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- Le “Ni-nisme”, virus mortel, transmis à l’informatique ?

Cover_tragdie_du_prsident Le monde politique français est, aujourd’hui, dans une situation préoccupante, et son image est désastreuse ; nous en sommes tous les spectateurs attristés.
En quoi cela concerne-t-il les responsables systèmes d'information ?
Je pense qu’il y a un risque, grave, de contagion. 
A l’image de la France, qui a pris des mesures d’urgence pour protéger nos oiseaux des risques que faisaient courir le passage des espèces migratrices, il faudrait, immédiatement, couvrir nos informatiques d’un filet étanche pour éviter la propagation d’un virus politique mortel, qui nous menace tous.

Il s’agit d’un mal implacable, d’une souche très dangereuse connue sous le nom de “Ni-nisme”.
Je recommande à tout responsable informatique, quelle que soit sa couleur politique, la lecture urgente du dernier libre de Olivier Gisbert sur :
“Chirac, la tragédie du Président”. 
Il devrait sans problème pouvoir mettre ces 20 euros sur son budget de dépenses professionnelles, dans la catégorie anti-virus !
C’est une photographie impressionnante, hallucinante, des ravages que provoque ce virus du “Ni-nisme”, agent inhibiteur de toute décision, de tout changement ; il se traduit par un immobilisme absolu des hommes politiques qui l’ont attrapé.
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Le plus inquiétant de l’histoire est que ce virus n’a pas de couleur politique. Il semble être né sous la gauche de François Mitterrand et Lionel Jospin, avoir survécu à plusieurs cohabitations et retrouvé une nouvelle énergie dans un pays gouverné à droite.

La souche informatique du virus “Ni-nisme”.

Depuis quelques années, de manière insidieuse, une mutation de ce virus a réussi à passer de la population politique à la population informatique, en touchant en priorité les zones à forte densité, que l’on rencontre dans les grandes entreprises.

La version informatique de ce virus a transformé les impacts de la maladie.  Au lieu d’un : “Ni nationalisation, ni privatisation”, elle déclenche une variante qui dit :
“Ni immobilisme, Ni rupture”

Dans la bouche de certains responsables, qui, bien sur, ne sont pas ceux qui lisent ces lignes, cela se traduit par des expressions beaucoup plus “positives” telle que :
- Il faut changer, mais sans faire de vague.
- Oui au changement, mais sans fâcher personne.
- Je suis pour les nouvelles technologies, mais montrez-moi d’abord une entreprise de la même taille, du même secteur, qui a déjà réussi cette évolution : alors, seulement, je prendrai la décision d’y aller.
- Je vous laisse imaginer toutes les variantes possibles de ce discours !

Ponce_pilate_1 Face aux profondes mutations actuelles de l’offre de solutions, des attentes des clients externes et des utilisateurs internes, cet immobilisme conduit droit dans le mur.
Comment agir pour faire évoluer mon système d’information sans mécontenter un seul de mes “stakeholders” qui  ont pour noms les dirigeants, les utilisateurs, les informaticiens et mes fournisseurs favoris.  La réponse est très simple ; c’est totalement impossible !

La moindre petite manifestation de mécontentement se traduit par un reculDfil_cpe_2 immédiat.  Le moindre changement d’outil logiciel, voire même de version se traduit par des levées de boucliers que l’on refuse d’affronter.
Scène typique parmi des milliers d’autres : le contrôleur de gestion débarque dans le bureau du DSI en vociférant, car, sur les 60 macros Excel qu’il utilisait, 4 refusent obstinément de fonctionner avec le tableur de OpenOffice V2.  Qu’à cela ne tienne, toute la migration des 1345 autres collaborateurs de l’entreprise vers ce logiciel Open Source sera immédiatement stoppée.  L’excuse sera bien sûr que la version 3, disponible dans 9 mois, devrait, on l’espère, régler ce problème stratégique.

Quelles défenses, face au “Ni-nisme” ?

Il n’y a bien sur pas de vaccin miracle qui protège définitivement de ce danger, mais quelques “règles de vie” informatiques saines constituent la meilleure prophylaxie.

La plus importante est de choisir une stratégie qui mette la satisfaction raisonnable des clients externes au centre de la démarche ; ce sont les seuls “stakeholders” qu’il ne faut pas décevoir.  Tous les autres acteurs du SI doivent se mettre en ordre de bataille pour atteindre cet objectif et accepter les sacrifices que cela induit ; heureusement, ces sacrifices sont peu nombreux car les clients externes sont des personnes raisonnables qui comprennent très bien que tout n’est pas possible.

Une autre action efficace est de créer une culture de changements continus dans l’organisation. Chez Google, une règle de base est que personne ne reste plus de 18 mois sur un projet, même et surtout si c’est la personne qui est à l’origine du projet ou du produit.
Une dynamique de changements permanents, raisonnables, est beaucoup plus efficace et facile à gérer que la logique “stop & Go” du big bang.
Ce qu’a réussi Apple avec ses générations annuelles d’OS félins au nom de Tiger, Panther et autres Leopard en est un bon exemple. Les clients d’Apple passent, sans traumatismes majeurs, d’une version de l’OS à l’autre : chaque nouvelle version apporte des plus raisonnables, au prix d’une adaptation elle aussi raisonnable.  Le big bang quinquennal proposé par d’autre éditeurs a largement montré ses limites.
(Toute ressemblance avec le calendrier politique français serait une coincidence !).

C’est Voltaire, je crois, qui disait  :” Dieu, Protégez-moi de mes amis, je m’occupe de mes ennemis”.
Je propose d’adapter cette phrase au monde informatique :
Protegez moi du Ni-nisme, je m’occupe des profondes mutations que je dois affronter”.

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