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OpenStack : chronique d’un échec annoncé

En écrivant ces lignes, je m’attends à recevoir une volée de bois vert pour crime de lèse-majesté, pour mettre en cause OpenStack, qui est censé représenter une remarquable initiative dans le monde du Cloud Computing.

OpenStack Summit ParisJ’ose, en plus, publier ce billet juste après la réunion de l’OpenStack Summit à Paris qui a réuni plus de 4 000 personnes !

Je ne le fais pas pour créer une polémique inutile, mais pour alerter les responsables informatiques sur les dangers et les risques qu’ils courent en devenant les moutons de Panurge d’une « fausse bonne idée ».

Il y a deux erreurs stratégiques qui font qu’OpenStack ne peut pas réussir :

  • L’échec de l’idée même de Cloud Privé.
  • Le trop grand nombre de fournisseurs, souvent concurrents, qui disent soutenir OpenStack.

  

OpenStack, et ses concurrents

Openstack logoLes entreprises qui souhaiteraient construire leurs « clouds privés » ont trois grandes options à leur disposition :

  • OpenStack.
  • CloudStack.
  • Eucalyptus, qui se positionne clairement comme une solution « compatible AWS » et qui a été racheté en septembre 2014 par HP, qui est aussi membre de la communauté OpenStack.

EucalyptusCes trois familles de solutions proposent des piles logicielles que les entreprises peuvent déployer dans leurs centres de calcul pour les transformer en... « clouds privés ». Elles s’appuient sur des composants Open Source, comme le font aussi les grands industriels du Cloud Public, Amazon et Google.

Ces solutions sont-elles opérationnelles ? Oui, pour l’essentiel, et chaque camp est capable de citer des entreprises ayant mis en œuvre leur solution.

Ce n’est donc pas la capacité technique à fonctionner d’OpenStack qui est en cause, mais de manière beaucoup plus profonde le fait que c’est une solution à la poursuite d’un marché qui... n’existe pas.

 

Cloud privé, la grande illusion

DPC Private Clouds S 60625828Le concept de Cloud a commencé à émerger, vers 2006, avec l’arrivée des premières offres d’AWS, Amazon Web Services. Le Cloud, sans adjectif ajouté, faisait référence à ce que l’on nomme aujourd’hui « Cloud Public », c’est à dire des ressources informatiques que l’on de possède pas (pas de CAPEX) et que l’on utilise à la demande (OPEX).

Les acteurs historiques de l’informatique ont vite compris le danger mortel que représentait cette rupture technologique : leurs entreprises clientes n’allaient plus acheter de serveurs ou de logiciels d’infrastructures telles qu’OS ou solutions de virtualisation.

DPC Météorite S 69727248Ils ont donc rapidement allumé un contre-feu en lançant l’idée de « Cloud Privé » et en tirant à boulets rouges sur le « Cloud Public », accusé de tous les défauts du monde, en terme de sécurité, confidentialité, performance, localisation des données et autres arguments fallacieux.

C’est un sujet que j’ai souvent traité dans ce blog, ici et ici.

La baudruche « cloud privé » va vite se dégonfler, car les entreprises comprendront qu’elles ne peuvent pas proposer en interne des solutions aussi compétitives que celles des géants industriels du cloud public.

D’ici à 2021, l’immense majorité des entreprises auront fermé leurs centres de calcul ou leurs « salles machines » pour acheter de l’énergie informatique à Amazon, Google, Microsoft et 2 ou 3 autres grands acteurs mondiaux.

Il restera, dans des pays comme la France, quelques centaines de très grandes entreprises ou organismes publics qui continueront à gérer en interne des « petits centres de calcul privés » que l’on continue à appeler clouds privés.

En toute logique :

  • Le cloud privé n’a aucun avenir à long terme.
  • OpenStack n’a de sens que pour des clouds privés.
  • OpenStack n’a donc... aucun avenir à long terme.

 

Tous fournisseurs d’OpenStack

OpenStack, c’est l’ONU du cloud privé ! 

UN MeetingTous les fournisseurs historiques ne jurent plus que par OpenStack et la liste des entreprises qui font partie de la fondation OpenStack est très révélatrice de cette situation : HP, IBM, RedHat, Cisco, Oracle, Netapp, CloudWatt...

J’ai lu avec consternation le programme détaillé de l’OpenStack Summit qui vient de se tenir à Paris. Des centaines de fournisseurs proposaient autant de solutions logicielles pour « construire » OpenStack. J’avoue très honnêtement qu’un grand nombre de ces produits m’étaient inconnus.

Les entreprises qui envisageraient d’utiliser OpenStack se retrouveraient devant des dizaines d’options « cousines germaines» mais différentes, et qui interdiront toute industrialisation de ces mises en œuvre.

Je ne suis bien sur pas le seul à poser des questions sur l’avenir d’OpenStack. Dans sa dernière analyse sur les tendances du Cloud publiée en octobre 2010, GigaOm, l’une des meilleures sources d’information sur le sujet écrit : 

DPC Candles S 36106373« OpenStack continues to lag, and this will be the year where it either begins to gain altitude, or falls by the wayside. Many are looking at the forthcoming OpenStack summit that takes place in Paris as either a funeral or a party. »

(OpenStack reste à la traîne et cette année sera celle pendant laquelle il décollera ou tombera dans l’oubli. Nombreux sont ceux qui regardent le prochain OpenStack Summit à Paris comme des funérailles ou une célébration.)

Nous avons déjà connu un phénomène du même genre avec Unix, qui a donné naissance à plus de 200 versions différentes et incompatibles.

OpenStack va devenir rapidement l’Unix des solutions de clouds privés.

Heureusement pour les très grandes organisations, l’échec annoncé d’OpenStack ne veut pas dire qu’elles vont se retrouver dans l’impasse et l’incapacité de construire des centres de calculs privés performants.

Des solutions innovantes existent, elles sont présentées dans le paragraphe suivant.

  

La bonne réponse, pour les très grandes organisations

Quelques centaines de très grandes organisations auront encore, en 2021, besoin de gérer des centres de calcul privés.

Logo Open Compute ProjectIl existe heureusement une démarche pragmatique et raisonnable pour les construire et les gérer efficacement ; elle consiste à... copier ce que font les grands acteurs du Web et du cloud public, dans le domaine des infrastructures et des applications.

Facebook est à l’origine d’une initiative remarquable, qui a pour nom « Open Compute Project » (OCP). 

En 2011, Facebook a mis en Open Source toutes ses meilleures pratiques pour la construction de ses propres centres de calcul. Celui ouvert récemment en Suède a représenté un investissement de 1 200 millions de dollars.

Facebook sweden data centerDe nombreux acteurs majeurs de l’informatique, tels que Microsoft ou Intel, ont rejoint l’OCP et l’enrichissent en permanence de leurs innovations.

Une très grande organisation qui souhaite construire le centre de calcul privé le plus performant, le moins cher et le plus économe en énergie n’a qu’à suivre les recommandations de l’OCP. 

Solutions Hyve QuantaElle pourra acheter des serveurs économiques et performants, non pas chez les fournisseurs historiques tels que Dell ou HP, mais chez les innovateurs qui ont pour nom Quanta, Wistron ou Hyve et qui fabriquent des serveurs « compatibles » OCP.

Logo DockerPour la partie applicative, la solution qui va très vite s’imposer à pour nom Docker

Cette solution Open Source de « conteneur applicatif » permet de transporter une application sur les principales plateformes de Cloud en faisant l’économie des techniques de virtualisation. Docker est pour le moment uniquement disponible sur des serveurs Linux, mais Microsoft vient d’annoncer le support de Docker pour Windows Server dans Azure.

Logos Docker Kuber, Open Compute...Au-dessus de Docker, des solutions très performantes d’industrialisation, telles que Kubernetes ou Mesosphere permettront aux équipes informatiques de ces grandes organisations d’utiliser Docker pour les applications les plus exigeantes.

 

Résumé

D’ici à 2021, toutes les entreprises devront choisir l’une des deux démarches suivantes :

DPC Thumb down S 5269475- Pour l’immense majorité d’entre elles, celles qui ne peuvent pas investir plusieurs dizaines de millions d’euros dans leurs centres de calcul privés, la seule réponse sera de basculer à 100 % sur les solutions d’IaaS, Infrastructure as a Service, des grands fournisseurs du cloud public. 

Pour elles, OpenStack n’a donc aucun intérêt...

- Pour les très grandes organisations, qui auront encore des centres de calcul privés, la bonne approche sera de copier les géants du Cloud en utilisant leurs solutions, à base d’OpenCompute Project et de Docker. 

Pour elles aussi, OpenStack n’a aucun intérêt...

 

 


Petites et moyennes entreprises : la meilleure informatique du monde... avec le Cloud

 

DPC PME PMI S 45920270L’informatique des PME : c’est un sujet que je traite trop peu souvent, mais passionnant. 

J’ai une excellente nouvelle pour tous les dirigeants d’entreprises, petites et moyennes, quel que soit leur secteur d’activité ou leur pays : ils peuvent, en 2015, construire un système d’information d’exceptionnelle qualité, à des coûts très bas et avec des niveaux de sécurité, de confidentialité et de fiabilité qu’ils ne pouvaient pas imaginer il y a 5 ans.

Les quelques lignes qui suivent sont un guide à l’usage des dirigeants de PME, pour les aider à entreprendre, immédiatement, une migration vers le Cloud.

 

La règle de base à respecter

S’il n’y avait qu’un mot à retenir, ce serait celui de « navigateur » :

  • Toutes les applications modernes sont accessibles depuis un navigateur.
  • Tous les objets d’accès disposent d’un navigateur.

Infrastructures - Usages - BrowserEn appliquant cette règle simple : « toute application qui n’est pas accessible depuis un navigateur ne rentre pas dans mon entreprise », un dirigeant est certain de ne pas faire un mauvais choix de solution.

Cette règle permet aussi, en créant une indépendance entre les choix d’infrastructures et d’usages, de les faire évoluer avec beaucoup de flexibilité, de rajouter un nouveau smartphone ou une nouvelle tablette, de mettre en œuvre une nouvelle application sans avoir à se poser la question de la compatibilité avec l’existant.

  

Infrastructures

Les infrastructures, ce sont les postes de travail, les réseaux et les serveurs qui permettent d’accéder aux applications, aux usages qui sont source de valeur pour l’entreprise.

Quelles sont les infrastructures informatiques dont a besoin une entreprise petite ou moyenne ?

Centre calcul PME1 - Les serveurs : la fermeture immédiate des « salles machines », si elles existent encore, est une priorité absolue. Ce sont des archaïsmes techniques et il possible de les remplacer immédiatement par l’accès aux centres de calcul industriels des grands acteurs de l’IaaS, Infrastructure as a Service.

L’entreprise y gagnera en coûts, en flexibilité, en sécurité et en confidentialité de ses données.

L’un des symboles forts de « ringardise », pour une PME, ce sera demain d’avoir encore son propre centre de calcul.

2 -  Les réseaux. Une seule réponse : sans fil ou... sans fil.

Les bureaux, les usines les ateliers, les magasins peuvent être équipés de réseaux sans fil, Wi-Fi ou 3G/4G. Il n’est plus nécessaire d’installer des câbles Ethernet ou téléphoniques, qui ne sont jamais au bon endroit.

Des solutions professionnelles adaptées aux PME commencent à apparaître.

Xclaim Ruckus Prix solutionsEn octobre 2014, l’un des leaders des réseaux Wi-Fi d’entreprises, Ruckus, a lancé une nouvelle ligne de produits, Xclaim, pour des espaces de travail de 5 à 100 personnes, à des prix très compétitifs. L’autre innovation majeure de cette offre, c’est que toute la gestion de la configuration du réseau peut se faire depuis une application installée sur un smartphone, Android ou Apple.

DPC laptop smartphone tablet_s_642365933 - Les objets d’accès. Encore une bonne nouvelle pour les dirigeants de PME : ils peuvent laisser à leurs collaborateurs le libre choix entre PC portables, Chromebooks, tablettes ou smartphones. Tous ces objets d’accès aux applications sont équipés... d’un navigateur, évidemment.

Taille de l’écran, puissance, Android, iOS, MacOS ou Windows, peuvent être choisis pour répondre aux besoins spécifiques des différents métiers dans l’entreprise.

Une fois les fondations infrastructures posées, il est possible de passer à la deuxième étape, et de déployer les applications qui vont s’appuyer sur ces infrastructures.

 

Usages, applications

DPC SaaS S 64040126Pour choisir une application, un dirigeant de PME doit poser une seule question à ses fournisseurs potentiels : 

      Est-ce que c’est une solution SaaS, Software as a Service ? 

Tout fournisseur qui répond par la négative est immédiatement reconduit vers la sortie.

J’ai souvent traité le sujet SaaS dans mon blog, en particulier dans ce billet.

J’ai surtout expliqué comment séparer le vrai SaaS du faux, dans ce texte, car de trop nombreux fournisseurs sont des usurpateurs du nom SaaS.

L’offre de solutions SaaS est aujourd’hui suffisamment riche pour couvrir la quasi-totalité des véritables besoins d’une PME. Dans chaque famille de solutions, il existe souvent plusieurs réponses, mais je ne vais en citer qu’un tout petit nombre pour rester simple.

On trouve en priorité toutes les réponses aux besoins universels, transverses, tels que :

Devis & factures_saas_tpeJe pourrai étendre beaucoup plus cette liste, mais le message est clair : la probabilité pour une PME de ne pas trouver une solution SaaS de qualité répondant à un besoin universel, générique est... zéro.

Il reste par contre un domaine où les offres SaaS sont encore peu nombreuses, les solutions « verticales métiers » construites pour répondre à des besoins très spécifiques. Je pense à des métiers tels que centres techniques, garagistes, magasins ou hôtels. Je suis persuadé que ces offres verticales vont se multiplier dans les 2 ou 3 prochaines années. 

Quelques exemples : il existe déjà des solutions pour :

Spa Management Book4timeCette démarche « SaaS only » permet aux PME de profiter des meilleures solutions du monde au même prix que les plus grandes entreprises, quel que soit le pays où elles sont installées.

  

Les avantages

Nous vivons une époque informatique formidable ! Toutes les conditions sont réunies pour permettre aux entreprises petites et moyennes de construire un SI moderne, aux avantages très nombreux :

  • Capex-vs-OpexCAPEX vers OPEX : L’entreprise n’investit plus dans des ressources informatiques pour ses infrastructures et ses applications. Tout bascule en OPEX, des coûts de fonctionnement qui évoluent au même rythme que l’activité de l’entreprise, en périodes de croissance comme de réduction d’activités.
  • Un minimum de gestion en interne : tout est géré en externe par de véritables professionnels ; l’entreprise garde simplement la gouvernance de son SI.
  • Les meilleures applications du monde, à jour en permanence : l’enfer des migrations, des changements de version disparait. 

Gartner_legacy_erpCette informatique Cloud procure un grand avantage aux PME vis-à-vis des grandes entreprises : elles peuvent agir plus vite, car elles sont moins prisonnières de solutions historiques très lourdes telles que les ERP SAP, Oracle Applications ou Microsoft Dynamics installés au cours des 20 dernières années.

Pour la première fois depuis que l’informatique existe, les PME innovantes vont disposer d’un meilleur Système d’Information que les grandes organisations !

 

Le grand challenge restant : toucher ces millions de PME

Il n’existe plus de contraintes, techniques ou financières qui s’opposent à ce que toutes les entreprises petites et moyennes du monde puissent disposer d’un SI de très haute qualité ; pourquoi ne l’ont-elles pas encore fait ?

DPC question mark S 56490809J’ai souvent eu l’occasion d’aider des dirigeants de PME à basculer vers des solutions Cloud/SaaS. les trois principales raisons pour lesquelles ils ne l’avaient pas fait avant étaient les suivantes :

  • Une non-connaissance des potentiels des solutions disponibles. Il reste un gigantesque travail d’évangélisation à faire.
  • Le travail de sape réalisé par les fournisseurs informatiques historiques que connaissent les PME et qui ont tout intérêt à maintenir le statut-quo le plus longtemps possible.
  • La difficulté à trouver des entreprises qui puissent les accompagner dans cette profonde migration.

Pour diffuser le message du Cloud, j’ai souvent travaillé avec des associations de DSI et de dirigeants. J’ai aussi animé plusieurs séances d’évangélisation avec les CCI, Chambres de Commerce et d’Industrie qui sont très bien placées pour toucher ces entreprises petites et moyennes.

DPC tablet + telecom S 65031072Pour commercialiser ces solutions Cloud et SaaS auprès des PME, je suis persuadé que les opérateurs télécoms sont idéalement placés. Ils ont déjà ces entreprises comme clientes et peuvent rajouter aux services de réseaux la fourniture d’objets d’accès variés et surtout de tous les logiciels SaaS dont elles ont besoin.

Malheureusement, la majorité des opérateurs que j’ai rencontrés ont du mal à accepter de commercialiser des solutions qu’ils n’ont pas construites et essaient, sans succès, d’héberger des logiciels traditionnels ou de développer en interne des solutions SaaS qui existent déjà.

Les premiers à comprendre l’intérêt de cette démarche et à la mettre en œuvre vont s’ouvrir des marchés gigantesques et, en plus, ils apporteront beaucoup de valeur à leurs clients PME.

 

Résumé

PME et Cloud : une recette exceptionnelle pour améliorer la compétitivité et les performances des petites et moyennes entreprises, qui constituent l’immense majorité des entreprises mondiales.

DPC Positive attitude S 68163235Et... une raison de plus pour être très optimiste, très enthousiaste sur l’avenir de l’informatique professionnelle, quand elle prend les bonnes directions...