Licences Microsoft, d’occase et légales !
Les jeunes sont formidables!

L’industrie, Open Source, du Logiciel se renforce très vite !

Red_hat_to_acquire_jboss 350 millions de dollars, c’est la somme payée par Red Hat pour le rachat de la société JBoss. Ceci représente environ 6 fois le CA de 60 $M prévu en 2006.  Oracle était aussi sur les rangs pour racheter JBoss.

JBoss est le leader Open Source des serveurs d’applications et des outils middleware, en concurrence directe avec WebSphere d’IBM et WebLogic de BEA.
Red Hat est le numéro un des distributeurs Linux dans les entreprises ; ses partenaires se nomment IBM, HP... Le CA 2005 de Red Hat est d’environ $280 millions et son cours de bourse a grimpé de 9 % après l’annonce de ce rachat. 
On peut imaginer, et espérer, que Red Hat continuera à proposer JBoss comme composant indépendant, dans des environnements non Red Hat.
eBay l’avait déjà bien compris en laissant leur indépendance à PayPal et Skype.

En ces périodes de discours alarmistes sur le déclin de la France, on peut quand même chanterMarc_fleury_1 “Cocorico” pour Marc Fleury, CEO de JBoss, français célébrissime en Californie pour son très mauvais caractère. 
“Brash, outspoken, frequently insulting...”, c’est ainsi que le dépeint Business Week dans un article publié... la semaine dernière : bon timing, bonne intuition.

Cette opération financière est un exemple de plus de la professionnalisation rapide de l’industrie des logiciels Open Source. Après des débuts difficiles dans les composants logiciels de base, tels que Linux ou FreeBSD pour les OS, la montée en puissance des solutions Open Source dans des couches de plus en plus hautes des infrastructures informatiques est spectaculaire.

Aujourd’hui, il n’existe plus un seul domaine des infrastructures sans offres Open Source de qualité :
- bases de données, MySql, PostgreSql
- middleware, Jboss
- management, Nagios
- serveur Web, Apache
et des dizaines d’autres.

L’analyse du marché des logiciels, mélangeant des acteurs traditionnels et Open Source, est complexe. Les grands cabinets d’études tels que Gartner ou Forrester, donnent des chiffres intéressants, mais pas toujours significatifs.
Il est, par exemple, très difficile de comparer le poids économique des entreprises Open Source face aux poids lourds classiques des logiciels propriétaires, tels que Oracle ou Microsoft, en ne parlant que du Chiffre d’Affaires.
Prenons un exemple dans les bases de données ; Oracle pèse 12 milliards de dollars dont environ 1/3 pour les bases de données ; MySql, 40 millions seulement !  Le rapport de 1 à 100 dans les CA n’est bien sur pas significatif de la réalité du marché.   
Je pense qu’un multiplicateur de 6 à 10 permet d’avoir une meilleure idée du poids réel de ces fournisseurs ; avec cette hypothèse, dire que MySql pèse environ 10 % du marché des bases de données est plus raisonnable.
La raison en est très simple ; ces fournisseurs Open Source font un CA minimal sur les licences logicielles, et réalisent l’essentiel de leurs ventes en services et formation.

Quels enseignements pour les DSI des entreprises ?

Stallmann_at_linuxworld L’époque où choisir des logiciels d’infrastructures Open Source était considéré comme de l’avant-gardisme hyppie est derrière nous.  Richard Stallmann (photo) a joué un rôle majeur dans le développement initial de la FSF, Free Software Foundation. Ce n’est plus l’image pertinente du monde Open Source professionnel, aujourd’hui !

Les solutions Open Source deviennent rapidement des options normales, choisies en priorité.  Les logiciels propriétaires ont encore leur place, chaque fois que les offres Open Source ne sont pas compétitives, ce qui arrivera de moins en moins souvent !

Dans les écosystèmes Open Source, des leaders s’imposent rapidement et le modèle économique le plus fréquent sera celui des oligopoles tels que :
- RedHat, Novell-Suse pour les distributions Linux
- MySql et PostgreSQL dans les bases de données

Ce phénomène est lié au rôle clef des communautés de développeurs.  Il ne suffit pas de décréter que l’on est Open Source, il faut tout d’abord convaincre des développeurs pour qu’ils adhèrent à cette communauté.  Au moment du choix d’une solution, la taille de la communauté active de développeurs est probablement l’indicateur le plus pertinent de la pérennité d’une solution Open Source. 
Sourceforge_home_page_2 Elle est facile à mesurer, sur SourceForge.net, principale plateforme d’échanges de ces communautés. (Il y avait, aujourd’hui, près de 1,3 million de développeurs référencés !)

Face à l’approche “intégrée” des acteurs classiques, l’industrie des logiciels Open Source privilégie une démarche d’assemblage de composants.  C’est une différence majeure, car elle laisse plus de possibilités aux entreprises de changer de composants sans difficultés excessives.

A titre d’exemple, la base de données Ingres, mis en Open Source par CA en 2005, vient d’annoncer un package Ingres-Linux pour proposer un serveur base de données, prêt à l’emploi.

On assiste aussi à l’émergence rapide d’acteurs multicompétences, capables de prendre en charge des pans entiers des infrastructures informatiques.
N’oublions pas le plus célèbre de tous, une “PME” du secteur nommée.. IBM qui a investi massivement dans les logiciels Open Source. 
IBM a racheté en 2005, Gluecode, une plateforme d’assemblage de composants Open Source. Faudra-t-il parler maintenant de Bluecode ?

Les DSI raisonnablement pragmatiques et soucieux des deniers de leurs entreprises, donc la grande majorité d’entre eux, peuvent rapidement “0penSourcer” leurs infrastructures. 

Il ne s’agit pas d’en faire une religion ; il restera toujours une place pour des composants propriétaires, même si elle aura tendance à se réduire progressivement.

Je voudrais terminer par une petite anecdote révélatrice des pièges du Web et des blogs ; la mémoire du Web est ...indélébile !
Marc Fleury avait émis, sur son blog, des propos peu flatteurs sur Red Hat.  Cela faisait “désordre”Marc_fleury_blog_extrait_red_hat_2 maintenant que les deux CEO trouvent mille raisons positives à leur alliance.  Marc Fleury a enlevé ce texte de son blog, acte compréhensible, mais... inutile quand on sait comment fonctionne le Web. 
Ce blog est remonté immédiatement à la surface grâce aux ... caches de Google et a été republié, comme le montre l’extrait ci-joint, que je n’ai eu aucune difficulté à retrouver !

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