OpenStack : chronique d’un échec annoncé
Le Cloud Computing, une excellente nouvelle pour l’économie durable et les changements climatiques

DSI : États-Unis et Europe, mêmes challenges. Cloud Business Summit New York

 

Bill MacNee Cloud Business SummitBill McNee, Président de Saugatuck, est bien connu des lecteurs de ce blog ; sa société publie des documents de très haute qualité sur le Cloud Computing et son adoption dans les entreprises. Chaque année, il organise le « Cloud Business Summit » qui réunit une centaine de DSI de grandes organisations pendant une journée.

Je vous propose de vous faire partager dans ce billet quelques-unes des idées fortes que j’ai retenues de cette conférence.

 

Les participants

La majorité des DSI présents cette année venaient de grandes entreprises telles que Carnival Cruises, GE Capital, Conde Nast, Toys«R»Us ou Zoetis, leader mondial de la santé animale.

Daniel Widera CIO Veolia SNous étions deux représentants de la France ; Daniel Widera, CIO Groupe de Veolia a participé à l’une des tables rondes sur le thème : Technologie et Leadership: l’ère de l’entreprise numérique.

Comme dans la majorité de ces conférences, il y avait des fournisseurs « sponsors », venant des deux mondes :

  • Historiques (Legacy) : SAP, Cisco, IBM, Cognizant, Microsoft...
  • Natifs Clouds (Pure Players) : Workday, Netsuite...

 

Usages du Cloud : fin de la période d’expérimentation

« The Cloud experiment is over! »

C’était le message principal de la conférence d’introduction de Bill McNee, et comme toujours, Saugatuck avait des chiffres pour le démontrer.

CBS 2014 Cloud experiment over

 

Les DSI interrogés par Saugatuck pensent que, en 2018, 60 % de leurs entreprises auront plus de 50 % de leurs infrastructures et applications dans le Cloud Public

50 %, déjà, 50 % seulement ? Comme tout verre à moitié vide ou à moitié plein, ces chiffres montrent qu’une grande partie du chemin vers le Cloud aura été accompli, mais qu’il restera encore beaucoup à faire en 2018.

 

Omniprésence du Cloud fantôme

« Shadow cloud is everywhere! » : c’était l’un des messages forts de Kit Beall, le représentant de Cisco.

CBS 2014 Shadow Cloud everywhere 1Comme le montre ce graphique, Cisco n’échappe pas au phénomène : leurs salariés utilisent aussi de nombreuses applications Cloud, repérées par leur application « Cloud Usage Collector »

C’est un thème que j’ai déjà traité dans ce blog, et les chiffres que donne Cisco confirment avec force l’importance de ces usages :

  • Près de 4 000 services Cloud ont été identifiés.
  • Les usages Cloud non autorisés par la DSI sont... 12 fois supérieurs à ceux qui sont approuvés !

CBS 2014 Shadow Cloud Rampant numbersFace à cette situation, il y deux approches possibles pour une DSI :

  • Faire la guerre aux « dangereux utilisateurs » qui osent défier la DSI.
  • Accompagner ce mouvement en acceptant le fait que 95 % de ces usages correspondent à une véritable demande de personnes qui ont besoin et envie de travailler plus efficacement. C’est évidemment la démarche que je pousse et qui permet de transformer progressivement ce Cloud fantôme en un Cloud visible, utile et sécurisé.

  

Cloud et informatique des objets

Cisco préfère utiliser l’expression IoE (Internet of Everything), à la place de l’informatique des objets (Things), IoT.

Les solutions Cloud, et en priorité les ressources IaaS de calcul et de stockage seront au cœur de cette révolution des objets connectés. Cisco a donné deux chiffres qui sont impressionnants :

CBS 2014 Cisco on IoE numbers

  • Il y aura environ 50 milliards d’objets connectés en 2020 : ce chiffre a d’ailleurs déjà été cité par plusieurs sociétés d’études de marché.
  • Le marché de l’IoE représentera, toujours en 2020, un potentiel de 19 ... Trillions de dollars. On comprend mieux pourquoi tous les grands de l’informatique s’y intéressent.

  

Décalage entre les solutions Front Office et Back Office

C’est pour moi l’une des idées les plus fortes que je ramène de cette conférence, un thème qui a dominé les échanges de la table ronde à laquelle je participais.

Louis at Cloud Business Summit SAux USA comme en France, les responsables informatiques parlent de plus en plus de « l’entreprise numérique », d’usages innovants en numérisant les services ou les produits.

Scott Henry est EVP et CTO de l’entreprise Madison Square Garden, qui organise des événements sportifs et culturels à New York, et venait de prendre ce poste quand il a pris la parole. Il a été très surpris par le décalage incroyable qu’il y avait entre les applications métiers, tournés vers les clients, qui s’appuient sur des technologies très innovantes pour informer les spectateurs, et la vétusté et l’archaïsme des applications de gestion utilisées au siège social. Il a parlé d’un saut dans le passé de 30 années, en y trouvant un monde où les échanges papier sont encore omniprésents.

Cette situation a été confirmée par d’autres intervenants, et me conforte dans mon idée qu’il est urgent de « moderniser son SI » en passant en Cloud/SaaS toutes les applications transverses et support pour libérer des ressources et du temps pour s’occuper des nouveaux usages.

J’ai résumé cette situation dans le schéma très simple ci-dessous, mais qui peut devenir l’un des axes clefs de la stratégie SI des grandes entreprises :

Trois composants - Infra, Soutien, Métiers

  • Industrialiser les infrastructures en s’appuyant sur les solutions IaaS, Infrastructure as a Service, des grands fournisseurs.
  • Industrialiser les usages support en déployant des dizaines de solutions SaaS, Software as a Service.
  • Consacrer l’essentiel de ses ressources financières et humaines aux usages métiers, vecteurs de compétitivité et de différentiation.

J’aurai bientôt l’occasion de revenir dans ce blog sur ce sujet, car il peut devenir l’une des clefs du succès de la modernisation de son SI.

L’intervention de Tim Minahan, Chief Marketing Officer de SAP Cloud, allait dans le même sens, mais je ne sais pas s’il fallait y voir une preuve d’humour anglais ou s’il était vraiment convaincu en disant : « Les DSI doivent arrêter de se focaliser sur les applications back-office et devenir des CIO, Chief Innovation Officer ».

Il a aussi recommandé aux DSI de ne plus se focaliser sur le débat OPEX/CAPEX, l’un des principaux impacts du mouvement vers le Cloud Public. Venant de SAP, cela n’a rien de très étonnant...

 

En Résumé

« Cloud is no longer an experiment » : cette phrase d’introduction de Bill MacNee est maintenant une évidence. Toutes les entreprises présentes sont passées à l’étape suivante, de déploiements industriels, correspondant à la phase « majorité initiale » de la courbe de Gauss de l’innovation.
Par contre, je suis revenu de cette conférence avec le sentiment très fort et positif que les entreprises françaises et européennes avec lesquelles j’ai l’honneur de travailler au quotidien ne sont pas en retard sur leurs homologues américains.

Informatique historique bagnardEviter que les solutions historiques, « legacy », ne soient un frein majeur aux innovations extraordinaires rendues possibles par le Cloud est maintenant le principal challenge auquel doivent répondre les DSI qui souhaitent aider leurs entreprises à rester compétitives.

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