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01Men, une évolution surprenante !

Logo_01men_1 En France, toute ma carrière informatique a été accompagnée par la lecture de 01 Informatique, la revue professionnelle par excellence de notre profession. J’y ai même commis de nombreux articles.

Le site Web du groupe, 01.net, cousin germain de la revue papier, est l’un des sites les plus lus en France, tous secteurs confondus. Comme beaucoup, je suis abonné à sa lettre, gratuite, qui arrive tous les matins dans une de mes adresses email.
Quelle ne fut pas ma surprise, il y a quelques jours, quand, en lisant ce courriel matinal de 01.net, d’y voir figurer une publicité pour un nouveau site :  01men !

La “baseline” de 01men est :Image_01men_email
Sport, automobile, voyages, loisirs, gastronomie, style de vie, découvrez 01men, le net masculin.
Je me suis immédiatement abonné à ce nouveau service, pour essayer d’en comprendre la finalité.
Je pensais, naïvement, que je trouverais tout ce qui intéresse “l’homo digitalus, Interneticus”, mais je me suis trompé.  Rien dans le contenu ne peut laisser deviner que l’éditeur de ce site Web, de cette lettre, est le groupe français leader des revues informatiques !
Tous les ingrédients que l’on retrouve dans les revues pour “homme chic” y sont, depuis les voitures de luxe jusqu’aux plus belles filles du Festival de Cannes !

Quelques questions

Personne n’ignore la crise profonde que traverse la presse informatique professionnelle ; il suffit de compter le nombre de pages de publicité payantes dans 01 informatique pour le comprendre.
Le site 01net connaît un incontestable succès avec plus de 4,7 millions de visiteurs uniques en mars 2006, soit la 16 ème position en France, juste devant FNAC.com (Source : Mediamétrie)

Quelles sont les raisons qui peuvent pousser le groupe Tests à décliner sa marque 01, à forte valeur d’image dans le monde des technologies, pour faire une incursion dans celui du magazine pour homme ?
Image_01men_2 - Le lecteur masculin de 01 informatique a besoin d’une information spécifique ? Dans les premiers numéros, je n’ai rien trouvé qui confirme cette hypothèse.
- C’est la première pièce d’une série qui continuera avec ... 01Women ? Je ne peux imaginer une seconde que le groupe Tests puisse être accusé de sexisme en ne lançant pas ce deuxième titre dans les semaines qui viennent !

Si, comme il est probable, c’est la dimension économique qui a joué, c’est un signe inquiétant pour l’avenir de la presse informatique papier. 
Tous les journaux sont confrontés à la concurrence féroce des médias Internet, newsletters, blogs et autres. 
Il leur est impossible de lutter pour tout ce qui concerne l’information brute, les scoops et autres annonces de produits qui sont diffusés instantanément sur Internet.

Home_page_zinio_1
Les revues électroniques complètes, en format PDF, libres ou sécurisées, sont maintenant monnaie courante.  Zinio, qui dispose avec Zinio Reader d’un lecteur PDF sécurisé, diffuse des centaines de revues à des prix très bas. Ce sont les images intégrales de la version papier, où sont aussi présentes toutes les publicités.
Dans le secteur informatique, il existe des dizaines de titres, tels que PC magazine, MacWorld ou Technology Review du MIT.  Etrangement, la “Home page” de Zinio mélange les revues informatiques et pour homme ; ceci semblerait confirmer la position de 01 qui rapproche les deux mondes !

Quel avenir pour la presse papier professionnelle informatique ?

Cette incursion de 01 dans le monde des revues pour hommes est, à mon avis, un signe fort que tout n’est pas rose dans le secteur informatique.
Un professionnel de l’informatique qui souhaite faire de la veille technologique, suivre les tendances, dispose aujourd’hui d’un éventail très large de sources :
- Les sites Web, en mode Pull et les lettres d’information, en mode Pull, comme le fait déjà 01 Informatique
- Les revues électroniques complètes, type Zinio
- Les nouvelles sources 100 % Web, telles que ITR Manager ou JDN.
- Les blogs écrits par des professionnels : beaucoup de journalistes de la presse informatique publient, en plus, des blogs.
- Les revues papier traditionnelles, telles que 01 Informatique, 01 DSI ou le Monde Informatique.
Confrontés à ce déluge d’options, d’information, les informaticiens devront faire des choix ; quelles seront les laissées pour compte, dans les années qui viennent ?

L’arrivée de 01Men est, je le pense, un signe avant-coureur d’une marginalisation progressive de la presse professionnelle informatique, sous sa forme traditionnelle papier.

J’aimerais me tromper ! Je crains d’avoir raison !


La fin d’une époque : le double abandon de Dell !

Berlin_wall_1 Le 25 mai est une date importante : elle marque la fin d’une époque, celle ou deux acteurs clef du marché de l’informatique des années 90; Intel et Microsoft, ont cessé d’être indispensables !

Depuis ses débuts, Dell, numéro un mondial des vendeurs de PC, avait maintenu deux alliances très fortes avec le duo Wintel, Microsoft et Intel.
Tous les PC de Dell commercialisés, depuis le début de l’entreprise, étaient marqués du symbole WIntel ; il y avait bien eu quelques velléités de commercialiser des PC avec Linux, mais ces ventes n’ont sûrement pas dépassé les 1 % des machines vendues.

Trio

Ce trio de choc vient, pour la première fois, de se fissurer.
En moins d’un mois, deux annonces faites par Dell ont rompu ce mariage à trois.

AMD remplacera Intel sur certains serveurs Dell. Seuls les serveurs quadri-processeurs sont concernés pour le moment, et pas avant la fin de l’année, à précisé Kevin Rollins, le CE0 de Dell.
Amd_logo_1 Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que ce n’est qu’une première étape.
Dell est dorénavant prêt à choisir, cas par cas, entre Intel et AMD pour les postes de travail fixes et portables, comme pour les serveurs.

Dell préinstallera des logiciels de... Google sur ses PC.  Cet accord concerne les prochains...100 Millions de PC, autant dire une éternité !Google_pc
Pour Google, le coût de cette opération est très élevé : 1 milliard de dollars, soit $10 par PC commercialisé.
Ces chiffres montrent à quel point la préinstallation d’un logiciel a un impact fort sur les acheteurs de PC.  Un grand nombre d’entre eux ne savent pas, ne souhaitent pas s’embarquer dans une manœuvre complexe pour installer des logiciels additionnels.

Certains diront que Google reprend à son compte les pratiques “démoniaques” de Microsoft qui préinstallait ses outils sur les PC pour maintenir sa dominance sur le marché.
La grande différence, dans ce cas, c’est que l’argent se déplace dans l’autre sens, de Google vers Dell et non pas de Dell vers Microsoft !
Une preuve de plus que, pour risquer de se fâcher avec Microsoft, il vaut mieux être puissant et que cela a un prix élevé.

Le choix final de Dell a été fait à la suite d’un processus de négociation commerciale, que j’imagine très âpre, avec Microsoft, Yahoo et Google.
C’est, pour moi, un excellent signe de maturité du marché, comme peuvent l’être les négociations entre Renault ou PSA avec Michelin, Goodyear ou Brigdestone pour les équipements des voitures en première monte.

Quitte à changer, autant le faire bien ! A chaque fois, Dell a choisi comme partenaire de rupture le plus grand “ennemi” de son ancien compagnon exclusif :
- AMD face à Intel
- Google face à Microsoft

Ces “petits” changements, en apparence, sont les signes avant-coureurs des grands chambardements qui arrivent.

Quelles significations, à moyen terme ?

Tenaille Ces nouveaux accords ne vont pas, dans les mois qui viennent, bouleverser le marché.  Par contre, c’est un signe fort que les certitudes du monde des années 90 ont disparu.
Encouragée par les décisions de Dell, l’émancipation progressive des autres acteurs du marché, les grands comme les petits, de la tenaille Intel-Microsoft va s’accélérer.

Quel sera l’impact le plus fort de ces deux décisions de Dell ? Elles vont donner des idées, et surtout du courage à tous les autres pour assumer ses choix, offrir des alternatives aux options qui étaient dominantes.
Merci, Dell !

Les particuliers et les entreprises qui le souhaitent vont trouver, de plus en plus, des postes de travail proposés à la carte par les fournisseurs, y compris les plus grands :
- Sans OS
- Avec l’OS de votre choix
- Avec les logiciels techniques de votre choix: Google, Mozilla ou Microsoft
- Avec les composants matériels que vous préférez : AMD ou Intel, 64 bits ou 32/64...

Pour les DSI ?

Il existe encore, même s’ils sont peu nombreux, quelques responsables informatiques qui, avant deStatue_of_liberty_at_sunset_1 prendre une décision, se tournent vers leurs fournisseurs favoris en posant la question :
“Quelles sont les solutions que vous me proposez pour répondre à mes demandes ?”

Auront-ils, eux aussi, bientôt ?
- La capacité de revoir des alliances qui ne sont plus d’actualité.
- La volonté de reprendre en main leurs choix technologiques majeurs.
- L’envie d’étudier des options à des solutions qui paraissaient incontournables.
- La possibilité de négocier, comme l’a fait Dell, avec des fournisseurs pour les mettre réellement en concurrence. 
- Le courage de ne plus se contenter de lancer un appel d’offres Wintel, pour permettre à Dell, HP ou Lenovo de se battre pour quelques euros de différences sur les prix.
- L’intelligence de poser les questions en termes d’usages, de fonctionnalités, et non plus en précisant à l’avance les solutions, matérielles ou logicielles.
Merci, Dell !

Broken_chains_1 Je “rêve” d’un appel d’offres, pour des postes de travail, qui dirait :
Objet d’accès à Internet/intranet, toutes les options sont possibles, sous réserve de répondre aux caractéristiques suivantes :
- Conformité des logiciels aux standards ouverts : W3C, ISO...
- Prêt pour Web 2.0 : AJAX, Flash, JVM, ...
- Accès réseaux : Ethernet fixe minimum 100 Mbit/s et Wi-Fi g, Bluetooth
- Prises USB 2.0, Firewire
- Sorties écrans numériques : UDI-DVI ou DisplayPort (VGA toléré)
Toutes les options, en matière d’OS, de navigateur, de gestionnaire de courrier électronique... sont ouvertes.

Rêve ou réalité, à vous de décider !


- Le “Ni-nisme”, virus mortel, transmis à l’informatique ?

Cover_tragdie_du_prsident Le monde politique français est, aujourd’hui, dans une situation préoccupante, et son image est désastreuse ; nous en sommes tous les spectateurs attristés.
En quoi cela concerne-t-il les responsables systèmes d'information ?
Je pense qu’il y a un risque, grave, de contagion. 
A l’image de la France, qui a pris des mesures d’urgence pour protéger nos oiseaux des risques que faisaient courir le passage des espèces migratrices, il faudrait, immédiatement, couvrir nos informatiques d’un filet étanche pour éviter la propagation d’un virus politique mortel, qui nous menace tous.

Il s’agit d’un mal implacable, d’une souche très dangereuse connue sous le nom de “Ni-nisme”.
Je recommande à tout responsable informatique, quelle que soit sa couleur politique, la lecture urgente du dernier libre de Olivier Gisbert sur :
“Chirac, la tragédie du Président”. 
Il devrait sans problème pouvoir mettre ces 20 euros sur son budget de dépenses professionnelles, dans la catégorie anti-virus !
C’est une photographie impressionnante, hallucinante, des ravages que provoque ce virus du “Ni-nisme”, agent inhibiteur de toute décision, de tout changement ; il se traduit par un immobilisme absolu des hommes politiques qui l’ont attrapé.
Monsieur_nini_jospin_1
Le plus inquiétant de l’histoire est que ce virus n’a pas de couleur politique. Il semble être né sous la gauche de François Mitterrand et Lionel Jospin, avoir survécu à plusieurs cohabitations et retrouvé une nouvelle énergie dans un pays gouverné à droite.

La souche informatique du virus “Ni-nisme”.

Depuis quelques années, de manière insidieuse, une mutation de ce virus a réussi à passer de la population politique à la population informatique, en touchant en priorité les zones à forte densité, que l’on rencontre dans les grandes entreprises.

La version informatique de ce virus a transformé les impacts de la maladie.  Au lieu d’un : “Ni nationalisation, ni privatisation”, elle déclenche une variante qui dit :
“Ni immobilisme, Ni rupture”

Dans la bouche de certains responsables, qui, bien sur, ne sont pas ceux qui lisent ces lignes, cela se traduit par des expressions beaucoup plus “positives” telle que :
- Il faut changer, mais sans faire de vague.
- Oui au changement, mais sans fâcher personne.
- Je suis pour les nouvelles technologies, mais montrez-moi d’abord une entreprise de la même taille, du même secteur, qui a déjà réussi cette évolution : alors, seulement, je prendrai la décision d’y aller.
- Je vous laisse imaginer toutes les variantes possibles de ce discours !

Ponce_pilate_1 Face aux profondes mutations actuelles de l’offre de solutions, des attentes des clients externes et des utilisateurs internes, cet immobilisme conduit droit dans le mur.
Comment agir pour faire évoluer mon système d’information sans mécontenter un seul de mes “stakeholders” qui  ont pour noms les dirigeants, les utilisateurs, les informaticiens et mes fournisseurs favoris.  La réponse est très simple ; c’est totalement impossible !

La moindre petite manifestation de mécontentement se traduit par un reculDfil_cpe_2 immédiat.  Le moindre changement d’outil logiciel, voire même de version se traduit par des levées de boucliers que l’on refuse d’affronter.
Scène typique parmi des milliers d’autres : le contrôleur de gestion débarque dans le bureau du DSI en vociférant, car, sur les 60 macros Excel qu’il utilisait, 4 refusent obstinément de fonctionner avec le tableur de OpenOffice V2.  Qu’à cela ne tienne, toute la migration des 1345 autres collaborateurs de l’entreprise vers ce logiciel Open Source sera immédiatement stoppée.  L’excuse sera bien sûr que la version 3, disponible dans 9 mois, devrait, on l’espère, régler ce problème stratégique.

Quelles défenses, face au “Ni-nisme” ?

Il n’y a bien sur pas de vaccin miracle qui protège définitivement de ce danger, mais quelques “règles de vie” informatiques saines constituent la meilleure prophylaxie.

La plus importante est de choisir une stratégie qui mette la satisfaction raisonnable des clients externes au centre de la démarche ; ce sont les seuls “stakeholders” qu’il ne faut pas décevoir.  Tous les autres acteurs du SI doivent se mettre en ordre de bataille pour atteindre cet objectif et accepter les sacrifices que cela induit ; heureusement, ces sacrifices sont peu nombreux car les clients externes sont des personnes raisonnables qui comprennent très bien que tout n’est pas possible.

Une autre action efficace est de créer une culture de changements continus dans l’organisation. Chez Google, une règle de base est que personne ne reste plus de 18 mois sur un projet, même et surtout si c’est la personne qui est à l’origine du projet ou du produit.
Une dynamique de changements permanents, raisonnables, est beaucoup plus efficace et facile à gérer que la logique “stop & Go” du big bang.
Ce qu’a réussi Apple avec ses générations annuelles d’OS félins au nom de Tiger, Panther et autres Leopard en est un bon exemple. Les clients d’Apple passent, sans traumatismes majeurs, d’une version de l’OS à l’autre : chaque nouvelle version apporte des plus raisonnables, au prix d’une adaptation elle aussi raisonnable.  Le big bang quinquennal proposé par d’autre éditeurs a largement montré ses limites.
(Toute ressemblance avec le calendrier politique français serait une coincidence !).

C’est Voltaire, je crois, qui disait  :” Dieu, Protégez-moi de mes amis, je m’occupe de mes ennemis”.
Je propose d’adapter cette phrase au monde informatique :
Protegez moi du Ni-nisme, je m’occupe des profondes mutations que je dois affronter”.


AJAX, Open et Professionnel

AJAX (Asynchronous JavaScript And XML) est devenu, en moins d’une année, l’Alpha et l’Oméga des plateformes de développement utilisées pour construire des services Web 2.0.
Décideurs, informaticiens, je vous propose de faire le point sur AJAX, aujourd’hui, et sur ses évolutions prévisibles au cours des prochains 12 à 18 mois. (Au-delà, bien malin qui peut avoir une vision claire)

Un rapide historique
James_garrett_ajax
Jesse James Garrett est l’heureux inventeur de cet acronyme, dans un article publié au début de l’année 2005.
Les puristes vous diront que AJAX existait depuis de nombreuses années, que ce n’est qu’un amalgame de composants anciens, que...Laissez dire, cela n’a aucune importance.
L’essentiel est que cet article fondateur a joué un rôle clef, comme catalyseur d’un mouvement en émergence et a permis à toute une industrie de se fédérer derrière des concepts communs, simples et forts. Merci, Jesse !

AJAX, les principes

Ajaxfig2_small_1 Le mot clef est : Asynchrone. Comme le montre le schéma ci-joint, la principale amélioration technique apportée par AJAX consiste à utiliser une partie de la puissance des processeurs et des mémoires sur le poste de travail pour améliorer l’ergonomie des services et le confort des utilisateurs.
En évitant des allers-retours systématiques entre le poste client et les serveurs Web pour toute modification de l’affichage, AJAX améliore les temps de réponse et permet de proposer des fonctions locales telles que le zoom images dans Google Earth.
Ce n’est pas un hasard si Adaptative Path, la société où travaille Jesse James, était depuis longtemps spécialisée dans le design d’applications Web de qualité, privilégiant l’expérience utilisateur et l’ergonomie.

Open AJAX

Depuis plus de 10 ans, la culture Open Source est très présente dans le monde des développeurs ;Tour_de_castellers_1 Linux et surtout Eclipse ont montré le chemin. 
En moins de trois ans, Eclipse est devenu le fédérateur de tous les outils logiciels au service des développeurs.
AJAX est une plateforme nouvelle, au service des développeurs ; leur réflexe naturel, positif et immédiat a été de suivre le modèle Eclipse pour l’appliquer à AJAX. Open AJAX a donc été créé, très vite, pour fédérer les efforts des principaux acteurs du monde du logiciel. En février 2006, sous l’impulsion d’IBM (C’est aussi IBM qui a lancé Eclipse), Open AJAX a réuni de grands acteurs tels que BEA Systems, Borland, Eclipse, Google, IBM, Laszlo Systems, Mozilla, Novell, Oracle, Red Hat,Yahoo, Zend et Zimbra. Il y a quelques jours, Adobe, SAP, Intel, Opera, Software AG et d’autres ont rejoint le groupe.
Il vient aussi de se créer, il y a quelques jours, JSAN JavaScript Archive Network, un site Open Source pour héberger des composants.

Les solutions alternatives, ou complémentaires

AJAX n’est ni la première, ni la seule solution pour construire des services applicatifs de qualité dans des infrastructures internet. les RIA (Rich Internet Applications) encore un acronyme de trois lettres.
A titre d’exemple, Adobe-Macromedia, avec Flash-Flex et Laszlo proposaient des solutions de qualité depuis plusieurs années.
Face à l’émergence d’AJAX, ces deux fournisseurs, comme d’autres, ont très rapidement pris la décision intelligente qui s’imposait.  Ils ont choisi de rejoindre le mouvement au lieu de camper sur leurs solutions propriétaires.
Le framework Spry de Adobe-Macromedia permet maintenant de profiter des fonctionnalités des outils flash pour rajouter une dimension multimédia aux applicatifs AJAX.
Une version “Open Laszlo” est déjà disponible, compatible AJAX.

ATLAS, l’AJAX de Microsoft

Statue_atlas Microsoft est l’un des premiers acteurs du marché des logiciels à avoir utilisé et proposé des solutions AJAX.  ATLAS est le nom de la solution AJAX et des frameworks (composants) qui l’accompagnent, annoncé en octobre 2005.
Les versions opérationnelles seront disponibles rapidement. Elles s’”intégreront”  très bien avec les autres outils de Microsoft, tels que Visual Studio 2005 et ASP.net.
ATLAS sera certainement un excellent outil AJAX. Il risque par contre, comme c'est souvent le cas avec Microsoft, d’être développé tout seul, dans son coin, comme un grand. 

Pour les développeurs qui connaissent, utilisent et souhaitent continuer à rester dans un monde 100 %Seul_contre_tous Microsoft, utiliser Atlas sera “naturellement” la solution AJAX à utiliser.
Pour les autres ?

Une (petite) lueur d’espoir ?
Les membres du groupe OpenAJAX ont invité Microsoft à participer à leur dernière réunion.
Microsoft était présent à une conférence AJAX la semaine dernière à San Francisco, mais pas à la réunion OpenAJAX qui suivait le lendemain, au même endroit ! 
La réponse d’un responsable de Microsoft, Brian Goldfard, est intéressante :
“The idea of open collaboration around AJAX [Asynchronous JavaScript and XML] is a great thing. That's what we're focusing on ourselves—look at the work we've done with Atlas."
Il faut savoir lire entre les lignes : “Open Collaboration” ne veut pas dire participation à Open AJAX.

AJAX : quelle stratégie pour un DSI

AJAX est une innovation importante, utile qui fera, certainement, partie de la panoplie des outils à utiliser rapidement dans toutes les organisations.
Grâce à Open AJAX, les entreprises disposeront, dans les 12 à 18 mois qui viennent, d’outils AJAX industriels, fiables, riches et pérennes.  En clair, ceci signifie que démarrer avec Open AJAX aujourd’hui, malgré sa jeunesse et son relatif manque de maturité, est une décision intelligente, à risques faibles. 
Toute autre décision, ne pas y aller ou choisir d’autres pistes AJAX, est une décision plus risquée, qui’il serait difficile de justifier devant des dirigeants.

Vitesse d’acceptation surprenante

Conf_ajax_with_mashup_1 AJAX ne sera pas un feu de paille. Toute l’industrie du logiciel a décidé de jouer, à fond, la carte AJAX, et ce consensus c’est établi en moins d’un an.  Il est intéressant de noter que les grands organismes de normalisation n’ont pas joué un rôle significatif dans ce processus.
Tous les composants d’accompagnements, livres, conférences sont déjà sur le marché.  J’aime bien la publicité de cette conférence sur AJAX, qui pratique ce qu’elle présente en utilisant un MashUp avec Google Maps.  C’est suffisamment rare pour le signaler.

De nombreux sites, tels que Ajaxian, se sont spécialisés sur le sujet et permettent aux professionnels de suivre efficacement les évolutions très rapides d’AJAX.

Je voudrais aussi signaler le document de qualité que vient de publier Guy Hervier, responsable de la lettre ITR Manager, pour faire le point sur les potentiels d’AJAX.
Book_ajax_in_action_2
AJAX est là pour durer, sa mise en œuvre peut commencer immédiatement ;  toute l’industrie du logiciel est derrière ce concept et la valeur d’usage est évidente pour les clients.
Rares sont les innovations qui naissent avec autant de bonnes étoiles sur leur berceau. 
Ne boudons pas notre plaisir et espérons que personne ne viendra jouer la fée Carabosse pour gâcher la fête.


Bravo, Le Monde Informatique, modèle d’indépendance !

On reproche très souvent à la presse, et à la presse informatique en particulier, la non-indépendance de la rédaction vis-à-vis des annonceurs.
Je suis très heureux de pouvoir, aujourd’hui, démontrer que ce n’est pas le cas.

Rappel des faitsDuet_logo_1

Le Monde Informatique (LMI) a publié, dans son dernier numéro, daté du 12 mai 2006, un article et un éditorial sur l’annonce du produit Duet, né d’un accord entre SAP et Microsoft.

J’avais, quelques jours auparavant, publié dans mon blog un texte “Duet ? no gracias !”, dans lequel je faisais part de mon inquiétude et des risques que je voyais pour les DSI qui utiliseraient cette offre.

L’article publié par LMI a présenté l’offre Duet et fait référence à des commentaires, parfois positifs, comme ceux de Mathieu Poujol de Pierre Audoin Conseil, parfois critiques, comme ceux de mon blog qui a été cité dans cet article et dans l’éditorial.
Des liens vers le site de Duet et vers le site de SAP pour annoncer leur prochaine conférence Sapphire étaient aussi fournis.

Il est clair que LMI faisait ainsi honneur à son métier d’informateur indépendant, en permettant à ses lecteurs d’entendre des points de vue divergents.

La réaction de SAP

Manifestement, SAP n’a pas apprécié ce que j’appellerai un crime de lèse-majesté (je prends la responsabilité de cette expression).

Logo_blog_olivier_rafal_1 Olivier Rafal, l’un des journalistes qui avaient signé l’article a reçu un message de SAP, signé Jean-Michel Franco, de l’équipe Marketing de SAP qui commence ainsi :
" En réaction aux propos de Louis Naugès repris à plusieurs reprises dans le numéro 1114  de LMI..."

Olivier Rafal a publié sur son blog le message reçu et l’essentiel du contenu de cet article.  Je vous conseille de lire cet échange, très instructif.

Bertrandlemairephoto_1

Bertrand Lemaire, autre journaliste de LMI publie, lui aussi, sur son blog son point de vue sur ces échanges, sous un titre éloquent :
SAP n'est pas content, moi non plus.

Bertrand Lemaire avait déjeuné un peu avant avec le même Jean-Michel Franco de SAP et lui avait fait part de ses réserves.  Autre texte intéressant que je vous propose de lire.

J’ai souhaité réagir immédiatement à ces échanges.

Des éléments négatifs

Je trouve “surprenant” que les personnes de SAP (je connais personnellement Jean-Michel Franco) ne m’aient pas contacté directement, sur mon blog.
J’ose espèrer qu’ils savent comment faire pour écrire leurs commentaires sur mon blog, ce que font des dizaines de personnes.
J’ai choisi un style fort, direct, noir et blanc, justement pour que des échanges s’établissent entre partisans et opposants d’une approche, d’une solution ou d’une technologie.

Attaquer des journalistes qui ont fait, très bien, leur travail en ne se bornant pas à imprimer le communiqué de presse de fournisseurs, aussi grands soient-ils, est un acte grave.

Je ne jouis pas d’une infaïbilité papale informatique ; la noblesse de mon métier de véritable conseil me commande d’exprimer, honnêtement, mes convictions. 
Quand mes critiques agacent, c’est souvent que j’ai mis le doigt sur ce qui fait mal !

Messieurs les fournisseurs, laissez les journalistes faire, bien, leur métier et répondez directement aux critiques !

Des éléments positifs

Je cherche toujours les dimensions positives d’un événement et ces échanges ne font pas exception..

La déontologie de la presse n’est pas un vain mot, en tout cas dans notre pays.  On ne répétera jamais assez l’importance de cette indépendance entre presse et fournisseurs, surtout dans nos métiers de l’informatique où les plus grands acteurs sont aussi les plus grands annonceurs.

L’autre point positif est la mise en évidence de la complémentarité entre les médias presse et blog.  Trop souvent on les oppose, à tort. 
Cet exemple met clairement en évidence leur complémentarité.  Le texte de LMI s’ouvre à Internet en proposant des liens vers des sites d’information et de blogs.
Plusieurs journalistes de LMI ont aussi créé des blogs professionnels où ils peuvent s’exprimer dans un style différent, qui privilégie le dialogue avec les lecteurs.
Des personnes, non-journalistes, comme moi, peuvent aussi s’exprimer facilement grâce aux blogs.  Ces réseaux d’échanges, de blog à blog, de blog de journaliste à blog de professionnel, de blog à presse écrite et vice-versa sont des opportunités fortes d’enrichir les dialogues, donc la connaissance.

J’espère que, dorénavant, le numéro de “duettistes” qu’a réalisé SAP avec LMI se transformera en “triettistes” où l’auteur de l’affront ne sera pas oublié.

Je viens peut-être de donner à mes amis de SAP une idée pour le nom de leur nouveau produit qui intégrera les offres de trois grands fournisseurs, le Triet !


SOA est out, DBA arrive !

Symposium06banner_175x55 J’avais d’autres thèmes en vue cette semaine, mais je n’ai pu m’empêcher de pousser un coup de gueule immédiat après avoir lu le compte rendu du dernier Symposium, organisé par l’OASIS, respectable organisme international de normalisation et consacré en priorité à SOA, Services Oriented Architecture.
Un bon site d’information, searchwebservices, a publié un compte rendu complet de ce symposium, aux sponsors de renom.

Deux séances phares qui m’ont “exaspéré”.
Event_sponsors
La première, animée par un analyste du prestigieux cabinet Forrester, avait pour titre :
Digital Business Architecture emerges from SOA.

Je vous livre enfin un secret bien gardé : le DBA de mon titre signifie Digital Business Architecture.  La tyrannie des trois lettres a encore frappé ; CRM, ERP, SOA... rien d’important ne peut se faire dans notre métier si on ne peut pas l’identifier par trois lettres.

Le thème clef de cette présentation tient en une phrase :
“SOA n’est pas “suffisant”, et doit être étendu dans ce qu’il nomme Digital Business Architecture, qui est la convergence entre IT et les métiers en une seule entité”. Il complète son exposé par une phrase dont la pertinence m’a coupé le souffle :
“SOA ne pourra avancer que si les Informaticiens et les personnes des métiers peuvent communiquer et travailler ensemble...”
Il me semblait avoir déjà entendu cette phrase, il y a quelques années, avant l’émergence de SOA !
Je vous laisse continuer la lecture de ce chef-d'œuvre ou l’expression “mental model shifts” voisine avec “embodiment of business in technology”.

Le comble du ridicule a été atteint lors d’une table ronde présidée par un dirigeant d’Oracle sur le thème :
What is SOA
?

Ridicule_film Il a commencé la table ronde en posant une question fondamentale :
"Comment le prononce-t-on : S-O-A ou So-ah ?"
Je vous le donne en mille : ce brillant organisme de normalisation a trouvé qu’il n’y avait pas de consensus sur cette question transcendantale.
A la fin, le panel (d’experts) a reconnu qu’il était incapable de fournir une explication sur ce qu’est SOA ; leur conclusion, “its a work in progress”.
Quelle merveilleuse avancée !

Personne n’est d’accord sur ce que représente SOA : on a trouvé la réponse à ce problème, inventons autre chose, DBA, pour créer un sur-ensemble !
Heureusement qu’en informatique, comme en politique, il y a longtemps que le ridicule ne tue plus.

Cela ne vous suffit pas ? J’ai sélectionné quelques autres titres des sessions organisées pendant cet événement :
- The Goal of Interoperability: Socio-Economic Liberty
- Interoperability at Work: The Semantic and Contractual Perspectives in a Healthcare Informatics Registry
- Ontology Web Services for Interoperability in Agricultural Information Management  (idéal pour nos agriculteurs de la Creuse !)
- Categories of Vocabulary Compatibility
- Effectively Using Modular Collaborative Process Definitions and Profiles to Realize eBusiness Interoperability

Arrêtons le massacre !
Il y avait au moins une session dont je comprenais le titre  !
Reception_by_sap_1



Alerte !

Si l’on souhaitait décrédibiliser définitivement nos métiers, on ne s’y prendrait pas autrement.
Croyez-vous vraiment que les dirigeants de nos entreprises, ceux qui payent les informaticiens pour régler de vrais problèmes quotidiens, pour proposer des services de qualité à leurs clients, pour obtenir des chiffres raisonnables et fiables, en temps et heure, aient envie qu’on leur parle de cette manière ?

Pendant ce temps, pour les vrais clients, sur de vrais marchés, des “micro-entreprises” telles qu’Amazon ou eBay proposent tous les jours de nouveaux services, utilisés par des millions de personnes et...ils fonctionnent !
Sont-ils SOA, DBA, Meshup, Rest; SOAP ou SAML ? Demandez aux clients, ils n’en ont cure, c’est le cadet de leurs soucis.

A la réflexion, je pense vraiment que j’ai été trop gentil dans mon texte précédent “SOA vs MashUp”. Sous sa forme “douce”, il a déclenché, et c’est bien, des échanges “animés” entre partisans et adversaires des deux approches.
Que ce serait-il passé si j’avais pris un ton plus offensif, comme ce que je viens de lire me donne une furieuse envie de le faire ?

PS : J’ai une “excellente” nouvelle pour vous ; il est encore possible de s’inscrire à la prochainePub_soa_vancouver_3 édition de ce symposium ; il se déroulera en septembre 2006, à Vancouver.


Web 2.0, expliqué simplement !

Web_20_with_people_1 De nombreux textes de mon blog font référence au Web 2.0. C’est aussi la “base line” de son titre. Des lecteurs m’ont demandé de préciser ce qui se cache derrière ce concept.

Je vous propose donc ce texte, destiné aux personnes qui souhaitent avoir une vision complète, et je l’espère, claire de ce que représente Web 2.0.
C’est ce que nos amis américains nomment un “101” sur le sujet.

(Les super pros du sujet peuvent faire l’économie de la lecture de ce texte)

Web_20_by_oreilly_1
Le lancement “officiel” de l’expression Web 2.0 est lié à une conférence organisée par 0’Reilly en 2005. Le long article qu’il a publié en mars 2005 est une excellente synthèse sur le sujet ; il a été traduit en plusieurs langues, dont le français.
Le graphique ci-joint, extrait de cet article, célébrissime, présente tous les “meme”, ou concepts liés à Web 2.0.

Je vous propose quatre dimensions d’analyse des spécificités du Web 2.0, humaine, technique, fournisseur et financière.

Dimension humaine

La dimension humaine de Web 2.0 est, de loin, la plus importante. Dans le Web 1.0, un internaute était “consommateur” d’information et de pages Web ; Web 2.0 lui donne la parole.
Wikis, Blogs, Podcasts, Vblogs, RSS permettent à des millions de personnes de s’exprimer, de devenir producteurs du Web.

Tag_cloud_web_20_1 Les dimensions partage, groupe, communauté prennent le pas sur l’usage individuel.  Les nouveaux lieux de rencontre, tels que Myspace aux USA ou Skyblog en France, permettent à des millions de jeunes internautes de partager, d’échanger leurs idées, leurs photos ou leurs vidéos.  La qualité n’est pas toujours au rendez-vous ? Qui peut, honnêtement s’en étonner ? Tous les cinéastes amateurs ne sont pas Spielberg.
Qu’ils aient envie de partager leur production est plus important que la qualité de leur travail.

Les étiquettes, tags en anglais, sont une excellente illustration de ce mouvement.  Chaque personne indexe l’information selon ses goûts et l’ensemble de ces tags permet de savoir, à tout instant, quels sont les thèmes ou les idées qui intéressent l’une des communautés du Web.

Ces changements sont amplifiés par l’arrivée des “digitaux natifs”. Marc Prensky est à l’origine d'une typologie des utilisateurs en trois familles :
- Digital Natif : né avec la PlayStation, le téléphone mobile, la photo numérique, l’Ipod. Pour lui, le courriel est déjà dépassé, remplacé par SMS, chats et autres outils synchrones.
- Digital Immigrant : né analogique (comme moi), il a fait un effort pour s’adapter, mais gardera toujours son “accent” analogique. J’avoue humblement mon incompétence pour manipuler une manette de PlayStation, avec ses 17 commandes, et à écrire des SMS aussi rapidement que sur mon clavier AZERTY. Il y a même des immigrants récents qui impriment leurs courriels ! (Pas moi, je le promets)
- Analogiste : n’a pas encore pris le virage. Il fait lire ses courriels par sa secrétaire qui les imprime pour les lui transmettre.  Il en reste, beaucoup, mais ils seront en minorité dans cinq ans.

DSI, responsables des ressources humaines, n’oubliez pas que les digitaux natifs sont, seront vos clients, vos salariés de demain.
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Marc Prensky a réalisé des études passionnantes sur le potentiel des jeux vidéo pour faciliter l’apprentissage dans tous les domaines, y compris la médecine.  Son dernier livre “Ne me dérange pas, Maman, j’apprends...” est sorti il y a quelques jours.
Il faudrait immédiatement le faire lire par tous les parents, tous les professeurs qui considèrent encore que la maîtrise d’un jeu vidéo sur une PSP est un signe de retard intellectuel ! 
Ceci ferait, à mon avis, plus pour l’amélioration du système éducatif français que les dix dernières réformes avortées de nos différents ministres de l’éducation !

Dimension technique

C’est la plus évidente, la plus visuelle, la plus connue. Elle est essentielle, mais n’aurait qu’un impact mineur sans la dimension humaine.
S’il fallait la définir en une phrase, je vous proposerais :
   
   l’universalité du Web, l’ergonomie du Client/Serveur.

Google_earth_mit_3    Les outils disponibles permettent, aujourd’hui, de construire des services Web 2.0 universels, accessibles par tous, partout, sur tout objet d’accès, avec une qualité de présentation et une ergonomie au moins égale à celle que l’on rencontre sur les meilleures applications disponibles sur un PC.
Les deux exemples les plus célèbres, à juste titre, sont Google Earth et Gmail.

La conjonction de plusieurs mouvements technologiques convergents accélérera le succès du Web 2.0 :

- L’arrivée de réseaux rapides, fixes et mobiles (ADSL, Wi-Fi, Wimax...).
Sans un accès à des réseaux rapides (1 Mbit/s mini), Web 2.0 resterait un concept.

- La mobilité omniprésente : Le Web 2.0 mobile, en émergence, sera dominant en 2011. Les 2 milliards de téléphones mobiles, à fin 2005, deviendront 3 milliards fin 2010 ; 80 % des objets mobiles, smartphones, PDA ou ordinateurs portables, seront équipés d’un navigateur capable d’accéder aux services Web 2.0.
Les services Web 2.0 mobiles seront la clef des succès de demain, comme l’a compris PayPal avec Paypal mobile.

- Des serveurs pour héberger les services et les données, très puissants, très économiques pour l’utilisateur (voir mon texte sur l'hébergement gratuit)

- L’information, la donnée est la ressource essentielle. La création et la mise à jour des données essentielles sont très coûteux : cartes, inventaire de livres ou de vidéo...Les entreprises capables de faire ces investissements seront capables de les vendre, cher, à tous les fournisseurs de services Web 2.0.

- Des Objets d’accès très variés, allégés, que je propose d’appeler CWR, Client Web Riche.
Un CWR est un objet d’accès Web, équipé d’un navigateur moderne (Firefox, Opera, Safari, IE7...) et des plug-ins de base : Flash, JavaScript, JVM. La majorité des CWR seront mobiles, demain.

- Les applications traditionnelles, qu’elles se vendent en boîte sur PC ou en mode ASP, sur le Web, seront toutes remplacées par des Services, le plus souvent gratuits. Tous ces services seront hébergés sur les serveurs, Internet et Intranet.

- Les outils de construction de ces Services Web existent déjà ; ils ont pour nom AJAX, Eclipse, Flash-Flex, Ruby on Rails, Microformats ou PHP.
Web 2.0 voit naître une nouvelle famille de services, en situation de ß perpétuel. La version ß d’un service n’est plus une étape vers une version figée, c’est la situation “stable” d’un service en changement dynamique.
Essayez d’expliquer ce concept à un responsable des études dans une grande entreprise ou à un vendeur de logiciels en boîtes ; bon courage !

Dimension offre

Chaque nouvelle génération de solutions informatiques crée des mutations et des opportunités pour les fournisseurs ; Web 2.0 ne fera pas exception à la règle.
Les fournisseurs qui réussiront sont ceux qui, non seulement comprennent, mais mettent en pratique les nouvelles règles du jeu.

- La fin, proche, de la vente de licences logicielles.  Les services proposés le seront, soit gratuitement, soit sous forme de souscription flexible, que l’on peut arrêter à tout moment.  S’y ajoute la dimension humaine : les digitaux natifs n’ont jamais, de leur vie, acheté un logiciel en boîte !

- L’ouverture maximale de ses services. Propriétaire, fermé = échec garanti !
L’exemple le plus évident est celui des API, points d’entrée dans les services existants. Amazon, eBay ou Google ont, tous, ouverts leurs API pour permettre à d’autres fournisseurs de s’appuyer sur leurs services pour en proposer de nouveaux.  Les écosystèmes qui seront capables de proposer le plus de services liés sont ceux qui vont réussir.

- Le respect absolu des standards du Web, sans essayer de tricher ! Tous les fournisseurs, même les plus puissants d’aujourd’hui, qui essayeraient de s’accrocher aux solutions ou formats propriétaires qui faisaient leur succès, seront laminés.  Nous allons assister à des combats sanglants, mais d’arrière-garde, dans ces domaines ; le cas ODF, pour les formats bureautiques, en sera un bon exemple.

- un retour à la raisonnabilité des solutions.  Il faut aller à l’essentiel, vite, proposer des services 95/5 (font 95 % de ce qui est demandé pour 5 % des coûts) et les faire évoluer, sans jamais tomber dans le travers de l’obésité fonctionnelle.  Des services tels que Writely ou Num-Sum remplaceront, progressivement, les suites bureautiques obèses.

Tableau_logos_web_20_1_2 - Une explosion du nombre de fournisseurs.  En moins de 12 mois, des dizaines de start-ups innovantes, dans le monde entier, ont été capables de proposer des services de qualité.  Beaucoup d’entre eux vont disparaître, d’autres seront rachetés, comme Flickr par Yahoo ou Writely par Google.
Nous devrons apprendre à vivre avec des dizaines de fournisseurs différents, loin des lubies des années 90 pendant lesquelles certains DSI ont essayé de trouver le fournisseur unique, capable de répondre à toutes leurs attentes.

Avoir été un fournisseur dominant pendant une génération d’informatique n’a jamais été une garantie pour le futur. 
De très grands, tels que Digital, Compaq ou Wang ont disparus ; d’autres, peu nombreux, comme IBM, ont su s’adapter.  Digital ou IBM, les fournisseurs leaders d’aujourd’hui devront choisir leur avenir, et vite.


Dimension financière

Les solutions et services Web 2.0 permettent de réduire, fortement, et rapidement, les coûtsSwatch_wathc_1 informatiques. Les exemples abondent :
- Gmail, 2,7 Go de stockage, gratuit
- Firefox, Thunderbird, gratuit
- Skype : échanges téléphoniques internationaux, gratuit.
- Typepad, qui me permet d’écrire ce blog : 8 euros par mois.
- Etc...
Ce qui devrait être une excellente nouvelle pour les entreprises et les organismes publics se transforme, de manière surprenante, en un casse-tête très compliqué !

  Gratuit ou économique = mauvais, dangereux, non professionnel !

Diamond_watch Faire disparaître cette équation de la tête des dirigeants et informaticiens sera, probablement, le plus grand frein à la diffusion des solutions Web 2.0 dans les entreprises.  Les logiciels Open Source ont mis dix ans à vaincre cette crainte, et ce n’est pas terminé.
Je vis parfois dans un monde économique bizarre ! Il y a quelques jours, le DSI d’une grande entreprise me disait : “Je viens de calculer le TC0 de mes PC, et j’arrive à plus de 3 000 euros par an, soit 50 % de mon budget informatique ; pouvez-vous m’aider à dépenser moins ?".
Je lui ai dit qu’il était possible, aujourd’hui, dans un monde Web 2.0,de diviser ce chiffre par 3 ou 4, et que j’étais prêt à l’y aider. J’attends toujours son appel.

Une rapide synthèse

Web 2.0 deviendra, en moins de cinq années, la plateforme informatique dominante pour toute entreprise, grande ou petite, publique ou privée ; j’espère que ces quelques lignes vous auront aidé à comprendre pourquoi.

Les solutions Web 2.0 sont encore imparfaites, les analogistes et digitaux immigrants ne sont pas encore prêts, les fournisseurs dominants de demain ne sont pas encore tous connus ; c’est vrai !
Raison de plus pour démarrer, immédiatement, une démarche qui permettra à chaque entreprise de préparer cette profonde mutation.

Pour en savoir plus

Outre l’article de O’Reilly, il suffit d’aller sur Google pour trouver...75 millions de références à Web 2.0.

J’anime bientôt un séminaire de deux journées sur le sujet, organisé par l’Institut CapGemini ; la prochaine session aura lieu en juin 2006.
 
La prochaine conférence Web 2.0 organisée par O’Reilly aura lieu en novembre à San Francisco. (LesWeb_20_confrence_2006_1 deux premières ont été “sold out” ; si vous souhaitez y participer, il ne faut pas attendre trop longtemps pour s’inscrire)


Le DSI “nouveau” est arrivé !

O1_dsi_herv_simon_1 La majorité des responsables informatiques et systèmes d’information ont, sur leur carte de visite, le titre de DSI : Directeur des Systèmes d’Information.
L’expression CIO, Chief Information Officer, est utilisée aux USA.  Nos deux journaux français qui ciblent cette population ont d’ailleurs choisi pour titre...CIO et DSI.
Cio_dsi_1
Je propose simplement, aujourd’hui, de changer le sens

du S dans DSI :
             

                      Directeur des Services d’Information.

L’illusion systémique

Comme tout le monde, j’utilise depuis longtemps l’expression Système d’information, mais j’avais toujours une réticence vis-à-vis de ce mot.
Il entretient l’espoir d’une vision cohérente, planifiée, systémique dans un domaine où cela reste... une illusion dangereuse !

Complex_system_2 Il n’y a rien de moins “systémique ” que la réalité des Systèmes d’Information.
Pour les scientifiques, les ingénieurs, les informaticiens, il était rassurant de parler systèmes ; ce mot est porteur d’images fortes de science, d’exactitude, de rigueur. 
On continue d’ailleurs à enseigner cette vision idéale et fausse dans toutes les écoles et universités qui forment nos futurs informaticiens. Je m’attends, en écrivant ces lignes, à recevoir une volée de bois vert de la part de nombreux enseignants du secteur !

Est-ce une fatalité, le résultat de mauvaises pratiques, ou...une excellente chose ?

Faut-il continuer à croire, à expliquer aux dirigeants, à enseigner que l’on devrait être capable de construire un véritable Système d’Information, que les méthodes, les bonnes pratiques, les nouvelles technologies permettront, un jour, d’atteindre ce Nirvana systémique ?

Le commencement de la sagesse, en 2006, est d’accepter, d’expliquer que cette illusion systémique ne verra jamais le jour.

La réalité des SI, aujourd’hui

Patchwork C’est quoi, la réalité des SI dans les entreprises, aujourd’hui ? Un patchwork d’infrastructures, d’applications, d’outils logiciels construit au cours des 30 dernières années.

Loin de m’en offusquer, je préfère regarder la réalité en face et... féliciter chaudement nos amis DSI pour avoir réussi a faire fonctionner, raisonnablement bien, des SI qui se sont construits et ont évolué en permanence au gré de l'arrivée de nouvelles technologies, des demandes des utilisateurs et des contraintes imposées par des milliers de règlements qui rajoutent, en permanence, des complexités nouvelles.
Est-ce un miracle si tout cela fonctionne ? Non ! C’est le fruit du travail permanent de centaines de milliers de professionnels ; merci et bravo !

L’apparition récente des expressions “Services Web” et “Services d’information” est une opportunité de repenser notre vision, d’abandonner la démarche “systèmes” et de basculer dans une logique :

                          Services d’Information.

Perspectives pour un Directeur des Services d’Information

Pour un DSI, Directeur des Services d’Information, ce nouveau titre n’aura de sens que s’il s’accompagne en même temps d’un changement d’approche vis-à-vis de ses différents clients, externes et internes.
Information_services
Il faut commencer par abandonner, définitivement, toute idée systémique, d‘un “metamodèle” cartésien où toutes les briques du SI auraient une place logique et stable.
Ensuite, il est important de faire preuve d’une grande modestie devant la complexité de la tache à accomplir, et d’expliquer à ses clients qu’on n’a pas l’ambition de construire de grands “systèmes”, mais de répondre, le mieux possible, disont plutôt le plus raisonnablement possible, à leurs attentes.

La démarche “Services” prend comme point de départ de toute action les services d’information que demandent les clients.  Le “comment” de la réponse ne les intéresse pas du tout ; tout l’art, toute la noblesse de ce métier de DSI consiste à masquer aux clients la complexité de la tache.

Les progrès des technologies et des outils disponibles permettent, aujourd’hui de répondre, un peu mieux, à cette demande :
- Infrastructures Web 1.0 et 2.0
- Indépendance forte entre infrastructures et services
- SOA et MashUp (voir les débats animés sur ce sujet dans mon blog)
Ce ne sont pas des remèdes miracles, ce ne sont que des moyens utiles pour améliorer, progressivement et légèrement, une situation complexe.

Un Directeur des Services d’Information qui réussit devrait pouvoir dire à ses dirigeants, ses clients : j’ai une mission :

Manager, organiser un désordre raisonnable !


PS : Pour être cohérent avec le contenu de ce texte,
Je viens de changer la "baseline" de ce blog !


Transformer un vieux PC en... CWR moderne !

J’aborde aujourd’hui un sujet que je considère d’une grande importance.  J’espère que beaucoup d’entre vous partageront cet avis et m’aideront à diffuser largement ce document auprès de toutes les personnes, informaticiens ou dirigeants, qui peuvent influer sur les décisions relatives aux postes de travail. D’avance, merci.

Un vieux PC, c’est quoi, en, 2007 ?

Vieux_portable_2   Réponse : un ordinateur incapable de faire fonctionner Vista/Office 2007, ne disposant pas de 1Go de mémoire centrale et d’une carte graphique vous permettant de profiter des “transparences” de Vista.
Même si le Gartner Group annonce de nouveaux retards (voir aussi mon blog “hasta la vista”), les grandes entreprises pourraient envisager une migration vers Vista, fin 2007.

Confirmant cette situation, Silicon.com publie aujourd'hui, en Anglais, un texte qui reprend les conseils du Yankee Group, recommandant aux entreprises de ne pas migrer vers Vista avant... 2008.

Amis DSI, tous les vendeurs de PC viendront alors frapper à votre porte pour vous faire des démos superbes et essayer de vous convaincre que vos collaborateurs en ont besoin.
"Petit" problème : plus de 50 % des PC existants dans les grandes entreprises ne seront pas capables de supporter cette transplantation d’OS !

Un Client Web Riche (CWR), c’est quoi, en 2007 ?

Réponse : un objet d’accès Internet/intranet, capable de faire fonctionner un navigateur moderne et tous les plug-ins nécessaires. 
Un CWR peut utiliser intelligemment des composants d’infrastructures de puissance “raisonnables”, processeur, mémoire, disques, cartes réseaux... pour garantir un confort d’usage optimal de tous les Services Web 2.0.  Comme pour les PC traditionnels, il existe deux grandes variétés de CWR, les fixes et les mobiles.
Un CWR est, par contre, allergique à toute application héritage client/serveur Windows et ne supporte pas leur contact !

Vieux PC ---> CWR : Mode d’emploi

Je vous propose une succulente recette simple, rapide, pour réussir cette transformation :

- Récupérer un vieux PC, que vous étiez sur le point d’éliminer.  Ceci est valable pour les deuxBeforeafter2 espèces, de bureaux et portables.
- Videz ses entrailles de tous les logiciels propriétaires ; rincez abondamment, pour éviter des problèmes potentiels de licences !
- Vérifiez que toutes les parties nobles, carte mère, disques, mémoire, sont encore vivantes et ne sont pas atteintes d’une maladie incurable.
- Farcir la mémoire des composants de base suivants :
    * Un Linux, Open Source : Debian, Fedora, Unbuntu...
    * Firefox, navigateur, Open Source
    * Thunderbird, gestionnaire de courriels, Open Source.
    * Les condiments indispensables, plug-ins tels qu’Acrobat reader, Flash et une JVM.
- Rajouter, éventuellement, quelques autres épices Open Source pour adapter le CWR à votre goût, à vos attentes. (Attention à ne pas dénaturer une bonne recette en rajoutant trop de saveurs différentes !)
Pc_peint - Décorez de couleurs sympathiques (éviter le gris !) avec quelques compléments tels que le logo de votre entreprise.
- Collez une étiquette “Web 2.0 ready”. (Merci aux lecteurs ayant des dons de graphiste de me proposer leurs projets pour ce logo)
- Rajouter une date de péremption (T+3 ans) pour que le consommateur sache qu’il ne s’agit pas d’un produit périmé.
- J’allais oublier ; il sera souvent nécessaire d’ajouter une dose d”OpenOffice, Open Source, pour que le sevrage des “Office dépendants” ne soit pas trop brutal !

Vous avez maintenant réussi la recette et disposez d’un parc de CWR, flambant neuf, prêt à rendre de bons et loyaux services Web 2.0 pendant plusieurs années.

Quel est le pourcentage prévisible de succès de cette recette ? Selon la qualité du parc de vieux PC, j’estime que l’on peut récupérer de 70 à 80 % de CWR opérationnels. 
Les PC vraiment réformés seront détruits selon les règles de l’art, en suivant la réglementation française relative au recyclage des déchets électroniques.

Une recette proche a été mise au point par Renault avec la Logan. Partant de composants industrielsLogan_vue_avant_2 existants, chaînes de montage, moteurs, chassis, boîtes de vitesse, que les consommateurs “haut de gamme” ne jugeaient, plus dignes d’eux, Renault construit une voiture de qualité, allant à l’essentiel, avec trois ans de garantie (Un de plus que les modèles les plus récents !).
Bravo, les consommateurs raisonnables : c’est la seule voiture de la gamme Renault avec liste d’attente.

Un CWR, pour qui ?

La plus grossière erreur de marketing que pourrait commettre un DSI serait de présenter les CWR à ses clients comme des produits de seconde zone.
C’est, hélas, ce qui se passe trop souvent, actuellement. Des grandes entreprises font souvent “don” de leurs vieux PC à des associations, pleines de bonne volonté, qui font travailler des jeunes en difficulté pour les restaurer.
Le paradoxe est que la demande est trop faible. Ces vieux PC retapés, qui ont une image de produits recyclés, “cheap’, dont on se débarrasse, trouvent difficilement preneur.
L’une des associations les plus performantes dans ce domaine est Internethon, une émanation de l’AFNET.

Il faut, au contraire, expliquer aux clients que les CWR sont des solutions d’avenir, modernes, préparées pour Web 2.0.  Demain, un utilisateur de CWR moderne regardera avec condescendance les personnes utilisant des PC obèses en disant  :
“ Tu utilises encore ces machins surdimensionnés ? Je te plains ! regardes les performances de mon CWR !”

Les CWR répondent bien aux attentes des clients “normaux" qui ne sont pas :
- Boulimiques d’informatique et qui ne peuvent absorber que des PC obèses, en étant attirés par la dernière recette, même s’ils savent que c’est mauvais pour leur santé.
- Anorexiques, en pensant qu’un client léger est déjà trop lourd à digérer.

Les CWR modernes seront utilisés par deux grandes familles de clients
- Les entreprises d’où provenaient les PC anciens. Plus de 50 % de ces CWR devraient retourner dans l’entreprise ; ils seront en priorité affectés aux personnes qui font un usage raisonnable des outils informatiques.  Ils pourront aussi servir de premier équipement pour les “SBF”, sans bureaux fixes, ouvriers, commerciaux, technicens d’entretien...
- Les associations et autres organismes a qui seront proposés, à des prix très bas, des CWR, outils de travail modernes dont la durée de vie utile devrait dépasser trois années.

Une démarche gagnante pour les entreprises

Old_pc Utiliser de vieux PC pour les transformer en CWR modernes est une démarche que tous les DSI devraient étudier sérieusement. 
Elle présente de nombreux avantages :
- Economiques : Ces CWR peuvent être utilisés au minimum 3 ans.  Le paradoxe est que, plus le temps avance, plus les services Web 2.0 se généralisent, donc plus les CWR deviennent la solution idéale !
En 2006, environ 5 millions de personnes utilisent encore un Minitel ; 25 ans de bons et loyaux services, peu de PC peuvent en dire autant !
- TCO : Il n’y a pratiquement pas d’applications résidentes sur un CWR.  Ceci réduit fortement les coûts de maintenance, d’assistance, de Help Desk, composants les plus onéreux du TCO d’un poste de travail.
- Gestion opérationnelle plus efficace et plus rapide, car centralisée.

Une démarche gagnante pour l’économie nationale

- Réduction des coûts informatiques des entreprises et organisations publiques? :par les temps qui courent, personne ne peut être contre !
- Sensible réduction des importations de PC neufs, qui sont pour l’essentiel, importés. Il c’est vendu environ 7 millions de PC en France en 2005, le marché professionnel représentant de l’ordre de 50 % du total, soit 3,5 millions d’unités.
Si, en période de croisière, 30 % de ces ventes sont remplacées par la réutilisation de CWR modernes, ceci représente 1 million de PC.  Sur la base d’un prix de vente moyen de 700 euros (fixes et mobiles), il y a un potentiel de réduction des importations de 700 millions d’euros.
- Diminution des coûts de recyclage des PC anciens.
- Mise à disposition des associations et autres organismes à budgets très réduits de CWR modernes à faible coût.  Dans ce cas aussi, le marketing est important : il est plus facile pour une association de recevoir un CWR si elle sait que les mêmes objets d'accès sont réutilisés dans les entreprises.

- Une démarche gagnante pour l’économie durable

Junk_pc

- Réduction forte du volume des déchets électroniques. Plutôt que de dépenser beaucoup d’argent pour se débarrasser des PC anciens, on réduit d’autant le volume des déchets électroniques.  Personne ne s’en plaindra !

- Dimension sociale : cette activité donnera à des jeunes l’opportunité d’acquérir des compétences de base dans un domaine d’avenir.

Pour conclure, provisoirement.

Transformer un vieux PC en CWR moderne n’est pas la seule solution.
On peut aussi construire des CWR en partant de PC neufs. Intel travaille en ce moment dans ce sens sur le projet “eduwise”, pour être capable de proposer un PC portable neuf pour environ 400 euros.

Les obstacles à cette démarche seront nombreux, difficiles à surmonter :  ce seront les fournisseurs de PC neufs, de logiciels obèses, les formateurs qui attendaient avec délectation les utilisateurs qui auraient du se former aux nouveaux outils...

Très optimiste de nature, j’ose espérer que cette démarche vieux PC vers CWR moderne deviendra, rapidement, la norme.


ODF devient un standard ISO

Juste quelques lignes pour confirmer que le standard de document ODF, dont j'ai longuement parlé dans un texte précédent, vient d'être accepté comme un standard par l'ISO (International organisation for Standardization) et par l'IEC (Internationa lElectotechnical commission)

Les entreprises et organismes publics qui pouvaient, hier, hésiter entre ODF et les formats propriétaires de type .doc et .xls n'ont maintenant plus aucune raison de retarder leur décision de faire le choix stratégique de ODF comme format officiel de tous leurs documents.
De temps en temps, les annonces technologiques font du bien, et donnent une bouffée d'optimisme !

Merci, l'ISO !

Mise à Jour 4 mai :
Le journal Les Echos a publié, dans son numéro daté du 4 mai, un dossier très complet, de 5 pages sur les évolutions du poste de travail.  C'est, à ma connaissance, la première fois qu'un journal à destination des Dirigeants donne autant d'importance à ce sujet.  L'un des articles aborde le sujet ODF.
(J'ai été interviewé pour ce dossier !)

6 Mai : Les choses bougent vite !

Import_odf_from_word Les solutions pour gérer la transition d’un monde de formats propriétaires (.doc, .xls...) vers ODF s’améliorent de jour en jour ; c’est une très bonne nouvelle.

L’équipe de OpenOffice.org a annoncé l’arrivée imminente d’un plug-in pour Office sur PC Windows. Il devrait permettre aux utilisateurs de ce logiciel d’importer et d’exporter des documents en format ODF.

Mise à Jour du 16 Mai.

IBM vient d'annoncer que Hannover, la prochaine version de son outil Notes-Domino, proposera des outils de productivité, pour écrire calculer... qui accepteront le format ODF.  Cette version devrait être opérationnelle fin 2006. C'est une bonne nouvelle car Notes-Domino est l'un des deux grands leaders de la messagerie d'entreprise.

Comment gérer la période de transition vers le format ODF.

Une entreprise disposera de tous les outils nécessaires pour assurer une migration progressive vers le format ouvert ODF.

1- Les logiciels natifs ODF, tels que OpenOffice, disposent déjà de la fonction import/export vers les formats Office

2- L’annonce faite par OpenOffice.org permettra, de manière symétrique, de faire des imports/exports depuis Office vers des documents .odf.

3- Depuis quelques mois, Alacos, une jeune société américaine, que je connais bien, située à Seattle,Alacos_logo_1 à quelques kilomètres de Microsoft, c’est spécialisée sur ce créneau. Elle commercialise tout un ensemble de logiciels permettant d’industrialiser le transfert de documents aux formats Microsoft vers des formats ODF. Ces logiciels sont multilingues.

Dans les trois cas, ces solutions donnent de très bons résultats, si l’on sait rester raisonnable ! J’entends déjà les esprits chagrins me dire que certains documents Excel ou Powerpoint très complexes, bourrés de macros en tout genre, ne passent pas ; c’est possible, mais cela n’a aucune importance !

Une fois de plus ce sont les ayatollahs du 100%, du tout ou rien, qui ne comprennent pas que la transition vers ODF sera un succès si 90 ou 95% des documents peuvent être pris en compte, ce qui est le cas, aujourd’hui.
Permettre, pendant une période transitoire, aux rares utilisateurs intensifs de l’un ou l’autre des composants d’Office de continuer à utiliser cet outil, est une décision raisonnable, à prendre cas par cas.