Transformation Numérique : l’après COVID-19, mode d’emploi pour 2020

 

(Long billet : l’importance du sujet l’impose et vous avez probablement un peu plus de temps que d’habitude pour le lire et... mettre en pratique les recommandations qu’il contient.)

Couverture livre DTN copie 2Depuis quelques semaines, dans le monde entier, le Coronavirus COVID-19 a obligé toutes les organisations, privées ou publiques, petites, moyennes ou grandes à apprendre à travailler autrement, très vite et sans préavis.

A la fin de l’année 2018, j’avais publié avec Dominique Mockly, PDG de Teréga, le livre :

Dirigeants, Acteurs de la Transformation Numérique

Ce livre, écrit avec Google Docs et publié sur Amazon pour s’appuyer sur les outils modernes du Cloud Computing, ne faisait pas référence au COVID-19. Il a aidé des organisations innovantes qui avaient bien avancé dans leur Transformation Numérique à s’adapter rapidement aux nouveaux modes de travail rendu indispensables par les règles de confinement.

Mise à jour du 17 avril 2020 : ce livre est maintenant disponible en format numérique, Kindle.

A l’inverse, dans une majorité d’entreprises, cette pandémie COVID-19 a mis en évidence des défaillances de leur Système d’Information et la possibilité pour leurs collaborateurs de travailler efficacement, loin de leurs bureaux traditionnels.

Ce billet aborde les thèmes suivants :

  • Principaux dysfonctionnements mis en évidence.
  • Comment une Transformation Numérique réussie a permis de mieux résister.
  • Comment se préparer pour redémarrer, autrement.
  • Pourquoi, demain, on doit, on peut concilier Transformation Numérique et Frugalité Numérique.
  • Quelles sont les décisions prioritaires à prendre avant la fin de l’année 2020.

(Pour éviter de répéter ce que j’ai souvent écrit dans ce blog, je vais référencer de nombreux billets déjà publiés.)

 

Dysfonctionnements d’un Système d’Information mis en évidence par le COVID-19

AdS DPC Confinement COVID-19 S 332567052Les strictes mesures de confinement annoncées en mars 2020 dans de nombreux pays, et exécutoires en quelques heures, ont obligé les entreprises, leurs collaborateurs et leurs partenaires à bouleverser leurs modes de travail et d’organisation. Fin mars 2020, la moitié de la population mondiale était confinée à son domicile.

Tous les défauts des informatiques archaïques, que je dénonce depuis plus de dix ans, ont immédiatement resurgi. Pour ne pas accabler ces entreprises qui font l’autruche, je ne citerai que les plus évidents.

Centres de calcul privés (appelés à tort clouds privés) sous-dimensionnés

Le confinement est annoncé en France le 17 mars. Immédiatement, les sites des grands acteurs du commerce comme Monoprix ou Leclerc… ne répondent plus ! Surprise ? Non !

Sites marchands down coronavirus

Est-ce que vous pensez que la demande n’a pas augmenté au moins autant sur le site d’Amazon ? Avez-vous entendu parler d’une panne sur le site marchand Amazon ? Non !

OVH Panne 30 mars 2020Même les hébergeurs ne sont pas à l’abri de ces pannes : OVH en a fait la démonstration le 30 mars 2020. Il faudra bien qu'un jour les hébergeurs et leurs clients finissent par comprendre que leur métier n’a strictement rien à voir avec celui des fournisseurs industriels de Clouds Publics comme AWS, Azure ou GCP.

Croire encore en 2020 que la sécurité des accès se fait par des VPN (Virtual Private Networks)

Les défenseurs de VPN me font penser à… “la belle au bois dormant”. Ils se sont endormis en l’an 2000 et ont été réveillés sans ménagement en 2020 par des milliers d'utilisateurs désespérés qui essayaient vainement de travailler, confinés dans leur domicile.

En 2017, j’avais écrit un billet expliquant pourquoi le principe de la sécurité “périmétrique” était un mythe périmé et dangereux. Je ne suis pas le seul à le penser, heureusement.

Death of VPN with Coronavirus

Encore trop de collaborateurs équipés de PC fixes

Old Desktop PCDans le grand public, si l’on met de côté les “gamers”, les ventes de PC fixes ont disparu. Ce n’est hélas pas encore le cas dans toutes les entreprises. PC mobiles et Chromebooks sont les seuls objets d’accès professionnels qui permettent de travailler en tout lieu, à toute heure.

Ces déficiences techniques sont graves, mais ce n’est rien par rapport aux visions dépassées de dirigeants et à l’absence de préparation des salariés aux nouveaux modes de travail qu’il est nécessaire de maîtriser pour être efficace en mode “confinement”.

C’est le cas en France, comme le montre cet article de la revue Capital.

Ce n’est pas mieux aux USA ! Le CEO de Charter, grande entreprise du secteur des télécoms, ose écrire aux salariés que : “travailler au bureau est plus efficace pour tous, y compris ceux qui pourraient télétravailler”.

Watching you WFHLa paranoïa des dirigeants qui ont peur de perdre le contrôle sur les activités des salariés qu’ils ne “voient pas” peut prendre des formes extrêmes : une entreprise annonce que tout ce que font leurs salariés sur leur PC est enregistré : sites Web visités, une copie d’écran toutes les dix minutes...

Education Nationale & CoronavirusOn en a eu aussi un exemple éclatant dans le monde de l’éducation nationale, quand plus de 15 millions d’apprenants ont dû basculer en mode enseignement à distance en 48 heures. Je ne mets pas en cause le dévouement et les efforts de l’immense majorité des enseignants, mais l’absence d’innovation dans les outils numériques déployés dans les écoles, lycées et universités.

J’avais abordé, il y a juste un an, ce sujet majeur dans un billet.

Dès 2014, j’avais identifié les 10 “ex bonnes pratiques” qu’il fallait abandonner et les dix NBP, Nouvelles Bonnes Pratiques, à adopter pour la période 2014-2021.

Hélas, en 2020, ces “ex bonnes pratiques” sont encore trop incrustées dans les entreprises qui n’ont pas pris le chemin de leur Transformation Numérique.

Je terminais ce billet en donnant rendez-vous en 2021 pour établir les NBP pour la décennie qui commence en 2021. A mon grand désespoir, je suis encore, en 2020, obligé de me battre pour que les NBP de 2014 soient mises en œuvre.

Sept outils innovation - Traditionnels copieDur, dur, de changer les organisations et leur SI !

J’avais aussi écrit en 2017 un autre billet qui identifiait sept signaux forts d’innovation ; ils sont plus que jamais d’actualité.

Il y a, heureusement, des entreprises qui ont pu s’adapter immédiatement aux défis posés par le confinement COVID-19.

 

Transformation Numérique réussie : meilleure résistance aux crises telles que COVID-19

Depuis plus de dix ans, dans ce blog, par mes actions de sensibilisation et missions de conseil, je pousse les organisations à réinventer leurs usages et leurs infrastructures informatiques et numériques.

Beaucoup reste à faire : en reprenant la courbe de Gauss de l’innovation que j’ai souvent utilisée, j’estime que la France est encore entre la zone “innovateurs” et “majorité initiale”.

Moins de 20 % des entreprises françaises ont basculé dans un monde “numérique prioritaire”, “Digital First” en anglais.

Gauss innovation -Etat France 2:2020

Il faut énormément de courage de la part des dirigeants et des équipes de professionnels du numérique pour aller au-delà des mots et passer à l’action ; je l’ai expliqué en détail dans ce billet au titre clair : Transformation Numérique, le courage ou la trouille.

J’ai pu échanger ces derniers jours avec les rares entreprises que je connais et qui ont entrepris depuis plusieurs années une Transformation Numérique majeure. Cela fait chaud au cœur quand un dirigeant félicite publiquement son DSI après une conférence vidéo qui a réuni plusieurs centaines de personnes et qui a fonctionné sans hiatus, car les collaborateurs étaient bien équipés et… bien préparés.

Techniquement, il n’y a rien de magique : on connaît très bien les outils et solutions à mettre en œuvre pour qu’une entreprise soit prête à affronter une crise comme celle du COVID-19.

J’ai publié en 2017 plusieurs billets qui identifiaient les technologies clés des prochaines années ; les échanges “vidéos” en faisaient bien sûr partie.

La liste qui suit n’est pas exhaustive, mais va à l’essentiel.

Basculement des infrastructures sur des Clouds publics industriels

Ceci permet de répondre aux évolutions imprévisibles de la demande des entreprises :

● Variabilité de la charge.

● Résilience.

● Fiabilité.

Même les géants du Cloud n’ont pas toujours la puissance disponible pour faire face à de fortes augmentations des usages, comme ce fut le cas pour Microsoft 365.

Bravo quand même, Microsoft, qui a su faire face, sans trop réduire les services proposés, à une augmentation de sa charge très importante, proche de 800 %. Combien d’entreprises gérant elles-mêmes leurs infrastructures en auraient été capables ?

Généralisation des accès aux applications par navigateur

Chromebooks sold out Covid-19Ceci permet à tout collaborateur, quel que soit son objet d’accès, PC Windows, Mac, smartphones, tablettes ou Chromebook, d’accéder à l’ensemble des applications de son entreprise, où qu’il soit. Les avantages des Chromebooks sont encore plus évidents dans ces périodes de crise ; j’en ai longuement parlé dans ce billet.

Ce Tweet donne une liste de produits en rupture de stock aux USA : les Chromebooks en font partie, mais, hélas, après les armes à feu !

Des usages SaaS, Software as a Service, pour toutes les fonctions support

G Suite de Google n’a connu aucune panne significative au niveau mondial depuis le début de la crise.

Des dizaines d’autres fournisseurs de solutions SaaS, tels que Workday, Coupa ou Talentsoft, ont encaissé de fortes croissances de la demande tout en garantissant un haut niveau de service.

La nouvelle vedette du logiciel, Zoom, qui permet des vidéoconférences de haute qualité avec une facilité d’usage exceptionnelle a connu une forte croissance du nombre d’entreprises qui l’ont déployé, comme le montre ce graphique. N’oublions pas que Zoom existe depuis… plus de dix ans, et avait déjà démontré la qualité de ses services.

Number new users Zoom

Autre chiffre éloquent : le nombre de nouveaux utilisateurs pendant les 3 premiers mois de 2020 est supérieur à ceux de toute l’année 2019 !

Ceci ne doit pas occulter les sérieuses zones d’ombre de Zoom, en particulier sur la sécurité et la confidentialité des échanges. Des alternatives protégeant mieux la confidentialité des données existent : parmi les meilleures, Whereby, société norvégienne et 100% compatible avec le standard WebRTC, ce qui évite toute installation sur les postes de travail.

Sécurité, confiance, confidentialité des données

Cela fait longtemps que de remarquables outils existent, qui permettent aux collaborateurs des entreprises qui ont basculé sur les clouds publics de travailler en toute confiance ; je vous renvoie à ce long billet sur ce thème.

Quelques exemples :

Zscaler help for Coronavirus● Pour accéder de chez soi aux applications de l’entreprise sans souffrir les lenteurs d’un VPN, la solution Zscaler est une excellente réponse. Une entreprise de plus de 70 000 collaborateurs a remplacé au mois de mars 2020 ses VPN catastrophiques par Zscaler.

● Les solutions de SSO, Single Sign On, qui permettent de sélectionner les applications auxquelles on peut accéder à distance en toute sécurité.

En partageant avec tous ses clients ses connaissances, Zscaler protège efficacement, immédiatement, contre les attaques “innovantes” des hackers qui utilisent les craintes liées au COVID-19.

C’est parce qu’elles avaient pris en compte les dimensions humaines, culturelles et organisationnelles, en accompagnant tous les collaborateurs dans ce voyage passionnant qu’est une Transformation Numérique que des entreprises ont pu, immédiatement, basculer dans des modes de travail distribué.

Pour les autres, il est urgent de… s’y préparer, sérieusement.

 

Se préparer, pendant les semaines qui viennent

Who leads Digital TransformationCe Tweet résume remarquablement bien la situation : Le COVID-19 sera le catalyseur principal des nombreuses Transformations Numériques qui vont démarrer pendant la deuxième moitié de l’année 2020.

L’activité économique va rester faible pour la majorité des entreprises en avril et mai 2020.

Dirigeants et responsables informatiques des entreprises qui n’ont pas encore sérieusement “numérisé” votre entreprise, je vous propose de profiter de ces deux mois pour vous mettre en ordre de bataille avant de passer à l’action.

Information et sensibilisation

Commandez immédiatement (dès qu’Amazon livrera) un exemplaire de “Dirigeants, Acteurs de la Transformation Numérique” pour chacun de vos dirigeants, pour chaque collaborateur de votre DSI et demandez-leur de le lire avant la fin du mois de mai 2020.

Ils auront acquis les bases essentielles pour préparer les étapes suivantes.

En mai ou juin, si vous pouvez organiser un séminaire, en ligne ou en présentiel, d’une journée pour, ensemble, échanger sur ces thèmes, ce sera très utile.

Travail distribué, WFH en anglais (Working From Home)

Il ne suffit pas de donner un PC portable à un collaborateur, un accès internet aux applications de l’entreprise pour que, par un coup de baguette magique, il s’adapte immédiatement à ces nouveaux modes de travail.

Lisez, faites lire les trois livres publiés par les fondateurs de Basecamp, une remarquable solution SaaS de gestion d’activités. Ils ont été, depuis le premier jour, les pionniers du travail à distance.

Rework, publié en 2010, il y a dix ans, déjà !

Remote, publié en 2013.

It doesn't have to be crazy at work, publié en 2018.

Three books Basecamp

Ces trois livres sont courts, remarquablement écrits, faciles à lire, pragmatiques et remplis d’excellents conseils que l’on peut mettre en pratique immédiatement.

Des dizaines de personnes se sont proclamées expertes en télétravail ces dernières semaines. Rien ne remplacera jamais les dix ans d’expérience de Basecamp dans ces domaines.

Ces trois livres sont redevenus des “best-sellers” depuis quelques semaines, quelle surprise !

Pour compléter ces ouvrages, les règles de communications professionnelles efficaces utilisées en interne par Basecamp sont aussi une lecture indispensable.

Créez, dès que les activités de votre organisation auront repris un rythme presque normal, un groupe de combat qui aura deux missions :

● Mettre en pratique, avant la fin de l’année 2020, de premiers éléments d’une Transformation Numérique. Ce point est détaillé dans la suite du billet.

● Définir, avant la fin de l’année 2020, la nouvelle stratégie numérique qui sera déployée à partir de 2021.

 

COVID-19, Transformation Numérique et… Frugalité Numérique

La Frugalité Numérique a pour objectif de prendre en compte les dimensions énergétiques et climatiques de toute action dans le domaine du numérique. C’est un sujet que j’ai abordé dans plusieurs billets en ce début d’année 2020.

Excellente nouvelle : j’ai démontré que les meilleures décisions concernant une Transformation Numérique réussie sont aussi… les meilleures décisions en matière de Frugalité Numérique.

Je prendrai juste un chiffre extrait de l’un de mes billets sur le sujet :

Fermer ses centres de calcul privés et basculer sur des clouds publics divise au minimum par 6 la consommation d’énergie électrique nécessaire pour exécuter toutes les applications de l’entreprise.

Je vous propose donc de faire… d’une pierre deux coups.

Une pierre deux coups Transformation  Frugalité numérique

Votre entreprise peut, en démarrant dans la deuxième moitié de l’année 2020, se fixer deux objectifs simultanés :

● Accélérer sa Transformation Numérique.

● Lancer de premières actions pour améliorer sa Frugalité Numérique.

En regroupant ces deux objectifs, ils seront plus faciles à atteindre que de manière séparée. Vous pourrez plus facilement motiver tous vos collaborateurs en mettant en évidence les bénéfices de cette double transformation, pour eux, leur entreprise et la planète.

 

Un avant, un après COVID-19, pour votre Transformation Numérique

En juin 2020, après 3 mois de confinement qui auront impacté les modes de fonctionnement de 100% des organisations, la vie économique va redémarrer, lentement.

Devant l’immensité des tâches qui attendent les entreprises après plusieurs mois d’activités réduites, face à des marchés dont on ne sait pas comment ils vont réagir, la tentation sera forte de revenir au statu quo.

Il y a deux démarches possibles, remarquablement résumées par ce double dessin :

1. Ce n’est pas le moment, c’est impossible.

2. Transformer ce défi en opportunité : rien n’est impossible.

Just do nothing  its impossible 2

Mon pronostic est clair : le monde « post COVID-19 » ne sera plus le même qu’avant la pandémie :

● Le grand public ne l’acceptera plus.

● Les collaborateurs auront de nouvelles exigences.

● Les états changeront leurs stratégies en matière d’approvisionnement, de relocalisation d’activités…

● Les clients grand public et professionnels  des entreprises seront plus exigeants et basculeront dans un monde “numérique prioritaire”.

Les entreprises n’auront pas le choix : une Transformation Numérique forte et rapide deviendra indispensable. Au lieu de subir cette mutation, dirigeants et responsables informatiques peuvent prendre les devants et transformer ce défi en opportunité.

Que c’est-il passé entre février et fin mars 2020 ?

Du jour au lendemain, les entreprises ont dû apprendre à travailler en réduisant fortement leurs modes de fonctionnement habituels :

● Disparition des réunions physiques.

● Des bureaux centraux vidés de la majorité de leurs collaborateurs.

● Sans aucune possibilité de se déplacer sur de longues distances, en avion, en train ou en voiture.

● En ne participant plus aux grands salons professionnels de leur secteur d’activité.

● Sans organiser ou participer à des formations en présentiel.

● En ne rencontrant plus physiquement leurs prospects pour présenter leurs offres.

● ….

Ce sont les activités en bleu sur le graphique ci-dessous. Le niveau de réduction de chacune de ces activités est différent : il est passé d’une base 100 en février 2020 à un taux réduit A1, probablement compris entre - 50% et - 100%.

COVID-19 : un avant  un après

Du jour au lendemain, les entreprises ont été obligées de pousser de nouveaux usages :

● Un nombre beaucoup plus élevé de salariés qui travaillent depuis chez eux.

● Une explosion du nombre d’audio et vidéo conférences.

● Travailler à plusieurs sur un même document.

● Organiser des formations “on line”. (C’est ce que m’a demandé de faire le Mastère Système d’Information de Grenoble Ecole de Management où j’interviens, pour un cours de deux journées.)

● Créer des Webinaires pour présenter leurs solutions à des prospects.

● ...

Ce sont les activités en rouge sur le graphique ci-dessus. Le niveau de croissance de chacune de ces activités est différent : il est passé d’une base 100 en février 2020 à un taux plus élevé N1, probablement compris entre + 50% et + 2 000%.

 

Transformation Numérique : actions concrètes prioritaires en 2020

Je vous propose de partir du schéma des activités qui ont baissé et monté entre février et avril 2020.

Pour chacune de ces activités, vous pouvez :

● Mesurer les niveaux de départ, base 100 à fin février 2020.

● Mesurer quel est le niveau, A1 ou N1, atteint par chaque activité, à fin mars ou fin avril.

Profitez des semaines qui viennent pour déterminer, en concertation entre toutes les parties prenantes, collaborateurs, informaticiens et dirigeants, les nouveaux niveaux, A2 ou N2, que vous souhaitez atteindre à la fin de l’année 2020 pour chacune des activités.

Fin mars 2020, le cabinet d’études 451 Research a publié les résultats d’une enquête auprès de dirigeants. J’en ai extrait le tableau suivant, qui montre quels sont les impacts permanents probables du COVID-19 sur les modes de travail. Il peut vous aider à formuler vos propres hypothèses.

451 research - COVID-19 impacts on ways of working

La démarche la plus mauvaise serait le “laissez faire” et d’attendre pour voir quel sera le nouveau point d’équilibre atteint quand l’entreprise aura retrouvé un niveau d’activité proche de la normale.

BAU, Business As Usual, n’est plus une option. Les entreprises doivent “profiter” des ruptures créées par le COVID-19 pour reprendre la main et faire des choix forts sur les nouveaux modes de travail, les nouveaux outils numériques qu’elles souhaitent mettre en œuvre avant la fin de l’année 2020.

C’est ce que j’ai appelé les “Objectifs Management” sur le schéma présenté plus haut.

J’ai construit ce tableau pour vous aider dans votre réflexion ; les chiffres qu’il contient sont donnés à titre d’exemple et ne sont pas des recommandations.

Après COVID-19 - priorités modes de travail

Chaque entreprise doit sélectionner les activités qu’elle a identifiées comme pertinentes et :

● Mesurer les valeurs en janvier 2020.

● Mesurer les valeurs en avril 2020.

● Déterminer des objectifs pour décembre 2020.

Une Transformation Numérique complète demande de repenser l’ensemble des usages numériques de l’entreprise ; elle demande plusieurs années d’efforts intenses.

L’urgence, la priorité d’ici la fin de l’année 2020 est de se concentrer sur les usages et les outils universels liés aux activités communes à la grande majorité des collaborateurs.

Cette priorité peut se résumer en une phrase simple :

Travailler, collaborer, partager et communiquer... autrement

 

Synthèse : optimisme et action

Il y aura un avant et un après COVID-19, et ils seront différents, dans toutes les entreprises.

AdS DPC Before After Sea view S 176408860

Pour préparer un “après” qui est “meilleur” pour les entreprises, leurs collaborateurs, sans oublier la planète, accélérer Transformation Numérique et Frugalité Numérique seront indispensables dès la deuxième moitié de l’année 2020.

Les outils numériques pour le faire sont tous opérationnels, fiables, économiques, prêts à être déployés immédiatement.

Vos prochaines étapes :

● Utiliser les deux mois qui viennent pour établir un plan d’action pour 2020.

● Le mettre en œuvre, dès le milieu de l’année.

Bon courage ! Faire d’un gigantesque défi mondial une opportunité, c’est encore possible !


Frugalité Numérique : Réseaux (Quatrième partie)

 

AdS DPC wireless symbol with key S 173234095Thème de ce quatrième billet sur la Frugalité Numérique : les réseaux.

Liens vers les trois billets précédents :

Premier billet : présentation générale de la thématique Frugalité Numérique.

Deuxième billet : les centres de calcul.

Troisième billet : les objets d’accès.

Trouver des informations claires et fiables sur les dimensions énergies pour les réseaux a été beaucoup plus complexe que je pouvais le penser en commençant cette étude.

Des chiffres alarmistes ont été publiés sur les consommations d’énergies liées aux usages des réseaux, et en particulier de la vidéo.

L’exemple des annonces de Greenpeace, résumé dans le graphique ci-dessous, est emblématique.

Greenpeace infographics on networks

De son côté, le « Shift project », qui réalise des études intéressantes sur les usages numériques, à publié en 2019 un rapport au titre alarmiste : “L’insoutenable usage de la vidéo en ligne”. J’y reviendrai à la fin de ce billet.

Attention : les résultats de mes analyses vont en surprendre plus d’un.

Je m’attends à des réactions fortes des “puristes” de l’écologie qui ne vont pas aimer du tout ce que j’écris et démontre dans ce billet.

 

Hypothèse : les réseaux numériques sont indispensables

Les réseaux de transport de données sont indispensables pour des usages numériques, pour les entreprises et le grand public. C’est la quatrième infrastructure clef, après l’eau, l’électricité et les réseaux de transport physique.

Comme pour toute technologie numérique, il faut clairement différencier les dimensions infrastructures et usages des réseaux. Ce billet n’analyse que la dimension infrastructures des réseaux, un billet entier sera consacré aux usages.

Les infrastructures réseaux, comme les voies ferrées pour la SNCF, représentent des investissements à long terme très élevés. Leur consommation d’énergie est peu impactée par les usages. Une fibre optique, une borne WiFi, qu’elles soient au repos ou qu’elles transportent des vidéos, consomment à peu près autant d’énergie.

Dans le domaine des réseaux haut débit sans fil 4G et 5G, tous les opérateurs travaillent sur des méthodes d’optimisation de ces réseaux pour que le coût énergétique du bit transmis soit le plus faible possible et optimisé en fonction de la charge.

De très nombreux articles scientifiques sont publiés en ce moment sur ces sujets et proposent des méthodes d’optimisation à fort potentiel.

GSMA network energy optimisationVoici quelques liens vers ces études, souvent très techniques et à fort contenu mathématique :

Les entreprises utilisatrices de ces réseaux n’ont pas vraiment leur mot à dire sur ces sujets ; elles peuvent simplement espérer que les opérateurs feront de leur mieux pour continuer à améliorer la performance énergétique des réseaux qu’ils proposent.

 

Réseaux : infrastructures

Pour la majorité de leurs composants, les infrastructures réseau ne sont pas déployées par les entreprises ou les particuliers, mais par des acteurs industriels, opérateurs télécoms en priorité.

Ce schéma de base présente les grands composants d’une architecture de réseaux numériques.

Frugalité Numérique - Schéma principe réseaux

Les réseaux vont chercher les données dans des centres de calcul d’entreprises et des clouds publics. J’ai traité ce sujet dans la deuxième partie de ces billets.

Le transport longue distance (WAN, Wide Area Network) et moyenne distance (MAN, Metropolitan Area Network) est réalisé par des fibres optiques, très peu consommatrices d’énergie. Les fibres modernes nécessitent un répéteur d’amplification du signal tous les 100 km. Le nouveau câble sous-marin entre les Etats-Unis et la France, Dunant, financé à 100% par Google, opérationnel en 2020 aura une capacité de 250 Terabit/s, permettant le transport simultané de plus de 100 millions de vidéos haute définition.

Pour la distribution de proximité (dernier km ou “last mile”) les deux principales options sont la fibre optique et les réseaux haut débit sans fil, 4G et bientôt 5G.

Dans ses locaux, l’entreprise est responsable de l’installation des réseaux numériques. En 2020, le sans-fil est dominant : WiFi, souvent complété par des petites antennes (FemtoCell ou PicoCell) qui sont des relais 4G et 5G pour assurer une meilleure couverture.

Les contenus numériques sont “consommés” par des objets d’accès, que j’ai étudié dans la troisième partie de ces billets.

 

Réseaux sans-fil dans les entreprises : quelle consommation d’énergie

Dans ce domaine des réseaux LAN (Local Area Network), les chiffres sont raisonnablement bien connus, pour le WiFi et les réseaux 4G et 5G.

Puissance maxi WiFi 2  4 et 5 MhzLes réseaux WiFi utilisent deux bandes de fréquences, 2,4 GHz et 5 GHz. En France la puissance maximale d’émission est limitée à :

  • 100 mW dans la bande 2,4 GHz, en intérieur et en extérieur.
  • 200 mW dans la bande 5 GHz, en intérieur. L’expression “PIRE” utilisée dans le tableau ci-dessous signifie : “Puissance Isotrope Rayonnée Equivalente”. Ils auraient pu choisir un acronyme plus sympathique !

Selon leur puissance et leurs performances, les bornes WiFi consomment entre 5 et 20 watts ; je vais utiliser comme valeur moyenne 10 watts, l’équivalent d’une ampoule basse consommation. En faisant l’hypothèse qu’une borne WiFi dans une entreprise permet à une dizaine de personnes de se connecter, on arrive à 1 Wh par personne de puissance électrique pour permettre des communications à très haut débit.

Les chiffres sont similaires pour les FemtoCell ou PicoCell : elles consomment entre 7 et 15 watts, 10 watts en moyenne.

En résumé : une entreprise peut fournir un double accès très haut débit, WiFi et 4G/5G par FemtoCell, à chaque collaborateur pour une consommation d’énergie de 2 watts par heure. Ceci représente la consommation fixe permanente, indépendamment du fait que le réseau soit utilisé ou pas.

 

Impacts positifs de l’amélioration des performances techniques : WiFi et 5G

Le WiFi est une technologie jeune, du début des années 2000. La première version, WiFi 1, avait une vitesse maximale de 11 Mb/s. En 2020, les bornes WiFi 6, disponibles depuis plus d’un an, permettent une vitesse maximale de 20 Gb/s.

Cette amélioration d’un rapport 2 000 dans la vitesse de transmission, donc dans la capacité de transporter plus de bits, c’est faite à… consommation énergétique stable, la puissance nécessaire pour alimenter une borne WiFi restant de l’ordre de 10 watts. La puissance d’émission est toujours limitée à 100 ou 200 mW.

Ceci à une conséquence majeure, positive, et trop souvent oubliée par les organisations et personnes qui se plaignent de l’augmentation de la demande de bande passante liée à une meilleure qualité des images, photos et vidéos.

En 20 ans, le coût énergétique de transmission en WiFi d’un bit

a été divisé par 2 000 !

Oui, le volume de données transmises augmente vite. Une étude de Cisco montre que le volume de données à transmettre sera multiplié par 3 entre 2017 et 2022. 70% de ces données seront transmises en sans fil, dont 51% en WiFi. C’est beaucoup, oui, mais c’est moins que l’amélioration des performances des réseaux WiFi !

Cisco VNI 2017 2022 Wifi 4G

On retrouve aussi cette croissance exponentielle des débits dans les réseaux mobiles. En 2020, la 5G a une vitesse théorique de 10 Gb/s en débit descendant, 10 000 fois plus que le débit théorique de 1 Mb/s de la 3G des années 2005.

Résumons :

  • Réseaux WiFi : débit multiplié par 2 000 en 20 ans.
  • Réseaux sans fil : débit multiplié par 10 000 en 15 ans.
  • Augmentation de la demande de bande passante : 3 fois plus en 5 ans.

Les performances des fibres optiques sont elles aussi en croissance exponentielle. La nouvelle fibre Equinao, qui relie le Portugal à l’Afrique du Sud, financée par Google, a une capacité… 20 fois supérieure à celle de toutes les fibres existantes sur ce même parcours ! Dans les réseaux WAN et MAN, les performances vont aussi augmenter plus vite que la demande.

Ces améliorations exponentielles des vitesses de tous les réseaux, LAN, MAN et WAN vont continuer pendant longtemps. C’est une très bonne nouvelle pour la planète :

La capacité des réseaux va augmenter plus vite que la demande

et le coût énergétique des réseaux va rester stable =

 plus de données transmises à énergie constante.

Pour compléter cette analyse avec d’autres bonnes nouvelles, j’ai choisi de comparer l’usage d’une borne WiFi et d’un four à micro-ondes, qui fonctionnent tous les deux sur la même fréquence de 2,4 GHz. Les résultats sont “intéressants”.

Energie usages : WiFi vs Microonde

  • En fonctionnement, un micro-ondes consomme environ 1 000 W, une borne WiFi, 100 mW, soit 10 000 fois moins : 1 minute de micro-ondes = 166 heures de WiFi.
  • En organisant 2 heures de vidéoconférences par jour, 200 jours par an, l’énergie utilisée est équivalente à 2,5 minutes de micro-onde… par an !
  • En mode veille, un micro-ondes consomme 26 kW par an, une borne WiFi 88 kW.

Ces chiffres montrent que les coûts énergétiques des réseaux sans fil pour des usages numériques dans les entreprises sont très bas, comparés à toutes les autres consommations d’énergie liées à l’éclairage, au chauffage ou à la climatisation.

In Memoriam : réseaux filaires en entreprise

Je n’ai pas évoqué les réseaux filaires historiques, téléphoniques ou Ethernet, qui ont été très longtemps dominants dans les entreprises. De plus en plus d’entreprises, telles que Veolia ou Sanofi, profitent d’un déménagement pour les supprimer. C’est une excellente démarche pour réduire les consommations d’énergie qui étaient liées aux téléphones IP et aux centraux téléphoniques.

 

Coûts énergétiques des réseaux de transport CDN, MAN et WAN

Quel est le coût de transport des données entre les centres de calcul où elles sont stockées et les bornes WiFi des entreprises, la partie “CDN” du schéma présenté au début de ce billet ?

Les données générales sur ce sujet sont difficiles à obtenir et c’est compréhensible, au vu de la variété et du nombre d’acteurs.

J’ai choisi d’utiliser le cas de l’un des plus grands transporteurs de contenus numériques au monde, Netflix. Pourquoi ? Les données publiées par Netflix permettent de faire des calculs précis et sérieux.

 

Exemple chiffré : Netflix

Netflix logoNetflix publie tous les ans des chiffres détaillés sur ses abonnés et sur ses consommations d’énergie électrique.
N’oublions pas que Netflix est considéré par beaucoup d’organisations militantes pour le climat comme un “grand méchant” pollueur, à l’origine d’usages immodérés des réseaux.

Le document de référence que je vais utiliser pour ces calculs est leur “Environmental Social Governance Report” pour 2019.

Netflix, un bon élève pour la Frugalité Numérique !

Netflix utilise des algorithmes propriétaires de compression des flux vidéos qui réduisent dans un rapport trois les volumes de données transmis. Quand on sait que Netflix représente environ 15% des flux vidéos mondiaux, c’est une économie majeure. Bravo, Netflix.

Netflix a été l’une des premières grandes entreprises d’Internet à basculer sur le cloud d’Amazon, AWS : en 2012, 95% de ses usages étaient déjà sur AWS. Aujourd’hui, Netflix utilise AWS et GCP de Google pour 100% de ses usages numériques. Dans mon billet qui analyse les centres de calcul, j’ai montré que Google et Amazon étaient les meilleurs élèves de la classe et géraient mieux que quiconque leurs centres de calcul. En 2019, Google était à 100% en énergies renouvelables et AWS à environ 50%.

AdS DPC Solar and wind energy S 44797039Netflix évalue à 357 000 MWh sa consommation d’énergie pour ses infrastructures externalisées et la compense à 100% avec des certificats régionaux d’énergies renouvelables. Si je comprends bien, Netflix compense à 100% des énergies qui sont déjà 100% renouvelables. Concrètement, plus on utilise Netflix qui compense à près de 200%, meilleur c’est pour le climat !

Bravo, Netflix pour ces choix d’infrastructures, bons pour la planète.

Netflix utilise ses propres infrastructures pour le transport des flux, dans la partie CDN, Content Distribution Network. La consommation d’énergie de Netflix pour ses usages internes et pour ses CDN a été de 94 000 MWh en 2019. Netflix compense aussi à 100% en crédits d’énergies renouvelables ses dépenses énergétiques CDN. Bravo, Netflix.

Dans mes calculs, je fait l’hypothèse que 100% de cette consommation d’énergie est liée à ses activités CDN, et donc la majorer, ne connaissant pas la part relative à leurs usages internes tels que gestion de leurs bureaux.

Les chiffres pour 2018 sont de 194 000 MWh pour les centres de calcul et de 51 000 MWh pour la partie CDN.

Une étude, réalisée pour l’année 2018 par un organisme d’analyse des consommations de vidéos par les personnes, donne les chiffres suivants, pour Netflix :

  • Nombre d’abonnés dans le monde : 140 millions.
  • Temps moyen d’utilisation de Netflix : 71 minutes par jour.
  • Nombre d’heures Netflix visionnées par jour : 165 millions.

Tous ces chiffres me permettent de calculer le coût énergétique CDN d’une heure de vidéo Netflix, résumé dans le tableau ci-dessous, en utilisant les chiffres de 2018.

Netflix Energie CDN et Data Center

J’ai refait plusieurs fois les calculs, tant les résultats m’ont surpris : 1 heure de vidéo transportée par Netflix consomme 0,84 Wh. Pour simplifier, je vais arrondir à 1 Wh.

1 heure de vidéo Netflix transportée par Internet = 1 Wh

Permettez-moi maintenant de revenir sur les chiffres de Greenpeace que j’avais cités au début de ce billet. On y trouve la phrase suivante :

“Il faut plus d’énergie pour diffuser une vidéo HD en streaming depuis le Cloud que pour fabriquer et expédier un DVD”

J’ai cherché, sans succès, leurs sources ; je vous ai donné les miennes. Mes calculs correspondent exactement à ce qu’ils nomment le “streaming depuis le Cloud”.

Qui croire ?

Je ne connais pas le coût énergétique complet de fabrication d’un DVD, de l’extraction des matériaux nécessaires à sa fabrication, des matériaux nécessaires à son emballage, de son transport depuis un pays asiatique, de sa mise à disposition dans un point de vente en France, de son transport chez le client final et de l’énergie consommée par le lecteur de DVD pour transmettre les données sur une télévision, un PC ou un smartphone. Je suis par contre certain que c’est… sensiblement plus élevé que le 1 Wh de son streaming depuis le Cloud !

En prenant comme hypothèse très basse que toutes ces actions consomment au minimum 1 kWh, on arrive à la conclusion “intéressante” suivante :

Visualiser une heure de vidéo depuis Internet est

1 000 fois moins consommateur d’énergie que d’acheter un DVD !

 

Retour sur le document vidéo en ligne du Shift Project

Dans l’introduction de ce billet, j’ai cité le document du Shift project de 2019 qui alertait sur les risques que faisait peser sur la planète la croissance des flux vidéos.


Shift Project répartition vidéosCe long document de 38 pages contient beaucoup d’informations intéressantes :

  • Oui, la vidéo représente près de 80% des flux de données.
  • Oui, sa répartition par familles d’usages pose des questions de société, par exemple le volume important des flux pornographiques.
  • Oui, il insiste sur les usages et leurs dimensions sociales, humaines et politiques.

Par contre, certaines recommandations de ce rapport me semblent peu pertinentes, car elles mélangent les dimensions usages, dominantes, et infrastructures, pas assez étudiées à mon avis.

Ce document ne prend pas en compte la croissance exponentielle des performances des réseaux, plus rapide que les volumes des données à transmettre.

Exemple de recommandation peu pertinente : demander aux utilisateurs de visualiser une vidéo avec une définition minimale n’a aucun impact sur la consommation d’énergie, comme je l’ai montré dans mon analyse. Sur une borne WiFi qui n’est pratiquement jamais saturée, diffuser en basse définition ou en 4K n’a aucun impact sur la consommation d’énergie de cette borne.

Tenir des discours alarmistes, faire du “numérique bashing”, ce sont de très mauvaises idées qui rendent un mauvais service à la planète. Si l’on souhaite que les dirigeants, les DSI et les collaborateurs des entreprises prennent des décisions efficaces pour améliorer la Frugalité Numérique de leur entreprise, il est essentiel de tenir un discours rationnel et factuel, pour leur permettre de déclencher des actions qui auront des impacts concrets et rapides.

 

Synthèse sur les consommations énergétiques des infrastructures réseau

J’ai passé beaucoup de temps à chercher des données fiables, à faire des calculs clairs correspondant à l’ensemble des étapes du transport de données par des réseaux numériques, depuis les centres de calcul jusqu’à leur arrivée sur les objets d’accès.

  • Les dépenses énergétiques LAN et MAN/WAN sont identiques, 1Wh.
  • Sur le réseau LAN, on utilise l’une des deux technologies, WiFi et 4G/5G.

En résumé :

1 heure de vidéo transmise d’un centre de calcul

à un objet d’accès consomme 2 Wh.

J’ai été surpris par ces résultats ! L’important est qu’ils sont très encourageants pour l’avenir du numérique dans les entreprises.

Ils sont résumés en enrichissant l’un des premiers schémas de ce billet.

Frugalité Numérique - réseaux - 1 heure vidéo

Je vous propose de terminer ce billet par un message fort et positif :

Un usage numérique qui apporte de la valeur à une entreprise

ne doit jamais être freiné par l’idée que la consommation de réseaux

qu’il induit est mauvaise pour la planète.

 


Frugalité Numérique : objets d’accès. (Troisième partie)

 

AdS DPC Objets d'accès PC  tablette smartphone S 106566518Ce troisième billet sur le thème de la Frugalité Numérique traite des objets d’accès, PC, smartphones, tablettes ou chromebooks utilisés par les collaborateurs d’une entreprise pour accéder à leurs usages numériques.

Premier billet : présentation générale de la thématique Frugalité Numérique.

Deuxième billet : les centres de calcul.

Dans le tableau de répartition des responsabilités entre les six domaines d’actions et les différents acteurs présenté à la fin du premier billet, j’ai indiqué que les deux populations clefs pour les objets d’accès étaient les collaborateurs et la DSI. L’objet d’accès est en effet le seul composant d’infrastructure qu’un collaborateur “touche” ; réseaux sans fil et serveurs sont des composants virtuels pour lui. Ces deux populations seront au centre des décisions concernant les objets d’accès.

 

Objets d’accès : dimensions énergétiques et matérielles

Un smartphone, une tablette, un PC portable Windows ou un Chromebook demandent de l’énergie pour être fabriqués et consomment de l’énergie pendant leur utilisation. Posez autour de vous la question suivante :

Si vous utilisez votre smartphone pendant 3 ans, quel est le pourcentage d’énergie utilisée pour sa fabrication par rapport à son usage ?

Vous constaterez que peu de personnes se sont spontanément posées la question et leurs réponses seront très variées.

Plusieurs études fournissent des réponses, différentes, à cette question. J’ai choisi de vous présenter les résultats de celle réalisée par l’European Environmental Bureau (EEB) ; elle est complète, sérieuse et donne des chiffres pour les smartphones et les PC portables dans l’Union Européenne.

PC portables

Les résultats de l’étude EEB sont résumés dans le tableau ci-dessous.

EBB Notebook energy numbers

Les chiffres clefs :

  • Avec comme hypothèse que la durée de vie utile d’un PC portable est de 4,5 années, il consomme autant d’énergie pour sa fabrication, 50%, que pour son utilisation.
  • Le parc installé en Europe, de l’ordre de 150 millions, génère environ 13 millions de tonnes de CO2 par an.

Smartphones

Cette même étude donne les chiffres suivants pour les smartphones :

EBB smartphones energy numbers

  • Dans ce cas, l’hypothèse de la durée de vie est de 3 ans : la fabrication d’un smartphone consomme 3 fois plus d’énergie que son usage !
  • Le parc installé en Europe, de 630 millions de smartphones, émet 14 millions de tonnes de CO2 par an, à peu près autant que les PC portables. Comme il y a 4 fois plus de smartphones que de PC, ceci signifie qu’un smartphone est 4 fois moins polluant, en CO2, qu’un PC portable.

Un axe d’action recommandé par EBB est d’augmenter la durée de vie d’un smartphone. Si l’on passe de 3 ans à 4 ans, ce qui n’est pas déraisonnable, leurs calculs montrent que l’impact est significatif : La réduction de l’émission de CO2 correspond à celle d’un million de voitures.

EEB Frugalité - augmenter durée vie smartphones

Individuellement, PCs et smartphones émettent peu de CO2 ; collectivement, ils sont des producteurs importants de CO2.

Augmenter la durée de vie utile de ces objets d’accès est un moyen efficace de réduire leurs impacts sur la planète : ceci pose la double question de leur réparabilité et de leur obsolescence.

 

Objets d’accès : réparabilité et Frugalité Numérique

L’immense majorité des anciens téléphones portables, non-smartphones, Nokia, Motorola… permettaient l’échange immédiat des batteries. C’est devenu rare sur les smartphones actuels.

Le cas des batteries est un exemple parmi d’autres de la difficulté croissante de réparation des smartphones et PC modernes.

En 2019, j’ai eu deux expériences “inacceptables” dans ce domaine :

  • Batterie remplacement MacBook airLa batterie de mon ordinateur de secours, un Apple Macbook Air de 6 ans, a rendu l’âme. Le point de vente Apple où je suis allé pour la remplacer m’a dit : « votre ordinateur a plus de 5 ans, nous n’avons donc pas de batteries de rechange ». Leur proposition “frugale” était de le reprendre pour 50 € si j’achetais un nouvel ordinateur. Changer d’ordinateur parce que la batterie est morte, c’est comme changer de voiture parce que les pneus sont usés ! Une recherche rapide sur Amazon m’a permis de trouver une batterie compatible, à moins de 50 €, livrée avec les tournevis permettant de démonter les vis “propriétaires” d’Apple. Il faudra un jour qu’Apple m’explique quelle est la valeur ajoutée pour les clients d’avoir inventé des vis différentes du reste du monde !
  • La même mésaventure m’est arrivée avec une montre Motorola. Après seulement 3 ans de vie, la batterie est morte et Motorola m’a écrit : “nous avons arrêté de fabriquer des montres et donc de les réparer” ! Les fournisseurs automobiles sont obligés de proposer des pièces de rechange pendant un minimum de 10 années après l’arrêt de fabrication d’un modèle. Il est urgent qu’une loi du même type soit promulguée en Europe. La batterie de rechange pour cette montre existe sur Amazon, à moins de 20 € !

Motorola montre 360 batterie

Honte à ces deux entreprises, Apple et Motorola, filiale du chinois Lenovo, pour leur absence totale de considération pour la réparabilité de leurs produits. Avant de leur acheter un nouvel objet d’accès, demandez une réponse écrite à la question : pendant combien d’années garantissez-vous la réparabilité de vos produits ?

Une entreprise peut exiger que les objets d’accès qu’elle achète, smartphones, PC portables ou tablettes soient facilement réparables ; c’est essentiel quand elle a comme objectif d’en augmenter la durée de vie utile.

La société américaine Ifixit est spécialisée dans l’analyse de la réparabilité des objets numériques. A chaque sortie d’un nouvel appareil, elle en achète un exemplaire, le démonte et lui donne une note de réparabilité comprise entre 0, impossible à réparer et 10 si c’est très facile.

Dans le tableau ci-dessous, j’ai choisi six exemples emblématiques d’objets d’accès sortis en 2019, représentant les deux extrêmes de la notation : PC portables, tablettes et smartphones.

IFIXIT Score 2019 best worst smartphone tablet PC

  • PCs portables : note 1/10 pour Macbook pro, 10/10 pour HP Elite book.
  • Tablettes : note 2/10 pour iPad 7, 9/10 pour HP Elite.
  • Smartphones : note 2/10 pour Samsung Fold (à la fiabilité “faible”) et 10/10 pour Fairphone 3.

 

Un bon exemple de réparabilité : le smartphone Fairphone 3

Fairphone 3 components + IFIXIT noteUne jeune société des Pays-Bas, Fairphone, propose des smartphones Android qui ont été pensés, dès le premier jour, pour être le plus faciles possible à réparer. Ce sont les seuls smartphones au monde à avoir obtenu la note de 10/10 chez Ifixit.

Leur modèle le plus récent, Fairphone 3, est un smartphone aux performances raisonnables, vendu 450 €. Sur leur site, le prix des principaux composants est affiché :

Fairphone spare parts prices

  • Batterie : 29,95 €
  • Ecran : 89,95 €
  • Caméras : 49,95 €

Tout est prévu pour que le remplacement soit réalisable par les équipes internes d’une entreprise sans avoir besoin de renvoyer le Fairphone 3 au fournisseur.

Des entreprises avec qui je collabore ont acheté quelques exemplaires de Fairphone 3 pour les tester avant de les recommander ; c’est une démarche pragmatique que je propose de généraliser dans toutes les entreprises.

Si, comme je l’espère, le nombre d’entreprises qui s’équipent de Fairphone 3 augmente, je suis persuadé que d’autres fournisseurs entendront le message et feront les efforts nécessaires pour proposer de nouveaux modèles plus faciles à réparer.

Vous souhaitez augmenter au maximum raisonnable la durée de vie utile de tous vos objets d’accès : si la réponse est oui, je vous propose de prendre une décision simple et radicale :

Interdiction totale d’acheter un objet d’accès

qui a un score Ifixit inférieur à 6

Ceci va faciliter vos processus d’achat et de sélection, en réduisant fortement le nombre d’objets d’accès qui répondent à ce critère éliminatoire.

Aurez-vous le… courage de prendre cette décision ?

 

Objets d’accès : obsolescence et Frugalité Numérique


Le marché mondial des objets d’accès est stabilisé depuis quelques années. Pour la période 2020 - 2022, le Gartner Group confirme cette tendance, comme le montre ce tableau. Chaque année, plus de 2 100 millions d’objets numériques d’accès seront vendus, un chiffre élevé, rapporté à la population mondiale d’un peu plus de 7 700 millions de personnes.

Worldwide devices shipments Gartner 2020 - 2022

Dans une logique de Frugalité Numérique, c’est une bonne nouvelle ; les entreprises peuvent espérer une raisonnable stabilité de l’offre et de la demande d’objets d’accès.

Anticiper les évolutions technologiques pour réduire l’obsolescence

Une voiture bien entretenue avait une durée de vie utile supérieure à 10 ans. C’est de moins en moins vrai au vu des ruptures technologiques majeures qui secouent l’industrie automobile, électricité et conduite autonome. Il faut aujourd’hui se poser la question de la pertinence d’un achat d’un véhicule 100% thermique et anticiper les évolutions des offres et de la demande.

Les mêmes questions se posent aux responsables des choix et des achats d’objets d’accès dans les entreprises.

AdS DPC Anticipate S 180296971Si je souhaite que l’objet d’accès acheté aujourd’hui ait une durée de vie maximale, il est indispensable d’anticiper les évolutions techniques qui pourraient le rendre obsolète alors qu’il continuerait à bien fonctionner.

Voici, à titre d’exemples, quelques questions qu’il faut se poser :

  • Les réseaux 5G sont annoncés : à quelle date, en 2020, 2021 ou 2022, faudra-t-il exiger qu’un modem 5G soit disponible sur un smartphone.
  • La version 6 du WiFi est disponible : quand les nouvelles bornes déployées dans les bureaux devront-elles être en version 6 ? Quand mettre dans les appels d’offres de PC portables que la compatibilité WiFi 6 est obligatoire ?
  • Les Chromebooks deviennent des alternatives crédibles aux PC portables Windows. Ils sont maintenant capables d’exécuter toutes les applications Android. Conséquence : acheter un Chromebook qui n’a pas d’écran tactile est une erreur.
  • Installer des cartes SIM 4G et 5G sur des PC portables et des tablettes devient possible. Faut-il en faire une priorité ou est-ce que l’utilisation d’un smartphone comme routeur est suffisante ?
  • Faut-il fixer des capacités minimales pour les mémoires, les processeurs, les capacités des capteurs photographiques, la taille des écrans... ? Si oui, lesquelles ?
  • ...

Pour aider dans ces décisions, une entreprise peut se fixer une durée de vie minimale pour chaque famille d’objets d’accès.

Je vous propose d’utiliser comme minima les chiffres suivants :

  • Smartphones : 4 années.
  • PC portables : 6 années. Google garantit maintenant qu’un Chromebook pourra être mis à jour pendant un minimum de 8 années.
  • Tablettes : 5 années.

 

Objets d’accès : une nouvelle collaboration entre DSI et collaborateurs

En privilégiant la réparabilité et une durée de vie technique allongée, les entreprises peuvent augmenter la durée de vie utile de tous les objets d’accès. C’est en agissant sur ces deux dimensions que l’entreprise peut améliorer sa Frugalité Numérique pour les objets d’accès.

Les dimensions techniques réglées, reste le plus difficile : mettre en œuvre les changements humains et organisationnels qui permettent d’en tirer parti.

Une nouvelle démarche est nécessaire : je l’ai nommée :

OAaaS : Objet d’Accès as a Service

Le schéma ci-dessous résume les principes de la démarche OAaaS.

OAaaS - Frugalité Numérique

Les principes en sont simples, la mise en œuvre, beaucoup moins !

L’idée forte est la suivante : il faut réduire la dimension “personnelle” des objets d’accès et les banaliser.

Pour assurer le succès de cette démarche, la DSI et les collaborateurs devront travailler avec de nouvelles responsabilités mutuelles.

 

Objets d’accès : responsabilités des collaborateurs

Pour accéder à mes applications professionnelles, j’ai besoin d’objets d’accès. La démarche proposée permet à chaque collaborateur de choisir le ou les objets dont il a besoin, à un instant donné, pour des activités qui peuvent changer selon les lieux ou les conditions de travail.

En prenant comme exemple les voitures de services, je peux demander un 4x4 pour mener une inspection dans une région de montagne et une petite voiture facile à garer si je dois rencontrer un client dans une grande ville.

Google Fi pricingAvec beaucoup de pragmatisme, je vais demander aux équipes de la DSI de m’équiper en fonction de mes besoins spécifiques, et changeants :

  • Pour mes usages permanents “normaux”, je considère qu’un Chromebook tactile de 13 pouces est l’objet d’accès le mieux adapté, complété par un smartphone Android milieu de gamme.
  • Je pars pour une tournée internationale dans quatre pays différents pendant 10 jours : je vais souhaiter partir avec deux ordinateurs portables pour éviter des problèmes en cas de vol ou de casse. Je demanderai aussi un téléphone “Google Fi”, acheté aux USA, qui permet un roaming international à coût raisonnable dans 200 pays.
  • Je vais travailler pendant 48 heures dans une zone avec des risques d’explosion, comme une raffinerie de pétrole : je vais demander une tablette “ATEX”, anti-explosion.

Ces règles d’attribution d’objets d’accès aux collaborateurs ont pour objectif principal d’optimiser, et les usages et le parc installé. Il ne s’agit pas de changer pour changer, mais il faut casser le principe actuel de l’attribution “définitive” d’un objet d’accès à un collaborateur.

Pour fonctionner, la démarche OAaaS s’appuie sur des principes simples et peu nombreux :

  • Le nombre, la nature et la puissance des objets d’accès utilisés par un collaborateur ne sont pas liés à son niveau hiérarchique ou à la direction où il travaille. Les dirigeants sont rarement les personnes qui ont le plus besoin d’outils puissants !
  • Les objets d’accès sont affectés aux collaborateurs selon leurs besoins professionnels à un moment donné.
  • Un collaborateur dont le métier ou les besoins numériques évoluent se verra proposer des objets d’accès différents, si nécessaire.
  • Quand un collaborateur a besoin d’un objet d’accès spécialisé pour une mission de quelques jours, il fait une demande à la DSI, qui lui remettra ceux qui correspondent le mieux à sa demande.

Pour répondre à ces nouveaux modes de “consommation” d’objets d’accès, les équipes de la DSI doivent, elles aussi, changer leurs modes de fonctionnement.

 

Objets d’accès : responsabilités de la DSI

La DSI devient gestionnaire d’un parc d’objets d’accès, mis au service de tous les collaborateurs de l’entreprise. Toutes les “bonnes pratiques” d’une gestion de parcs, automobile par exemple, peuvent être reprises pour cette gestion d’objets d’accès.

  • La priorité reste bien sûr d’offrir le meilleur service possible aux collaborateur:
    • Une variété suffisante : tailles d’écrans, puissance.
    • La capacité de répondre à des demandes ponctuelles, pour des objets d’accès spécialisés.
    • La mise à disposition d’objets d’accès performants, modernes et durables.
  • La DSI propose une variété raisonnable d’objets d’accès à son catalogue, pour couvrir l’essentiel des attentes des collaborateurs de l’entreprise :
    • Caractéristiques techniques : puissance, poids, taille, mémoire...
    • PCs, Smartphones, Tablettes et Chromebooks.
    •  …

Parc Objets accès - smartphones PC Tablettes

  • La DSI optimise le parc d’objets d’accès en privilégiant la réparabilité et la durée de vie utile, comme on l’a vu plus haut. Lorsque les parcs sont importants, il peut être envisagé de disposer d’un atelier interne pour les réparations de base et accélérer les remises en service.
  • La rotation des objets d’accès devient une pratique courante : tout objet d’accès qui est retourné à la DSI peut être réalloué à une autre personne.
  • Pour les objets d’accès en fin de vie utile, le recyclage fait partie des priorités.

 

Objets d’accès : usages professionnels et personnels

Pour améliorer leur Frugalité Numérique, les entreprises doivent se poser la question des usages professionnels et personnels des objets d’accès.

Comme on l’a vu plus haut, la part de l’énergie nécessaire pour fabriquer un smartphone ou un PC portable est importante.

C’est encore plus vrai pour la consommation des matériaux, souvent rares, utilisés pour leur fabrication.

La majorité des PC portables, chromebooks, tablettes ou smartphones peuvent être utilisés pour des usages professionnels et personnels.

Il est aujourd’hui possible de séparer efficacement, sur un même objet d’accès, les usages personnels et professionnels en déployant des solutions EMM (Enterprise Mobile Management) dont c’est l’une des fonctions essentielles.

Ceci permet de répondre aux inquiétudes sur la confidentialité des données et des usages, la sécurité des contenus professionnels, les risques de “surveillance” des collaborateurs et autres “alibis” utilisés pour maintenir le statu quo.

Si les collaborateurs et la DSI acceptent d’utiliser les mêmes objets d’accès pour tous les usages, les impacts énergétiques sont faciles à mesurer :

  • Sur 4 années, utiliser un seul smartphone au lieu de deux réduit de 37% la consommation d’énergie électrique. Le calcul est simple :
    • 2 smartphones : 75% x 2 pour production et 25% x 2 pour usages = 200.
    • 1 seul smartphone : 75% x 1 et 25% x 2 = 125.
  • Sur 5 années, utiliser un seul PC portable au lieu de deux réduit de 25% la consommation d’énergie électrique, selon un calcul similaire :
    • 2 PC portables : 50% x 2 pour production et 50% x 2 pour usages = 200.
    • 1 seul PC portable : 50% x 1 et 50% x 2 = 150.

Partage Laptop Smartphone perso - professionnel

Les impacts sur la consommation de matières premières rares sont évidents ! Utiliser un seul smartphone, un seul PC portable divise par deux cette consommation.

Deux démarches différentes permettent de partager un seul objet d’accès pour ses usages personnels et professionnels :

  • BYOD : Bring Your Own Device : un collaborateur utilise un objet d’accès personnel pour ses usages professionnels.
  • COPE : Company Owned, Personally Enabled : un collaborateur utilise un objet d’accès fourni par entreprise pour ses usages personnels.

BYOD et COPE peuvent s’appliquer à des PC portables, des tablettes ou des smartphones.

Ces démarches BYOD et COPE sont beaucoup moins fréquentes que je pouvais l’espérer il y a quelques années : des réticences fortes sont venues des deux côtés, utilisateurs et DSI.

Expliquer aux collaborateurs et aux DSI que ces démarches ont des impacts forts et immédiats sur la consommation d’énergie et l’usage de ressources rares peut leur redonner un fort regain d’intérêt. Ce serait une bonne nouvelle de plus pour la planète !

 

Indicateurs de performance (KPI) Frugalité Numérique pour parc d’objets d’accès

Pour suivre les progrès réalisés dans une démarche Frugalité Numérique, la DSI peut choisir un petit nombre d’indicateurs de performances (KPI) dédiés. Il est important de ne pas mélanger ces KPIs avec ceux, plus traditionnels, utilisés pour le suivi financier des objets d’accès.

Je vous propose une première liste de KPIs pertinents pour suivre les progrès de la Frugalité Numérique dans sa dimension Objets d’Accès :

  • Age moyen du parc.
  • Age moyen des objets retirés.
  • Pourcentage des objets réparés et remis en circulation.
  • Pourcentage d’objets en BYOD.
  • Pourcentage d’objets en COPE.

KPI gestion Parc Objets accès

Ces KPIs, suivis mensuellement, sont calculés pour chaque famille d’objets d’accès, PC, Smartphones, Chromebooks et Tablettes.

 

Synthèse

Win Win Frugalité Entreprise planèteLes objets d’accès sont l’une des composantes les plus efficaces des outils numériques pour sensibiliser rapidement une entreprise aux potentiels de la Frugalité Numérique.

Chaque collaborateur est concerné, chaque collaborateur peut mesurer l’impact de ses décisions individuelles, telles que BYOD ou COPE, prises en accord avec celles de l’entreprise.

C’est aussi un moyen efficace pour donner plus de visibilité à la DSI qui, en soutien des collaborateurs, va montrer qu’elle participe activement à l’amélioration de la Frugalité Numérique, au service de la planète.

Obtenir rapidement des résultats significatifs, mesurables, et qui parlent à tout le monde en privilégiant une démarche innovante de gestion des objets d’accès, c’est un bon exemple d’un projet “gagnant - gagnant “.

 

Quatrième partie : les réseaux


Frugalité Numérique : centres de calcul (Deuxième partie)

 

AdS DPC Data Center horizontal cloud S 34080396J’ai commencé l’année 2020 par le premier d’une longue série de billets sur la Frugalité Numérique.

J’aborde aujourd’hui l’un des six domaines d’action que j’y ai identifié, les centres de calcul, Data Center en anglais.

Commencer par les centres de calcul n’est pas anodin ; c’est trop souvent sur eux que se concentre la vindicte des écologistes mal informés, qui les accusent d’être de grands méchants consommateurs d’énergie.

Ce billet démontre que faire des choix “frugaux” pour ses centres de calcul est l’une des décisions les plus positives pour la planète que peuvent prendre les entreprises, avec des impacts forts et immédiats.

 

Les centres de calcul dans le monde

La demande d’usages numériques augmente dans le monde, que ce soit pour le grand public ou pour les entreprises : ceci induit une croissance de la puissance de calcul et des volumes de données stockées dans les centres de calcul.

Ces centres de calcul utilisent de l’électricité, beaucoup d’électricité et de nombreuses personnes, qui cherchent des solutions pour réduire les émissions de CO2 s’en inquiètent, à juste raison.

Plusieurs études ont été faites sur ce sujet. Tous ces résultats sont à prendre avec beaucoup de précautions, comme le démontre la grande dispersion des mesures. Les écarts sont importants sur les chiffres de consommation actuels, ils le sont encore plus sur les prévisions à 5 ou 10 ans.

En décembre 2017, un article de la revue Forbes donne les chiffres suivants :

  • Au niveau mondial, les centres de calcul ont consommé 416 térawatts, ce qui représente 3% de toute l’énergie électrique mondiale.
  • Ceci correspond à 1,4 fois l’énergie électrique consommée au Royaume-Uni.
  • Cette consommation va doubler en quatre ans.

Andres Andrae, qui travaille pour Huawei en Suède a mené une autre étude. Elle est citée par la revue Nature en 2018 et reprise par la revue Fortune en 2019. Elle annonce que les centres de calcul ont représenté 2% de la demande mondiale d’électricité. C’est un chiffre inférieur de 33% à celui de la revue Forbes !

Le laboratoire “Ernest Orlando Lawrence Berkeley National” a réalisé en 2016 l’étude la plus complète que je connaisse (65 pages) : elle présente plusieurs scénarios d’évolution des centres de calcul aux États-Unis entre 2010 et 2020. J’y ferai plusieurs fois référence dans ce billet (étude Berkeley).

L’une des principales raisons pour laquelle il est difficile d’avoir des chiffres fiables vient du fait que la majorité des centres de calcul sont de petite ou très petite taille, dans des PME, comme le montre ce graphique tiré de l’étude Berkeley.

Berkeley servers numbers: size DC

 

Centres de calcul pour les entreprises : principales options

En simplifiant au maximum, les entreprises ont trois options principales pour leurs centres de calcul :

● Posséder leurs centres de calcul privés. C’était, jusqu’il y a peu, le choix le plus répandu. Dans les PME, on parle souvent de “salles machines”. Les grandes entreprises ont eu récemment la mauvaise idée de les renommer “cloud privé”.

● L’hébergement. Les hébergeurs, tels que OVH ou OBS (Orange Business Services) existent depuis plusieurs dizaines d’années. Ces hébergeurs mutualisent des centres de calcul, souvent plus efficients, et chaque entreprise cliente y installe tout ou partie de ses serveurs.

● Le Cloud Public. De grands fournisseurs industriels d’énergie informatique proposent aux entreprises d’utiliser cette énergie à la carte, selon leurs besoins. Les entreprises ne sont plus propriétaires de leurs serveurs. C’est un thème que j’ai très souvent abordé dans ce blog.

Centres de calcul - trois options interne  hébergé Cloud public

Dans ce billet, c’est la seule dimension énergétique de ces trois options qui est analysée.

Je ne vais pas faire durer plus longtemps le “suspense” : la seule manière pour une entreprise de réduire fortement et rapidement l’impact énergétique de ses centres de calcul est de… les fermer le plus vite possible et de basculer sur des clouds publics.

L’option hébergement est souvent plus efficace que les centres de calcul privés, mais toujours moins efficace que les clouds publics.

 

Une excellente nouvelle : les entreprises ferment leurs centres de calcul privés

Il y avait 13 millions de serveurs aux États-Unis en 2010. L’étude Berkeley propose deux scénarios principaux, concernant les évolutions du nombre de serveurs physiques :

● Le scénario Current Trends (Rien ne change). Les entreprises gardent leurs centres de calcul ; pour faire face à la croissance de la demande de traitement, le nombre de serveurs monte à 18 millions.

● Le scénario Best Practices (en pratique, Clouds Publics). Dans ce cas, le nombre total de serveurs descend à 10 millions, sans changer la capacité de traitement.

Etude Berkeley nb servers BaU Hyperscale

Ce basculement partiel sur des clouds publics réduit le nombre de serveurs physiques de 8 millions : il passe de 18 millions à 10 millions. Ceci correspond à une réduction de 45% du nombre de serveurs.

La planète ne va pas s’en plaindre…

La société d’études Synergy Research Group vient de publier, fin 2019, une étude qui confirme ce mouvement de fond : en 2019, pour la première fois, les dépenses des entreprises dans des solutions cloud ont dépassé celles pour les centres de calcul privé.

Synergy - private DC investments vs Public cloud

La planète ne va pas s’en plaindre…

 

Les serveurs OCP, Open Compute Project

Dans l’ancien monde informatique, les entreprises achetaient leurs serveurs à de grands fournisseurs historiques qui avaient pour noms Dell, HP, Lenovo, IBM…

À l’initiative de Facebook, les grands acteurs du Cloud Public ont formé, en 2011, une organisation nommée OCP, Open Compute Project. Google, Microsoft et beaucoup d’autres entreprises ont rejoint OCP. OCP met en “Open Source” les meilleures pratiques dans le domaine des matériels tels que serveurs ou disques.

Efficiencies of OCP serversCes serveurs sont fabriqués par les grands industriels chinois et coréens. Ils sont optimisés pour avoir des prix de revient les plus bas et surtout pour consommer le moins d’énergie possible. À titre d’illustration, ils ne sont pas équipés de lumières qui indiquent leur état de fonctionnement, car… personne ne regarde les serveurs dans les clouds publics, tout étant géré à distance. Ceci est très bien expliqué dans un article de la revue Nature, publiée en 2018, dont est extrait le texte ci-dessus. Un chiffre résume cette efficacité : un serveur OCP remplace en moyenne… 3,75 serveurs classiques !

En 2020, le basculement des géants du cloud public sur des serveurs OCP ou équivalents est terminé, comme le montre ce graphique tiré de l’étude Berkeley.

Unbranded servers used by hyperscale

Dans les entreprises, et de manière scandaleuse, les responsables des achats d’infrastructures ignorent et font l’impasse sur les serveurs OCP, qu’ils pourraient acheter pour remplacer les serveurs démodés commercialisés par les grandes marques historiques, déjà citées, en fin de vie.

OCP used worldwide = 50% less energy in data centersOCP estime que si toutes les entreprises utilisaient leurs serveurs, la consommation d’énergie des centres de calcul serait divisée par deux !

Et ce sont ces mêmes entreprises qui osent parler de réduire leurs impacts énergétiques et sont incapables de prendre une décision aussi simple, possible depuis plusieurs années.

Des paroles, oui, c’est facile. Des actes…

 

E-TRAP : un modèle d’analyse énergétique des centres de calcul

Les études que j’ai menées avec quelques entreprises innovantes m’ont permis d’imaginer un modèle d’analyse des performances énergétiques des centres de calcul des entreprises.

Le l’ai nommé E-TRAP : la capacité à atTRAPer” l’Energie !

Frugalité numérique - Modèle E-TRAP - Data Centers

Les principaux composants du modèle E-TRAP sont, de droite à gauche :

● Les Applications.

● Le TUS : Taux d’utilisation des serveurs.

● Le PUE : Power Usage Effectiveness.

● Le type d’énergie utilisée : Renouvelable ou carbonée.

● L’Energie totale consommée.

Les Applications

Les centres de calcul hébergent les serveurs et les supports de stockage des données nécessaires pour faire fonctionner des applications. Dans ce billet, la pertinence de ces applications n’est pas mise en cause ; ce sujet serait traité dans un autre billet, dédié aux applications.

L’objectif “Frugalité Numérique” d’un centre de calcul est clair : consommer le minimum d’énergie pour qu’une application s’exécute. Les trois paramètres TUS, PUE et type d’énergie déterminent le niveau de Frugalité Numérique obtenu.

TUS : Taux d’utilisation des serveurs

Un serveur physique consomme de l’énergie quand il est en fonctionnement, indépendamment du fait qu’une application s’exécute ou pas.

Le TUS mesure le pourcentage du temps “utile” de fonctionnement d’un serveur, c’est-à-dire quand une application est opérationnelle par rapport au temps total sous tension. Un TUS de 1 correspond au cas théorique idéal d’un serveur utilisé à 100%, un TUS de 0,1 signifie qu’une application utilise 10% du temps total d’un serveur.

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles un TUS de 1 ne sera jamais atteint :

● Une application chargée dans un serveur n’est pas active en permanence. Une application de calcul d’un prêt immobilier par un banquier n’est utilisée que lorsqu’un client fait une demande, et reste inactive le reste du temps.

● Le taux d’usage d’une application varie beaucoup selon les heures de la journée, les périodes de l’année. L’application ‘Parcoursup” d’inscription dans les universités françaises à des pointes très fortes d’usages, selon le rythme des examens, et un niveau d’usage proche de zéro le reste du temps.

● Plusieurs techniques, telles que la virtualisation, permettent à un serveur physique d’être utilisé en même temps par plusieurs applications, pour optimiser son usage.

L’étude Berkeley a calculé le TUS selon les types de centres de calcul dans les trois familles présentées auparavant :

● Internal (Interne).

● Service provider (hébergeur).

● Hyperscale (Clouds Publics).

Server usage level by 3 familiesCe tableau donne le TUS moyen de ces trois familles, sur la période 2000 - 2010 et une estimation pour l’année 2020.

Si l’on prend ces chiffres pour 2020, un fournisseur de Cloud Public a un TUS 3,33 fois plus performant (50% vs 15%) que les serveurs gérés en interne par une entreprise. C’est un chiffre cohérent avec ceux que l’on a déjà vus plus haut.

PUE : Power Usage Effectiveness

Le PUE (indicateur normalisé par l’ISO) mesure d’efficacité énergétique d’un centre de calcul, en séparant :

● L’énergie électrique utilisée pour alimenter les serveurs, l’énergie “utile”.

● Les dépenses “indirectes” d’énergie, pour des activités telles que la climatisation ou l’éclairage.

Le PUE théorique optimum est de 1, quand 100% de l’énergie est utilisée pour les serveurs.

PUE des Clouds publics

Les fournisseurs de Clouds publics ont fait des efforts majeurs pour réduire leur PUE. Ils sont en 2020 proches de 1,1, comme le montre ce graphique correspondant à Google. On y observe des variations saisonnières liées à la météo, mais la moyenne s’établit à 1,11.

PUE Google Data Center 2008 - 2019

Améliorer ce chiffre de 1,11 est difficile ; leurs centres de calcul les plus modernes atteignent 1,07 ; des progrès peuvent au mieux réduire de 10% la consommation d’énergie électrique.

PUE des centres de calcul gérés par les entreprises

De nombreuses études ont été réalisées sur les PUE des centres de calcul gérés par les entreprises. L’une des plus complètes est menée chaque année par le “Uptime Institute”, qui interroge des milliers d’entreprises, dans le monde entier.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution du PUE des plus grands centres de calculs privés du monde, ceux qui ont les meilleurs résultats à cause d’évidentes économies d’échelle.

PUE enterprise Uptime Institute

Les entreprises ont aussi amélioré leur PUE entre 2006 et 2014, en le réduisant de plus de 30%. Comme pour les Clouds publics, les réductions de PUE deviennent de plus en plus difficiles.

Pour l’année 2019, le PUE des meilleurs centres de calcul privés est de 1,67.

Dans les centres de calcul des entreprises grandes et moyennes, ce PUE dépasse souvent 2 et il peut atteindre 3 ou 4 dans les “salles machines” des PME ou TPE.

 

Energies renouvelables, énergies carbonées

Un centre de calcul peut être alimenté en énergie carbonée, cas le plus fréquent aujourd’hui, ou en énergies renouvelables.

Dans ce domaine aussi, les grands acteurs du cloud public font des efforts majeurs pour basculer sur des énergies renouvelables.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution rapide de Google vers des énergies 100% renouvelables.

Google 100 % renovable energy 2018

Depuis 2017, les centres de calcul de Google sont à 100% alimentés en énergies renouvelables ou, quand cela n’est pas possible, couverts par des rachats de crédits d’énergies renouvelables.

En 2019, Google a annoncé un investissement de 600 M$ pour accroître la puissance de son centre de calcul d’Hamina en Finlande. En même temps, Google a signé un accord pour l'achat d'énergie éolienne en provenance de Suède.

Google est pour le moment le plus en avance des grands acteurs du cloud public dans sa migration réussie vers du 100% renouvelable, mais Azure, AWS et Alibaba ont pris le même chemin.

J’ai utilisé le graphique ci-dessous dans mon billet de la fin de l’année 2019 mais je le reprends ici, car il montre que les trois entreprises américaines qui, en mars 2018, avaient le plus investi dans les énergies renouvelables sont… les trois géants du Cloud public, Google, Amazon et Microsoft.

Best users USA of renewable energy

Maintenant que les trois éléments clefs du modèle E-TRAP qui déterminent la consommation d’énergie d’un centre de calcul sont compris et maîtrisés, il est possible de comparer les choix qui s’offrent aux entreprises pour améliorer la Frugalité Numérique de leurs centres de calcul.

 

R2E : Ratio d’Efficacité Energétique d’un centre de calcul

Pour mesurer le rapport entre l’énergie qui rentre dans un centre de calcul et celle qui sert à activer une application, je vous propose d’utiliser un ratio que j’ai nommé :

Ratio Efficacité Energétique (R2E).

Son calcul est très simple :

                                                         100 x PUE

R2E : Ratio Efficacité Energétique = ---------------

                                                               TUS

Un centre de calcul “énergétiquement parfait” aurait un R2E de 100, correspondant à un PUE de 1 et un TUS de 100%.

R2E d’un Cloud Public

En utilisant les chiffres présentés dans ce billet, PUE de 1,1 et TUS de 50%, on obtient, pour un cloud public un R2E de :

R2E : (100 x 1,10)/0,5 = 220

Plus de la moitié de l’énergie qui rentre dans un Cloud Public est consommée sans apporter de valeur. C’est sur le TUS que des progrès importants peuvent encore être réalisés.

Calcul du R2E d’un centre de calcul privé

En prenant l’exemple d’une grande entreprise qui a un PUE de 2 et un TUS de 15%, on obtient un R2E pour un centre de calcul privé de :

R2E : (100 x 2)/0,15 = 1333

Ce R2E devrait donner des “sueurs froides” à tous les dirigeants : l’énergie qui rentre dans un centre de calcul d’entreprise est… 13 fois supérieure à l’énergie utile !

Présenté autrement, moins de 8% de l’énergie électrique qui rentre dans un centre de calcul d’entreprise est utile, 92% est gaspillée !

 

Synthèse : basculer sur les clouds publics, c’est bon pour la planète

La comparaison de ces deux R2E est sans appel.

Une entreprise qui abandonne ses centres de calcul privés et bascule sur des clouds publics augmente dans un rapport 1333/220 = 6 son efficacité énergétique !

Si l’on tient aussi compte de la dimension renouvelable vs carbonée, le bilan est encore plus impressionnant et positif :

● Basculement sur le cloud public GCP de Google : consommation d’énergie divisée par 6, consommation d’énergie carbonée ramenée à zéro.

● Basculement sur les clouds publics AWS ou Azure, en faisant l’hypothèse qu’ils sont déjà à environ 50% d’énergies renouvelables : consommation d’énergie divisée par 6, consommation d’énergie carbonée divisée par 12.

Ces résultats sont des moyennes mondiales : les TPE et PME ont des résultats encore plus catastrophiques, et les entreprises qui disposent de très grands centres de calcul privés font... un peu mieux.

Ce dernier tableau met devant leurs responsabilités tous les dirigeants qui souhaitent passer à l’action et améliorer fortement la Frugalité Numérique de leur entreprise.

Frugalité Numérique centre calcul - Electricité & renouvelable

C’est une excellente nouvelle pour les entreprises qui ont pris la décision de basculer vers les clouds publics. En plus de tous les bénéfices que j’ai présentés dans ce blog depuis 10 ans, rentabilité, sécurité, flexibilité, innovation, OPEX… elles découvrent un maxi-bonus : cette décision les positionne parmi les championnes de la Frugalité Numérique.

Toutes les autres entreprises, qui avaient encore des doutes sur la pertinence d’une migration sur les clouds publics avant la lecture de ce billet, ont maintenant un argument “massue” qui leur permettra de dire à leurs dirigeants, leurs informaticiens et surtout à tous leurs collaborateurs :

“Nous migrons vers les clouds publics pour aider au sauvetage de la planète”.

Qui oserait, aujourd’hui, résister face à un tel argument ?

Vous ?

 

Troisième partie : les objets d'accès

Quatrième partie : les réseaux


Frugalité Numérique : première partie

AdS DPC Souris Verte frugalité SS 61824038J’ai terminé 2019 par un long billet optimiste sur les impacts positifs potentiels de l’innovation et du numérique sur la planète.

Je démarre 2020 avec le premier d’une longue série de billets sur la Frugalité Numérique.

Je souhaiterais que ce thème soit présent dans les réflexions de tous les dirigeants et responsables du numérique au cours de cette année 2020.

 

Le numérique : bon pour l’entreprise, bon pour la planète

AdS DPC 2020 numérique with hand SS 306954428Ce préalable, très court, est indispensable avant de parler de Frugalité Numérique.

Non, non et non ! Le numérique n’est pas nocif pour la planète, comme je l’ai longuement expliqué dans mon billet de fin d’année 2019.

C’est par plus d’innovations, plus d’entrepreneuriat, plus de numérique que l’humanité peut imaginer rapidement des solutions qui permettront de mettre un coup d’arrêt au réchauffement climatique et de trouver des méthodes efficaces pour réduire les niveaux de CO2 déjà présents.

La dématérialisation de l’économie est l’option la plus prometteuse et nous en voyons tous les jours des exemples encourageants. (J’invite ceux qui ne l’ont pas fait à lire mon dernier billet).

Les ventes d’appareils de photos numériques illustrent très bien cette dématérialisation. Comme le montre ce graphique, leurs ventes se sont écroulées avec la diffusion massive des smartphones.

Digital cameras sales down

Entre 2010 et 2018, les smartphones ont réduit de 100 millions par an les ventes d’objets numériques lourds et chers. Sur cette même période, c’est environ 550 millions d’appareils photo numériques qui n’ont pas été fabriqués et vendus ! Ceci mérite une médaille d’honneur pour les smartphones avec la mention “La planète reconnaissante”.

 

Frugalité : faire mieux avec moins

Livre guide innovation FrugaleSobriété numérique, green IT, frugalité numérique, de nombreuses expressions sont utilisées pour parler d’un même thème : minimiser les impacts environnementaux du numérique.

J’ai choisi de privilégier l’expression “Frugalité Numérique” car elle porte un message positif :

La frugalité, c’est faire mieux avec moins.

A la fin de l’année 2019, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Navi Radjou, co-auteur d’un livre passionnant et… optimiste sur ces sujets de la frugalité, dans tous les domaines et pas seulement le numérique : “Le guide de l’innovation frugale”.

AdS DPC Light bulb & tree green SS 227727671La frugalité, ce n’est pas faire moins, mais faire mieux. Des mouvements très forts, très vocaux, prônent le “numérique bashing” : le numérique, c’est mauvais pour la planète, il faut réduire ses usages du numérique, ne plus utiliser de smartphones, ne plus regarder de vidéos en streaming… Je suis en totale opposition avec ces démarches rétrogrades, comme je l’ai longuement expliqué dans mon dernier billet de 2019.

La démarche de Frugalité Numérique que je porte est tournée vers le futur, vers l’innovation, vers plus de numérique. Elle permet, en même temps :

  • De promouvoir des usages innovants du numérique.
  • De le faire en réduisant les impacts environnementaux du numérique.

Opposer ces deux idées est dangereux, pour le numérique, et pour la planète !

 

Frugalité Numérique

AdS DPC possible impossible S 52425151Aujourd’hui, les performances des outils numériques sont telles que la probabilité de ne pas pouvoir mettre en œuvre une solution numérique pour répondre à une demande des entreprises est proche de 0 %.

C'est une situation récente ; pendant longtemps, il n’y avait pas de réponses techniques à toutes les demandes de traitement, de stockage ou de transport d’information.

Toutes les barrières technologiques ont disparu. Au vu de la croissance exponentielle de la performance des outils numériques au cours des prochaines années, il sera de plus en facile de répondre à une demande d’usages numériques.

En clair, dans le domaine du numérique, l’offre est en avance sur les usages possibles.

Une entreprise peut, en 2020, répondre à toute demande de nouveaux usages numériques en s’appuyant sur la puissance des outils existants. Raison de plus pour s’interroger, pour bien réfléchir avant de formuler une demande de nouveaux usages numériques.

Deux des principaux enjeux du numérique pour la planète sont l’énergie et l’utilisation de métaux rares. Toutes les solutions numériques ne se valent pas dans leurs impacts sur l’environnement et les différences entre elles sont très importantes. Les prochains billets que je vais publier sur ce thème auront pour objectif prioritaire d’aider les entreprises à faire les choix numériques qui sont les plus positifs pour la planète.

La bonne nouvelle : il est possible de concilier innovation numérique et défense de la planète.

La mauvaise nouvelle : la majorité des solutions informatiques existantes sont… mauvaises pour la planète.

Prendre en compte la dimension Frugalité Numérique dans leur démarche de Transformation Numérique devient un impératif pour toutes les entreprises.

 

Six principaux domaines d’action

Il n’existe pas de réponses globales à la recherche de solutions numériques frugales. Il est impératif de travailler par “composants” pour trouver, cas par cas, les meilleures réponses. Les travaux que je mène sur ce sujet m’ont permis d’identifier six domaines d’action différents :

Frugalité Numérique - six composants

  •  Les centres de calculs.
  • Les réseaux, filaires et sans fil.
  • Les objets d’accès : PC, smartphone, tablette, chromebook...
  • Le stockage des données, centralisé ou distribué.
  • Les impressions.
  • Les applications.

Chacun de ces domaines fera l’objet d’un billet spécifique.

Les cinq premiers font partie des infrastructures numériques, au service du sixième, les applications. Le CTO, Chief Technical Officer, responsable des infrastructures, a un rôle essentiel dans la définition d’une démarche de Frugalité Numérique. Ce sont sur ses épaules que repose l’essentiel des décisions et des actions.

Est-ce qu’il existe un autre domaine d’action que j’aurais ignoré ? Si oui, je suis preneur de vos remarques à ce sujet.

 

Quatre familles d’acteurs


Frugalité Numérique - Quatre acteursLa réussite d’une démarche de Frugalité Numérique demande l’implication forte de tous les acteurs de l’entreprise :

  • Les dirigeants.
  • La DSI.
  • Les responsables métiers.
  • L’ensemble de tous les collaborateurs.

Les dirigeants

Devenir une entreprise frugale numérique demande beaucoup d’efforts de remise en cause d’habitudes de travail bien ancrées dans la culture de l’entreprise. Comme il est difficile de se montrer ouvertement contre une démarche qui a pour objectif d’aider la planète, les résistances seront masquées, insidieuses et plus délicates à affronter. Les dirigeants doivent être “acteurs” de cette démarche, comme ils doivent l’être pour accompagner une Transformation Numérique.

La DSI

Peu importe le nom ! DSI, Direction du Numérique ou autre, ce sont eux qui portent l’essentiel des efforts de mise en œuvre des outils et solutions numériques. Ce sont aussi eux qui verront le plus de changements dans leurs différents métiers.

Les responsables métiers

Leur domaine prioritaire de responsabilité, ce sont les applications. Maintenant que tout est techniquement possible, qu’il n’y a plus de limites à la volumétrie des données, aux calculs les plus complexes, il leur faudra beaucoup de courage pour rester raisonnable. Il n’est pas toujours facile de rouler à 120 km/h quand on conduit une voiture qui peut facilement atteindre les 250 km/h !

Les collaborateurs

Chaque collaborateur, quel que soit son métier, peut contribuer à améliorer l’impact de ses actes quotidiens sur l’avenir de la planète. Imprimer un peu moins, plus en noir et blanc qu’en couleur, garder son smartphone un an de plus, éviter d’envoyer un courriel à des listes de diffusion trop longues… ces dizaines de petits gestes, répétés tous les jours, par tous les collaborateurs donneront des résultats spectaculaires à la fin de l’année.

Une des clefs de la réussite : la fierté !

AdS DCP proud woman fierté SS 133751643Malgré les difficultés induites par une démarche forte de Frugalité Numérique, je suis très optimiste sur la réussite finale. Les toutes premières actions menées avec des entreprises innovantes et courageuses m’ont convaincu que c’était un moyen remarquable de mobiliser beaucoup d’énergies et de créer un fort sentiment partagé de fierté.

Je suis devenu frugal numérique, et j’en suis fier !

 

Matrice des rôles : domaines - acteurs

Six domaines d’actions, quatre familles d’acteurs : et si on menait un travail d’analyse pour répartir au mieux les rôles de chacun dans ces différents domaines d’actions ?

J’ai imaginé cette matrice, pour faciliter cette d’analyse.

Frugalité Numérique tableau domaines acteurs vide

J’ai placé la Direction Générale dans un rôle de gouvernance de l’ensemble de la démarche, sans essayer de lui donner des règles spécifiques par domaine d’action.

Le mode d’emploi est simple : pour chaque ligne, vous devez repartir 5 étoiles entre les trois familles d’acteurs : collaborateurs, directions métiers et DSI. Le nombre d’étoiles mesure l’importance relative de chaque famille d’acteurs, pour chacun des domaines d’actions.

Le total par colonne donne le poids relatif de chaque famille d’acteurs.

Je vous propose de distribuer cette matrice autour de vous, dans différents groupes, et de demander à chacun de vous donner ses pondérations.

Vous pouvez aussi la remplir vous-même.

Cet exercice peut être réalisé deux fois :

  • Immédiatement, avant que j’aie publié les autres billets sur chacun des domaines. Ceci permettra de mesurer la position initiale des personnes interrogées.
  • Après avoir lu tous les billets publiés ; les écarts éventuels entre les deux réponses seront intéressants à analyser.

Pour illustrer la démarche, je vous partage ma vision actuelle de cette répartition des rôles. Elle n’est en aucune manière “la” bonne réponse ! Nous avons tous des sensibilités spécifiques sur ces sujets, et c’est en comparant des points de vue différents que l’on peut avancer et faire des progrès.

Frugalité Numérique tableau domaines acteurs LN

 

Synthèse

AdS DPC Do more with less SS 276368839Faire plus avec moins dans le numérique, c’est un beau sujet qui pourrait être très fédérateur dans votre entreprise en 2020. Pourquoi ?

- C’est un thème urgent : le numérique représente entre 2 % et 3 % de la consommation d’énergie dans le monde. Il est possible d’accroître les usages du numérique tout en réduisant sa part d’usage de l’énergie dans le monde, en devenant plus… frugal numérique.

- C’est un thème porteur d’avenir : Il permet de lutter contre le pessimisme ambiant et la tentation du retour à un “monde ancien meilleur” en réduisant les usages du numérique, ce qui serait une catastrophe mondiale.

- C’est un thème porteur de sens pour tout le monde : l’immense majorité des collaborateurs des entreprises, l’immense majorité des professionnels du numérique sont conscients des défis posés à la planète et de l’urgence de mener des actions fortes pour la protéger. Ils seront tous prêts, tous enthousiastes pour suivre les recommandations qui seront faites pour que la Frugalité Numérique dans leur environnement de travail devienne un grand succès.

AdS DPC save the planet old typewriter S 290895250Difficile de trouver un thème plus fédérateur, plus porteur de fiertés, individuelles et collectives !

Je prévois d’écrire un billet séparé pour préciser comment mener une démarche de Frugalité Numérique performante pour chacun des 6 domaines du numérique.

Tout ceci devrait se transformer, d’ici à la fin de l’année 2020, en un livre dont le titre sera, vous l’avez deviné, Frugalité Numérique.

Si votre entreprise fait partie des “early adopters” qui souhaitent entreprendre immédiatement une démarche de Frugalité Numérique, parlons-en ; je suis prêt à vous accompagner !

Je l’ai déjà fait...

 

Deuxième partie : les centres de calcul

Troisième partie : les objets d'accès

Quatrième partie : les réseaux


Numérique, technologies, au service de la planète ?

 

Cover book More for LessEt si la croissance du numérique et de toutes les technologies innovantes était bonne pour la planète ?

En cette période de COP25, se poser la question a du sens.

Je viens de terminer la lecture de “More From Less”, de Andrew McAfee, économiste et chercheur au MIT de Boston, publié il y a quelques semaines.

Dans une période où le pessimisme l’emporte, en particulier sur l’avenir de notre planète, il est réconfortant de lire un ouvrage qui propose une vision optimiste, positive de ce qu’il est possible de faire, rapidement.

Comme le dit un commentaire de Christine Lagarde sur la couverture, son contenu est vraiment contre-intuitif”. J’ai moi aussi eu souvent des réactions de surprise ou de rejet devant certaines des affirmations et démonstrations d’Andrew McAfee. 

Cet ouvrage n’est pas la seule source que j’ai utilisée pour écrire ce billet, trois fois plus long que d’habitude, mais c’est lui qui m’a donné envie de l’écrire.

Je vous demande aussi d’avoir le “courage” de ne pas rejeter les idées que je présente avant de l'avoir lu dans son intégralité.

 

Un peu d’histoire économique : avant la révolution industrielle

More From Less” est un livre d’économiste, et l’on s’en rend compte rapidement : il y a de nombreuses références à des études scientifiques et beaucoup de graphiques qui illustrent des tendances à long terme.

Face aux défis posés par le réchauffement climatique, beaucoup pensent que la solution de tous les maux de la planète est dans le retour au passé, à l’époque qui a précédé la révolution industrielle, qui a commencé vers les années 1800.

Auriez-vous souhaité vivre avant l’année 1800 ? Moi, non !

En 1800, il y avait un milliard de personnes sur terre, dont l’espérance de vie moyenne était de... 40 années.

Comme le montre ce graphique, cette espérance de vie avait des hauts et des bas prononcés ; les graves crises sanitaires, telles que la peste, déclenchaient des baisses brutales de l’espérance de vie des humains. 

Sur la période 1000 - 1800, cette espérance de vie a été en moyenne de 28 années !

Espérance vie monde 1500 - 2015

Sur cette même période, 1000 - 1800, le revenu par personne avait augmenté de 50%, en… 800 ans, un taux de croissance exceptionnel !

 

La première révolution industrielle, à partir de l'année 1800

La première machine à vapeur de Watt et Boulton date de l’année 1776. C’est pour de nombreux historiens de l’économie “l’idée la plus puissante au monde”, et elle annonce la première révolution industrielle.

La croissance économique décolle rapidement à partir de l’année 1800. L’une des caractéristiques essentielles de cette première révolution industrielle, c’est le parallélisme entre cette croissance économique et la consommation de ressources matérielles extraites de la terre, comme le démontre Andrew McAfee dans son livre. 

J’en ai extrait deux graphiques qui illustrent ce parallélisme :

- Croissance économique des USA et la consommation d’acier, d’aluminium et d’engrais, entre les années 1900 et 1970.

PRI - US GDP & Ressources :: 1900 - 1970

- Croissance économique des USA et la consommation d’énergie, entre les années 1800 et 1970.

PRI - US GDP & Energy :: 1800 - 1970

Il n’a pas fallu très longtemps pour que des économistes s’inquiètent de cette forte croissance ; ce pessimisme se retrouve dans deux ouvrages cités par Andrew McAfee.

- William Jevons publie en 1865 “la question du charbon”. Il prédit qu’au rythme actuel de croissance de sa consommation, tout le charbon disponible aura disparu en moins de 100 ans.

  - Alfred Marshall publie “Principes de l’économie” en 1890. Ce livre de 800 pages, un grand texte à la base de l’économie moderne, annonce que “we want more”, que l’humanité en demande toujours plus et que les ressources de la terre ne sont pas infinies.

L’année 1970 marque un tournant majeur dans cette prise de conscience des impacts négatifs d’une croissance parallèle de l’économie et des ressources consommées.

Earth Day 22 April 1970  New York TimesLe 22 avril 1970, le premier “Earth Day”, jour de la terre, est organisé aux USA. Plus de 20 millions de personnes défilent dans les rues. Républicains et démocrates, pour une fois unis, y participent et les premières lois environnementales sont votées avant la fin de l’année 1970 :

  • Création de l’agence de protection de l’environnement, EPA.
  • Lois de protection des espèces en danger.
  • Lois sur air propre et eau propre : clean air, clean water.

Il y a un avant et un après “Earth Day”, qui est célébré tous les ans le 22 avril.

Andrew McAfee note dans son livre que l’humanité a toujours tendance à donner plus de valeur aux visions pessimistes face à celles qui sont optimistes. Nostradamus en est un bon exemple.

Ceci se vérifie dans les années qui suivent “Earth Day”. Cet article regroupe 18 prédictions de catastrophes qui, heureusement, ne se sont pas produites.

J’en ai extrait trois, à titre d’exemple :

  • Paul Ehrlich était l’un des plus pessimistes : il annonçait que, entre 1980 et 1989 (admirez la précision) 4 milliards de personnes, dont 65 millions d’Américains, allaient mourir de faim.
  • L’écologiste Kenneth Watt, l’organisateur de la Earth Day, prédisait que l’on allait vers un “âge de glace” avec une température qui baisserait de 4° d’ici à 1990 et de 11° en 2000 !
  • Un scientifique de l’académie des sciences, Harrison Brown, annonçait que les réserves d’or, d’argent, de plomb et de zinc auraient disparu en 1990, et celles de cuivre en 2000.

Cette année 1970 est aussi emblématique, car l’économie mondiale allait basculer dans la deuxième vague de la révolution industrielle, et personne ne s’en était rendu compte...

 

Révolution industrielle : l’après 1970, la dématérialisation de l’économie

C’est à mon avis l’apport principal de Andrew McAfee dans son livre, “More From Less”.

Il met clairement en évidence que, depuis 1970, il n’y a plus de parallélisme entre la croissance économique et l’usage des ressources finies de la terre.

Il a donné le nom de “dématérialisation” à ce phénomène majeur qui lui permet d’être raisonnablement optimiste sur l’avenir de la planète.

Il avait abordé le sujet dans son livre précédent, “Second Machine Age”, publié en 2015 et co-écrit avec Eric Brynjolfsson.

Un autre texte essentiel sur ce sujet a été publié en 2015 par Jesse Ausubel : “Le retour de la nature, comment la technologie libère l’environnement”. Quelques graphiques utilisés dans ce billet en sont extraits. 

C’est un document de quelques pages, dont la lecture est indispensable pour toute personne qui souhaite comprendre “rationnellement” les mutations positives et rapides de l’économie mondiale. Vous ne sortirez pas “indemne” de cette lecture !

Ces trois graphiques, choisis parmi plusieurs dizaines, illustrent ce découplage entre la croissance économique et la consommation de ressources physiques limitées, qui a commencé, je le rappelle, dès 1970, il y a 50 ans.

Découplage de la consommation d’énergie et de l’émission de CO2 aux USA (1800 à 2017).

US GDP & Energy 1800 - 2017

Décroissance des usages de matières premières aux USA (1900 à 2015)

Décroissance usages matières premières USA

Maïs aux USA : découplage entre surfaces plantées et production (1870 à 2015)

Rendements Mais USA

Un autre phénomène remarquable et positif c’est produit depuis 1970 : les conditions de vie de l’immense majorité de l’humanité se sont améliorées de manière exceptionnellement rapide.

En voici deux exemples : 

- Le nombre de personnes vivant en situation d’extrême pauvreté, avec moins de 1,25$ par jour, a fortement baissé depuis les années… 1970.

Population extreme powerty 1820 - 2015

- Nourriture, en Kcalories, disponible par personne, par continent. En 1970, l’Amérique du Sud, l’Asie et l’Afrique et la moyenne du Monde étaient sous le niveau de 2 500 Kcalories, correspondant aux besoins d’une personne qui travaille à temps plein. Depuis 2013, plus aucun continent n’est sous ce seuil.

Food in KCal : region 1970 - 2013

L’image de l’évolution du monde que me renvoient ces statistiques est… encourageante, alors que le discours dominant que j’entends tous les jours est anxiogène.

Qui croire ?

 

Deux visions du futur

Deux visions opposées du futur de la planète s’opposent aujourd’hui.

La première, pessimiste, alarmiste, considère que nous avons choisi le mauvais chemin, celui de la croissance, et qu’il est urgent de faire marche arrière.

Dans cette vision négative, les quatre cavaliers de l’apocalypse qui menacent le monde d’une mort rapide sont :

  • La croissance économique sans limites.
  • La mondialisation.
  • Les inégalités sociales.
  • La surpopulation.

4 cavaliers apocalypse

La deuxième, défendue avec brio par Andrew McAfee, considère que l’on est sur la bonne voie, que la dématérialisation de l’économie est une réalité en 2019 et que c’est au contraire… en accélérant que l’on pourra créer un monde où les futures générations pourront dire merci à leurs parents pour les actions qu’ils ont menées.

Il ne suffit pas d’avoir choisi la bonne direction, il faut continuer à agir avec force pour que les très nombreux problèmes qui restent à régler, et en priorité les évolutions du climat, trouvent des solutions pérennes.

Les “quatre chevaux de l’optimisme”, définis par Andrew McAfee comme moteurs de ces évolutions vers un monde meilleur sont :

  • Le capitalisme.
  • Le progrès technologique, et en priorité le numérique. (Technological progress)
  • Des gouvernements responsables. (Responsive Government)
  • La prise de conscience du public. (Public Awareness)

4 chevaux optimisme CTGP

Quelles sont les meilleures pistes, les plus grands dangers qui menacent cette dématérialisation de nos activités économiques ?


Accélérer la dématérialisation de l’économie

C’est le thème central du livre “More From Less” ; je vous en conseille fortement la lecture pour en comprendre dans le détail les modalités, que je vais résumer dans ce paragraphe.

Capitalisme

Liberté d’entreprendre, faire confiance au marché, encourager et rémunérer les entrepreneurs qui prennent des risques, investir pour réduire ses coûts, rechercher des profits… ce ne sont pas des démarches “honteuses”.

La situation est limpide : toutes les économies “riches” sont capitalistes en 2019.

Le contre-exemple parfait est celui du Venezuela. C’était, en 2001, le plus riche des pays d’Amérique du Sud avant qu'il ne bascule dans le socialisme pour devenir en moins de 20 ans un enfer pour ses citoyens. En 2018, 5 000 personnes par jour ont fui en Colombie. Le taux d’inflation de septembre 2019 n’était que de 39113 %, en “progrès” par rapport à celui d’août qui avait atteint 58561 %.

Deuxième exemple : l’Afrique subsaharienne  a un retard économique majeur par rapport au reste du monde ; c’est dans cette région que le nombre de régimes politiques ouverts et capitalistes est le plus faible.

A l’inverse, entre 1978 pour la Chine, et 1991 pour l’Inde, 40% de la population mondiale est devenue “plus capitaliste”, avec à la clef les extraordinaires résultats économiques obtenus par ces deux pays.

Le niveau de dématérialisation de l’économie, le niveau de santé varie fortement en fonction du niveau de développement économique des pays comme le montrent ces deux exemples :

- Les rendements agricoles, bœuf et lait, ont fait des progrès spectaculaires dans les pays riches, beaucoup moins dans les autres.

Animal yields by economical level of countries

Les taux de mortalité des mères et des enfants en bas âge ont baissé beaucoup plus vite dans les pays riches que dans les pays peu développés.

Maternal & child mortality:region 1990 - 2015

Les impacts de ces inégalités sur l’état de la planète ? Indira Gandhi l’a bien compris en disant lors de la première conférence de l’ONU sur l’environnement en 1972 que la pauvreté est le plus grand pollueur”. Les économies riches polluent beaucoup moins que les pauvres. C’est en créant plus de croissance, plus de richesse, avec plus d’innovation et de capitalisme que l’on peut améliorer la situation mondiale.

Innovations technologiques et numériques

Nous sommes devenus meilleurs dans ce que nous faisions ! La deuxième vague de la révolution industrielle, poussée en priorité par la croissance exponentielle de la puissance des outils numériques accélère ce découplement de la croissance économique et de l’extraction de ressources de la terre.

L’exemple le plus emblématique est celui du smartphone, apparu en 2007 : un smartphone de 200 g et quelques centaines d’euros remplace aujourd’hui :

  • De nombreux objets physiques :
    • Téléphone classique
    • Appareil de photo
    • Caméscope
    • Lecteur de cassettes audio ou de CD 
    • Lecteur de DVD
    • GPS
    • Réveil
    • Montre
    • Radio
    • Calculatrice

Smartphone remplace nombreux objets

Oui, un smartphone consomme des métaux nobles et rares et de l’énergie pour être fabriqué. Oui, il consomme aussi de l’énergie pendant ses usages. Dans les deux cas, c’est beaucoup moins que ce que consommaient l’ensemble des outils qu’il remplace. 

Merci, le smartphone ! Grâce à vous, la planète se porte mieux !

  • De nombreux supports “physiques” d’information :
    • Cartes routières imprimées
    • Album de photos
    • Encyclopédies et dictionnaires
    • Guides de voyages, de restaurants, d’hôtels...
    • Agenda papier, à renouveler tous les ans
    • Annuaire téléphonique de ses contacts
    • Collections de disques vinyle, de CD et de DVD
    • ...

Smartphone remplace nombreux contenus

Quel est le coût pour la planète d’un DVD que l’on achète pour visionner un film, que l’on garde et que l’on ne “re-garde” jamais plus ? Les dizaines de kilos de papier de l’Encyclopedia Universalis que personne ne consultera plus jamais, car les informations qu’elle contient sont obsolètes ont représenté beaucoup de bois et d’énergie pour être fabriqués.

Il existe de nombreuses démarches d’innovations techniques possibles pour accélérer cette dématérialisation de l’économie. Les quatre principales sont bien identifiées :

  • Réduire les usages : les premières boîtes de Coca-Cola en aluminium pesaient 85 g en 1996 ; elles pèsent 12,85 g en 2011. Cela représente une diminution du poids de 85 %.
  • Remplacer : un kilogramme d’Uranium 235 dans une centrale nucléaire procure autant d’énergie que 2 à 3 millions de tonnes de charbon. C’est aussi une ressource non renouvelable, oui, mais de plus en plus recyclable, et elle n’émet aucun gaz à effet de serre.
  • Optimiser : le taux de remplissage des avions est passé de 56 % en 1971 à 81% en 2018 avec le développement des programmes informatiques de “Yield Management” qui optimisent ce taux de remplissage en faisant varier les prix de vente. Une augmentation de 44 % de l’efficacité du transport aérien mondial, c’est tout sauf marginal. Ils sont hélas encore nombreux ceux qui regrettent la “bonne vieille époque” où le prix d’un billet de train ou d’avion était stable et prévisible...
  • Supprimer : les énergies hydrauliques, éoliennes et solaires ne consomment aucune ressource terrestre périssable pendant leur fonctionnement. Elles consomment des ressources pour leur fabrication, oui, mais comme toutes les sources d’énergie, telles que les turbines à gaz ou les moteurs diesels. Le numérique est un très bon élève dans ce domaine. Comme le montre ce graphique, les entreprises GAFAM, si souvent décriées, sont les plus vertueuses du monde dans leurs usages d’énergies renouvelables. Elles représentent 5 des 6 meilleurs au monde ; Google est maintenant à 100 %. Merci aux GAFAM, de la part de la planète reconnaissante…

Best users energy Google

 

Gouvernements responsables

Le capitalisme, l’innovation sans aucun contrôle peuvent engendrer des catastrophes et la majorité des économistes responsables disent que les gouvernements ont des rôles clefs à jouer pour fixer des règles fortes qui protègent les personnes et la planète.

Ce sont les gouvernements qui doivent prendre en compte les “externalités négatives”, aussi appelées les “spillovers”. Une entreprise qui pollue l’air ambiant ou la rivière où elle déverse ses déchets chimiques sans pénalités ne fera probablement pas beaucoup d’efforts pour réduire ses nuisances.

Tout n’est pas noir dans ce domaine, et plusieurs succès majeurs ont déjà été obtenus.

La suppression des émissions de CFC, pour protéger la couche d’ozone, en est un bon exemple. Le protocole de Montréal signé en 1987 prévoyait au départ une réduction de 50% des émissions ; il a été étendu rapidement à 100%. Les entreprises qui utilisaient ces gaz pour leurs produits tels que les aérosols ont rapidement trouvé des substituts et ont, en même temps, réduit leurs prix de revient !

CFC reduction

Autre succès majeur : les émissions de polluants par les voitures, y compris les SUV et les Pick-up, ont été réduites de 99% aux USA entre 1970 et 2019, avec des moteurs qui en plus sont 42% plus légers. Et c’est aux USA ! L’Europe a fait beaucoup mieux.

Il reste beaucoup de problèmes majeurs pour lesquels il n’existe pas, aujourd’hui, de solutions satisfaisantes.

Andrew McAfee a clairement identifié le domaine où le rôle des états est primordial : gérer la “tragédie” des ressources communes, accessible par tous, n’appartenant à personne, comme les océans et les problèmes de sur-pêche. Dans ce domaine aussi, nous avons fait des progrès, insuffisants, mais réels.

Le rejet des plastiques dans les mers est l’un de ces sujets à régler de toute urgence ; on estime ce volume à 8 millions de tonnes par an. Ce chiffre fait peur, et c’est bien sur l’objectif.

Et si, sur ce défi précis, l’on regardait avec un peu de pragmatisme et de rationalité la réalité.

Pour résoudre ce problème, un jeune hollandais de 18 ans, Boyan Slat, a créé en 2013 la société OceanCleanUp. Son histoire est passionnante, inspirante et confirme qu’il faut faire confiance à la jeunesse, à l’entreprise et la technologie pour s’attaquer aux grands problèmes du monde.

Sa première idée était de récupérer les plastiques déjà dans l’océan et il a construit des bateaux qui sont opérationnels pour cela.

Il s’est ensuite posé une excellente question : et si l’on prenait le problème à la base : que ce passerait-il si on pouvait intercepter ces plastiques dans les rivières avant qu’ils n’atteignent la mer ?

Des caméras posées sur les ponts des rivières, aidées par des logiciels d’intelligence artificielle, ont mesuré le volume de plastique charrié par les rivières du monde. Ces mesures, loi de Pareto oblige, ont montré que 1 000 rivières étaient responsables de 80 % des rejets de plastique dans la mer.

Un peu d’arithmétique simple, partant du chiffre de 8 millions de tonnes par an, montre que ces 1 000 rivières transportent chacune en moyenne 6 400 tonnes par an, soit 17 tonnes par jour.

La nouvelle version de leur bateau, baptisé “interceptor”, annoncé en fin 2019, est capable d’ingurgiter entre 50 et 100 tonnes de plastiques par jour. Il est alimenté à 100 % en énergie solaire et peut fonctionner 24h/24. Le premier bateau a été testé avec succès aux Pays-Bas, qui n’est pas le pays le plus ensoleillé du monde !

Bateau ramassage plastiques rivières

Regardez cette vidéo de 25 minutes,


c’est une excellente cure d’optimisme avant le début de la nouvelle année !

En prenant l’hypothèse basse de 50 tonnes, et sans tenir compte des progrès qui seront réalisés au cours des prochaines années, il suffirait de 1000 bateaux OceanCleanUp dans le monde pour que le flux de plastiques nouveaux dans la mer soit tari. Boyan Slat c’est fixé comme objectif de fabriquer ces 1 000 bateaux en 5 ans ! Bravo pour l’ambition.

Les trois premiers sont déjà opérationnels en Indonésie, Malaisie et Vietnam ; les deux prochains seront en République Dominicaine et à … Los Angeles.

Je ne connais pas le prix de vente d’une tonne de plastique aux entreprises qui les recyclent, mais chaque bateau peut récupérer jusqu’à 18 000 tonnes de plastiques par an. Je suis prêt à parier que cette opération sera économiquement rentable, sans avoir besoin de subventions des états.

J’ai choisi d’analyser pour vous en détail ce problème précis pour montrer que l’on peut, que l’on doit être optimiste.

J’aimerais bien que toutes les personnes qui se plaignent en permanence de la pollution des mers par les plastiques et qui en parlent dans les médias se fassent le relais de ce projet “OceanCleanUp” pour que tous les gouvernements des pays où sont ces 1 000 rivières commandent immédiatement leur “Interceptor”. Ce que je crains, c’est qu’ils ne le fassent pas en prétextant que “cela ne peut pas fonctionner” alors que leur véritable motivation est toute autre, hélas. Si cela fonctionne, mon métier de lanceur d’alerte disparaît !

Andrew McAfee confirme la tendance de l’humanité à donner plus de valeur aux visions pessimistes face à celles qui sont optimistes. Il cite dans son livre plusieurs économistes qui essaient d’aller contre ce biais négatif, mais avec beaucoup de difficultés : Simon, Rosling, Pinker, Roser….

 

Le défi le plus urgent : réchauffement climatique

LE problème le plus urgent, non réglé aujourd’hui est celui du climat. Il a été remarquablement résumé par le scientifique Kim Nicolas :

  • Ça se réchauffe.
  • C’est nous.
  • Nous en sommes sûrs.
  • C’est mauvais.
  • Nous pouvons trouver des solutions.

Nasa Climate

De premières solutions sont connues, telles qu’une taxe carbone mondiale. En faisant payer, cher, les pollueurs, qui sont pour l’essentiel des acteurs économiques “capitalistes”, on peut leur faire confiance pour trouver des moyens techniques et numériques innovants pour réduire leur facture. 

L’absence totale de résultats significatifs après la COP25 qui vient de se terminer à Madrid n’est pas un signal positif. 25 000 personnes se sont réunies pendant 2 semaines, sans trouver le moindre accord sérieux. En 2020, à l’inverse de ce qui c’était passé en 1970 après le “Jour de la terre” ou à Montréal en 1987 pour le CFC, il existe trop de gouvernements “irresponsables”, tels que les USA ou le Brésil, dont les dirigeants incompétents refusent les évidences scientifiques et croient, ou font semblant de croire que le réchauffement de la terre n’est pas lié aux activités humaines.

Un accord sur une taxe carbone n’a pas pu être signé ; c’était pourtant l’objectif prioritaire de cette COP25...

 

Défis pour les années 2020 - 2025

AdS DPC green HopeNous connaissons les quatre chevaux de l’optimisme qui peuvent, ou non, nous faire avancer rapidement vers un monde meilleur.

Où en sommes-nous, à la veille de l’année 2020 ?

Je sens profondément qu’il y a d’excellentes raisons de garder espoir

Je suis très optimiste sur la dimension technologique et numérique, raisonnablement optimiste sur la dimension capitalisme, prudent sur la dimension politique et très inquiet en ce qui concerne le grand public.

Technologie et numérique

Des milliers d’entreprises existantes, des milliers d’entrepreneurs travaillent tous les jours, dans le monde entier, pour imaginer des innovations technologiques de rupture qui apporteront des réponses aux nombreux défis qu’il faut affronter pour permettre à notre planète de rester un lieu de vie exceptionnel pour tous les humains.

Sur cette dimension “technologie”, je ne suis pas inquiet, au contraire. Nous aurons à notre disposition de plus en plus de solutions performantes pour continuer à dématérialiser notre économie.

Capitalisme

Le capitalisme moderne fonctionne bien, plutôt mieux qu’il y a des dizaines d’années. Le financement des startups en est un bon exemple : il est plus facile en 2020 de lancer des entreprises innovantes qu’il y a 20 ans.

Appuyer sur les accélérateurs de l’innovation technologique et numérique et de plus de capitalisme est la meilleure solution pour améliorer la situation de la planète, et non pas un ralentissement et un retour à monde ancien, perçu comme meilleur, alors que ce n’était absolument pas le cas.

Gouvernements responsables

Je n’ai pas envie de sombrer dans un pessimisme noir que l’absence totale de résultats de la COP25 pourrait déclencher. Les décisions du continent Europe de devenir “neutre carbone” en 2050 sont encourageants, même si la Pologne a refusé de s’engager. Des pays comme la Hongrie et la République tchèque ont obtenu que le nucléaire fasse partie des solutions envisageables ; il faut les remercier de cette position qui pourrait permettre à d’autres pays, comme la France, de “redécouvrir” les vertus des solutions nucléaires pour apporter rapidement des solutions fiables et sûres aux enjeux climatiques mondiaux.

Prise de conscience du public

Je suis beaucoup plus inquiet sur la dimension prise de conscience du public

La volonté des jeunes générations de s’attaquer au problème du réchauffement climatique me remplit d’espoir. En même temps, le suis consterné par leur trop forte sensibilité aux “fake news” et leur tendance à rechercher des solutions dans le passé plutôt que de se projeter dans un futur où l’innovation technologique est l’une des clefs du succès.

Les croyances qui ont bloqué et bloquent encore l’évolution raisonnable, raisonnée des innovations et d’une croissance “More From Less” sont de plus en plus nombreuses, fortes et inquiétantes. 

Quelques illustrations :

Terre plate créationistes

  • La terre est plate. Même s’ils sont ultra-minoritaires, il est quand même très “surprenant” de constater qu’il existe encore des personnes qui sont convaincues que la terre est plate, quand des millions d’images venant des satellites démontrent le contraire.
  • Le créationnisme, persuadé que le monde c’est créé comme l’indique la Bible. Ce mouvement est très présent aux USA comme le démontre, hélas, la création en 2016 du parc d’attractions Ark au Kentucky. Il présente aux visiteurs, heureusement moins nombreux que prévu, l’histoire de l’humanité en suivant à la lettre les enseignements de la Bible.
  • Les vaccins sont dangereux pour les enfants. Apprendre que la France fait partie des pays champions du monde des anti vaccins ne me rend pas très fier d’être français. Bravo, l’Europe ! Le nombre de cas de rougeole a doublé sur les six premiers mois de 2019 par rapport à 2018, avec déjà une centaine de morts qui auraient pu être évités. Et si l’on passait une loi permettant que les parents qui ne vaccinent pas leurs enfants puissent être jugés comme assassins de ces autres enfants morts par leur faute ?
  • L’énergie nucléaire est dangereuse. La France est l’un des pays d’Europe qui a le meilleur bilan carbone grâce au pari politique et économique audacieux du Général de Gaulle dans les années 1970 de promouvoir une énergie électrique avec une forte composante nucléaire. Rationnellement, c’est l’énergie la moins dangereuse du monde, mais essayer d’en convaincre des organismes comme Greenpeace, c’est tout sauf simple ! Que c’est difficile pour ces personnes, ces organismes qui ne prennent en compte que l’affectif de faire des choix cartésiens ! La fusion nucléaire, les nouvelles “petites” centrales sont des pistes d’amélioration exceptionnelles. Ne pas soutenir ces innovations, ne pas y investir, c’est rendre un très très mauvais service à la planète. 
  • Tous les OGM doivent être interdits. Le “golden rice” est un riz génétiquement modifié pour apporter des vitamines A aux personnes qui en manquent. L’UNICEF estime que 670 000 personnes meurent et 500 000 enfants deviennent aveugles chaque année à cause de cette carence. Les progrès sont tels que le "golden rice" version 2 est disponible depuis 2005 et produit 23 fois plus de vitamine A que la version 1. 107 prix Nobel sont pour, la Fondation Bill et Melinda Gates soutient le projet, mais Greenpeace est contre, car… cela ouvrirait la porte à d’autres OGM ! Ils font croire que les “grands méchants” industriels vont utiliser le "golden rice" comme un cheval de Troie pour inonder ensuite la planète d’autres OGM. Avoir ces millions de morts sur la conscience, cela ne les empêche pas de dormir ? Ces raisonnements “extrémistes” sont mortellement dangereux. Oui, il est réaliste de penser que certains OGM vont créer des crises alimentaires, oui, mais d’autres, beaucoup d’autres vont sauver des millions de vie. Cette culture assassine du risque zéro est l’une des plus grandes menaces pour l’humanité.

Anti Vaccins & nucléaire

Comment éviter que ces croyances dangereuses, superstitions colportées par des inconscients qui ignorent la rationalité et la science ne bloquent des solutions qui peuvent rapidement sauver notre planète ?

Il faudra beaucoup de courage aux gouvernants de tous les pays du monde pour s’engager dans ces combats.

 

Synthèse

DTN - Pari de Pascal - Avenir climatMerci à tous ceux qui auront fait l’effort de lire jusqu’à la fin ce long billet. A l’aube de l’année 2020, il pose beaucoup de questions essentielles sur l’avenir de l’humanité.

Je vous propose un nouveau “Pari de Pascal” pour la planète :

- Hypothèse “Dieu Existe” = la dématérialisation existe. L’accélération du mouvement industriel de dématérialisation de l’économie permet de préparer un avenir positif, le dérèglement climatique restant une priorité absolue.

- Hypothèse “Dieu n’existe pas” : il faut appuyer sur le frein, ralentir la croissance, la mondialisation, l’innovation technologique et numérique, freiner la croissance démographique pour espérer revenir à un monde meilleur, dans lequel nous étions auparavant.

Je vous souhaite à tous une excellente année 2020, en exprimant le souhait que cette nouvelle année se termine avec un maximum d’avancées positives, rendues possibles par de belles innovations numériques et technologiques de rupture, que ni vous ni moi ne connaissons encore.

Mises à jour permanentes : je vais ajouter périodiquement des informations qui peuvent enrichir le débat sur ce sujet essentiel.

18 décembre 2019. De manière volontaire, toute la profession du transport maritime mondial vient de décider d'établir une taxe de 2$ par tonne sur le combustible très polluant utilisé par les navires qui font du transport international. Le "Capitalisme" va investir sur 10 ans 5 milliards de dollars avec pour objectif de devenir neutre carbone en 2050. Ils n'ont pas attendu des subventions des états, bravo.

18 décembre 2019. Une remarquable liste de 99 événements positifs pour la planète qui se sont déroulés en 2019 dans tous les domaines abordés dans ce billet : climat, santé, standard de vie, numérique, énergie...


75 % des serveurs dans les entreprises auront disparu en 2020 ! L’hécatombe annoncée devient réalité

 

AdS DPC Cimetière militaire S 72348903Dès 2009, je faisais dans ce blog le pronostic que les centres de calcul des entreprises allaient progressivement se vider de leurs serveurs. Je terminais ce billet avec une prévision : le nombre de serveurs dans les centres de calcul pourrait se réduire de 60 à 90 % d’ici à 2020, en citant 80 % comme pourcentage le plus probable.

En juin 2016 le Laboratoire National de l’Université de Berkeley a publié une étude d’une exceptionnelle richesse sur «La consommation d’énergie des centres de calcul aux USA». Les universités de Stanford, Northwestern et Carnegie Mellon, ainsi que le département d’énergie du gouvernement américain ont participé à cette étude.

Berkeley study - US Energy Data Center

L’essentiel des données que je vais utiliser dans ce billet provient de ce document de plus de 60 pages. C’est une lecture obligatoire pour tous les responsables informatiques. Il analyse les impacts de l’arrivée des acteurs «Hyperscale», en clair les industriels du Cloud Public, sur les serveurs, les outils de stockage, les outils de réseaux et la consommation d’énergie des centres de calcul aux USA, sur la période 2000 - 2020.

 

Croissance du Cloud Public = disparition des serveurs d’entreprise

Il n’est pas nécessaire d’être un grand mathématicien pour comprendre cette équation :

            CTE = (NSE + NSCP) x PMUS

  • CTE = Charge de travail des entreprises, les applications à exécuter.
  • NSCP = Nombre de Serveurs Clouds Publics.
  • NSE = Nombre de Serveurs Entreprises.
  • PMUS = Puissance Moyenne Utile d’un Serveur.

Serveurs entreprises down, Cloud UpDeux facteurs vont jouer un rôle clef dans cette équation :

  • Amélioration de PMUS : croissance de la puissance des serveurs à coût constant, virtualisation, containers... tous ces paramètres évoluent dans le même sens et permettent de traiter plus d’applications par serveur.
  • Basculement sur les Clouds Publics, ce qui entraîne un accroissement très rapide de NSCP.

Le résultat de ces deux évolutions ? NSE, le nombre de serveurs entreprises, chute très vite.

  

Impacts croissance Cloud Public sur vendeurs de serveurs aux entreprises

Ce graphique est extrait de l’étude américaine citée dans l’introduction.

Evolution Nb serveurs vendus, hyperscale vs classique

Il demande quelques explications :

  • En ordonnée, le nombre de serveurs installés dans les centres de calcul.
  • L’année de rupture des tendances : 2014.
  • Hyperscale : les mégas centres de calcul, construit en majorité par les grands acteurs industriels du Cloud Public, AWS, Google, Microsoft...
  • Non Hyperscale : les «petits» centres de calcul, de moins de 10 000 serveurs, ce que certains appellent encore «Clouds Privés» et que je préfère nommer «Centres de Calculs Privés».

D’ici 2020, le basculement vers un scénario Hyperscale aura deux impacts majeurs :

  • Le nombre total de serveurs installés va légèrement baisser entre 2014 et 2020, alors que la puissance informatique consommée va continuer à exploser. Ceci confirme la très forte amélioration de la performance des serveurs (PMUS) et leur meilleure utilisation par les industriels du Cloud. Le nombre de serveurs sera en 2020 au même niveau qu’en 2010.
  • La part des serveurs dans les centres de calcul privés va baisser de 75% entre 2014 et 2020. C’est une vitesse de décroissance jamais vue jusqu’à présent ! Si l’on fait l’hypothèse que la durée de vie d’un serveur est de 4 à 5 années, ceci signifie en pratique que l’immense majorité des serveurs en fin de vie ne seront pas remplacés.

Unbranded vs branded servers - US Data Center study Ce schéma présente le fonctionnement de l’industrie de fabrication des serveurs.

  • Les seules entreprises qui fabriquent vraiment des serveurs sont des sociétés «unbranded», de marque blanche, toutes situées en Asie. Ces entreprises gigantesques, telles que Foxconn ou Quantra, sont inconnues du grand public et des DSI. Ce sont les mêmes qui fabriquent l’essentiel des PC ou des smartphones.
  • Les grandes entreprises qui vendent des serveurs aux entreprises, Dell, HP, Lenovo, IBM... se fournissent aussi chez les mêmes «unbranded», rajoutent leurs logos, leurs fortes marges, leurs coûts de marketing et de commercialisation. Ce sont ces marques qui ont la «confiance» des DSI des grandes entreprises.
  • Les industriels du Cloud Public, AWS, Google... font fabriquer directement leurs serveurs chez les mêmes fabricants que Dell ou HP, mais selon leurs  propres spécifications. Ils n’ont aucun coût supplémentaire et obtiennent donc des serveurs 40 et 50 % moins chers que les entreprises qui achètent des marques.

Fabricants serveurs massacreCombinez ces deux mouvements, les entreprises n’achètent plus de serveurs et les industriels du Cloud les font fabriquer directement ; quelle en est la conséquence inéluctable ? La mort très rapide de tous les fournisseurs historiques de serveurs auxquels les entreprises faisaient encore confiance, il n’y a pas si longtemps.

Ce bain de sang économique ne va pas seulement toucher les fabricants, mais aussi tout l’écosystème qui les entoure ; je pense en particulier aux distributeurs et aux petites sociétés de services qui vivent de l’installation et de la maintenance de ces serveurs HP, Dell, Lenovo ou autres.

Ce graphique résume très bien l’évolution du marché des serveurs d’ici 2020.

% unbranded servers Cloud - US Data Center study - % unbranded servers Cloud

  • 100 % des industriels du Cloud Public se fourniront chez les «unbranded».
  • Le marché des serveurs sera à 90% alimenté par les «unbranded».
  • Il restera des miettes, de l’ordre de 10 %, pour les vendeurs de marques.

Permettez-moi un conseil d’investissement : si vous souhaitez perdre l’essentiel de vos économies d’ici 2020, achetez vite des actions de fournisseurs de serveurs de marque...

  

Impacts sur la stratégie serveurs des entreprises 

Quelle que soit leur taille, la stratégie serveurs des entreprises est maintenant d’une grande simplicité :

        Arrêt immédiat et définitif de tout achat d’un seul nouveau serveur.

J’avais déjà évoqué ce thème, ici et .

Pourquoi cette décision devient de plus en plus évidente ?

  • Le nombre de serveurs présents dans vos centres de calcul est déjà supérieur à la demande.
  • Ils ne sont pas toujours utilisés de manière optimale.
  • Le basculement vers des solutions Cloud, IaaS et SaaS, va accélérer la baisse de la demande pour vos serveurs actuels.

 

Impacts sur la consommation d’énergie électrique

J’avais déjà écrit que le Cloud Computing était une excellente nouvelle pour la planète.

Le thème principal de cette remarquable étude sur les centres de calcul aux USA était l’impact des évolutions prévues de la consommation d’énergie électrique. Elle confirme que le basculement sur les solutions de Cloud Public a des impacts majeurs, positifs, sur la consommation d’énergie électrique, comme le montre ce graphique.

US Data Center study - Energy savings: servers, disks...

En 2020, la consommation annuelle d’électricité aurait été de l’ordre de 200 milliards de KW/h en 2020 si rien n’avait changé. Grâce au Cloud Public, elle restera stable, autour de 90 KW/h, deux fois moins !

Qui oserait s’en plaindre ?

 

Synthèse

Good NewsLe basculement massif et rapide vers des solutions industrielles de Clouds Publics va s’accélérer d’ici à 2020.

  • C’est une très mauvaise nouvelle pour les fournisseurs historiques de serveurs.
  • C’est une excellente nouvelle pour les entreprises et les DSI qui vont bénéficier de meilleurs services, à moindre coût.
  • C’est une excellente nouvelle pour notre planète Terre.

Manager fired En 2016, lutter contre cette révolution positive est inacceptable, et tout contrevenant doit être sévèrement sanctionné. A partir d’aujourd’hui, tout DSI qui autorise l’achat d’un seul nouveau serveur subira un sort radical : 

  • Faute professionnelle grave.
  • Licenciement immédiat.
  • Pas d’indemnités !

Cela fera de la place pour des DSI plus innovants, plus courageux !

 


Le Cloud Computing, une excellente nouvelle pour l’économie durable et les changements climatiques

 

UN On climateLa conférence des Nations Unies sur les changements climatiques c’est terminée à Lima le 13 décembre 2014.

Une rapide recherche sur l’agenda de cette conférence m’a montré qu’il semble que le Cloud Computing n’a pas été l’un des thèmes traités, et c’est dommage.

DPC Green Computing SJ’ai une excellente nouvelle pour toutes les personnes qui se sentent concernées par les impacts potentiels du réchauffement climatique : le Cloud computing est l’un des meilleurs alliés de la planète terre :

  • Des centres de calculs industriels de plus en plus économes en énergies non renouvelables.
  • Des objets d’accès au Cloud légers, pérennes et faibles consommateurs d’énergie.

Le « Green IT » est un sujet d’actualité : basculer vers des solutions Cloud Computing est la meilleure manière de privilégier le Green IT.

  

Centres de calculs industriels et... écologiques 

GAMA logoTous les grands acteurs industriels du Cloud, Amazon, Apple, Google, Microsoft... ont des comportements de plus en plus responsables vis-à-vis de leur consommation d’énergie.

Ces entreprises s'appuient sur trois axes principaux d’action :

  • La réduction du PUE (Power Usage Effectiveness).
  • Un taux d’utilisation de leurs serveurs très élevé.
  • L’utilisation de sources d’énergie renouvelables.

Réduction du PUE

Le PUE mesure l’efficacité énergétique d’un centre de calcul ; c’est le ratio de toute l’énergie qui l’alimente par rapport à la consommation directe des serveurs. Le PUE idéal serait de 1, si 100 % de l’énergie servait uniquement pour les serveurs.

PUE average Google data centersCe graphique montre l’évolution du PUE des centres de calcul de Google. Entre 2008 et 2012, il est passé de 1,22 à 1,12.

Le PUE des « centres de calcul privés » des entreprises est en moyenne compris entre 1,6 et 1,8, quand ils sont bien gérés.

Taux d’utilisation des serveurs

Le principal reproche, justifié, que l’on fait au PUE comme indicateur d’efficacité et qu’il ne tient pas compte du taux d’utilisation des serveurs. 

Je vous propose donc une nouvelle mesure, le PUE-Usage, qui tient compte de ces deux paramètres en divisant le PUE par le taux d’utilisation des serveurs.

  • Si les serveurs sont utilisés à 20 % et que le PUE est de 1,5, le PUE-Usage est en réalité de 1,5 / 0,2 = 7,5.
  • Si le PUE est de 2, mais que les serveurs sont utilisés à 50 %, le PUE-Usage est de 4, bien meilleur que dans le premier cas.

La bonne nouvelle, c’est que les grands acteurs du Cloud ont des taux d’usage de leurs serveurs très élevés, qui dépassent le plus souvent 80 %.

Un bon exemple de cette efficacité est celui de la démarche suivie par AWS, Amazon Web Services, avec ses différents tarifs : son tarif « Spot Instance » permet à des clients d’utiliser les serveurs en payant moins cher quand la demande baisse.

AWS Spot instance : total usageComme le montre ce graphique, les tarifs spots permettent à AWS d’utiliser ses serveurs pratiquement à 100 %. Son PUE-Usage est donc le même que son PUE.

Utilisation de sources d’énergie renouvelables

Cela fait de nombreuses années que les grands du Cloud Public ont pris la décision de privilégier les énergies renouvelables, mais ce mouvement s’accélère depuis 2 ou 3 ans, l’objectif étant d’atteindre 100 %.

C’est de plus en plus le cas, comme le montrent ces deux exemples récents :

  • Apple a installé la plus grande ferme privée de panneaux solaires du monde pour son nouveau centre de calcul ; elle fournit 20 MW, 100 % de l’énergie électrique nécessaire.

Apple Solar Farm 20 MW

  • Google Wind FarmGoogle a démarré la construction d’un nouveau centre de calcul aux Pays-Bas ; 100 % de l’énergie électrique sera fournie par une nouvelle ferme de 18 éoliennes dont Google a acheté toute la production (62 MW) pour les 10 ans qui viennent.

 Des impacts majeurs sur les émissions de CO2

Lorsque les entreprises utilisent ces centres de calcul industriels en IaaS, Infrastructure as a Service, elles réduisent d’autant l’usage de leurs centres de calcul privés, beaucoup moins efficaces.

Pike Research Data Center GreenhouseL’étude réalisée par PIke Research, dont est extrait ce graphique, montre la différence entre deux scénarios :

  • BAU (Business As Usual) : les entreprises continuent à utiliser leurs centres de calcul privés.
  • Cloud Computing : les entreprises confient l’essentiel de la production de l’énergie informatique dont elles ont besoin aux grands industriels du Cloud Computing.

Le volume de CO2 émis passe de 110 M de tonnes en 2009 à 128 M en 2020 dans le scénario BAU et baisse à 79 M dans le scénario Cloud Computing.

        Ceci correspond à une réduction des émissions de CO2 de 60 % !

Personne ne s’en plaindra...

MAJ du 31 décembre 2015 :

A la suite de certains commentaires, je précise la méthode de calcul utilisée.

La réduction du volume de CO2 émis est de : 130 - 80 = 60 MT. L'émission de CO2 est 1,62 fois plus grande dans l'hypothèse BAU comparée à Cloud, 130/80 = 1, 62.

- 38 % correspond à la réduction due au passage de 130 à 80 avec le scénario Cloud. J'avais effectivement fait une erreur en disant que la réduction était de 60 % alors qu'elle est de 38 %.

Ou pour essayer d'être le plus clair possible : le passage au scénario Cloud réduit l'émission de CO2 de 38% el le volume de CO2 émis est de 60 MT plus petit si l'on bascule dans le scénario Cloud.

 

Objets d’accès au Cloud

DPC laptop smartphone tablet_s_64236593Les objets d’accès, PC, Macintosh, tablettes, smartphones... sont eux aussi consommateurs d’énergie et utilisent beaucoup de matières premières dont l’extraction est trop souvent dommageable pour l’environnement.

Les solutions Cloud / SaaS ont aussi un impact positif sur les objets d’accès ; les entreprises peuvent abandonner leurs options historiques, en fin de vie :

  • Les PC obèses, Windows-Office, dont le taux d’usage et minimal et qui consomment beaucoup d’énergie, inutilement.
  • Les solutions « Anorexiques », telles que Citrix, qui consomment encore plus d’énergie, car il est nécessaire d’acheter plus de serveurs pour faire fonctionner la partie « Client » des applications Client/Serveur.

Comme le montrent ces prévisions réalisées par le Gartner Group, en 2015, les PC traditionnels ne représenteront plus que 10 % des objets d’accès commercialisés.

Gartner total devices sold 2015Sur les 2 500 millions d’objets vendus, plus de 90 % seront mobiles : smartphones, tablettes, ultramobiles...

Ce seront surtout des objets d’accès « raisonnables » et respectueux de la planète : 

  • Capacité de stockage faible, comprise le plus souvent entre 16 et 128 Go, en technologie SSD/Flash, faible consommatrice en énergie électrique.
  • Processeurs de puissance raisonnables, économes en énergie, ARM en priorité. Les nouveaux processeurs Intel, eux aussi à faible consommation, commencent à équiper smartphones et tablettes.
  • Durée de vie utile de plus en plus longue : comme l’essentiel des applications vient du Cloud, sous forme de solutions SaaS, il n’est pas nécessaire d’augmenter en permanence la puissance des objets d’accès. Aujourd’hui :
  •     Un PC Windows peut être gardé un minimum de 5 années, quand les renouvellements étaient sur 3 ans auparavant.
  •     Tablettes et smartphones voient leur durée de vie passer de 18 mois ou 2 ans à 3 ou 4 ans. Je compte bien garder le smartphone moderne et économique Motorola G en version 4G, que je viens d’acheter pour 150 €, au moins 3 années.

DPC BYOD on Cloud S 63399429Un autre phénomène important peut encore améliorer cette évolution, la progressive acceptation des démarches BYOD (Bring Your Own Device) par les entreprises.

En permettant à un collaborateur d’utiliser le même PC portable, le même smartphone pour ses usages personnels et professionnels, le BYOD divise par deux le nombre d’objets d’accès que chacun doit acheter, maintenir et alimenter en énergie électrique.

Objets d’accès économes en énergie, à durée de vie de plus en plus longue, moins nombreux avec le BYOD... Merci, le Cloud Computing !

  

Cloud Computing : tous gagnants

DPC Green IT SIl n’est pas certain que les résultats de la conférence de Lima soient à la hauteur des espérances des 7 milliards de personnes qui cohabitent sur notre planète.

Par contre, les évolutions de l’industrie informatique vont dans le bon sens et nous serons tous gagnants chaque fois que le Cloud Computing augmentera sa présence dans nos entreprises :

  • Les informaticiens, qui pourront proposer des solutions fiables, économiques et respectueuses de la planète terre.
  • Les clients, internes et externes de l’informatique qui disposeront d’objets d’accès faiblement consommateurs d’énergie.
  • Les écologistes, qui voient que leur combat pour un monde meilleur est soutenu par toute une industrie. 

  

Résumé : Cloud Computing et écologie, meilleurs alliés du monde

DPC Keyboard with flowers S 39524230Nos amis écologistes vont tous devenir les plus grands fans de l’informatique dans les nuages !

Un chaleureux merci aux grands industriels du Cloud qui participent activement à la lutte contre le réchauffement climatique. 

J’espère que d’autres industries seront aussi efficaces dans ce combat pour un monde meilleur.

 

 


Eau, électricité et... réseaux sans fil

 

Table ronde s J’ai eu le plaisir d’intervenir, le 21 avril 2011, à Dakar (Sénégal), lors du 3e congrès IT forum qui réuni des DSI africains. Le thème de mon intervention était bien sur :

Les potentiels du Cloud Computing pour l’Afrique.

A la fin de ce séminaire, je suis resté 48 h dans ce pays où j’avais passé une partie de mon enfance et cela m’a permis de réfléchir sur les investissements prioritaires en infrastructures qui seraient nécessaires pour accélérer la croissance des pays africains tels que le Sénégal.

Les besoins sont immenses, les ressources très limitées ; encore plus que dans les pays déjà développés, les choix d’investissements sont difficiles et je n’ai pas la prétention de connaître la recette miracle.

Eau, électricité, réseaux Les trois domaines qui me paraissent prioritaires sont :

- L’eau.

- L’électricité.

- Les réseaux sans fil.

Sur les deux premiers, le consensus est facile à obtenir, et je serai très bref. C’est le troisième point, moins évident, que je vais développer ici.

  

Eau 

Piscine & hotel 3 s Même dans le superbe hôtel où avait lieu la conférence, il était conseillé, aux Européens à l’estomac mal protégé, de ne pas boire l’eau du robinet. Même le café était réalisé avec de l’eau en bouteille, ce qui pouvait en partie expliquer son prix exorbitant !

Woman water Il suffit de sortir de quelques dizaines de mètres de cet îlot un peu artificiel de luxe pour retrouver les véritables conditions de vie d’un très grand nombre de Sénégalais. Il y a encore beaucoup de trop de personnes qui n’ont pas accès à de l’eau non polluée et non dangereuse pour la santé.

De l’eau potable pour la majorité est bien sur une priorité absolue.

 

Electricité

Senelec avis de coupure Le DSI de la SENELEC, équivalent sénégalais d’EDF, était présent à cette conférence ; il a été «gentiment» montré du doigt chaque fois que des coupures de courant se produisaient dans l’hôtel.

Les coupures sont peu nombreuses à Dakar ; elles sont plus fréquentes et plus longues dans beaucoup d’autres parties du pays.

Chargeur solaire 5 prises Il y a heureusement beaucoup de soleil au Sénégal et les panneaux solaires sont une bonne option pour alimenter les petits objets tels que smarphones, tablettes ou notebooks.

Il y a plusieurs problèmes complexes à régler :

- Une production insuffisante.

- Un réseau de distribution à densifier.

Compteur_prepaye1 - Des clients qui... ne payent pas leurs factures. Comme dans beaucoup de pays africains, SENELEC va installer des compteurs électriques «prépayés» qui permettent aux clients d’acheter de l’électricité à la carte. C’est une solution raisonnable et pragmatique pour éviter les fraudes. Après une première période de tests, plus de 600 000 compteurs prépayés vont être déployés au Sénégal.

 

Réseaux sans fil

Réseaux sans fil ? Au même niveau que l’eau ou l’électricité ? Ce n’est pas sérieux !

J’imagine assez facilement les réticences à cette idée, mais j’espère vous convaincre que ce n’est pas une idée farfelue, au contraire. 

La situation informatique actuelle est très favorable aux pays en émergence, comme les pays africains !

Clouds Africains Sur ce schéma, j’ai représenté les trois grandes composantes d’une infrastructure informatique moderne, orientée Cloud Computing, les serveurs (1), les objets d’accès (2) et les réseaux (3).

1 - Serveurs et services. 

Toutes les applications génériques de l’informatique sont disponibles sur le Cloud : communication et collaboration, CRM, gestion de projets...

Et ce sont... exactement les mêmes, que j’y accède depuis Paris, New York ou Dakar ! En pratique, une université sénégalaise ou une entreprise gabonaise peut disposer, immédiatement, et au même coût que toutes les entreprises mondiales, des «meilleures applications mondiales» dans leur domaine.

Il n’y a pas mieux, pour personne !

Ceci évite aussi à tous ces pays d’installer, de gérer, d’alimenter en électricité des serveurs, des routeurs et autres SAN.  Encore une bonne nouvelle, car on n’a plus à se soucier de la qualité et de la fiabilité du réseau électrique.

En résumé : je peux accéder aux meilleurs serveurs, aux plus économiques, aux applications les plus performantes, tout de suite, sans aucun surcoût.

 

2 - Objets d’accès

Samsung Chrome OS laptop C’est une autre bonne nouvelle : les objets d’accès au système d’information mobiles les plus modernes et les plus économiques sont disponibles dans le monde entier.

Les premiers netbooks avec ChromeOS seront commercialisés en juin 2011 à partir de $200 à $250 par Samsung, Acer etc. 

De très nombreux smartphones Android économiques commencent à apparaître en Inde et en Chine, qui profitent de la dimension Open Source de cet OS.

Cette vidéo du smarphone IDEOS par Huawei, qui sera commercialisé autour de $100, est très révélatrice de ce que peuvent faire ces «Logan» du smartphone.

  

Raspberry ULC PC $25 On a tous en mémoire le «non-succès» du projet OLPC (One Laptop Per Child), qui promettait de construire un PC portable pour $100. Une nouvelle fondation anglaise, Raspberry, financée par David Braben, un riche entrepreneur, relance l’idée avec un PC de base, de la taille d’une clef USB, pour... $25.

Il suffit d’y rajouter une souris, un clavier, un écran et on dispose d’un outil d’accès au Cloud très raisonnable.

Téléphone panneau solaire Tous ces objets d’accès au Cloud, mobiles pour l’immense majorité, sont équipés de processeurs qui consomment peu d’électricité ; on trouve maintenant sur le marché des chargeurs solaires que l’on peut utiliser quand l’électricité fait défaut. 

Comme pour les serveurs, la qualité «moyenne» des réseaux électriques dans beaucoup de pays en émergence n’est plus un frein majeur au déploiement de ces objets d’accès au Cloud, mobiles et économiques. 

3 - Réseaux sans fil

Dans une informatique Cloud Computing, la qualité des réseaux d’accès est le principal différentiateur entre les pays !

Mobiles phones in Africa Dans le domaine des réseaux voix 2G, tous les pays en émergence ont fait le saut du sans fil, sans passer par les réseaux filaires. Le taux d’équipement et d’utilisation de la téléphonie mobile en Afrique est impressionnant, autour de 50% de la population, et les dépenses en communications mobiles représentent un pourcentage du budget familial beaucoup plus important qu’en Europe.

Le déploiement des réseaux 3G, HSPA ou WiMax, est bien avancé ; il permet déjà de travailler en haut débit dans de nombreuses régions. 

Les investissements en infrastructures réseaux doivent se faire dans deux domaines prioritaires

- Le «dernier kilomètre» : en clair l’accès par les particuliers et les entreprises. Dans ce domaine, le sans fil va s’imposer ; HSPA, WiMax et LTE, standards mondiaux, seront encore plus majoritaires que dans les pays développés ou des solutions telles que l’ADSL sont déjà très présentes.

Cables fibres Afrique - Les infrastructures : pour relier toutes ces antennes de réseaux sans fil, deux solutions sont possibles :

    Les câbles optiques sous-marins : comme le montre cette carte, des investissements très importants sont faits dans ce domaine et de nouvelles fibres vont arriver en 2011 et 2012.


    Le réseau satellitaire O3B (Other 3 Billions) :

O3B Networks Opérationnel en 2013, et financé par HSBC, SES ASTRA et Google, ce réseau de satellites équatoriaux basse altitude aura une capacité initiale de 150 Gbit/s. Il couvrira 100 % de l’Afrique, de l’Amérique Centrale et du Sud ainsi que l’essentiel de l’Asie.

 

Quelles priorités ?

Eau, électricité, réseaux sans fil ; c’est l’ordre logique des priorités d’investissements dans les pays en émergence.

La qualité de ces trois infrastructures peut être très différente d’un pays à un autre ; comment répartir intelligemment les nouveaux investissements entre ces trois familles d’infrastructures ne pourra se décider que pays par pays.

Moto-taxi en Afrique Pragmatisme, réalisme, ce sont les clefs du succès.
Bien avant la France, il existait des motos taxis en Afrique ! Oui, je sais, le port du casque ne fait pas partie de la culture locale.

Mieux vaut donner 1 Mbit/s à 100 personnes que 100 Mbit/s à une seule.

Les quatre cibles prioritaires pour ces solutions Cloud Computing, accessibles par des réseaux sans fil sont :

Ecole afrique - Les écoles et universités. J’ai déjà traité ce sujet dans mon blog, mais après chaque séjour en Afrique je suis de plus en plus persuadé que c’est la priorité des priorités. Les récents événements de Tunisie et Egypte montrent à quel point l’éducation et Internet ont un impact majeur, rapide et positif.

L’»Alphanétisation» est un axe clef de développement ; le «Net» permet d’ «alphabétiser» beaucoup plus vite, mieux et moins cher.

- Les TPE et PME : un CRM léger, des outils de communication Web, il suffit de deux outils très simples pour accroître très vite la compétitivité des millions de petites entreprises qui représentent l’essentiel du tissu économique de tous ces pays.

- Le secteur pubiic : des services très simples, universels de communication, d’alertes par SMS, de partage d’information peuvent, rapidement et à très faible coût, améliorer fortement la vie quotidienne de millions de personnes.

LN atelier S - Les grandes entreprises privées : ce sont celles qui étaient le plus présentes à la conférence à laquelle je viens de participer ; elles ont bien compris les potentiels du Cloud et devraient servir d’exemple pour les autres cibles.

Les échanges que j'ai eu avec beaucoup d'entres eux lors d'un atelier de travail qui a suivi ma conférence dans la grande salle ont été très animés et positifs ; la majorité des DSI présents, hommes et femmes, ont très bien compris les potentiels du Cloud Computing pour leurs entreprises.

Investir sur un seul composant de la trilogie «cloud», les réseaux et profiter immédiatement des investissements déjà réalisés pour les deux autres, serveurs et objets d’accès : c’est un très bon deal !


«Nuages» .... Africains !


Coselearn HP 2 Comme tous les ans, j’ai eu le plaisir de participer à la réunion du conseil de suivi du programme Coselearn 2 en tant que membre de son «Comité Académique et Scientifique» ; elle avait lieu à Montreux (Suisse) du vendredi 2 au dimanche 4 octobre 2009.
J’en avais déjà parlé dans ce blog, l’année dernière.

Pourquoi revenir sur ce projet, dans ce blog ? Coselearn est maintenant un pionnier dans l’usage de solutions Cloud Computing et SaaS, Software as a Service !


Le programme Coselearn 2, en quelques lignes

Coselearn aide les universités d’une dizaine de pays africains francophones à mettre en œuvre des solutions informatiques innovantes et «low cost», avec une priorité forte pour l’enseignement «online».

DDC suisse Les pays concernés sont, par ordre alphabétique, l’Algérie, le Burkina-Faso, le Cameroun, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Tunisie. Ils étaient tous représentés à cette réunion.
Chaque année, les universités de ces pays qui participent au programme Coselearn forment des spécialistes qui seront ensuite capables de construire des enseignements online.
L’essentiel du financement de ce programme vient de la Confédération Suisse, par l’intermédiaire de la DDC, Direction du Développement et de la Coopération.

Cloud et SaaS, au service du développement de l’Afrique francophone.


Nuages afrique Coselearn est un excellent exemple de l’utilisation innovante du «Cloud Computing» dans les pays en émergence et montre qu’il est souvent plus facile de sauter une ou plusieurs générations technologiques quand on est resté en retard pendant quelques années.

J’avais, l’année dernière fait un exposé sur les potentiels du Cloud et du SaaS ; il avait déclenché de très «vives» réactions de certains participants qui trouvaient que j’exagérais un tout petit peu !

Groupe participants-S Cette année ... Cloud et SaaS faisaient partie des solutions «banales», utilisées quotidiennement par tous les participants ! Bravo à Coselearn et aux équipes de Widdoo (la plateforme d’e-learning utilisée par Coselearn) qui ont mis en œuvre ces solutions aussi rapidement !


Tous les serveurs de Coselearn, utilisés pour l’enseignement online, ont été basculés sur AWS, Amazon Web Services. L’un des représentants de Widdoo a démontré, en direct, comment il pouvait rajouter ou supprimer un serveur en quelques minutes.

Google Apps for schools Google Apps est utilisé quotidiennement par des dizaines de milliers d’étudiants et d’enseignants de ces dix pays africains.
Rappel : Google Apps, en version éducation, est totalement gratuit ; or, il existe encore, en France, de trop nombreuses écoles et universités qui se considèrent trop riches pour profiter de cette opportunité !

Honte à elles
! Priver leurs étudiants et leurs enseignants d’un outil aussi performant, aussi efficace, aussi économique, c’est un crime contre l’intelligence !


Des partenaires technologiques prestigieux.

Revevol apporte son aide, bénévole, à Coselearn et certains des choix technologiques qu’ils ont faits n’étonneront pas beaucoup les lecteurs de mon blog !

De très grands fournisseurs ont pris la décision de soutenir ce programme innovant ; ce sont :
- Amazon
- Google
- Intel
- Lenovo

Participants avec PC Lenovo-s Ils étaient tous présents à cette réunion ; je suis très heureux de constater que ces fournisseurs apportent un soutien, technique et financier, à des projets ambitieux de réduction de la fracture numérique mondiale.

La démonstration la plus «visuelle» de cette aide a été la remise, gratuitement, à chaque participant africain, d’un PC portable Lenovo !

Lenovo Marc Bringuier sur portable - s Marc Bringuier, l’un des deux représentants de Lenovo, a fait une démonstration «efficace» de la robustesse de ces PC portables en montant dessus, avant de montrer qu’il continuait à fonctionner !

L’année dernière Lenovo avait fait une offre aux université de Coselearn, d’un PC portable spécialement adapté aux conditions climatiques de ces pays, extrême chaleur, humidité, poussière, sable ..., à 50 % de son prix de  vente officiel.

1 700 machines ont pu être livrées en 2009 au Tchad ; il a fallu à Coselearn, Lenovo et tous les acteurs impliqués beaucoup d’énergie et d’astuce pour vaincre les freins organisationnels, humains, douaniers...

Amazon Martin Buhr 2b-s Martin Buhr, responsable d’Amazon Web Services pour la zone EMEA (Europe, Middle East et Afrique) avait fait personnellement le déplacement pour présenter les nouveaux services disponibles, tels que le VPC, Virtual Private Cloud.

A la suite de cette présentation très claire et motivante, j’ai eu des échanges avec plusieurs représentants d’universités africaines. J’espère pouvoir, l’année prochaine, présenter plusieurs réalisations innovantes qui auront mis en œuvre sur des infrastructures de Cloud Computing.


Le projet Skoools d’Intel

Intel Dr Roth-s Martina Roth, responsable du programme d’aide à l’éducation d’Intel, basée à Munich, a présenté les activités d’Intel dans ce domaine.

Leur principal programme a pour nom «skoools». Il a été déployé sur plusieurs continents, Europe, Amérique du Sud, Asie, Australie et Afrique.

Skoools world map Ce programme fournit des enseignements de base en mathématiques, chimie et autres sciences. Les cours sont disponibles dans de très nombreuses langues et peuvent être personnalisés par chacune des écoles qui participent à ce projet.



Coselearn, le futur immédiat

Cloture Comby s Les représentants des universités ont préparé et adopté la «Charte Coselearn» pour les prochaines années. Les sponsors ne participaient pas à la discussion, pour garantir la liberté de choix des universités.

Animés par Bernard Comby, le fondateur de Coselearn, ces échanges ont confirmé que la technologie, bien utilisée, peut être un extraordinaire accélérateur de croissance dans les pays africains.

En s’appuyant en priorité sur des architectures informatiques innovantes, réseaux sans fil, Cloud Computing et SaaS, il est possible de proposer des outils de formation très performants et «low-cost».

African school Dans beaucoup de ces pays, 50 % de la population a moins de 20 ans.
Coselearn et ses sponsors y apportent leur contribution à la réduction de la fracture numérique.

Ce n’est qu’une petite brique, certes, mais elle existe et rend de remarquables services. Espérons que cet exemple donnera des idées à d’autres universités qui pourraient rejoindre Coselearn ou des projets similaires.