DSI : et si vous achetiez des outils grand public ?
“On the cloud” ? “On the Laptop” ? Quelle sécurité pour les données ?

Ne m’appelez plus téléphone !

Idate_march_telecoms_2007_4   L’Idate vient de publier une remarquable étude sur le marché mondial des mobiles. Fin 2007, 3,2 milliards de téléphones mobiles étaient utilisés dans le monde. En 2007, 1,2 milliard de téléphones mobiles ont été commercialisés.

Idate_nb_mobiles_2011 Ces chiffres montrent que c’est aujourd’hui l’objet numérique le plus répandu sur notre planète.

Cette position dominante des objets mobiles va s’accroître au cours des 10 prochaines années.
Le marché des services mobiles représente déjà 678 milliards de dollars en 2007 (Idate).

Même si l’essentiel de ce marché correspond au grand public, les responsables informatiques et télécoms des entreprises doivent, de plus en plus, le prendre en compte dans leur stratégie.

Pour y voir plus clair, je vous propose de répondre à trois questions :
- Quels usages mobiles ?
- Quels objets mobiles ?
- Quels réseaux d’accès ?

Une fois de plus, les usages professionnels sont à la remorque des usages grand public ; une fois de plus, il serait stupide de croire que les usages innovants en mobilité vont rester cantonnés dans le grand public.
Ils ont commencé à pénétrer dans nos entreprises : autant accompagner, intelligemment, ce mouvement inéluctable.


Quels usages mobiles ?

Que fait-on avec son “téléphone” ? Il suffit de regarder autour de soi, dans le métro, dans la rue, en réunion, pour s’apercevoir que l’on téléphone... de moins en moins !
Je vous propose une typologie “physiologique” des usages, autour de deux de nos sens : l’ouïe et la vue.

- L’oreille
Ear_3 Téléphoner, c’était, initialement, le seul usage de nos téléphones mobiles ; dans beaucoup de marchés émergents, pour beaucoup de personnes, en particulier les “analogistes”, cela reste et restera le seul usage.

Nokia_music_2 Les “digital natifs” ont rapidement compris que l’on pouvait aussi utiliser cet objet mobile pour télécharger des sonneries, écouter la radio ou de la musique, en complément ou en substitut des lecteurs MP3 non communicants.

- L’oeil
Eye_2 Très vite, les utilisateurs de téléphones mobiles ont découvert des usages visuels de leur outil. La liste qui suit n’est pas exhaustive, mais montre que la variété des usages possibles est très grande :

- SMS : découvert rapidement par les jeunes comme une alternative économique à la voix.
- Jouer : économique, car la majorité des jeux n’utilisent pas le réseau.
- Regarder des photos.
Iphone_maps - Regarder des films, des vidéos.
- Prendre, transmettre des photos.
- Enregistrer, transmettre des vidéos.
- Se diriger, par positionnement GSM ou par GPS.
- Échanger des courriels.
- Messagerie instantanée (Chat).
- Accéder à Internet ou à son Intranet

Toute entreprise devra, si le besoin existe, être capable de proposer tout ou partie de ces usages à ses collaborateurs.
Avec quels outils ?


Quels objets mobiles ?

Varit_postes_mobiles Ça se complique ! Nos DSI, habitués à proposer UN seul modèle de PC, avec un "master" logiciel imposé à tous les utilisateurs, auront du mal à suivre la même stratégie avec les objets mobiles ! Certains ont essayé, sans succès.

Quelles sont les approches possibles, réalistes, raisonnables ?

Giant_swiss_knife Commençons par la démarche informatique bien traditionnelle, basée sur une analyse des besoins, un cahier des charges, un Schéma Directeur et un appel d’offre précédé d’un RFP (Request For Proposal).

Quel en sera le résultat ? J’ai trouvé la réponse chez Wenger, l’un des plus grands fabricants de “couteaux suisses”,  ; il propose un modèle “Giant 2007”, avec... 87 outils et ... 141 fonctions.
Je suis sûr que Wenger saura innover et proposer un “Giant 2008” qui dépassera les 150 fonctions !

La vraie question sera, très vite :”Combien d’objets mobiles par personne ?”
La première réponse, logique, est : un seul.  Est-ce la meilleure ? Je n’en suis pas certain.
Que se passerait-il si l’on cherchait des réponses plus pragmatiques en acceptant le principe de plusieurs objets mobiles, chaque fois que c’est nécessaire ?

Simple_phone Peut-on imaginer le retour en force du téléphone de base, pour la voix, et uniquement pour la voix ?  Économique, simple d’emploi, avec une batterie durant une semaine, il répond, très bien, à cette seule fonction.

Libéré des contraintes de la voix, il devient plus facile de choisir, séparément, un objet mobile répondant aux attentes “oeil” des utilisateurs.
Même dans ce cas, je ne suis pas certain que l’unicité soit toujours la meilleure réponse. 

Je prendrai simplement l’exemple de la fonction photographie.
Un agent d’assurances, chargé de prendre des photos après un incendie, aura peut-être besoin d’un zoom 10x et d’un capteur 8 Mpixels.
Est-ce qu’un appareil photo numérique spécialisé, disposant d’un accès Bluetooth ou Wi-Fi pour transmettre les photos, n’est pas la bonne réponse ?


OMNI : Objet Mobile Non Identifié

Ufo_2 L’avenir appartient aux ... OMNI, Objet Mobile Non Identifié !

Ces objets, de formes, de fonctionnalités, de poids, de taille et de prix très variés, vont envahir notre planète !

Je fais confiance à la créativité de nos fournisseurs favoris pour continuer à innover, à nous proposer des OMNI qui combinent, intelligemment, les fonctions “oreille” et “oeil” dont nous avons besoin pour que chacun puisse ne voyager qu’avec un nombre raisonnable d’OMNI.

Tata_nano_2 Du téléphone mobile de base au PC mobile à écran 17 pouces équipé de Skype en passant par l’eeePC d’Asus, la palette des choix possibles va exploser.
En revenant sur mon analogie favorite avec l’industrie automobile, nous pourrons choisir entre la Tata Nano et la Bugatti Veyron.

Reste une question : quels réseaux pour ces OMNI ?


Quels réseaux mobiles ?

Une fois encore, la séparation “oreille” et “oeil” facilite la compréhension de la situation et des challenges qui attendent les fournisseurs de réseaux mobiles.

- Oreille : problème réglé !
La bande passante nécessaire pour transporter la voix numérique, inférieure à 64 Kbit/s, est disponible sur... tous les réseaux et personne n’aura besoin de plus !
Depuis la deuxième génération, GSM, on sait, parfaitement, transmettre la voix.  Seul l’accroissement du nombre d’utilisateurs demande d’augmenter le nombre et la densité des émetteurs radios.

Pour les entreprises, les évolutions du marché sont très ...positives !
Skype_mobile - VoIP en croissance, permettant d’aller vers un coût très réduit des échanges. des “Skype” mobiles, déjà disponibles, vont se généraliser.

- Évolution rapide vers des tarifs forfaités, autour de 20 à 30 euros par mois, pour des usages illimités.

- QoS (Qualité of Service) de plus en plus raisonnable, qui s’améliore vite. 
Les professionnels de la téléphonie se plaignent beaucoup de la mauvaise QoS des réseaux mobiles ; ils ont “techniquement” raison, mais pas en termes “d’usages”.  3,2 milliards de personnes ont décidé que l’équilibre QoS - service rendu des réseaux mobiles actuels était suffisant.

- Oeil : des réponses satisfaisantes arrivent !
Pour bien répondre aux attentes des utilisateurs de fonctions “oeil”, il faut prendre en compte quatre demandes complémentaires :

Roaming - Quelle est bande passante nécessaire pour proposer, sur des réseaux, mobiles, des services visuels de qualité ? 200 Kbit/s, 1 Mbit/s, 10 Mbit/s, 100 Mbit/s ou plus ?

- Couverture géographique : Où sont disponibles ces services ?
- Roaming : est-il possible d’avoir un service continu en se déplaçant ?
- Coût : Un tarif sans surprises, forfaité et raisonnable, est une demande universelle.

Pour répondre à ces demandes, deux familles de fournisseurs vont s’affronter, dans un combat dont l’issue n’est pas évidente.
J’avais déjà abordé ce thème il y a 18 mois, mais il est de plus en plus d’actualité.


Télécoms vs Informatique : un combat à mort

Pelea_gallos_2_2 Les solutions actuelles des opérateurs mobiles, 3G et Edge, permettent de répondre, raisonnablement, à une partie des usages "oeil" tels que SMS ou courriel. Tous les utilisateurs sont preneurs de plus de bande passante, mais sont satisfaits de la couverture géographique et des possibilités de roaming.

Les opérateurs font des progrès rapides ; le déploiement de la 3G+, HSDPA et HSUPA a commencé en France ; fin 2009, une grosse partie du territoire sera couverte par des réseaux proposant de 7 à 10 Mbit/s en HSDPA.
À partir de 2010, les solutions LTE (Long Term Evolution), devraient permettre d’atteindre ou dépasser des vitesses de 100 Mbit/s.

À l’inverse, les solutions actuelles, d’origine informatique, Wi-Fi et WiMax proposent déjà des vitesses de 100 Mbit/s (Wi-Fin) mais sont déficientes en terme de roaming et de couverture nationale.
Les déploiements WiMax en France ont pris du retard mais on peut espérer que, fin 2009, toutes les régions françaises seront desservies par 2 ou 2 3 opérateurs WiMax.

Connected_everywhere Pour les entreprises, ce sont ... d’excellentes nouvelles !
En 2010, HSDPA, LTE, Wi-Fi ou WiMax permettront des usages mobiles “oeil” à des vitesses proches de 100 Mbit/s, sur tout le territoire.

- Quels seront nos OMNI en 2010 ?
- Sur quels réseaux s’appuyront-ils ?
- Pour quels usages ?

Les réponses précises à ces questions n’existent pas, mais... cela n’a aucune importance !

Je peux, par contre faire une annonce très positive :

Quels que soient les usages “oeii” ou “oreille” de mes collaborateurs en mobilité, il sera possible de leur fournir des outils adaptés, à des coûts raisonnables.

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