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Informatique : la disparition des investissements par les entreprises !

 

OpEX CapEXNon, il ne s’agit pas d’annoncer une catastrophe économique qui ferait que les entreprises arrêteraient d’investir en Informatique.

Il s’agit au contraire d’une excellente nouvelle pour des dirigeants, les directeurs financiers et les informaticiens : la grande majorité des « investissements » que l’on retrouve dans un budget CAPEX (Capital) vont passer dans un budget de fonctionnement OPEX (Operations).

Ce Tsunami financier va toucher tous les domaines de l’informatique, infrastructures et usages.

 

Infrastructures

Réseaux, serveurs et postes de travail, les trois composants principaux d’une infrastructure informatique sont impactés par cette révolution. 

Réseaux 

Depuis longtemps, l’immense majorité des entreprises achètent leurs réseaux externes à des opérateurs et sont déjà en OPEX. Ce mouvement c’est étendu aux réseaux mobiles, qui deviennent le moyen d’accès dominant de tous les utilisateurs.

La situation est différente en ce qui concerne les réseaux internes, les LAN Local Area Networks, qui sont encore majoritairement en Ethernet filaire, mais la situation change très vite.

OneAccess RouterDe plus en plus d’entreprises basculent sur des réseaux LAN Wi-Fi quand le nombre d’utilisateurs ne dépasse pas une centaine dans un même lieu. Ces réseaux peuvent maintenant être déployés avec des performances professionnelles et se substituer totalement aux réseaux filaires, éliminant tous les investissements en câblage et commutateurs Ethernet.

C’est ce que permettent maintenant des solutions multiaccès comme celles proposées par OneAccess

OpenFlow routerPour les grands sites qui auront encore besoin, pendant de nombreuses années, de réseaux filaires très rapides, les investissements seront encore nécessaires, mais fortement réduits par le déploiement des SDN, Software Defined Networks et en particulier des solutions Open Source autour d’Open Flow.

Serveurs

AWS vs GCEPour les entreprises petites ou moyennes, la question ne se pose plus ; leurs coûts de gestion en interne d’un parc de quelques dizaines ou centaines de serveurs deviennent prohibitifs face aux prix que peuvent leur proposer les grands industriels tels que AWS d’Amazon, Azure de Microsoft ou GCE (Google Compute Engine). 

Les deux autres avantages évidents d’un passage en OPEX :

  • Flexibilité ; on ne paye que les heures utilisées.
  • Puissance variable : j’ai toujours accès à la puissance dont j’ai besoin, même si j’ai de fortes variations d’activité.

Pour les très grandes entreprises, ce basculement vers des solutions IaaS (Infrastructure as a Service) prendra plus de temps. 

Netflix on AWS - Things we don't doL’un des exemples les plus significatifs est celui de Netflix, le leader américain de la VOD (Vidéo à la Demande). Netflix consomme 1 milliard d’heures de calcul par mois sur AWS, correspondant à 95% de sa consommation informatique. Cette slide est extraite d’une présentation faite par le CEO de Netflix et présente les principales raisons de ce choix. Le mot « wait » (attendre) y est présent plusieurs fois !

Postes de travail

C’est, aujourd’hui, le poste de dépenses le plus élevé du budget informatique des grandes entreprises. Le TCO, Total Cost of Ownership, des PC Windows, de loin les postes de travail les plus répandus dans les entreprises, est évalué par le Gartner Group à 3500 $ par an, comme je le rappelais récemment.

Trois évolutions majeures vont changer la donne et réduire, fortement, les investissements des entreprises pour leurs postes de travail :

IDC market share mobile device

  • La domination des objets mobiles : tablettes, smartphones, PC mobiles représentent plus de 80 % des objets d’accès vendus en 2012. La majorité des smartphones sont déjà commercialisés avec un contrat mensuel couvrant l’objet d’accès et le coût du réseau.
  • De plus en plus d’entreprises lancent des programmes BYOD (Bring Your Own Device) et BYON (Bring Your Own Network). lL’investissement est pris en charge par le collaborateur et l’entreprise lui verse une somme mensuelle : on passe d’un budget CAPEX à OPEX.
  • Chromebook Leasing $28Autre exemple : Google a lancé un programme de « location » des Chromebooks, couvrant, pour une somme variant de 20 $ à 30 $, tous les coûts sur une période de 3 ans, avec renouvellement du matériel à la fin de la période. Cette démarche sera rapidement imitée par un grand nombre de fournisseurs. 

 

Usages

Dans le domaine des usages, les choses sont beaucoup plus simples : les solutions SaaS, Software as a Service, s’imposent pour toutes les processus transverses et les applications de communication et de collaboration, de « participatique ».

Une étude récente, réalisée par le cabinet américain Saugatuck, montre que, en 2016, moins de 15 % des applications déployées le seront en mode traditionnel « on premise ».

Saugatuck growth public cloud vs private

Et... 100 % des applications SaaS sont facturées en fonction du temps, du nombre d’utilisateurs ou du niveau de ressources consommées ; ce sont donc, dans 100 % des cas, des dépenses OPEX !

Il faudra encore de nombreuses, trop nombreuses années, aux grandes organisations pour se libérer de leurs logiciels intégrés et autres ERP, mais le budget CAPEX qui leur est consacré va progressivement se réduire.

 

Les fournisseurs investissent ... les clients utilisent

Ce n’est pas parce que les entreprises utilisatrices vont arrêter leurs investissements en infrastructures et usages que ces investissements vont disparaître ! Ils seront pris en charge par les ... fournisseurs de solutions Cloud d’infrastructures IaaS ou d’applications SaaS.

Accenture - CLoud InvestmentsAccenture a calculé le montant des investissements réalisés entre 2009 et 2012 par des « petits » acteurs industriels ayant pour noms Amazon, Apple, Google ou Microsoft ; ces chiffres se passent de commentaires...

Google Infrastructures spending 2012Cet autre graphique montre que le montant des investissements trimestriels réalisés par Google a doublé en un an, en passant de 600 M à 1 200 M de dollars.

Il ne s’agit pas de solutions « low cost », avec le sens péjoratif que l’on donne souvent à cette expression. Il s’agit au contraire de solutions « haut de gamme » dont les prix de vente vont baisser régulièrement avec l’aide des fournisseurs industriels qui sont capables d’en réduire fortement le prix de revient et font profiter leurs clients de leurs économies d’échelle.

 

Le challenge spécifique des organismes publics

Ce basculement de CAPEX vers OPEX est très bien accepté par les entreprises privées ; il est plus difficile à gérer dans les entreprises publiques.

Pourquoi ? Les budgets d’investissements et de fonctionnement sont très séparés, étanches et avec souvent des sources de revenus très différentes.

G-Cloud UK government marketplaceJ’ai souvent eu à affronter ce problème dans des projets Cloud Computing pour les organismes publics qui sont souvent obligés de trouver des « astuces » financières permettant de « capitaliser » des dépenses de fonctionnement de type SaaS !

Pour répondre à ce problème, la démarche suivie par le gouvernement britannique est très intelligente ; il a créé G-Cloud, une place de marché SaaS où toutes les solutions, préapprouvées, peuvent être mises en œuvre immédiatement sans avoir besoin de passer par des procédures classiques d’appel d’offres.

  

Tendances

Ce mouvement de fond, d’une informatique CAPEX vers une informatique OPEX, ne se fera pas en quelques mois !

Comme c’est la règle depuis une dizaine d’années :

Consumerization of ITLe grand public montre la voie ; cela fait bien longtemps que plus personne ne gère ses serveurs en local et on constate un mouvement très rapide vers l’archivage « Cloud » avec Box, Dropbox, iCloud ou Gdrive.

  • Les entreprises petites et moyennes prennent rapidement le relais. Elles ont plus de flexibilité pour changer leurs solutions informatiques existantes.
  • Les grandes organisations mettent plus de temps à migrer vers des solutions OPEX ; il leur est plus difficile et long de sortir de leurs investissements « legacy » dans les infrastructures et les applications.

NirvanaConfier à de grands fournisseurs industriels la responsabilité des investissements en infrastructures et usages informatiques ; leur acheter les seules ressources dont on a besoin, quand on en a besoin, avec la certitude de ne jamais avoir à investir sur des ressources que l’on est certain de ne jamais pouvoir optimiser...

Ce « nirvana » informatique est à votre portée ; il serait vraiment dommage de ne pas en profiter !

 


Infrastructures 2.0

 

Logo CRIP 2J’ai l’impression que les infrastructures sont trop souvent considérées comme le parent pauvre des systèmes d’information, les applications et usages en étant la partie noble.

C’est encore plus vrai dans un pays comme la France qui a généralisé en informatique la catastrophe que représente la séparation entre « maîtrise d’ouvrage » et « maîtrise d’œuvre ».

Heureusement, il existe en France une remarquable association, le CRIP (Club des Responsables d’Infrastructures et de Production), qui regroupe plus de 200 grandes entreprises et administrations et maintient haut le flambeau des infrastructures.

IT innovationEn réalité, ce sont les innovations très rapides et spectaculaires des infrastructures informatiques qui sont, et seront de plus en plus, à la base de l’amélioration des performances des systèmes d’information modernes.

Vous devez dorénavant faire deux hypothèses, concernant les infrastructures informatiques de nouvelle génération, que je propose d’appeler infrastructures 2.0 :

  • Il n’y a plus de contraintes techniques de performances.
  • Il n’y a plus de contraintes financières : elles sont gratuites ou « quasi-gratuites ».

 

La disparition des contraintes « techniques » d’infrastructures

Innovation CloudJ’ai une excellente nouvelle pour les dirigeants d’entreprises et tous les décideurs qui interviennent dans la gestion des Systèmes d’Information : vous pouvez, aujourd’hui, laisser libre cours à votre imagination, à votre créativité concernant les usages possibles de l’informatique dans votre entreprise.

Vous pouvez faire l’hypothèse que les contraintes d’infrastructures ont disparu, que ce soit en terme de puissance de calcul, de capacité de mémorisation de contenus, de vitesse des réseaux ou de la disponibilité des objets d’accès.

Vertu diamond smartphoneJ’entends déjà les cris de tous les informaticiens « passéistes » qui vont prétendre le contraire, car ils préfèrent maintenir auprès des dirigeants l’illusion de la rareté et de la « cherté » des infrastructures informatiques.

C’était vrai dans le monde des infrastructures 1.0, dans lequel nous avons vécu pendant plus de 50 années. Ce n’est plus vrai dans le Nouveau Monde où nous sommes entrés, celui de la R2I, la Révolution Industrielle Informatique, des infrastructures 2.0.

 

La disparition des contraintes « financières » d’infrastructures

C’est sur une double hypothèse révolutionnaire que doivent maintenant raisonner tous les décideurs : j’ai à ma disposition des infrastructures à coût zéro ou très faible.

Une fois de plus, le grand public montre la voie au monde professionnel.

Vous n’êtes pas convaincu ? Prenons quelques exemples :

  • Réseaux gratuits : tous les jours, je me connecte à des réseaux Wi-Fi rapides gratuits, quel que soit le pays, dans les hôtels, les salles de conférences ou sur les réseaux communautaires tels que FON ou Free Wi-fi.
  • Free 100 Gb StorageStockage gratuit : Box, DropBox, Gdrive, icloud, Skydrive... Chacun d’entre nous peut disposer de dizaines de Go gratuits dans le « nuage » et le nombre de fournisseurs s’accroit tous les jours.
  • Puissance de calcul gratuite : les 400 millions d’utilisateurs de gmail peuvent traduire les messages reçus dans plus de 60 langues ; ils utilisent pour cela, gratuitement, les millions de serveurs dont dispose Google.
  • Objets d’accès gratuits : vous avez décidé de voyager sans votre PC portable ? Il est de plus en plus courant de trouver, dans des hôtels ou les bibliothèques des PC en libre-service.

 

Tous les voyants sont au vert

Yes it's freeLe « gratuit » a souvent mauvaise presse dans le monde professionnel, comme s’il était honteux d’utiliser des ressources à coût zéro.

C’est très dommage, car en plus les entreprises se privent d’un avantage majeur : pour accéder à des ressources gratuites, plus besoin de préparer des appels d’offres et leur utilisation peut donc être immédiate !

Dans la pratique, la majorité des ressources d’infrastructures utilisées par les entreprises rentreront dans la catégorie « quasi gratuite ».

J’ai souvent traité le sujet des ressources informatiques industrielles dans ce blog.

Les deux points sur lesquels je souhaite mettre en avant aujourd’hui sont les ressources « illimitées » et les coûts très bas.

Ressources illimitées (en pratique) :

  • Vous avez besoin de beaucoup de puissance de calcul ? Faites comme le laboratoire Schrödinger qui avait besoin de faire des recherches sur les protéines et a mis en œuvre pendant 3 heures... 50 000 serveurs sur AWS (Amazon Web Services) pour un coût total de 15 000 $. L’idée même de faire cette opération aurait été impensable il y a 3 ou 4 ans.
  • Comme le prix de l’heure-machine AWS a déjà baissé environ 30 fois depuis 2006, lorsque Schrödinger souhaitera renouveler cette opération dans un an, il aura la bonne surprise de voir sa facture réduite de plus de 20 %.
  • BIME on bigqueryLe Big Data fait partie de vos priorités et vous avez des centaines de Terabytes de données à traiter ? Google, avec BigQuery, les accueillera avec facilité et vous visualiserez les résultats,immédiatement avec BIME.
  • Vous devez transférer 10 000 vidéos entre les USA et l’Angleterre, comme l’a fait récemment NetFlix ? Une fibre optique associée à la solution logicielle Fasp proposée par AsperaSoft vous permet de le faire en quelques jours.

Quasi gratuit (en pratique) :

  • AWS Spot instancesVous avez besoin de beaucoup de puissance de calcul, mais pouvez attendre quelques heures ? AWS vous propose des « instances ponctuelles » à des prix encore plus bas. Oui, vous avez bien lu, l’heure de calcul peut descendre en dessous du centime de dollar !
  • Dropbox entrepriseDropbox vient d’annoncer un nouveau service « entreprises », dont les tarifs sont liés au nombre d’utilisateurs, pour une capacité de stockage... illimitée ! Un curseur vous permet de calculer automatiquement le coût annuel en fonction du nombre d’utilisateurs. Dans l’exemple que j’ai choisi, pour 30 utilisateurs, le coût est de l’ordre de 8 €/mois/personne.

Pourquoi citer en priorité Amazon et Google ? Seuls des fournisseurs capables d’investir plusieurs milliards de dollars par an auront droit de cité dans ce monde industriel des infrastructures 2.0. Amateurs, s’abstenir !

Rightspace price reductionSur son Blog, Rightscale vient de publier une analyse très détaillée des réductions de coût des grands acteurs du Cloud. J’en ai extrait ce tableau qui montre que toutes les dimensions des infrastructures sont concernées et que c’est dans le domaine de la bande passante que les baisses sont les plus spectaculaires.

 

Infrastructures 2.0 : des coûts d’accès « quasi gratuit »

Les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas aux ressources d’infrastructures partagées ; elles concernent aussi les « outils d’accès » mis entre les mains des collaborateurs de vos entreprises.

Je vous propose de calculer ce que j’ai appelé, dès 2006, l’ACM, Accès / Coût / Mois, la dépense nécessaire pour qu’une personne puisse accéder à tous les services applicatifs.

Je vais faire le choix d’un scénario « luxueux » : chaque collaborateur aura « droit » à trois objets d’accès, un smartphone, une tablette et un PC portable, le tout étant complété par un accès à un réseau 3G+ aujourd’hui, LTE dans les deux ans.

Faisons nos calculs :

Nexus 4, Nexus 7, Chromebook

  • Un smartphone haut de gamme quadricœur, libre de contrats : le LG Nexus 4, à 300 €. Il sert bien sur de routeur Wi-Fi pour la tablette et le PC portable.
  • Une tablette 7 pouces puissante, Wi-Fi : Nexus 7, à 200 €.
  • Un Chromebook Samsung 12 pouces, Wi-Fi, à 300 €.
  • Coût total, des trois objets d’accès : 800 € TTC (moins de 700 € HT).
  • Choisissons une période d’amortissement courte : 24 mois.
  • Coût mensuel/personne : 28 € HT, arrondi à 30 €.
  • Tarif B&You 20€Rajoutons un abonnement téléphonique avec un volume raisonnable de 3 à 5 Go par mois pour 20 à 30 € (Sosh d’Orange, Free, B&You...)

Et voilà ! Avec un ACM de 60 €/mois/personne, j’ai équipé chaque collaborateur de trois outils d’accès haut de gamme. 

Comparé au TCO d’un seul PC Wintel archaïque, estimé par le Gartner Group à un minimum de 3 600 € par an, je vous propose de ne dépenser « que » 720 € par an, soit... 5 fois moins !

Si avec de tels chiffres, votre Directeur Général et votre Directeur Financier ne vont pas vous féliciter, ce serait pour le moins surprenant !

 

Déployer des infrastructures 2.0, quel beau métier !

Dans la nouvelle logique moderne des Systèmes d’Information industriels, ce sont les... infrastructures qui s’imposent aux usages !

Three Simple RulesLes responsables d’infrastructures vont fixer quelques règles simples, mais impératives, que les lecteurs de ce blog connaissent bien :

  • Toutes les applications achetées à l’extérieur, SaaS bien sur, sont accessibles depuis un navigateur moderne.
  • La cible prioritaire pour les applications est un objet mobile doté d'un écran de 4 à 12 pouces.
  • Toutes les nouvelles applications développées en interne, pour des usages métiers spécifiques : Mobile first + HTML5 + Responsive Design.

Ce sont des contraintes fortes, oui, mais c’est pour la bonne cause :

  • Une réduction très forte des coûts d’infrastructures.
  • Des accès possibles depuis tout objet d’accès, en tout lieu, à tout moment.
  • La possibilité de dire aux responsables des applications : imaginez les usages les plus innovants possible, nous vous garantissons toute la puissance nécessaire, à des coûts très bas.

Réinventer des infrastructures 2.0, aux performances exceptionnelles, avec des coûts très bas et les mettre en œuvre : ce sont des métiers nobles, innovants, à très forte valeur ajoutée.

Ceci implique bien sur que les responsables actuels d’infrastructures soient capables de remettre en cause leurs certitudes actuelles, leurs liens avec des fournisseurs historiques dépassés et leur appréhension vis-à-vis des solutions grand public...

Ce sera l’un des plus grands, des plus beaux chantiers des 5 prochaines années.