Bureautique 2.0 : Manifesto !
Office 2.0 ou Bureautique 2.0 ?

SOA, Miam Miam !

L’événement

Soa_forum_1 Jeudi 5 octobre, a eu lieu à Paris la première grand-messe SOA en France, remarquablement organisée par Le Monde Informatique.
IBM, Oracle, BEA, SUN, Software AG, Ilog..., le Who’s who de l’offre logicielle SOA était présent, sponsorisant l’événement.
Plusieurs centaines de participants ont assisté à cette journée.  Olivier Rafal, rédacteur en chef du www.lemondeinformatique.fr, avait même organisé une transmission live, sur le Web, de la première table ronde, permettant aux internautes de poser des questions aux intervenants.

Un lieu prestigieux, Ave George V, beaucoup de monde, un buffet de qualité, tout était réuni pour faire de cet événement une réussite.
D’ou vient donc que j’en suis sorti avec un sentiment très fort de frustration et une envie forte de réagir face aux discours que j’ai entendus ?
Ce ne sont pas les petits défauts de logistique, tels qu’un réseau Wi-Fi qui a refusé de fonctionner pendant toute la matinée ; c’est beaucoup plus profond, essayons de comprendre pourquoi.

SOA, les dangers majeurs

- Un concept “attrape-tout”
Il est quand même extraordinaire que tous les intervenants de la journée S0A ne soient tombés d’accord que sur un seul point :

                “Nous ne sommes pas capables de donner ...
                   une définition précise de ce concept !”

Soa_graphe Chacun y est allé de sa définition, floue, longue, complexe, pleine de mots creux. Pour couronner le tout, ont été projetés des schémas Powerpoint merveilleux, avec 50 boîtes et autant de flèches, montrés en 15 secondes, totalement incompréhensibles !

Chargé d’introduire la journée, henry Peyret, du cabinet d’études Forrester, a été le premier à donner une définition de SOA qui, selon lui : “Permet à tous les fournisseurs de mettre ce qu’ils veulent derrière SOA”.
Il a évidemment parlé du successeur de SOA, DBA (Digital Business Architecture), dont j’ai déjà dit tout le mal que j’en pensais. 
C’est probablement une manière de confirmer, dans un langage plus simple :
“SOA, personne ne sait ce que c’est, donc, inventons immédiatement la suite, autre acronyme sur 3 lettres, cela va de soi.”

J’ai été aussi frappé par le fait que Forrester n’avait pas les ressources suffisantes pour ... traduire en français les 10 supports utilisés pendant son exposé. Il n’était, hélas, pas le seul, ce qui montre à quel point la notion de “qualité de service” est loin de leurs préoccupations.
J’espère que ce n’est qu’un problème de moyens et non pas une impossibilité intellectuelle à traduire dans la langue de Molière tous les concepts et mots creux qui étaient utilisés.

- Un Pot-pourri de tous les mots magiques
J’avais commencé à comptabiliser le nombre de fois où les mots à la mode étaient prononcés, mais j’ai vite renoncé tant c’était permanent ; ils y sont tous passés :
- Intégration
- Gouvernance
- Urbanisme
- Niveau de maturité
- Alignement avec le business (probablement le plus utilisé)
- ....

Graal J’ai beaucoup souri quand j’ai entendu, lors d’une table ronde, que la France avait un grand avantage vis-à-vis des USA dans le domaine SOA, grâce à notre démarche hexagonale MOA/MOE.  Même Merise a été appelée à la rescousse de SOA !

Le bouquet a été atteint avec l’utilisation, par plusieurs orateurs, de l’idée que SOA était l’équivalent du Saint Graal, que l’on pouvait espérer atteindre dans 15 ans ou ... jamais !


- SOA, réservé aux grands comptes

Chasse_faisan Cabinets d’études et éditeurs ont, unanimement, proclamé que seuls les grands comptes pouvaient investir sur SOA.  Investir, le mot magique était prononcé.
Les grandes entreprises, un gibier de choix !

Pourquoi réserver SOA aux grandes organisations ?
La réponse est simplissime : ce sont les seules qui peuvent investir des millions d’Euros, pendant plusieurs années sur l’intégration” de SOA dans leur Système d’Information.

Gargantua Après les ERP et les CRM, il devenait urgent de trouver quelle était la nouvelle potion magique qui permettrait aux grands fournisseurs de faire de grands festins d’euros, à la santé de leurs grands clients. 
SOA semble bien placé pour jouer ce rôle, si les DSI ne réagissent pas rapidement en revenant sur terre, avec une vision pragmatique et raisonnable.


- Entreprise Agile et S0A

Agilité, flexibilité, souplesse, réactivité, ces concepts, sous toutes leurs formes, ont été évoqués pour justifier l’urgence de passer à SOA.
Il faudra que l’on m’explique, un jour, comment des projets S0A de plusieurs années sont compatibles avec les développements de services en quelques semaines !
Il y a là un grand écart calendaire que j’ai beaucoup de mal à assimiler.

En écrivant ces lignes, je prends le risque de me fâcher avec tous les fournisseurs présents et LMI, l’organisateur de cet événement.
Poule_oeuf_dor0101 J’espère qu’ils auront, tous, l’intelligence de comprendre que j’essaye de leur rendre un grand service en les alertant sur les dangers de leurs discours, de leurs démarches.
Continuer sur cette voie est le plus sur moyen de tuer, rapidement, la poule aux œufs d’or qui les fait vivre.  Des DSI, de plus en plus nombreux, refusent ces discours creux, flous, leur demandant d’investir des millions, pour voir.


SOA : Simple, Opérationnel, Accessible ?

Existe-t-il une alternative à cette vision maximaliste, intellectuelle, coûteuse, longue, irréaliste, de SOA ? Oui, heureusement !

Des milliers d’entreprises, souvent moyennes, utilisant déjà les solutions industrielles proposées par les fournisseurs leaders du Web 2.0, eBay, Amazon, Yahoo ou Google, ont découvert, et utilisé, les Services Web pour répondre à leurs besoins métiers.

Un mot était “persona non grata” durant cette journée, Mashup !
Pourquoi ? MashUp représente ce qui fait très peur à tous les apôtres du “SOA-Miam Miam”, des solutions opérationnelles, efficaces, simples, économiques, dont les bénéfices actuels, vus par les Directions Générales, sont les mêmes que ceux promis par SOA dans... 15 ans.

La veille de cette journée, Google avait mis, gratuitement, plus de 1200 Services Web à la disposition de tous les utilisateurs d’Internet ; chacun peut, aujourd’hui, ajouter l’un de ces services à son site Web.

Heureusement que quelques conférenciers ont su garder les pieds sur terre pendant cette journée.
Jon Udell, Infoworld, du groupe Computerworld, a été l’un des seuls orateurs à oser parler de réalisations opérationnelles, telles que celles de Amazon.com, qui met des Services haut de gamme, la logistique par exemple, à la disposition de milliers de clients ; je l’en remercie.

Le représentant de Bouygues Telecom a présenté sa démarche SOA en lui donnant le nom de GBS (Gros Bon Sens).  Décidément, ce sont toujours les mêmes qui savent prendre des décisions sans être esclave des modes !

Amis DSI des grandes entreprises, que je vais rencontrer avec plaisir dans quelques jours, à la grand-messe annuelle du Cigref, les idées véhiculées par SOA sont importantes et utiles.
Il ne tient qu’à vous de choisir un SOA, Simple, Opérationnel, Accessible, en résistant aux discours “complexifiants” de fournisseurs qui espèrent, ainsi, faire transiter de nombreux millions d’euros de vos poches vers les leurs.

A vous de choisir !  Ne vous trompez pas !

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