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Le Cauchemar de la synchronisation !

(Ou les pérégrinations d’un utilisateur de bonne volonté essayant de mettre de l’ordre dans sa vie... digitale)

Google_calendar Pré inscrit depuis plusieurs semaines, j’ai reçu hier le message attendu : Gcalendar (Gcal dans la suite du texte), l’agenda Web de Google est ouvert et je peux m’en servir.

En moins de 3 minutes, mon agenda était effectivement ouvert, prêt à l’emploi, élégant, avec un ensemble de fonctionnalités sympathiques et, a priori, très utiles.

Hélas, les difficultés ne faisaient que commencer ! Comment récupérer, sur mon agenda Web tout beau, tout neuf, les 5 000 événements qui sont mémorisés sur mon Palm favori ?

Commence alors l’épopée de la synchronisation, mot savant inventé par les informaticiens pour dire que l’on ne souhaite pas recopier la même information sur différents objets digitaux..

Ce véritable chemin de croix (le fait que ce texte soit écrit un Vendredi saint est une coïncidencePalm_tx troublante!) n’est pas une critique des outils que j’utilise, au contraire. Ils font partie des plus conviviaux du marché : PDA Palm T/X,  téléphone Nokia 9300, ordinateur portable Apple Powerbook, Firefox, Gmail, Gcal...

Comment passer de l’agenda Palm à Gcal ? Premier problème: Gcal ne peut pas importer directement depuis les formats Palm. Qu’à cela ne tienne, je trouve une première solution : iCal, l’agenda du Macintosh, que je n’utilisais pas, est compatible. Vite un petit tour sur le Web, site Apple, pour récupérer la nouvelle version de iSync, compatible avec mon nouveau Palm, qui s’installe en quelques minutes. Après quelques tâtonnements, je trouve le moyen de synchroniser mon agenda du PDA avec iCal et découvre, flambant neuf, un nouveau logiciel agenda sur mon Mac.  Il me faudra quelques jours pour m’y acclimater, mais j’ai bon espoir.
Je me précipite sur Gcal qui reconnaît le format iCal de l’agenda d’Apple et je lance la première tentative de chargement sur le Web, sans succès !

Je croyais, naïvement, qu’il suffisait de pointer sur le logiciel ical pour faire l’opération, mais pas du tout.  Autres tâtonnements, puis le “help” online me dit qu’il faut “exporter” mon agenda avant de le récupérer. 
Plein de bonne volonté, j’ouvre l’agenda et fait un export, qui apparemment, se passe bien.
Retour sur Gcal pour lancer l’importation qui démarre et m’annonce, fièrement que...12 enregistrements ont été importés, alors que j’en attendais près de 5000 !

Je vais arrêter là cette histoire personnelle, qui n’est pas encore terminée, car je n’ai toujours pas trouvé la solution !
Nokia_9300_open Il va sans dire que je ne vais pas essayer de synchroniser en plus mon téléphone portable Nokia 9300, théoriquement prévu pour mémoriser mon agenda, lui aussi ! 
Oserai-je vous dire que j’ai aussi un téléphone Motorola, sous Windows CE, que j'utilise en Espagne pour ne pas payer des coûts de roaming démesurés.

Quels premiers enseignements peut-on en tirer ?

Je suis une personne raisonnablement expérimentée en informatique, utilisant l’email depuis 25 ans, un PC portable depuis plus de 15 ans et un PDA depuis 7 ans. 
Si une personne de bonne volonté, avec quelques compétences de base, rencontre autant de difficultés, il est facile d’imaginer le désarroi total des millions d’utilisateurs qui n’ont pas, et n’ont pas à avoir, ce niveau de connaissances et...de patience ?

Cet enfer de la synchronisation ne fait que commencer !

Diable Téléphone mobile, PC portable, PDA, ordinateur de bureau, ordinateur à la maison, serveur de messagerie d’entreprise, Webmail personnel, boîte vocale Skype, Chat Yahoo... nous avons tous, de plus en plus, de multiples objets numériques, des services Web nombreux que nous utilisons tous les jours.

Adresses, numéros de téléphone, rendez-vous, emails, favoris Web, listes de restaurants ...nous avons besoin en permanence, partout, de ces informations sur l’un de nos objets digitaux, celui qu’il est, à un instant donné, le plus logique d’utiliser.

Se pose alors très vite le problème de la synchronisation des informations entre tous ces mondes différents.  Où vais-je mémoriser ce numéro de téléphone, ce rendez-vous ? Comment y accéder quand j’en ai besoin, comment éviter de le recopier sur un autre objet ? 

Un exemple simple et quotidien :
Je rencontre, dans une conférence une personne à qui je souhaite envoyer des informations sur mes séminaires. Le plus souvent, elle me donnera une carte de visite papier, où tout ou partie des informations sont présentes ; il faudra souvent que je rajoute, à la main, son numéro de portable ou son adresse Skype. 
Les personnes très “high-tech” me proposeront de me “beamer” par infrarouges les mêmes éléments, de Palm à Palm, s’ils ont, bien sûr, un outil compatible.
Commence alors le premier dilemme : où saisir cette information ? Sur le palm, c’est long et pénible ; dans mon logiciel email, dans un CRM (encore faut-il qu’il soit accessible depuis la salle de conférence sur un réseau qui sera parfois Wi-Fi, souvent Edge).
A peine cette première saisie réalisée, sur le Web, je reçois sur mon téléphone portable un appel de cette personne qui me demande un RV. Bon citoyen, j’utilise un main libre Bluetooth dans ma voiture ; problème, mon agenda est sur le Palm ! Je m’arrête sur le bas coté, sors mon PDA, consulte l’agenda et nous trouvons une date, que j’enregistre illico. En bonus, j’ai son numéro affiché sur le téléphone et peut l’enregistrer facilement sur ma carte SIM ; oui, mais comment, ultérieurement, coordonner cette info avec celle du CRM ?

Ces difficultés quotidiennes, les inefficacités et pertes de temps qui en découlent, ne font que commencer, poussées par plusieurs facteurs :
- La mobilité croissante de nos activités professionnelles.
- L’augmentation du nombre d’objets numériques que nous utiliserons.
- La disponibilité digitale universelle des informations sur le Web : aujourd’hui, il n’est pas évident d’insérer dans nos objets numériques les données d’un séminaire que nous avez repéré sur le site d’une entreprise et auquel nous souhaitons nous inscrire.
- Nos vies professionnelles et personnelles, de plus en plus interpénétrées ; difficile d’avoir deux agendas, l’un avec ses voyages professionnels, l’autre avec ses RV médecins, les concerts et pièces de théâtre.
- La non-disponibilité permanente, en tous lieux d’un accès à nos données Web, même si des progrès rapides sont réalisés dans ces domaines.

J’entends déjà les réponses données par quelques informaticiens professionnels, les rois du “Yaqua”:
- Yaqua utiliser tous les logiciels d’un même fournisseur (cela ne règle rien)
- Yaqua avoir un seul objet numérique. (Essayez de consulter votre agenda sur un portable 15 pouces dans le métro à 18h)
- Yaqua attendre d’être connecté pour mettre à jour le CRM
- Yaqua tout centraliser (Pas de numéros en mémoire sur votre téléphone portable ?)
- Yaqua, Yaqua....

Professionnels des technologies, n’oublions jamais que nous sommes là pour aider nos clients à travailler plus efficacement avec les outils dont nous les équipons, pas pour les rendre esclaves de ces mêmes outils !

Au cours des prochaines années, il est illusoire d’espérer trouver des réponses “parfaites” à ce challenge de la synchronisation transparente !

Des premiers éléments encourageants arrivent, heureusement ; citons, par exemple :
- Enum, pour disposer d’une adresse Web unique, où je peux stocker les informations me concernant que je souhaite rendre publiques.
- Les microformats, pour échanger contacts personnels, événements tels que conférences..;(hcard, hcalendar...).
- Del-icio-us, pour héberger sur le Web ses favoris et les partager.
- WebAgenda, Webmail, pour en faciliter l’accès et le partage.

A court terme, le plus raisonnable est d’accepter cette impossibilité d’avoir des solutions vraiment satisfaisantes à ces problèmes de synchronisation.
Nous sommes encore très loin d’avoir des solutions raisonnables, pragmatiques et efficaces.  La situation va, probablement, empirer pendant les mois qui viennent.

Entre le Ciel de ta synchronisation transparence, voeux pieux pour le moment, et l’enfer des solutionsPurgatoiref1 non gérées, le mieux que l’on peut proposer aux utilisateurs est un “purgatoire” où :
- Les synchronisations indispensables seront raisonnablement bien gérées
- Toutes les fonctions ne seront pas synchronisées sur tous les outils
- Une redondance et une non-cohérence partielle des informations sont acceptées.

Qui seront les premiers fournisseurs à nous proposer la “killer application” de synchronisation ?  Je leur promets un avenir radieux !

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