas évidente ! Prenons l’hypothèse d’une famille de 4 personnes qui ont, chacune un abonnement THD sans-fil, ce qui représente un dépense de 120 €/ mois, soit environ 1 500 €/an.
Aujourd’hui, le budget télécom moyen d’une famille française est déjà proche de 100 €/mois, pour des capacités bien moindres.

Si chacun peut continuer à utiliser son abonnement THD sans-fil quand il est chez lui, et même le partager avec les autres membres de la famille, alors... pourquoi payer, en plus, un abonnement de type xDSL chez soi ?

Si ce scénario n’est pas totalement aberrant, alors les opérateurs “historiques”, qui continuent à obtenir des rentes très élevées pour leurs infrastructures “cuivre” depuis longtemps amorties, ont beaucoup de souci à se faire.

Foyers US mobile only Garderiez-vous une ligne téléphonique fixe si elle ne servait qu’à des échanges de voix
? Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ne la gardent que parce qu’elle fournit un accès haut débit à Internet.
Le mouvement est déjà bien entamé aux USA, car l’Internet par le câble TV y est très répandu et permet de se passer d’ADSL.

Je pense quand même que, pour des raisons de confort d’usage, beaucoup de familles décideront de conserver un accès filaire THD à 30 €/mois, surtout si c’est de la fibre optique qui sera, souvent, plus rapide.

Résumé : quel sera le budget télécommunication d’un foyer, en 2013 :

                 Budget télécom familial moyen = (N+1) x 30 € / mois

Où N est le nombre de personnes partageant le foyer, ayant plus de 5 ans, et moins de 95 ans.


Entreprises

J’ai, depuis le début de cette série de textes, fait la différence entre les grands et les petits sites professionnels.

Coûts THD professionnels Pour les petits sites professionnels, le calcul du budget sera ... simplissime !
Un accès THD sans-fil = 30 € /mois.

Cet accès sans fil sera utilisé avec un boîtier Wi-Fi qui fournira une excellente couverture à tous les collaborateurs.
Prenons l’exemple d’une banque ayant 1000 agences ; son budget télécom agences sera de 360 000 € / an. 
Ce chiffre devrait faire très plaisir aux responsables réseaux des grandes banques qui payent, aujourd’hui, beaucoup plus pour des vitesses rachitiques.

J’entends déjà les cris que vont pousser les professionnels en me parlant de sécurité, de garantie de service...
Comment, par exemple, continuer à fonctionner si le réseau sans-fil de l’opérateur choisi par la banque ne donne plus signe de vie ? La réponse est ... très, trop simple !
N’oublions pas que 100 % des collaborateurs de la banque qui travaille dans l’agence affectée viennent travailler avec un accès THD sur leur mobile. Il suffira qu’un seul d’entre eux ne soit pas fourni par le même opérateur et qu’il le mette, provisoirement, au service de la banque, pour que le problème soit réglé !

Pour les grands sites professionnels, la solution retenue sera d’installer un ou plusieurs liens THD fibre optique en mode Ethernet Last Mile ou Man Ethernet, selon la distance.
Je pronostique les coûts suivants : (J’assume le risque de me tromper)

- Liens THD en mode MAN Ethernet : 300 à 500 €/mois pour 1 Gbit/s.
- Liens THD en mode MAN Ethernet : 1 000 à 2 000 €/mois pour 10 Gbit/s.
- Liens THD en mode MAN Ethernet : 10 à 20 K€/mois pour 100 Gbit/s.

RIP - PABX Et la voix ? Elle sera, c’est évident, transportée en mode VoIP sur les mêmes réseaux Ethernet / IP que les données.
Et la téléphonie, et les centraux téléphoniques ? La ToIP (Téléphonie sur IP) sera généralisée et offrira l’essentiel des services nécessaires, aujourd’hui proposés par de coûteux centraux téléphoniques qui auront rejoint les machines à écrire au musée des antiquités de l’informatique.

J’ai, vous l’avez compris, un peu trop simplifié la situation ! en 2013, il y aura encore quelques services complémentaires à payer, tels que le MPLS (Multiple Label Switching), pour garantir une bonne qualité de service et de priorité aux flux sensibles, la voix ou la vidéo, mais tous les opérateurs seront capables de fournir ces services.

En résumé :
Cost busters La pénurie actuelle de bande passante, endémique dans l’immense majorité des entreprises en 2009, aura disparu en 2013.

Les tarifs, prohibitifs, auxquels sont commercialisées des bandes passantes anémiques en 2009 auront été remplacés par des forfaits raisonnables THD, le Gbit étant la base minimale pour les grands sites.


Opérateurs, filaires et sans fil

Debit-credit J’ai présenté l’équation financière du THD du point de vue des clients, particuliers et professionnels.
Ce sera bien sur la même équation, vue des opérateurs filaires et sans-fil, ce qui sort des poches des clients entrant dans celles des opérateurs.

- Est-ce qu’ils vont tous accepter, de gaité de cœur, les joies du “forfait généralisé” ?
- Est-ce qu’ils vont tous comprendre, rapidement, que c’est la demande évidente de tous les clients, et qu’il faudra y répondre ?

C’est peu probable !
Je vois apparaître deux grandes mutations intéressantes :

- Fournisseurs de réseaux filaires
ce sont les premiers à s’être convertis au tarif forfaité, en priorité pour le grand public. Ceci n’empêche pas les bons acteurs du marché, tels que Free, d’avoir des marges brutes supérieures à 50 % !
Beaucoup vont souffrir de la forte réduction des usages THD passant par le filaire cuivre téléphonique, mais ils pourront compenser, partiellement, par le THD sur fibre optique.

- Fournisseurs de réseaux sans-fil, en clair, opérateurs mobiles.
Ce seront les plus réticents à accepter le principe du forfait généralisé, alors que ce sont eux qui ont le plus à y gagner !
Comme ils l’ont fait avec la téléphonie voix classique, où le GSM marginalise de plus en plus le fixe, ils peuvent jouer à fond la carte du THD mobile.

ITU on mobile phones Par rapport aux premières heures de la téléphonie mobile, ces opérateurs ont un avantage concurrentiel majeur : ils ont déjà des dizaines de millions de clients à qui ils peuvent, rapidement proposer de nouveaux services !

Les opérateurs sont de plus en plus filaires et sans-fil : l’arrivée de la BBox chez Bouygues en est un exemple récent.
A eux de proposer, rapidement à leurs clients, grand public et professionnels, des offres “intelligentes” THD qui .... optimisent le rapport Valeur/Coût pour leurs clients !

Les premiers à le faire auront un avantage concurrentiel durable, mais quels sont ceux qui seront capables d’une véritable démarche de rupture, à la “Christensen” ?


Gouvernements

Lobbying2 En ces périodes économiques difficiles, nombreux sont les acteurs économiques, opérateurs, fournisseurs de composants, régions... qui exercent un “lobbying” très actif sur le thème du Très Haut Débit.

Je suis personnellement persuadé que le THD est une priorité d’investissement pour des pays comme la France, où de trop nombreuses entreprises sont pénalisées par l’absence de haut débit aujourd’hui, ou par les coûts indécents auxquels il est parfois proposé, sous couvert d’une “qualité professionnelle”.

On parle beaucoup d’une quatrième licence mobile en France, avec des nouveaux acteurs comme Free ou Virgin Mobile qui sont pour et, surprise, FT, SFR et Bouygues Telecom pas vraiment emballés !

Grenelle Haut débit On parle aussi beaucoup d’un plan fibre optique, dans le cadre de la LME, “Loi de modernisation de l’économie”.
J’ai même entendu parler d’un “droit à la fibre optique !
Est-ce que ce n’est pas confondre l’objectif, le THD, et “La” solution, la fibre optique ?
La vision “ambitieuse” de ce plan est d’avoir ...  4 millions d’abonnés à la fibre en 2012.

Au mois de septembre 2009, se tiendra au CNIT la Défense à Paris le salon “ODEBIT 2009”, dont l’un des thèmes forts est :
Le premier FiberCamp européen.
Le nombre d’organismes “Bleu Blanc Rouge” qui en sont partenaires est impressionnant.

Et si c’était, au contraire, un plan ... ringard” ?

Fin 2012, nous pourrions avoir, plus vite, moins cher, entre 15 et 30 millions d’abonnés THD sans-fil !

France Hot Country Ouvrir une quatrième licence, sous réserve que l’opérateur propose immédiatement du LTE ou du WiMAX mobile, aider les trois opérateurs historiques à basculer aussi vite que la Suède et d’autres pays tels que la Corée, ce sont, à mon humble avis, de très loin les meilleures solutions pour doter l’économie française d’une infrastructure THD de pointe.

Démodés, les HotSpots Wi-Fi ! Vive les “Hot Countries” LTE/WiMaX !

La demande, formulée, par l’ARCEP, de partage des investissements dans les nouveaux réseaux entre les opérateurs va dans le bon sens.

J’ai de plus en plus de mal à me convaincre que des investissements dans les travaux de génie civil sont très intelligents, alors qu’ils représentent 80 à 90 % des coûts de “fibrage” de la France.


Une rapide synthèse

Merci de votre patience, à vous tous qui ont attendu un mois pour voir se terminer cette longue série de cinq textes sur le THD, le Très Haut Débit.

Optimism La synthèse tient en peu de mots :

Optimisme : le THD sera là, en 2013, pour une grande majorité de la population.

Espoir : Les acteurs de marchés tels que l’ADSL ont montrè qu’ils pouvaient être à la fois compétitifs et rentables.

Rapidité : 2013, c’est demain ! Il faut se préparer, aujourd’hui, à l’idée que le THD sera disponible, partout, économiquement !

Je voudrais terminer cette série en remerciant tous les participants des séminaires “Passeport Réseaux et Télécoms” que j’anime pour CapGemini Institut et qui m’ont beaucoup aidé, par leurs questions, à mieux formaliser les réponses aux questions complexes que j’ai abordé dans ces textes.

Très Haut Débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (Quatrième partie). Quelles solutions, pour chaque contexte


High_speed_internet Dans un premier texte, j’ai posé la problématique du Très Haut Débit (THD).

La deuxième partie de cette analyse a présenté les quatre principales technologies filaires qui permettent d’obtenir du THD.

La troisième partie a fait le point sur les cinq principales solutions sans-fil qui permettront, d’ici à 2013, de proposer du THD.

Reste maintenant le plus difficile, comment choisir selon le contexte, la ou les  solutions les plus pertinentes.


Rappel : les contextes

Options THD, Très Haut Débit Je reprends le schéma utilisé dans la première partie, qui présente les cinq lieux où le TDH peut être utilisé et les quatre “dernier kilomètre”.

Dans les deuxièmes et troisièmes parties, j’ai identifié quatre solutions filaires et cinq solutions sans-fil qui permettront, entre 2009 et 2013, le THD.

Je peux donc, maintenant, construire un “méga-tableau” de 9x9 soit 81 cases, en croisant les deux dimensions !
Rassurez-vous, toutes les cases ne sont pas pertinentes !

Dans un premier temps, je vais faire l’inventaire des solutions possibles. Sur ce point, il ne devrait pas y avoir trop de polémiques.

Ensuite, je proposerai “ma” vision des solutions les plus plausibles, les plus raisonnables. C’est là que je m’attends, et c’est normal, à des échanges animés avec des personnes qui ont un autre point de vue !


Les solutions possibles, selon les lieux

Dans ce grand tableau, les étoiles rouges indiquent les couples “lieu-technologie” possibles.
Tableau options THD-1 Les solutions sont bien connues, il y a peu d’ambiguïtés.

- Cœur de réseau : la fibre optique est déjà omniprésente ; elle le restera. Les solutions satellites, telles que O3B, déjà cité, pourront servir de cœur de réseau complémentaire dans de nombreux pays.

- Grand lieu professionnel : Paires téléphoniques et fibres optiques sont largement déployées ; les progrès de ces deux technologies sont suffisants pour qu’elles restent pertinentes. 
Wi-fi-unsecured On devrait par contre assister à la généralisation du Wi-Fi, en complément, puis substitution progressive, des réseaux filaires, maintenant que les RSSI (Responsables de la Sécurité des S.I.) abandonnent, progressivement, leur phobie pour cette solution sans-fil !

- Petit site professionnel : Rares seront ceux qui auront besoin de fibre optique. La solution la plus raisonnable sera de privilégier le Wi-Fi et d’installer en complément un réseau filaire, téléphonique ou CPL, mais uniquement si c’est indispensable.

- Espace domestique : Le Wi-Fi a déjà gagné la partie ; il pourra être complété par du CPL, en particulier dans les maisons à plusieurs étages.

Autonet - Wi-Fi - Mobilité : Les personnes n’ont bien sur pas “besoin” d’un réseau, mais voitures, trains, bateaux et avions seront de plus en plus équipés en Wi-Fi, pour y redistribuer les signaux reçus.


Les solutions possibles, pour le “dernier kilomètre”

Dans le grand tableau, les étoiles bleues indiquent les couples “lien-technologie” possibles.
C’est sur le “dernier kilomètre” que les mutations seront les plus spectaculaires, dans les cinq ans qui viennent.

Ethernet Man - Lien 1, entre grand site et cœur de réseau : Les entreprises vont, rapidement, abandonner les solutions en fin de vie qui ont pour nom ATM ou Frame Relay, réminiscences d’une époque où les cœurs de réseaux avaient été construits pour transmettre en priorité la voix.

La solution à privilégier sera l’accès Ethernet MAN (Metropolitan Area Network) sur fibre optique. Tous les opérateurs le proposent, il suffit de l’exiger !
Dans les pays, les régions où les réseaux filaires sont peu répandus, WiMAX infrastructure et satellites seront capables de fournir du THD sur ce lien.

- Lien 2, entre petit site et cœur de réseau : Selon les disponibilités locales, VDSL, CPL ou fibre optique pourront être utilisés, si l’on souhaite disposer d’un réseau filaire.
Fonera 2 De plus en plus, les solutions sans-fil, WiMAX infrastructure, LTE, satellite ou WiMAX mobile, pourront compléter ou se substituer aux filaires. Ces signaux seront ensuite redistribués localement en ... Wi-Fi.
C’est déjà une réalité ; la deuxième génération du boitier Wi-Fi communautaire Fonera permet d’y insérer une clef USB, 3G aujourd’hui, THD demain.

- Lien 3, entre espace domestique et cœur de réseau : C’est le “nirvana ” ! Les neuf solutions, filaires et sans-fil, peuvent être utilisées. Ceci devrait rassurer les lecteurs qui ont évoqué les zones blanches.
ll sera vraiment très, mais très difficile, en 2013, d’arriver à trouver une zone blanche, sans accès THD !

Mobile internet User - Lien 4, en situation de mobilité : LTE et/ou WiMAX mobile seront les solutions banalisées de THD. En situation de mobilité, mais en usage sédentaire, dans un bureau de passage, dans une gare ou un hôtel, les Hot-spots Wi-Fi seront omniprésents.
Comme tous les PC portables, les netbooks ou les smartphones seront équipés, nativement, pour recevoir ces trois types de signaux, le THD en mobilité sera partout disponible.

Dites 33 Ce tableau ne contient “que” 33 étoiles, ce qui veut dire que les 2/3 des couples potentiels ont été éliminés.

33, c’est encore beaucoup ! Il ne s’agit plus d’éliminer, mais de choisir les solutions qui devraient être dominantes en 2013.
C’est un exercice difficile, mais mes analyses m’amènent à en privilégier seulement... 15.

Lesquelles ?


Mes recommandations, selon les solutions

Je vous propose maintenant une analyse “horizontale”, par famille de solutions. C’est ainsi que vont (devraient) raisonner les décideurs politiques et les dirigeants d’entreprises.

Tableau options THD-2 Dans ce second tableau, des cercles entourent les 15 étoiles qui devraient, selon moi, s’imposer.
Je vous en propose une lecture de bas en haut ; pourquoi ? La logique de cette approche sera rapidement évidente.

- Satellites : seront utiles, mais en complément ou substitution des autres solutions quand elles sont défaillantes.

LTE_WiMax - LTE et WiMAX mobile : Je les regroupe, car ces deux solutions proposeront des services THD similaires aux utilisateurs en mobilité.
Je ne pense pas être le seul à ne pas savoir comment LTE et WiMAX mobile vont se partager le marché. C’est une question stratégique pour les opérateurs et les fournisseurs d’infrastructures, mais pas pour l’utilisateur final, qui disposera, quelle que soit la solution dominante, du THD, partout.

Clef Bouygues 3G:Wi-Fi 1 Comme le proposent déjà Bouygues Télécom et d’autres opérateurs, une simple clef USB permettra de transformer le THD mobile, LTE ou WiMax, en Wi-Fi pour distribuer le signal dans un espace domestique ou professionnel de petite taille.

- WiMAX infrastructure : Cette solution devrait jouer un rôle important dans les zones géographiques à densité de population faible ou moyenne.

- Wi-Fi : Les réseaux Wi-Fi seront hégémoniques dans tous les lieux d’utilisation du THD. Ils devraient, rapidement, y marginaliser les solutions filaires. 

Fiber last mile - Fibre optique : Elle c’est déjà imposée dans les cœurs de réseaux et les artères principales des grands sites.

Quel rôle devra jouer la fibre optique, dans les liaisons “dernier kilomètre” ?
C’est l’une des questions stratégiques, aujourd’hui.

Pourquoi ne pas la généraliser à tous les espaces domestiques ? 
Ma réponse est évidente ; en 2013, tous ces espaces domestiques disposeront déjà du THD grâce aux solutions sans-fil LTE et WiMAX mobile !
Il me parait donc beaucoup plus efficace, utile et économique de n’amener en priorité la fibre optique que :

- Dans les zones d’activités professionnelles, pour tous les établissements de grande taille et pour la grande majorité des petits sites.
Ceci permettra, bien sûr, de proposer la fibre optique dans les espaces domestiques qui sont proches des lieux qui en seront équipés.

- Dans les zones de population à forte densité, où elle complétera les solutions cuivres existantes.

Les partisans de la “fibre optique pour tous” vont me rétorquer que j’ai une vision étroite, à court terme, du problème.  Ils vont citer l’Australie qui vient de lancer un chantier fibre optique pour tout le pays.
Je pense que cet exemple est intéressant à analyser.

Densité population Australie En 2018, si tout va bien, 90 % de la population australienne serait équipée d’un réseau fibre à 100 Mbit/s ; le coût de ce projet est estimé à 22 milliards d’euros. Il y a un “petit problème” : l’Australie compte 20 M d’habitants, avec une densité de ... 2,6 hab/km2 , répartie encore plus inégalement qu’en France, comme le montre cette carte.

L’investissement prévu représente quand même plus de 1 000 €/habitant.

En 2018, à quelle vitesse fonctionneront les réseaux THD sans-fil, LTE ou WiMAX mobile ? 1Gbit/s ? 10 Gbit/s ?
Est-ce que O3B, ou un autre réseau satellitaire ne pourrait pas couvrir toutes ces zones à si faible densité de population ?
Les mêmes questions se poseront aussi ... en France !

-Câble télévision : Localement, quand elle est déjà installée, cette solution continuera à jouer un rôle important. Par contre, aucun investissement nouveau ne sera réalisé en câble TV.

Vdsl2-infineon - Cuivre téléphonique : Le haut débit sur cuivre téléphonique est la solution dominante en Europe aujourd’hui, et spécialement en France.  Il est simple et très économique d’adapter cette technologie au THD ; pourquoi s’en priver ?

Quel pourcentage des accès xDSL haut débit peuvent proposer du THD ? Difficile à estimer, mais il dépassera certainement les 50 % en 2013 et pourrait atteindre les 90 % si les innovations technologiques, telles que celles proposées par John Papandriopoulos , deviennent une réalité.


Résumé : les fondations THD des cinq prochaines années

Wireless Quelles seront, demain, les deux technologies universellement disponibles pour fournir des accès THD ?

- Le Wi-Fi, omniprésent dans tous les lieux de consommation du THD, y compris en mobilité.

- LTE et WiMAX mobile, qui couvriront l’essentiel de la planète en 2013.

Ce sont deux technologies... sans-fil.

Si cette hypothèse se vérifie, et j’en suis convaincu, les décisions stratégiques deviennent... beaucoup plus simples !

Les autres technologies THD se positionnent en ... complément ou en substitution de ces deux solutions sans-fil, chaque fois que cela est utile ou nécessaire.

Le panorama du THD devrait donc être complété, d’ici 2013, par :

Quatre options THD-1 - La fibre optique, dans les cœurs de réseaux, les grands lieux de travail, les liaisons MAN/WAN des entreprises et les zones à forte densité de population.

- Le cuivre téléphonique, pour les accès domestiques dans les zones urbaines et à densité moyenne de population.

Avec ces quatre technologies, je pronostique que 80 à 90 % des besoins THD, pour 80 à 90 % des populations seront couverts, en 2013, pour leurs activités professionnelles et personnelles.

Toutes les autres familles de solutions, satellites, WiMAX infrastructures et cuivre électrique auront leur place pour permettre ... une couverture complémentaire des besoins.

C’est une... excellente nouvelle !!

Je m’aperçois qu’il y a encore une dimension que je n’ai pas abordée, et qui n’est pas neutre, c’est celle des investissements et des coûts !

Il me faudra donc un cinquième texte pour le faire !

Très haut débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (Troisième partie). Solutions sans-fil


High_speed_internet Dans un premier texte, j’ai posé la problématique du Très Haut Débit (THD).

La deuxième partie de cette analyse a présenté les quatre principales technologies filaires qui permettent d’obtenir du THD.

Cette troisième partie fait le point sur les cinq principales solutions sans-fil qui permettront, d’ici à 2013, de proposer du Très Haut Débit.


Très haut débit : solutions sans-fil

Il existe de nombreuses technologies permettant de transmettre des informations sans support physique.
Les transmissions hertziennes dominent largement, en se répartissant sur une grande variété de fréquences. Ces solutions devraient s’imposer dans le THD, mais je rappelle, brièvement, qu’il existe d’autres solutions :

Irda - Transmissions infrarouges
Autour du standard irDA, les usages de l’infrarouge sont très fréquents, depuis les télécommandes jusqu’aux PDA. Elles ne devraient pas permettre, à mon avis, d’aller vers le THD.

- Transmissions Laser
FSO Connue aux USA sous le nom de FSO (Free Space Optic), c’est une solution très performante qui utilise des émetteurs récepteurs laser pour transmettre à des vitesses supérieures au Gbit/s.

La distance de transmission maximale opérationnelle ne dépasse pas 4 à 5 kilomètres.
C’est une excellente solution pour les entreprises qui disposent d’établissements séparés et proches, car les coûts de transmission sont... égaux à zéro

Les cinq principales solutions présentées ci-dessous sont basées sur des réseaux hertziens.


Wi-Fi
Disponible depuis 2001, les réseaux Wi-Fi ont rapidement conquis le monde, car ce sont des réseaux Ethernet dont on a simplement remplacé le support filaire par une transmission radio, dans la bande de fréquence des 2.4 GHz, libre de licences.

Virgin in-flight Wi-Fi J’ai une “mauvaise nouvelle” pour les personnes qui pensaient trouver encore un “havre de paix” sans accès Internet quand elles prenaient l’avion ; depuis peu, de nombreuses compagnies aériennes, dont Virgin et United, proposent des accès Wi-Fi, à des prix compris entre $ 10 et $ 15 !

Aujourd’hui le Wi-Fi-n dépasse les 200 Mbit/s et doit atteindre rapidement les 600 Mbit/s.

Je pronostique qu’une nouvelle version, dont j’ignore le nom, permettra, en 2013, de dépasser le Gbit/s.

Wi-Fi antenna Les réseaux Wi-Fi de base ont une portée de quelques dizaines de mètres ; avec des antennes adaptées, un réseau Wi-Fi peut atteindre quelques kilomètres.
Une nouvelle version en test, RCP (Rural collectivity Plaftorm) poussée par Intel, permettrait d’atteindre les 50, voire les 100 km.

En résumé : les réseaux Wi-Fi permettent, aujourd’hui, le THD sur des distances comprises entre quelques dizaines de mètres et quelques kilomètres.


WiMAX : Infrastructures

Wimax Fixed Les premiers réseaux WiMAX sont apparus en 2004. Deux standards très différents sont couverts par le nom WiMAX, ce qui induit beaucoup de confusion dans le marché.

Le WiMAX, 802.16, est une solution d’infrastructures, qui atteint une distance de plusieurs dizaines de km (30 en pratique) avec une vitesse supérieure à 70 Mbit/s dans les versions actuelles. Les prochaines versions devraient dépasser rapidement les 200 Mbit/s.
Ces réseaux WiMAX d’infrastructures sont aujourd’hui déployés en priorité dans les pays en émergence, en substitution de réseaux filaires inexistants, tels que l’ADSL.
Le signal WiMAX doit ensuite être transformé en Wi-Fi pour être utilisable par un PC ou un smartphone.

En résumé : Un réseau WiMAX infrastructures permet, aujourd’hui, le THD sur des distances de quelques dizaines de kilomètres.


WiMAX mobile

WiMax mobile Cette deuxième génération de réseaux WiMAX, 802.16e, est apparue en 2006. Le signal peut être reçu directement par un PC ou un smartphone équipé d’un circuit adapté.

Cette deuxième génération de WiMAX rentre en concurrence frontale avec les réseaux de téléphonie mobile, comme on le verra plus loin. Elle permet en effet d’utiliser un réseau à haut débit aujourd’hui, à THD demain, en situation de mobilité totale.
La norme 802.16m, en cours d’élaboration, devrait permettre des transferts à 1 Gbit/s.

Intel WiMax promotion Intel est l’un des grands promoteurs du WiMAX mobile, mais a fort à faire pour convaincre les opérateurs et les fabricants de téléphones mobiles que c’est une solution d’avenir !

Début 2009, les premiers réseaux WiMAX mobiles ont été déployés dans plusieurs villes des USA, dont Baltimore et Portland. ClearWire est le principal opérateur WiMAX aux USA et Intel a investi plus d’un milliard de dollars dans cette société.

WiMax USB En 2010, un grand nombre de PC seront livrés en natif avec un circuit de réception double Wi-Fi/WiMAX, leur permettant de recevoir directement l’un ou l’autre des signaux.
Des cartes WiMAX, USB ou au format PCCard, sont déjà disponibles.

En résumé : le WiMAX mobile permettra, à partir de 2010-2011, un accès THD en situation de mobilité.


Réseaux téléphoniques mobiles : LTE

4 milliards de personnes utilisaient, fin 2008, un réseau téléphonique de deuxième génération (GSM en Europe) pour transmettre la voix.
Toutes les évolutions, bas débit, de la 2G et de la 3G, GPRS, EDGE ou UMTS étaient donc destinées aux transmissions de données.

HSDPA PC Avec l’arrivée du HSPA (HSDPA en descente et HSUPA en montée), le haut débit est maintenant opérationnel sur les réseaux téléphoniques mobiles.
Depuis le milieu de l’année 2008, les ventes de “clefs USB” HSPA pour PC ont fortement augmenté. 
Dès 2010, beaucoup de PC portables, de Netbooks seront équipés, nativement, d’un circuit HSPA où il suffira d’introduire sa carte SIM pour accéder au réseau.

Logo LTE C’est la nouvelle génération LTE, Long Term Evolution, que beaucoup appellent 4G, qui permettra le THD avec des vitesses qui dépasseront les 50 Mbit/s dès les premières versions.

Les avancées de LTE sont très rapides ; la grande majorité des acteurs majeurs de la téléphonie mobile, opérateurs, fournisseurs de mobiles et d’infrastructures, ont décidé d’investir massivement sur cette technologie.

Alcatel-Lucent, en “petite forme” économique, semble avoir décidé de jouer son va-tout avec LTE.

Les premiers réseaux LTE seront opérationnels dès 2010 et certains pays, tels que la Suède, prévoient d’avoir une couverture LTE pour 99 % de la population dès la fin de 2013.

En pratique, pour l’utilisateur qui souhaite disposer d’un réseau THD en mobilité, LTE et WiMAX mobile fourniront des services très proches.

La guerre entre ces deux grandes familles de solutions sera l’une des plus acharnées des 5 prochaines années.

En résumé : LTE permettra, à partir de 2010-2011, un accès THD en situation de mobilité.


Satellite

Satellite4 Depuis peu, le haut débit bidirectionnel, à un prix raisonnable, est disponible dans beaucoup de pays, dont la France. C’est une excellente solution de couverture haut débit pour les zones blanches ou à faible densité de population.

Il existe de nombreuses offres commerciales telles que Sat2way ou Viveole.

Ces solutions haut débit s’appuient sur des réseaux de satellites géostationnaires, ce qui induit une latence (temps de transmission A/R) forte, proche d’une seconde, qui peut être gênante pour certaines applications telles que les jeux vidéos.

Ces liaisons satellites seront-elles capables de proposer, demain, du THD ? Ce n’est pas évident, mais il n’y a aucune raison technique qui rende cette hypothèse irréaliste.

J’ai déjà parlé dans mon blog du nouveau réseau de satellites basse altitude O3B, qui sera opérationnel à la fin de 2010.

03B advantage Comme son nom l’indique “Other three billiion”, ce réseau a pour objectif prioritaire de “désenclaver”, informatiquement parlant, les trois milliards de personnes qui vivent dans la grande zone équatoriale comprise entre les deux 45 ème parallèles.

O3B proposera du THD d’infrastructures aux opérateurs locaux, allant jusqu’au Gbit/s.  Est-ce que ce THD sera ensuite proposé aux clients finaux, il est encore trop tôt pour le dire, mais l’arrivée du haut débit dans ces régions sera déjà une véritable révolution.

En résumé : Les réseaux satellites pourraient permettre, à partir de 2012, un accès THD.


Très Haut Débit sans-fil : synthèse

Horce race 2 Cinq familles de solutions permettront, potentiellement, de proposer du THD sans fil avant la fin de 2013.
Elles s’additionnent aux quatre solutions filaires, ce qui nous permet maintenant de disposer de neuf familles de solutions THD.

Deux solutions sans-fil ont des potentiels impressionnants, le WiMAX mobile et LTE. Des milliards de personnes pourront, en situation de mobilité complète, disposer du THD sur leurs PC, leurs Macintosh ou leurs smartphones.
Les solutions filaires ont ... du souci à se faire !


Très Haut Débit : Quelles solutions choisir ?

Choice shoes La quatrième partie de cette analyse proposera des éléments de réponse à cette question, qui pèse plusieurs milliards d’euros, et peut modifier en profondeur le fonctionnement de l’économie et de la société dans tous les pays du monde.

Un beau, un périlleux challenge !

Très Haut Débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (Deuxième partie). Solutions filaires


Globe THD Dans une première partie de cette analyse, j’ai posé la problématique du Très Haut Débit (THD).

J’avais initialement prévu couvrir dans la deuxième partie les solutions filaires et sans-fil.
Devant la richesse des options, j’ai préféré réserver pour la troisième partie les solutions sans-fil.

Cette analyse comprendra donc un minimum de quatre parties.


Très Haut Débit : précisions

Un commentaire sur ce premier texte m’a fait remarquer, avec juste raison, que je n’avais pas évoqué le thème des vitesses montantes ou descendantes, symétriques ou asymétriques.

Dans cette série de textes, je prends comme hypothèse que le THD commence à 50 Mbit/s pour la vitesse descendante, depuis l’opérateur vers le client final.  Il est évident que les réseaux symétriques, tels qu’Ethernet ou le SDSL, ont un grand avantage par rapport à ceux qui proposent des vitesses de remontée dix fois plus faibles. 
Je le préciserai donc clairement dans ce deuxième texte en indiquant si une technologie est A pour Asymétrique ou S, pour symétrique.

Cette deuxième partie fait le point sur les principales options filaires qui seront en compétition pour couvrir les besoins en THD d’ici à 2013.

Pavlov Dans l’inconscient de l’immense majorité des personnes avec qui je parle du THD, cette expression déclenche un réflexe “Pavlovien” :
Très Haut Débit = Fibre optique !

C’est une grave erreur, qui peut coûter très cher aux pays et aux entreprises qui n’auraient pas l’intelligence de regarder les autres solutions !

Un dernier rappel avant d’analyser les solutions qui sont ou seront disponibles ; je me place dans un horizon à 5 ans, en clair fin 2013.

Il faudra, pour certaines solutions, être un peu patient.

A l’inverse, 5 ans pour bouleverser nos usages, c’est très court, dans l’histoire de l’humanité, et même des technologies de l’information !


Très Haut Débit : solutions filaires

Réseaux filaires Une solution “filaire” utilise un support physique pour transmettre l’information.

Les quatre principaux supports physiques utilisables sont :
- Le cuivre des réseaux téléphoniques.
- Le cuivre des réseaux électriques.
- Le câble télévision.
- La fibre optique.

Quelles sont leurs possibilités, en termes de THD ?

Cuivre téléphonique

India_phone_1 C’est l’ancêtre de tous les supports d’information, utilisé depuis la création du téléphone.
Ses usages en THD sont .... extrêmement fréquents !

L’immense majorité des réseaux locaux d’entreprises Ethernet (LAN) sont construits avec du cuivre. Les débits actuels atteignent les 1 000 Mbit/s et un nouveau standard 10Gbase-T devrait permettre d’aller jusqu’à 10 Gbit/s.
Ce sont des réseaux symétriques.

Haut débit France T4 2008 95 % des liaisons haut débit en France sont aujourd’hui en ADSL, qui utilise le cuivre téléphonique.

La norme VDSL2 autorise le THD, jusqu’à 100 Mbit/s, mais sur des distances de quelques centaines de mètres. De nombreux pays, comme la Finlande ou la Belgique, ont démarré des projets sérieux en VDSL2.
L”ADSL est asymétrique, le VDSL est symétrique.

Papandriopoulos Connaissez-vous John Papandriopoulos ?  Non ? Retenez son nom !
Il pourrait devenir, rapidement, le cauchemar de tous les fournisseurs de fibre optique ; pourquoi ?

En 2006, ce brillant ingénieur australien a développé de nouvelles méthodes de Dynamic Spectrum Management (DSM), très complexes, permettant de réduire les interférences électriques des signaux.
En clair, la vitesse potentielle d’un réseau ADSL ou VDSL pourrait être multipliée par 100 et dépasser le Gbit/s, sur quelques kilomètres, comme l’ADSL actuel !
Il a été immédiatement embauché par ASSIA, une entreprise américaine qui devrait commercialiser les premiers produits issus de ses travaux d’ici 3 à 5 ans.

En résumé : en 2013, le THD sur cuivre téléphonique sera disponible sur des distances de plusieurs kilomètres.


Cuivre électrique

Plc Plus connue sous le nom de CPL (Courant Porteur en Ligne), cette technologie permet d’utiliser une autre infrastructure préexistante, le réseau de transport d’énergie électrique, pour transporter aussi des données informatiques ; et ça fonctionne très bien !

Cette technologie est déjà très répandue dans les réseaux locaux (LAN) : les nouvelles Freebox sont livrées en standard avec des boitiers PLC.

Opera CPL standard Opera, un nouveau standard Européen, a été défini ; il permettra de transmettre, sur le réseau électrique basse tension (en clair, le réseau EDF 220v) à des vitesses pouvant atteindre 400 Mbit/s.
Le CPL est symétrique.

En résumé : en 2013, le THD sur cuivre électrique sera disponible sur des distances de plusieurs kilomètres.


Câble télévision

Cable-tv-ch Nos amis américains, helvètes ou belges connaissent bien le “Câble TV” qui équipe l’immense majorité des foyers ; difficile de voir une antenne TV en Belgique !

DOCSIS Speed Depuis de nombreuses années, cette infrastructure TV est utilisée pour transmettre des données. Les nouvelles versions du standard DOCSIS permettront de dépasser les 400 Mbit/s en descente et les 100 Mbit/s en montée.

Le câble télévision est asymétrique.

En résumé : en 2013, le THD sur câble télévision sera disponible sur des distances de plusieurs kilomètres.


Fibre optique

JM Billaut Avec cette série d’articles, je risque de me fâcher avec mon grand ami Jean-Michel Billaut, pour qui, “hors de la fibre optique, pas de salut !”.

La fibre optique est évidemment le support idéal du THD, tout le monde en convient. Tous les réseaux d’entreprises en Gbit/s, tous les cœurs de réseaux des opérateurs, tous les câbles sous-marins modernes utilisent la fibre optique.
La vitesse “minimale”, symétrique, de la fibre optique est de 100 Mbit/s et sur plusieurs dizaines de kilomètres. En utilisant plusieurs centaines de longueurs d’ondes différentes (WDM pour les pros), la capacité de la fibre optique dépasse les 10 Tbit/s.

En résumé : en 2009, le THD sur fibre optique est déjà disponible sur des distances de plusieurs milliers de kilomètres.


Très Haut Débit filaire : synthèse

Good-news-new Rien qu’avec les technologies filaires, nous disposerons, au plus tard en 2013, de quatre solutions performantes qui peuvent, chacune, couvrir l’essentiel de la demande, quelle que soit la distance.
C’est déjà une bonne nouvelle, nous aurons l’embarras du choix, mais....

N’oublions surtout pas que le sans-fil THD pointe le bout de son nez !

C’est ce que je présente dans la troisième partie de cette analyse.

Très haut débit : Quand ? Comment ? Pour quels usages ? (1ère partie)


Fiber Quelles sont les questions réseaux les plus stratégiques des cinq prochaines années que doivent se poser tous les pays, toutes les entreprises du monde ?

- Quelles solutions technologiques pour proposer du très haut débit (THD) ?
- Quel pourrait être un calendrier de déploiement, à la fois réaliste et ambitieux ?
- Pour quels usages ?
- Qui doit investir ? Combien ?

Les réponses à ces questions sont complexes, et les choix qui seront faits auront des impacts majeurs, à long terme, sur la compétitivité des pays et de leurs entreprises.

Cul de sac Pourquoi aborder ce sujet dans ce blog, centré sur l’Entreprise 2.0 ?
La réponse est très simple : les réseaux THD sont indispensables pour permettre la généralisation des usages 2.0 dans les entreprises.

Je vous propose une série de 3 textes pour mieux comprendre les options technologiques possibles, les choix stratégiques et les... principaux “culs-de-sac ” à éviter !



Le très haut débit : quelle définition ?

High speed car Pour la clarté de l’exposé, je vais utiliser la segmentation suivante, qui fait référence aux vitesses théoriques, optimales, des réseaux :

- Bas débit : vitesse inférieure à 1 Mbit/s.
- Haut débit : vitesse comprise entre 1 et 50 Mbit/s.
- Très haut débit : vitesse supérieure à 50 Mbit/s.

Ce sont bien sur des limites discutables, mais qui me semblent raisonnables pour bien différencier les usages possibles des réseaux.

Débit 4 Wi-Fi Dans la pratique, les débits utiles sont souvent inférieurs de 50 % aux chiffres théoriques, nous le savons tous. A titre d’illustration, la vitesse utile d’un réseau ADSL décroit très vite en fonction de la distance qui sépare le point d’émission (DSLAM pour les initiés !) du lieu d’arrivée. Au-delà de 4 à 6 km, l’ADSL ne peut pas fournir, aujourd’hui, du haut débit.


Topologie : Très Haut Débit, où ?

Options THD, Très Haut Débit Ce schéma servira de base à toutes les analyses faites dans ce texte.
Je vous propose une vision par “composants” :

- Cœur Réseaux Internet : les “backbones” Internet, construits et gérés par les opérateurs.

- Grand lieu professionnel : bureaux, usines, sites où travaillent plus de 50 personnes.

- Petit site professionnel : bureaux, agences où travaillent moins de 50 personnes.

- Espace domestique : une maison, un appartement familial, où l’on peut aussi.... travailler !

- Mobilité : situation d’une personne en déplacement, professionnel ou privé.

Les flèches, de 1 à 4, correspondent à ce que l’on nomme le “dernier kilomètre” (Last Mile en Anglais), en clair ce qui sépare un lieu d’usage du point d’entrée le plus proche sur un cœur de réseau.


Très Haut Débit : déjà là, souvent

Commençons par les bonnes nouvelles ; le THD est déjà opérationnel dans de nombreux lieux :

Abilene network - Cœur Réseaux Internet : tous les opérateurs utilisent de la fibre optique qui permet des débits supérieurs au Gigabit ; problème réglé.
Les performances s’améliorent, aujourd’hui, plus vite que la consommation, comme le montrent le taux d’usage des réseaux avancés tels que Abilene aux USA ou Renater en Europe.

- Grand lieu professionnel : Les réseaux locaux Ethernet (LAN) sont omniprésents. La majorité de ces réseaux sont déjà à 100 Mbit/s, voire 1 GBit/s ; problème réglé.
De plus en plus, les entreprises installent en complément des réseaux filaires  de l’Ethernet sans fil (Wi-Fi) ; le Wi-Fi-n, dont la vitesse est comprise entre 100 Mbtis/s aujourd’hui, et 600 Mbit/s d’ici 2012, devient la norme.
C’est l’une des très rares situations où le monde professionnel est encore en avance sur le grand public !

- Petit site professionnel : on y trouve souvent un réseau Ethernet filaire à 100 Mbit/s et, de plus en plus, du Wi-Fi ; problème réglé.

Prise CPL _ Wi-Fi - Espace domestique : les solutions Wi-Fi (standard n de plus en plus) et/ou CPL (Courant Porteur en Ligne) se banalisent et dépassent déjà le 50 Mbits/s ; problème réglé.

En clair, tous les lieux où l’on consomme du réseau sont déjà équipés THD.

Seules, pour le moment, manquent à l’appel les situations de mobilité !

Il ne reste donc plus qu’à trouver des solutions pour le “dernier kilomètre”, c’est à dire pour les flèches 1, 2, 3 et 4 du schéma.

Dernier Kilomètre C’est, aujourd’hui, sur ce dernier kilomètre que le THD est le moins présent.
C’est, demain, sur ce dernier kilomètre que le THD va faire des progrès fulgurants.

Quelles seront, d’ici à 2012/2013, les solutions possibles ? Les solutions retenues ? Les solutions installées ? That is the question !

Cette question se pose :
- A tous les pays.
- A toutes les entreprises.

La deuxième partie de ce texte fera le point sur les principales options, filaires et sans fil, qui seront en compétition pour couvrir les besoins en THD.

Dans la troisième partie, je présenterai les solutions qui me paraissent les plus pertinentes pour répondre aux attentes de THD dans les quatre principales situations de “dernier kilomètre”.

High speed internet Sans “déflorer” le sujet, je peux déjà transmettre une excellente nouvelle à tous les responsables informatiques :

Vous pouvez, aujourd’hui repenser votre stratégie Systèmes d’Information en faisant l’hypothèse que tous vos “clients”, internes et externes, auront à leur disposition un minimum de 100 Mbit/s, en tout lieu, à toute heure, sur tout objet d’accès, et ce, avant la fin de 2013.

17 avril : la deuxième partie de cette analyse (solutions THD filaires) est disponible, .

20 avril : la troisième partie de cette analyse (Solutions THD sans-fil) est disponible, .

24 avril : la quatrième partie de cette analyse (Quelles solutions, dans quel contexte) est disponible,.

4 mai : la cinquième, et dernière partie de cette analyse (dimensions financières) est disponible, .

Firefox, Chrome, Safari et Internet Explorer : quatre stratégies

(Attention, temps de lecture estimé supérieur à 4 minutes !)

Logos 4 navigateurs  L’arrivée de Chrome, le butineur de Google, va-t-elle relancer la “guerre” des navigateurs ?
Pour répondre à cette question, il est important d’analyser la stratégie des quatre grands acteurs de ce marché clef.
Ceci ne veut pas dire que les autres fournisseurs, tels qu’Opera, n’ont pas de bons produits ; il faut simplement constater que les “autres” représentent aujourd’hui moins de 3 % de part du marché des butineurs.

Part marché navigateurs PCInpact Prenons l’exemple de PCInpact ; c’est un site fréquenté par des fans de l’informatique ; il est représentatif des personnes qui ont pu choisir leur butineur favori.
Ces mesures, réalisées quelques jours après l’arrivée de Chrome, le mettent déjà à égalité avec Opera.


Quel butineur, demain, dans les entreprises ?

Dans les entreprises, et en particulier dans les grandes, une majorité de DSI ont maintenu le quasi monopole d’Internet Explorer.

IE 6, l’arrière grand père des navigateurs, plein de courbatures, de traumatismes, d’anachronismes et de de failles béantes de sécurité, abandonné par tous les internautes “normaux”, est toujours dominant dans les informatiques d’entreprises, où il coule encore de vieux jours tranquilles.

Fidel Castro vieux IE6, c’est le “Fidel Castro” des dictatures informatiques, protégé dans son agonie par une baronnie d’informaticiens pour qui le vent de la démocratie n’a pas encore soufflé !

Il est urgent de se séparer d’IE6 ; tous les responsables informatiques vont devoir ...  prendre une décision !

Quel(s) butineur(s) sera(ont) installé(s) demain dans mon entreprise ?

Le choix d’un ou plusieurs butineurs n’est pas une décision anodine. Il ne peut se faire que dans le contexte d’une réflexion stratégique sur l’avenir et les rôles des postes de travail, outils d’accès aux Systèmes d’Information de demain.
Pour choisir, il faut comprendre ; essayons de décortiquer la stratégie de Mozilla, Google, Apple et Microsoft avant de décider.


Open Source vs Propriétaire

Les solutions Open Source sont de plus en plus dominantes dans les logiciels d’infrastructures (Apache, Eclipse, Linux...). 
Les butineurs, qui sont aussi des logiciels d’infrastructures, n’échappent pas à cette règle, comme le montre la spectaculaire montée en puissance de Firefox au cours des 2 dernières années, avec près de 30 % de part de marché en France, mi 2008, selon Xiti.

Open Source ou propriétaire, est-ce important ? Oui !

Aujourd’hui, les positions sont claires :
- Mozilla et Google défendent des solutions 100 % Open Source.
- Apple et Microsoft proposent des solutions propriétaires.

L’un des principes fondateurs des logiciels Open Source est que tout développeur peut enrichir et améliorer le code source d’un produit;
On pourrait appeler cela un “nivellement par le haut”.
Cette course à la qualité est très bénéfique pour les utilisateurs.

Butineur Dans le cas des butineurs, c’est évident, comme le montrent deux exemples :
- Les deux principaux “moteurs” des navigateurs, au cœur de  la performance et du respect des standards, Webkit et Gecko, Open Source, sont utilisés par trois des principaux butineurs : WebKit par Apple et Google, Gecko par Mozilla.

Mais... rien n'empêche un développeur de Gecko de piocher dans la bibliothèque des améliorations de WebKit, et vice-versa. Cette saine émulation est bonne pour tout le monde ; une innovation importante apportée à l’un des moteurs se trouvera, très vite, dans l’autre.
Microsoft utilise son propre moteur, propriétaire, dont je crois que personne ne connaît le nom. Rien n’interdit à Microsoft de reprendre aussi, dans son code, des composants innovants proposés par WebKit ou GecKo. J’espère, et je suis certain qu’ils le font.

Google Steals Microsoft Code - Il y a quelques jours, deux journalistes ont publié un article au titre “accrocheur”, pour ne pas dire scandaleux :
“Google steals Microsoft Code...” (Google a volé du code Microsoft”)

C’est un exemple, hélas fréquent, de titre mensonger ; les premières lignes de l’article le confirment d’ailleurs.
En fait Google a utilisé, dans Chrome, des composants “Windows Template Library” Code Open Source de Microsoft depuis 2004 !
C’est une excellente nouvelle pour les utilisateurs de Windows car un nouveau navigateur, Chrome, s’adapte mieux à leur OS favori.

Une dernière remarque : la position d’Apple peut paraître ambiguë ; Safari est construit avec beaucoup de composants Open Source, dont le “moteur” Webkit. Le produit final, Safari, lui, est propriétaire, comme Internet Explorer.
Si ces deux butineurs propriétaires proposent des innovations (tout peut arriver !), Google et Mozilla ne pourront pas en profiter rapidement ; dommage pour les internautes.

Résumons : toutes les innovations proposées par Chrome et Firefox peuvent être reprises par IE et Safari ; l’inverse n’est pas vrai.


Performances

Tant que la principale fonction d’un butineur était d’afficher des pages HTML (le Web 1.0 !), personne ne se préoccupait des “performances” de son navigateur.
JavaScript for dummies Techniquement, l’arrivée du Web 2.0 correspond à la montée en puissance d’usages plus avancés, et l’émergence d’AJAX, avec JavaScript comme principal langage de développement.

Tous les partisans du client lourd, Microsoft et Adobe en tête, ne ce sont pas privés de décrier JavaScript, son manque de performances, sa lenteur et son inadéquation à des usages professionnels.
Malgré tous ses défauts, JavaScript a un avantage majeur ; il ne demande rien à l’OS du poste de travail !

Chrome Javascript Test
Heureusement, nos deux champions “Open Source”, Mozilla et Google se sont attelés à ce problème ; il est aujourd’hui... résolu !

Dans les mois qui viennent, nous assisterons toutes les semaines à des débats pour savoir qui, de dernière version de SpyderMonkey”, le moteur JavaScript de Mozilla ou de “V8”, celui de Google, est le plus performant.
Pour le moment, les ß 3.1 de Firefox et  0.2 de Chrome font à peu près jeu égal.

Spiderman vs Superman Là n’est pas l’essentiel
; ces deux outils ont déjà des performances entre 10 et 30 fois supérieures aux anciens navigateurs tels que IE7.
Cette forte compétition entre les deux champions va continuer à nous apporter son lot d’améliorations spectaculaires. Vive la loi de Moore appliquée aux butineurs !

En résumé : les applications JavaScript, exécutées dans un butineur Firefox ou Chrome élimineront toute sensation de lenteur pour l’immense majorité des utilisateurs ; c’est l’objectif recherché !


Promouvoir les “WebApps”

Une Application Web, ou WebApp, est une application qui s’exécute directement dans le navigateur, sans l’aide d’un logiciel complémentaire qui doit être installé sur l’OS du poste de travail.

On est au cœur d’un débat majeur entre les partisans des solutions RDA et RIA :
- RIA : Rich Internet Application : application Web de haute qualité ergonomique qui s’exécute dans le butineur.
- RDA : Rich DeskTop Application : application Web de haute qualité ergonomique qui a besoin d’un complément sur le poste de travail. Silverlight de Microsoft et AIR de Adobe en sont les plus célèbres representants.

Encore un choix stratégique et difficile !
Cobra_sculpture  Ma réponse ne surprendra personne : choisissez RIA ! Pourquoi ?
- RDA a un avantage, transitoire, en termes de performances ; les butineurs modernes vont le réduire à néant.
- RIA a un avantage stratégique, long terme, majeur : une application RIA fonctionnera sur tout butineur moderne, sur tout objet fixe ou mobile, garantissant son universalité et sa pérennité.

Les applications Web 2.0, RIA, en JavaScript, pour butineur moderne, représentent un danger mortel pour les OS des postes de travail. Elles ne les rendent pas inutiles mais, plus grave, irrélevant  sans importance.

L’OS continuera à jouer un rôle utile : être un bon gestionnaire des composants matériels du poste de travail.


Comprendre la stratégie navigateur de nos quatre compères !

A la lumière des lignes précédentes, il devient plus facile de décoder la stratégie des quatre principaux fournisseurs de butineurs.

Mozilla :
La mission de Mozilla est claire : un Web ouvert, respectueux des standards et accessible au plus grand nombre, quels que soient leurs outils d’accès.
Firefox est l’outil parfait pour répondre à cette vision “altruiste”.
En créant un fureteur performant, en obligeant le reste des acteurs à améliorer en permanence leurs propres outils s’ils veulent rester compétitif, Mozilla utilise Firefox comme une “arme pacifique” au service d’un Web de qualité ; personne ne s’en plaindra !

Apple :
Apple a réussi, brillamment, en développant une stratégie d’”intégration” des matériels et logiciels pour fournir à ses clients une ergonomie et une qualité d’usage exceptionnelle.
MacBook & 3 navigateurs Quelle place tient Safari dans cette stratégie ? Il est de plus en plus difficile de répondre à cette question. Quand Chrome sera disponible sur les Macintosh, dans quelques mois, les utilisateurs d’Apple disposeront de trois excellents butineurs, Chrome, Firefox et Safari. Combien garderont Safari comme butineur principal ?

Safari sur l’iPhone a été l’une des clefs de sa réussite ; pour la première fois, naviguer sur Internet depuis un Smartphone n’était plus un supplice.
Que se passera-t-il si Chrome et Safari Firefox sont aussi disponibles sur iPhone ?
En clair, Safari n’est pas stratégique pour Apple ; sera-t-il encore là dans 3 ans ?

Microsoft :
J’imagine des débats “Cornéliens” au sein des équipes de développement de Microsoft : autour de la table, des représentants des équipes IE 8, Silverlight et Windows 7 :
- IE 8 : nous sommes capables de rivaliser en termes de performances et d’ergonomie avec Firefox et Chrome.
- Silverlight : Danger ! vous pouvez marginaliser les avantages de notre plateforme RDA !
- W 7 : Danger ! Après la “grande réussite populaire” de Vista, merci de ne pas torpiller notre prochain OS en le rendant encore plus insignifiant !

Microsoft fera tout ce qui est en son pouvoir pour prolonger l’intérêt d’un client lourd et défendre sa franchise Windows.

Ballmer, I love this company Personne ne met en doute la capacité de ses équipes à proposer un très bon butineur ; IE8 en est la preuve.
Le problème est que c’est une stratégie “Loss-Win” et non pas “Win-Win”.
Un trop grand succès de IE8 creusera un peu plus la tombe de Windows.

Je réitère ma proposition : comme d’excellents butineurs sont déjà disponibles pour Windows, le plus sage pour Microsoft serait d’abandonner les développements de nouvelles versions d’Internet Explorer et de mettre les brillantes équipes internes de Microsoft au service de  ... Firefox.
Je les vois assez mal travailler avec Google sur Chrome, à moins que ... Steve Ballmer ne prenne la direction de ce projet !

Google :
Comme Mozilla, mais pour des raisons beaucoup plus “business”, Google à intérêt à ce que les butineurs deviennent de plus en plus performants, et soient disponibles sur le plus grand nombre d’outils d’accès au Web.
Chrome est clairement au service de cette stratégie ; une version “légère” de Chrome est déjà utilisée sur le G1, le premier téléphone utilisant Android, l’OS Open Source de Google.

Two olympics Allié objectif de Mozilla, qu’il finance largement, Google n’a pas lancé Chrome comme un butineur anti Firefox, au contraire.
Ces deux outils Open Source, en concurrence loyale comme peuvent l’être deux champions sportifs, vont, ensemble, faire progresser encore plus vite les performances des butineurs.

1 500 millions d’internautes en seront les bénéficiaires ; merci !


Résumé, pour décideurs informatiques

Chess  - Le choix d’un butineur est une décision stratégique.

- L’essentiel des applications innovantes et performantes de demain feront un usage intensif de JavaScript.
- Les objets d’accès au Système d’Information de votre entreprise, très diversifiés, et en majorité mobiles ont tous besoin d’un excellent butineur.
- Les butineurs Open Source seront ceux qui proposeront le plus d’innovation.
- Vous avez le choix entre quatre butineurs.

Deux d’entre eux répondent très bien à ce cahier des charges ...

Netbooks : Asus, prends garde ! Medion débarque !

Boites médion J’ai participé le 25 août 2008 (jour de la Saint Louis !) au lancement de l’offre commune France Telecom - Medion, clairement positionnée pour contrer l’avance prise par SFR avec son EeePC Asus, lancé il y a plusieurs mois.

Disons-le tout net : mon EeePC, qui n’a que quelques mois, vient de prendre... un sérieux coup de vieux !


MEDION Akoya mini E1210, en quelques mots

Medion, société allemande, présente en France depuis 10 ans, a réalisé 2,5 milliards d’euros de CA en 2007.
DG Medion dansant Patrick Faubert, Directeur Général de Medion France, était le maître de cérémonie de cette soirée. Il l’a fait avec talent et bonne humeur, même si un léger accident l’obligeait à se déplacer avec des béquilles.

Le notebook choisi par France Telecom est le Akoya mini E1210 ; admirez le génie de la complexité pour choisir des noms !

Medion 1 Quels sont, à mon avis, les points forts de ce netbook ?
- Processeur Atom Intel, qui devrait garantir une bonne autonomie.
- Ecran 10 pouces.
- Un clavier confortable, de taille “presque” normale.
- Wi-Fi n, compatible b et g, peu fréquent sur les Netbooks.
- Garantie de 24 mois.

Autres caractéristiques :
- 1Go Ram
- Disque dur 80 Go
- Windows XP
- Poids : 1;2kg
- Autonomie : 2,5 heures

Fabrice Milhoud, responsable de la stratégie de Microsoft France, était bien sur présent, tout heureux de me confirmer que ce netbook fonctionnait sous WindowsXP et... seulement avec XP !

Certains pourraient être surpris de la ressemblance entre le Medion Akoya et le MSI Wind U100 ; ce n’est pas une coïncidence car ce sont les mêmes netbooks, avec des étiquettes différentes.


Les plus de l’offre conjointe Medion - France Telecom

Danseuses Brésil 2 J’ai pu, pendant cette soirée, travailler un peu avec l’Akoya mini, tout en essayant de ne pas être trop distrait par le spectacle brésilien qui accompagnait ce lancement !

L’accord signé entre France Telecom et Medion présente plusieurs avantages pour les clients :

- Un prix ramené de 349 à 249 € avec un abonnement Internet EveryWhere pour une période de 12 mois seulement.  On peut déduire 50 € de plus en prenant en même temps un abonnement ADSL et une livebox.

- La clef USB n’est pas liée à la machine Medion et peut être utilisée avec un autre PC.
Orange m’a assuré qu’elle fonctionnait aussi sur mon Macintosh.
C’est un plus majeur par rapport à l’offre de SFR qui m’interdit d’utiliser ma clef EeePC sur une autre machine. J’espère recevoir, très vite, un appel de SFR m’annoncant que cette contrainte n’existe plus !


Quels rôles pour les netbooks dans le Web 2.0 ?

D’ici Noël, tous les grands acteurs du marché des PC : Dell, Acer, HP et beaucoup d’autres proposeront des netbooks.
La palette des caractéristiques devrait être la suivante :
- Taille d’écran de 7 à 11 pouces, 9 pouces devenant très vite le minimum.
- Poids compris entre 1 et 1,5 kg.
- Windows XP et/ou Linux.
- Wi-Fi et 3G+.
- Prix (hors subvention éventuelle d’un opérateur) : 250 à 500 €.

Dell Portable décoré Ces mêmes constructeurs proposent en même temps des notebooks traditionnels d’entrée de gamme aux caractéristiques suivantes :
- Ecran 15,4 pouces.
- Poids entre 2 et 3,5 Kg.
- Prix compris entre 350 et 600 €.


Netbook ou notebook ?

Pour des usages professionnels raisonnables d’outils Web 2.0, netbook et notebook d’entrée de gamme répondent bien à la demande.

Balance Netbook - Notebook Quels sont les paramètres de décision qui feront pencher la balance d’un coté ou de l’autre ?

- Le prix ne sera plus le principal critère de décision ; sur une durée de vie utile de 3 ans, la différence entre un netbook et un notebook devient négligeable, inférieure à 3 ou 4 € par mois.

- Ce sont les dimensions d’usages qui vont guider les choix des entreprises et des utilisateurs :
- Taille d’écran et du clavier.
- Poids et encombrement.
- Autonomie.

La possibilité de rajouter à un netbook un grand clavier USB et un écran VGA pour des usages sédentaires va rendre le choix encore plus difficile.
Une personne ayant des usages nomades dominants sera séduite par les faibles poids et encombrement d’un netbook, quand elle sait qu’elle pourra, de retour à son bureau, disposer d’un écran 17 ou 19 pouces.


Demain ?

Tous les constructeurs de PC attendent avec impatience, et un peu d’inquiétude, le verdict du marché. Si les netbooks séduisent une grande partie des utilisateurs, leur chiffre d’affaires et leurs marges vont fortement s’en ressentir.

Sony TZ Ultramobile
Les grands perdants de cette bataille seront les PC “ultramobiles” haut de gamme, avec des écrans de 11 ou 12 pouces, qui étaient vendus à des prix dépassant les 2 000 euros. 


Un Sony TZ Vaio, Intel Core Duo 1,33 Ghz, écran de 11 pouces et 2Go de mémoire, avec Vista Ultimate, coûte $3.300.

Raisonnable, aujourd’hui ?

Les grands gagnants seront ... les utilisateurs qui auront à leur disposition toute une panoplie d’objets mobiles, dans des gammes de prix abordables.

Merci, la concurrence !

“Cloud Computing” : prêt pour les grandes organisations


Logo AWS Merci Amazon ! Toutes les grandes entreprises, tous les DSI, tous les responsables de production informatique disposent aujourd’hui d’une offre professionnelle de très haut niveau qui leur permet de commencer à planifier ...
la migration progressive de leurs centres de calculs propriétaires sur le “Cloud”.

Dans la série de ses AWS, Amazon Web Services, Amazon a annoncé, le 20 août 2008, un nouveau service :

 DataCenter on the cloud EBS = Elastic Block Store

EBS est clairement expliqué par Amazon sur son site (en anglais).

Je vous en propose une définition lapidaire :

Votre centre de calcul, “On the Cloud”


EBS, Elastic Block Store : les points clefs

(Un minimum de technique dans ce paragraphe, mais j’espère que ce sera compréhensible par la majorité)

Quelles sont les innovations importantes proposées par EBS ?

- Persistance : l’innovation majeure par rapport aux Web Services d’Amazon existants. En clair, les bases de données sont pérennes et indépendantes des applications qui y accèdent. On peut donc les utiliser comme des bases de données “classiques”.

EBS avaibility zones - Création d’un espace de mémorisation de 1 GB à 1 TB, dans une “availability zone”, en pratique un centre de calcul physique.

- En cas de besoin, plusieurs espaces de mémorisation différents peuvent être créés dans une même zone et être partagés par une même application : ce sera souvent utile pour optimiser les temps de réponse.

- Réplication à l’intérieur d’une même zone, pour des raisons de fiabilité.  C’est l’équivalent de la démarche RAID utilisée dans les centres de calcul.

- Les premiers produits d’AWS, EC2, S3, étaient très orientés usages “Web”.  EBS répond aux attentes des usages plus “traditionnels”, avec des bases de données relationnelles.

- En pratique, EBS permet aux entreprises de créer un SAN (Storage Area Network) on the Cloud.

- Snapshots dans S3 (Simple Storage Service, un autre des Web Services d'Amazon) : Ce qu’Amazon nomme des snatpshots sont des copies dans d’autres “Availability zone”, pour répartir géographiquement les risques.
C’est ce que font les grandes entreprises lorsqu’elles créent plusieurs centres de calcul et répliquent les données de l’un sur l’autre.

Vogels CTO Amazon Pour en savoir plus, je vous conseille la lecture du blog de Werner Vogels, CTO d’Amazon, qui présente, très bien, les fonctionnalités d’EBS.


EBS, Elastic Block Store : quels coûts ?

Comme toutes les solutions “Cloud computing” proposées par les grands industriels du secteur (Google, IBM...) EBS fait profiter ses clients des économies d’échelles, rendues possibles par leurs investissements massifs dans des centres de calcul.

Conscient des enjeux, et sous l’impulsion de Ray Ozzie, Microsoft a lancé un ambitieux plan de construction de nouveaux centres de calcul. Le dernier, annoncé cette semaine, installé dans l’état de l’Iowa, représente un investissement de $ 500 millions.

Les prix annoncés par Amazon pour EBS sont “très compétitifs” !
- 1$/mois/10GB de stockage.
- 1$/10 millions I/O (accès à la base de données).

Cost reduction Pour traduire ces chiffres un peu “abstraits” en réalité opérationnelle, je prendrais deux exemples pratiques.

- Un site Web moyen (Chiffres d’Amazon).
Pour un site Web de taille moyenne, nécessitant 100 GB de stockage et 100 I/O par seconde, l’utilisation d’EBS représentera un budget de : $36/mois.

- Une grande organisation : (Chiffres calculés par Dion Hinchcliffe, de ZDNet US)
 Une entreprise qui consomme 10 TB, 24h/24H, pour 5 000 utilisateurs actifs en permanence, devrait dépenser environ $4 600/mois. (Moins de 1$/mois/utilisateur)
Une question : Dans votre centre de calcul, quel est le coût complet d’une telle prestation ?


EBS, Elastic Block Store  : impacts stratégiques

Non ! Rassurez vous ! je ne vous propose pas de vider vos centres de calcul avant Noël 2008 !

Empty Datacenter Par contre, il me paraît indispensable que toutes les grandes entreprises commencent, immédiatement, à élaborer une stratégie qui les amènera, en quelques années, à basculer tout ou partie de leur production informatique, de leurs centres de calculs propriétaires, qu’ils soient gérés par elles ou par des prestataires “hébergeurs”, vers des solutions telles que EBS.

Migration Les avantages de cette migration sont évidents :

- Travailler avec des fournisseurs industriels, pour qui c’est un métier stratégique.

- Flexibilité face à la variabilité de la charge : on peut, en quelques heures, multiplier par 10 ou diviser par 2 la puissance informatique consommée.

- Profiter “automatiquement” des innovations technologiques. Ces fournisseurs seront souvent les premiers à mettre en œuvre les innovations qui leur permettent de mieux faire leur métier ; ils en feront immédiatement profiter leurs clients.

- Forte réduction des coûts : diviser par 5 ou 10 ses coûts de production informatique, par les temps qui courent, je ne connais pas beaucoup de Directeurs généraux ou financiers qui sont contre !


EBS, Elastic Block Store = Perte de contrôle ?

C’est une question à laquelle je dois répondre souvent :
Est-ce que je ne vais pas perdre le contrôle de mon informatique en allant sur le “Cloud” ?

(Ce sont souvent les mêmes qui “outsourcent” auprès des grands intégrateurs et perdent alors tout contrôle de leur système d’information, qui craignent le “Cloud computing”)

Ma réponse est très claire : mais non, au contraire !

Dinosaur 1 Ce n’est pas parce que les solutions de Cloud Computing telles qu’EBS condamnent, à terme, la grande majorité des centres de calculs propriétaires à disparaître qu’il faut craindre une perte de contrôle.

Je pronostique qu’un nouveau métier, passionnant, va naître :

Responsable de production informatique “on the cloud”

Crown_Dashboard  Les entreprises vont avoir besoin d’équipes performantes, alliant compétences techniques et de management, pour bien choisir leurs prestataires, piloter à distance leurs processus de production, rééquilibrer les charges quand nécessaire...

C’est d’ailleurs souvent comme cela que travaillent déjà les équipes de production informatique performantes ; elles gèrent, à distance, leurs centres de calcul propriétaires.
Le changement de métier peut donc se faire, vite et bien.

Format de documents : Ça suffit ! Assez joué !



Guéguerre des formats ! un peu de bon sens, S.V.P. !

Stop the war  Il est temps que les responsables informatiques tapent sur la table et fassent comprendre à nos amis de Microsoft que 2008, ce n’est plus 1995, quand les formats d’Office imposaient leur Chappe de plomb sur les solutions bureautiques.

Guéguerre des formats ? Nous avons d’autres priorités, d’autres urgences dans la construction de Systèmes d’Information modernes !

Virus Sida OOXML et XDF sont des virus, des parasites, des "emm...dements” qui n’apportent aucune valeur positive, polluent les systèmes d’Information et consomment inutilement l’énergie des DSI sur des sujets sans aucun intérêt !


Un “crash course” sur les formats bureautiques

J’espérais bien ne plus avoir à revenir sur un sujet que j’ai souvent traité ; hélas, l’actualité m’y oblige.

(Désolé pour les professionnels du secteur, mais je pense nécessaire de rappeler quelques évidences)

Interoperabilite_s Dans tous les métiers du monde, on définit des standards pour assurer une raisonnable interopérabilité entre des outils différents.
Quand je transmets une photo en format JPG ou PNG à une personne, je n’ai pas besoin de faire la moindre hypothèse sur l’outil logiciel qu’elle va utiliser pour la visualiser ou la modifier ; JPG et PNG sont de véritables standard.

En 2008, la situation des formats bureautiques est très “surprenante” et je vais essayer de la clarifier, au risque de la caricaturer.

Il y a aujourd’hui trois grandes catégories de formats :

1 - Les formats anciens, condamnés.
.doc, .xls, .ppt, les formats propriétaires de Microsoft, utilisés dans les versions d’Office 2003 et antérieures.  La position quasi monopolistique de Microsoft avec sa suite intégrée Office fait que ce sont encore aujourd’hui, et de loin, les plus utilisés.
Toutes les entreprises vont devoir apprendre, progressivement, à vivre sans leurs .doc favoris.

ODFLogo2 2 - Les formats standardisés, par des organismes officiels comme l’OSI, et acceptés par la grande majorité des fournisseurs informatiques ; les principaux sont :
- PDF pour les documents non révisables.
- ODF pour les documents modifiables.
Il en existe d’autres, tels que RTF, utilisés comme formats “a minima”.

3 - les nouveaux formats “exotiques” de Microsoft ; il en existe trois :

- Open XML d’Office 2007 : cette première version “XML” a été acceptée par un organisme de normalisation marginal, l’ECMA, et rejetée par l’OSI.
Ce format est condamné à disparaître et les utilisateurs de la version Office 2007 doivent savoir qu’ils devront très vite migrer vers ...

Forceps - ISO/OOXML :  la nouvelle version, “officialisée” par OSI, dans des conditions pour le moins “discutables”, et déjà contestée par des pays tels que l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil ou le Royaume-Uni, mais c’est une autre histoire.

XPS download, not on Mac - XPS, supposé concurrencer PDF, qu’heureusement personne n’utilise et n’utilisera jamais.
Impossible de l’essayer sur mon Macintosh ; la version du reader n’existe même pas !

Y a-t-il encore chez Microsoft une seule personne raisonnable pour arrêter de dépenser bêtement de l’argent sur XPS ?


La situation “paradoxale” de Microsoft

Essayons d’y voir clair, même si ce n’est pas évident.

- Utilisateurs des versions anciennes d’Office, y compris 2003. Les formats utilisés, doc et autres sont condamnés ; vous devrez migrer.

- Utilisateurs d’Office 2007.  Le format Open XML utilisé, transitoire, est condamné ; vous devrez migrer.

- Utilisateurs de la prochaine version d’Office 2007, Service pack SP2, prévu au milieu de l’année 2009.
Dans cette nouvelle mouture d’Office 2007, on pourra utiliser la version 1.1 de... ODF.
Sisyphe Le merveilleux paradoxe de cette version d’Office 2007 est que Microsoft vient d’annoncer qu’elle ne supportera pas... la nouvelle version ISO d’OOXML !
Microsoft, promoteur de ce format, avoue que, malgré toutes ses ressources de développement et sa connaissance du format (on peut en tout cas l’espérer) il ne pourra pas offrir le support de son format ISO/OOXML car c’est très... compliqué !

On croit rêver !  Peut-on imaginer, une seconde, qu’une autre entreprise, une autre organisation soit capable de proposer des outils bureautiques au format ISO/OOXML, si Microsoft n’y arrive pas ?

Ceci n’a pas empêché nos amis de l’AFDEL, association des éditeurs de logiciels propriétaires, qui n‘en ratent pas une, de s’empresser à saluer ... l’ouverture de Microsoft, un de leurs plus illustres membres !

- Prochaine version d’Office, connue sous le nom de code Office 14.
Microsoft a annoncé qu’Office 14 utilisera le nouveau format ISO/OOXML ; enfin une bonne nouvelle !
Petit détail : nul ne sait quand cette version sera disponible. Espérons simplement que ce ne sera pas en ... 2014, comme pourrait le laisser penser son nom.

Betise Heureusement que le ridicule ne tue plus !
Peut-on imaginer situation plus ubuesque, plus surréaliste que celle de Microsoft annonçant qu’il n’est pas capable de proposer dans son produit phare, Office, le support de son format phare, OOXML ?

Microsoft espère encore, croit encore qu’il peut garder sa maîtrise des outils bureautiques en imposant ses formats : est-ce de l’inconscience ? Est-ce de la bêtise ? À vous de juger !


La solution : elle est très simple !

Est-ce si difficile de trouver une solution à un problème qui risque de perturber, bêtement, pendant de nombreuses années, la vie de dizaines de millions d’utilisateurs bureautiques ? Non !

Il suffit que des dirigeants de Microsoft prennent trois décisions “simples” :

- Abandon des efforts sur OOXML et support véritable du seul format ODF.
- Abandon des efforts sur XPS et support véritable du format PDF.
- Abandon définitif de toute velléité de proposer de nouveaux formats bureautiques propriétaires.

Ces décisions, simples, de bon sens, compréhensibles par tous, annoncées officiellement, peuvent être prises immédiatement.

Pétanques 00XML
Tout le monde sera gagnant, et Microsoft en premier, en démontrant enfin qu’il comprend ce que signifie le mot standard et qu’il accepte de jouer le jeu de la concurrence, sur un terrain commun, avec des règles communes pour tous les acteurs du marché.

La pétanque avec des boules lestées, laissons ces tricheries aux minables qui plument des pigeons au Bois de Boulogne !

Les formats ODF, PDF et autres sont imparfaits ? Bien sûr, tout le monde en est convaincu ! Raison de plus pour que Microsoft, avec ses grandes ressources, ses nombreuses intelligences, participe à leur amélioration !

B Ourganlian C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré Bernard Ourghanlian, Directeur technique et sécurité de Microsoft France, cité par PCinpact :

Microsoft n’a pas toujours été premier de la classe en termes d’interopérabilité, mais nous avons fait un choix en février, et nous le suivons. Ces promesses continueront, car Microsoft fait désormais partie de l’OASIS et travaillera en commun à l’amélioration de l’ODF, ainsi que de l’AIM pour le développement du PDF “

Ozzie  J’espère que Ray Ozzie, CTO de Microsoft, sait lire le Français, ou qu’un responsable de Microsoft France fera l’effort de traduire ce texte avant de le lui transmettre. C’est à mon avis la seule personne chez Microsoft qui a le poids suffisant pour prendre ces décisions, techniquement simples, mais difficiles, culturellement.

Un petit coup de gueule de temps en temps, ça fait du bien !
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