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Quand la technologie change la vie... en mieux

 

Leap-Motion-SensorIl y a environ deux ans, j’avais écrit un billet enthousiaste après l’arrivée d’une nouvelle technologie, LeapMotion, permettant de reconnaître des mouvements de la main avec une très grande précision.

Je prévoyais un avenir radieux à cette innovation, mais bien sur mon enthousiasme n’était pas partagé par tous ; le premier commentateur après ce billet écrivait : 

«... Mais je doute que ce périphérique soit massivement adopté (et encore moins en 3 à 5 ans). Devoir gigoter les mains/bras en l'air pendant plus de 5 minutes est très désagréable et l'absence de point d'appui physique me semblent être des barrières trop importantes....»

J’ai le plaisir de pouvoir présenter, aujourd’hui, une innovation exceptionnelle rendue possible par LeapMotion.

  

Rappel : l’innovation LeapMotion

LeapMotion dans mainLeapMotion est un petit boîtier de 50g et d’une dizaine de centimètres de long que l’on peut utiliser pour piloter son ordinateur ou tablette avec les mouvements de la main ; il est vendu 90 €.

Comme je l’avais annoncé dans mon premier billet, LeapMotion a commercialisé en priorité les premiers modèles à des développeurs qui souhaitaient construire des applications innovantes. 

Il y a maintenant une place de marché, Airspace, où plusieurs centaines d’applications sont disponibles.

LeapMotion solarwalkOn y trouve bien sur en priorité des jeux, des applications de productivité et des applications pour la science et l’éducation. A titre d’exemple, SolarWalk permet de se déplacer dans le système solaire pour en découvrir tous les mystères.

Bien sur, ce ne sont pas ces applications raisonnablement «classiques» qui m’ont amené à reparler de LeapMotion, mais une nouvelle application spectaculaire qui peut changer, en mieux, la vie de millions de personnes.

 

MotionSavvy, au service des sourds

MotionSavvy, LeapMotion for deafs MotionSavvy est une startup qui utilise le boitier Leapmotion pour permettre aux sourds et malentendants de dialoguer directement avec le reste du monde sans avoir besoin d’interprètes.

Les six personnes qui travaillent dans cette entreprise sont toutes sourdes et cette vidéo, où ils présentent leur projet, est un hymne à l’intelligence, le courage et l’innovation.

  

Il y a quelques semaines, Techcrunch avait écrit un excellent article sur cette jeune entreprise.

MotionSavvy utilise LeapMotion pour analyser les gestes du langage des signes et les traduire.

Pour le moment, la solution de MotionSavvy est encore en version alpha ; elle incorpore Leapmotion dans une tablette et permet les échanges suivants :

  • Sourd vers entendant : Langage des signes vers son et texte. (Flèches bleues dans le schéma ci-dessous)
  • Entendant vers sourd : voix vers texte affiché sur la tablette. (Flèches rouges dans le schéma ci-dessous).

LeapMotion MotionSavvy for deaf

Dans cette deuxième vidéo, vous pouvez voir, au début, une toute première démonstration de ces échanges, qui sont encore limités à environ une centaine de mots.

  

MotionSavvy lance en ce moment deux opérations :

  • Une levée de fonds d’environ 1 à 2 millions de dollars pour permettre de produire une version plus avancée, beta.
  • La distribution des premières tablettes à un millier de volontaires pour enrichir le vocabulaire et améliorer le logiciel.

 Si tout va bien, les premiers produits seront commercialisés en 2015, pour un coût d’environ 600 dollars pour la tablette et un abonnement de 20 dollars pour les logiciels et leur mise à jour.

L’ambition de MotionSavvy est ensuite d’en construire une version qui fonctionne sur un smartphone, pour toucher beaucoup plus de monde.

MotionSavvy pense aussi au reste du monde, et en particulier aux pays où il n’y a pas, comme aux USA, des lois qui facilitent, un peu, l’insertion des personnes handicapées.

 

Technopositif !

DPC focus on positive S 66134179Principe de précaution, risque zéro, dangers du Cloud... Je rencontre encore trop souvent des informaticiens et des dirigeants frileux par rapport aux potentiels des innovations rendues possibles par les progrès des technologies informatiques, dans les infrastructures et les usages. Il est réconfortant de pouvoir parler d’une innovation aussi enthousiasmante que celle promise par MotionSavvy, surtout quand on sait qu’il y a environ 350 millions de sourds dans le monde.

Même les fondateurs de MotionSavvy sont sensibles à ces réactions négatives que l’on rencontre face à toute innovation ; ils ont pris soin de préciser que leur innovation n’allait pas mettre au chômage les personnes qui servent aujourd’hui de traducteurs entre le monde des sourds et celui des bien entendants !

J’espère avoir souvent l’occasion d’écrire de nouveaux billets sur des innovations aussi porteuses d’avenir que celle mise au point par MotionSavvy !

 


Pour en finir avec l’Informatique fantôme : les 3 B (Deuxième partie)

  

Logo 3BDans la première partie de cette analyse, j’ai présenté la situation actuelle de l’informatique fantôme et comment une DSI peut reprendre la main en la remplaçant par l’informatique flexible, en s’appuyant sur les potentiels des 3B : BPaaS, BPM et BI.

Faisant écho à mes billets, Silicon.fr a publié quelques résultats d’une étude réalisée par Avanade (filiale commune Accenture & Microsoft).

France 31% budgets échappent DSIJ’en retiens trois chiffres :

  • En France, 31 % des dépenses informatiques échappent à la DSI.
  • Au niveau mondial, ce pourcentage atteint 37 %.
  • Plus inquiétant : 8 dirigeants français sur 10 estiment prendre de meilleures décisions informatiques quand la DSI n’est pas impliquée !

Netskope top 10 apps in enterprisesDans l’un des commentaires suscités par la première partie de cette analyse, Fabien Calais posait la question de savoir si le stockage de contenus dans le Cloud n’était pas l’une des principales dimensions de cette informatique fantôme. L’étude Netscope, déjà citée, confirme la justesse de cette remarque ; quatre des dix principales applications utilisées dans les entreprises concernent le stockage : Box, Amazon CloudDrive, Google Drive et Dropbox.

  

BPM : Business Process Modeling

DPC BPM SLe BPM, ou BPA, existe depuis des dizaines d’années : le BPM permet de construire des applications en dessinant un processus d’entreprise avec des outils et des langages normalisés.

Les premiers outils disponibles étaient très puissants, très proches des solutions informatiques historiques et demandaient de fortes compétences pour être déployés.

Le Cloud a été à l’origine de nouvelles solutions :

  • Plus légères, bien adaptées aux processus légers.
  • Plus économiques.
  • Plus faciles à prendre en main, soit par des informaticiens soit par des responsables métiers ayant un minimum de maîtrise de l’analyse des processus.

RMP logoJ’ai une bonne nouvelle pour les commentateurs qui me reprochaient de n’avoir cité dans la première partie que des logiciels américains, bien sur tous supposés être à la solde de la NSA : l’outil le plus emblématique de la nouvelle génération de BPM est RunMyProcess (RMP), développé en France à partir de 2008 par une équipe de jeunes ingénieurs très compétents. Lorsque Fujitsu a cherché à acquérir la meilleure solution BPM Cloud du marché mondial, elle a choisi... RMP.

Il existe dans toutes les entreprises des dizaines de processus métiers simples pour lesquels des outils tels que RMP fournissent d’excellentes réponses, avec des temps de mise en œuvre qui se mesurent en semaines.

En assurant le marketing interne et la promotion auprès des directions métiers de ces outils, la DSI fera émerger beaucoup de demandes «latentes» auxquelles DSI et métiers, ensemble, pourront fournir d’excellentes réponses.

 

BI : Business Intelligence

DPC Business intelligence S 43614088Décisionnel : il existe depuis plusieurs dizaines d’années des outils historiques, tels que Cognos ou Business Objects, qui permettaient de répondre à des demandes métiers, quand on avait beaucoup de temps, de patience et des budgets importants.

Dans ce domaine aussi, le Cloud a permis l’émergence de solutions SaaS :

  • Plus légères, bien adaptées aux demandes raisonnables.
  • Plus économiques.
  • Plus faciles à prendre en main, soit par des informaticiens soit par des responsables métiers ayant un minimum de maîtrise de l’analyse des données.

Non, la ressemblance entre ce que j’ai écrit pour le BPM et la BI n’est pas une coïncidence : ces deux familles d’outils ont les mêmes avantages, mais pour des familles de demandes différentes.

BIME logoC’est aussi en France, à Montpellier, qu’est née l’une des solutions SaaS de BI les plus innovantes du monde, BIME. Après une levée de fonds récente, BIME s’installe aux Etats-Unis pour accélérer sa croissance internationale ; bravo !

Ces nouveaux outils de BI sont capables d’accéder à des données venant aussi bien d’applications historiques que de solutions SaaS. Elles offrent aussi une sécurité très forte, les données visualisées dans le Cloud ne quittant jamais les serveurs internes.

 

Informatique flexible = (BPaaS + BPM + BI)

BPaaS, BPM ou BI, tous les composants de l’informatique flexible sont disponibles en SaaS, Software as a Service, sur des infrastructures Cloud et accessibles depuis un navigateur.

Ghost busters logoAvec ces nouvelles armes exceptionnelles, rapides et économiques, la DSI peut passer à l’offensive, adopter une démarche proactive pour exterminer la majorité des «fantômes» en place.

DSI, je vous propose de mettre en œuvre une démarche que j’ai utilisée avec succès dans un grand nombre d’entreprises. 

DPC group people in computer demo - 64812660En voici les principales étapes :

Vous invitez des représentants de tous les métiers de l’entreprise à des ateliers qui peuvent durer un jour ou deux. La taille du groupe ne doit pas dépasser une dizaine de personnes et il ne faut pas hésiter à répéter l’opération plusieurs fois.

  • Pendant la première partie de l’atelier, vous présentez quelques applications «informatique flexible» très simples, mettant en lumière les potentiels de chacune des trois familles d’outils, BPaaS, BPM et BI.
  • Vous donnez ensuite la parole à chacun des représentants métiers en lui demandant d’identifier quelques usages potentiels de ces outils dans son domaine. Vous serez surpris de constater que la liste des projets identifiés grandit très vite. Votre principale difficulté sera de gérer le temps pour que chacun puisse s’exprimer, c’est pour cela que la taille du groupe doit rester raisonnable.
  • A la fin de l’atelier, vous aurez identifié un nombre tellement important de projets d’informatique flexible à lancer qu’il vous faudra gérer la... pénurie de temps et de ressources, au moins pendant les premiers mois.


DPC strairway to the cloud S 53631603Un an plus tard, vous organiserez une journée «portes ouvertes» à laquelle seront invités des collaborateurs de votre entreprise. Ce sont les représentants des métiers qui présenteront les projets d’informatique flexible qu’ils auront mis en œuvre. Début 2013, j’ai publié un billet sur une démarche similaire menée par le groupe Oxylane-Decathlon.

Chacune de ces journées portes ouvertes améliorera l’image de la DSI et... augmentera votre stock d’applications d’informatique flexible à construire.

  

Eliminer l’informatique fantôme Excel : une question de salut public

Je ne peux pas terminer ce billet sans tirer à boulets rouges sur l’outil le plus dangereux et le plus répandu de cette informatique fantôme, le tableur Excel, quand il est utilisé pour construire des applications à grand renfort de macros.

Damn ExcelJe me prépare déjà à la contre-attaque des milliers de financiers, contrôleurs de gestion et responsables budgétaires qui utilisent quotidiennement ces applications Excel monstrueuses, construites par des amateurs, dont les dizaines de macros n’ont jamais été vérifiées et qui produisent le plus souvent des résultats... faux !

De nombreux articles ont été consacrés aux catastrophes économiques déclenchées par des erreurs Excel.

Cette secte des «excelliens» serait risible si elle n’était pas extrêmement dangereuse, car elle est persuadée de son infaillibilité et ne se rend pas compte que la majorité des applications complexes construites avec Excel produisent des résultats erronés.

88% of Spreadsheets have errorsUn professeur de l’Université d’Hawaii, «autorité» sur le sujet, a calculé que ce taux d’erreur atteint... 88 %.

Excel est un outil bureautique qui n’avait jamais été conçu pour écrire des applications informatiques ; Excel a été dévié de son usage initial pour devenir le représentant le plus emblématique, le plus dangereux de cette informatique fantôme.

Eurogroup Excel riskIl existe un groupe européen d’experts sur ce sujet,  Eusprig, European Spreadsheet Risk interest group. Leur prochaine réunion aura lieu le 4 juillet à Delft, aux Pays-Bas. J’encourage tous ceux qui continuent à penser qu’Excel est un outil fiable pour construire des applications à y aller...

 

Mise à jour importante : dimanche 1er juin 2014 - 11h

Je venais de terminer ce texte quand j’ai appris que Clayton Christensen avait publié aujourd'hui dans la Harvard Business Review un article sur le «Capitalist’s Dilemna». Cet article est disponible en PDF, payant ; c’est un excellent investissement de 9 $ pour les personnes intéressées.

Comme les lecteurs de mon blog le savent bien, je suis un grand fan des idées de Christensen et l’un de mes premiers billets, en 2006, présentait sa théorie de l’innovation.

Le lien avec mon texte ? Dans son article que deviendra, j’en suis certain, l’un des grands classiques du management, il attaque... Excel comme l’une des sources des plus graves de l’absence d’investissements dans l’innovation par les entreprises !

Christensen on spreadsheetIl propose une comparaison peu flatteuse avec les restaurants «fast food», responsables de l’augmentation de l’obésité aux Etats-Unis.

 

L’informatique flexible : des réponses innovantes 

DPC hands Winner - 64564198L’entreprise, les métiers, les informaticiens, les clients internes de l’informatique : nous avons tous tout à gagner en déployant des dizaines d’usages de l’informatique flexible, en faisant la promotion des 3 B, BPaaS, BPM et BI.

L’immense majorité des applications fantômes existantes ont été développées par des personnes qui avaient des objectifs positifs, la volonté de mieux faire, de mieux répondre aux demandes de leurs clients. Ces personnes ne cherchaient pas à «court-circuiter» la DSI, mais étaient souvent obligées de le faire : 

  • Soit parce que la DSI ne pouvait pas, ne savait pas ou refusait de répondre à leurs demandes raisonnables. 
  • Soit parce qu’elles ne connaissaient pas les outils qui auraient permis de basculer vers l’informatique flexible.

DPC im-possible - 44441951Déployer, dès 2014, les 3 B de l’informatique flexible, c’est :

  • Eradiquer une grande partie de l’informatique fantôme.
  • Construire des dizaines d’applications à forte valeur ajoutée, à faible coût et rapidement opérationnelles.
  • Recréer une confiance, une collaboration forte entre les métiers et la DSI.
  • Libérer du temps et des ressources pour les équipes informatiques et leur permettre de consacrer l’essentiel de leur énergie aux applications cœur métier.

Je ne connais pas de contre-indication à l’informatique flexible ; il serait dommage de ne pas en faire une priorité, dès demain matin.