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avril 2006

ODF (Open Document Format) : Une guerre sans merci !

Vous ne connaissez pas ODF, Open Document Format ? Informez-vous vite, et soyez prêt à devenir spectateur, ou acteur, d’une guerre sans merci qui va se déclencher en 2006 et durera de 3 à 5 ans. Logo_odf_1 De quoi s’agit-il ? ODF est un format XML standard ouvert de documents bureautiques, qui est soutenu par l’organisme de normalisation OASIS. Toutes les informations relatives à ce format sont publiques, disponibles sur le site du groupe de travail.

Pour prendre un exemple simple, il s’agit de l’équivalent de JPG ou PNG, formats standard utilisés dans le monde des images.  Une image, une photo JPG peut être lue par des dizaines de logiciels différents, du plus simple, tel que iphoto au plus complexe, Photoshop.
Grâce à ODF, le même résultat est possible pour les documents bureautiques.  ODF permet une indépendance totale entre le format des documents et les logiciels utilisés pour les créer ou les modifier. Un bon article existe dans Wikipedia sur les caractéristiques d’ODF.

Aujourd’hui, les entreprises utilisent, dans plus de 95 % des cas, les formats propriétaires .doc, .xls ou .ppt.  Ces formats ont été développés par Microsoft, n’ont pas été publiés et sont sous son contrôle absolu.  Seuls les composants logiciels de la suite Office peuvent y avoir accès. Lorsque des éditeurs de logiciels concurrents, tels qu’IBM, Corel ou OpenOffice souhaitent les lire, ils sont obligés de faire du “Reverse Engineering”, c’est-à-dire essayer de deviner comment ils fonctionnent.

Que peut-il se passer entre 2006 et 2010?
L’arrivée de ODF met en péril le monopole de fait de Microsoft sur les logiciels bureautiques ; il faut donc se préparer à une guerre sans merci entre les deux protagonistes, Microsoft vs les éditeurs qui soutiennent ODF.
Office représente près de 50 % des bénéfices de Microsoft.  Toute action qui menace cette rente de situation est donc un “casus belli” et sera combattue avec énergie.  Les formats actuels, .doc et autres vont disparaître, avec l’arrivée de la nouvelle suite Office 2007. Ils seront remplacés par une version XML propriétaire, Microsoft Office XML Formats
Ce nouveau format offre de nombreux avantages par rapport aux solutions existantes, grâce à l’utilisation de XML. Office XML format reste cependant un format propriétaire, développé et géré par Microsoft, qui a demandé à l’ECMA de le reconnaître.

En face tous les autres éditeurs de logiciels bureautiques ne représentent aujourd’hui que 5% du marché. Leur soutien empressé de ODF n’est bien sur pas désintéressé ! IBM, Sun, la fondation OpenOffice, Google, qui vient de racheter Writely, espèrent bien utiliser cette arme pour mettre à mal le monopole de Microsoft.

Vous êtes tous concernés par cette guerre des formats !
Toutes les entreprises, tous les organismes publics doivent prendre parti, rapidement, et s’engager derrière ODF !
Pourquoi ? ODF est la seule solution qui :
- garantit l’indépendance entre les logiciels de traitement et les documents
- permet à des logiciels de puissance différente, tels que OpenOffice et Writely, de partager les mêmes documents.
- assure la pérennité des documents, dans la mesure où les formats sont publics et gérés par un organisme de normalisation international.

L’état du Massachusetts a été l’un des premiers à franchir le Rubicon et à annoncer que, à partir de janvier 2007, seuls les logiciels compatibles ODF seront utilisables par les organismes publics.  La réaction des équipes de lobbying de Microsoft a été foudroyante et les attaques menées contre Mr Quinn, le DSI de cet état, ont fini par l’obliger à démissionner !

Si, avant la fin de 2006, de grands ministères, quelques banques et entreprises industrielles annoncent qu’elles vont elles aussi standardiser leurs documents bureautiques sur le format ODF, en 2007 ou en 2008, le mouvement sera lancé et toutes les autres entreprises suivront le même chemin.
L’Europe a aussi un rôle majeur à jouer en prenant l’initiative de standardiser ODF au niveau de tous les organismes internationaux.

Ces actions, simples, de bon sens, permettront, en quelques années, de faire disparaître cette absurdité technologique qui a rendu les formats des documents bureautiques prisonniers des décisions d’un seul éditeur.

PS : Microsoft vient de rejoindre, comme “observateur”, le groupe de travail ISO, qui doit prochainement décider de la conformité de ODF ! Etrange non ?

Mise à jour du 3 mai 2006
L'ISO, organisme international de normalisation, vient d'accepter ODF comme un nouveau standard.  C'est un pas de plus dans la bonne direction...


Messieurs les banquiers, réveillez vous ! PayPal Mobile débarque !

Quel est l’objet numérique le plus répandu sur la planète ? Le téléphone mobile, avec plus de 2 milliards d’utilisateurs.
Un géant de l’internet, eBay, par l’intermédiaire de sa filiale PayPal, vient de faire son entrée dans le marché du paiement par téléphone mobile.  Encore balbutiant, il devrait, en moins de cinq années, révolutionner le monde financier.

Paypal_mobile_home_page PayPal a “entre-ouvert” son service PayPal Mobile, qui permet à tout utilisateur de téléphone mobile de faire des transferts d’argent depuis son mobile.
Le service est encore en ß, seuls les abonnés PayPal y ont accès, ses fonctionnalités sont pauvres, mails les potentiels sont sans limites !

Le PayPal actuel, devra-t-on déjà dire le classique, a, en moins de cinq années, convaincu près de 100 millions de personnes, d’O.N.G. et de petites entreprises d’utiliser ses services pour transmettre ou recevoir des paiements sur Internet.

Il y avait un marché à prendre, ils l’ont fait avant que les institutions financières classiques ne réagissent. PayPal est leader, avec un bon produit, 100 millions de clients, un actionnaire très puissant ; il sera difficile de le déloger !

Le même processus va se reproduire, mais à l’échelle 10, avec PayPal Mobile.  Leur démarche stratégique est très intelligente.  Ils s’adressent en priorité aux jeunes utilisateurs, pour qui le mobile est déjà un outil multifonctions qui permet de chatter, de jouer, d’envoyer des SMS et, éventuellement, de téléphoner.
La cible prioritaire de eBay-Paypal n’est pas l’utilisateur “quadra +”, dont je fais partie, pour qui un téléphone mobile ne sert qu’à téléphoner !

Paypalmobilelogo En 2011, dans cinq ans, les utilisateurs de mobiles seront plus de 3 milliards, avec une majorité de clients jeunes, pour qui recevoir ou envoyer de l’argent avec son téléphone sera aussi naturel que l’est aujourd’hui le paiement par une carte de crédit pour un adulte.

Des services proches de PayPal mobile existent déjà, en particulier en Asie, d’autres vont naître. Dans moins de 2 ans, les jeux seront faits et un oligopole de prestataires contrôlera ce marché. 
BNP, Crédit Agricole, Visa, Amex... en seront-ils ? J’aimerais le croire, mais hélas, je suis à plus de 90 % persuadé qu’ils n’auront pas su prendre le virage avec la vitesse nécessaire.

Je vous propose un petit florilège de ce que je "crains" d’entendre lorsque je proposerai à de grands organismes financiers de réagir, immédiatement :
- la sécurité n’est pas assurée
- Le marché n’est pas mur
- Ce n’est pas prévu dans notre Schéma Directeur à cinq ans
- Mon grand concurrent actuel l’a-t-il déjà fait ?
- On va créer un groupe de travail sur le sujet
- Cela risque de phagocyter nos services actuels
- Il faudra préparer un cahier des charges, définir les rôles respectifs de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre
- Comment vont réagir nos clients actuels ?
- Ces jeunes, en CNE et autres, représentent un marché trop risqué
- etc, etc...

Projetons-nous en 2011 ; à la caisse d’un Hypermarché, comment va payer le jeune couple qui vient de remplir son caddie avec des produits, tous munis d’une étiquette RFID ; par chèque ?
Le pronostic est aisé : téléphone mobile, liquide et/ou carte de crédit seront les trois modes dominants.

Dans un monde économique où la vitesse et la réactivité sont les seules armes efficaces pour saisir les opportunités, PayPal Mobile illustre bien comment de nouveaux entrants, sont, seront capables de tailler des croupières aux institutions existantes, si ces dernières ne changent pas, et rapidement, leurs démarches et leurs processus décisionnaires.


Eclipse au Zénith !

Eclipse_break Encore une conférence “sold out” !
La troisième édition de EclipseCon consacre définitivement la domination de la plateforme Open Source Eclipse d’aide aux constructeurs de logiciels.
Depuis 2004, date où la fondation Eclipse est devenue totalement indépendante d’IBM, les progrès réalisés sont impressionnants.
Au départ très marquée Java, la communauté Eclipse a su attirer tous les profils de développeurs. Cette année, PHP et AJAX font une entrée en force, même si Java domine encore.

Ce succès d’Eclipse confirme que la démarche Open Source s’impose très vite, quand elle est appliquée dans des domaines où cela a un sens fort et évident.
Il ne reste plus que deux acteurs importants du marché qui tentent de résister à cette vague de fond, Sun et Microsoft. Je ne serais pas étonné qu’ils annoncent leur ralliement durant EclipseCon 2008, peut-être même dès 2007 !
Saleforce.com, nouveau membre en 2006, espère que Appexchange, sa plateforme de développement de services Web, deviendra le point de ralliement de milliers d’éditeurs ; il apporte, en cadeau de noces, des outils AJAX.
L’entrée de Google, déjà utilisateur, dans la Fondation Eclipse devrait être annoncée dans les semaines qui viennent.

Frameworks communs, outils apportés par plus de 40 fournisseurs, la logique du partage, du travail en commun, de la communauté, s’est imposée avec force dans le monde des 8 millions de professionnels qui construisent des logiciels.
Les pros du logiciel ont vite compris qu’il était absurde de travailler chacun dans son coin et que tous les membres de la communauté étaient gagnants en partageant leurs compétences.

Toutes ces bonnes nouvelles vont rassurer les responsables informatiques qui hésiteront moins à construire les composants maison de leur système d’information, quand les briques du marché n’existent pas ou sont mal adaptées.

De jour en jour plus performante, la plateforme Eclipse garantit que leurs équipes de développeurs auront à leur disposition tous les outils industriels pour travailler efficacement.
Acheter des services logiciels dès que c’est possible, les construire si c’est nécessaire, Eclipse permet de se poser la question tranquillement, en étant assuré que le moyen âge des développements artisanaux est derrière nous.


Hasta la Vista !

C’est ainsi que l’on dit “au revoir” en Espagne, ma deuxième patrie, quand on n’est pas sur de revoir la personne rapidement !

Screenshot_from_longhorn_ms__3 C’est bien sur ma réaction immédiate quand Microsoft annonce, brutalement, que Vista, ex Longhorn, ne sera pas disponible avant début 2007.  Seuls seront surpris ceux qui n’ont pas suivi ce feuilleton depuis le début ; cette image d’écran date d’Octobre 2002! Office 12 avait déjà été rebaptisé Office 2007, il y a quelques semaines.

Vous pouvez écouter, en MP3, l’exposé du patron, actuel, de Windows, Allchin, donnant les “excellentes’” raisons de ce délai :

Ce nouveau retard, un de plus, m’inspire trois réflexions.

La première est liée au marché grand public. 40 % environ des ventes de PC domestiques se font pendant le quatrième trimestre et Microsoft annonçait, en février, que Vista aller booster les ventes de PC pour Noël 2006 !
Je croyais la “langue de bois ” réservée au monde politique ; nous avons eu hier la démonstration que les grands fournisseurs de PC, encore dépendants de Microsoft, sont aussi champions dans ce domaine !
Ecoutons HP : “As Microsoft is one of HP's most valued and trusted partners, we support them in determining the most appropriate schedule for the Windows Vista launch.”
Ecoutons Dell :”"We remain ready and excited to offer (Vista) when it is available,"

J’imagine plus facilement le savon que ces deux fournisseurs ont passé, en privé, aux responsables de Redmond ! Les échanges vont être chauds pendant les semaines qui viennent ; un lancement de Vista, prévu pour le premier trimestre 2007, qui a toujours été le plus faible en termes de ventes, ne peut pas arranger leurs affaires.
Quel sera le premier grand vendeur de PC qui osera dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Lenovo, Acer, Sony ...?

Pour les entreprises cette annonce est un “non-événement”. Je ne connais aucun DSI qui ai prévu de se précipiter sur Vista pour équiper les PC de son entreprise dès l’annonce de sa disponibilité.
Ce délai supplémentaire leur laissera plus de temps pour réfléchir, en 2007 et 2008, avant de décider s’ils font le saut vers Vista ou s’ils prennent un virage, à mon avis plus pertinent, vers des postes de travail allégés, sur lesquels des logiciels obèses n’ont plus leur place.

Ma troisième réflexion est moins tactique, beaucoup plus stratégique.
Quand une entreprise comme Microsoft, de plus de 60 000 collaborateurs, disposant d’une armée de plusieurs milliers de développeurs très compétents, est incapable, après plus de cinq années d’efforts, de sortir la nouvelle version d’un logiciel, il faut vraiment ce poser des questions de fond.
Vista n’est “qu’un ” système d’exploitation, pour gérer un poste de travail. En pratique, ce ne sera que la version, espérons le, plus moderne, de WIndows XP, maintenant que l’essentiel des innovations annoncées il y a quatre ans (WinFS...) ont été sacrifiées au fur et à mesure que les retards s’accumulaient.

Mon analyse est très simple, très basique, mais très inquiétante : quand autant d’intelligences, autant de ressources sont consommées pour un si mauvais résultat, c’est que le processus lui-même est en cause, pas les équipes. 
L’annonce par Microsoft qu’un nouveau manager, Steve Sinofsky, aujourd’hui responsable de la division Office, allait remplacer le patron actuel, Allchin, n’est pas faite pour me rassurer. Changer de général n’a jamais amélioré la position stratégique d’une armée.

Sur la même période de temps, une entreprise plus petite, Apple, a su faire évoluer son système d’exploitation de manière très forte, et permanente.  Après avoir basculé sur un noyau Open Source BSD, sous le nom d’OS X, de nouvelles versions ont été commercialisées, sur un rythme annuel. 
Le plus spectaculaire a été la réussite du basculement de l’OS sur de nouveaux processeurs Intel, ce qui n’est sûrement pas une tache élémentaire. 
Avec 6 mois d’avance sur le calendrier annoncé, en janvier 2006, les premiers Macintosh Intel étaient disponibles, et... ils fonctionnaient ! 
Leopard, la nouvelle version de l’OS d’Apple, sera livrée avant Noël 2006, avec une richesse fonctionnelle supérieure à celle de Vista 2007.

Il nous reste 11 mois à attendre pour évaluer, tranquillement, Vista et se poser, sereinement, la question qui fâche :
“ Vista est-il, oui ou non, un cul-de sac technologique ?

Hasta la Vista, Vista ?

MAJ du 23 Mars.

Des lecteurs m'ont dit que j'avais été trop sévère ; je viens de lire un blog célébre, Mini-Microsoft, écrit par un salarié de haut niveau de Microsoft ; c''est hallucinant ! Les dizaines de commentaires qu'il a généré, tous de collaborateurs de Microcost, font froid dans le dos.  A vous de juger (En Anglais)

PS : Ne le lisez pas si vous vous souhaitez garder vos illusions sur les performances des développeurs et des managers de cette grande maison.


Un livre doublement innovant !

J’ai acheté il y a quelques jours “Getting real” un livre qui est “extra-ordinaire” à plusieurs titres.

Getting_real_the_book_price_1 Ce livre est l’un des premiers ouvrages à n’être disponible qu’en format PDF et aucune version papier n’est prévue !.

Vous pouvez l’acheter sur le site de 37Signals  :


37Signals, qui est-ce ? C’est l’une des start-up Web 2.0 les plus innovantes.  Avec une toute petite équipe de cinq développeurs, ils ont construit et vendu à plus de 400 000 exemplaires des services Web tels que Basecamp,  Campfire ou Ruby on Rails. Ce sont de véritables petits bijoux, simples, minimalistes, faisant très bien l’essentiel de ce qu’on leur demande.

C’est aussi l’un des premiers livres où aucun nom d’auteur ne figure sur la première page ; ouvrage collectif, il est simplement signé 37signals. A aucun n’endroit, n’apparaît le nom des auteurs ; belle modestie.

Le modèle économique utilisé pour la commercialisation est très intéressant. Vous pouvez acheter la version individuelle, pour $19 ; il existe aussi une version Corporate, à $49, que vous pouvez ensuite distribuer librement dans votre entreprise.
Une fois que vous avez acheté votre livre, vous pouvez immédiatement le télécharger ; à moins de 500 Ko, ce n’est pas cela qui va encombrer vos réseaux.
La version que vous recevez est en PDF non sécurisé !  37Signals fait confiance à ses clients, et cela marche ! Ils vous demandent simplement de ne pas le distribuer et chaque exemplaire comporte, en bas de page, votre nom sur l’exemplaire qui vous appartient. En 48h, ils ont vendu près de 2000 copies, dont 10% Corporate, alors qu’il est très facile de distribuer le PDF à tout le monde.
Ils ont ainsi réalisé en deux jours environ $30 000 de CA, donc de marge, car le coût de distribution est marginal.  Dans un modèle classique, où l’éditeur laisse au maximum 10% du CA à l’auteur, obtenir la même marge aurait demandé la vente de 20 000 exemplaires, sur plusieurs mois.

J’étais l’un des premiers à acheter ce livre. Le lendemain, j’ai eu la surprise de recevoir un courriel me disant :” les premiers lecteurs nous ont proposé quelques améliorations et ont corrigé quelques typos ; vous pouvez revenir sur notre site et télécharger la nouvelle version, gratuitement bien sûr !”.

J’ai gardé pour la fin l’essentiel, le contenu.

N’achetez pas, ne lisez surtout pas ce livre si vous êtes un adepte des démarches de développement classiques, avec cahier des charges, analyse préalable des besoins des utilisateurs, planning détaillé plurimensuels, méthodes qui conduisent le plus souvent à l’échec.
Les auteurs expliquent simplement, clairement les démarches utilisées pour développer des services Web performants ; aller à l’essentiel, en faire le minimum, savoir dire non aux demandes des utilisateurs, ...

Aurez-vous le courage de mettre ce parfait manuel de désapprentissage des  “bonnes pratiques” de développement entre les mains de vos équipes ?
En ayant fait l’expérience cette semaine, je puis vous garantir que les réactions sont souvent très violentes !
Si vous savez accepter le challenge de lire “Getting Real” jusqu’au bout, de ne pas considérer comme irréalistes les méthodes proposées, vous n’en sortirez pas indemnes, mais... vous aurez probablement fait l’un des meilleurs investissements en apprenant à construire des applications raisonnables, vite et économiquement.

PS : Je ne touche aucune commission sur les ventes de “Getting Real” !


Bill (Gates) aurait-il compris ?

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Mix06
a démarré hier ; c’est la conférence organisée par Microsoft sur ses technologies du Web, à l’attention des développeurs.  La bonne nouvelle pour Microsoft est que la conférence est “sold-out” ; une version “virtuelle” Web a été organisée pour les personnes qui ne peuvent pas y aller.

Au cours d’un interview vidéo réalisé par Tom 0’Reilly, Bill Gates a répondu pendant 1/2 heure à des questions souvent très directes.

(Pour la visualiser, en Windows Media Player, évidemment !)


Si je devais retenir une seule phrase de cet entretien ce serait :
“Everything we do now, we have to be user-centric, not device-centric"
“Dans tout ce que nous faisons maintenant, nous devons être centré-utilisateur, et non pas centré-objet”

Bill_at_mix

Le double mouvement actuel, qui va fortement influencer tous les systèmes d’information des entreprises est à la fois :
- User centric : le client des SI, qu’il soit un particulier ou un salarié de votre entreprise, demande aujourd’hui, exigera demain que tout soit fait pour lui rendre la vie plus facile.
- Web centric : tous les services (appelés applications dans les anciennes générations de l’informatique) seront construits autour des standards du Web, accessibles par un navigateur.

Pour revenir à cet interview de Bill Gates, je retiens deux autres idées fortes :
- Les services Live, Office et Windows, sont au cœur des nouveaux développements de Microsoft.  A titre d’exemple, ils vont essayer d’attaquer le leadership de Craiglist dans les petites annonces Web.
- Internet Explorer (IE) redevient ... stratégique !  Microsoft travaille déjà sur les deux versions suivantes de IE7, même si ce dernier n’est toujours pas disponible et pourrait arriver en même temps que Windows Vista.
Merci à Firefox, Opera et autres Safari d’avoir relancé l’innovation dans ce domaine !

Bill Gates a parfaitement compris que le monde “PC centric” va disparaître dans les 5 ans qui viennent.
J’espère que, aidé par Ray Ozzie, le créateur de Lotus Notes qu’il a embauché il y a un an, Bill saura bousculer rapidement la culture Microsoft pour traduire ses idées en actes.


Un nouveau "MashUp" : Skype + Outlook

Les "MashUp" deviennent omniprésents : le principe est à la fois très simple et très puissant.  Il consiste à assembler des services déjà disponibles pour créer un nouveau service plus riche.
Des centaines de MashUp sont déjà disponibles, en particulier autour de Google Earth.

Skylook_skype_outlook_hp_1 Une jeune société Australienne, Skylook, propose un mashUp très astucieux, qui permet d'utiliser Skype à partir de son logiciel Outlook. 
Un très grand nombre de fonctions sont disponibles, telles que l'appel automatique depuis Outlook ou l'enregistrement des communications (MP3).
Comme souvent, il existe une version gratuite, aux fonctionnalités utiles mais limitées, et une version payante, très complète.

Pour ceux qui souhaitent suivre, en direct, les évolutions quotidiennes du monde Web 2.0, je vous conseille de visiter souvent le blog de Michael Arrington, Techcrunch  ; il est exceptionnelement riche et bien informé.  En plus, une version en Français existe depuis quelques semaines !

L'utilisation généralisée des mashUps dans les entreprises est encore freinée par des craintes culturelles et organisationnelles.  Espérons qu'elles ne dureront pas trop longtemps pour que les utilisateurs de soient pas privés de services de valeur et qu'ils n'aient pas la tentation de s'équiper directement, sans l'accord de leur DSI favori !


Pourquoi, pour qui ?

Bonjour à tous !

Pourquoi commencer aujourd'hui un nouveau blog ? Pourquoi avoir décidé d'utiliser ce nouveau média en complément de mes actions de communication plus classiques, telles qu'articles ou séminaires ?

Présent depuis plus de 30 ans dans le monde de l'informatique et des systèmes d'Information, je n'ai jamais ressenti aussi fortement une dynamique d'innovation dans notre monde depuis très longtemps.

Je souhaite donc établir un canal de communication plus rapide, plus interactif avec tous les professionnels des systèmes d'information qui travaillent dans des organisations, grandes et moyennes, et qui n'ont pas toujours le temps d'observer les mutations du monde technologique qui les entoure.

Je souhaiterais aussi que de nombreux dirigeants, non informaticiens, commencent à se passionner pour les technologies de l'informatique et des communications et réfléchissent aux impacts métiers que les changements technologiques peuvent déclencher dans leur environnement.

Les cinq prochaines années, 2006-2011, nous ferons rentrer à toute vitesse dans ce déjà célèbre monde "Web 2.0". Au delà de la dimension marketing forte, évidente, je sens naître, derriere ce concept, une vague de fond qu'il est impératif de maîtriser, d'anticiper si l'on ne veut pas être rapidement balayé par les mouvements induits dans les usages.

Tous les jours, de nouveaux produits, de nouveaux services naissent, le plus souvent imaginés par de toutes petites équipes.  Il est extrèmement difficile de suivre ces innovations. Le monde ß est déjà dépassé ; on voit maintenant apparaître des services en mode pré-beta, voire alpha.
Il est encore plus difficile de décerner les innovations qui pourraient avoir un impact significatif, qui seront capables de survivre et de passer le cap des premiers 12 mois.

A l'écoute de toutes ces innovations, je vous ferai partager mes découvertes, mes coup de cœur et mes déceptions.

A bientôt !