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M, comme Microsoft, M comme... Minable !

 

Burning MCertaines actions ont le don de me mettre de très mauvaise humeur et me poussent à réagir, à pousser un « coup de gueule ».

C’est ce qui vient de se passer avec l’ouverture par la « PME Microsoft » d’un site Web de e-commerce pour proposer des « goodies »... anti Google.

"Microsoft Anti Google MugCe n’est pas drôle, ce n’est pas de l’humour, c’est... Méprisable, Monstrueux et Minable.

Si Microsoft, pour se défendre, en est réduit à se rabaisser à ce niveau, alors il est plus que temps que Ballmer soit viré, et immédiatement ! J’ose encore espérer qu’il n’était pas au courant de cette monstruosité.

 

Les campagnes anti-Google de "Minablesoft"

Scroogled logoCela fait maintenant deux ans que Microsoft attaque Google avec une campagne qui a pour nom Scroogled. Ce néologisme est la contraction de :

  • Screw up : faire une bêtise, escroquer...
  • Google

Le message de Microsoft est clair : vous ne pouvez pas faire confiance à Google. Il ne s’agit pas du tout d’une campagne publicitaire « comparative », tout à fait légale, mais d’une action de dénigrement de son concurrent. Les attaques de Microsoft contre Apple sont plus traditionnelles : elles comparent par exemple les tablettes Surface aux iPad.

Revenons à ce nouveau site de vente d’objets anti-Google ; j’en ai extrait deux images révélatrices :

  • Restez calme, pendant que l’on vole vos données.
  • Nous vous surveillons.

Images Microsoft Scroogled

Les personnes qui ont fait l’effort d’étudier sereinement ce sujet savent très bien que c’est totalement inexact, mais cela fait des dizaines d’années que le monde de l’informatique utilise cette démarche FUD (Fear, Uncertainty, Doubt) ou Peur, Incertitude, Doute ; Microsoft est le champion mondial du FUD ! On a les titres que l’on mérite...

Un autre exemple emblématique de cette campagne ridicule est la vidéo qui a été publiée par Microsoft  en laissant croire que tous les mails Gmail sont lus, alors qu’il s’agit simplement d’un moteur de recherche de mots clefs pour trouver des publicités pertinentes. C’est évidemment sur YouTube, qui appartient à Google, que Microsoft porte cette attaque ! 

Dans cette vidéo, Microsoft propose donc Office 365 comme une « meilleure solution », en oubliant de dire que cette solution est en concurrence avec la version professionnelle Google Apps qui, elle, n’a pas de publicité contextuelle ! Cela a un nom : publicité mensongère.

Pourquoi une entreprise aussi importante que Microsoft en est-elle réduite à utiliser des méthodes aussi méprisables, aussi minables ?

La réponse est simple : la trouille !

  

Microsoft, un géant aux pieds d’argile

Clay feet colossusEntre 1990 et 2010, pendant 20 ans, Microsoft a dominé l’informatique de la génération PC, avec deux quasi-monopoles, Office et Windows et un grand leader dans le monde de la messagerie d’entreprise, Exchange et son compagnon Sharepoint.

Microsoft a bien conscience que la nouvelle vague informatique, autour du Cloud, du SaaS, de la mobilité, de la variété des objets d’accès va déboulonner 100 % de ses produits phares :

Global OS market share 2009-2013

  • C’est déjà le cas pour Windows, qui ne représente plus que 25 % du marché des Systèmes d’Exploitation des objets d’accès, comme le montre le graphique ci-dessous.
  • C’est en cours pour Office, Exchange et Sharepoint, plus lentement, car cela concerne le marché des entreprises, qui mettent plus de temps à déployer des solutions innovantes.

Apple, Facebook Box, Dropbox... ils sont de plus en plus nombreux à proposer des solutions « alternatives » aux offres de Microsoft.

Mais c’est bien sur Google qui représente la menace la plus forte et la plus immédiate avec :

  • Android et ChromeOS face à Windows.
  • Google Apps, face à Office, Exchange et Sharepoint.


Plus de 95% des bénéfices de Microsoft
viennent de ces produits leaders, dans les trois divisions Windows, Office et Serveurs, comme le montre clairement ce graphique. Cela fait dix ans que la division Internet (Online), avec Bing et Outlook.com, perd beaucoup d’argent ; les pertes cumulées depuis 2005 représentent environ 8 milliards de dollars. (L’année fiscale de Microsoft s’arrête en juin).

Bénéfices Microsoft by divisionQue les dirigeants de Microsoft soient très, mais très inquiets par cette dépendance sur des produits fins de vie, on les comprend, même s’ils affichent un extraordinaire optimisme de façade.

Qu’ils aient envie et besoin d’attaquer Google, de se défendre, c’est une évidence et ce n’est pas moi qui vais me plaindre d’une guerre entre géants qui peut être bénéfique pour les entreprises clientes.

Mais, comme dans toute guerre, la fin ne justifie pas l’usage de n’importe quel moyen. Microsoft a vraiment dépassé les bornes dans ses dernières campagnes de dénigrement de son grand concurrent Google. 

 

Commencer par balayer devant sa porte

Two spies NSA, PRISMNSA ? PRISM ? Ces initiales vous disent quelque chose ? Depuis plusieurs mois, après les révélations de Edward Snowden, le monde entier fait semblant de découvrir que tous les états espionnent tous les états, alors que  cela est vieux comme le monde et ne date pas d’Internet !

Avant d’attaquer Google sur des sujets aussi sensibles que la confiance et l’accès aux contenus, il serait urgent que Microsoft mette ses pratiques à un niveau au moins équivalent de celui de Google, et c’est loin d’être le cas.

Je prendrais deux exemples pour illustrer ce décalage :

    1 - La NSA intercepte, sur les réseaux fibres optiques, les échanges des utilisateurs des messageries grand public telles que Yahoo!mail, Hotmail et Gmail, comme le rappelle cet article du Standard.

Les chiffres sont impressionnants ; en une seule journée, la NSA a récupéré les carnets d’adresses de :

  • 444 743 utilisateurs de Yahoo mail.
  • 105 068 utilisateurs de Hotmail, de... Microsoft.
  • 33 697 utilisateurs de Gmail, de Google.

Sachant que ces trois plateformes ont à peu près le même nombre d’abonnés, le numéro un étant Google, comment expliquer ce décalage ?

C’est très simple : Google a généralisé les échanges en HTTPS depuis longtemps, et la grande majorité des utilisateurs de Gmail ont suivi les recommandations de Google. L’utilisation de HTTPS est bien évidemment obligatoire pour tous les clients entreprises de Google Apps. 

Depuis ces révélations récentes, Yahoo mail et Hotmail, rebaptisé Outlook.com, ont annoncé qu’ils allaient, eux aussi, généraliser HTTPS.


Google goes 2048 for SSLToujours avec une longueur d’avance, Google avait annoncé, dès mai 2013, que tous les certificats SSL seraient passés de 1024 à 2048 bits avant la fin de l’année 2013, et c’est maintenant une réalité. 

    2 - L’EFF, Electronic Frontier Fondation, est un organisme indépendant que veille à la défense des droits des utilisateurs sur Internet ; on peut les accuser de beaucoup de choses, sauf d’être des grands fans de Google !

L’EFF a publié, le 20 novembre 2013, un rapport sur ce que font les grands acteurs du Web pour chiffrer le Web.

Dans ce tableau de synthèse, l’EFF a choisi cinq paramètres de sécurité importants tels que le chiffrement des échanges entre les centres de calcul distribués des fournisseurs et les niveaux de HTTPS utilisés.

Electronic Frontier Foundation evaluationDropbox et Google sont les seuls à mettre en œuvre les 5 sécurités analysées. Toujours aussi « brillant », Microsoft a... une seule bonne réponse.

En clair, pour protéger les données de leurs clients, Google et Microsoft ne jouent pas dans la même division : Google est en dans la première division, Microsoft en CFA 2 (les fans de football comprendront).

 

Résumé : un aveu de faiblesse impressionnant

Le chien aboie...Le chien aboie, la caravane passe... C’est l’image qui me vient à l’esprit quand je vois une entreprise aussi importante que Microsoft, dont les outils sont utilisés par plus d’un milliard de personnes, en être réduite à des manœuvres d’aussi bas étage.

Google a répondu à cette dernière campagne avec un message terriblement efficace : « La concurrence sur le marché des objets portables s’intensifie »

Google response on ScroogledTraduit en langage simple :

  • Microsoft en est réduit à innover en proposant un nouveau Tshirt.
  • Google, pendant ce temps, travaille sur de véritables innovations, comme les Google Glass.

Rocher en équilibreCes attaques de Microsoft contre Google ne sont pas seulement minables, elles sont un signe dramatique de la descente aux enfers que vit actuellement Microsoft. Comme je l’avais écrit dans un texte récent, j’espère vraiment que le nom du nouveau CEO/PDG de Microsoft sera annoncé rapidement et que, parmi les 5 candidats restants, ce soit le seul venant de l’extérieur, Alan Mulally, PDG de Ford Motors, qui soit choisi.

Il sera, à mon avis, le seul à pouvoir consolider Microsoft et éviter que tout s’écroule, comme cela peut arriver d’un jour à l’autre à ce superbe rocher.

 


Cloud Channel Summit : San Francisco

Logo CaliforniaJe viens de passer une semaine en Californie pour participer à 3 conférences dont les thèmes tournaient tous autour du Cloud.

Trois conférences, trois thèmes très différents, trois ambiances distinctes...

J’ai déjà parlé plusieurs fois, dans ce blog, de Cloud Computing Expo ; j’ai participé comme conférencier à de nombreuses éditions :

Je vais écrire cette année deux billets, celui-ci sur le Cloud Channel Summit et le prochain sur la conférence GigaOM, en faisant l’impasse sur Cloud Expo ; j’espère que son organisateur, Jeremy Geelan, me le pardonnera.

Disclaimer : j’étais invité à ces trois conférences, comme ancien conférencier au Cloud Channel Summit, comme conférencier à Cloud Expo et comme « blogueur » par GigaOm.

 

La forme

Jeff Kaplan 1Le Cloud Channel Summit est organisé par Jeff Kaplan, fondateur de l’entreprise ThinkStrategies, qui gère l’un des meilleurs sites de référence des solutions SaaS, le CloudShowplace.

Comme son nom l’indique, Le Cloud Channel Summit est un lien de rencontre entre les offreurs de solutions Cloud et le « canal », en clair les partenaires de ces offreurs, dont fait partie Revevol. Il n’y a pas, ou très peu, d’entreprises utilisatrices.

Il y avait cette année environ 200 personnes présentes, en augmentation par rapport à l’année dernière, mais cette taille raisonnable favorise les échanges, qui restent l’un des principaux objectifs de cette journée.

La « forme », l’organisation de cette journée étaient intéressantes et je pense que beaucoup d’organisateurs de réunions professionnelles pourraient s’en inspirer. 

La matinée a commencé par 1/2 heure de « speed dating », professionnel bien sûr ! Comme le montrent ces photos, deux très longues rangées de chaises avaient été installées, se faisant face.

Speed Networking Cloud Channel SummitPendant 2 minutes, chacun échangeait sa carte de visite et présentait son activité. Ensuite, les personnes de l’une des rangées se déplaçaient d’un siège et nouaient un nouveau dialogue.

J’ai ainsi pu parler avec une quinzaine de personnes que je n’avais jamais rencontrées avant. A part le niveau sonore lié à une centaine de dialogues simultanés, j’ai trouvé la formule intéressante et efficace.

Salle 3Toujours pour favoriser les échanges, pendant les conférences, les participants étaient assis autour de grandes tables rondes, plus conviviales que les classiques rangées de fauteuils.

Round table Cloud Channel potentialEnfin, mais c’est plus classique maintenant, la majorité des présentations avaient lieu sous forme de dialogues entre les intervenants, sans l’utilisation de présentations « pauvre point ».

Pendant le déjeuner, Jeff Kaplan avait organisé une « un-conference » : chaque table était présidée par l’un des fournisseurs sponsors de l’événement et chacun pouvait afficher, sur un mur où étaient indiquées les thèmes de base, les sujets qu’il souhaitait traiter. Ceci a permis pendant ce déjeuner, très rapide et très « américain », chacun prenant un petit panier-repas avant de s’assoir, d’être certain de participer à des échanges correspondant à ses préoccupations.

Dans des réunions aussi courtes, une seule journée, la forme n’est absolument pas neutre et, dans le cas présent, a beaucoup contribué au succès de la conférence. J’ai, personnellement, eu entre 15 et 20 échanges avec des personnes qui avaient des choses très intéressantes à me dire et que je ne connaissais pas en arrivant le matin.

  

Le fond

Au-delà de la forme, c’est bien sur le contenu qui prime et cette 3e édition du Cloud Channel Summit a tenu toutes ses promesses. L’une des clefs de la réussite tient au ciblage précis de cette conférence : le rôle du canal : conférenciers et participants parlaient le même langage, et avaient la volonté, ensemble, de résoudre des problèmes complexes.

Jeff Kaplan avait eu la bonne idée de réunir à la fois des fournisseurs historiques, nés avant le Cloud et des fournisseurs « Cloud natifs ».

Parmi les « historiques », il y avait :

  • HP 
  • Oracle
  • VMWare
  • AVnet
  • Comcast
  • Cox Communications
  • Equinix
  • Progress Software

Dans le groupe des «Cloud natifs, on trouvait :

  • DropBox et Box
  • Google 
  • Amazon (Amazon Web Services)
  • Salesforce
  • Ping Identity
  • Corent Technology

Plutôt que d’essayer de tout résumer, j’ai choisi de mettre en lumière un petit nombre de thèmes qui m’ont paru importants.

Challenge de la vente OPEX vs CAPEX

Capex-vs-opexLe basculement vers un marché de services, achetés en OPEX (coûts de fonctionnement) et non plus en CAPEX (coûts d’investissement) a un double impact positif pour la majorité des entreprises clientes qui paient à l’usage, et uniquement les ressources dont elles ont besoin.

C’est par contre un challenge majeur pour les entreprises fournisseurs de solutions, à la fois pour leur trésorerie et surtout pour la gestion des vendeurs. Ceci est particulièrement complexe à gérer pour les entreprises historiques où les vendeurs avaient l’habitude d’encaisser de gros chèques à la fin de chaque trimestre (les fameux quarters !). 

L’image qui a été utilisée plusieurs fois pendant la journée est celle de la différence entre deux types de vendeurs :

  • Le vendeur de voitures (CAPEX) qui touche une commission à chaque transaction.
  • Le vendeur d’assurances (OPEX) qui encaisse tous les ans une prime lors du renouvellement du contrat de ses clients.

L’expérimentation est indispensable

IT ChannelLa majorité des intervenants ont eu l’honnêteté de reconnaître qu’il était très difficile de trouver la bonne formule permettant aux fournisseurs et aux acteurs du canal de travailler efficacement ensemble. Ils recommandent de tester différentes solutions, de ne pas avoir peur d’expérimenter et d’abandonner des formules qui ne réussissent pas. 

Un bon exemple était celui de Box : ils ont plus de 400 commerciaux pour la vente directe et ont commencé la vente indirecte en 2012, en priorité pour le marché des PME. Jamie Perlman, le responsable du business development a aussi transmis un message important pour tous les vendeurs SaaS : 

«Mettre une offre sur une place de marché Web, sans commerciaux, et attendre que les clients entreprises viennent ne fonctionne pas ; il est nécessaire d’avoir une «conversation» avec les clients»

Il n’est pas facile de changer de métier, de culture

C’était le message unanime de tous les fournisseurs historiques, qui voient dans ce changement de culture de l’entreprise le challenge le plus important lors d’une migration vers des offres Cloud et SaaS.

Le distributeur Insight a choisi de créer des équipes de vente différentes pour toutes les offres Cloud, persuadé que les commerciaux existants ne pouvaient pas le faire efficacement.

ComCast Upware MarketplaceLes exemples de Cox et Comcast qui souhaitent devenir des vendeurs de «solutions» alors qu’ils sont encore et avant tout des vendeurs de réseaux étaient très intéressants. Leur démarche actuelle est centrée sur la création de places de marché, en priorité orientée PME, sous le nom de Essential Cloud pour Cox et Upware pour Comcast

Cette démarche pourrait facilement être reprise en France par nos opérateurs mobiles, mais leurs essais dans ce domaine n’ont pas encore été concluants.

Evangélisation et éducation du marché restent une priorité

Cloud EvangelistGrandes entreprises, PME, équipes informatiques, responsables métiers... L’évangélisation de tous les clients et décideurs potentiels est considérée par la majorité des fournisseurs comme une priorité majeure, et cela pendant encore au moins 5 années.

Cox Communications organise en permanence des Webinars sur les potentiels et les avantages du Cloud, sans essayer de vendre leurs solutions ; juste de l’évangélisation de ses clients potentiels

Ce n’est pas le «Chief Cloud Evangelist» de Revevol qui va s’en plaindre.

Le rôle grandissant des «Cloud Platforms»

Les intervenants appartenaient à toutes les catégories de solutions Cloud : IaaS, PaaS, SaaS, grands acteurs industriels et petites structures sur des marchés de niche... Quelles que soient leurs positions sur ces marchés, ils ont tous parlé de l’émergence de grandes plateformes de référence.

IaaS PaaSC’est le tandem «IaaS + Paas» qui a remporté le maximum de suffrages. Les grands fournisseurs capables de proposer des outils de PaaS sur leurs infrastructures IaaS ont un avantage concurrentiel très fort, et ils sont très peu nombreux à pouvoir le faire : AWS, Google, Microsoft et quelques outsiders tels que Verizon ou IBM.

Salesforce avait un point de vue différent et défendait une plateforme SaaS + PaaS (Salesforce.com + Force.com), ce qui est compréhensible vu son positionnement, mais il était le seul à pousser cette vision.

 

Résumé

CLoud Channel Summit lOgoDans le monde du Cloud et du SaaS, comme dans tous les métiers, il y a un rôle clef à jouer par les canaux commerciaux indirects, indispensables pour que l’offre et la demande puissent se rencontrer efficacement.

La tentation de «désintermédiation» est forte dans le Cloud, car tout se passe par Internet, qui favorise la relation directe entre les fournisseurs et les entreprises utilisatrices.

Malgré tout, je n’ai pas rencontré à ce Cloud Channel Summit une seule personne pour soutenir la thèse que les intermédiaires, les «Cloud brokers», n’ont pas d’avenir.

 


GAMA : Quatre acteurs clefs, quatre stratégies différentes !

 

GAMA logoGAMA ?  Ce sont les initiales de quatre acteurs majeurs de l’informatique, Google, Amazon, Microsoft et Apple.

Deux d’entre eux, Microsoft et Apple, sont nés dans une culture poste de travail et ont pris leur essor dans les années 80 et 90,

Les deux autres, Google et Amazon, sont nés il y a une quinzaine d’années, dans une culture native Web/Cloud.

Ces quatre très grandes entreprises sont ou seront présentes, à des degrés divers, dans l’informatique des entreprises.

Je vous propose de déchiffrer leurs stratégies pour vous aider à mieux comprendre quelle place ils peuvent prendre dans vos entreprises, quels sont leurs points forts et leurs points faibles. 

 

Un point commun : une stratégie mixte, grand public et professionnel 

Goldman Sachs IT pro:consumer 2000 - 2012Cela fait maintenant plus de 10 ans que le marché informatique grand public a pris le pouvoir, ne laissant que des miettes pour les entreprises, que ce soit en matière d’innovation ou de volume des ventes, comme le montre très bien ce graphique qui s’appuie sur une analyse de Goldman Sachs.

Amis DSI, n’oubliez jamais que vous ne représentez plus que 15 % du marché mondial des équipements informatiques !

Les fournisseurs GAMA l’ont bien compris, et offrent tous des solutions pour les deux marchés :

  • Chez Google, c’est Gmail pour les particuliers et Google Apps professionnel, Maps grand public et Maps pour entreprises...
  • Amazon propose des tablettes grand public et des services aux entreprises avec AWS, Amazon Web Services.
  • Windows et Office sont, encore, archidominants dans ces deux marchés. Microsoft a aussi des offres spécifiques entreprises, telles que Exchange ou Sharepoint et des offres uniquement grand public, comme les XBox.
  • Les ordinateurs personnels, tablettes et smartphones d’Apple sont en priorité vendus au grand public, mais sont aussi présents dans les entreprises, souvent à l’initiative des collaborateurs.

 

De profondes différences de stratégie

GAMA, ce sont deux Web natifs contre deux postes de travail natifs : ces cultures initiales se retrouvent encore aujourd’hui dans leurs approches du marché.

Le tableau ci-dessous a pour objectif de résumer les principales différences et positionnements de ces quatre fournisseurs.

GAMA - Matrix solutionsOn y retrouve :

  • Les objets d’accès, avec leurs composants matériels et logiciels.
  • Les services proposés, soit dans des infrastructures internes soit dans solutions Cloud / SaaS, Software as a Service
  • Les services d’infrastructures Cloud IaaS, Infrastructures as a Service.

Dans chacun de ces domaines, les différences d’approche sont très fortes, comme on val le découvrir ci-dessous.

Objets d’accès

Pour Google et Amazon, les objets d’accès ont comme principal objectif d’augmenter la demande de services ; ils sont souvent commercialisés à prix coutant. C’est le cas des tablettes Kindle d’Amazon, qui vend ensuite des contenus.

L’exemple des smartphones est très révélateur. En octobre 2013, Apple et Google ont annoncé leurs nouveaux modèles, iPhone 5S et Nexus 5.

Prix Nexus 5 vs Apple 5SComme le montre clairement cette double copie d’écran, tirée des sites de ventes d’Apple et Google, le Nexus 5 est, à 399 €, exactement 2 fois moins cher que l’iPhone 5s, à 811 € dans leurs versions 32Go. On retrouve cet écart sur le prix de la mémoire supplémentaire : passer de 16 Go à 32 Go coûte 50 € pour le Nexus 5, et... 100 € pour l’iPhone 5.

Je ne vais pas rentrer dans le débat passionnel qui oppose les fans d’Apple et ceux d’Android, mais on peut quand même objectivement dire qu’ils sont tous les deux des smartphones haut de gamme offrant des fonctionnalités proches. Pourquoi l’un coûte-t-il deux fois plus cher que l’autre ? Pourquoi la même mémoire additionnelle est-elle facturée 2 fois plus cher ?

La réponse est limpide : Apple souhaite gagner beaucoup d’argent avec des objets d’accès, Google, non.

Lors de la sortie récente de son nouvel OS, MacOS 10.9 alias Mavericks, et de sa nouvelle suite bureautique iWork, Apple a surpris beaucoup de monde en annonçant la gratuité de ses logiciels sur les objets d’accès.

Prix FNAC Surface Pro 2 tablettesMicrosoft reste donc le seul des grands acteurs du marché à continuer à facturer, fort cher :

  • Ses matériels, tels que les tablettes Surface Pro 2, dont les prix flirtent avec les 1 000 € quand le marché dominant est celui des tablettes à 300 € ou moins, comme les Nexus 7 et 10. Cette étude de Strategy analytics montre que, pour le 2e trimestre 2013, les tablettes Android ont pris les 2/3 du marché.

Tablet market share:OS Q2 2013:2012

  • Son OS Windows et sa solution bureautique Office, qui à eux deux représentent environ 80 % de ses bénéfices annuels.

Prix Windows 8.1 pro et Office 2013 pro

BlackBerry, qui avait suivi la même démarche que Microsoft, en faisant payer le prix fort pour ses smartphones et son OS, en est mort...

Est-ce que le marché grand public, majoritaire, va accepter encore longtemps de payer pour Windows et Office quand tous les autres acteurs importants du marché ont fait le choix de la gratuité ? J’espère, pour Microsoft, que la réponse à cette question sera oui, mais je suis loin d’en être convaincu.

 

Les usages serveurs, « on-premise » ou cloud/SaaS 

Dans ce domaine, les choses sont claires :

  • Google et Amazon, Web/cloud natifs, ne proposent pas de solutions que les entreprises peuvent installer dans leurs centres de calcul privés. Il existe une exception chez Google, avec la GSA, Google Search Appliance que l’on installe dans son Intranet.
  • Apple a une offre SaaS grand public (iCloud, iTunes...), mais rien pour le moment à destination des entreprises.

C’est un peu plus complexe à analyser pour Microsoft :

  • L’offre SaaS grand public, gratuite, existe avec Outlook.com, successeur de Hotmail.
  • L’essentiel de son offre professionnelle est encore « on-premise », avec Exchange, Sharepoint, Yammer et autres SQLServer.
  • L’offre professionnelle, Office 365, n’est pas une solution SaaS, même si ce sujet que j’ai souvent abordé, est très polémique. C’est une solution d’hébergement des produits traditionnels tels que Exchange et Sharepoint.

DoD 50k users Gapps, 50 k Office 365Le récent contrat signé par le DOD (Département de la Défense américain) en est une excellente illustration : Google Apps et Office 365 ont été sélectionnés pour 50 000 utilisateurs potentiels chacun. 

Oui, mais comme l’explique Silicon.fr :

  • C’est Google qui fournira Google Apps, car c’est une véritable solution SaaS, multitenant, et aucune autre entreprise ne peut proposer ce service.
  • Ce n’est pas Microsoft, mais... Dell qui fournira Office 365, hébergé dans ses propres serveurs. Nous sommes clairement devant une solution traditionnelle, multiinstances et non pas multitenant. Dell sera maître du calendrier de ses mises à jour pour la version « DOD » qu’il va héberger.

 

Services IaaS, Infrastructure as a Service

Dans ce domaine, la situation est plus simple :

  • Apple ne met pas ses grands centres de calcul à la disposition de ses clients.
  • Google avec GCE, Google Compute Engine, Microsoft avec Azure, sont en 2013 les challengers du leader mondial Amazon, présent sur ce marché depuis 2006 avec AWS, Amazon Web Services.

Ces trois fournisseurs industriels d’énergie informatique vont se livrer une guerre sans merci pour prendre des parts de marché, ce qui est tout bénéfice pour les entreprises clientes.

Cumulative CAPEX amazon google microsoft rackspace - copieJ’avais, dans un billet récent, longuement évoqué ce sujet ; je reprendrai simplement ce graphique qui montre que leurs investissements sont compris entre 10 et 20 milliards de dollars.

 

Synthèse : mieux comprendre la stratégie de ses fournisseurs potentiels

Old Balance GAMAEntre 2014 et la fin de cette décennie, toutes les organisations, publiques ou privées, grandes, moyennes ou petites, vont basculer une grande partie de leur système d’information sur des solutions « Cloud/SaaS ». Les fournisseurs GAMA seront des acteurs clefs de cette transformation.

Entre les fournisseurs « legacy », qui restent viscéralement attachés à leurs cultures « poste de travail » et les fournisseurs « Web natifs », il faudra faire des choix.

J’espère que ces quelques lignes vous éviteront de faire trop d’erreurs stratégiques...