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Licences Microsoft, d’occase et légales !

Discount_licensing_logo_2 Je suis tombé, par hasard, sur un site dont le contenu m’a, en première lecture, fait sourire.
Discount Licencing est basé en Angleterre et commercialise des licences logicielles de Microsoft, d’occasion !
C’est une filiale de Disclic Limited, un distributeur officiel Microsoft.

Une particularité du système juridique britannique rend cette pratique légale. Plusieurs milliers d’entreprises, de différents pays, ont déjà profité de cette opportunité pour acquérir des licences légales avec des réductions de coût d’au minimum 30 %, pouvant atteindre 70 %.

Discount_licensing_exemple__1   Je n’avais encore jamais lu dans la presse professionnelle informatique des annonces similaires à ce que l’on rencontre dans les journaux automobiles :

“A vendre, logiciel Windows 2000 server, faible kilométrage, maintenance constructeur garantie, disponible immédiatement !”

Discount Licencing négocie les licences d’entreprises qui déposent leur bilan ou ont mené une opération de downsizing.  Cette entreprise ne rachète que des licences légales, en vérifiant auparavant les droits des vendeurs.

Plus de 40 000 “occasions” sont disponibles, en ce moment, sur leur site.

Le premier moment de surprise passé, ce nouveau service m’a fait réfléchir sur les règles de fonctionnement du marché des logiciels traditionnels.

Aujourd’hui, les entreprises ont le choix entre deux modes d’acquisition :Spam_sale_software_1
- Le fournisseur officiel, et ses distributeurs, qui fixent le prix, et en gardent la propriété.
- Des sites de ventes illégaux, qui proposent des versions “non officielles”, à des prix défiant toute concurrence. Ceux d’entre vous qui n’ont jamais reçu des pourriels leur proposant des versions discount de grands logiciels ne doivent pas être très nombreux !

Bsa_logo_1 Il va sans dire que, en France, personne ne s’est jamais laissé tenté par ces offres alléchantes ! C’est d’ailleurs pour cela que la BSA, Business Software Alliance, l’association des éditeurs de logiciels, chargée de faire respecter les droits de ses adhérents, est en chômage technique dans notre pays.

La situation est très différente dans le cas des logiciels Open Source.  Pour la majorité d’entre eux, les licences, qui existent aussi, sont gratuites. Les clients peuvent choisir de payer une redevance annuelle qui couvre les coûts d’assistance et de maintenance.  Ils peuvent aussi choisir de ne pas payer pour des services s’ils s’estiment capables de se débrouiller seuls.

Il faudra, un jour, se poser la question de savoir pourquoi, quand les entreprises ont payé le prix complet d’une licence logicielle perpétuelle, cet actif ne peut pas être transféré, moyennant finances, à une autre entreprise.
Pourquoi ne serait-ce pas possible, quand l’entreprise n’a plus l’usage de ces logiciels ou quand elle décide d’acquérir de nouvelles versions.

En France, il se vend environ 3 voitures d’occasion pour une voiture neuve, ce qui qui signifie que le même “objet voiture” a, en moyenne, 4 propriétaires différents avant de finir à la casse.
Rien non plus ne m’interdit de revendre, d’occasion, mes livres ou mes DVD, qui sont aussi des œuvres intellectuelles, comme les logiciels.

J’ai de plus en plus de mal à trouver des raisons “logiques” qui feraient que ce même processus ne puisse pas s’appliquer aux logiciels.
Je suis certain que d’éminents juristes vont s’empresser de me démontrer que la loi l’interdit, que le logiciel c’est différent, bref ils trouveront mille raisons pour m’expliquer qu’il est normal que ce soit impossible et illégal.

Que se passerait-il si les entreprises se posaient sérieusement la question, si le Cigref (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises) organisait un groupe de travail sur ce thème pour proposer aux éditeurs de nouveaux modèles de licences logicielles ?

Je connais trop de situations d’entreprises où les logiciels font du “shelfware”, dorment sur des étagères, non utilisés.  Pourquoi ne pourraient-elles pas récupérer une partie de leur investissement en revendant ces capitaux immobilisés ?

Décidément, des rencontres inopinées, faites lors de balades nonchalantes sur le Web, amènent parfois à se poser de drôles de questions !


Les applications, demain ? - Dialogue avec Jean-Pierre Corniou

(Avertissement : ce blog est “exceptionnellement long”)

Corniou_2 Mon ami de longue date, Jean-Pierre Corniou est à la fois DSI de Renault et Président du Cigref, le Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises, qui regroupe la fine fleur des DSI des grandes organisations de notre pays.

Dans son dernier blog, il aborde un thème complexe :
"La révolution applicative est en marche."

Il y analyse avec pertinence le challenge des grandes entreprises qui doivent faire vivre et évoluer un parc applicatif ancien, complexe, lourd.
J’ai choisi, avec l’accord de Jean-Pierre, de lui répondre par “blog interposé”. J’espère que ce dialogue d’un nouveau type aidera les DSI à affronter ces nouveaux défis liés aux évolutions des applications.

Son diagnostic est très pertinent ; j’en résume les points majeurs :Cablespaghetti2_2
- Les applications existantes, construites au cours des 30 dernières années, mélange de sur mesure et de progiciels ERP et CRM plus ou moins maîtrisés, représentent souvent un “plat de spaghetti” indémélable !
- Les infrastructures modernes, full Web, sont aujourd’hui maîtrisées et peuvent servir de fondation aux nouveaux développements.
- Les outils logiciels de construction d’applications LAMP, Open Source ,Web 2.0 vont s’imposer comme option dominante.
- Les clients du Système d’Information savent que l’on peut construire des applications ergonomiques, flexibles, accessibles de n’importe quel objet d’accès, fixe et mobile. 
Ils l’ont découvert avec des usages tels que Google Earth.  Ils vont exiger, avec raison, que les informaticiens de leur entreprise fassent au moins aussi bien.
- La non-connaissance, parfois, le rejet, hélas fréquent, de ces nouveaux outils par les informaticiens professionnels est un facteur de blocage potentiel majeur.

La véritable question posée, après le diagnostic de Jean-Pierre, est :

Quelles réponses apporter à la crise applicative ?

Peut-on attendre que les nouvelles générations d’informaticiens remplacent les équipes existantes, que les outils deviennent totalement matures, que les méthodes soient parfaitement formalisées, que Microsoft devienne un fan de l’Open Source, que...

Ma réponse est clairement : non !
Il y a urgence, il faut agir très vite et, surtout, il existe des solutions et démarches opérationnelles qui permettent, aujourd’hui, de répondre à ces challenges.

Les réponses modernes, immédiates, s’appuient sur cinq idées-forces :
- La démarche processus
- Les Services Web
- L’interopérabilité des Systèmes d’Information
- La concentration de toute l’énergie des équipes informatiques sur les seuls processus métiers.
- L’approche MashUp
Sur chacun de ces thèmes, je pourrais écrire des pages et des pages.  Je vous propose aujourd’hui d’aller à l’essentiel. 
(J’aurai d’autres occasions de détailler ces idées.)
.
-La démarche processus
Toutes les applications, sans exception, doivent être construites autour d’une logique de processus, qui met les clients, externes et internes, au cœur de la démarche.
Il existe deux familles de processus :
- Les processus métiers, ce qui fait que Renault n’est pas la BNP et cette dernière n’est pas la SNCF. Ces processus métiers sont peu nombreux, 3 à 5 en moyenne, mais essentiels.
- Les processus de soutien, très nombreux, transverses, génériques, communs à toutes les entreprises.  Ce sont, par exemple, la démarche budgétaire, une revue de presse, la gestion des remboursements de frais, faire une enquête, diffuser une newsletter...
Les réponses informatiques à apporter à ces deux familles de processus sont radicalement différentes, on le verra plus loin.

- Les Services Web
On ne parlera bientôt plus d’applications, mais de “Services Web”, définis comme des processus complets construits en utilisant les technologies du Web 2.0.
Les nouveaux progiciels, orientés processus, deviendront des processiels, comme je l’avais anticipé dans un article publié par 01 informatique en ...  2002 !

- L’interopérabilité des Systèmes d’Information
La différence proposée ci-dessus entre processus métiers et soutien est... artificielle ! Elle dépend de qui regarde le processus !

Viamichelin_barcelone_rduit_1 Je prendrai un seul exemple, connu de tous.  ViaMichelin est un “Service Web” d’une exceptionnelle qualité. 

Vu par Michelin, c’est clairement un processus métier, stratégique, qui a nécessité plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements.
Pour les clients, c’est un processus... soutien, qui leur permet, par exemple, de positionner leurs points de vente pour aider leurs clients à trouver le magasin le plus proche et comment y arriver.
Michelin a donc construit son processus métier dans une logique d’ouverture, d’interopérabilité pour que tout client, entreprise ou particulier, puisse y accéder.
Cette démarche doit être généralisée : construisez tous vos processus métiers en faisant l’hypothèse qu’ils seront vus comme processus soutien par vos clients. 
C’est une belle leçon d’humilité, mais elle est indispensable.

- Concentrer son énergie sur les seuls processus métiers
Mettre toutes ses équipes internes au service des seuls processus métiers, c’est l’urgence absolue ! Des sociétés de services spécialisées en TMA (Tierce Maintenance Applicative) pourront, pendant ce temps là, prendre en charge la maintenance du parc applicatif existant.
Grandes entreprises, il vous faut en priorité accepter une idée iconoclaste : la probabilité que les célébrissimes progiciels intégrés, ERP ou autres CRM, puissent répondre à vos attentes pour les processus métiers est de ...0 % !
Les solutions progiciels sont parfaites pour des métiers très génériques, tels que notaires, dentistes ou restaurants.
La seule solution réaliste, en 2006, est de construire en interne les services Web correspondant à vos processus métiers, mais en s’appuyant au maximum sur des composants du marché.

Leroymerlin20032004 Je voudrais vous présenter, bien sûr avec son accord, la démarche exceptionnellement innovante suivie par Hervé Simon, le DSI de Leroy Merlin ; il travaille sur un projet appelè ‘Progi-Merlin”, pour construire un progiciel maison.
Ses équipes ont trouvé deux progiciels spécialisés dans le monde de la grande distribution, l’un pour le front-office, les caisses, et l’autre pour le back-office, les entrepôts.  Ils sont tous les deux construits avec des outils modernes, en Java, et full Web. 
Leur analyse a montré que ces progiciels couvraient très bien environ 70 % des fonctionnalités demandées par la gestion d’une grande chaîne de magasins de bricolage, présente dans plusieurs pays.
Leroy Merlin a signé un accord avec ces éditeurs de progiciels pour ... acheter le code source, en clair les classes Java utiles.  Cette démarche, proche de celle des logiciels open source, permettra aux équipes internes de Leroy Merlin de ne construire que les 30 % de composants manquants, pour avoir, in fine, un progiciel maison, très bien adapté aux processus métiers spécifiques de l’entreprise. 
On a ainsi le meilleur des deux mondes :
- Un produit fini très bien adapté, objectif des développements sur mesure
- Une solution construite avec des composants du marché, avantage principal des progiciels.
Bravo pour cette démarche ! Je leur souhaite beaucoup de réussites.

- L’approche MashUp
Mashup_skibonk MashUp est une expression américaine qui vient du monde de la musique et qui consiste à produire de nouveaux morceaux en mélangeant des composants existants ; tous les DJ du monde font du mashUp !
Cette démarche connaît un démarrage foudroyant dans le monde de l’informatique Web 2.0. Les exemples les plus célèbres sont construits autour de GoogleEarth.  Skibonk, par exemple, permet aux fanas du ski de suivre, en temps réel, l’état des pistes, la météo de leur station favorite.
Le site MashupFeed essaye, tant bien que mal, de tenir à jour l’inventaire des MashUp disponibles.  Il en répertorie aujourd’hui près de 600 et il s’en crée environ 3 par jour !

Dans les entreprises, on utilise des mots tels que EAI ou SOA pour parler de la même démarche ; ceci permet, d’ailleurs, à des éditeurs de logiciels de vendre, fort cher, des produits de MahsUp. 
Dans le monde réel, sur le Web, le temps moyen de création d’un MashUp est rarement supérieur à deux mois, et ils sont le plus souvent construits par des personnes ayant plus une compétence métiers qu’informatique.

L’avenir des systèmes d’information des grandes entreprises est dans une démarche généralisée de MashUp. Tous les processus de soutien seront, demain, des Web Services disponibles que l’on pourra “MashUper” avec ses propres processus métiers, eux-mêmes proposés en MashUp à ses clients.
Cette démarche, véritablement révolutionnaire, demande aux entreprises d’ouvrir leurs processus métiers en publiant leurs API. (Dans le langage des informaticiens, les API sont les points d’entrée dans leurs applications)

Ces cinq pistes d’actions, prises en compte de manière coordonnée, devraient permettre aux grandes entreprises de proposer, rapidement, de nouvelles applications métiers, Web 2.0, qui correspondent aux attentes de tous leurs clients, externes et internes.

Facile ? sûrement pas !
Indispensable ? oui !
Passionnant ? oui !


Windows sur Mactel : Quelles conséquences dans les entreprises ?

Bootcamp_1 Apple vient de donner son “blanc-seing” à l’utilisation de Windows XP sur ses nouvelles machines Mactel, qui utilisent les processeurs Intel.
Pour le faire, il suffit d’installer la version ß du logiciel Boot Camp sur son ordinateur pour pouvoir démarrer, au choix sur MacOS X ou sur Windows XP.

Il faut tout d’abord saluer la performance technique réalisée, rapidement.
Cette fonction de “Dual boot” semble bien construite ; les utilisateurs pourront, à tout instant, passer d’un OS à l’autre.
Dans les mois qui viennent, le “triple boot”, obtenu en rajoutant une version professionnelle de Linux, sera une réalité ; il permettra aux informaticiens avertis de se régaler en choisissant, selon leurs besoins ou leur humeur l’un des trois 0S du poste de travail du marché.
Pour compléter cette approche démarrage multiple, on trouvera aussi, avant la fin de l’année, des outils performants de virtualisation, permettant de faire fonctionner simultanément deux ou trois de ces OS. La société Parallels présente déjà une offre dans ce sens.

Quelles sont les intentions de Steve Jobs ? Quels en seront les impacts sur le marché des PC, enSteve_jobs_stanford particulier dans le monde des entreprises ?
Essayons d’y voir clair, même si les réponses ne sont pas évidentes !

Un premier signal fort a été donné par la bourse de New York où le titre Apple a gagné près de 10 % dans la journée qui a suivi cette annonce.(graphique joint de Google Finance)

Apple et Microsoft ont tous les deux annoncé “Urbi et Orbi” qu’ils ne proposeraient pas de support technique aux utilisateurs de Boot Camp.  Il n’est pas très difficile d’imaginer que ce discours officiel sera vite adapté aux réalités du terrain.  N’oublions pas non plus que Boot Camp fera partie de la prochaine version, Leopard, de MacOS, disponible au deuxième semestre 2006.

Apple_share_after_bootcamp_1 Je serais très surpris que la banque japonaise Aozora qui a annoncé cette semaine qu’elle remplaçait tous ses PC (plus de 2 500 machines) par des Macintosh ait pris cette décision sans espérer la moindre assistance d’Apple !

Pour les utilisateurs domestiques, le plus évident sera certainement l’accès à tous les jeux vidéos du monde PC Windows ; l’offre ludique sur Macintosh était jusqu’à présent beaucoup moins riche.

Quels impacts dans les grandes entreprises ?

Le Macintosh avait perdu la bataille des grandes entreprises il y a dix ans, avec l’arrivée des applications Client/serveur Windows.  Il existe quelles poches de résistance dans des départements isolés, tels que la communication ou la création graphique.

Quelles pourraient être les raisons qui amèneraient un DSI à proposer à sa Direction Générale d’équiper tout ou partie des collaborateurs de ces nouveaux Macintosh, en substitution des PC existants ?

Xp_on_mac_2_1 Sur le plan technique, les principaux obstacles sont levés ; il restera des difficultés ponctuelles, comme la gestion de périphériques spécialisés tels que les lecteurs de chèques ou les imprimantes spécialisées.
S’équiper de Macinsosh pour utiliser exclusivement Windows XP n’a aucun intérêt ; ce changement n’a de sens que si, progressivement, l’entreprise souhaite que les utilisateurs basculent sur MacOS/X.

Utilisateur Macintosh depuis 20 ans, j’en connais bien les avantages concurrentiels forts, indéniables : fiabilité, sécurité, ergonomie. Malgré tout, 20 ans après, les débats MacOS - Windows sont toujours aussi vifs ! Il suffit de lire les forums et les blogs que déclenche toute annonce dans ces domaines.
Ces avantages classiques sont-ils suffisants pour justifier un basculement généralisé ? Honnêtement, je n’en suis pas convaincu.

A l’horizon 2011, les questions essentielles concernant les postes de travail seront l’arbitrage entre postes puissants et postes allégés d’un côté, fixes ou mobiles de l’autre.
Pour toute entreprise qui envisage de garder un pourcentage significatif de postes puissants, les options opérationnelles sont maintenant au nombre de trois :
- Rester sur le monde Windows, avec Vista
- Utiliser les MacTel, MacOS étant l’OS cible
- Des postes de travail Linux

TCO, confort des utilisateurs, sécurité seront les paramètres clefs du choix, maintenant que la technologie est devenue raisonnablement transparente.
Sur ces trois dimensions, les MacTel sont bien placés. Toute analyse, objective, devrait permettre aux MacTel, fixes et mobiles, de prendre une place plus importante dans les infrastructures des grandes entreprises.

Le MacTel, un citoyen parmi d’autres dans la grande famille des postes de travail, ni hégémonique, ni marginal, cette situation pourrait se banaliser dans les cinq années qui viennent.

Dans ce lent, et difficile mouvement vers une raisonnable variété des solutions dans tous les domaines de l’infrastructure informatique des grandes entreprises, l’arrivée de Windows sur MacTel est une bonne nouvelle ; elle permet aux décideurs de proposer à leurs clients des solutions qui collent de mieux en mieux à leurs véritables attentes.

Welcome back, Mac !

Mise à jour du 10 Avril

Ce n'est probablement pas un hasard si le groupe d'études Pfeiffer Consulting vient de publier une longue étude sur les TCO relatifs des postes Windows vs Macintosh.

C'est une étude payante, ce qui me parait normal. Vous pouvez quand même obtenir, sur leur site, des informations gratuites utiles par téléchargement de quelques pages du rapport, ce que j'ai fait. 

Cette étude a été réalisée avec des Macintosh "classiques", avant l'arrivée des MacTel ; j'espère qu'il realiseront très vite une mise à jour de l'analyse avec ces nouvelles machines.


Bureautique raisonnable, et Web - l’obsolescence des suites obèses !

Fat_woman_statue Et si l’on se passait des suites bureautiques obèses ?
Se poser cette question est encore, dans la majorité des entreprises, un crime de lèse-majesté !

Dans les entreprises, depuis une dizaine d’années, les outils bureautiques de base ont été regroupés dans des “suites”, dont la plus célèbre est bien sûr Microsoft Office.  Les alternatives, classiques, proposés par IBM ou Corel, ou Open Source telles que OpenOffice, n’ont pas réussi à entamer le quasi-monopole d’Offfice, qui détient plus de 90 % du marché.

Et si la question n’était plus de chercher un substitut à Office ?

Il est urgent, utile et possible de revenir aux bases des attentes bureautiques, telles qu’écrire, calculer ou dessiner.
Depuis plusieurs années, Microcost et son partenaire Acadys ont utilisé le logiciel AMI - Agent de Mesures Intelligent - pour analyser et mesurer les véritables usages d’un PC dans les entreprises. Un document de synthèse des résultats, sur un échantillon représentatif de 1,3 million de personnes, est disponible sur le site de Microcost.

J’en retiendrais deux :
- l’usage principal bureautique est...écrire, et représente environ 16 % du temps d’usage d’un PC.
- Sur une période de mesure d’un mois, 80 % des utilisateurs n’ont jamais ouvert Powerpoint !

Dans un futur proche, de l’ordre de 12 à 18 mois, toutes les fonctions de base seront disponibles, en mode Web 2.0.
L’offre de solutions est déjà là, en émergence, et évolue très vite.  Quelques exemples permettent d’illustrer ce propos.
Writely_pour_blog_1 - Pour écrire mes documents, tels que ce texte, j’utilise depuis plusieurs mois Writely, un logiciel simple, efficace, full Web et permettant de travailler facilement en mode collaboratif. 
Writely vient d’être racheté par Google et, provisoirement, n’accepte plus de nouveaux utilisateurs.
D’autres produits d’écriture, tels que AjaxWrite, naissent toutes les semaines.

- En mode tableur, NumSum et irows sont déjà là ; wikicalc arrive... Irows_pie_chart_
- Thumbstacks est un premier exemple d’alternative à Powerpoint.

Zimbra, l’entreprise qui a déjà une offre Web 2.0 de qualité en substitut à Exchange et Outlook, vient d’annoncer des premiers produits d’écriture et de calcul en proposant une démarche à haut potentiel, ALE, Ajax Linking and Embedding.  C’est, pour ceux qui connaissent, l’équivalent Web de OLE de Microsoft sur les PC. 

Zimbraale Cette approche permettra, progressivement, de créer des documents Web riches, permettant par exemple d’insérer un tableau dans un texte, tout ceci étant géré depuis un navigateur.

Je crains plus, dans les mois qui viennent, une offre pléthorique que l’absence de solutions !  C’est pour cela que je parie d’une période d’instabilité de 12 à 18 mois avant que quelques “grands” produits bureautiques Web s’imposent.

Concrètement, qu’est-ce, cette vague d’innovations bureautiques Web 2.0 signifie, pour les entreprises, grandes et moyennes ?
A partir de 2008, pour 70 % à 90 % des salariés, les outils bureautiques Web seront une excellente réponse, simple, légère et économique à leurs véritables besoins bureautiques. 
Il restera toujours, et c’est logique, un petit pourcentage de personnes qui auront besoin d’outils bureautiques puissants.  Dans ce cas aussi, les suites seront remplacées par des composants monofonctions puissants.  Le contrôleur de gestion qui nécessite un tableur puissant, trouvera dans writely un logiciel d’écriture suffisant pour ces besoins d’écriture de base.

Le format standard de documents, ODF (voir autre entrée de ce blog) permettra des échanges simples entre tous ces logiciels bureautiques, de puissance et d’origine différentes

Comment résumer en quelques mots cette profonde mutation ?

Les suites bureautiques actuelles, obèses, sont condamnées.

Elles seront, progressivement, remplacées par des composants logiciels Web, en priorité simples. D’autres composants, haut de gamme, seront disponibles pour les rares personnes qui en ont un réel besoin.
Il faudra de 2 à 5 ans pour que ce virage soit pris ; il est par contre urgent de s’y préparer, aujourd’hui !


Une super idée; Un Wiki pour les pros de l’informatique opérationnelle

Quand je pense qu’il y a encore des personnes qui s’ennuient dans les métiers de l’informatique ! Chaque jour, l’innovation, l’imagination permettent la création de nouveaux produits, de nouveaux services. 
Je voudrais, aujourd’hui parler d’une idée simple, donc à forte valeur ajoutée, la création d’un Wiki mondial au service des professionnels de l’exploitation informatique, Splunk base.

Un rapide rappel : un Wiki est un espace Web ouvert, écrit, modifié par ses lecteurs-acteurs, sans aucune intervention d’un “rédacteur en chef” chargé d’en contrôler le contenu.
Le plus célèbre des Wiki est Wikipedia, l’encyclopédie multilingue qui contient aujourd’hui plus de 3 millions d’articles.  La partie française de Wikipedia dépasse les 265 000 références.

Splunk_home_page Splunk Base, qui démarre dans quelques jours, à l’ambition de se transformer en Wiki de référence pour les informaticiens opérationnels. Les cibles prioritaires sont les métiers tels que :
- Gestionnaires de base de données (Oracle, DB2, MySql...)
- Opérateurs de centre de calculs
- Responsables réseaux
En clair toutes les personnes qui vont au charbon, dont le métier est de faire que tout fonctionne, les véritables responsables de la fiabilité d’une informatique 24/24, 365 jours par an. (Un grand merci à eux tous !)

Spunk est un mot qui vient de “spelunking” utilisé dans le monde de la spéléologie pour parler de la recherche dans les caves obscures. C’est une bonne image pour représenter le métier d’informaticiens noyés dans les milliers de “logs” d’incidents! Un log est un document qui liste toutes les caractéristiques d’une opération et permet, en théorie, de retrouver les causes d’incidents.

On retrouve dans ce projet tout ce qui fait le succès des démarches Web 2.0 :
- La dimension humaine, partage, communauté, confiance.  Ce sont les “clients” du wiki Splunk qui en sont aussi les auteurs ; personne n’a intérêt à tricher, à apporter des informations erronées, à faire attendre inutilement le client au bout du fil...

- La dimension technique : Web, universalité des accès. Tous les domaines sont, seront couverts parSplunk_tags_nuage_3 Spunk.  Les tags (étiquettes) sont utilisés en priorité pour référencer les sujets. Le “nuage” de tags ci-joint montre quelles sont, pour le moment, les étiquettes dominantes.

- Une croissance ‘virale”, plus il y aura d’utilisateurs, d’apporteurs d’informations, plus la valeur du produit augmente.

La croissance annoncée de Spunk base est une très bonne nouvelle pour les informaticiens ; elle pose en même temps beaucoup de questions sur l’avenir des hotlines classiques des fournisseurs. 

Quelle sera, d’ici peu, la source d’information favorite de ces informaticiens professionnels, confrontés à un incident complexe ?


The long Tail - La longue traîne

En 2004, Chris Anderson a publié dans la revue Wired un article intitulé “the long tail ”, qui est très vite devenu un classique, et avec raison. Son livre, avec le même titre, est déjà en vente sur Amazon.com, alors qu’il n’est pas encore publié !

Long_tail_
Il n’a pas été facile de trouver une traduction française raisonnable ; notre culture fait que la traduction littérale, la longue queue, était toujours accueillie par des rires plus ou moins discrets !

La longue traîne passe mieux !

La distribution statistique “longue traîne ” est connue depuis longtemps ; dans le monde de l’édition, le graphique ci-joint représente, dans la partie rouge, les “best sellers ” et la partie jaune les livres dont le tirage est confidentiel.

Le grand succès d’Internet est à l’origine de ce renouveau soudain d’intérêt pour ce phénomène.  Dans de nombreuses activités économiques, il devient possible de commercialiser, avec profit, des objets, des services, des œuvres que les méthodes traditionnelles de distribution ne permettaient pas de distribuer. 
Les plus grandes librairies “physiques ”, telles que la FNAC, ne peuvent pas stocker plus de 15 000 à 20 000 ouvrages.  A l’inverse, Amazon peut référencer, à coût marginal zéro, des millions de titres.  Les résultats sont très surprenants, pour des personnes habituées à l’économie classique. 

Chez Amazon, les ventes des libres qui ne sont pas classés dans les 15 000 premiers représentent un Chiffre d’Affaires... supérieur à celui de ces 15 000.  Un dirigeant d’Amazon le dit d’une manière encore plus frappante : “ Nous avons vendu, aujourd’hui, plus de livres qui ne s’étaient pas vendus hier que nous n’avons vendu aujourd’hui de tous les livres qui se sont vendus hier !”

Ce phénomène “Long Tail” est universel sur Internet ; un deuxième exemple est très parlant : à un instant t, plus de 50 % des recherches sur Google sont... uniques !

Le site de vente de musique iTunes, proposé par Apple, commercialise plus de 2 millions de chansons.  Sur un mois donné, quel est le pourcentage de morceaux qui se sont vendus au moins une fois ? Essayez de deviner la réponse avant de regarder la réponse à la fin de ce blog !

The_long_tail_book_cover_1 Tous les acteurs économiques, politiques, sociaux, médias de nos pays doivent prendre conscience, rapidement, de l’importance de ce phénomène “Longue traîne ”. 

Ses impacts sont majeurs, souvent contre-intuitifs, et peuvent révolutionner de nombreux secteurs de l’économie.

Sur la couverture du livre de Chris Andersen, apparaît la phrase :” “Selling less of more” ou “Vendre moins de plus”.

C’est un excellent résumé du phénomène “Longue traîne ”.

La “Longue traîne” peut être prise dans les deux sens. Elle permet à des “clients ” de trouver des services que les canaux traditionnels ne leur proposaient pas ; elle permet à des offreurs de rencontrer un marché très spécialisé, mais solvable.

Bowtie_home_page Pour l’illustrer, je prendrai un exemple personnel ; il est devenu quasiment impossible de trouver des noeuds papillon dans les magasins en France.  Heureusement, il existe maintenant plusieurs sites sur Internet qui ne vendent que des noeuds papillon (bow tie), à un prix très raisonnable et avec plusieurs centaines de modèles disponibles !

Des milliers de radios, de télévisions, de commerces hyperspécialisés se développent avec succès sur Internet.  Les outils de recherche, les communautés actives font que, très rapidement, les clients trouvent les services spécialisés qu’ils ne trouvaient pas, ou plus.

Pour le grand tissu de PME/PMI qui composent l’essentiel de l’économie Française, il y a dans la “longue traîne ”, une piste de croissance et de développement majeure.
La grande majorité de ces petites entreprises n’en sont pas conscientes ; il est urgent de les aider à en découvrir les potentiels !

(Réponse pour iTunes : environ 98 % des morceaux commercialisés sont achetès au moins une fois.)