Les applications, demain ? - Dialogue avec Jean-Pierre Corniou
L’industrie, Open Source, du Logiciel se renforce très vite !

Licences Microsoft, d’occase et légales !

Discount_licensing_logo_2 Je suis tombé, par hasard, sur un site dont le contenu m’a, en première lecture, fait sourire.
Discount Licencing est basé en Angleterre et commercialise des licences logicielles de Microsoft, d’occasion !
C’est une filiale de Disclic Limited, un distributeur officiel Microsoft.

Une particularité du système juridique britannique rend cette pratique légale. Plusieurs milliers d’entreprises, de différents pays, ont déjà profité de cette opportunité pour acquérir des licences légales avec des réductions de coût d’au minimum 30 %, pouvant atteindre 70 %.

Discount_licensing_exemple__1   Je n’avais encore jamais lu dans la presse professionnelle informatique des annonces similaires à ce que l’on rencontre dans les journaux automobiles :

“A vendre, logiciel Windows 2000 server, faible kilométrage, maintenance constructeur garantie, disponible immédiatement !”

Discount Licencing négocie les licences d’entreprises qui déposent leur bilan ou ont mené une opération de downsizing.  Cette entreprise ne rachète que des licences légales, en vérifiant auparavant les droits des vendeurs.

Plus de 40 000 “occasions” sont disponibles, en ce moment, sur leur site.

Le premier moment de surprise passé, ce nouveau service m’a fait réfléchir sur les règles de fonctionnement du marché des logiciels traditionnels.

Aujourd’hui, les entreprises ont le choix entre deux modes d’acquisition :Spam_sale_software_1
- Le fournisseur officiel, et ses distributeurs, qui fixent le prix, et en gardent la propriété.
- Des sites de ventes illégaux, qui proposent des versions “non officielles”, à des prix défiant toute concurrence. Ceux d’entre vous qui n’ont jamais reçu des pourriels leur proposant des versions discount de grands logiciels ne doivent pas être très nombreux !

Bsa_logo_1 Il va sans dire que, en France, personne ne s’est jamais laissé tenté par ces offres alléchantes ! C’est d’ailleurs pour cela que la BSA, Business Software Alliance, l’association des éditeurs de logiciels, chargée de faire respecter les droits de ses adhérents, est en chômage technique dans notre pays.

La situation est très différente dans le cas des logiciels Open Source.  Pour la majorité d’entre eux, les licences, qui existent aussi, sont gratuites. Les clients peuvent choisir de payer une redevance annuelle qui couvre les coûts d’assistance et de maintenance.  Ils peuvent aussi choisir de ne pas payer pour des services s’ils s’estiment capables de se débrouiller seuls.

Il faudra, un jour, se poser la question de savoir pourquoi, quand les entreprises ont payé le prix complet d’une licence logicielle perpétuelle, cet actif ne peut pas être transféré, moyennant finances, à une autre entreprise.
Pourquoi ne serait-ce pas possible, quand l’entreprise n’a plus l’usage de ces logiciels ou quand elle décide d’acquérir de nouvelles versions.

En France, il se vend environ 3 voitures d’occasion pour une voiture neuve, ce qui qui signifie que le même “objet voiture” a, en moyenne, 4 propriétaires différents avant de finir à la casse.
Rien non plus ne m’interdit de revendre, d’occasion, mes livres ou mes DVD, qui sont aussi des œuvres intellectuelles, comme les logiciels.

J’ai de plus en plus de mal à trouver des raisons “logiques” qui feraient que ce même processus ne puisse pas s’appliquer aux logiciels.
Je suis certain que d’éminents juristes vont s’empresser de me démontrer que la loi l’interdit, que le logiciel c’est différent, bref ils trouveront mille raisons pour m’expliquer qu’il est normal que ce soit impossible et illégal.

Que se passerait-il si les entreprises se posaient sérieusement la question, si le Cigref (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises) organisait un groupe de travail sur ce thème pour proposer aux éditeurs de nouveaux modèles de licences logicielles ?

Je connais trop de situations d’entreprises où les logiciels font du “shelfware”, dorment sur des étagères, non utilisés.  Pourquoi ne pourraient-elles pas récupérer une partie de leur investissement en revendant ces capitaux immobilisés ?

Décidément, des rencontres inopinées, faites lors de balades nonchalantes sur le Web, amènent parfois à se poser de drôles de questions !

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