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SOA vs MashUp

Deux mondes à la fois très proches et très lointains, des débats sans fin en perspective, deux approches pour trouver des solutions à un même problème vont s’affronter dans les années qui viennent.

Mashup L’objectif est clair : faciliter les liens entre des applications, des “Services Web” différents, construits à des moments différents, avec des outils logiciels différents.
Dans le monde Web 2.0, le mot utilisé est MashUp.  En moins de 12 mois, le nombre de MashUp a explosé ; Mashupfeed, l’un des sites qui tentent d’en constituer un catalogue, a beaucoup de mal à suivre la cadence et ne prétend pas à l’exhaustivité.

Soa_2
Dans les Systèmes d’Information de nos “chères” entreprises, on utilise depuis plus longtemps l’expression SOA, Services Oriented Architecture.
Cela fait beaucoup plus chic, plus sérieux, mais, hélas, les résultats opérationnels se font attendre !


SOA et MashUp dans la Blogosphère

Depuis peu, les échanges sur ce sujet se multiplient sur le Web, par blogs interposés.
En quelques jours, des spécialistes parmi les plus réputés de la Blogsphere et du management des SI ont échangé, collaboré, se sont renvoyés des liens pour créer un tissu d’une incroyable richesse sur le sujet.
J’en cite quelques-uns : Andrew McAfee, Nicolas Carr, John Hagel ou Dion Hinchcliffe.
Je vous laisse suivre ce fil à votre guise, selon vos intérêts ; vous croiserez les points de vue de nombreux autres spécialistes, tous à forte valeur ajoutée. Professeurs de Harvard ou du MIT, journalistes et consultants dialoguent, exposent leurs désaccords ou leurs sentiments dans une ambiance très sereine et élégante. 
Je rêve d’un processus similaire qui permettrait à nos hommes, et femmes, politiques de débattre ainsi sur la blogosphère de la prochaine élection présidentielle ! J’ai bien écrit, je rêve...

Le processus Blog haut niveau, dans toute sa noblesse

Indépendamment du contenu, cet échange est une excellente illustration de la valeur des blogs, utilisés pour des échanges de haut niveau sur des thèmes importants.

Skyblog_exemples_1 Il existe une majorité de blogs au contenu plus léger. Que des millions d’adolescents aient envie de créer un blog, c’est une excellente idée et c’est un signe positif.  Grâce à Skyblog, qui héberge près de 5 millions de blogs, la France est le pays leader mondial du nombre de blogs par habitant !

Amis informaticiens, si vous ne l’avez jamais fait, visitez au moins une fois ce site, regardez le compteur qui indique le nombre de nouveaux blogs créés par jour, plusieurs milliers !
Naviguez sur Skyblog, regardez, lisez, mais, je vous le demande, surtout, ne jugez pas !  Ce sont vos enfants, vos clients, vos futurs salariés qui s’y expriment.  Ils le font autrement, oui, vous avez parfois du mal à comprendre, probablement, mais acceptez cette différence, ne la critiquez pas !

Revenons aux blogs “sérieux”. Le fait que Andrew McAfee s’exprime sur un blog de la “Faculty blogHbs_faculty_blog_1 Harvard” est un signe qui ne trompe pas. N’oublions pas que ce sont eux qui publient des revues prestigieuses, Harvard Business Review ou Sloan Management Review. 
Pour publier un article dans la SMR, Andrew a du passer par un processus long et complexe d’acceptation, qui a duré, au minimum, 6 mois.  Son article est disponible sur le Web, mais ... payant ! (De $7 à $12)
Andrew a donc, immédiatement, publié sur son blog un document, très proche de l’article en question.  Ce faisant, il sait très bien qu’il va réduire fortement le nombre de personnes qui vont acheter son article officiel, et donc réduire, un peu, ses revenus.
Il n’a pas hésité à le faire, car il sait aussi que, aujourd’hui, c’est dans la blogosphére que les échanges importants se réalisent, avec une interactivité, une richesse que ne permet pas un simple article figé dans le papier.
Un autre beau débat en perspective !

Quelle position adopter dans les entreprises ?

Andrew McAfee a proposé l’expression “Entreprise 2.0” pour parler du Web 2.0, à l’intérieur du firewall ; c’est, à mon avis, une bonne idée.
Mashup vs SOA, Web 2.0 vs Entreprise 2.0, encore une belle guerre de religion en perspective !

SOA et MashUp ont, techniquement, des objectifs similaires.  La principale différence entre les deux approches, comme l’ont bien montré les échanges sur les blogs, est culturelle. 
La dimension humaine de Web 2.0, travail en groupe, création partagée de l’information, communautés actives, est plus importante que la dimension technique. 
J’attends toujours que nos éminents spécialistes “es SOA” prennent en compte cette dimension, au lieu de nous infliger des débats “passionnants” sur les mérites respectifs de WS, SOAP ou REST.
Quel est le véritable intérêt de faire se parler des applications si leurs utilisateurs ne peuvent pas, ne savent pas communiquer, échanger librement dans leur monde professionnel. 
Il est encore trop rare, aujourd’hui, de rencontrer des blogs et Wikis actifs dans les grandes entreprises.

Soa_by_sun_2 Il existe aussi, à mon avis, une raison majeure qui explique pourquoi on s’ingénie à présenter SOA sous des dehors très compliqués, comme le montrent merveilleusement bien ces deux schémas de nos amis Sun et Microsoft !

Faire simple, c’est très dangereux pour les finances des grands fournisseurs, des éditeurs de logiciels de solutions SOA, ESB et autres Web Services “High Cost” et des grands cabinets de conseils !
Où va-t-on, mon bon Monsieur, s’il suffit de quelques jours pour réaliser un MashUp (pardon, un SOA) dans une entreprise de 50 000 PC ?

N’oublions pas que les MashUp a succès sont utilisés quotidiennement par des millions de personnes, qui n’ont pas l’impression de réaliser un exploit technologique majeur ; ceux qui les ont construits, non plus !

Soa_microsoft

L’une des recommandations les plus fortes proposées dans le “dialoblog®”(1) ci-dessus est de ... court-circuiter les DSI et d’aller vendre des solutions MashUp simples directement aux managers opérationnels ! C’est un signal fort, et inquiétant.
Il me rappelle des souvenirs, au début des années 90, de DSI, bien sur minoritaires, qui ne voulaient pas entendre parler de PC dans leur entreprise, objets tout juste bon pour s’amuser chez soi.

Le ton général des échanges est assez pessimiste, entre ces spécialistes américains ; ils ne sont pas certains qu’Entreprise 2.0 démarre rapidement. Je n’ose même pas penser à ce que serait leur réaction s’ils savaient comment fonctionnent trop d’entreprises, de ce côté de l’Atlantique.

La très grande difficulté de beaucoup de DSI à faire simple, à faire confiance aux solutions “Micro-cost” sera, encore une fois, flagrante dans ce débat SOA vs MashUp.
Il faudra bien, un jour, qu’on accepte en Informatique que “low cost” n’est pas une maladie honteuse, que proposer un service Web de qualité en quelques semaines n’est pas infamant !
Quand ? “That is the question !”

(1) Dialoblog®  = échanges par blogs interposés. Que pensez vous de ce néologisme que je viens d'inventer ? Un de plus !


Microcost, en visite chez ... Microsoft !

(Pour ceux que ne le sauraient pas, je suis Président de Microcost)

Microsoft organisait à Paris, jeudi 27 avril, la conférence MIX06, dans la suite de celle qui avait eu lieu aux USA il y a quelques semaines.

Mix_paris_complet Je me suis inscrit à cette journée à laquelle je souhaitais participer de bout en bout. C’était important pour toute personne qui souhaite mieux comprendre quels sont les axes stratégiques de Microsoft dans Web 2.0.
La salle du théâtre Marigny était comble, les inscriptions ayant été arrêtées il y a quelques jours.

Je n’ai pas pu, hélas, rester pendant toute la conférence pour un problème de ... sécurité ! Nous sommes tous très heureux que Microsoft prenne la sécurité au sérieux, mais il me semble parfois qu’ils se trompent de cibles.
Lorsque j’ai voulu entrer dans la salle du théâtre, il y avait des gardes de sécurité à toutes les portes, équipés de détecteurs de métaux, ce que je comprends. Les choses se sont compliquées quand ils m’ont annoncé que... personne ne pouvait rentrer avec un ordinateur portable !

On croit rêver ! Interdire à plusieurs centaines d’informaticiens professionnels l’utilisation de leur outil de travail pendant une journée entière relève du délire sécuritaire. Même dans les avions qui volent aux USA, je peux me servir de mon portable et accéder à un réseau Wi-Fi.

Depuis le temps que Microsoft annonce sur tous les toits qu’il a fait de la sécurité sa priorité numéro un, j’ai pu vérifier que c’était vrai. Simplement, je croyais, naïvement, qu’ils parlaient de la sécurité de leurs produits logiciels.

Une journée sans pouvoir prendre des notes, sans accéder à mes mails... impensable !
C’est bien la première fois, depuis très longtemps, tous pays confondus, que je ne peux pas entrer dans une conférence informatique avec mes outils de travail.
Que Microsoft, qui se fait, à juste raison, le promoteur permanent de la mobilité, du TabletPC, de l’informatique utilisable partout, bloque l’usage de ces outils est, au choix :
- incompréhensible. 
- imbécile
- Inquiétant.

Le message transmis est très simple : vous n’avez pas un besoin impératif de ces outils pour votre activité professionnelle, c’est un “petit plus” dont on peut très bien se passer. 
Comble de l’ironie, j’étais assis au second rang pendant l’exposé de Steve Ballmer; il s’est, à un moment, tourné vers les deux premiers rangs en se moquant “gentiment” des personnes qui prenaient... des notes à la main !
J”en étais, mais bien malgré moi !

J’imagine ce que diraient les clients de Bic si, en arrivant au siège de cette entreprise, on confisquait tous les stylos à bille à l’entrée ! Ridicule.

Revenons à l’essentiel, le contenu de cette réunion.

Le Directeur Général de Microsoft, Steve Ballmer, était la vedette de la journée, ce qui est un signeSteve_balmer_seated fort que Web 2.0 est pris très au sérieux par les dirigeants de Microsoft.  Je suis donc revenu pour assister à sa présentation. 
Sur la forme, rien de particulier, on est loin des gesticulations immortalisées dans la célébrissime vidéo “dancemonkey” !

Parmi les nombreux points positifs repris dans cette présentation, j’ai spécialement noté :
- La promotion “appuyée” des postes clients intermédiaires entre les postes lourds et les clients légers, prenant le meilleur des deux mondes. Le PC n’est plus la seule option ; TV et objets mobiles sont aussi cités. Un CWR, Client Web Riche doit conserver l’ergonomie d’un client lourd et être aussi facile et économique à gérer qu’un client léger. Facile à dire ...
- L’importance de la dimension multimédia des interfaces utilisateurs.
- La reconnaissance que Web 2.0 s’appuie en priorité sur des communautés d’utilisateurs.
- Le changement des “business models” du monde du logiciel, qui ira de plus en plus vers les démarches de souscriptions et de financement par la publicité.
- La reconnaissance que Web 2.0 est une véritable rupture : j’ai relevé la phrase : “Change the world, again !”.

La séance de questions réponses.

Questions_steve_ballmer Microsoft a préparé la séance de question dans une logique Web 2.0, très communautaire.  Les questions pouvaient être posées par toutes les personnes inscrites et chacun pouvait voter pour ses questions favorites. En contrepartie, les questions “live” étaient impossibles ; je ne suis pas sur que si Web 2.0 doit interdire l’interactivité en réunion, son succès soit garanti !

Quelles sont les réponses qui, personnellement, m’ont paru pertinentes ?
- Respect des standards W3C : la réponse avait le mérite de la clarté ; nous sommes prêts à suivre les standards mais... pour tout ce qui permettrait à Microsoft d’augmenter sa compétitivité, n’y comptez pas.
- Logiciels Open Source : Oui, nous sommes en concurrence avec eux, mais nos armes, pour gagner, sont : innovation et un TCO plus bas.
- Acquisitions : Tous les ans, nous achetons plus d’entreprises que l’année précédente. Nous avons acheté 15 entreprises l’année dernière. 
(Grand sourire dans la salle quand il a annoncé que Microsoft venait d’acheter une entreprise pour 20 millions de dollars, en faisant passer le message que c’était du “pocket money” pour eux.)
- Notre concurrent principal : nos clients, qui utilisent déjà une version de nos logiciels, et qui ne sont pas convaincus que les nouvelles versions ont une valeur ajoutée suffisante pour les acquérir. Je partage tout à fait son point de vue et c’est un challenge majeur pour Microsoft !

Ballmer et... Google
Tout le monde sait que si l’on veut se fâcher avec Steve Ballmer, il suffit de citer Google.  Cette conférence a confirmé que Google est clairement identifié comme l’ennemi public numéro 1 de Microsoft.
Pendant son exposé, Steve Ballmer a cité plusieurs fois Yahoo, eBay ou Amazon.  Il a fallu attendre la fin de son exposé pour que le mot Google soit prononcé, une fois, et très discrètement.
De manière encore plus significative, lors de la séance des questions-réponses, la question qui était en tête de liste des préoccupations des personnes qui avaient répondu à l’enquête ; “ Que pensez-vous de la stratégie de Google ?”, a été posée.... en dernier !

Impacts immédiats pour les DSI

Ce n’est pas cette conférence qui va modifier profondément la position de Microsoft.  Elle permet, cependant, de confirmer sa stratégie émergente.
Microsoft a clairement embrassé le Web 2.0. Toutes les équipes Windows Live et Office Live développent des services Web intéressants, avec des nouveautés fréquentes.
Sur ce marché très concurrentiel, Microsoft n’est pas dominant comme il l’est sur les PC mais ce sera un des grands fournisseurs. 
Microsoft, Yahoo, Google, eBay, Amazon sont les poids lourds actuels de l’offre Web 2.0 ; je ne pense pas que l’un d’entre eux devienne aussi dominant et “quasi monopolistique” comme l’a été Microsoft dans les années 90.
L’exposé de Steve Ballmer a beaucoup plus insisté sur le marché grand public que professionnel ; ceci est en ligne avec l’ensemble du marché Web 2.0 qui cible en priorité le grand public. Myplace.com,  est leader des sites de “social networking” ; 85 % de ses clients sont des collégiens américains.
Rien de significatif n’est annoncé pour le marché professionnel ; Windows Vista a été cité une seule fois par Balmer pendant son exposé.
Pour le marché professionnel, Microsoft vise en priorité les développeurs avec son offre Atlas, un framework AJAX de qualité. 
Ce sera le grand concurrent des offres construites sur la plateforme Open Source Eclipse, qui regroupe tous les autres grands acteurs du marché.


Vidéo Blog, par Jean-Michel Billaut

Jm_billaut_1 Il y a quelques jours, j’ai rendu visite à un ami de longue date, Jean-Michel Billaut.  Jean-Michel a créé l’Atelier BNP-Paribas, lieu mythique, lieu des échanges les plus passionnants sur les innovations technologiques dans notre pays.
L’atelier continue à organiser plusieurs réunions par mois, même si Jean-Michel n’en a plus la responsabilité opérationnelle.

Au cours de cet entretien, il m’a proposé, à brûle-pourpoint, de participer à l’un de ses célèbres "BillautShow" sur son Blog, ce que j’ai fait très spontanément. 
(Ceci explique pourquoi je n’ai même pas pensé à éteindre mes téléphones portables qui ont sonné pendant cet entretien ; toutes mes excuses aux auditeurs, mais ce sont les pièges du direct !)

A ceux qui ne le connaisse pas, je conseille vivement de consulter souvent le blog de Jean-Michel.  Il a été élu ce mois-ci, par le quotidien Le Monde, l’un des dix blogueurs les plus importants en France.

l m’a interrogé sur un projet qui me tient très a cœur.  Microcost, la “start-up” dont je suis leLogo_microcost_1 Président-Fondateur, a développé, et propose, depuis le début de l’année 2006, Cyber10, un Objet d’Accès à Internet/Intranet très économique, dans la lignée des autres activités de Microcost.

Enseignant_africain_2 C’est aussi autour de ce projet que j’ai créé le mot “AlphaNETisation”, pour illustrer l’extraordinaire potentiel d’accès à la connaissance que représente Internet pour les pays en émergence.  Un gamin de Dakar, de Tunis ou de Douala, s’il peut se connecter à Internet, aura les mêmes accès à Wikipedia et toutes les autres sources d’information qu’un étudiant du MIT de Boston ou de l’école Polytechnique à Paris.

Microcost travaille beaucoup, en ce moment, dans de nombreux pays en émergence, pour créer les conditions d’accès à cette connaissance Internet au moindre coût, pour un maximum de personnes.
L’une des solutions les plus prometteuses est l’installation de réseaux sans fil WiMax et des objets d’accès Cyber10.
Une seule antenne WiMax couvre environ 1 000 Km2 et peut donner des accès internet à des vitesses raisonnables, de l’ordre de 300 Kbit/s, à 30 000 élèves simultanément.
L’avantage majeur de cette approche est qu’elle est immédiatement opérationnelle, rapide à mise en œuvre, pérenne et n’utilise que des outils standards et industriels, déjà disponibles sur le marché.

Dans des pays développés comme la France, Internet est un plus évident et apporte beaucoup, dansJeune_africain_2 tous les métiers, à tous les ages.
Dans les pays en émergence, Internet, utilisé intelligemment, peut être un levier très puissant de développement des populations, et en particulier des plus jeunes !

C’est toute la Noblesse de nos métiers d’informaticiens de savoir faire, aussi, autre chose que des ERP, CRM et autres outils de gestion classique !


Stockage Web illimité et gratuit ; vers un duel de Titans ?

Duel2 Je parle rarement de produits ou services non disponibles rapidement ;
le sujet que j’aborde aujourd’hui mérite une exception, car il annonce une évolution majeure du Web, et il est important d’y réfléchir, immédiatement.
Dans les 12 mois qui viennent, tous les utilisateurs du Web, soit plus d’un milliard de personnes, se verront proposer des “services” de stockage de toutes leurs informations, textes, photos, images et vidéos.
Des services de ce type existent déjà, aujourd’hui ; où se trouve donc l’innovation ? Elle tient en deux mots :
- Illimité
- Gratuit

Les deux entreprises qui vont s’opposer le plus dans les années qui viennent pour prendre le leadership d’une informatique grand public Web 2.0, sont Microsoft et Google. Les informations dont on dispose maintenant montrent que l’une des armes les plus redoutables choisie par ces deux titans de l’informatique sera de proposer des services de stockage illimités et gratuits.
L’offre de Microsoft, Live Drive, fera partie de la plateforme Windows Live.  Elle pourrait êtreWindows_live_beta annoncée dans les mois qui viennent.  C’est ce que laisse entendre Ray Ozzie dans un long et passionnant interview de la revue américaine Fortune. (Lire aussi "Bill (Gates) aurait-il compris ?” sur mon blog)

Googledrive On ne connaît pas avec précision le calendrier de GDrive, l’offre concurrente de Google. Les informations publiées récemment par l’un des blogs de veille technologique les plus sérieux, TechCrunch, donnent un avantage calendaire à Microsoft.  GDrive pourrait n’arriver qu’en 2007.

Ces annonces représentent un changement majeur dans les modèles économiques actuels, basés en priorité sur des offres de services logiciels gratuits.
Les coûts matériels de ces offres seront élevés ; il faudra construire des fermes de serveurs de stockage gigantesques et dimensionner les réseaux pour permettre les transferts rapides, en montée et en descente, de ces volumes de données.

Je vous propose de faire un rapide calcul sur des bases raisonnables, à fin 2008 :
- 100 millions de clients pour chacun des services.
- 50 GB de stockage par client : c’est la taille minimale d’un disque dur de PC, aujourd’hui.
Ceci représente quand même une capacité respectable de ... 5 ExaB.
(Ce calcul ne tient pas compte des fonctions de back-up et de duplication qui seront nécessaires.)
Vous ne connaissez pas encore l’Exa ?  Une rapide mise à niveau des échelles de mesure s’impose ; au-delà du mega on trouve, dans l’ordre croissant :
    giga - tera - peta - exa -zetta - yotta.

Les investissements à réaliser dans les réseaux qui donneront accès à ces fermes de serveurs seront, eux aussi, importants.  Il ne faudra pas que ces réseaux soient l’un des maillons faibles de la chaîne de transmission entre le serveur et le poste de travail des clients.  Ceci suppose un minimum de 10 Mbit/s par utilisateur simultané.  Si l’on prend comme hypothèse que 5 % des utilisateurs peuvent demander des accès au même instant, on arrive à un débit de ... 50 Terabit/s.Phtobucket_home_small
PhotoBucket, qui propose des hébergements photos et vidéos gratuits, a 14 millions de clients et enregistre 30 000 vidéos nouvelles par jour.  PhotoBucket consomme ... 2 % du trafic Internet US.

5 ExaB de stockage, 50 Terabit/s de transfert : même en tenant compte des réductions de coûts des infrastructures, ces chiffres demandent des investissements colossaux, en milliards de dollars. Faut-il chercher beaucoup plus loin l’une des raisons qui ont poussé Google à lever 4 milliards de dollars supplémentaires cette année ?

Impacts sur les offres actuelles

Titans_by_microsoft Ce qui c’est passé avec l’arrivée de Gmail peut servir d’illustration. Quand, en 2004, Google a annoncé Gmail avec 1GB de mémoire gratuit, tous les concurrents ont dû réagir.  Au lieu des rachitiques 10 MB que j’avais, Netscape me propose maintenant 250 MB et Yahoo 1GB. Pendant ce temps, Google continue à augmenter ma capacité de stockage, qui est aujourd’hui de 2,7 GB.

En 2009, proposer des stockages payants sur le Web deviendra commercialement très difficile ! Tous les acteurs actuels de ce marché devront aller vers la gratuité ; aujourd’hui, PhotoBucket facture $25/an pour 5GB.
Yahoo, eBay, Amazon et quelques rares autres grands du Web auront les moyens de suivre ; en auront-ils la volonté ?
Il y aura de moins en moins de place pour des petites structures, financièrement incapables de supporter des investissements aussi massifs dans des infrastructures.

Réactions possibles des clients

Toutes mes photos, tous mes documents, toutes mes vidéos, sur le Web, et gratuitement ? Génial !
Ce sera vraisemblablement la première réaction des clients à qui un tel service sera proposé.  Il faudra pourtant se poser des questions sérieuses sur les impacts potentiels d’une telle offre :
- Sécurité : le premier réflexe des clients sera probablement de se demander ce qui se passera si leurs données disparaissent.  Ce risque sera, à mon avis, mineur. Google et les autres offriront sûrement des niveaux de sécurité largement supérieurs à ceux que l’on peut obtenir sur son PC ou avec un back-up local.
- "Privacité" : c’est, à mon avis, le problème le plus sérieux.  Quels seront les usages faits de cesVideo_emmanuelle_1 informations par Microsoft ou Google, en termes de publicité, par exemple.  Recevoir des emails me proposant des revues ou des DVD du même style que ceux que j’ai archivés pourrait être embarrassant, dans certains cas !
- Confidentialité : même en faisant confiance à Google ou à Microsoft pour protéger au mieux ces informations des regards indiscrets, nous savons tous que les solutions infaillibles n’existent pas.  Que se passera-t-il si une personne, mal intentionnée, arrive à accéder à mes informations ? Quels dangers en découlent ?

Conséquences pour les DSI

L’informatique Web 2.0 est plus avancée, en terme de services proposés au grand public, que les applications existantes dans les entreprises.
D’ici à 2008, un grand nombre de salariés auront accès à ces services de stockage gratuits et illimités. 
Ils comprendront de moins en moins que leur DSI favori limite la taille de leur boîte aux lettres professionnelle à des dimensions ridicules, de l’ordre de 100 MB.

Google a déjà annoncé que Gdrive sera aussi disponible pour les entreprises. C’est déjà le cas pour Gmail : l’entreprise “Microcost” peut créer des boîtes aux lettres “nauges@microcost.com” qui sont hébergées par Gmail. La priorité initiale sera donnée aux PME qui pourront ainsi disposer d’un stockage illimité de tous leurs documents.

L’autre conséquence majeure de ces offres et que l’on apprendra vite que l’on peut accéder à l’ensemble de ses données, depuis tout objet doté d’un navigateur, sans avoir besoin de garder les données, localement.  Ce mouvement vers la recentralisation des informations est en marche, tant pour le grand public que pour les entreprises.

Rapidement, dans l’esprit des dirigeants, va s’ancrer cette logique de ressources informatiques infinies, à coût nul ou très faible.  Les challenges que cela va poser aux DSI et aux fournisseurs traditionnels seront majeurs ; comment expliquer que, dans les entreprises, et surtout dans les grandes, cette logique ne s’applique pas ? Difficile !
Cette dynamique est déjà très réelle dans le monde du logiciel ; la pression sur les prix est de plus en plus forte, poussée par les solutions économiques Open Source.

Lisbonne_air_france_1 Il devient difficile, pour Air France ou Iberia, de vendre des billets d’avion chers quand les clients ont en tête des prix “Low cost”.
Il deviendra de plus en plus difficile de vendre des infrastructures et des applications “chères” quand les clients auront goûté aux joies de l’informatique “Micro-cost” !


Préçisions sur les volumes de stockage (27 Avril 2006)

Il faudra réviser à la hausse les chiffres estimés sur les capacités de stockage nécessaires.  A la date d'aujourd'hui, Google annonce sur son site qu'il utilise déjà plus de 2,7 ExaB pour les 50 millions de clients de Gmail.  Les 5 ExaB que j'avais calculé me paraissent maintenant sous évalués ; multiplier par 10 ce chiffre, à l'horizon 2009, me semble plus réaliste.


Les “anciens” sont formidables !

J’avais écris il y a quelques jours un papier sur "les jeunes sont formidables !".

Je ne résiste pas au plaisir d’écrire un nouveau texte sur les anciens qui sont aussi capables de réalisations high-tech spectaculaires.

Bowtiebill_1 Pour fêter son 75 ème anniversaire, Bill Kenerson a décidé ... d’ouvrir un blog pour parler de sa passion et de son métier, les ... noeuds papillons.

Son entreprise,  Beau Ties Limited of Vermont, est l’un de mes fournisseurs favoris sur le Web, mais ce n’est pas la raison pour laquelle je souhaite en parler.

L’histoire de ce créateur d’entreprises est exemplaire à plusieurs titres.  En 1993, à 62 ans, il décide de créer une entreprise pour fabriquer les noeuds paps qu’il souhaitait porter et ne trouvait pas dans les boutiques.
Aujourd’hui, par catalogues et Internet, il réalise un CA annuel supérieur à 2 millions de dollars.

Que cet homme s’offre, pour son 75éme anniversaire, la création d’un blog est une superbe boufféeBeau_ties_exemples_2_1 d’oxygène et d’optimisme pour nous tous !
J’ai envie de lui souhaiter, en votre nom à tous : “bon anniversaire, Bill !”

C’est aussi un superbe exemple d’adaptation au marché et la dimension économique de ce projet est intéressante.
Tout est fabriqué directement aux USA, dans le Vermont, par une équipe de 30 salariés.  La flexibilité, la souplesse, le positionnement sur un marché de niche ( Longue traîne !) ont permis à cette entreprise de naître, de se développer sur le sol américain dans un domaine, les produits textiles, où nos amis chinois ont un avantage salarial majeur !

Réflexions induites sur la pyramide des ages en informatique

Nos professions d’informaticiens sont jeunes ; les premiers professionnels sont arrivés sur le marché il y a environ 40 ans.
Dans les entreprises, on rencontre encore des “anciens combattants” de l’informatique qui ont connu les langages assembleurs, les cartes perforées, le Cobol...
Ils cotoyent des 25-30 ans qui sont nés dans Java, le Web et les PC.

Pyramide_age_short_1 La gestion de ces profils très différents est complexe; raison de plus pour ne pas pécher par excès, soit de ‘jeunisme” soit d’ancientisme” en privilégiant l’une ou l’autre de ces populations.

En informatique comme dans tous les métiers, l’age ne doit jamais être un critère d’évaluation de la compétence et l’adaptabilité des personnes. J’ai rencontré, dans nos métiers, des jeunes déjà vieux à 25 ans et des vieux encore jeunes à 65 ans.

Il m’arrive encore trop souvent de lire des offres d’emploi qui demandent :
- Jeune, moins de 30 ans, avec 15 ans d’expérience dans les bases de données
- Personne expérimentée, 20 ans de gestion Z/os, plus de 40 ans s’abstenir !
(J’exagère à peine !)

Si Bill Kenerson est capable, à 75 ans, de se lancer dans l’aventure, un tout petit peu technologique, de création d’un blog, il n’’est sûrement pas le seul septuagénaire capable de le faire.
La prochaine fois que vous entendrez un quadra ou un quinqua vous dire :
” Créer un blog, c’est bon pour les jeunes, pas pour moi”, vous saurez sur quel site l’envoyer !

Dans une maison de retraite du sud de la France, la formation aux outils Internet des pensionnaires a été réalisée par ... l’un d’entre eux, ancien professeur qui s’est initié seul aux secrets des navigateurs.  L’expérience a montré que les anciens préfèrent se faire aider par l’un des leurs plutôt que par un gamin de 25 ans.

Créer les conditions pour que des professionnels de l’informatique, couvrant une plage d’age la plus grande possible, soient capables de travailler, ensemble, est un défi complexe. C’est aussi, quand il est réussi, un atout majeur pour le DSI qui est à l’origine de ce succès.


Innovation : deux exemples récents de Google

Google est classé numéro deux mondial des entreprises innovantes (voir bog précèdent sur BusinessWeek). Pourquoi ? Est-ce justifié ?
Deux exemples, très récents, très différents, vous persuaderont, je l’espère, que ce classement est largement mérité.

Maxim_las_vegas_pub_for_google_1 Maxim, une revue américaine pour hommes, dans la lignée de PlayBoy, a imaginé la première publicité ‘grand format” au sol, visible depuis... Google Earth.
Comme le montre l’image jointe, Maxim a construit, dans le désert du Névada, près de Las Vegas, une gigantesque image au sol, pour qu’elle puisse être vue par tous les utilisateurs de Google Earth. C”est manifestement le seul objectif de ce panneau publicitaire, non visible par un simple terrien passant à coté.

Les premiers annonceurs qui ont utilisé des panneaux routiers, au début de l’automobile, ont du entendre les mêmes critiques que celles qui seront faites à Maxim dans cet exemple ! Stupide, inutile, argent dépensé bêtement...

Ce qui me paraît intéressant dans ce premier exemple, c’est que cette “innovation” n’est pas venue directement de Google, mais dans l’écosystème que Google a su créer en ouvrant largement à des milliers de partenaires les API de son application GoogleEarth.
Je suis sur que personne, chez Google, n’avait imaginé un tel usage de ce service lorsqu’il a été lancé, courant 2005.

Google_home_page_da_vinci
Le deuxième exemple est plus significatif car Google est l’un des acteurs directs de cette innovation.
Depuis le début de cette semaine, Google et Sony ont lancé conjointement un jeu-concours qui précède la sortie mondiale du film “Da Vinci Code", le 19 mai 2006.
Sur la page du nouveau portail que souhaite pousser Google, a démarré un concours qui demande aux participants de résoudre des énigmes, de plus en plus complexes au fur et à mesure que la date de sortie du film se rapproche.
C’est la première fois que Google signe un accord de ce type avec un studio de cinéma. Pourquoi ? Où réside l’innovation ?

On trouve dans ce projet beaucoup d’ingrédients intéressants :Google_home_page_da_vinci_puzzle
- Il faudra visiter le site souvent, car il est “contraint temps” et seuls les 10 000 premiers participants qui auront répondu correctement aux premiers 24 puzzles pourront continuer.  Ceci obligera les participants à visiter souvent leur page Google pour être sur de ne pas rater l’un des tests
- Il faut disposer d’une adresse email gmail pour s’inscrire ; ceci devrait permettre à Google d’ajouter quelques centaines de milliers de membres aux plus de 50 millions existants.
- C’est un challenge intellectuel fort qui est proposé aux concurrents, très en ligne avec l’image de Google, repère des meilleures intelligences informatiques du moment.  Tous les développeurs de Google doivent consacrer 20 % de leur temps à des recherches personnelles ; sur l’intranet, uh hit parade des projets les plus prometteurs est mis à jour en permanence. La concurrence est féroce pour obtenir que “son” projet obtienne le feu vert du DG pour devenir, peut-être, un futur produit bêta Google;
- Le film ne l’a pas été au hasard ; il est bien ciblé, haut de gamme, intellectuel, en ligne avec le profil de nombreux utilisateurs de Google.
J’aurais été très surpris si Google avait choisi de promouvoir Rambo V !
-
Je vous propose quelques pistes de réflexion basées sur l’analyse de ces deux exemples.

Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’innovations “stratégiques” mais de la mise en œuvre d’idées simples et qui s’appuient sur les outils et solutions déjà existantes chez Google.
Dans les deux cas, il s’agit d’innovations ‘”partagées”, avec Maxim ou Sony.  Les entreprises, et surtout les plus innovantes, ont totalement abandonné le syndrome du NIH - Not invented Here- et cherchent à partager leurs compétences.
Dans la même logique, Google n’hésite pas, quand il rencontre une innovation extérieure, à racheter l’entreprise qui en est à l’origine.  L’acquisition en mars 2006 de Writely, un logiciel d’écriture Web 2.0, illustre ce pragmatisme.

Innover ne demande pas, obligatoirement, des moyens énormes, des laboratoires sophistiqués, des projets multi-annuels ou des budgets pharaoniques.  Les entreprises qui ont su créer une culture forte d’innovation, à tous les niveaux de l'organisation, sont capables de produire, à jet continu, des innovations raisonnables qui font partie du quotidien de leurs activités.

Home_page_google_da_vinci NB : Ce concours est, hélas pour les Français, réservé aux personnes habitant les USA, la Grande Bretagne ou l’Australie.


L’innovation, une des clefs de la réussite ?

Bw_cover_partial_innovative_companies BusinessWeek, la remarquable revue US de management et... des technologies de l’information, publie dans son numéro daté du 24 avril un spécial sur les entreprises les plus innovantes, passionnant et bien documenté.
L’essentiel des informations de cette étude est disponible sur leur site Web.  Comme souvent aux USA, il comprend même des articles “special Online” qui ne sont pas dans la version papier.

Les entreprises sélectionnées n’appartiennent pas toutes au secteur informatique et télécom ; on y trouve par exemple :
- Ryanair et Southwest pour le transport aérien
- Toyota, Porsche et BMW
- GE et 3M dans le secteur industriel
- Wal-Mart et IKEA en distribution

Cependant, la majorité des entreprises citées appartiennent au monde de l’informatique et des télécoms .

Les numéros 1 et 2 sont, dans l’ordre, Apple et Google.

Ce sont d’ailleurs les seules entreprises qui sont classées identiquement en Asie, en Europe et aux USA, ce qui accentue encore la valeur de leur performance.

J’illustrerai simplement ce classement par l’une des innovations récentes de Apple, sur les nouveauxMacbookpro_connector portables Macbook Pro. Le câble d’alimentation électrique est maintenu magnétiquement ; avantages ? Tous ceux qui se sont une fois pris les pieds dans un câble en faisant chuter l’ordinateur qui était au bout comprendront très vite que cela peut sauver la vie de leur portable préféré. (Je sais, je l’ai vécu une fois et l’écran n’a pas résisté).  C’est une bonne illustration d’une innovation, techniquement raisonnable, mais qui répond à une véritable attente des clients.

On trouve aussi dans ce classement : Microsoft, IBM, Dell, Nokia, Samsung, Intel, Dell...

L’un des points les plus surprenants de cette étude et la différence de perception de l’innovation selon les zones géographiques ; l’Europe, les USA et l’Asie ont des classements très différents !
Microsoft est classé 4ème en Europe, 5 éme en Asie et 8 ème aux USA, son pays d’origine !
Nokia, 3ème en Europe, est non cité dans les 15 premiers aux USA ; Infosys, 10 ème en Asie, n’apparaît ni en Europe ni aux USA ;IBM est 6 ème en Asie, non cité en Europe etc...

Lisez attentivement ce dossier si vous estimez que l’innovation doit avoir un rôle important dans votre entreprise ; vous ne le regretterez pas !

Quid de l’innovation dans les Systèmes d’Information ?

Même si cette étude ne parle pas, directement, de l’innovation dans le domaine des Systèmes d’Information, elle fournit des éléments de réflexion importants à ce sujet.

Innovation_bulb_1 Première constatation : beaucoup des entreprises citées font un usage intensif et efficace des nouvelles technologies : Wal-Mart, eBay, Virgin, RyanAir... ont construit une grande partie de leur réussite sur ces usages innovants.  Ce n’est jamais la seule source du succès, c’est toujours un composant majeur.

Un autre élément de cette enquête est aussi d’actualité dans les Systèmes d’Information ; à la question : “Quel est le principal obstacle à votre succès dans l’innovation ? “, la réponse majoritaire a été :

 Des temps de développement trop longs !

(Toute ressemblance avec le monde de l’informatique serait une simple coïncidence !)

C’est l’un des débats récurrents de ces derniers mois : “’IT peut-il être source de compétitivité et d’innovation ?
Le célèbre article de Nicolas Carr “IT doesn’t Matter !”, rapidement transformé en livre, "Business oblige" a donné des arguments forts aux partisans de la non-influence de l’IT.

Je suis, personnellement, tout à fait opposé à cette thèse. 
Le fait que certains composants du Si deviennent des “commodités” n’a, à mon avis, aucune importance sur leur bon ou mauvais usage au service de l’innovation.
Les technologies de l’information peuvent aider l’innovation de différentes manières :
- Infrastructures performantes et économiques
- Compétitivité par à des applications originales
- Utilisation de technologies innovantes avant la concurrence : RFID, réseaux mobiles rapides, On-demand...
- Ouvertures maximales de son SI vers l’extérieur : Mashup de Google par exemple

Dell_logo Est-ce un hasard si Dell fait partie des entreprises innovantes citées par BusinessWeek ? Les systèmes d’information jouent un rôle clef dans la compétitivité de Dell ; ils sont pourtant construits avec des composants très standards, peu innovants.  C’est un bon exemple de situation où l’innovation vient des usages, pas des composants.  Est-ce aussi un hasard si l’une des premières décisions de Mark Hurd, le nouveau CEO d’HP a été d’embaucher, à prix d’or, Randy Mott, le ...CIO de Dell.

Souvent, des dirigeants “non-informaticiens”, qui ont assisté à mes séminaires, me demandent ; “ Comment suivre l’évolution de ces technologies de l’information ?”
Ma réponse est très simple ; si vous maîtrisez l’anglais, lisez BusinessWeek.  Tous les numéros, sans exception, comportent des articles de fond sur les nouvelles technologies, sur l’évolution de ces marchés et des fournisseurs.
Ils sont écrits dans un langage de management, compréhensible par tous. Bravo !

Depuis longtemps, je souhaiterais trouver dans la presse économique française un hebdomadaire qui, comme BusinessWeek, parlerait en permanence, et sérieusement de technologies.  Il y a urgence, vu l’importance du sujet et le peu de connaissances de nos dirigeants en la matière.

Je suis prêt à aider le journal qui souhaite se lancer dans l’aventure !

Dernière minute !
Irving Wladawsky-Berger, Senior VP d’IBM et l’un des blogueurs les plus lus, vient de publier un texte sur les résultats d’une étude IBM sur le rôle des CEO dans l’innovation.  Est-ce une coïncidence ?


Le Cauchemar de la synchronisation !

(Ou les pérégrinations d’un utilisateur de bonne volonté essayant de mettre de l’ordre dans sa vie... digitale)

Google_calendar Pré inscrit depuis plusieurs semaines, j’ai reçu hier le message attendu : Gcalendar (Gcal dans la suite du texte), l’agenda Web de Google est ouvert et je peux m’en servir.

En moins de 3 minutes, mon agenda était effectivement ouvert, prêt à l’emploi, élégant, avec un ensemble de fonctionnalités sympathiques et, a priori, très utiles.

Hélas, les difficultés ne faisaient que commencer ! Comment récupérer, sur mon agenda Web tout beau, tout neuf, les 5 000 événements qui sont mémorisés sur mon Palm favori ?

Commence alors l’épopée de la synchronisation, mot savant inventé par les informaticiens pour dire que l’on ne souhaite pas recopier la même information sur différents objets digitaux..

Ce véritable chemin de croix (le fait que ce texte soit écrit un Vendredi saint est une coïncidencePalm_tx troublante!) n’est pas une critique des outils que j’utilise, au contraire. Ils font partie des plus conviviaux du marché : PDA Palm T/X,  téléphone Nokia 9300, ordinateur portable Apple Powerbook, Firefox, Gmail, Gcal...

Comment passer de l’agenda Palm à Gcal ? Premier problème: Gcal ne peut pas importer directement depuis les formats Palm. Qu’à cela ne tienne, je trouve une première solution : iCal, l’agenda du Macintosh, que je n’utilisais pas, est compatible. Vite un petit tour sur le Web, site Apple, pour récupérer la nouvelle version de iSync, compatible avec mon nouveau Palm, qui s’installe en quelques minutes. Après quelques tâtonnements, je trouve le moyen de synchroniser mon agenda du PDA avec iCal et découvre, flambant neuf, un nouveau logiciel agenda sur mon Mac.  Il me faudra quelques jours pour m’y acclimater, mais j’ai bon espoir.
Je me précipite sur Gcal qui reconnaît le format iCal de l’agenda d’Apple et je lance la première tentative de chargement sur le Web, sans succès !

Je croyais, naïvement, qu’il suffisait de pointer sur le logiciel ical pour faire l’opération, mais pas du tout.  Autres tâtonnements, puis le “help” online me dit qu’il faut “exporter” mon agenda avant de le récupérer. 
Plein de bonne volonté, j’ouvre l’agenda et fait un export, qui apparemment, se passe bien.
Retour sur Gcal pour lancer l’importation qui démarre et m’annonce, fièrement que...12 enregistrements ont été importés, alors que j’en attendais près de 5000 !

Je vais arrêter là cette histoire personnelle, qui n’est pas encore terminée, car je n’ai toujours pas trouvé la solution !
Nokia_9300_open Il va sans dire que je ne vais pas essayer de synchroniser en plus mon téléphone portable Nokia 9300, théoriquement prévu pour mémoriser mon agenda, lui aussi ! 
Oserai-je vous dire que j’ai aussi un téléphone Motorola, sous Windows CE, que j'utilise en Espagne pour ne pas payer des coûts de roaming démesurés.

Quels premiers enseignements peut-on en tirer ?

Je suis une personne raisonnablement expérimentée en informatique, utilisant l’email depuis 25 ans, un PC portable depuis plus de 15 ans et un PDA depuis 7 ans. 
Si une personne de bonne volonté, avec quelques compétences de base, rencontre autant de difficultés, il est facile d’imaginer le désarroi total des millions d’utilisateurs qui n’ont pas, et n’ont pas à avoir, ce niveau de connaissances et...de patience ?

Cet enfer de la synchronisation ne fait que commencer !

Diable Téléphone mobile, PC portable, PDA, ordinateur de bureau, ordinateur à la maison, serveur de messagerie d’entreprise, Webmail personnel, boîte vocale Skype, Chat Yahoo... nous avons tous, de plus en plus, de multiples objets numériques, des services Web nombreux que nous utilisons tous les jours.

Adresses, numéros de téléphone, rendez-vous, emails, favoris Web, listes de restaurants ...nous avons besoin en permanence, partout, de ces informations sur l’un de nos objets digitaux, celui qu’il est, à un instant donné, le plus logique d’utiliser.

Se pose alors très vite le problème de la synchronisation des informations entre tous ces mondes différents.  Où vais-je mémoriser ce numéro de téléphone, ce rendez-vous ? Comment y accéder quand j’en ai besoin, comment éviter de le recopier sur un autre objet ? 

Un exemple simple et quotidien :
Je rencontre, dans une conférence une personne à qui je souhaite envoyer des informations sur mes séminaires. Le plus souvent, elle me donnera une carte de visite papier, où tout ou partie des informations sont présentes ; il faudra souvent que je rajoute, à la main, son numéro de portable ou son adresse Skype. 
Les personnes très “high-tech” me proposeront de me “beamer” par infrarouges les mêmes éléments, de Palm à Palm, s’ils ont, bien sûr, un outil compatible.
Commence alors le premier dilemme : où saisir cette information ? Sur le palm, c’est long et pénible ; dans mon logiciel email, dans un CRM (encore faut-il qu’il soit accessible depuis la salle de conférence sur un réseau qui sera parfois Wi-Fi, souvent Edge).
A peine cette première saisie réalisée, sur le Web, je reçois sur mon téléphone portable un appel de cette personne qui me demande un RV. Bon citoyen, j’utilise un main libre Bluetooth dans ma voiture ; problème, mon agenda est sur le Palm ! Je m’arrête sur le bas coté, sors mon PDA, consulte l’agenda et nous trouvons une date, que j’enregistre illico. En bonus, j’ai son numéro affiché sur le téléphone et peut l’enregistrer facilement sur ma carte SIM ; oui, mais comment, ultérieurement, coordonner cette info avec celle du CRM ?

Ces difficultés quotidiennes, les inefficacités et pertes de temps qui en découlent, ne font que commencer, poussées par plusieurs facteurs :
- La mobilité croissante de nos activités professionnelles.
- L’augmentation du nombre d’objets numériques que nous utiliserons.
- La disponibilité digitale universelle des informations sur le Web : aujourd’hui, il n’est pas évident d’insérer dans nos objets numériques les données d’un séminaire que nous avez repéré sur le site d’une entreprise et auquel nous souhaitons nous inscrire.
- Nos vies professionnelles et personnelles, de plus en plus interpénétrées ; difficile d’avoir deux agendas, l’un avec ses voyages professionnels, l’autre avec ses RV médecins, les concerts et pièces de théâtre.
- La non-disponibilité permanente, en tous lieux d’un accès à nos données Web, même si des progrès rapides sont réalisés dans ces domaines.

J’entends déjà les réponses données par quelques informaticiens professionnels, les rois du “Yaqua”:
- Yaqua utiliser tous les logiciels d’un même fournisseur (cela ne règle rien)
- Yaqua avoir un seul objet numérique. (Essayez de consulter votre agenda sur un portable 15 pouces dans le métro à 18h)
- Yaqua attendre d’être connecté pour mettre à jour le CRM
- Yaqua tout centraliser (Pas de numéros en mémoire sur votre téléphone portable ?)
- Yaqua, Yaqua....

Professionnels des technologies, n’oublions jamais que nous sommes là pour aider nos clients à travailler plus efficacement avec les outils dont nous les équipons, pas pour les rendre esclaves de ces mêmes outils !

Au cours des prochaines années, il est illusoire d’espérer trouver des réponses “parfaites” à ce challenge de la synchronisation transparente !

Des premiers éléments encourageants arrivent, heureusement ; citons, par exemple :
- Enum, pour disposer d’une adresse Web unique, où je peux stocker les informations me concernant que je souhaite rendre publiques.
- Les microformats, pour échanger contacts personnels, événements tels que conférences..;(hcard, hcalendar...).
- Del-icio-us, pour héberger sur le Web ses favoris et les partager.
- WebAgenda, Webmail, pour en faciliter l’accès et le partage.

A court terme, le plus raisonnable est d’accepter cette impossibilité d’avoir des solutions vraiment satisfaisantes à ces problèmes de synchronisation.
Nous sommes encore très loin d’avoir des solutions raisonnables, pragmatiques et efficaces.  La situation va, probablement, empirer pendant les mois qui viennent.

Entre le Ciel de ta synchronisation transparence, voeux pieux pour le moment, et l’enfer des solutionsPurgatoiref1 non gérées, le mieux que l’on peut proposer aux utilisateurs est un “purgatoire” où :
- Les synchronisations indispensables seront raisonnablement bien gérées
- Toutes les fonctions ne seront pas synchronisées sur tous les outils
- Une redondance et une non-cohérence partielle des informations sont acceptées.

Qui seront les premiers fournisseurs à nous proposer la “killer application” de synchronisation ?  Je leur promets un avenir radieux !


Les jeunes sont formidables!

Non, rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de CPE, de la guerre des générations !

Firefox_flicks_home_page Je souhaite simplement mettre en lumière l’extraordinaire comportement de milliers de personnes, majoritairement jeunes, qui ont répondu présent à l’appel de la Fondation Mozilla pour créer des vidéos de promotion du navigateur Firefox.

Avant de lire la suite de ce texte, sautez immédiatement sur le lien vers le site de ce concours ; allez visionner, pendant quelques minutes, les premières vidéos qui sont montrées avant de revenir, vous serez vraiment bluffés !

Alors, vos réactions ?

Mes premiers commentaires, à chaud !
La qualité, les chiffres, tout est impressionnant !
- Plus de 150, probablement 200 vidéos produites avant la fin du concours, dans quelques jours.

- Des milliers de personnes ont voté sur ces réalisations. On retrouve une autre dimension de cette communauté, la volonté de donner son avis, de partager leurs goûts, leurs préférences ou leurs rejets.Firefox_flicks_2

- La qualité : Chapeau ! il y aura bien sûr des “nannards”, mais les clips qui ont été plébiscités par les participants sont tous d’une qualité technique et artistique remarquable.

Le jury aura beaucoup de mal à sélectionner les vainqueurs, et j’attends avec impatience leur jugement.
Les agences de publicité intelligentes seraient bien inspirées d’embaucher, immédiatement, ces jeunes talents en herbe.
La liste, longue et impressionnante, des sponsors qui financent ce projet est une bonne indication de l’intérêt des professionnels pour ces jeunes talents en herbe.

A une échelle toute autre, le site Flickr qui héberge photos et vidéos est l’un des principaux espaces de partages de photos, initialement, de vidéos aujourd’hui.
Que mes amis informaticiens d’entreprises qui ne le connaissent pas le visitent, un peu comme on visite un grand musée.  Vous trouverez des millions de photos que des personnes ont choisi de mettre sur ce site pour qu’elles soient partagées.

Ce concours est une remarquable illustration, une de plus, du fonctionnement du Web 2.0, non pas technique, mais dans sa dimension humaine.
On y retrouve tous les ingrédients de cette profonde mutation du Web, quand les utilisateurs “consommateurs” de Web 1.0, deviennent les “acteurs” de Web 2.0 :
- Création d’une communauté : cette dimension est omniprésente, que ce soit dans la communauté des développeurs Open Source ou dans celle des millions d’ados qui se retrouvent sur MySpace.

- Volonté de participer, d’apporter, de créer : les nouveaux sites d’images, de moteurs de recherche, de blogs, sont construits par les internautes. Ils codent eux-mêmes les contenus avec les tags omniprésents.

Firefox_add - Altruisme, don de soi, de son temps : la dimension économique est rarement présente dans tous ces exemples. Une chose est sure : ce ne sont pas les 5 000 dollars de prix versés au meilleur clip, en matériels vidéo et photo, qui ont motivé ces jeunes, qui très souvent, ont travaillé en équipes.
La célèbre publicité pour Firefox, publiée dans le New York Times l’année dernière avait été, elle aussi, payée par des milliers d’utilisateurs de Firefox qui avaient versé chacun $30.

- L’enthousiasme pour un produit ou un service. Combien d’informaticiens traditionnels auraient imaginé que l’on pouvait se passionner pour un ... navigateur ?

Que se passerait-il dans les directions informatiques de nos grandes entreprises si nous étions capables de libérer une partie de cette énergie latente qui est présente chez chacun de nos collaborateurs ?
La même question peut se poser au sujet des clients internes et externes, de nos applications. 

Décidément, les jeunes générations sont formidables !

Notre responsabilité première, en tant que dirigeants, est de laisser cette énergie s’exprimer, de ne pas étouffer cet enthousiasme, de la canaliser intelligemment pour construire des systèmes d’information sympas, agréables à utiliser et pensés en priorité pour aider nos clients.

Ce n'est surement pas la partie la moins intéressante de nos métiers !


L’industrie, Open Source, du Logiciel se renforce très vite !

Red_hat_to_acquire_jboss 350 millions de dollars, c’est la somme payée par Red Hat pour le rachat de la société JBoss. Ceci représente environ 6 fois le CA de 60 $M prévu en 2006.  Oracle était aussi sur les rangs pour racheter JBoss.

JBoss est le leader Open Source des serveurs d’applications et des outils middleware, en concurrence directe avec WebSphere d’IBM et WebLogic de BEA.
Red Hat est le numéro un des distributeurs Linux dans les entreprises ; ses partenaires se nomment IBM, HP... Le CA 2005 de Red Hat est d’environ $280 millions et son cours de bourse a grimpé de 9 % après l’annonce de ce rachat. 
On peut imaginer, et espérer, que Red Hat continuera à proposer JBoss comme composant indépendant, dans des environnements non Red Hat.
eBay l’avait déjà bien compris en laissant leur indépendance à PayPal et Skype.

En ces périodes de discours alarmistes sur le déclin de la France, on peut quand même chanterMarc_fleury_1 “Cocorico” pour Marc Fleury, CEO de JBoss, français célébrissime en Californie pour son très mauvais caractère. 
“Brash, outspoken, frequently insulting...”, c’est ainsi que le dépeint Business Week dans un article publié... la semaine dernière : bon timing, bonne intuition.

Cette opération financière est un exemple de plus de la professionnalisation rapide de l’industrie des logiciels Open Source. Après des débuts difficiles dans les composants logiciels de base, tels que Linux ou FreeBSD pour les OS, la montée en puissance des solutions Open Source dans des couches de plus en plus hautes des infrastructures informatiques est spectaculaire.

Aujourd’hui, il n’existe plus un seul domaine des infrastructures sans offres Open Source de qualité :
- bases de données, MySql, PostgreSql
- middleware, Jboss
- management, Nagios
- serveur Web, Apache
et des dizaines d’autres.

L’analyse du marché des logiciels, mélangeant des acteurs traditionnels et Open Source, est complexe. Les grands cabinets d’études tels que Gartner ou Forrester, donnent des chiffres intéressants, mais pas toujours significatifs.
Il est, par exemple, très difficile de comparer le poids économique des entreprises Open Source face aux poids lourds classiques des logiciels propriétaires, tels que Oracle ou Microsoft, en ne parlant que du Chiffre d’Affaires.
Prenons un exemple dans les bases de données ; Oracle pèse 12 milliards de dollars dont environ 1/3 pour les bases de données ; MySql, 40 millions seulement !  Le rapport de 1 à 100 dans les CA n’est bien sur pas significatif de la réalité du marché.   
Je pense qu’un multiplicateur de 6 à 10 permet d’avoir une meilleure idée du poids réel de ces fournisseurs ; avec cette hypothèse, dire que MySql pèse environ 10 % du marché des bases de données est plus raisonnable.
La raison en est très simple ; ces fournisseurs Open Source font un CA minimal sur les licences logicielles, et réalisent l’essentiel de leurs ventes en services et formation.

Quels enseignements pour les DSI des entreprises ?

Stallmann_at_linuxworld L’époque où choisir des logiciels d’infrastructures Open Source était considéré comme de l’avant-gardisme hyppie est derrière nous.  Richard Stallmann (photo) a joué un rôle majeur dans le développement initial de la FSF, Free Software Foundation. Ce n’est plus l’image pertinente du monde Open Source professionnel, aujourd’hui !

Les solutions Open Source deviennent rapidement des options normales, choisies en priorité.  Les logiciels propriétaires ont encore leur place, chaque fois que les offres Open Source ne sont pas compétitives, ce qui arrivera de moins en moins souvent !

Dans les écosystèmes Open Source, des leaders s’imposent rapidement et le modèle économique le plus fréquent sera celui des oligopoles tels que :
- RedHat, Novell-Suse pour les distributions Linux
- MySql et PostgreSQL dans les bases de données

Ce phénomène est lié au rôle clef des communautés de développeurs.  Il ne suffit pas de décréter que l’on est Open Source, il faut tout d’abord convaincre des développeurs pour qu’ils adhèrent à cette communauté.  Au moment du choix d’une solution, la taille de la communauté active de développeurs est probablement l’indicateur le plus pertinent de la pérennité d’une solution Open Source. 
Sourceforge_home_page_2 Elle est facile à mesurer, sur SourceForge.net, principale plateforme d’échanges de ces communautés. (Il y avait, aujourd’hui, près de 1,3 million de développeurs référencés !)

Face à l’approche “intégrée” des acteurs classiques, l’industrie des logiciels Open Source privilégie une démarche d’assemblage de composants.  C’est une différence majeure, car elle laisse plus de possibilités aux entreprises de changer de composants sans difficultés excessives.

A titre d’exemple, la base de données Ingres, mis en Open Source par CA en 2005, vient d’annoncer un package Ingres-Linux pour proposer un serveur base de données, prêt à l’emploi.

On assiste aussi à l’émergence rapide d’acteurs multicompétences, capables de prendre en charge des pans entiers des infrastructures informatiques.
N’oublions pas le plus célèbre de tous, une “PME” du secteur nommée.. IBM qui a investi massivement dans les logiciels Open Source. 
IBM a racheté en 2005, Gluecode, une plateforme d’assemblage de composants Open Source. Faudra-t-il parler maintenant de Bluecode ?

Les DSI raisonnablement pragmatiques et soucieux des deniers de leurs entreprises, donc la grande majorité d’entre eux, peuvent rapidement “0penSourcer” leurs infrastructures. 

Il ne s’agit pas d’en faire une religion ; il restera toujours une place pour des composants propriétaires, même si elle aura tendance à se réduire progressivement.

Je voudrais terminer par une petite anecdote révélatrice des pièges du Web et des blogs ; la mémoire du Web est ...indélébile !
Marc Fleury avait émis, sur son blog, des propos peu flatteurs sur Red Hat.  Cela faisait “désordre”Marc_fleury_blog_extrait_red_hat_2 maintenant que les deux CEO trouvent mille raisons positives à leur alliance.  Marc Fleury a enlevé ce texte de son blog, acte compréhensible, mais... inutile quand on sait comment fonctionne le Web. 
Ce blog est remonté immédiatement à la surface grâce aux ... caches de Google et a été republié, comme le montre l’extrait ci-joint, que je n’ai eu aucune difficulté à retrouver !