Previous month:
décembre 2010
Next month:
février 2011

SaaS, Software as a Service : la Révolution Industrielle Informatique des logiciels

 

Salesforce logo Les solutions logicielles en mode SaaS, Software as a Service, existent depuis plus de 10 ans.  Salesforce.com est l’exemple le plus emblématique de cette réussite, ayant démarré en 1990. Il a fallu beaucoup de courage et d’énergie à Marc Benioff, son fondateur, pour réussir son pari, aidé en cela par un investissement de son ancien patron, Larry Ellison, PDG d’Oracle !

Dix ans après, le phénomène SaaS a pris beaucoup d’ampleur, mais reste encore mal compris par beaucoup de dirigeants et de DSI ; il faut dire qu’une grande partie des acteurs historiques du monde du logiciel, qui ont tout à craindre du succès des solutions SaaS, font tout pour entretenir la confusion.

 Je vais, dans la suite de ce texte, clarifier au maximum les très grandes différences qui existent entre le SaaS et les solutions historiques.

 

Rappel : domination actuelle des éditeurs traditionnels


Dans ce graphique, qui regroupe les éditeurs logiciels dont le chiffre d’affaires dépassait, en 2009, le milliard de dollars, il n’y a qu’un seul éditeur SaaS, Salesforce, contre 10 éditeurs traditionnels.

Software vendors sales 1B$ A eux seuls, les deux plus célèbres duettistes de ce marché, SAP et Oracle, représentent 50 % du total des CA.

En apparence, tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes des éditeurs logiciels ; et ci ce n’était que le calme qui précède un gigantesque Tsunami, nommé SaaS ?

 

Saas, différences avec solutions intégrées actuelles

Ce schéma résume, très bien, les différences fondamentales entre les solutions ERP intégrées traditionnelles et les solutions modernes SaaS.

SAP vs Salesforce

A ma gauche, SAP, leader des éditeurs historiques :

- Faisons l’hypothèse que SAP à 100 000 clients dans le monde.

- Chacune de ces entreprises dispose d’une version différente, soit 100 000 instances différentes du même logiciel.

- Chaque entreprise met à jour sa version de SAP quand elle le souhaite, le plus souvent quand elle le peut ! On estime qu’environ 15 % des clients de SAP utilisent la dernière version.

A ma droite, Salesforce, leader des éditeurs SaaS : 

- Plus de 80 000 entreprises sont clientes de Salesforce.

- Ces 80 000 entreprises utilisent la même instance du logiciel ; dans le jargon des professionnels, cela se nomme «multi-tenant» ou multi-locataires en français. C’est LA caractéristique clef des solutions SaaS : une seule instance du code est partagée par des milliers ou des millions d’utilisateurs du logiciel.

- Ces 80 000 entreprises utilisent toutes la dernière version du logiciel. Quand Salesforce met en œuvre, tous les trimestres, une nouvelle version, tous les clients, disposent, immédiatement, de cette nouvelle version.

A ma gauche, le «bricolage» que nous avons connu jusqu’à présent, pendant l’adolescence de l’informatique.

A ma droite, la Révolution Industrielle Informatique (R2I) déclenchée par l’arrivée des véritables solutions SaaS.

J’ai choisi sur ce schéma les leaders de chacun des deux marchés, SAP et Salesforce. J’aurais pu remplacer SAP par Oracle, Sage ou Microsoft Dynamics ; j’aurais pu remplacer Salesforce par SuccessFactors ou Adaptative planning.

Difficile d’imaginer une innovation de rupture plus forte, au sens de Christensen, dans le monde de l’informatique professionnelle !

Je vous propose, «en toute humilité», d’imprimer ce schéma en format A1 et de l’afficher dans toutes les salles de réunion de la DSI !

Essayons de mesurer les principaux impacts de cette R2I.

 

Une excellente nouvelle pour les entreprises

Cette révolution Industrielle Informatique des logiciels est une excellente nouvelle pour toutes les entreprises. Pour la première fois :

Composants voiture - Elles seront dans l’impossibilité absolue de commettre la plus grande erreur faite en permanence depuis l’arrivée des progiciels : la possibilité de modifier le code et de créer une version différente, «adaptée» à leurs besoins. Une solution SaaS authentique rend impossible ces modifications du code.

- Elles auront accès, immédiatement, à des solutions industrielles, fiables et économiques.

- Elles bénéficieront, automatiquement, des «meilleures pratiques» dans le domaine couvert par la solution SaaS. Vous aurez beaucoup, mais beaucoup de mal à me convaincre que le CRM Salesforce, utilisé par plus de 80 000 entreprises, ne peut pas répondre à vos attentes.

En résumé, chaque fois qu’une solution SaaS répond raisonnablement bien aux attentes d’une entreprise, elle sera dans 99,99 % des cas la ... meilleure solution.

 

Un Tsunami pour les éditeurs traditionnels

Le mouvement vers les solutions SaaS est irréversible. Sur ce graphique, les mêmes éditeurs de solutions listés plus haut sont maintenant classés par leur taux de croissance, et les ordres s’inversent !

Growth rate of Top SaaS vendors L’immense majorité des éditeurs qui ont maintenu leur croissance durant la difficile année 2009 sont des éditeurs SaaS. les grands du logiciel traditionnel  ont tous des taux de croissance négative.

Et le phénomène ne fait que commencer !

Saugatuck new applications in 2014 Saugatuck, le cabinet d’études spécialisé dans les marchés du Cloud et du SaaS, dont j’ai souvent parlé, prévoit que 50 % des nouvelles applications seront en mode SaaS en 2014, quand ce pourcentage n’était que de 30 % en 2010.

Bill McNee, son Président, sera d’ailleurs présent, le mardi 15 mars 2011 à Paris, pour présenter ses dernières prévisions lors de la grande conférence annuelle SaaS, organisée par EuroCloud

(Sous réserve qu’un nouveau «nuage islandais» ne le bloque pas aux USA, comme ce fut le cas en 2010, quand j’ai été amené à présenter à sa place ses analyses !)

 

Un Tsunami pour les SSII traditionnelles

Tous les matins, des centaines de milliers de jeunes indiens, tous diplomés, arrivent dans d’immenses usines à logiciels gérées par des géants qui ont pour nom Wipro, Infosys, Accenture ou IBM Global Services.

Old office SAP india Elles me font penser à ces usines du XIXe siècle, où des milliers de salariés travaillaient eux aussi sur des taches très répétitives. 

Ces «malheureux» passent leur temps à modifier les versions sur mesure de SAP ou Oracle Applications pour les dizaines de milliers d’entreprises qui essaient, vaille que vaille, de maintenir à jour «leur version» de ces produits ... légers, économiques et flexibles.

CA SSII Indiennes Pour le moment, les affaires vont bien, avec de forts taux de croissance pour tous les grands acteurs. Les embauches se comptent en dizaines de milliers tous les ans ;  à titre d’exemple, CapGemini prévoit d’embaucher 15 000 nouveaux collaborateurs en 2011.

Mais que vont-ils devenir, ces millions de «cols bleus logiciels», quand les entreprises clientes vont migrer massivement vers des solutions SaaS, qui rendront leurs activités totalement inutiles. Je rappelle que personne, à part l’éditeur, ne peut modifier une seule ligne de code d’une solution SaaS.

 

Quelle situation pour le marché des logiciels, en 2015 ?

Cette R2I, Révolution Industrielle Informatique, va totalement bouleverser le monde des ERP et autres produits intégrés, tels qu’on les connait aujourd’hui.

Fifty_fifty_LR Il n’est pas déraisonnable d’envisager que 50 % de toute l’informatique mondiale sera en SaaS d’ici 2020.

En 2015, nous devrions être à mi-parcours de cette grande mutation.

Le panorama sera très contrasté, selon que l’on regarde la situation avec le point de vue des entreprises clientes ou des fournisseurs : 

 - Pour les entreprises clientes, cette industrialisation sera très bénéfique pour toutes les parties prenantes : dirigeants, utilisateurs et informaticiens, qui auront découvert, pour la première fois que des solutions d’entreprises peuvent être à la fois de qualité, robustes et économiques.

Wall_street_crash_1929  - Pour les fournisseurs historiques, le panorama est beaucoup moins positif ; éditeurs et SSII qui n’auront pas su anticiper cette mutation vont souffrir, beaucoup souffrir car leurs marchés traditionnels auront fondus et les miettes qui resteront seront âprement disputées entre les survivants.

Il est encore temps, pour les acteurs traditionnels du monde du logiciel, de se préparer à cette mutation, mais ... il faut faire très vite !

 

 

 


AVOP : Apportez Vos Outils Personnels !

Tapis rouge - BYOT BYOT : Bring Your Own Technology (Tools).  Cette expression est utilisée en anglais pour définir une démarche innovante, qui commence, tout doucement, à se diffuser :  les salariés d’une entreprise arrivent au bureau avec leurs propres outils, PC portables, smartphones ou tablettes.

Je propose de la traduire en français par :

AVOP : Apportez Vos Outils Personnels.

Au cours de ces dernières semaines, j’ai testé cette idée lors de nombreux séminaires et j’ai été très agréablement surpris par les réactions des participants ; en majorité, ils trouvent l’idée intéressante et sont prêts à réfléchir à son éventuelle mise en œuvre dans leur entreprise.

 

AVOP : principes

Dans une démarche AVOP, un salarié peut venir au bureau avec un outil qui lui appartient et l’utiliser pour tout ou partie de ses activités professionnelles.

Cette démarche accompagne quatre mouvements forts, dont j’ai souvent parlé ici :

- L’arrivée dans le monde du travail de la génération Y, des «digital natives».

CIO - Consumerisation of IT - «Consumerisation of IT» : les outils informatiques et de communication innovants se déploient en priorité dans le grand public et pénètrent ensuite dans les entreprises : téléphones Android et iPad en sont des exemples emblématiques.

- Les usages migrent rapidement vers des logiques SaaS, Software as a Services, accessibles depuis un navigateur moderne, présents sur tous les smartphones, tablettes, PC ou Macintosh.

AVOP - Dirigeant dans sa voiture - Une demande forte pour des solutions «anytime», «anywhere», «anydevice», qui permettent d’accéder à tous ses usages, professionnels et personnels, en tous lieux, à toute heure, depuis n’importe quel outil.

Les principes AVOP sont simples :

- On fait confiance aux utilisateurs pour choisir les outils qui correspondent le mieux à leurs attentes.

- Ils utilisent les mêmes outils dans leurs activités professionnelles et personnelles.

- Les outils sont achetés, assurés et maintenus par les collaborateurs.

- L’entreprise participe au financement de ces outils.

Avant d’en analyser les avantages et difficultés potentiels, je vous propose d’analyse un cas pratique AVOP, chez Revevol.

 

AVOP : une réalité chez Revevol

Logo_Revevol - copie Depuis sa création en 2007, Revevol pratique une démarche AVOP, avec succès, mise en œuvre avant même que les acronymes BYOT ou AVOP n’existent !

Concrètement, comme fonctionne AVOP chez Revevol :

- Revevol ne fournit aucun outil à ses collaborateurs, dirigeants compris.

- Chacun choisit librement son PC, son Macintosh, sa tablette, et finance lui-même ses outils.

- Un collaborateur signe un document confirmant qu’il utilise ses outils personnels pour des activités professionnelles.

- Tous les mois, Revevol verse à chaque collaborateur 50 € pour «usage professionnel» d’un outil personnel. C’est le montant maximum autorisé par le Ministère des Finances en France.

Fifty-fifty - Pour les abonnements aux réseaux sans fil, la formule est très simple ; Revevol rembourse chaque mois 50 % de la facture des opérateurs. Nous avons bien sur quelques règles de bon sens, telles que l’interdiction d’utiliser le «roaming données» à l’étranger tant que les opérateurs pratiqueront des «tarifs mafieux». Ceci est valable pour tout le monde, y compris les dirigeants.

Oui, j’ai souvent la remarque suivante : ce qui fonctionne pour Revevol, une «start-up» avec une soixantaine de salariés, en France et sur les cinq continents, ne peut pas être dupliqué dans une grande entreprise.

La suite de ce texte démontrera que toutes les entreprises, grandes ou petites, peuvent mettre en œuvre aujourd’hui, au moins partiellement, une démarche AVOP.

 

AVOP : avantages ... potentiels

L’inventaire des avantages potentiels d’une démarche AVOP est impressionnant ; en voici une première liste :

- Satisfaction maximale des utilisateurs : personne ne viendra vous dire « Cet outil ne me convient pas» car ... ce sont eux qui l’ont choisi !

Broken-laptop1 - Le salarié prend plus soin de ses outils personnels que de ceux de l’entreprise. Toutes les entreprises savent bien que les voitures de fonction ont plus de bosses que celles des salariés !

- Quand le salarié quitte l’entreprise, la dépense s’arrête immédiatement.

- L’assistance et la formation sont réduites à leur plus simple expression ; l’entreprise et les salariés assument que chacun maîtrise bien ses outils personnels.

- L’entreprise paye en pratique l’essentiel du coût des outils personnels : 50 € / mois sur 3 ans représente 1 800 €, ce qui permet d’acheter un outil informatique de très bonne qualité.

- L’entreprise réduit fortement ses investissements en informatique ; on passe d’un budget CAPEX (investissements) à un budget OPEX (Opérations).

Gartner TCO PC 3 500 € - Le mythique TCO, Total Cost of Ownership, d’un poste de travail est immédiatement réduit. La majorité des cabinets d’étude, tels que le Gartner, estime que le TCO annuel d’un poste de travail est compris entre 3 000 et 4000 €.

Chez Revevol le TCO d’un PC est de 600 € (50 €x12) ; en passant de 3600 à 600 €, Revevol économise 3000 € par personne et par an !

- Amélioration forte de l’image de la DSI : au lieu d’être vue comme des «empêcheurs de travailler efficacement», les équipes de la DSI deviennent les alliés des utilisateurs.

Alors, AVOP, une solution miracle à tous les maux de l’informatique ? Bien sûr que non !

 

AVOP : difficultés.... potentielles

Comme toute innovation de rupture organisationnelle, la démarche AVOP pose de nombreux problèmes... potentiels :

Cheval de troie motorisé - La sacro-sainte sécurité apparait toujours en tête de liste. Sur ce thème important, le pragmatisme s’impose : sécurité du poste de travail, sécurité des applications, sécurité des réseaux ... pour chacun de ces challenges, il est possible de trouver des réponses raisonnables qui permettent de «ne pas interdire» une démarche AVOP. Il est par exemple possible de mettre en place des mécanismes de sécurité tels qu’effacement à distance ou repérage par GPS en cas de vol ou de perte d’un objet mobile.

- Accès aux applications historiques : pas toujours évident d’accéder à une application Cobol/CICS/DB2 depuis un smartphone ! Webisation de ces applications et virtualisation du poste de travail font partie des réponses possibles, mais il restera des cas délicats pour lesquels un poste de travail fourni par l’entreprise sera indispensable.

- Perte de contrôle par la DSI : c’est plus un fantasme qu’une réalité.

Help key - Assistance et Hot-line : la demande d’assistance va exploser, la DSI n’est pas capable d’offrir une assistance sur tous les modèles de smartphones ou de tablettes... Une réponse possible à ces craintes légitimes est de fixer des règles du jeu claires : la DSI  ne fournit pas d’assistance directe sur les postes AVOP.

- Refus de certains collaborateurs : dans la majorité des entreprises, une démarche AVOP ne sera jamais imposée à tout le monde. Le volontariat restera encore la norme pendant longtemps.

 

AVOP, mode d’emploi 2011

AVOP reste encore marginal dans la majorité des entreprises, comme le rappelle cet article de la revue Forbes.

A l’inverse, un blog publié par TechRepublic en 2010 pronostique que «BYOT» sera l’un des plus grands challenges auquel devra faire face une DSI. 

Challenge En 2011, les entreprises peuvent commencer à se préparer pour accompagner un mouvement irréversible et faire face à la réalité ; de manière plus ou moins insidieuse, AVOP existe déjà dans toutes les entreprises, en commençant souvent par les smartphones.

Une grande entreprise informatique, Unisys, a déjà publié une liste des 12 étapes nécessaires à la réussite d’une démarche BYOT/AVOP. 

Après avoir défini les règles de base d’une démarche AVOP, une entreprise peut commencer par un projet pilote, en respectant des principes simples :

- Ne pas l’imposer : ce serait la meilleure manière de faire capoter le projet.

- Privilégier, dans une première étape, le volontariat.

Attente file essence - Créer une «pénurie» artificielle : rien de tel que d’annoncer : «dans le cadre de ce projet pilote AVOP, nous avons décidé de limiter à 5 % des effectifs le nombre de collaborateurs qui pourront y participer la première année». Il est probable que le quota sera atteint en quelques semaines !

- Assurer un suivi du projet avec tous les participants, pour mieux comprendre les difficultés potentielles.

- Mesurer et publier les premiers résultats de ce projet pilote après quelques mois de pratique et avant son éventuelle généralisation.

AVOP, banalisé, demain ? Probablement, comme cela c’est déjà passé pour les voitures de fonction, remplacées par l’usage de son véhicule personnel dont on rembourse une partie des usages sous forme de frais kilométriques.

Intéressé par le déploiement d’une démarche AVOP dans votre entreprise ? Partageons nos expériences !

 


Numérisques

Forteresses Numériques pierre Et un néologisme de plus ! Je vous propose de commencer l’année 2011 avec une analyse des numérisques, les risques induits par la banalisation des «usages numériques» dans les entreprises.

Dans l’excellent livre sur «L’entreprise numérique », publié par Bruno Ménard, Président du CIGREF, distribué à tous les participants de la réunion du 40e anniversaire de cette association, il y a tout un chapitre consacré aux risques numériques. C’est en le lisant que m’est venue l’idée de remplacer risques numériques par numérisques

Une recherche rapide sur Google m’a montré que numerisque existait surtout dans des textes en latin, ou .  Curieux de nature, j’ai consulté l’un de mes amis normaliens, Michel R,  qui m’a expliqué pourquoi on trouvait «numerisque» dans de nombreux textes latins ; voici son explication :

«En latin le mot "numerisque" est forme de "numeris", datif pluriel, et de "-que" qui veut dire "et" ; la phrase "ea casibus numerisque discreta est" veut dire : cela est utilisé pour les cas "et les nombres".» Merci, Michel.

 

Innovation et risques

Accident train gare Montparnasse Train, voiture, avion, ordinateur, Internet... une innovation technologique est toujours source de... nouveaux risques.

Face à cette évidence, il existe toujours deux réactions possibles, quand se produisent des «accidents» :

- Je vous l’avais bien dit, c’est une technologie dangereuse et il faut tout faire pour l’interdire.

- Apprenons à vivre avec ces nouveaux risques, tout en essayant au maximum de les réduire.

Mort route France La réduction du nombre de morts sur les routes en France, passée sous labarre des 4 000 victimes en 2010, comparé aux 26 000 en 1976, est un bon exemple des progrès que l’on peut faire.  Par contre, je ne connais qu’une seule méthode pour ramener le nombre de morts sur la route à zéro : interdire tout véhicule, voiture, moto...

E&Y - croissance niveaux risques Est-ce que l’explosion des usages numériques dans l’entreprise va augmenter les numérisques ? Bien sûr que oui !

Face à cette situation, une démarche raisonnable consiste à :

- Accepter cette émergence de nouveaux risques.

- Identifier les principaux numérisques.

- Apprendre à gérer ces numérisques, quand ils se produiront.

 

Quelques numérisques

E&Y - nouveaux risques La majorité des numérisques ne sont pas nouveaux ; ils existent déjà dans les entreprises innovantes. Ils vont simplement se multiplier et toucher, progressivement toutes les entreprises.

Une enquête récente menée par Ernst & Young, dont j’ai extrait ces graphiques, montre clairement que de nouveaux risques, en progression, existent.

Il serait illusoire de vouloir présenter tous les numérisques possibles ; la liste ci-dessous en identifie cinq parmi les plus évidents, mais sans les hiérarchiser :

- Données personnelles : qu’elles soient créées par l’entreprise ou par chaque personne, disponibles à l’abri, relatif, d’un pare-feu ou diffusées dans des réseaux sociaux, il deviendra de plus en plus difficile de déterminer celles qui peuvent être largement diffusées de celles qu’il faut à tout prix protéger.

- E-réputation : une entreprise aura de moins en moins d’influence sur on «image numérique». Sites Web, communiqués de presse, blog d’entreprises sont d’excellents outils, mais que seront leurs poids, demain, face à des groupes créés sur les réseaux sociaux par des clients, satisfaits ou mécontents, par les fans de Twitter et Facebook ?

- Données confidentielles, propriété intellectuelle, contenus à monnayer : dans un monde numérique de plus en plus ouvert, quelles peuvent en être les protections raisonnables. C'est un sujet que j'avais longuement traité il y a quelques semaines.

Computer World BPOS - Fiabilité des services numériques proposés : de plus en plus, les clients numériques n’acceptent plus qu’une seule qualité de service, 100 %, au fur et à mesure qu’un grand nombre d’entreprises seront capables de répondre à cette attente. De très nombreux exemples récents, et , ont montré que c’était déjà le cas.

- L’ouverture totale de ses services numériques aux clients, fournisseurs, partenaires et collaborateurs : cette transparence, cette absence de «barrières visibles» telles que pare-feu ou interdictions d’accès vont devenir la norme. 

Lions, old & New Zoo Les visiteurs d’un Zoo doivent bien sur être protégés des lions, mais il y a plusieurs manières d’assurer cette sécurité des visiteurs !

Il existe beaucoup d’autres numérisques ; vos commentaires sur ce point seront les bienvenus !

 

Gérer les numérisques

RiskManagement  Quelques idées de «bon sens» permettent aux entreprises d’aborder le sujet des numérisques sans traumatismes, mais aussi sans naïveté.

- Accepter l’évidence. Toute entreprise numérique sera victime de numérisques et souvent. 

- Minimiser leurs occurrences. Stocker un minimum de données sensibles sur des PC portables, sensibiliser et faire confiance aux collaborateurs... Chaque entreprise peut hiérarchiser ses numérisques et concentrer son énergie sur ceux qui sont, pour elle, les plus critiques.

Western bank robbery  - Réduire leurs impacts. Les tentatives de hold-up sont nées avec la création des premières agences bancaires. Il y a deux manières de réagir à ce danger : 

- Fermer toutes ses agences

- Réduire le montant d’argent présent dans les agences pour rendre les attaques peu rentables. C’est bien sûr cette deuxième solution qu’ont choisie les banques.

Cyber Bullies  - Se préparer à en assumer les conséquences. Oui, il y aura des données confidentielles qui vont être diffusées à des personnes qui n’auraient pas dû y accéder ; oui, un groupe de clients mécontents va se créer sur Facebook pour dénigrer l’un de mes produits... 

Face à ces évidences, le plus raisonnable est de s’y préparer, de choisir par avance les personnes qui devront répondre à ces numérisques quand ils se produiront.

 

Une dernière question : quelle est la meilleure tactique ?

Grippe H1N1 Face aux inévitables numérisques, il existe au moins deux stratégies très différentes possibles : 

- Investir beaucoup de temps, d’argent et de ressources humaines pour essayer de tout anticiper et de se protéger au maximum ? C’était la démarche de la France en 2009 face aux risques du virus H1N1.

- Privilégier une défense dynamique, très rapide, qui mise en priorité sur la détection des nouvelles attaques et la recherche pragmatique de parades quand elles se produisent ?

 Numérisques ? On aura souvent l’occasion d’en reparler dans ce blog.