Sortir d’un obscurantisme moyenâgeux : une priorité absolue pour la DSI
Le talon d’Achille de Salesforce : ses infrastructures

Vendre des serveurs ou des services, il faut choisir

 

DPC Servers Cloud S 64439623Faut-il encore acheter des serveurs informatiques ?

Faut-il maintenant acheter uniquement de la puissance informatique à la carte, en IaaS, Infrastructure as a Service ?

Cette question, les responsables informatiques se la posent de plus en plus et ceux qui suivent mon blog en connaissent la réponse.

Mais, cette même question, les fournisseurs doivent aussi se la poser...

  

Les vendeurs de serveurs : l’ancien monde

DPC Monument aux morts S 16371497IBM ? Dell ? HP ? Sun ?... Ces noms doivent encore rappeler des souvenirs émus aux informaticiens qui s’occupaient des achats de serveurs, il y a encore quelques années.

Les principales familles de serveurs étaient :

  • Les solutions propriétaires d’IBM, Mainframe et iSéries, avec leurs OS propriétaires.
  • Les serveurs Unix proposés par Sun, HP, IBM et quelques autres.
  • Les serveurs X86 avec leurs deux OS, Windows Server ou Linux.

Les chiffres, publiés par IDC pour l’année 2014, montrent que les serveurs ne sont plus un marché en croissance. La forte baisse des ventes d’IBM et la forte croissance de celles de Lenovo s’expliquent par le fait qu’IBM a vendu sa division serveurs X86 à Lenovo.

IDC servers sales 2014La croissance la plus importante est celle des ODM, Original Design Manufacturers; en clair, les fabricants asiatiques de serveurs qui produisent les serveurs en « marque blanche » pour les grands acteurs du Cloud tels que Google, Facebook ou Amazon.

Le marché de tous les serveurs « non X86 » est en forte décroissance, et ce mouvement va s’accélérer dans les années qui viennent.

  

Les fournisseurs d’IaaS : le nouveau monde 

DPC Public Cloud S only 62180979Amazon (AWS, Amazon Web Services) et Google (Google Compute Engine) n’ont jamais commercialisé de serveurs et ne le feront jamais. Leur culture, c’est la vente d’infrastructures comme des services, le IaaS, Infrastructure as a Service.

Ce sont aussi, avec Facebook, les plus grands acheteurs de serveurs X86 au monde, pour leurs usages propres et pour les services qu’ils commercialisent aux entreprises.

Pour la première fois, en avril 2015, AWS vient de publier son chiffre d’affaires et ses bénéfices. 

AWS sales & revenues Q1 2015Ce graphique nous apprend trois choses :

  • Le CA annuel d’AWS dépasse 5 milliards de dollars et les ventes du premier trimestre 2015 sont supérieures de 50 % à celles de l’année 2014.
  • C’est une activité... très rentable ! J’avais entendu des centaines de fois, dans mes conférences sur le Cloud, des commentaires disant qu’AWS devait vendre à perte pour proposer des prix aussi bas.
  • Le cercle vertueux de la Révolution Industrielle Informatique fonctionne très bien. En réduisant ces coûts de production d’énergie informatique, AWS peut à la fois faire gagner beaucoup d’argent à ses clients et faire des bénéfices.

Au lendemain de la publication de ces résultats, le cours de bourse d’Amazon a bondi de plus de 13 % en une journée...

 

Vendre serveurs et services en même temps : possible ?

DPC servers S 42134529La vente de serveurs n’a aucun avenir à long terme ; les fournisseurs historiques l’ont bien compris.

Face à ce défi, une réponse parait s’imposer : on va nous aussi se transformer en vendeurs de... services.

Cela devient malheureusement très difficile en 2015, car les leaders de l’IaaS comme AWS ont plusieurs années d’avance et ont fait jouer à plein ce cercle vertueux de la révolution industrielle. La barrière à l’entrée sur le marché du IaaS devient infranchissable pour qui n’a ni les milliards de dollars à investir ni les compétences.

La majorité des vendeurs de serveurs ont jeté l’éponge, comme HP dont Bill Hift, patron de la division Cloud, a annoncé qu’il abandonnait le marché du Cloud Public.

Cette annonce a été ensuite mollement démentie, mais personne n’est dupe.

Ce même dirigeant a rappelé que HP était un grand acteur du marché de l’OpenStack, pour des clouds privés en priorité, dont j’ai dit tout le bien que j’en pensais dans ce blog.

IBM, en rachetant Softlayer, et Microsoft, en lançant Azure tentent de relever ce défi et se positionnent en vendeurs de serveurs et de services, avec un pied dans chacun des deux mondes.

Servers - Services providersC’est une position très délicate ; il faut être capable de tenir un double discours à ses clients potentiels :

  • Vous souhaitez acheter des serveurs, nous sommes heureux de vous en proposer et c’est une excellente solution pour vous.
  • Vous souhaitez acheter des services, nous sommes heureux de vous en proposer et c’est une excellente solution pour vous.

La plus belle illustration de cette ambivalence, on la trouve dans l’idée pour le moins saugrenue de Microsoft de commercialiser « Azure in a Box ».

Microsoft_try_azure_in_a_boxPensez-vous que l’on va bientôt voir apparaître une offre de « AWS in a Box » ? Bien sur que non, cela n’a aucun sens économique et technique.

  

Demain

Cette publicité est très présente sur les routes américaines :

« Friends don’t let Friends drive drunk »

« Les amis ne laissent pas leurs amis conduire en état d’ébriété »

Je l’ai adaptée au monde de l’informatique !

Friends don't let friends build Private CloudsDe plus en plus d’amis informaticiens vont donner ce conseil à leurs amis, j’en suis convaincu. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les fournisseurs de serveurs, c’est une excellente nouvelle pour les entreprises qui vont consommer des services d’infrastructures serveurs, industrielles, fiables et économiques.

 

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