Les 7 piliers de l’Entreprise 2.0 (troisième partie)
Windows Seven, enfin une bonne nouvelle de Microsoft pour les DSI !

1 000 fois plus !

Jones_1000_3 Toujours plus ! L’industrie informatique nous a habitués, depuis plus de 40 ans, à apprendre tous les matins l’augmentation des performances d’un processeur ou le doublement de la capacité d’une fibre optique.

En ce début d’année, je vous propose une réflexion sur l’avenir des usages des technologies de l’information basée sur une hypothèse forte et simple :

Les performances des technologies mises à notre disposition seront multipliées par 1 000 au cours des 5 à 10 prochaines années.

Est-ce réaliste ? Pour quels nouveaux usages ? Pour quelles conséquences ?


1 000 fois plus ; nous l’avons déjà vécu

On l’oublie très vite, on s’habitue très vite aux nouvelles performances de nos outils quotidiens, mais des milliers d’exemples nous montrent que cette croissance des performances est notre pain quotidien.
Moore_law_2
Je vous propose des illustrations dans trois domaines, vitesse processeurs, capacités de stockage et réseaux.

La loi de Moore, ingénieur d’Intel, est l’exemple le plus emblématique de cette croissance.
à la fin des années 80, le processeur 486 dépassait pour la première fois le million de transistors.
Aujourd’hui, un Itanium d’Intel dépasse les 1 000 millions de transistors ;      1 000 fois plus.

Disquette Au début des années 2 000, l’immense majorité des utilisateurs de PC utilisaient la disquette 3,5 pouces d’une capacité de 1,5 Mo.  Aujourd’hui, les clefs USB les plus vendues dépassent les 2 Go ; 1 000 fois plus.

Acoustic_coupler_2 Je suis utilisateur de messagerie électronique depuis plus de 20 années ; les modems acoustiques permettaient des échanges à 300 bit/s ; aujourd’hui dans un TGV, j’utilise un réseau Edge/3G à 300 Kbit/s ; 1 000 fois plus.
Dans quelques jours, je disposerai d’un accès 3,5 G, qui va encore multiplier par 10 cette vitesse.

Ethernet était encore à 10 Mbit/s en 1995 ; il dépasse aujourd’hui les 10 Gbit/s ; 1 000 fois plus.

Tout serait parfait si nous n’avions pas vécu, en même temps, un grave problème avec les ...logiciels !


Logiciels, “éponges” des performances matérielles !

Nombreuses sont les personnes qui me disent ne pas percevoir, dans leurs activités professionnelles, ces extraordinaires augmentations de puissance des matériels ; ils ont raison !

Logiciels_ponges_hier_2 La puissance brute d’outils informatiques ne sert à rien sans logiciels ; il est logique qu’ils consomment une partie de cette puissance.
Lorsque la puissance matérielle était mesurée, ces logiciels savaient rester raisonnables et redonnaient aux utilisateurs l’essentiel de la puissance.
La deuxième déperdition a lieu dans le cerveau des utilisateurs, qui eux aussi, ne peuvent pas tirer profit de 100 % de la puissance transmise.
Comme le montre ce schéma, les utilisateurs des premiers PC étaient capables de tirer la quintessence de la puissance de leurs 486.
Les “éponges logicielles” de l’époque absorbaient peu, transmettaient beaucoup !

Logiciels_ponges_today Les choses se sont ensuite sérieusement gâtées et l’obésité croissante des logiciels c’est traduite par une capacité d’absorption sidérante. 
La puissance transmise aux utilisateurs n’a absolument pas suivi la multiplication par 1 000 de celle qui entrait dans l’éponge.
Combien récupère l’utilisateur ?      5x ? 10x ? 50x ? 100x ?
Je vous laisse choisir ...

Pour ne pas peindre un tableau trop noir, je pense aussi qu’une partie de cette nouvelle puissance a été, parfois, consommée intelligemment pour améliorer l’ergonomie des outils, et donc la performance des utilisateurs.
MacOS, Firefox, iPhone en sont de bons exemples.


Quel pronostic pour 2008 - 2015 ?

La première partie du pronostic est très facile : les performances matérielles vont encore être multipliées par 1 000.
Processeurs à 500 cœurs et plus, réseaux filaires à 10 Tbit/s, réseaux mobiles à 1 Tbit/s et mémoires de poche qui dépassent le To feront partie de notre quotidien technologique en 2015.
Ceux qui pensent, aujourd’hui, que je me trompe sont les mêmes qui me prenaient pour un "rigolo" en 1990 quand je leur annonçais un “PC par téléphone” dans les entreprises et la télévision sur paire téléphonique.

Le pronostic est plus difficile en ce qui concerne nos éponges logicielles !
Il y a clairement deux stratégies d’éditeurs qui s’affrontent :

Dry_lake - Toujours plus de complexité, de fonctionnalités, d’obésité, de consommation de ressources, d’intégration. 
On risque alors de se trouver, en 2015 dans une situation ahurissante : la puissance utile disponible, en sortie des “éponges logicielles obèses” va décroître malgré l’augmentation spectaculaire de la puissance des matériels.
Ceci me fait penser à une rivière d’Afrique, dont le nom m’échappe, et qui se jette ... dans un désert ; elle disparaît totalement !

- Un retour à la raisonnabilité, moins de fonctionnalités, des composants spécialisés, l’essentiel en un mot.
Solarcar Les éditeurs de solutions Web 2.0 et SaaS ont pris ce chemin, pour le moment.  Prions pour qu’ils sachent rester raisonnables !
Dans ce scénario, on dispose d’un double accélérateur : des éponges logicielles moins absorbantes et l’augmentation de la puissance matérielle !
Quel bonheur ! Des outils matériels et logiciels à faible déperdition d’énergie, en clair de la puissance utilisable multipliée non pas par 1 000, mais par ...   10 000 ou plus.

Optimiste par nature, je fais l’hypothèse que c’est ce deuxième scénario qui va l’emporter.
Si c’est le cas, comment utiliser cette manne de puissance ?


Libérer les imaginations !

Je suis frappé, depuis quelques années, par “l’auto-limitation” des entreprises quand on leur demande ce qu’elles souhaiteraient obtenir de l’informatique.
Fidelio Je pense souvent à la scène de Fidelio, l’Opéra de Beethoven, où les prisonniers sortent pour la première fois au jour et hésitent à avancer vers la lumière, n’osant pas y croire.

- Comment redonner de l’imagination aux utilisateurs ?
- Comment leur donner envie de demander autre chose qu’un nouveau tableau de bord ?
- Comment les aider à demander l’impossible ?

Ce pourrait être la plus belle mission d’un DSI pour les prochaines années :
Impossible_cube_2 Aller au-devant de ses “clients” et leur dire :
- Que me demanderiez-vous si vous éliminiez de votre esprit toutes les contraintes techniques que vous vous “auto-imposez” ?

- Quels services innovants pourraient-on rendre à nos clients si :
    + La puissance de calcul disponible était illimitée ?
    + Les bandes passantes des réseaux fixes et mobiles étaient sans limites ?
    + Toute l’information dont ils pourraient avoir besoin était disponible, à tout instant, en tout lieu ?

- Demandez-moi l’impossible ! Vous serez en deçà des possibilités des outils de demain !

Pour les lecteurs qui pensent que j’exagère, je rappelle en quelques mots les idées-forces de mon analyse :
- En puissance de calcul, vitesse des réseaux, capacité de stockage, les performances vont être multipliées par un facteur minimum de 1 000 dans les 5 à 10 années qui viennent.
- Les nouveaux logiciels, plus raisonnables, moins “éponges”, vont libérer toute cette puissance.

Francis_joyon_2 Quel est le plus grand risque pour votre entreprise ?

Auto-limiter vos ambitions et être incapable d’utiliser intelligemment la puissance informatique qui sera disponible ?

“Demander l’impossible” et vous apercevoir, demain, que vous n’avez pas été assez ambitieux ?

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