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Quel prix pour la musique, la vidéo, l’information numérique ?

Destruction_dvd_2 Dupliquer, stocker une information numérique, que ce soit du son, de l’image ou des textes ont un coût marginal nul. C’est un fait, c’est lié à l’évolution des technologies et nous devons tous, consommateurs, distributeurs et producteurs de contenus numériques, apprendre à vivre intelligemment avec cette réalité.
(Attention, ce post est long)


Un thème d’actualité

Périodiquement, ce thème revient dans l’actualité, sous des formes variées.
Je citerai trois informations récentes, qui m’ont amené à me repencher sur ce sujet.

- Le comble du ridicule vient d’être atteint aux USA, où une jeune femme a été condamnée à verser 222 000 dollars à la RIAA (Recording Industry Association of America) pour avoir mis sur Kazaa 24 morceaux de musique, soit $ 9250 par thème !
Ceci est supposé avoir un effet dissuasif sur les pirates !

Callas_fnac - Les collections musicales classiques à 1 € le CD poussent comme des champignons : après Mozart, Bach, on voit apparaître Beethoven, la Callas ou l’opéra.  Elles sont,  bien sûr, disponibles à la FNAC de Mr Olivennes, qui offre même, en prime, 10 morceaux numériques gratuits sur sa boutique en ligne.

- Je consacre un paragraphe entier au troisième, le rapport Olivennes.


Le rapport Olivennes

Olivennes En France, une nième commission a planché sur les méfaits supposés du piratage !
Le rapport de la commission Olivennes, du nom du PDG de la FNAC, vient ‘être remis au gouvernement français le 23 novembre 2007.
Je trouve pour le moins curieux que ce soit au responsable d’un grand acteur marchand du secteur que l’on ait confié cette étude.
PCinpact a publié l’essentiel de ce rapport ; merci.

J’avais aussi parlé dans mon blog d’une étude scientifique qui démontre que le piratage n’a aucune influence sur les ventes de CD.
Je crains, hélas, qu’aucun des membres de cette commission n’ait lu, ou voulu lire, cette étude.

Dead_drm_2 Il y a au moins une bonne idée dans ce rapport : demander la fin des DRM, ces empêcheurs d’écouter facilement de la musique, qui n’ont jamais gêné les très rares pros du piratage.

Sur les DRM, je vous conseille fortement de lire la présentation faite par Ian Rogers à des professionnels de la musique. C’est un long texte, avec beaucoup de commentaires, mais il démonte de manière exceptionnelle l’inanité des DRM.

Pirate_internet Au-delà des polémiques stériles sur les méchants utilisateurs qui sont tous des pirates en puissance, au-delà des jérémiades des éditeurs de CD qui se lamentent sur la baisse du nombre de CD vendus, comment peut-on analyser, sereinement, l’évolution du comportement des acteurs économiques face à une offre d’information qui se numérise, dans tous les domaines.

Je vous propose d’analyser trois familles d’information numérique.


Information musicale numérique

La musique est très bien adaptée au numérique ; avec les techniques actuelles de compression, la vitesse des réseaux et la capacité croissante des mémoires numériques, nous pouvons consommer toute la musique numérique dont nous avons besoin, en tous lieux.

J’ai “trois prix” possibles pour obtenir de l’excellente musique numérique :

Liste_opras_odeo_20 €, légalement.  Sur iTunes et autres sites, des podcasts, souvent de qualité, me proposent de nombreuses œuvres qui correspondent très bien à mes goûts ; j’ai, par exemple téléchargé plus de 70 opéras complets sur Odéo.

Intgrale_beethoven - 10 centimes d’euro, légalement.  Si j’achète 50 CD de Beethoven pour 50 €, je paye l’équivalent de 10 centimes par plage musicale, si l’on considère qu’un CD contient en moyenne une dizaine de titres.

- 1 € / plage sur iTunes, légalement
.  La boutique d’Apple me propose environ 4 millions de titres à ce prix là. 
Morgan_stanley_ipod_itunes_sales_2 Une remarquable étude récente de Morgan Stanley montre qu’il y a une parfaite corrélation entre les ventes d’iPod et les ventes de musique sur iTunes.
Un rappel : "nous" avons acheté plus de 4 milliards de titres sur iTunes.

Les jeux sont faits : une fois que ces prix raisonnables seront ancrés dans la tête de millions de consommateurs, il sera impossible de les en décrocher !
Si le distributeur et l’éditeur peuvent gagner leur vie en vendant des CD à 1 €, il deviendra très difficile, puis impossible, de justifier les prix de certains CD qui dépassent les 20 € !

Stones_3 Et ce sont ces mêmes consommateurs qui vont ensuite payer de 50 à 200 € pour assister à un concert live de leurs artistes préférés !
Le record du chiffre d’affaires d’une tournée musicale vient d’être battu en 2007 par un “nouveau” groupe, les "Stones", qui ont réalisé 558 millions de dollars de CA en 144 concerts.
Ce simple chiffre devrait, si elles avaient un minimum d’intelligence, faire comprendre aux maisons de disques que les clients sont prêts à payer, très cher, pour la musique, mais à leur convenance !


Information visuelle numérique (images, films, vidéo...)

Avec un décalage dans le temps logique, lié au fait qu’il fallait plus de bande passante pour la vidéo que pour la musique, le même phénomène se reproduit pour les films et vidéos numériques.

Les consommateurs d’images numériques ont maintenant des options claires :

Youtube_fillon - 0 €, légalement. YouTube, DailyMotion et beaucoup d’autres proposent des millions de vidéos passionnantes, innovantes, dans tous les domaines.
C’est bien sûr là que l’on trouve la vidéo de François Fillon se plaignant, avec humour, que son boss ne le laisse pas toujours aller sur le terrain.

- 3 à 10 €, légalement, pour des séries TV ou des films récents sur les sites tels que iTunes.

-  4 à 7 €, légalement, pour un film DVD, en complément de la presse écrite et autres promotions.  Cette pratique, arrivée récemment en France, était courante en Espagne depuis le début des années 2000.

- 20 à 40 € pour les dernières sortes vidéo.  Même si l’écart de prix n’est pas aussi flagrant que dans le monde de la musique, il devient, lui aussi, de plus en plus difficile à justifier, dans la tête des clients.

Le même processus se retrouve pour les images fixes.

- 0 , légalement. Des dizaines de millions de photos sont disponibles, sur Flick ou Picasa, comme celle que j’ai utilisée pour illustrer le concert des Stones.

Istockphoto_2 - De 1 à 10
€, légalement, pour des photos de qualité professionnelle.
IstockPhoto, vous propose plus de 2millions d’images sans royalties, que l’on achète une fois et que l’on peut réutiliser autant de fois que nécessaire.


Information professionnelle numérique

Dans la logique du Web 2.0, les innovations passent progressivement du grand public au professionnel.
Je vous propose d’étudier quelques exemples concrets.

- Information financière
Google_finances_2 Les entreprises sont prêtes à payer, très cher, de l’information boursière en temps réel, sur des sites tels que Bloomberg.
En même temps, nous avons tous accès à de l’information financière gratuite, avec un décalage de quelques minutes, sur de très nombreux sites.

- Ouvrages professionnels
Le livre blanc sur les réseaux sociaux professionnels, dont j’ai écris la préface, est, bien entendu, disponible gratuitement en PDF sur le site de Lulu.com.
Il est toujours possible de payer 6 euros pour la version analogique, papier.

- Présentation, blogs, séminaires.
Vous souhaitez découvrir les potentialités du Web 2.0 ?
Vous avez au moins trois options :

- Une présentation, gratuite, sur le Web.
Ed_yourdon Dans les 15 jours qui ont suivi l’annonce de la fonction “présentation” dans Google Apps, une remarquable présentation du Web 2.0, avec plus de 100 slides, était mise à la disposition de tout le monde, gratuitement.  Elle est le fruit d’un travail collaboratif initié par Ed. Yourdon.
Lors de ma dernière consultation, j’ai eu accès à la version... 49 !
Cette présentation est disponible sur Google Docs et SlideShare.
Elle propose des centaines de liens qui permettent à chacun, à sa guise, à son rythme, d’approfondir le sujet.

Cap_gemini_web_20_3 - Un séminaire de deux jours que j’anime pour CapGemini Institut.
Une vingtaine de personnes, qui ont payé 1 600 euros, se sont inscrites au prochain, qui a lieu le 29 novembre.

- Organiser un séminaire sur mesure, dans votre entreprise.

J’anime souvent des séminaires, pour des comités de direction, des utilisateurs et des informaticiens, d’une durée comprise entre 1/2 journée et 2 journées. 
Selon le niveau d’adaptation nécessaire, ces actions sont facturées de 3 000 à 8 000 euros.

Quelle est la bonne formule ? Les trois !
Choix_2 Chacun est libre de choisir :
- Se former seul en utilisant l’extraordinaire richesse du Web.
- Participer à un séminaire en “live”, interentreprises, où il rencontrera d’autres personnes ayant des préoccupations similaires.
- Organiser, pour un groupe de personnes dans son entreprise, un séminaire qui sera spécialement adapté au contexte.

Si j’étais aussi stupide que les éditeurs de CD qui se plaignent de la chute des ventes d’un support obsolète, je monterais aussi une commission “Olivennes” contre la concurrence déloyale des présentations gratuites disponibles sur le Web !


Nous, clients, avons le choix !

Louisvuittons45000_2 - Quel prix pour un sac ? 20 euros ou 45 000 $ pour le dernier modèle de Louis Vuitton ?
- Quel prix pour une voiture ? 8 000 euros pour une Logan ou 400 000 pour une Mercedes Maybach.
- Quel prix pour une montre ? 60 euros pour une Swatch ou 130 000 euros pour une Blanpain mécanique.

Ces mêmes différences sont aujourd’hui présentes pour toutes les familles d’information numérique.
Les paramètres de choix, concernant le prix que nous sommes prêts à payer, sont très complexes, très riches :
- Telle version, de tel musicien, avec tel orchestre
- Dimension temps : information récente, plus ancienne...
- Exclusivité, sur mesure...
- Dimension “participative” et “collaborative”, concert, conférence live...

La prise du pouvoir par les clients de l’information numérique est irréversible ; elle ne peut que s’amplifier.

Si la version de l’Opéra de Bellini “Le pirate”, que me propose gratuitement Odeo me satisfait, je n’irai pas en acheter une autre.
Ceci ne m’empêchera pas de faire la queue pour essayer d’obtenir des places pour le voir à l’Opéra Bastille et d’acheter, sur un coup de cœur, une nouvelle version que j’aurai entendue sur une Web radio.
(Il est évident que j’ai choisi ce titre d’Opéra par hasard !)

Privilge Les producteurs de contenus ont tout à y gagner s’ils comprennent les profondes mutations technologiques et culturelles que cela induit.pour leurs métiers.
S’ils restent accrochés à leurs privilèges et à leurs modèles économiques périmés, comme hélas semble l’indiquer le comportement de la RIAA ou de la commission Olivennes, ils ne réussiront qu’à créer des nuisances transitoires pour leurs clients qui se détacheront encore plus vite d’eux.

Gratuit ? Economique ? Cher ?
Laissez nous choisir, tranquillement, sans nous faire subir des supplices qui sont réservés aux criminels.

Et si les vrais pirates, c’étaient les acteurs de l’industrie du contenu qui défendent des privilèges d’un autre temps ?


Open Source en entreprise, la maturité.

Saugatucklogo_02_2 Après leur récente étude sur le SaaS (Software as a Service), dont j’avais parlé il y a quelques mois, le cabinet Saugatuck publie un document très complet sur la situation actuelle des solutions Open Source dans les entreprises, au titre explicite :

Open Source: The Next Disruptive IT Influence

Saugatuck m’a transmis l’étude complète. Ce document, court et précis, a sa place sur le bureau de tous les responsables informatiques qui souhaitent tirer profit, intelligemment, les solutions Open Source dans leur entreprise.
Oss_saugatuck_mgmt_summary_2 Le prix complet de se rapport est de 1295 US$.

En s’enregistrant sur le site de Saugatuck, il est aussi possible de télécharger un “management summary” gratuit, en PDF. qui contient des informations intéressantes.


Situation du marché Open Source professionnel

Stages_of_oss_saugatech_2 Le graphique de maturité du marché Open Source, publié par cette étude, montre que les entreprises sont aujourd’hui dans la deuxième phase, l’adoption généralisée.

Sur un graphique similaire, concernant les solutions SaaS, Saugatuck indiquait que les entreprises n’en étaient encore que dans la phase “early adopters”.

Il y a un autre résultat intéressant dans ce dossier ; les entreprises vont de plus en plus consommer de l’Open Source “sans le savoir” car la majorité des offres SaaS seront construites avec des briques Open Source !


Quelques idées-forces

Les solutions Open Source ont commencé à se diffuser en entreprise il y a plus de 10 ans ; le rapport Saugatuck n’apporte donc pas d’informations “sensationnelles” sur le sujet, mais toute une série de confirmations qui montrent que le marché a atteint un niveau élevé de maturité.

J’en ai extrait quelques résultats significatifs :
- En 2010, 32 % des entreprises interrogées auront plus de 50 % de solutions Open Source dans leur informatique interne.

- Les solutions mixtes, Open Source et propriétaires, resteront encore les plus fréquentes pendant les 5 prochaines années.

- Les entreprises ne font plus des choix Open Source par hasard ; elles construisent une stratégie raisonnée dans laquelle les solutions Open Source ont une place logique, comme les solutions propriétaires.

- Une partie des réductions de coûts des licences logicielles, obtenues grâce à l’Open Source, est en partie consommée par les coûts de management supérieurs des solutions mixtes.

- Plus de 50 % des personnes interrogées ont indiqué que les solutions Open Source apportaient un avantage concurrentiel important à leur entreprise.

S’il fallait retenir un seul avantage de l’Open Source, ce qu’indique ce rapport est que les entreprises apprécient en priorité la ... démarche communautaire qui préside à la création de solutions Open Source. 
Elles ont donc parfaitement compris que la taille, la puissance d’une communauté sont les éléments déterminants du succès d’une solution Open Source.


Les principaux bénéfices

L’étude Saugatuck liste dix-sept avantages des solutions Open Source, tels qu’ils sont perçus par les responsables informatiques.

Oss_four_main_drivers_2 Sans grande surprise, les quatre principaux bénéfices sont :

- Les conditions de licences et leurs coûts.

- Les coûts d’acquisition.

- Une indépendance accrue vis-à-vis des fournisseurs.

- La possibilité de modifier, d’adapter le code source.

Ce dernier point est peut-être le plus surprenant.
J’imagine que ce sont les grandes entreprises, qui disposent d’équipes informatiques importantes, qui ont fait cette remarque ; elles peuvent en effet adapter les solutions Open Source, qu’elles soient d’infrastructures ou applicatives, à leurs attentes sans dépendre du bon vouloir d’un éditeur ou d’une SSII.


Quelles réticences rémanentes ?

Ces informations sont encore plus intéressantes que celles relatives aux bénéfices de l’Open Source, bien connus.
Saugatuck a demandé quels étaient les principaux facteurs de blocage qui ralentissent encore la diffusion des solutions Open Source dans les entreprises.

Oss_inhibitors Comme le montre ce graphique, il y a six “inhibiteurs” recensés ; ce sont, par ordre décroissant d’importance :

- L’immaturité des solutions.

- La sécurité et les inquiétudes liées à l’existence de “communautés”.

- Les défaillances de l’assistance.

- L’absence de fournisseurs. dominants

- Les craintes liées aux licences logicielles.

- Les performances et la richesse fonctionnelle des solutions.

Remarque : ce ne sont pas les défauts des solutions Open Source mais les “défauts perçus” par les responsables informatiques. 

Cette liste pourra aider les fournisseurs de solutions Open Source à mieux comprendre les réticences de leurs clients potentiels et à préparer un message marketing plus efficace.

Je suis frappé par le fait que les poids relatifs de ces différents facteurs de ralentissement de l’adoption des solutions Open Source ne sont plus très différents les uns des autres.
Il n’existe plus un défaut perçu, clairement dominant.

C’est pour moi un autre signe de la maturité du marché ; les responsables ont compris qu’il n’existait plus d’arguments “massues” contre les solutions Open Source et prennent en compte les mêmes critères de choix que ceux utilisés pour des solutions propriétaires.
Les seules préoccupations spécifiques du modèle Open Source sont relatives aux licences logicielles et à la démarche communautaire.
Ce sont aussi les .... deux avantages majeurs, vus par les partisans de l’Open Source !


Open Source professionnel, demain

Les idées reçues ont la vie dure !
Challenges_marxopen_source Il y a quelques mois, la revue Challenges, que j’aime beaucoup, avait publié un article sur les plus grands économistes qui ont influencé le monde.
Ils n’ont pu s’empêcher d’illustrer Karl Marx par une... image du pingouin Linux devant la Bourse de Paris !

Cette image Open Source = communisme, anti capitalisme, est hélas encore présente dans quelques esprits !  Je pensais que Steve Ballmer était le dernier à exprimer cette opinion, je me suis trompé.

L’étude Saugatuck confirme que l’Open Source devient de plus en plus “fréquentable”. Il reste beaucoup de chemin à parcourir, mais nous avançons dans la bonne direction.


TAG - Traduction Assistée par Google, bluffant !

Traduction_ok_2 J’utilise depuis de nombreuses années des services Web de traduction automatique.  Ils sont très utiles, si l’on en accepte les fortes limites et on les réserve à ce qu’ils font raisonnablement bien :
comprendre le sens d’un texte, aller à l’essentiel.

Google_traducteur_blog Un Widget permettait déjà, depuis plus d’un an, de “traduire” mon blog en allemand et en Anglais ; ne nombreux lecteurs l’utilisent et m’ont dit que c’était “mieux que rien” en leur permettant de comprendre les idées fortes de mes textes.

C’était, jusqu’il y a quelques jours, ma vision de ces outils de traduction Web. 
Elle vient de changer, brutalement !


Google Translate 2.0

Logo_google_translate_2 Depuis peu, Google propose un nouveau service de traduction immédiate, pour des documents ou des pages Web, Google Translate.

Exemples_langues_google_translate De nombreux “couples” de langues sont déjà opérationnels. Du français vers d’autres langues, Google Translate est encore très limité ; seules sont disponibles les traductions vers l’anglais et l’allemand.
J’attends avec impatience l’espagnol ! (voir plus loin)


Une innovation de rupture

Vous connaissez ma passion pour l’innovation ; nous assistons là au tout début d’une véritable révolution !

Franz_och Ce service utilise une démarche de rupture, innovante, expliquée, dans ses grandes lignes, par Franz Och, un chercheur allemand qui travaille chez Google.

Cette approche “brutale”, s’appuyant sur les bases Google contenant des milliards de mots, donne déjà des résultats spectaculaires. Il n’est pas difficile d’imaginer la qualité des traductions que l’on obtiendra d’ici quelques mois ou années.

Cette démarche que j’ai envie de nommer TAG, (un mot très utilisé dans le Web 2.0 !), pour “Traduction Assistée par Google”, couple la puissance monstrueuse des centres de calcul de Google avec l’intelligence des linguistes.  Elle fait aussi appel à... vous, dans une démarche très collaborative Web 2.0. 
À la fin de la traduction d’un document, TAG vous demande, vous propose de l’aider à améliorer la traduction.

Puissance de Calcul Google + Linguistes + Tous utilisateurs : un trio de choc pour chambouler totalement le monde de la traduction !


Un essai Anglais-Français

J’ai choisi, à titre d’exemple, le début du texte de Franz Och :

Because we want to provide everyone with access to all the world's information, including information written in every language, one of the exciting projects at Google Research is machine translation. Most state-of-the-art commercial machine translation systems in use today have been developed using a rules-based approach and require a lot of work by linguists to define vocabularies and grammars.

La traduction en français est la suivante, obtenue en moins d’une seconde !

Parce que nous voulons donner à tous accès à toutes les informations du monde entier, y compris l'information écrite dans toutes les langues, l'un des projets passionnants à la recherche de Google est la traduction automatique. La plupart état de la technique commerciale des systèmes de traduction automatique en usage aujourd'hui ont été développés en utilisant une approche fondée sur les règles et nécessitent beaucoup de travail par des linguistes de définir des vocabulaires et des grammaires.

Imparfait, comme le montre le texte en gras, oui, mais impressionnant, quand même !

Je vous propose de faire, immédiatement, quelques essais avec vos documents, et dans les deux sens :
- Depuis votre langue maternelle vers une autre langue.
- Depuis une langue étrangère que vous maîtrisez raisonnablement vers votre langue maternelle.

Vous pouvez aussi faire un essai, redoutable : un aller-retour Français - Anglais - Français !
C’est l’un des tests les plus durs de la qualité d’un outil de traduction. 
Vous serez, je pense, comme moi, impressionné par les résultats.


Une utilisation professionnelle ... immédiate !

IFE, un organisme espagnol de formation, vient de me demander d’animer à Madrid, et en espagnol, un séminaire Web 2.0 au début de l’année 2008.
Je dois donc leur envoyer un texte pour préparer la plaquette de présentation de ce séminaire.

El_traductor J’ai profité de l’existence de la solution TAG pour... changer mon mode de travail, en le découpant en plusieurs étapes :
- Traduction, avec TAG, d’un texte existant en français, de quatre pages, vers ... l’anglais.
- Traduction, avec TAG, du texte anglais obtenu vers l’espagnol ; il n’existe hélas pas encore de version directe français vers espagnol.
- Importation de ce document espagnol dans Google Documents.
- Modification du contenu, à la fois sur le fond et la forme, pour l’adapter aux attentes du marché espagnol.
- Ouverture du Google Documents aux responsables d’IFE pour qu’ils fassent les dernières modifications linguistiques.
- Partage avec IFE des modifications pour élaborer la version finale.

J’estime avoir gagné entre 60 et 80 % de temps de travail par rapport à la démarche que j’aurais du suivre si TAG et Google documents n’existaient pas.
Il est facile d’imaginer le processus ancien, avec les coûts et délais correspondants :
-Traduction manuelle du document.
- Envoi par email à IFE.
- “Ping-Pong” email pour nous mettre d’accord sur un texte final.


Impacts professionnels potentiels

TAG, comme toute innovation importante, va immédiatement déclencher ... des réactions négatives.
Il est facile d’en imaginer quelques-unes :
- C’est la mort du métier de traducteur.
- La qualité des traductions va baisser.
- Google devient trop envahissant.
- L’anglais va s’imposer encore plus comme langue dominante.

Je préfère imaginer les apports positifs de cette innovation ; à chacun son tempérament !

Flags Toutes les entreprises présentes sur des marchés internationaux vont pouvoir :
- Traduire plus facilement leurs sites Web dans les langues des pays où elles sont présentes, ou souhaitent s’implanter.
- Fournir à leurs collaborateurs des documents internes, des modes d’emploi de bonne qualité, dans leurs langues maternelles.
- Faciliter le travail collaboratif transfrontalier.

PME et TPE sont, à mon avis, les mieux placées pour tirer parti, rapidement, de TAG.
Un petit coup de pouce à la compétitivité de nos PME, cela ne fera pas de mal, par les temps qui courent !

Un_saudi J’ai aussi envie pour conclure, de poser une question “naïve” :

- Combien pourrait-on gagner, immédiatement, avec TAG, sur les budgets traduction des organismes internationaux tels que la CEE ou l’ONU ?


2008, année des réseaux sociaux professionnels Web 2.0 ?

Social_networks On parlera beaucoup des réseaux sociaux professionnels (RSP) en 2008 !

Investissement de $ 240 M de Microsoft pour 1,6 % de Facebook, annonce par Google de OpenSocial ; la semaine qui vient de s’écouler a été riche en événements qui montrent que les RSP vont jouer un rôle de plus en plus stratégique dans Internet et dans les entreprises.


Réseaux sociaux : principes de base

Depuis que le monde existe, il c’est créé des liens entre les personnes ; d’excellents résumés de l’évolution de ces réseaux sociaux, en français et en anglais se trouvent dans... Wikipédia, bien sur.

L’explosion d’Internet, avec ses 1.100 millions d’utilisateurs, a permis la naissance de réseaux sociaux qui s’appuient sur des sites Web.
Asmallworld Il existe aujourd’hui plusieurs dizaines de sites Web spécialisés dans le social networking, depuis les plus grands tels que MySpace avec ses 100 millions de membres, aux plus exclusifs comme asmallworld, réservé à la jetset et sur invitations seulement.
(Inutile de me demander une invitation, je n'en suis pas membre !)


Les RSP, réseaux sociaux professionnels, en 2006

Old_fashioned Les RSP Web existent depuis longtemps : Xing, LinkedIn et Viadeo font partie des plus connus. 
Jusqu’au début de l’année 2007, c’étaient des espaces fermés, sérieux, pour ne pas dire “mortels” où il se passait peu de choses intéressantes.

Je suis membre de cinq de ces réseaux et j’étais très rarement contacté...
Je ne crois pas être le seul dans cette situation.


Les réseaux sociaux grand public, en 2006

Skyrock MySpace, Skyrock... C’était OK pour les ados, les collégiens ou les personnes en mal de rencontres sentimentales (pour ne pas employer un mot plus cru).

Les personnes “sérieuses”, les managers ne fréquentaient pas ces espaces, tout du moins officiellement.
Pourtant, des centaines de millions de personnes s’y retrouvaient chaque jour, échangeaient, s’y invitaient...bref, y passaient d’excellents moments.


2007, année zéro de la mutation des RSP

Berlin_muren Un véritable raz de marée a secoué le monde des réseaux sociaux quand le “mur” qui séparait les espaces grand public et professionnels a explosé, grâce à l’initiative de Facebook. 

Facebook, à l’origine réservé aux étudiants américains (il fallait un email en .edu pour y accéder) c’est ouvert à tous.
En quelques mois, des millions de professionnels, dont moi, s’y sont inscrits et ont découvert ce que pouvait être un réseau social actif, dynamique, sympa et efficace. Oh, miracle, on pouvait même y mettre sa photo !
Depuis cette date, le monde des RSP ne sera plus jamais le même !

L’ère des RSP 2.0 commence.


Facebook, premier RSP 2.0

Comscore_study_of_rsp_2 Comme le montre une enquête récente de ComScore, Facebook est le réseau social dont la croissance est la plus rapide ; 270 % en 12 mois.

L’essentiel de cette croissance vient de l’ouverture sur le monde professionnel.
Au-delà de l’effet de mode, incontestable, le succès de Facebook tient en un mot : ouverture

Fmail_gmail_dans_facebook_2 Mark Zuckerberg, son CEO de 24 ans, a eu l’intelligence d’ouvrir sa plateforme, sans aucune contrainte technique ou financière, à tous les développeurs qui souhaitaient l’enrichir.
En quelques mois, plusieurs milliers de “Widgets” (petites applications Web) Facebook sont nés.
À titre d’exemple, j’utilise quotidiennement l’accès à Facebook depuis Netvibes et Fmail, qui permet l’accès à Gmail depuis Facebook.


Etes-vous Facebook ou “Faceblock” ?

L’irruption de Facebook dans le monde professionnel en 2007 a déclenché deux types de réactions, diamétralement opposées, de la part des dirigeants.

De grandes sociétés, ou leurs collaborateurs, ont immédiatement compris les potentiels des RSP 2.0. Ernst & Young a plus de 15 000 salariés sur Facebook et Citigroup plus de 8 000.
Consécration suprême, RIM a annoncé le 24 octobre 2007 que les “crackberry” peuvent maintenant accéder à Facebook !

Cage À l’inverse, d’autres sociétés, comme Credit Suisse, Dresdner Kleinwort ou Metropolitan Police, se sont inquiétées de ce phénomène “dangereux” et ont bloqué l’accès à Facebook depuis leur Intranet. C’est la démarche que je propose d’appeler “Faceblock” !
Ces entreprises se sont-elles posées la question de savoir ce que font leurs collaborateurs, dès qu’ils sont libérés des contraintes du firewall ?

Lorsque, le 24 octobre 2007, Facebook a annoncé que Microsoft avait accepté de verser 240 millions de dollars pour acquérir 1,6 % de son capital, tous les regards se sont tournés vers Google, supposé en concurrence avec Microsoft sur ce dossier.
La majorité des commentateurs ont souligné que Microsoft ne pouvait pas perdre l’un de ses plus grands partenaires pour la publicité sur Internet, ce qui expliquerait le prix très élevé payé par Microsoft.


OpenSocial, la réponse de Google

Open_social_logo Moins d’une semaine plus tard, le 1er novembre 2007, Google annonce OpenSocial, et le monde des RSP 2.0 vit une deuxième révolution !

OpenSocial est un ensemble ouvert d’API (Points d’entrée applicatifs) permettant aux développeurs de Widgets de développer une seule fois leur application et de l’installer sur plusieurs réseaux sociaux, immédiatement.
Attention, un grand nombre de ces API sont annoncées, mais non encore opérationnelles ; il faudra plusieurs mois avant que toutes soient disponibles.

La liste des partenaires annoncés dès les premiers jours est impressionnante. Elle regroupe l’essentiel des grands acteurs du marché :
Bebo, Engage.com, Friendster, Hi5, Hyves, imeem, LinkedIn,Ning, orkut, Plaxo, Six Apart, Tianji, Viadeo, et XING.
D’autres fournisseurs, tels que Salesforce.com ou Oracle, plus connu pour leurs applications que comme acteurs des réseaux sociaux, se sont joints au groupe qui soutient OpenSocial.
Les premières applications OpenSocial sont déjà opérationnelles ...

Un Site Google est disponible pour les Développeurs OpenSocial.

Il y a, pour le moment, vous l’avez sûrement noté, un absent de marque dans cette liste : Facebook.
Rejoindra, rejoindra pas Open Social ?
Toute la blogosphère se pose la question !
Quarantine
Facebook avait été le premier à ouvrir sa plateforme aux développeurs ; l’initiative de Google va dans la même direction, mais plus loin, de manière plus radicale, en s’ouvrant à tous les réseaux sociaux importants, et pas seulement à Orkut, le sien.

Facebook peut-il rester à l’écart de ce mouvement ?
Personnellement, je ne le pense pas, mais je peux me tromper.
Eric Schmidt, PDG de Google, a révélé qu’ils discutaient secrètement avec Myspace depuis un an.
Depuis quand, à votre avis, ont commencé les échanges entre Google et Facebook ?


Quatre familles de réseaux sociaux

Matrice_rseaux_sociauxtypologie J’ai imaginé une matrice pour établir une typologie simple des réseaux sociaux : comme toute matrice de management, elle a, bien sûr, quatre cases !

Les deux dimensions d’analyse sont :
- Personnel vs Professionnel : nous avons tous nos réseaux personnels, autour de la famille et des amis. Les personnes qui travaillent ont aussi des réseaux professionnels.
- Intranet vs Internet : au sein de nos entreprises, dans l’Intranet, s’établissent des échanges autour de projets communs ou de groupes de travail. En même temps, nous échangeons, en dehors du firewall, avec des clients, des partenaires ou d’anciens collègues.

Des réseaux sociaux peuvent être utiles dans chacune de ces quatre cases. 
La solution choisie par les entreprises sera souvent de mettre des murs étanches entre ces quatre familles de réseaux sociaux.  L’exemple des entreprises Faceblock est très révélateur de cette démarche.


Des frontières ... artificielles

Cette matrice à quatre cases est logique, en apparence.
Mais, dans la pratique, les frontières entre ces domaines sont totalement artificielles !

Matrice_rseaux_sociaux_moi Toute personne qui travaille a des attaches dans les quatre familles de réseaux sociaux. À moins d’être écartelé, je ne vois pas comment je peux me couper en quatre de manière exacte.
Je travaille avec des amis, je participe activement à des projets stratégiques avec certains de mes clients, la femme d’un collaborateur travaille dans l’entreprise...

Concrètement, je ne peux pas segmenter mes réseaux sociaux.
J’ai sur Facebook et Linkedin, des personnes en commun ; les amis sont moins présents sur Linkedin que les relations professionnelles sur Facebook, mais les frontières sont de plus en plus floues.

Google l’a bien compris, qui a immédiatement parlé de OpenSocial sur son blog officiel entreprise.

Les évolutions majeures des RSP 2.0, ces derniers jours, posent beaucoup de questions ouvertes, aux réponses incertaines.

Raison de plus pour se les poser, immédiatement !

L’entreprise 2.0 devrait, en 2008 s’ouvrir largement aux RSP 2.0.

Je reviendrai, souvent sur ce thème.