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Adieu, MPLS, on t’aimait bien...

 

MInitel 1RTC (Réseau Téléphonique Commuté), X25, LS (Lignes Spécialisées),RNIS (Réseaux Numériques à Intégration de Services), ATM, Frame Relay... le monde des réseaux évolue ; cette liste contient des technologies « historiques » qui ont ou vont disparaître. Il faut maintenant y ajouter les solutions MPLS (Multi Protocol Label Switching).

Ce billet présente une vision « management » des réseaux MPLS et de leur remplacement par des solutions plus modernes. Mes amis spécialistes des réseaux m’excuseront de ne pas rentrer dans les détails techniques et de simplifier, de « caricaturer » parfois ce sujet important.

 

WAN 1.0 = MPLS et accès à Intranet

Les réseaux longue distance WAN (Wide Area Network) ont basculé sur les protocoles internet TCP/IP, qui ont beaucoup d’avantages.

MPLS Network 1Ils ont par contre, pour les entreprises, l’inconvénient de fonctionner sans garanties de service ce qui est pénalisant pour beaucoup d’applications. Depuis le début des années 2000, le protocole MPLS est utilisé par les entreprises, et en priorité les grandes, pour obtenir une garantie de service, un SLA de bon niveau. Ces réseaux ont rendu de très bons, mais coûteux services pendant une quinzaine d’années.

 La priorité pour les entreprises était de permettre à leurs filiales, leurs agences ou usines d’accéder aux applications qui étaient, pour l’essentiel, hébergées dans un Intranet protégé par un pare-feu. C’était, logiquement, la première fonction d’un réseau WAN - MPLS.

Ces WAN - MPLS sont aujourd’hui... obsolètes !

 

WAN 2.0 : priorité aux accès Internet

Dpc_iaas__paas__saas_s_57294688Depuis une dizaine d’années, les solutions Clouds Public se sont imposées et ont « gagné la bataille ».

Nous avons tous appris à parler « aaS », as a Service, IaaS pour les infrastructures, SaaS pour les usages et PaaS pour les développements.

J’ai proposé récemment de rajouter à cette liste :

  • TaaS, Trust as a Service.
  • AaaS, Agregation as a Service.

Le rôle principal des réseaux WAN change profondément ; la priorité actuelle est de fournir en tout lieu des accès « Internet » avec une vitesse suffisante, pour tous ses usages « aaS ».

WAN 2.0 - Basculement Cloud - InternetSur ce graphique, j’ai représenté cette évolution des WAN, d’une vision Intranet à une logique Internet. Il n’y a pas d’échelles sur les axes, car cette évolution dépend beaucoup des entreprises. L’hypothèse raisonnable est que les flux Intranet seront inférieurs à 20 % du total avant 2021.

  

WaaS, WAN as a Service

Aryaka WANIl était logique que le monde des réseaux suive le même chemin. Depuis 2010, il existe des solutions WaaS, WAN as a Service, et l’un des premiers acteurs de ce marché a été la société Aryaka, qui a ouvert la voie à une profonde révolution dans le monde des réseaux WAN.

Quels sont les principes de base d’un WaaS :

  • Le fournisseur WaaS investit dans les réseaux en construisant de nombreux points d’accès (POP, Point of Presence) dans le monde entier.
  • Le fournisseur WaaS établit des liaisons directes et rapides entre ses différents POP.
  • L’entreprise cliente ne fait plus aucun investissement en WAN et loue le service WaaS d’un fournisseur.

DPC Cloud benefits S 73812907On retrouve dans les WaaS les principaux bénéfices des autres solutions « aaS ». Le basculement de réseaux WAN MPLS vers des réseaux WaaS apporte de nombreux avantages aux entreprises :

  • Basculement en OPEX, coûts de fonctionnement. Les solutions MPLS, complexes à mettre en œuvre, obligeaient les entreprises à signer des accords de 3 à 5 ans avec les opérateurs télécoms, ce qui correspondait en pratique à un CAPEX, un investissement, même s’il était facturé dans une logique de leasing.
  • Une grande flexibilité de déploiement. Il n’est pas nécessaire de définir à l’avance tous les lieux qui seront reliés au WaaS ; la montée en puissance du réseau WAN peut être progressive.
  • Mise en œuvre très rapide : Une entreprise qui ouvre un bureau au Brésil peut, en quelques jours, établir une liaison avec l’un des POP du fournisseur WaaS.
  • Pas d’engagements long terme : si cette entreprise décide de fermer son bureau au Brésil, elle n’aura plus rien à payer au fournisseur WaaS pour cet accès.
  • Des coûts très compétitifs : dans plusieurs projets sur lesquels j’ai travaillé, les solutions WaaS étaient en moyenne 5 fois moins chères que les solutions MPLS historiques.

Haunted by MPLS?Le WaaS, c’est... « L’Ubérisation » annoncée de tous les acteurs historiques des réseaux WAN, les grands opérateurs télécoms internationaux !

  

Croissance du nombre de fournisseurs WaaS

Aryaka a été l’un des pionniers du WaaS, mais n’est plus seul sur ce marché.

Akamai CDN 2C’est une annonce qui n’a pas été une grande surprise pour les professionnels du WAN ; Akamai, le leader mondial des CDN (Content Distribution Networks), a présenté en novembre 2015 son offre WaaS, Akamai Cloud Networking.

Créé en 1998, Akamai dispose d’une infrastructure impressionnante, avec plus de mille POP dans une centaine de pays. Cette infrastructure est utilisée aujourd’hui en priorité pour « cacher » des contenus et garantir un excellent niveau de service aux personnes qui accèdent à des sites à fort trafic.

La mise à disposition de cette infrastructure existante pour des usages WaaS va permettre à Akamai de devenir, immédiatement, l’un des leaders de ce marché.

Le nombre de start-ups qui proposent des solutions SD-WAN (Software Defined) a explosé en 2015. Il est impossible de les citer toutes, mais voici quelques noms :

Il va être difficile de s’y retrouver dans les mois et les années qui viennent, surtout que certaines solutions proposées sont « hybrides » et pas de purs WaaS. Elles demandent parfois l’installation d’« appliances » sur les sites des entreprises.

 

WaaS, demain

En 2016, je prévois l’arrivée sur le marché WaaS des grands acteurs industriels du Cloud Public, AWS, Google et Microsoft. Ils ont les compétences, les ressources financières et un intérêt majeur à faciliter l’accès des entreprises à leurs services SaaS/PaaS/IaaS.

Google OpenFlow WANGoogle est aujourd’hui le mieux placé pour prendre une place importante sur le marché du WaaS, pour plusieurs raisons :

  • Son réseau interne est déjà à 100 % en OpenFlow, la solution Open Source dominante du marché pour les SDN, Software Defined Networks.
  • Google est l’un des plus grands propriétaires au monde de fibres optiques, aussi bien sur le territoire américain que dans les câbles sous-marins.
  • Google a acquis, depuis 2012, une bonne expérience du déploiement de fibres optiques à 1 Gb/s ou plus, avec plusieurs villes américaines équipées, telles que Kansas City, Atlanta ou Salt Lake City.

Map Google Fiber USA

Et si le W de Google-Alphabet devenait : WaaS by Google ?

Fin 2016, les entreprises auront l’embarras du choix pour choisir leur fournisseur WaaS et trouveront des réponses adaptées à l’essentiel de leurs attentes.

  

Résumé 

2016 sera l’année pendant laquelle les solutions WaaS deviendront incontournables, avec des offres en avance sur les usages, ce qui est de plus en plus le cas.

Tombe MPLSToutes les entreprises, et en priorité les grandes qui ont des implantations internationales peuvent prendre immédiatement deux décisions simples :

  • Ne jamais renouveler leur contrat MPLS actuel quand il arrivera à expiration.
  • Ne jamais le remplacer par un nouveau MPLS, mais opter pour une solution WaaS.

Problème WAN réglé : et une bonne nouvelle de plus !

 


DSI : du « comment » au « quoi », une évolution radicale

 

Dpc_questions_marks_s_72658600Comment ?

Quoi ?

Deux questions, deux familles de réponses auxquelles les DSI devront répondre pour offrir un maximum de valeur aux entreprises.

La DSI a des clients internes, la DG et les directions métiers ; sa mission principale est de construire un Système d’Information qui les aide dans leurs activités.

Elle peut le faire de deux manières différentes :

  • En réaction à une demande des clients internes, en répondant à la question comment.
  • En étant force de proposition vers les métiers, en répondant à la question quoi.

Métiers - DSI Quoi Comment

Historiquement, les DSI étaient surtout en mode réactif, répondant au comment, à un cahier des charges, une demande de la « Maîtrise d’ouvrage ».

Oui, mais le monde change... La numérisation rapide de l’économie impacte profondément les activités des entreprises. Pour répondre à ce challenge, les DSI doivent apprendre à passer en mode proactif, à devenir une force de proposition et montrer ce qu’il est possible de faire, le « quoi ».

Devenir une DSI « quoi », l’un des plus grands, des plus beaux challenges des prochaines années !

 

Comment 

DPC How Black  S 76261452Une DSI ne doit pas abandonner son rôle historique, sa capacité à fournir des réponses aux demandes qui lui arrivent de ses clients internes, au contraire.

C’est, cela restera un métier difficile et essentiel : fournir des solutions infrastructures et usages fiables, sécurisées, à des coûts raisonnables.

Dans ce mode de fonctionnement « comment », la DSI n’a pas vocation à challenger les métiers sur la pertinence de la demande. La DSI fait l’hypothèse que c’est une demande pertinente, qui répond à une attente des clients, externes ou internes. Cette pertinence est plus facile à garantir si les coûts de construction et de fonctionnement du SI sont refacturés aux directions métiers.

DPC Innovation SS 71015264Par contre, la DSI doit garder (reprendre ?) le pouvoir en ce qui concerne le « choix des armes », des solutions techniques qui lui paraissent les plus pertinentes pour répondre au « comment ». Ce n’est pas toujours simple et la DSI doit trop souvent faire face à des DG ou des responsables métiers qui sont persuadés de connaître la meilleure réponse technique à leur demande.

L’innovation technologique a un rôle de plus en plus important pour répondre au « comment ». La DSI propose des options innovantes, en particulier pour les dimensions « I » et « S » du modèle B I S (Business, Infrastructures, Support) que j’ai proposé.

La DSI doit faire preuve de diplomatie pour imposer ses choix techniques sur le « comment », mais rester ferme sur le fond.

DPC Diplomacy US - Cuba S 77365304Quelques exemples de dialogues possibles entre les métiers et la DSI :

  • J’ai besoin d’une solution pour gérer les ressources humaines de l’entreprise : OK, je vais vous aider à choisir la solution SaaS qui vous convient le mieux. Toute autre option est éliminée d’office.
  • Je souhaite déployer un outil me permettant d’améliorer les échanges audio et vidéos synchrones de mes équipes internationales : OK, recherchons ensemble la solution WebRTC qui s’adapte le mieux à votre contexte.
  • Je viens de trouver une « super application » de gestion pour ma trésorerie : désolé, mais nous ne pouvons pas l’accepter, car elle n’est pas accessible depuis un navigateur.
  • Merci de mettre rapidement une équipe de développeurs pour me construire une application spécifique de suivi marketing de mes campagnes : je vous propose une alternative à un besoin « support » pour lequel il existe certainement d’excellentes solutions SaaS disponibles. Je reviens vers vous dans quelques jours avec une liste de fournisseurs qui répondent à votre attente.
  • ...

Etre très bon dans son rôle « comment », c’est difficile, mais la condition nécessaire pour qu’une DSI puisse aussi prétendre devenir un acteur majeur du « quoi ».

  

Quoi : force de proposition

DPC What Black S 76351230Face au grand défi de l’économie numérique, aux risques « d’Uberisation », les entreprises doivent de toute urgence rechercher des solutions informatiques pour repenser leurs usages cœur métiers (le « B » du modèle B I S).

Repenser ses activités, se réinventer est impossible sans s’appuyer sur les technologies innovantes qui ont permis l’émergence de ces nouveaux disrupteurs : Uber, Airbnb, Lending Club ou Square.

Vous connaissez tous les noms de ces technologies de rupture :

  • Big Data.
  • Cloud Computing.
  • IoT (informatique des objets).
  • Machine Learning (une forme d’intelligence artificielle).
  • Réseaux mobiles haut débit omniprésents.
  • Réseaux sociaux.
  • Smartphones entre les mains de milliards de personnes.
  • ...

DPC CIO & tools S 49696719Qui, dans l’entreprise, a, ou devrait avoir les équipes avec la connaissance de ces technologies, de leurs potentiels, de leurs contraintes, de leurs principaux fournisseurs ? La DG ? La direction du Marketing ? La DSI ?

La DSI est la seule à pouvoir maîtriser ces technologies jeunes, souvent immatures, complexes et à avoir la capacité pour les mettre en œuvre, c’est une évidence. Une évidence, oui, mais qui n’apporte aucune valeur à l’entreprise si la DSI ne prend pas l’initiative d’aller vers les métiers avec une démarche « quoi » pour proposer des usages innovants de ces technologies innovantes.

Ce nouveau rôle « quoi » est clef, à très forte valeur ajoutée. La DSI doit devenir une force de proposition en allant vers les métiers pour dialoguer avec eux, expliquer les potentiels inexploités de ces outils et les aider à imaginer comment l’entreprise peut devenir plus numérique, plus compétitive.

DPC empty boardroom S 89165702L’étape ultime, la plus complexe : la DSI prend la responsabilité, la propriété de ces projets innovants, en assume le succès ou l’échec, non pas dans ses dimensions techniques, mais en ce qui concerne ses impacts sur les performances de l’entreprise.

Ce sera la voie royale pour que la DSI prenne sa place à la table du comité de direction, du COMEX, ce qui n’est le cas aujourd’hui que dans une minorité d’entreprises.

  

Résumé : DSI, un métier à l’avenir radieux

DPC Business transformation S 52743973Dans un monde dominé par le numérique, comment imaginer une seconde que l’on pourra se passer de DSI ?

Le succès sera au rendez-vous pour les DSI qui sauront, auront le courage d’assumer ces deux rôles :

  • Le « comment » : innover dans les réponses apportées aux demandes des métiers.
  • Le « quoi » : devenir force de proposition pour que l’entreprise réussisse sa mue numérique.