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Amazon Silk, le premier navigateur Cloud

 

 Bravo, Amazon, pour innover en permanence !

Annonces KIndle et Fire

Les nouveaux Kindle

Mercredi 28 septembre, Amazon a fait des annonces importantes ; les plus visuelles sont ben sur les quatre nouveaux objets mobiles annoncés : trois nouveaux Kindle, à des prix de plus en plus compétitifs et surtout sa première tablette Android, Kindle fire.

KIndle Fire $199 Kindle fire sera disponible avant les fêtes de fin d’année, le 15 novembre, et les précommandes sont déjà possibles, mais seulement aux USA pour le moment. Outre ses performances, c’est bien sur le prix qui a fait l’effet d’une bombe dans l’univers des tablettes : $ 199.

Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, prévoit d’en vendre plusieurs millions d’unités, et il devrait réussir rapidement son pari.

Entre le haut de gamme Apple, avec iPad, et le Kindle fire au rapport prix/performances exceptionnel, il va être très difficile aux tablettes concurrentes de se faire une petite place au soleil.

Amazon Silk Logo Mais c’est l’autre produit annoncé, le navigateur Silk, qui, pour moi, est de loin le plus innovant et dont je vais parler dans ce billet.

 

Une nouvelle race de navigateurs, Silk d’Amazon

Les concepts clefs qui ont servi de base à la création de Silk sont très bien présentés dans cette vidéo d’un peu plus de 5 minutes.

  

Silk est le premier navigateur qui a été conçu dès le départ dans une logique Cloud Computing, par une entreprise, Amazon, qui est devenue en moins de 5 années le leader mondial des IaaS, Infrastructures as a Service, avec AWS, Amazon Web Services.

Dynamic split browsing L’idée toute simple, mais révolutionnaire est de faire de Silk un «split browser», qui répartit l’ensemble des traitements liés à la navigation entre le poste de travail, Kindle fire, et le Cloud, AWS.

Cela rappellera de bons souvenirs aux nostalgiques de l’informatique Client/serveur, à l’époque de la naissance de Windows, dans les années 90.

Ce qu’annonce Amazon, et qu’il faudra vérifier, et que cette répartition des traitements est totalement transparente pour les utilisateurs et s’adapte en permanence aux circonstances.

Opera, l’outsider norvégien des navigateurs, avait ouvert la voie en proposant, à l’époque où les mobiles n’étaient pas encore des smartphones et les réseaux ne connaissaient pas la 3G, d’accélérer les pages Web en les compressant sur ses serveurs. 

Amazon Silk persistent connections Il n’est pas très difficile de comprendre que les améliorations de performances, en particulier sur des objets mobiles tels que Kindle fire, peuvent être spectaculaires. Comme le montre ce schéma, le Cloud AWS d’Amazon dispose de connections fibres optiques très rapides permanentes et peut agréger des contenus venant des principaux sites Web en quelques millisecondes.

Si l’on y rajoute la possibilité pour AWS d’adapter le «poids» des pages et des images aux capacités d’affichage des objets d’accès, les transferts entre AWS et Kindle fire seront beaucoup plus performants et rapides.

Plus l’utilisateur sera sur un réseau mobile lent, plus la perception d’amélioration de vitesse devrait être spectaculaire.

Le Web est le territoire parfait de la «coopétition», la collaboration entre compétiteurs et SIlk le démontre une fois de plus. Amazon utilise pour Silk le protocole expérimental SPDY, substitut de HTTP, proposé par ... Google ! 

Il y a au moins un point sur lequel les «néphophobes», ne pourront pas critiquer Silk, c’est celui des difficultés de travailler sur le Cloud quand on n’est pas connecté ! Un navigateur pas connecté, cela n’a pas une utilité exceptionnelle, et si le Kindle fire a accès au réseau, alors les fonctionnalités de Silk sont opérationnelles.

 

Quelles réactions possibles, pour les autres navigateurs

Le marché actuel des navigateurs est réparti entre cinq acteurs principaux :

StatCounter browser eu 9:2011jpg

- Internet Explorer de Microsoft

- Firefox de Mozilla

- Chrome de Google

- Safari d’Apple

- Opera d’Opera.

En Europe, les trois premiers cités représentent environ 90 % du marché.

Ce soir, les équipes de développement de ces cinq navigateurs doivent plancher sur une riposte possible à Silk.

Mais, qui peut suivre le chemin prometteur ouvert par Amazon avec Silk ?

4 couples Browser - Cloud Trois des fournisseurs, et ce n’est surement pas une coïncidence, sont déjà des poids lourds du Cloud Computing, avec de grands centres de calcul industriels ;  il s’agit d’Apple, Google et Microsoft.

Ces trois acteurs ont les moyens, techniques et financiers, de répliquer les fonctionnalités de Silk dans leurs propres navigateurs.

Ce sera plus difficile pour Opera et surtout pour Firefox.

Qui sera le plus rapide des trois à faire une annonce ? Je pense qu’il ne faudra pas plus de 3 à 6 mois pour voir la concurrence d’Amazon réagir et nous proposer des solutions similaires. C’est une excellente nouvelle pour les utilisateurs du Web et démontre une fois de plus les vertus de la concurrence.

 

La maîtrise des infrastructures, clef de la réussite dans le Cloud 

Les annonces faites aujourd’hui par Amazon confirment ce que j’ai souvent dit : la maîtrise des différentes briques de l’infrastructure est l’une des clefs de la réussite à long terme dans le Cloud Computing.

Three mousqueteers 3D Les «quatre mousquetaires» des infrastructures Cloud ont maintenant rééquilibré leurs forces : 

- Amazon : pionnier des serveurs avec AWS, dispose maintenant d’un navigateur, Silk, et d’une tablette Android.

- Google  : plus de 2 millions de serveurs, le plus grand stock de fibres optiques «noires», des tablettes et smartphones Android, le navigateur Chrome et bientôt les produits Motorola.

- Microsoft : après les PC Windows et Internet Explorer, a enrichi sa panoplie avec les serveurs Azure.

- Apple : pour compléter son navigateur Safari, iOS et MacOS, investit massivement dans les centres de calcul qui serviront d’accueil pour iCloud.

Il reste un «petit» problème : ces mousquetaires sont américains, comme la dernière version, en 3D, du film qui va sortir dans quelques jours. 

 


Anticiper les évolutions de l’informatique dans les entreprises. (1)

 

(Désolé pour cette interruption de publication pendant un long mois)

Main nuages J’ai une excellente nouvelle pour les DSI et responsables informatiques des entreprises de toute taille, de tout secteur, de tout pays : anticiper les évolutions majeures qui vont se produire dans le Système d’Information de leur entreprise devient chaque jour plus facile. 

Il existe maintenant un indicateur avancé des outils et usages qui seront déployés demain dans toutes les entreprises : il a pour nom... le grand public.

 

«Consumerization of IT»

Entre 1980 et 1995, les outils informatiques mis à la disposition de leurs collaborateurs par les entreprises étaient, dans la majorité des cas, plus avancés que ceux dont ils disposaient chez eux.

IT Consumerization Ce décalage s’est inversé, il y a une quinzaine d’années, avec le décollage du Web à partir de 1995.

Depuis le début des années 2000, ce mouvement c’est accéléré et, aujourd’hui, la majorité des personnes ont, à leur domicile et avec elles, des outils informatiques plus performants que ceux qu’elles trouvent en poussant la porte de leur bureau.

Au lieu de se lamenter devant cette situation, je propose au contraire de «positiver» et de s’en servir comme d’un moyen simple permettant d’anticiper quelles seront les technologies qui seront déployées dans les entreprises.

Technology adoption curve En informatique comme dans beaucoup d’autres domaines, la vitesse d’introduction d’une innovation suit la célèbre courbe de Gauss, avec les cinq familles d’utilisateurs :

- Les innovateurs : ils sont à l’affut de toute nouveauté et acceptent les imperfections initiales des outils. Ils sont capables de faire la queue devant une boutique Apple pendant 24 h pour être les premiers à acheter un iPhone5 ou une tablette iPad2. Ils sont moins nombreux devant une boutique qui commerciale le dernier Windows Phone !

- Les premiers à adopter : ils n’hésitent pas à choisir une technologie émergente, même si elle est encore imparfaite, en version ß.

- La majorité initiale : convaincus par les premiers utilisateurs, ils vont trouver normal de déployer des outils qui ont déjà fait leurs preuves.

NY times - McCain Analogist - La majorité tardive : ils adopteront une technologie quand plus de la moitié du marché sera déjà équipé et qu’il deviendra difficile de justifier son rejet.

- Les traînards : ils se font une gloire d’être les derniers à adopter les nouveaux outils.

L’hypothèse faite dans ce texte est qu’il existe un décalage important entre les courbes de Gauss grand public et professionnel.

Gauss Décalage Grand public Entreprise Toute la difficulté consiste à évaluer, outil par outil, usage par usage, le délai qui sépare ces deux courbes : 1 an, 3 ans, 5 ans ou plus ?

Ces courbes de Gauss sont trop souvent utilisées uniquement pour anticiper l’arrivée de nouveaux outils. Elles ont, à mon avis, un rôle au moins aussi important pour prévoir... l’abandon des outils existants.
Ce dernier point est capital dans le monde des entreprises au vu de la difficulté qu’elles ont à abandonner une solution installée, stable et bien maîtrisée en interne.

Regardons successivement ces deux cas de figure.

 

Anticiper l’arrivée des nouvelles technologies

Anticiper ?Se projeter dans le futur, c’est la partie la plus passionnante d’une veille technologique, surtout dans le monde de l’informatique !

Postes de travail mobiles, réseaux LTE très haut débit, serveurs dans le nuage, réseaux sociaux d’entreprise, SaaS... Nous vivons une époque formidable en termes d’innovation.

Je constate avec plaisir que le délai qui sépare l’arrivée d’une nouvelle technologie dans le grand public et l’entreprise a tendance à se réduire.

Pilot with ipad Je prendrai un seul exemple : 18 mois après l’arrivée de l’iPad sur le marché et son succès spectaculaire dans le grand public, la plus grande compagnie aérienne du monde, United Airlines, a pris la décision d’équiper 11 000 pilotes d’iPad, pour remplacer une mallette qui contient 17 kg de documents.

 

Anticiper la mort des technologies existantes

Croque-mort Se transformer en «croque-mort» de solutions informatiques en fin de vie n’est pas toujours le plus beau métier du monde, mais c’est une activité indispensable pour éviter que les entreprises ne finissent elles aussi dans un cimetière.

Réseaux X25, PC Windows et suites bureautiques obèses, applications en mode client/serveur, schémas directeurs à 5 ans... la liste est longue des antiquités dont il devient urgent de se séparer.

Autant je suis heureux de voir les nouvelles technologies acceptées de plus en plus vite par les entreprises, autant je suis inquiet quand je vois à quel point la longévité des technologies obsolètes a tendance à s’accroître.

Logo Exchange 2007 L’incroyable résilience des vieilles solutions de messageries que de trop nombreux DSI s’obstinent à gérer en interne alors que cela fait des années que le grand public a migré sur des Webmails dans le Cloud en est un exemple très inquiétant.

J’ai fait un cauchemar cette nuit : je voyais en 2015 des «traînards», au sens de la courbe de Gauss, qui continuaient à gérer eux-mêmes leurs serveurs de messagerie ! 

La deuxième partie de cette analyse sera consacrée aux Infrastructures et la troisième partie aux usages.