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Université d’été du Medef - impressions finales

Université d’été du Medef - Première journée

Frderic Invité par Frédéric Chevalier du Medef, les 50+ blogueurs étaient présents à la première journée de l’Université d’été du Medef.

Mes premières impressions

- Très pro ! L’accueil, l’organisation, une salle de presse réservée aux blogueurs, les salles de conférences, le réseau Wi-Fi sur l’ensemble des lieux, tout a très bien fonctionné.

Salle_comble_2 - Une affluence record.  Que ce soit pendant les plénières ou dans les ateliers auxquels j’ai participé, les salles étaient en permanence combles. 
Le public était attentif, applaudissait souvent, riait de bon cœur quand les orateurs faisaient de l’humour.
Un exemple de cet humour facile, mais efficace :
Laurence Parisot, pendant son discours d’ouverture a dit que participer aux Universités d’été du Medef avait aidé la carrière de nombreux conférenciers, et de rappeler que...
- Nicolas Sarkozy était venu plusieurs fois, y compris en 2006 et...
- Ségolène Royal avait été invitée plusieurs fois et avait toujours refusé cette invitation.

Diner_1 - Convivialité : Je ne sais pas si c’est le lieu, le soleil ou la période de la fin de l’été, mais tout le monde avait l’air de bonne humeur. Les pauses, le dîner permettait des échanges agréables avec tous les participants

Police_cheval_2_2 - Sécurité : Après la découverte d’engins incendiaires sur le campus d’HEC, je m’attendais à une présence policière forte ; elle était en fait très discrète.
La situation risque d’être différente le deuxième jour, avec la présence de Nicolas Sarkozy !

Interview_france_inter - Une forte couverture médiatique :  Radios et télévisions étaient omniprésentes, pour interviewer les participants ou retransmettre les principaux ateliers


Quelques conférences

Il était bien sûr impossible d’être présent dans tous les ateliers ; j’ai choisi de parler de deux exposés qui m’ont marqué.

La séance d’ouverture a donné la parole à ... l’international, avec la présence de Omar Konaré, président de la commission de l’Union Africaine et Shashi Tharoor, diplomate indien, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU.
L’opposition des styles, des discours et des messages de ces deux conférenciers était fascinante.

Konar_3 Omar Konaré a parlé, bien de l’Afrique, dans un style théâtral, avec des messages très forts. Ceux qui m’ont le plus frappé :
- La situation est catastrophique, et les responsabilités sont partagées entre les pays eux-mêmes et les anciennes puissances coloniales
- Les grands challenges : l’eau, le climat, la pauvreté, la faim et les ... échanges de population interpays africains, plus graves que celui de l’émigration vers l’Europe.
- L’économie : Les programmes d’aide ne fonctionnent pas ; il faut donner à l’Afrique les moyens de se prendre en main avec, comme principaux remèdes :
+ L’annulation complète de la dette
+ La suppression des aides agricoles aux USA et en Europe, sur le coton et autres produits de base.  Il a cité des chiffres impressionnants sur la baisse du cours des matières premières, café, cacao, coton.  Les subventions américaines à 30 000 planteurs de coton sont 100 fois supérieures à celles versées aux millions de planteurs africains.
- Un message d’espoir, pour l’avenir. Parlant devant des chefs d’entreprises, il les a fortement incités à investir massivement en Afrique, qui sera le plus grand chantier mondial des trente prochaines années. (Pont sur le détroit de Gibraltar, autoroutes Sud Nord et Est Ouest..)

Indian_2 Shashi Tharoor, passant avec finesse et élégance du français à l’anglais, deux langues qu’il maîtrise très bien, a parlé du sous-continent indien, 60 ans après son indépendance.

- Des inégalités fortes : malgré ses succès économiques impressionnants, plus de 60 % de la population indienne est pauvre.
- Un éloge de la démocratie : c’est, pour lui, l’une des raisons essentielles des succès de son pays.  Malgré la bureaucratie, la corruption, c’est quand même la meilleure manière de gérer un pays. Il a aussi beaucoup insisté sur l’extrême décentralisation du gouvernement indien, indispensable selon lui dans un pays aussi divers.
- L’accès à Internet.  C’est encore un élément clef de fracture numérique en Inde, malgré la présence de toutes les grandes SSII indiennes.  Un gros effort doit être fait dans ce sens.

- La révolution douce : j’ai beaucoup aimé cette définition de la démarche indienne, dans tous les domaines. Gandhi avait montré le chemin, lors de l’indépendance.  Il semble que, à l’inverse de la Chine ou de la Russie, autres membres du club BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), l’Inde a choisi de jouer la carte de la révolution douce, de la finesse, y compris dans le monde des affaires.

- Friedman a tort : il a beaucoup cité Thomas Friedman (The world is flat). Dans son style “soft”, il a réfuté la thèse de Friedman selon lequel c’est l’économie qui domine le monde aujourd’hui.  Tout ne s’explique pas en termes économiques, les conflits sont plus portés par les sentiments que par la logique, et les états auront encore pendant longtemps un rôle clef à jouer.

Pendant la majeure partie de cette première journée, un participant qui ne connaissait pas le Medef aurait été incapable d’imaginer que l’organisateur de cette manifestation était une association patronale française.
C’est, pour moi, un grand compliment et une première réponse aux personnes qui avaient laissé des commentaires sur mon blog précédent, craignant que nous, les blogueurs, soyons les otages des “patrons” !

Vous pouvez trouver tous les blogs de l'université d'été du Medef, y compris ce texte sur le blog collectif du Medef ; bonne lecture.

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