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Web 2.0, à la Sorbonne !

Google et Salesforce.com : partenaires ou concurrents ?

Nicolas_carr Je n’avais pas prévu parler des liens entre ces deux grands acteurs du Web 2.0 (voir disclosure à la fin de ce texte), mais la lecture d’un texte de Nicolas Carr m’a amené à réagir.

Nicolas Carr, professeur à l’Université Harvard, c’est rendu célèbre, en 2004, en publiant dans la Harvard Business Review un article intitulé : “Does IT matter ? “. Nicolas en a fait ensuite un livre, avec le même titre, qui est devenu un Best-seller.

Nicolas Carr publie, en anglais, un blog d’excellente qualité, avec des textes qui, souvent, dérangent, car il n’hésite pas à remettre en cause des idées reçues. Pas étonnant que j’aime !


Salesforce vs. Google

Le 10 avril 2007, Nicolas Carr a publié un texte au titre court et explicite :
Salesforce vs. Google.

Salesforcecontentexchange_2 Ce texte fait suite à l’annonce du rachat, par Salesforce.com (SF.com), de l’un de ses partenaires, Koral, dont le produit servira de base à une nouvelle offre de SF.com, Salesforce content.
Avec cette annonce, SF.com se positionne dans le Web Content Management et souhaite proposer à ses clients une solution permettant de gérer aussi des informations non structurées.

Dans son texte, Nicolas pose une bonne question :
“Google et SF.com vont-ils s’opposer ?” Sa réponse est sans détour :
“They're not just bedfellows anymore. They're competitors”
(Ils ne sont plus des amis, mais des concurrents.)

Page_carr_with_sfcom_pub_3 Je n’ai pu m’empêcher de sourire en remarquant que, sur le blog de Nicolas Carr traitant de la relation Google- SF.com, apparaissait une publicité Google pour.. Salesforce ! Un signe du destin ?

J’ai commencé, sur son blog, un dialogue avec Nicolas Carr, en contestant son analyse.  Nous divergeons sur un point : À quelle date cette concurrence sera effective ? Je pense qu’il faudra attendre de 8 à 10 ans, et lui estime qu’elle va se faire jour très vite.
Ces échanges m’ont donné envie de traiter, plus en profondeur, le thème des relations entre Google et Salesforce.com.


SaaS (Software as a Service), aujourd’hui

Evengelistes Salesforce.com, depuis 1999, a évangélisé les entreprises sur les avantages des solutions SaaS.  La réussite est au rendez-vous : en 2007, 30 000 entreprises, représentant environ 700 000 utilisateurs, ont été “converties”.

Les clients de SF.com vont de la PME avec moins de 10 utilisateurs aux grandes entreprises telles que Dell ou Cisco avec plus de 10 000 utilisateurs.
La sécurité et la confidentialité des données sont des questions que posent toujours, et avec raison, les entreprises qui envisagent de déployer des services SaaS. Face à ces questions, deux clients de SF.com sont emblématiques :
- Symantec, le professionnel par excellence de la sécurité informatique.
- Merrill Lynch, organisme financier qui vient de signer pour plus de 20 000 personnes.
Ces deux exemples devraient rassurer les futurs clients des solutions SaaS ; on peut imaginer, et espérer, qu’ils ont posé l’essentiel des bonnes questions !

La présence de Google dans les solutions SaaS professionnelles est beaucoup plus récente ! Google a annoncé ses premiers services, Google Apps Premier Edition le 22 février à Paris. 
Il est possible, voire probable, que Google devienne très vite “la” plateforme Bureautique 2.0 de référence pour les solutions SaaS.


Ouverture, ouverture, ouverture

Open_door SF.com et Google ont parfaitement compris que, pour s’imposer, et réussir, aujourd'hui,  les solutions fermées sont condamnées.

La question m’est souvent posée : “est-ce que cette offre SaaS est Open Source ?”. Je comprends le sens de la question, mais elle est mal posée, et n’a pas grand sens.  Un logiciel Open Source est intéressant pour une entreprise qui peut accéder au code source des logiciels qu’elle installe dans son infrastructure.
Dans le cas des solutions SaaS, la logique d’ouverture n’est plus l’Open Source, mais la publication d’API (Application Programming Interface) ouvertes. Ces API permettent à d’autres éditeurs de services ou à des entreprises clientes de rajouter des fonctionnalités ou de créer des liens avec les applications existantes, “legacy”.
Flowers Google et SF.com ont publié leurs API ; des dizaines de “Mashup” sont nés autour des API de Google Maps. Moins spectaculaires, mais probablement plus utiles dans le monde professionnel, les API autour de Google Apps vont voir fleurir des dizaines de Mashup facilitant le travail de millions de personnes

SalesForce.com a poussé très loin cette démarche d’ouverture, selon deux axes majeurs :
Logo_apex_2 - AppExchange, pour des partenaires qui vont enrichir l’offre de SF.com avec des services complémentaires. Au dernier décompte, plus de 500 services étaient disponibles.
- Apex, pour les entreprises qui souhaitent interfacer leurs applications legacy.


Un + Un = Trois

Liens_api_google_sfcom_3 Web 2.0 et SaaS sont construits autour d’une logique de collaboration. L’émergence de grandes plateformes d’échanges, comme SF.com et Google, permettra à toutes les entreprises, petites, grandes et moyennes, de s’appuyer sur un nombre croissant de Services qui communiquent entre eux, mais sans rendre les entreprises prisonnières de ses solutions
Ce sont des liens “librement” choisis, à la carte !

Il est facile, et cruel, de comparer cette souplesse SaaS avec la démarche ancienne, d’intégration, que pratiquaient les fournisseurs des solutions legacy.
J’avais déjà mis en évidence les dangers de ces solutions d’intégration.
Duet_chaine Mon ire avait été maximale avec l’annonce du célébrissime Duet, liant Office de Microsoft et SAP.  Les entreprises qui tomberaient dans ce piège mortel mettront plus de dix ans à en sortir !


Google et Salesforce.com : amis aujourd’hui, concurrents demain ?

Contrairement à Nicolas Carr, je suis profondément persuadé que Google et SF.com vont rester amis pendant de très nombreuses années.
Toute autre démarche serait suicidaire pour eux, aujourd’hui.
Il y a de nombreuses raisons qui devraient rendre cette alliance durable :
- Un même modèle économique et technique : SaaS.

- Les mêmes craintes chez leurs clients. Une entreprise qui a confié ses données commerciales, clients, prospects, ventes, à SF.com le fera plus naturellement avec ses documents chez Google. Et vice-versa.

Forteresse - La même importance accordée à des infrastructures puissantes : les 3 data centers de SF.com, les 25 de Google font partie des meilleures forteresses IT du moment.

- Les mêmes adversaires : toutes les entreprises “legacy” qui continuent à vendre des licences logicielles sur des infrastructures internes ; ce sont les “anciens grands” du logiciel des années 90 que vous connaissez bien !

Cette amitié sera-t-elle éternelle ? Rien n’est moins sur !
N’oublions pas que Google, qui a fait 10 milliards de dollars de Chiffre d’affaires en 2006, veut peser 100 milliards, rapidement !
N’oublions pas les ambitions de Marc Benioff, CEO de SF.com, qui veut rester le numéro mondial des services SaaS.

Two_crocodiles_2 Lorsque le marché des logiciels SaaS dépassera celui des licences logicielles, lorsque la majorité des entreprises auront franchi le pas des solutions SaaS, l’image des deux crocodiles dans un marigot pourra peut-être s’appliquer à Google et Salesforce.com.

Quand ces deux conditions seront-elles réunies ? En étant optimiste, je viserais les années 2012-2013.  En étant réaliste, il faudrait attendre 2015 au plus tôt.
Dans le monde du Web 2.0, ce sont des échéances qui correspondent au très, très long terme.

Foret_vierge_09c_2 Il nous reste au moins 7 à 10 années pour profiter des bénéfices induits par cette complémentarité des services SaaS de Google et Salesforce.com.  Profitons-en, tranquillement !
Il sera toujours temps, en 2014, d’explorer de nouvelles pistes !

“Disclosure”
Microcost, dont je suis Président, utilise en interne les services Web 2.0 Google Apps et SF.com.  Nous avons développé une passerelle entre ces deux environnements grace aux API ouvertes.
Microcost est aussi un partenaire de Google et de Salesforce.Com.

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