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VPI, un Intranet Web 2.0, hébergé !

Old_key_1 Un nouveau concept, le VPI (Virtual Private Intranet), devrait s’imposer dans les tous prochains mois. Ce sera, à mon avis, la clef qui débloquera les réticences actuelles des entreprises face aux services Web 2.0 ; c’est dire à quel point l’émergence et la réussite des VPI sont essentielles. 

Ce “long” texte va tenter de définir les fondations d’un concept fort, nouveau, plein d’avenir ; longue vie aux VPI !
Avant d’expliquer les principes d’un VPI, il est nécessaire de faire un rapide point sur la situation existante.

L’éden Internet Web 2.0

Eden_2 Par centaines de millions, les internautes du monde entier ont découvert les avantages des services Web 2.0 proposés par de grands acteurs tels que Yahoo, Amazon, Google ou Microsoft. 
Google earth, MySpace, FlickR ou YouTube en sont les célèbres illustrations.

En complément de ces offres émanant des grands acteurs, des centaines de start-ups ont bouleversé le paysage informatique en déclenchant une vague d’innovation sans précédent dans notre industrie.
Tous ces services Web 2.0, innovants, gratuits ou très économiques, sont, pour le moment, cantonnés dans les usages individuels ou des TPE, Très Petites Entreprises.

Le désert Intranet Web 2.0

Desert_1 L’écrasante majorité des grandes entreprises, tous secteurs confondus, est, pour le moment, restée à l’écart du mouvement Web 2.0. 
Il y avait de nombreuses et bonnes raisons pour expliquer et justifier la réticence des DSI à l’utilisation de services Web 2.0 :
- L’absence de solutions prenant en compte les attentes des entreprises.  Il était, par exemple, très difficile de créer un “Single Sign On” pour différents services.
- La faible maturité des services logiciels.
- La grande jeunesse des fournisseurs
Aujourd’hui, ces limites sont sur le point de disparaître et les entreprises pourraient démarrer leur migration vers des solutions Web 2.0... s’il ne restait pas un blocage lié à la dimension sécurité de ces offres. 
Comment répondre à cette demande de sécurité ? J’ai, peut-être, des premières pistes à vous proposer.

La fracture numérique Web 2.0

Faille_1 Accélération des usages grands publics d’un côté, attentisme des DSI de l’autre ; il c’est créé, en moins de deux années, une profonde fracture numérique entre usages Web 2.0, impossibles en entreprise, et leur généralisation dans le grand public.

Je vous propose, aujourd’hui, une approche innovante qui permettra, progressivement, de réduire cette dangereuse fracture.


VPI - Virtual Private Intranet

Entre un Intranet sous contrôle total de l’entreprise, protégé par son firewall, et Internet, ouvert à tous, je pronostique que les grands acteurs du Web 2.0, Google en tête, vont, rapidement, proposer une solution intermédiaire que je propose d’appeler :
                          VPI = Virtual Private Intranet.

Lorsque le réseau Internet, lui aussi ouvert à tous, c’est développé, les entreprises ont eu le même réflexe de sécurité, ce qui a donné naissance aux VPN, Virtual Private Networks.  Ces VPN permettent le transport sécurisé des données de l’entreprise, tout en utilisant les mêmes infrastructures Internet.

Quelles seront les caractéristiques de base du VPI d’une entreprise ?

- Infrastructures hébergées : les serveurs et les services utilisés seront, en dehors du Firewall, proposés par des fournisseurs Web 2.0.
Internetprivacy_1
- Un espace privatif virtuel sera réservé à l’entreprise. Le mot clef est : virtuel. Le fournisseur du VPI ne va pas réserver un ou plusieurs serveurs physiques à chaque client.  Un DSI ne pourra demander à “voir” son VPI, qui pourra très bien être éclaté sur plusieurs centres serveurs répartis dans le monde entier.

- L’accès à cet espace privatif virtuel sera contrôlé par l’entreprise.  Un lien direct avec l’annuaire interne permettra aux collaborateurs de l’entreprise de naviguer de manière transparente, et en même temps, sur l’Intranet classique et sur le VPI.

- L’essentiel des Services Web 2.0 de l’Internet sera disponible pour les collaborateurs qui accèdent au VPI.  De nombreux services Web ne seront pas fournis par le responsable du VPI, mais ce dernier assurera la dimension privative de bout en bout. 
Il est possible que l’on parle dans ce cas d’un “multi-VPI”.

Cette première liste de fonctionnalités est très “beta” !  Au cours des 18 à 24 prochains mois, je pronostique que les VPI vont se généraliser, s’améliorer et s’enrichir de nouvelles caractéristiques qui les rendront acceptables par toutes les entreprises, même les plus sécuritaires.

Je vous propose une définition simple d’un VPI :

Tous les Services Web 2.0 de l’Internet avec la sécurité de l’Intranet.


Avantages d’un VPI

La définition du VPI porte en elle les principaux avantages de cette solution.

- Tous les services Web 2.0 dans l’activité professionnelle.  Les fournisseurs innovants du Web 2.0 privilégient les services grand public.  Avec plus de 1100 millions d’internautes, il est possible, en quelques mois, d’acquérir une base de millions de clients. 
J’estime qu’il y aura un décalage moyen de 6 à 12 mois entre l’arrivée d’un Service Web 2.0 grand public et sa version entreprise ; ce n’est pas significatif et cela permettra aux DSI de faire tester les services grand public par des groupes pilotes avant de décider, éventuellement, de les rajouter dans le VPI.
C’est, à mon avis, l’avantage le plus stratégique des VPI.  Il permet aux entreprises qui choisissent cette solution de ne pas se couper de la “Movida” du Web 2.0 en étant les premières à mettre à disposition de leurs collaborateurs les nouveaux services à forte valeur ajoutée.

Bunker_1 - S’appuyer sur les infrastructures les plus performantes du Web 2.0. Les investissements en serveurs et bande passante réalisés par les grands fournisseurs sont impressionnants.  Votre VPI sera entre de bonnes mains !
Même si le chiffre exact est un “secret d’État”, on estime que Google dispose aujourd’hui d’environ 500 000 serveurs dans ses 25+ Data Centers.

- Des coûts et des performances très compétitifs.  Que ce soit en termes d’infrastructures ou de services, les entreprises se verront proposer des VPI à des prix très concurrentiels, très difficiles à obtenir sur un Intranet.
Le service S3 (Simple Storage Service) d’Amazon en donne une bonne illustration.  S3 propose aux entreprises des capacités de stockage “illimitées”, payable mois par mois en fonction de la consommation. les prix actuels sont les suivants :
- 0,15 $ / mois pour 1 GB utilisé, soit environ 12 euros pour 100 GB de stockage.
- 0,20 $ / mois pour 1 GB transporté, soit 15 euros pour 100 GB transmis.
Voilà des chiffres intéressants à utiliser par les DSI dans un benchmark des coûts de leur intranet.
Beaucoup de start-ups intelligentes utilisent les infrastructures S3 qui permettent d’avoir des infrastructures qui seront toujours adaptées, que l’entreprise ait 100 000 ou 10 millions de clients.

- Des services sans publicité.  Les services Web 2.0 grand public, souvent gratuits, sont financés par la publicité.  Quand j’utilise mon gmail favori, des messages, très discrets, apparaissent dans mon navigateur. 
Pour les entreprises, la majorité des VPI seront “ad-free” en contrepartie du paiement d’une redevance mensuelle ou annuelle pour les services.

- Une sécurité exceptionnelle.  En disant cela, je suis certain que de nombreux lecteurs vont trouver que j’exagère !  Je vais donc y consacrer un paragraphe complet.

Sécurité et VPI

Pour clarifier ma position, il est important de comprendre que, sous le mot sécurité, les entreprises mettent des concepts très différents ; j’en analyserai trois :

- Sécurité physique : 99,999 % des entreprises n’auront jamais des infrastructures aussi fiables que celles d’Amazon, eBay ou Google. La multiplication des Data centers, répartis dans le monde entier et la qualité de leurs services sont une “bénédiction ” pour les DSI intelligents qui n’ont plus à gérer la sécurité de leurs infrastructures.

Confidential_1 - Confidentialité des données.  Ce point est plus délicat ; chaque fois que j’évoque une approche VPI avec une grande entreprise, j’entends les mêmes objections :
    - Je ne vais pas confier mes données stratégiques ou confidentielles à un tiers. La même crainte a été exprimée au tout début de l’outsourcing des réseaux ou des centres de traitement.
    - Ces grands fournisseurs peuvent accéder et utiliser mes données.  Le fait que les publicités qui accompagnent les services Web 2.0 gratuits soient contextuelles peut renforcer ce soupçon.  Il faut savoir qu’un annonceur qui achète le mot “Web 2.0” n’accède jamais à vos données, mais sera présent sur un mail qui en parle.

Confiance - Confiance.  Ce sera encore, pendant longtemps, la principale pierre d’achoppement sur laquelle buteront de nombreux fournisseurs. 
Je comprends très bien les inquiétudes, les réticences des DSI, des dirigeants, des utilisateurs qui savent qu’une partie importante de leurs activités est entre les mains de fournisseurs externes. Puis-je vraiment lui faire confiance, aujourd’hui et demain ? Ne va-t-il pas, un jour, changer de stratégie, se faire racheter par un tiers qui n’aura pas la même déontologie ?

La confiance ne se décrète pas ; quand un DSI me pose la question, je ne peux que lui répondre que c’est à lui de décider s’il est prêt à faire confiance à son fournisseur VPI.
Pour gagner cette confiance, je constate que la majorité des entreprises commencent par des projets VPI à échelle réduite, avec des petits groupes, pendant quelques mois.  Je pense que c’est une démarche réaliste et raisonnable.

VPI, déjà des réalisations.

La démarche VPI, sous d’autres noms, a commencé depuis quelques années. 
L’un des pionniers est Salesforce.com, leader mondial des solutions CRM hébergées.  Plus de 5 000 entreprises ont confié à SF.com leurs données les plus précieuses, qui concernent leurs clients et leurs prospects.
Depuis quelques mois, SF.com a lancé une initiative intéressante, sous le nom de Appexchange.
Des dizaines de partenaires fournissent, autour du VPI de SF.com, des services complémentaires.  L’entreprise cliente bénéficie de l’ouverture vers des services nouveaux tout en gardant la sécurité que procure SF.com.
D’autres fournisseurs, tels que BEA, travaillent dans la même direction.

Il y a quelques jours, lors de la présentation de leurs résultats, Eric Schmidt, le CEO de Google, a confirmé que Google Apps pour les grandes entreprises était un axe stratégique pour eux. Ce sera, à mon avis, l'un des très grands VPI des prochaines années ; le plus utilisé ?

Je suis persuadé que, dans quelques années, toutes les entreprises auront un VPI, comme elles ont aujourd’hui un VPN.
Il est possible, en 2007, de se lancer dans une démarche VPI à échelle raisonnable.  Les entreprises, encore très peu nombreuses, qui prennent ce chemin auront une longueur d’avance sur leurs concurrents ; c’est bon pour la compétitivité !

Toute la richesse du Web 2.0 avec la sécurité d’un Intranet ; un VPI, s’il tient ses promesses, sera la clef de la réussite de l’entrée des entreprises dans le monde Web 2.0.

On démarre, demain ?


Soirée Firefox 2.0 !

Firefox_image

Ce sera probablement mon texte le plus court !

Tristan Nitot, responsable de Mozilla Europe, m’a invité à la soirée de lancement de Firefox 2.

Date : Le 26 octobre, de 19h à 22h
Lieu : Conseil Régional d’Ile de France, 33 rue Barbet de Jouy, 75007 Paris

Il m’a aussi autorisé à transmettre cette invitation à tous mes lecteurs, mais dans la limite des places disponibles !

Faites vite !

La fine fleur du Web 2.0, des solutions standards, de l’open Source, bref de l’informatique gagnante de demain devrait y être.

Firefox 2.0, clef d’entrée dans Web 2.0 ?


Le Cigref, une vieille dame... en pleine forme !

Logo_cigref_2 Le Cigref, Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises, organisait le 10 octobre son Assemblée Générale, suivie d’une réunion à laquelle la “crème de la crème” de la profession était invitée.
Cette “vieille dame”, née il y a plus de 35 ans, ce qui correspond à la préhistoire de notre profession, se porte fort bien ; c’est le message le plus clair que j’ai retenu de cette soirée.

Le Cigref en quelques chiffres

Pour ceux qui ne le connaissent pas bien, le Cigref est une association qui regroupe plus de 120 très grandes entreprises françaises, de tous les secteurs de l’économie.  Chaque entreprise est représentée par son DSI ; la liste des membres est impressionnante et peu de pays disposent d’une structure aussi puissante et prestigieuse.
Grâce à un budget raisonnable, chaque membre paye 15 000 euros par an, le Cigref dispose d’une équipe d’une douzaine de permanents, sous la responsabilité de Jean-François Pépin, qui mène des études et publie de nombreux documents, disponibles sur leur site.
Depuis peu, le Cigref accueille des chercheurs stagiaires.

Bilan et perspectives

Jean-Pierre Corniou, qui a présidé le Cigref pendant 6 ans, a fait ces adieux à ses “ex-pairs”.  Ancien DSI de Renault, il vient de passer de l’autre côté de la barrière en rejoignant EDS.

Dans une démarche collégiale peu fréquente, tous les Vice-Présidents du CIgref ont pris la parole pour présenter les résultats de leurs groupes de travail. 
Cette forte implication des DSI dans les groupes de travail, auxquels ils consacrent beaucoup de temps et d’énergie, est remarquable ; il est plus facile de faire un chèque que de passer des journées à débattre de thèmes aussi importants que la gouvernance des SI ou la gestion des actifs immatériels.
Bravo à tous ces DSI qui s’y impliquent avec beaucoup de passion !

Gestion des relations avec les fournisseurs

Présentés dans un langage très “Onusien”, on a cependant senti que les seuls fournisseurs avec qui discute le Cigref, Microsoft, IBM, SAP et Oracle, n’avaient pas tous été aussi coopératifs que les DSI l’auraient souhaité.
J’espère que, à partir de 2007, le Cigref va élargir le cercle de ses fournisseurs préférés pour y rajouter d’autres entreprises, moins traditionnelles et moins grandes, mais qui représentent souvent le futur de l’industrie informatique. Mozilla, RedHat, Google... ?

Didier Lambert, nouveau Président

Didier_lambert_2_2 Annoncée en juillet, la nomination de DIdier Lambert, DSI d’Essilor, a été confirmée lors de la réunion du conseil du Cigref.
Il était, bien sûr, chargé de faire le discours de clôture.
J’en ai retenu plusieurs messages que je trouve très positifs :
- L’informatique, ça marche ! La sinistrose n’est pas de mise et beaucoup d’entreprises membres du CIgref ont des réalisations remarquables à leur actif ; il a cité Navigo de la RATP et les réservations Internet sur SNCF.com ou Air France.

Navigo - L’innovation est au cœur des préoccupations des DSI. J’y ai reconnu des messages que j’aime bien, tels que la necessité par les entreprises de ne pas se laisser distancer par les usages grands publics et d’être capable d’accueillir les jeunes générations, les “digital native” en leur proposant un environnement de travail qui ne leur paraisse pas trop ringard.
- La dimension technologique ne doit pas être absente des préoccupations des DSI ; les dimensions management, gouvernance, création de valeur, restent d’actualité, mais les nouvelles technologies sont un catalyseur fort de ces évolutions.
Il a cité plusieurs fois le Web 2.0 !

Avec le Cigref, les entreprises françaises se sont dotées d’un outil exceptionnel, qui leur permettra, j’en suis certain, de continuer à tirer le meilleur parti possible de leurs systèmes d’information.


Office 2.0 ou Bureautique 2.0 ?

Office_automation_1 Décidément, les solutions bureautiques Web ont le vent en poupe !
Nos amis américains utilisent de plus en plus l’expression “Office 2.0” pour en parler ; ils n’ont pas l’avantage d’avoir, dans leur langue, un mot équivalent à... Bureautique ! 
L’ancien équivalent, Office Automation, est totalement tombé en désuétude.
Peu importe le vocabulaire utilisé, l’important est de passer à l’action !

Guy Hervier vient de publier, dans sa lettre ITR Manager, une remarquable synthèse sur le sujet.  Il y présente quelques-unes des solutions déjà disponibles ; dans les 12 mois qui viennent, l’offre va exploser, devenir pléthorique et il sera difficile de s’y retrouver.

Conférence 0ffice 2.0

Office_20_conf_1 En même temps, les 11 et 12 octobre, a lieu, à San Francisco, la première conférence sur le thème Office 2.0 ; elle est, comme il se doit, “sold out”, ce qui signifie qu’ils n’acceptent plus de participants.

La liste des sponsors est impressionnante ; on y retrouve évidemment Zoho, Google, Netvibes, mais aussi...SAP, IBM, HP, BEA et bien d’autres.
Allez jeter un coup d’oeil à cette liste ; ceci devrait définitivement vous convaincre que Bureautique 2.0 n’est pas une fiction.
Un très grand acteur du marché Bureautique 1.0 manque à l’appel ; je vous laisse deviner lequel !

Tendances du marché

Fin 2007, le marché devrait se stabiliser et faire émerger les futurs leaders.
La consolidation se fera, à mon avis, autour de quatre grands axes :
- Des fournisseurs de suites bureautiques 2.0, tels que Zoho.  Je ne suis pas convaincu de leur succès, à moyen terme.
- Le rachat de fournisseurs spécialisés par de grands acteurs du Web.
- Une offre de composants bureautiques 2.0 à la carte, non intégrés, mais packagés de manière industrielle.  Google est un bon exemple de cette démarche avec Gmail, Writely et GoogleSpreadsheets.
Minutesinaminute_1 - Des services bureautiques spécialisés, qui vont cohabiter et vivre en bonne intelligence avec des services génériques, tels que l’écriture.
Minutesinaminute, qui permet de préparer des comptes rendus de réunions, en est une bonne illustration.

Dernière minute du 11 Octobre

Google_docs_spreadsheets_4 Confirmant ce que je pronostiquait, Google vient d'annoncer que Writely et Google Spreadsheets étaient regroupés dans un seul programme, appelé Docs & Spreadsheets. 

Les utilisateurs retrouvent ainsi, sur le Web, tous leurs textes et leurs tableaux dans un même espace.

Actions à mener en 2007

Maelstrom_1 Tout ceci confirme ce que je disais, il y a quelques jours, dans mon “manifesto” Bureautique 2.0. Le basculement d’une bureautique 1.0, PC centric, vers la Bureautique 2.0, Web centric, est en marche ; rien ne pourra arrêter ce maelstrom.
Placées devant cette évidence, les entreprises ont maintenant un chemin clairement tracé pour 2007 autour d’un thème fort :

Expérimentation, immédiate, de solutions bureautiques 2.0 à échelle raisonnable.

il s’agit, de manière pragmatique, de :
- Choisir quelques services bureautiques 2.0 à utiliser en 2007. 
Ces choix ne seront pas définitifs ; les outils à installer industriellement, à partir de 2008, pourront être différents.
- Choisir quelques groupes réduits, de 10 à 20 personnes maximum, prêts à faire l’effort d’apprentissage des nouveaux modes de travail induits par ces outils collaboratifs.
- Soigner l’accompagnement culturel et humain pour aider les groupes innovants à réussir.
- Faire, fin 2007, une analyse des résultats obtenus, de la performance des outils, de la satisfaction, ou non, des utilisateurs.
- Passer, en 2008, dans la phase industrielle.

Le_chemin0101_1 Amis DSI, le chemin vers la Bureautique 2.0 s’ouvre devant vous.
Entrez-y immédiatement, avant que vos clients ne vous y précèdent et vous mettent en situation de suiveurs alors que vous avez, aujourd’hui, l’opportunité de prendre l’initiative.

Précéder un mouvement pour le maîtriser, être en retard et le subir, à vous de choisir !


SOA, Miam Miam !

L’événement

Soa_forum_1 Jeudi 5 octobre, a eu lieu à Paris la première grand-messe SOA en France, remarquablement organisée par Le Monde Informatique.
IBM, Oracle, BEA, SUN, Software AG, Ilog..., le Who’s who de l’offre logicielle SOA était présent, sponsorisant l’événement.
Plusieurs centaines de participants ont assisté à cette journée.  Olivier Rafal, rédacteur en chef du www.lemondeinformatique.fr, avait même organisé une transmission live, sur le Web, de la première table ronde, permettant aux internautes de poser des questions aux intervenants.

Un lieu prestigieux, Ave George V, beaucoup de monde, un buffet de qualité, tout était réuni pour faire de cet événement une réussite.
D’ou vient donc que j’en suis sorti avec un sentiment très fort de frustration et une envie forte de réagir face aux discours que j’ai entendus ?
Ce ne sont pas les petits défauts de logistique, tels qu’un réseau Wi-Fi qui a refusé de fonctionner pendant toute la matinée ; c’est beaucoup plus profond, essayons de comprendre pourquoi.

SOA, les dangers majeurs

- Un concept “attrape-tout”
Il est quand même extraordinaire que tous les intervenants de la journée S0A ne soient tombés d’accord que sur un seul point :

                “Nous ne sommes pas capables de donner ...
                   une définition précise de ce concept !”

Soa_graphe Chacun y est allé de sa définition, floue, longue, complexe, pleine de mots creux. Pour couronner le tout, ont été projetés des schémas Powerpoint merveilleux, avec 50 boîtes et autant de flèches, montrés en 15 secondes, totalement incompréhensibles !

Chargé d’introduire la journée, henry Peyret, du cabinet d’études Forrester, a été le premier à donner une définition de SOA qui, selon lui : “Permet à tous les fournisseurs de mettre ce qu’ils veulent derrière SOA”.
Il a évidemment parlé du successeur de SOA, DBA (Digital Business Architecture), dont j’ai déjà dit tout le mal que j’en pensais. 
C’est probablement une manière de confirmer, dans un langage plus simple :
“SOA, personne ne sait ce que c’est, donc, inventons immédiatement la suite, autre acronyme sur 3 lettres, cela va de soi.”

J’ai été aussi frappé par le fait que Forrester n’avait pas les ressources suffisantes pour ... traduire en français les 10 supports utilisés pendant son exposé. Il n’était, hélas, pas le seul, ce qui montre à quel point la notion de “qualité de service” est loin de leurs préoccupations.
J’espère que ce n’est qu’un problème de moyens et non pas une impossibilité intellectuelle à traduire dans la langue de Molière tous les concepts et mots creux qui étaient utilisés.

- Un Pot-pourri de tous les mots magiques
J’avais commencé à comptabiliser le nombre de fois où les mots à la mode étaient prononcés, mais j’ai vite renoncé tant c’était permanent ; ils y sont tous passés :
- Intégration
- Gouvernance
- Urbanisme
- Niveau de maturité
- Alignement avec le business (probablement le plus utilisé)
- ....

Graal J’ai beaucoup souri quand j’ai entendu, lors d’une table ronde, que la France avait un grand avantage vis-à-vis des USA dans le domaine SOA, grâce à notre démarche hexagonale MOA/MOE.  Même Merise a été appelée à la rescousse de SOA !

Le bouquet a été atteint avec l’utilisation, par plusieurs orateurs, de l’idée que SOA était l’équivalent du Saint Graal, que l’on pouvait espérer atteindre dans 15 ans ou ... jamais !


- SOA, réservé aux grands comptes

Chasse_faisan Cabinets d’études et éditeurs ont, unanimement, proclamé que seuls les grands comptes pouvaient investir sur SOA.  Investir, le mot magique était prononcé.
Les grandes entreprises, un gibier de choix !

Pourquoi réserver SOA aux grandes organisations ?
La réponse est simplissime : ce sont les seules qui peuvent investir des millions d’Euros, pendant plusieurs années sur l’intégration” de SOA dans leur Système d’Information.

Gargantua Après les ERP et les CRM, il devenait urgent de trouver quelle était la nouvelle potion magique qui permettrait aux grands fournisseurs de faire de grands festins d’euros, à la santé de leurs grands clients. 
SOA semble bien placé pour jouer ce rôle, si les DSI ne réagissent pas rapidement en revenant sur terre, avec une vision pragmatique et raisonnable.


- Entreprise Agile et S0A

Agilité, flexibilité, souplesse, réactivité, ces concepts, sous toutes leurs formes, ont été évoqués pour justifier l’urgence de passer à SOA.
Il faudra que l’on m’explique, un jour, comment des projets S0A de plusieurs années sont compatibles avec les développements de services en quelques semaines !
Il y a là un grand écart calendaire que j’ai beaucoup de mal à assimiler.

En écrivant ces lignes, je prends le risque de me fâcher avec tous les fournisseurs présents et LMI, l’organisateur de cet événement.
Poule_oeuf_dor0101 J’espère qu’ils auront, tous, l’intelligence de comprendre que j’essaye de leur rendre un grand service en les alertant sur les dangers de leurs discours, de leurs démarches.
Continuer sur cette voie est le plus sur moyen de tuer, rapidement, la poule aux œufs d’or qui les fait vivre.  Des DSI, de plus en plus nombreux, refusent ces discours creux, flous, leur demandant d’investir des millions, pour voir.


SOA : Simple, Opérationnel, Accessible ?

Existe-t-il une alternative à cette vision maximaliste, intellectuelle, coûteuse, longue, irréaliste, de SOA ? Oui, heureusement !

Des milliers d’entreprises, souvent moyennes, utilisant déjà les solutions industrielles proposées par les fournisseurs leaders du Web 2.0, eBay, Amazon, Yahoo ou Google, ont découvert, et utilisé, les Services Web pour répondre à leurs besoins métiers.

Un mot était “persona non grata” durant cette journée, Mashup !
Pourquoi ? MashUp représente ce qui fait très peur à tous les apôtres du “SOA-Miam Miam”, des solutions opérationnelles, efficaces, simples, économiques, dont les bénéfices actuels, vus par les Directions Générales, sont les mêmes que ceux promis par SOA dans... 15 ans.

La veille de cette journée, Google avait mis, gratuitement, plus de 1200 Services Web à la disposition de tous les utilisateurs d’Internet ; chacun peut, aujourd’hui, ajouter l’un de ces services à son site Web.

Heureusement que quelques conférenciers ont su garder les pieds sur terre pendant cette journée.
Jon Udell, Infoworld, du groupe Computerworld, a été l’un des seuls orateurs à oser parler de réalisations opérationnelles, telles que celles de Amazon.com, qui met des Services haut de gamme, la logistique par exemple, à la disposition de milliers de clients ; je l’en remercie.

Le représentant de Bouygues Telecom a présenté sa démarche SOA en lui donnant le nom de GBS (Gros Bon Sens).  Décidément, ce sont toujours les mêmes qui savent prendre des décisions sans être esclave des modes !

Amis DSI des grandes entreprises, que je vais rencontrer avec plaisir dans quelques jours, à la grand-messe annuelle du Cigref, les idées véhiculées par SOA sont importantes et utiles.
Il ne tient qu’à vous de choisir un SOA, Simple, Opérationnel, Accessible, en résistant aux discours “complexifiants” de fournisseurs qui espèrent, ainsi, faire transiter de nombreux millions d’euros de vos poches vers les leurs.

A vous de choisir !  Ne vous trompez pas !


Bureautique 2.0 : Manifesto !

Fuse_chine_1 C’est toujours par la bureautique que démarrent les usages professionnels d’une nouvelle génération d’informatique.
Tableur et traitement de texte ont lancé les PC au début des années 80. Messagerie et recherche sont encore, dix ans après son démarrage, les usages dominants du Web 1.0.

Logiquement, l’arrivée du Web 2.0 va donner naissance, dans les entreprises, à la ... Bureautique 2.0.
Il est temps de s’y préparer, immédiatement.

Bureautique 1.0 : situation actuelle

L’immense majorité des utilisateurs actuels de PC emploient quotidiennement des outils bureautiques. Les études réalisées par Microcost, avec AMI, l’agent logiciel de Mesure Intelligent, ont montré que 60 % du temps d’utilisation d’un PC est consacré, à parts égales, à quatre usages :
- Ecrire (traitement de texte)
- Messagerie électronique
- Navigation Internet/Intranet
- Applications métiers
Si l’on rajoute les autres outils classiques bureautiques, tableur, présentation, agenda, on constate que plus de 50 % du temps passé par une personne avec son PC professionnel correspond à la bureautique 1.0.

Bureautique 2.0 : la priorité

J’ai déjà écrit deux textes qui abordaient le thème des outils bureautiques dans la mouvance Web 2.0 :
- Bureautique Web 2.0
- Des outils bureautiques par dizaines.

Je souhaite, par ce “Manifesto Bureautique 2.0”, formaliser les fondations de ce changement de génération et aider les entreprises à réussir le basculement d’outils bureautiques 1.0 vers des Services Bureautiques 2.0.

Au-delà de l’amélioration très rapide des offres, de l’arrivée de nouvelles fonctionnalités, mes activités de ces dernières semaines m’ont conforté dans une intuition forte que j’avais depuis longtemps :

C’est par la Bureautique 2.0 que les entreprises peuvent, efficacement, rapidement, sans risques majeurs, préparer tous leurs collaborateurs au Web 2.0.

Toutes les conditions sont réunies pour donner à ce basculement Bureautique 1.0 vers Bureautique 2.0 une forte probabilité de réussite :
- Acculturation des acteurs : toute personne qui a besoin d’écrire, de calculer maîtrise raisonnablement bien les fonctionnalités de base d’un traitement de texte ou d’un tableur.  Ce n’était pas le cas, il ya 10 ou 15 ans.
- Les services bureautiques 2.0 ont les fonctionnalités suffisantes pour démarrer.
- Enfin, et surtout, les attentes en matière de travail collaboratif sont fortes et non satisfaites par les outils actuels, Office ou autres.

Bureautique 2.0 vs Bureautique 1.0

Dff_bureautique_20_10_3 Ce tableau résume l’essentiel des différences entre Bureautique 1.0 et Bureautique 2.0. 
Il y a probablement d’autres éléments à prendre en compte, et j’espère que les commentaires des lecteurs contribueront à la richesse du débat.
La compréhension, la prise en compte de ces neuf différences est indispensable si une entreprise souhaite réussir sa mutation 1.0 vers 2.0.


1 Qui : Je - Nous
C’est la différence majeure ! 
La Bureautique 2.0 permet, enfin, de répondre aux besoins de travail en groupe, collaboratif. Tout service bureautique qui ne permet pas de construire un tableau, un graphique, de rédiger un document à plusieurs n’est pas Bureautique 2.0.

2 Quoi : Produire - Partager
Les premiers outils bureautiques 1.0 étaient entre les mains de personnes dont le métier était de produire des textes, les secrétaires, ou des tableaux, les financiers et les contrôleurs de gestion.
Aujourd’hui, la priorité est donnée au partage, que ce soit dans la création ou l’usage des documents produits.

3 Plateforme : PC - Web
Le basculement du PC, composant dominant des infrastructures des années 90 vers le Web, au cœur des infrastructures modernes, se retrouve dans la bureautique.
Création, partage, mémorisation quittent le PC pour se retrouver sur le Web.

Ruines_volubilis 4 Outils : Suite intégrée - composants
La Bureautique 2.0 permet de s’affranchir de la tyrannie des suites intégrées, dont Office de Microsoft est l’exemple le plus abouti. Office et OpenOffice sont des vestiges de la Bureautique 1.0.
La logique des composants s’impose dans la Bureautique 2.0.  Ceci permet à chacun de n’utiliser que les modules dont il a l’usage.
Dans les mesures faites par Microcost, nous avons découvert que ... 80 % des personnes n’ouvrent jamais Point Puissant.
Pourquoi l’installer sur tous les PC ?

5 Fonctionnalités : Puissantes - Légères
La Bureautique 2.0 permet un retour à la raisonnabilité de la richesse fonctionnelle.
Les services dominants seront des services simples, qui répondent à la loi des 95/5 : 5% des fonctionnalités qui suffisent à 95 % des utilisateurs.
Pour les “power-users”, pour qui un tableau de moins de 956 lignes est un jouet ou les seuls textes sérieux sont des rapports annuels en trois langues, je recommande chaudement... qu’ils gardent leurs outils 1.0 hyper puissants.

6 Nombre d’outils : Faible - Elevé
La variété des services bureautiques 2.0 est rafraîchissante, après la pauvreté à laquelle nous avait habituée 1.0. 
Wiki, blogs, logiciels de traitement d’images, de photos ou de vidéos ont autant droit de cité dans la Bureautique 2.0 que le traitement de texte ou le tableur.
A titre d’illustration, je viens de découvrir un service Bureautique 2.0, simple et sympathique, Gliffy, qui permet de faire des schémas de réseaux, d’organigramme et autres plans d’aménagement d’un appartement.

7 Fournisseurs : Monopole - Nombreux
Des dizaines de fournisseurs proposent, toutes les semaines, de nouveaux services bureautiques 2.0.  Ceci nous change,agréablement, de la monotonie que nous supportions depuis de trop nombreuses années.
Les annonces d’emploi qui précisaient : connaissance de Word, Excel... me faisaient toujours penser à une annonce qui dirait : “recherche personne sachant conduire une Peugeot 206”.
Je préfére que l’on demande : permis B !

8 Formats : Propriétaires - Ouverts
C’est un sujet que j’ai déjà traité, mais qui, plus que jamais, est essentiel pour permettre le succès de la Bureautique 2.0.
L’indépendance entre les logiciels et les formats permet à des services bureautiques 2.0 différents, de puissances différentes, de partager des documents, comme le font tous les logiciels de traitement d’images qui utilisent .jpg.
ODF est le nouveau porte-drapeau de ces formats bureautiques ouverts.

9 Classement : Dossiers - Tag, étiquette
Nous avons tous beaucoup de mal à organiser nos informations personnelles dans nos dossiers électroniques personnels. Ceci devient ingérable dans une logique Bureautique 2.0, de partage.
Heureusement, les premiers utilisateurs de services 2.0 ont inventé les tags, étiquettes en français.  Ceci permet à toute personne travaillant sur un document Bureautique 2.0 d’y attacher les tags qui lui paraissent pertinents.  Chacun est libre d’y rajouter d’autres tags, ce qui évite l’imposition à tous les participants du groupe, par une personne, de son référentiel de classement.

10 ?
A vous de m’aider à déterminer quelle est la dixième différence majeure entre la Bureautique 1.0 et la Bureautique 2.0 !

Vydec_2 Qui se souvient, en 2006, des matériels de traitement de texte dédiés, si populaires au début des années 80 ? 
Qui se souviendra, en 2016, des suites bureautiques obèses ?
Chercher à remplacer une suite bureautique obèse 1.0 par un équivalent 2.0 est la recette infaillible de ... l’échec.


Bureautique 2.0 : conditions de la réussite

La disponibilité de services bureautiques 2.0 raisonnables, la forte demande latente de collaboration créent des conditions idéales pour que la réussite soit au rendez-vous.
Comment mettre toutes les chances de votre côté ?

- Démarrer immédiatement. Chaque semaine de retard représente une semaine de perdue dans l’obtention des bénéfices induits par la Bureautique 2.0.

- Choisir les services les plus légers, les plus simples possible. On n’apprend pas à conduire avec une Ferrari Formule 1 !

- Faire découvrir aux personnes intéressées les potentiels et les limites des services bureautiques 2.0.

- Commencer par des petits groupes de 5 à 20 personnes motivées, positives. La recherche du BBB, le “Big Bang” Bureautique 2.0, qui va révolutionner l’entreprise, est irréaliste, dangereuse et illusoire.

- Faire confiance aux utilisateurs pour trouver, eux-mêmes, des usages créateurs de valeur dans leurs métiers respectifs.

- Profiter du très faible coût des services bureautiques 2.0 pour investir du temps et de l’argent dans un accompagnement fort, organisationnel et humain.
Mettre à disposition des services de collaboration est, aujourd’hui, simple, rapide et économique. Apprendre aux personnes à travailler efficacement en équipe, c’est beaucoup plus compliqué, beaucoup plus long !

Avoine_1 - Chercher à proposer une suite bureautique obèse aux utilisateurs de la  Bureautique 2.0 c’est aussi efficace que de donner de l’avoine aux “chevaux-vapeur” de votre voiture !

Que votre entreprise soit petite, grande ou moyenne, privée ou publique, banque ou énergie, franco-française ou internationale, vous avez tout à gagner en aidant tous vos collaborateurs à devenir des experts “es-Bureautique 2.0”.

Un superbe chantier pour démarrer 2007 en beauté !