Solutions intégrées, un danger mortel pour les entreprises

 

AdS DPC integrated with Man SS 84207398Je rencontre encore trop souvent des professionnels des Systèmes d’Information (SI) qui continuent à penser que le « nirvana », pour leur entreprise, serait une solution intégrée, bien sûr proposée par un seul fournisseur.

Les échecs universels des ERP intégrés au cours des 25 dernières années n’ont hélas pas servi de leçon.

Je reviens aujourd’hui sur ce sujet, car les dangers de cette vision « intégrée » d’un SI deviennent mortels dans un monde où tout évolue de plus en plus vite :

  • Les attentes des clients externes et internes.
  • La richesse et la variété des solutions disponibles.
  • Le besoin de réactivité des entreprises, publiques et privées pour s’adapter à un monde aux évolutions imprévisibles.

 

Le modèle du couteau suisse

Couteau suisse géantJe vais utiliser dans ce billet mon outil intégré favori, le couteau suisse le plus spectaculaire, fabriqué par Wenger.

Ce modèle réunit tout ce qu’ils ont réussi à mettre dans un couteau...de poche, 87 outils pour 141 fonctions !!! Un grand bravo aux ingénieurs qui ont réussi à mettre en moyenne deux fonctions par lame. Son poids : 1.345 kg. Le couteau est livré dans un coffret en bois, accompagné du très officiel certificat, délivré par le Guiness World Records Book, qui vous garantit que vous avez le modèle le plus complet disponible sur le marché.

Je n’ai pas trouvé une image plus forte pour illustrer l’absurdité des solutions intégrées. Vous serez d’accord avec moi pour dire que cet objet contient :

  • La meilleure scie pour préparer votre bois pour l’hiver.
  • La lame la plus performante pour découper un jambon.
  • L’objet le plus commode pour couper vos ongles.

J’espère que chaque fois qu’un fournisseur informatique vous parlera des mérites de sa solution « intégrée », il fera apparaître dans votre esprit cette image du couteau suisse qui fait tout, qui fait tout très mal.

 

Moyen de transports « intégrés »

Le monde du transport illustre bien la valeur d’une approche industrielle, « best of breed », à l’opposé de l’intégré, pour répondre aux attentes du marché.

C’est un domaine d’extrême spécialisation, comme l’illustre ce schéma.

Solutions Intégrées transport

Trains, avions, bateaux, voitures, bicyclettes, nous avons à notre disposition un grand nombre de moyens de transports différents. Dans chaque famille, il existe des milliers d’objets différents pour nous permettre de choisir celui qui correspond le mieux à nos besoins ou nos attentes.
Les compétences nécessaires pour bien maîtriser ces objets sont elles aussi très différentes. Certaines peuvent être très répandues, comme la capacité d’utiliser une voiture ou une bicyclette, les outils « bureautiques » universels.

D’autres demandent des compétences beaucoup plus fortes, un apprentissage de plusieurs années, comme celles d’un pilote d’avion, les outils informatiques structurés.

Flying carsUn exemple emblématique montre à quel point il est difficile, et déraisonnable de vouloir « intégrer » : qui n’a jamais rêvé, coincé dans un embouteillage, de pouvoir décoller pour en sortir. Cela fait des dizaines d’années que de brillants ingénieurs cherchent à construire une « voiture volante » ou un « avion qui roule », en combinant 2 modes de transport en un seul. Cela fait des dizaines d’années que le marché des voitures volantes reste… cloué au sol.

Cela n’empêche pas de nombreux investisseurs, y compris en Silicon Valley, de croire que ce marché va décoller.


Même si, un jour,  c’était le cas, il faudrait immédiatement pousser plus loin l’intégration et exiger que ces voitures volantes sachent aussi…naviguer en devenant amphibies.

 

Solutions informatiques « intégrées »

A l’inverse du monde industriel du transport, l’informatique a grandi autour du mythe des solutions intégrées. C’est surtout vrai dans le domaine des logiciels d’entreprises.

Solutions Intégrées IT

Les fonctionnalités dont peut avoir besoin une entreprise sont aussi variées que les moyens de transport :

  • Gestion commerciale, CRM
  • Marketing
  • Paye
  • Gestion des ressources humaines
  • Logistique
  • Gestion de production
  • Supply Chain
  • ….

Les « clients » de ces solutions sont eux aussi très divers dans leurs activités, leurs compétences et leurs attentes :

  • Commercial
  • Ouvrier spécialisé
  • Informaticien
  • Agriculteur
  • Electricien
  • ….

 Si le bon sens avait été présent dans les directions informatiques, il y a longtemps que l’on aurait compris qu’il fallait des outils différents, pour des fonctions différentes et des clients différents.

Ulysse et sirènes SHélas, les directions informatiques sont tombées sous le charme de deux redoutables familles de « Sirènes », les éditeurs d’ERP intégrés et les grandes sociétés de services informatiques ravies de récupérer des contrats de mise en œuvre pluriannuels qui se chiffraient en millions d’euros.

A l’inverse d’Ulysse, qui s’était fait attacher au mât de son bateau pour résister à leurs chants, elles n’ont pas eu l’intelligence de se préparer à ce danger.

Les deux plus redoutables de ces sirènes assassines sont SAP et Oracle, qui ont réussi à coloniser les SI de la majorité des grandes organisations.

Solutions Intégrées IT SAP - Oracle

Cette malédiction des solutions intégrées n’est pas irrémédiable ; il est aujourd’hui possible d’y échapper en s’appuyant sur les solutions innovantes nées avec les Clouds Publics et les solutions SaaS, Software as a Service. 

 

Différentes fonctions, différents clients, différentes solutions

A chacun sa compétence ! C’est une évidence dans le monde « normal », depuis des décennies. Les industriels ont compris depuis longtemps que fabriquer un produit de qualité, compétitif, est très difficile et les oblige à y consacrer toute leur énergie.

Solutions transports - FournisseursJe pense que vous serez tous d’accord pour dire que j’ai établi dans ce schéma et cette liste les « meilleurs » liens entre un moyen de transport et le fournisseur le mieux placé pour répondre à ma demande :

  • Renault pour les avions.
  • Airbus pour les trains.
  • Alstom pour les bateaux.
  • Beneteau pour les voitures.

Feriez-vous confiance à Michelin s’il venait vous vendre des pare-brises ? Feriez-vous confiance Saint-Gobain s’il venait vous vendre des pneumatiques ?

Bien sûr que non !

CharlatanExpliquez-moi alors pourquoi vous faites encore aveuglément confiance à ces éditeurs de solutions intégrées, ces vendeurs de pilules miracles, ces charlatans, qui vous vendent un ensemble intégré contenant un CRM, un outil de gestion de production, un autre pour les ressources humaines…

Il est urgent de sortir de votre crédibilité moyenâgeuse !

DPC SaaS blackboard S Dans le monde des solutions logicielles, ce mouvement de spécialisation est devenu possible, depuis plus de dix ans, avec l’arrivée de plusieurs milliers de véritables solutions SaaS. Il permet aux responsables informatiques et aux entreprises de trouver rapidement d’excellentes solutions spécialisées, répondant bien aux différentes attentes des clients.

Pour chaque famille de demandes, il existe maintenant plusieurs solutions. L’offre n’est pas encore aussi riche que dans le monde de l’automobile, mais elle est aujourd’hui suffisante pour répondre, bien, à l’essentiel des attentes de vos clients.

  

Le challenge de la cohérence 

Une majorité de dirigeants et responsables informatiques comprennent que la démarche « intégrée » est dangereuse et sont sensibles aux avantages d’une approche « Best of Breed ».

COHERENCELa première question qu’ils me posent est celle de la cohérence du SI, et c’est évidemment une question pertinente.

Je suis souvent amené à leur retourner la question et à m’interroger sur la cohérence du SI intégré actuel. La situation est souvent catastrophique, surtout dans les grandes organisations ; des dizaines d’instances différentes de « L’ERP intégré », sont déployées, sous différentes versions, mises en œuvre par des sociétés de service différentes. Quand on va sur le terrain, on découvre des centaines, des milliers d’applications Excel qui sont les principales sources, fausses, d’information pour des milliers de personnes !

Mettre en place un nouveau SI qui soit moins cohérent que l’ancien, c’est souvent un challenge impossible à relever !

L’excellente nouvelle, c’est qu’il est maintenant possible de construire un SI cohérent avec des composants différents, plus facilement qu’avec les anciennes approches intégrées.

Cette cohérence s’obtient en agissant sur deux axes :

Installation d’une plateforme d’AaaS : Aggregation as a Service.

C’est un sujet que j’ai déjà traité dans ce blog ; ces solutions AaaS sont un élément clef, indispensable, de tout SI moderne. La bonne nouvelle, c’est que les offres, Cloud évidemment, sont aujourd’hui solides et performantes.

AaaS SolutionsCinq des solutions disponibles sont :

  • Mulesoft
  • Jitterbit
  • SnapLogic
  • Workato
  • Crosscut

Les solutions IaaS permettent des échanges structurés par connecteurs, API ou WebServices.

Création de plusieurs référentiels de données

C’est un sujet qui va devenir vital dans les années qui viennent, et je vais y consacrer prochainement un billet complet. Il s’agit de créer plusieurs référentiels par grandes familles de données, RH, commercial, financières, techniques… Ces référentiels seront des sources de données cohérentes pour toutes les applications « Best of Breed ».

Si je devais recommander une seule bonne résolution à prendre pour l’année 2018, se serait sans hésitation :

Abandon définitif de l’idée absurde

des solutions informatiques intégrées

 

Solutions intégrées = tout, tout mal

 


Le Cloud Public expliqué à une… Direction financière

 

Chenille PapillonIl existe encore de nombreuses, trop nombreuses DSI, Direction des Systèmes d’Information, rattachées à une Direction financière.

Il est temps que, à l’image de la chenille qui se transforme en papillon pour prendre son envol, les DSI s’émancipent du carcan de la Direction financière.

En même temps, l’évolution des métiers financiers peut servir de guide à ce qui doit se passer dans le monde des Systèmes d’Information.

 

Evolution métiers des Directions financières au XXe siècle

Il était fréquent, au début du XXe siècle que les grandes entreprises gèrent leurs propres banques.

Finances - Ancien monde

Il était « risqué » de faire confiance à des banques externes, et ces entreprises pensaient que leur argent était plus en sécurité à l’intérieur de leurs murs !

Aujourd’hui, toutes les entreprises ont abandonné cette fonction « banque interne » et ont externalisé ces activités, non cœur métier, à des banques professionnelles à qui elles font « confiance ».

Finances - nouveau monde

Il existe d’excellents logiciels SaaS, Software as a Service, tel que Kyriba, pour les aider à gérer leurs finances et trésoreries réparties dans plusieurs banques.

Avec un décalage de plusieurs dizaines d’années, ces mêmes entreprises vont faire suivre le même chemin à leurs centres de calcul.

  

Les centres de calcul, au début du XXIe siècle

Au début de ce siècle, toutes les entreprises géraient elles-mêmes leurs centres de calcul, qui abritaient leurs applications informatiques.

Centre Calcul Privés - Ancien monde

Protégées par des pare-feu censés les protéger des « méchants » vivant à l’extérieur, les bandits de la forêt de Sherwood, elles confiaient leur Système d’Information à des collaborateurs internes.

Il y a urgence à abandonner ces « ex bonnes pratiques » comme nous le rappellent tous les jours les catastrophes induites par cette gestion en interne.

  

La faillite des centres de calcul privés

Il ne se passe pas une seule semaine sans que l’on apprenne que de grandes entreprises ont été victimes de l’amateurisme de leurs équipes informatiques internes.

Sur les seuls 15 derniers jours du mois de mai 2017, j’ai retenu trois « incidents » qui ont frappé des « PME » européennes.

A la suite de l’attaque WannayCry, qui ne pouvait se diffuser que dans des centres de calcul incapables d’avoir des serveurs à jour des correctifs de sécurité Windows, des dizaines d’entreprises ont subi des pertes importantes. 

Renault a fermé l’une de ses usines pendant toute une journée.

Usine Renault à l'arrêt

  • Quel est le coût financier de cet arrêt en perte de Chiffres d’Affaires dû à la non-production des voitures ?
  • Quel est le coût pour Renault de cet arrêt sur le plan de l’image de l’entreprise ?

Telefonica todos à casaTelefónica, l’opérateur national de télécommunications en Espagne a envoyé un message à tous ses collaborateurs :

  • Arrêtez immédiatement tous vos ordinateurs.
  • Rentrez chez vous !

Mêmes questions :

  • Quel est le coût financier de cet arrêt en perte d’activités ?
  • Quel est le coût pour Telefónica de cet arrêt sur le plan de l’image de l’entreprise ?

A la suite d’une panne informatique, British Airways a été obligé d’annuler tous ses vols au départ de Londres pendant le Week End.

British airways cancels flights

  • Quel est le coût financier de cet arrêt en perte de Chiffres d’Affaires dû à l’annulation de plusieurs centaines de vols ?
  • Quel est le coût pour British Airways de cet arrêt sur le plan de l’image de l’entreprise ?

Arrêtons ces massacres ! Il est temps que tous les DSI, de toutes les entreprises du monde, comprennent qu’ils n’ont ni les compétences ni les ressources pour gérer professionnellement leurs centres de calcul privés. Ces centres de calcul privés sont de véritables passoires à la merci d’attaquants professionnels qui ne vont plus leur laisser une seule chance de protéger efficacement leurs entreprises.

Et ne venez pas me dire que vous êtes bien meilleur que les DSI de Renault, Telefónica ou British Airways ; ce sont sûrement des personnes de qualité qui essaient de faire, le mieux possible, leur métier. Ils sont simplement face à une réalité que beaucoup ont du mal à accepter : gérer un centre de calcul privé de manière efficace et sécurisée est devenu une tâche impossible.

 

Le Cloud Public, seule solution raisonnable en 2017

Il y a dix ans, Amazon créait, avec son département AWS, Amazon Web Services, le premier acteur du marché IaaS, Infrastructure as a Service. Aujourd’hui, les trois grands fournisseurs de plateformes IaaS, AWS, Google Cloud Platform et Microsoft Azure ont gagné la bataille du Cloud : les solutions Cloud Public vont faire disparaître tous les centres de calcul privés, que certains persistent à appeler Clouds Privés.

Des milliers d’entreprises aujourd’hui, toutes demain, feront confiance à ces géants industriels pour gérer leurs infrastructures informatiques, comme elles ont confié leur argent à de grandes banques.

Cloud Public - Nouveau Monde

Pour assurer cette « confiance », il existe un grand nombre de solutions SaaS, Software as a Service, tel que Zscaler présenté sur ce graphique, permettant de construire une plateforme de « Trust », TaaS, Trust as a Service. 

Avant que cette victoire du Cloud Public ne soit complète, il reste un dernier obstacle à franchir, et il est de taille : la réticence, la résistance de quelques DSI qui n’ont pas le courage de sauter le pas, qui craignent, à tort, de perdre le contrôle de leurs infrastructures.

  

Résumé

Les Directeurs financiers des entreprises ont compris, il y a longtemps, qu’il n’était pas raisonnable d’essayer d’être aussi efficaces que des banquiers professionnels.

Les DSI des entreprises comprennent, aujourd’hui, qu’il n’est pas raisonnable d’essayer d’être aussi efficaces que des fournisseurs de Clouds Publics d’infrastructures.

Les quatre schémas de ce billet montrent comment les entreprises vont répliquer les décisions prises sur les "banques internes" dans les "infrastructures informatiques internes".

AdS DPC Time for action S 55654090Attendrez-vous d’être la prochaine victime d’une cyberattaque pour basculer sur le Cloud Public ?

Attendrez-vous le prochain plantage de votre centre de calcul privé actuel pour basculer sur le Cloud Public ?

Il est plus intelligent de devancer une catastrophe annoncée, inéluctable, et de préparer, aujourd’hui, la migration de vos infrastructures informatiques sur des Clouds Publics industriels, économiques, surs et pérennes.

 


Un régime méditerranéen pour votre SI

 

AdS DPC régime méditerranéen S 113968179En ce début d’année, après les fêtes, beaucoup d’entre nous ont pris de bonnes résolutions alimentaires pour essayer de perdre quelques kilos mal placés.

A coté des régimes «miracles» qui naissent chaque année et disparaissent l’année d’après, il existe de bonnes pratiques reconnues par les professionnels sérieux de la nutrition. Le plus connu est le régime méditerranéen, à base de produits naturels tels que les fruits ou l’huile d’olive.

Et s’il existait un régime méditerranéen pour les Systèmes d’Information, permettant de combattre leur obésité croissante ?

Réponse dans ce billet...

  

L’obésité actuelle, des personnes et des Systèmes d’Information

L’obésité est un fléau mondial ; sa croissance forte est généralisée dans la majorité des grands pays, comme le montre ce graphique.

Population overweight 1970 - 2020

Les impacts de ces situations de surpoids et d’obésité sur la santé sont bien connus et documentés : 2015 est la première année qui a vu l’espérance de vie baisser aux États-Unis, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

US life expectancy at birth

Les mauvaises alimentaires en cause sont bien connues : abus du sucre, des graisses non naturelles, de l’alcool, des fast foods...

Les personnes qui essaient d’alerter les populations sur ces risques se heurtent à des lobbies alimentaires très puissants.

Et si l’évolution actuelle du monde des Systèmes d’Information ressemblait beaucoup à celle de l’alimentation dans le monde ?

 Il est difficile d’avoir des chiffres sur l’évolution de l’obésité des Systèmes d’Information ; ce ne sont pas des chiffres que les entreprises ont très envie de partager !

Il faut donc saluer le courage de la DINSIC, Direction Interministérielle du Numérique et du Système d'Information et de Communication de l'État ; son nouveau directeur, Henri Verdier, a pris l’initiative de publier un document très complet sur l’état des grands projets informatiques dans le secteur public. 

Les chiffres clefs de ce document :

  • Montant total des budgets : 2, 29 Md€.
  • Durée moyenne des projets : 6,2 années.
  • Ecart budgétaire moyen : 32 %.

DINSIC - Panorama grands projets états

J’entends déjà les pourfendeurs du secteur public se scandaliser de ces chiffres et de la «mauvaise qualité» de la gestion de ces projets. J’aimerais bien que nos grands acteurs du CAC 40 aient, eux aussi, le courage de publier des chiffres sur leurs grands projets informatiques.

Les causes de cette «obésité informatique» sont bien connues :

  • Projets ERP intégrés qui ne sont jamais terminés.
  • Solutions informatiques anciennes, hors de prix de nos amis Oracle, IBM ou autres.
  • Infrastructures gérées en interne.
  • ...

En ce début d’année 2017, la situation sur le front de l’obésité est très préoccupante, que ce soit pour les personnes ou pour les SI.

Fat - Régime  - Informatique

Situation préoccupante, oui ! Désespérée, non !

Des solutions existent, pour les personnes et pour les SI.

 

Un régime minceur, pour les personnes et les Systèmes d’Information

Pyramide Régime MéditerranéenTous les nutritionnistes du monde connaissent les avantages d’un régime alimentaire équilibré ; régime méditerranéen, aussi appelé régime crétois. Ils divergent sur des points de détail, mais convergent sur l’essentiel. Le régime méditerranéen fait maintenant partie du «patrimoine culturel immatériel de l’humanité» pour l’Unesco.

La majorité des personnes obèses ou en surpoids connaissent le régime méditerranéen et savent qu’il est une réponse efficace à leur problème de poids. Cette connaissance ne les empêche pas de continuer dans leurs mauvaises habitudes alimentaires. En cause, un manque de volonté, de courage pour affronter la réalité et accepter un changement important dans leurs habitudes.

La situation est très semblable dans le monde des Systèmes d’Information !

Les spécialistes de la «santé» des SI connaissent les dangers de cet embonpoint informatique :

  • Rigidité du SI
  • Difficulté pour le faire évoluer
  • Budgets non contrôlés
  • Dépenses opérationnelles très élevées qui bloquent toute innovation.
  • ...

Ils en connaissent aussi les raisons, déjà évoquées plus haut : ERP, Infrastructures gérées en interne...

Cela fait des années que je parle dans ce blog des bonnes pratiques qui permettent de reconstruire un SI «fit», en forme, répondant rapidement aux attentes des clients externes et internes. Ce «régime méditerranéen SI» est basé sur des composants maintenant bien connus :

 Toutes ces recettes pour construire un SI de qualité sont connues, depuis de nombreuses années.

Je peux, aujourd’hui :

  • Retrouver une bonne forme physique en suivant des recettes éprouvées.
  • Retrouver un SI en bonne forme physique en suivant des recettes éprouvées.

Fit - Régime -  Informatique

Je constate malheureusement tous les jours que l’obésité des SI augmente très vite, comme celle des personnes. Cette obésité SI touche en priorité les grandes organisations. Elles refusent d’abandonner les solutions nocives pour la santé du SI de leur entreprise, qui ont pour noms SAP, Oracle, MS Office et quelques autres poisons dangereux. Ils sont d’autant plus redoutables que, comme le sucre, le tabac ou la cocaïne, ils créent des addictions fortes dont il est très difficile de se libérer.

Fear Courage AdS DPC S GS fkfAw-DOOui, il faut beaucoup de courage à une personne pour affronter son surpoids et suivre un régime dont les bénéfices sont certains, mais qui demande de changer beaucoup de choses dans sa vie quotidienne.

Oui, il faut beaucoup de courage à un DSI pour affronter le surpoids de son SI, les mauvaises habitudes de ses équipes, le lobby des fournisseurs qui poussent des solutions dangereuses et mettre en œuvre un régime dont les bénéfices sont certains, mais qui demande de changer beaucoup de choses dans le mode de fonctionnement de sa direction.

  

Synthèse

Quel Système d’Information souhaitez-vous pour votre entreprise ?

  • Un SI obèse, porteur de maladies mortelles.
  • Un Si «fit», garantissant la bonne santé de votre entreprise.

Fat - Fit informatique

C’est une décision qui vous appartient et vous de pouvez plus vous abriter sous des alibis technologiques pour justifier votre choix.

Courage d’affronter des changements difficiles, renoncement devant les difficultés que cela représente, à vous de choisir.

 


Le principal obstacle au Cloud Public, dont personne n’ose parler...

 

AdS DPC Hand brake S 69628596Vous croyez connaître les principaux freins au déploiement du Cloud Public.

Depuis plus de dix ans, toutes les enquêtes menées à ce sujet mettent en avant les mêmes dangers du Cloud Public :

 

  • Sécurité des accès, du stockage des données.
  • Confidentialité des données.
  • Contraintes légales.
  • Localisation des données.
  • ...

Ce graphique, extrait de l’étude «Cloud Security Report», publiée en juillet 2016 par Spotlight, confirme que ces freins sont toujours là.

Cloud adoption barriers

Et si ces freins n’étaient que des alibis, des excuses pour masquer une crainte beaucoup plus forte, diffuse, présente chez tous les dirigeants, chez tous les informaticiens ? 

J’ai récemment pris conscience qu’il y avait beaucoup de «non dit» derrière les blocages évoqués par mes interlocuteurs quand j’essaye de les convaincre d’accélérer leur migration vers des solutions Cloud Public pour les infrastructures et les applications informatiques de leur organisation.

Il est vital de mettre en évidence cette barrière «invisible», d’amener les responsables à s’exprimer sur ce sujet ; c’est ce que je vous propose de faire dans ce billet.

  

La perte de contrôle

AdS DPC Control Puzzle S 81188889La culture dominante dans les entreprises est encore celle du «Command and Control», héritée du monde militaire. Les dirigeants, quel que soit leur domaine d’activité, sont supposés «contrôler» dans les moindres détails leur espace de responsabilité.

C’est aussi le cas dans le domaine des Systèmes d’Information. Dans le monde informatique historique, «pré-cloud public», les informaticiens avaient le contrôle d’un très grand nombre de composants du SI. La liste suivante, non exhaustive, en donne quelques exemples :

  • Le nombre, la localisation, la taille des centres de calcul.
  • Le choix des fournisseurs de matériels : serveurs, disques, routeurs...
  • La sélection des systèmes d’exploitation à installer : Windows Server, Linux, zOS...
  • Les ERP à mettre en œuvre : SAP, Oracle Applications, Microsoft Dynamics…
  • Les ESN, Entreprises de Services Numériques, chargées de mettre en œuvre, gérer ces applications ou ces infrastructures.
  • Décider du rythme de mise à jour des logiciels, des systèmes d’exploitation.
  • Préparer, dépouiller des appels d’offres et choisir les vainqueurs.
  • Définir, imposer un «Master PC» aux utilisateurs internes.
  • ...

Ce mode de fonctionnement donnait aux informaticiens un sentiment de pouvoir, de possession et donc de contrôle. Ils étaient propriétaires, voyaient leurs actifs et pouvaient faire visiter leurs centres de calcul.

AdS DPC Hand on lightning S 102020317

Les équipes informatiques pensaient aussi avoir le contrôle total des applications et de maîtriser le calendrier de leurs évolutions. L’informatique fantôme, le cloud fantôme ont vite montré que ce contrôle était très relatif ! 

Hélas, tout cet espace historique de pouvoir et de contrôle est balayé par l’arrivée du Cloud Public.

  

Cloud Public, vecteur de perte de contrôle ?

Après plus de dix années de croissance, les solutions de Cloud Public, IaaS, SaaS et PaaS sont aujourd’hui les meilleures solutions informatiques du monde, pour toutes les entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité.

La croissance de ces solutions est forte, irréversible, comme le montre cette analyse d’IDC, même si elle ne va pas assez vite à mon goût ! Entre 2015 et 2020, la part du Cloud Public dans les infrastructures devrait passer de 19 % à 31%.

IDC Public Cloud vs Classical - 2015 - 2020

Quand une DSI bascule la majeure partie de ses infrastructures sur AWS, GCP (Google Cloud Platform) ou Microsoft Azure, elle accepte de perdre le «contrôle» des composants matériels de cette infrastructure, et c’est difficile à accepter, surtout au début. Ces géants industriels du IaaS proposent des «services» d’infrastructures, mais ce ne sont pas leurs clients qui vont leur dicter les choix techniques ou de fournisseurs.

Quand une DSI bascule toutes ses applications «Support» vers des solutions SaaS, elle accepte de perdre le «contrôle» sur les infrastructures sous-jacentes, sur le rythme des mises à jour et sur l’évolution des fonctionnalités de ces solutions SaaS.

Quand une DSI bascule l’essentiel de ses développements sur des solutions PaaS, proposées aujourd’hui en priorité par les grands acteurs du IaaS, elle accepte de perdre le «contrôle» sur le fonctionnement de ses plateformes de développement.

 BIS Cloud Public - Infra, Soutien, Métiers - copieLes fidèles lecteurs de ce blog auront reconnu dans cette analyse le modèle B I S, Business, Infrastructures et Support qui sert de base à la construction des SI innovants.

En clair, cela signifie que les informaticiens doivent accepter de perdre le contrôle des composants des couches basses de leur SI, de tout ce qui était avant dans leurs domaines de compétences. Ce sont aujourd’hui des «commodités» gérées de manière beaucoup plus efficace par les professionnels du Cloud Public.

Que c’est difficile à accepter !

C’est cette réticence à perdre le contrôle qui explique le succès des solutions dites de «Clouds Privés». Les fournisseurs historiques de solutions surfent sur cette vague de la peur de perte de contrôle pour proposer aux DSI traditionnelles de construire des clouds privés, de déployer des logiciels «on premise».

Il n’y a pas d’autre raison «logique» pour expliquer pourquoi cette absurdité technologique et managériale que sont les Clouds Privés a autant de succès.

En résumé :

Cloud Privé = Cloud Public, sans ses bénéfices + illusion du contrôle.

  

Le Cloud Public, un meilleur contrôle de son SI ?

AdS DPC Cloud Safebox S 36350942Abandonner le contrôle des briques de base de son informatique pour reprendre le contrôle de l’essentiel, de son Système d’Information (SI) : c’est le très bon «deal» que permet le basculement vers le Cloud Public.

Quand la rationalité l’emporte, quand les choix technologiques sont pilotés par des analyses objectives et sérieuses, les solutions de Cloud Public l’emportent à chaque fois. La bonne nouvelle supplémentaire, c’est que l’entreprise et la DSI vont pouvoir reprendre le contrôle de leurs véritables choix en matière de SI.

Dans la logique B I S évoquée dans le paragraphe précédent, les décisions importantes deviennent plus faciles à prendre :

  • Infrastructures IaaS : choisir les solutions les plus innovantes, proposées par des fournisseurs «Cloud Public Natifs», AWS ou GCP, ou préférer des solutions plus traditionnelles des fournisseurs «legagy» tels que Microsoft ou IBM.
  • Applications SaaS pour les usages Support : la DSI peut imposer aux métiers le choix exclusif de véritables solutions SaaS, multitenant, comme je l’ai évoqué dans un billet récent. En même temps, les métiers reprennent la main sur le choix définitif de la solution SaaS qui leur paraît la mieux adaptée à leurs besoins.
  • ERP JougUsages cœur de métier, développés sur des plateformes PaaS : les entreprises peuvent reprendre le contrôle de leurs applications les plus importantes, porteuses de compétitivité et de différentiation. En acceptant de redonner son prestige perdu au très beau métier de développeur, d’ingénieur logiciel, les entreprises vont s’affranchir du joug que faisaient peser sur leurs épaules les ERP intégrés catastrophiques, sources de coûts monstrueux, de rigidités insupportables et de délais d’évolution qui se mesuraient en années. 

Cette prise de contrôle peut aussi être étendue à d’autres composants importants d’un SI tels que :

  • Les postes de travail. En privilégiant l’usage exclusif des navigateurs pour toutes les applications, les DSI reprennent la main sur les postes de travail en offrant à leurs clients internes une plus grande variété d’objets d’accès, des smartphones aux PC portables en passant par les Chromebooks.
  • Les réseaux LAN. Les entreprises peuvent innover, s’appuyer sur les solutions industrielles sans fil, WiFi, 3G et 4G pour créer des espaces de travail où chaque client interne peut se connecter en tout lieu, sur n’importe quel objet d’accès.
  • Les réseaux MAN/WAN. Dans ces domaines aussi, les DSI peuvent reprendre le contrôle de leurs choix en s’affranchissant de la main mise des opérateurs historiques qui leur proposaient des accès MAN «dit professionnels» à des prix de gangsters où des réseaux MPLS totalement démodés.

Les entreprises, aidées par leur DSI, peuvent à nouveau reprendre la main, faire des choix, prendre des décisions, composant par composant. Une nouvelle gouvernance du SI devient envisageable, rendue possible par les potentiels extraordinaires du Cloud Public, dans toutes ses facettes.

  

Synthèse

AdS Great DealPour les entreprises, choisir une stratégie «Cloud Public First» est un excellent deal ; il permet :

  • D’abandonner le contrôle de composants génériques, sans véritable apport métier, et de les confier à de vrais professionnels.
  • De reprendre la main sur l’essentiel, sur la gouvernance du Système d’Information, sur les choix qui ont une véritable valeur pour les performances de l’entreprise.

Une fois de plus, il faudra beaucoup de «courage» pour aller dans cette direction...

 


Un scandale qui n’a que trop duré : les tarifs mafieux des télécoms professionnels

 

Prolétaires de tous les paysEntreprises de tous les pays, unissez-vous ! Vos opérateurs télécom vous exploitent honteusement !

 Pourquoi, aujourd’hui, détourner cette citation de Karl Marx pour parler de l’exploitation de l’ensemble des entreprises par les opérateurs télécom quand ils vantent les mérites de leurs solutions «dites professionnelles» ?

C’est un scandale qui dure depuis trop longtemps, mais les écarts entre les tarifs grand public et professionnel des opérateurs télécom sont aujourd’hui devenus tellement absurdes qu’il est temps de pousser un véritable coup de gueule sur ce sujet.

Je m’étais déjà élevé, en 2007, contre les tarifs de gangsters d’un hôtel de luxe à Paris qui faisait payer le WiFi à 50 € par jour.

En réponse à mon blog, le tarif avait été ramené à 20 € par jour. Je suis retourné dans cet hôtel en mars 2016 et le WiFi était, enfin, gratuit pour tout le monde.

J’espère que ce billet aura des impacts similaires, plus rapidement !

 

Prix actuels proposés par les opérateurs aux entreprises 

DPC Mafia three men S 103435177Scandaleux, mafieux, inadmissibles, confiscatoires... les mots me manquent pour exprimer mon indignation quand je lis les propositions commerciales envoyées aux entreprises, et en particulier aux PME, par les opérateurs télécom.

Ce sujet a été abordé avec les participants d’un séminaire que j’animais fin mars 2016 à Paris. Nous avons partagé quelques chiffres ; l’un d’entre eux, DSI dans une PME d’une centaine de personnes en Bretagne, m’a envoyé des exemples de réponses à un appel d’offres, fin 2015. D’autres participants ont confirmé avoir reçu des offres similaires.

Tarif Orange pro fibre PME

Cette proposition a été envoyée par un «petit opérateur national», Orange.

Trois chiffres la résument : plus de 2 200 € par mois, pour 40 Mb/s et un engagement de 36 mois pour l’entreprise.

L’analyse de cette offre, outre son prix démentiel, m’amène à me poser plusieurs questions :

  • De la fibre optique à 20 Mb/s ? Comment est-ce possible quand que le minimum de vitesse sur des fibres est supérieur à 100 Mb/s ? Cela coûte probablement plus cher à l’opérateur de limiter artificiellement la bande passante que de laisser l’entreprise utiliser toute la capacité disponible.
  • 20, 30 ou 40 Mb/s sur la même proposition, avec des prix de vente strictement proportionnels. J’ai beaucoup de mal à imaginer la différence de coût d’installation et de fourniture du service par Orange entre ces trois vitesses...
  • Contrat de 36 mois : cela transforme, en pratique, un budget OPEX en CAPEX. L’entreprise s’engage pour 79 400 €, pour 40 Mb/s et jusqu’en 2018.

Tarif Fibre Bretagne Telecom PME

Une autre des offres reçues émane de Bretagne Télécom ; on reste dans les mêmes ordres de grandeur.

Une fibre 20 Mb/s et un lien cuivre SDSL 8 Mb/s, 28Mb/s au total, pour un prix que varie de 1620 € à 1398 € par mois, en osant proposer un contrat sur... 60 mois.

Le discours de ces opérateurs mafieux aux tarifs mafieux est bien rodé : avec ces tarifs professionnels, nous vous garantissons un service de très haut niveau. Si seulement c’était vrai... Sur le site d’Orange, les garanties proposées sont :

  • Un niveau de service de 99,8 %.
  • 4h pour rétablissement de la ligne en cas de panne.

Ce sont des chiffres très moyens et qui ne justifient en rien ces tarifs en or massif.

  

Et pendant ce temps-là... dans le grand public

Dans le classement des pays sur les coûts d’accès Internet grand public, la France est bien placée ; merci la concurrence, merci Free, à l’origine de cette baisse des prix dont ont bénéficié tous les clients.

Arcep Abonnés Haut débit Q4 2015

L’ARCEP publie tous les trimestres de remarquables statistiques, gratuites, sur les réseaux en France. Fin 2014, 27 millions de foyers avaient des accès haut débit à Internet, et plus de 4 millions, 15 % d’entre eux, étaient en très haut débit, supérieur à 30 Mb/s.

A quel prix ? Pour rester cohérent avec les chiffres que j’ai donnés pour la PME bretonne, j’ai regardé les offres proposées par Orange en fibre optique grand public, visibles ci-dessous.

Offre Orange grand public 500 Mb:sCette offre à... 500 Mb/s (flèche rouge) est actuellement en promotion à 29 € par mois. Le débit montant garanti n’est «que» de 200 Mb/s.

Le prix sans promotions, incluant la Livebox, donc le routeur WiFi, est de 46 € par mois, chiffre que je vais utiliser dans la comparaison qui suit.

Je ne tiendrai pas compte des autres avantages, tels que l’accès à 140 chaînes de télévision, qui ont peu d’intérêt dans le monde professionnel.

Cette offre demande un engagement de 12 mois de la part du client grand public, à comparer aux 36 mois de l’entreprise.

Orange Fibre pro vs grand public

Dans ce tableau très simple, j’ai comparé les deux offres d’Orange :

  • Professionnelle à 40 Mb/s, symétrique.
  • Grand public à 500 Mb/s descente, 200 Mb/s montée.

Un chiffre saute aux yeux : le coût au Mb/s de la solution professionnelle est... 600 fois plus élevé que celui de la solution grand public en descente, 240 fois plus élevé en montée.

Retour sur l’argument «massue» des opérateurs pour essayer de justifier l’injustifiable, cet écart de prix, la «qualité de service pro», dont à vu plus haut qu’elle n’était pas exceptionnelle.

Et si la qualité de service grand public était meilleure que la pro ? Quand on a 27 millions de clients grand public, la fiabilité devient essentielle sous peine d’avoir des coûts de maintenance prohibitifs.

Je reviens maintenant sur le cas du DSI de cette PME qui souhaite proposer le meilleur service possible à ses clients internes. Je lui propose de comparer deux options :

  • L’offre «professionnelle» d’Orange à 2 200 € pour 40 Mb/s.
  • Prendre 5 abonnements grand public soit 230 €, 10 fois moins cher, pour une bande passante de 2 500 Mb/s, 60 fois plus.

Oui, vous avez bien lu : 60 fois plus, 10 fois moins cher.

Pour augmenter la fiabilité, il pourra choisir ses 5 abonnements chez des opérateurs différents, et garantir ainsi un niveau de service très largement supérieur à celui de la solution professionnelle.

  

Nouvelles offres professionnelles, sans fil

L’arrivée de la 4G/LTE permet de proposer des solutions très haut débit sans fil. Comme le montre ce graphique, la vitesse moyenne de descente en France, mi 2015, était supérieure à 30 Mb/s. Cette même étude donne une vitesse de montée supérieure à 10 Mb/s.

LTE download speed France

Pourquoi ne pas faire profiter les entreprises de cette solution ? Des opérateurs télécom l’ont compris et proposent maintenant des «routeurs LTE» fixes à déployer dans les entreprises.
Tarifs BouyguesTel Routeur 4G pro

J’ai choisi, à titre d’exemple, l’offre proposée par Bouygues Telecom :

  • Routeur 4G/4G+ (LTE Advanced, pour les initiés).
  • 100 Go de données par mois.
  • 99 € par mois.

Comme toutes les offres sans fil, il existe une limite au volume de données échangées. Dans cet exemple, le Go supplémentaire coûte 5 € ; il suffit de dépasser de 20 Go pour payer le prix de deux abonnements, qui permettent... 100 Go de plus.

Si je fais l’hypothèse, raisonnable, que ce réseau 4G propose un débit descendant de 40 Mo, j’ai un coût au Mo de 2,5 €, à comparer aux 55 € du réseau professionnel Orange.

Je peux maintenant proposer au DSI de cette PME bretonne une nouvelle solution, au même coût global, encore plus fiable, car elle combine le filaire et le sans fil :

  • Trois abonnements filaires = 138 € pour 1 500 Mb/s.
  • Un abonnement sans fil : 99 € pour 40 Mb/s, option de secours suffisante en cas de panne simultanée, improbable, des 3 abonnements filaires.

  

La révolte des acheteurs

DPC Revolt 2016 S 90443617J’espère que la révolte des acheteurs de services de télécommunications professionnels va démarrer en 2016.

Les grandes entreprises devraient être à la pointe de ce combat, car elles ont en interne les compétences pour challenger les fournisseurs historiques. C’est plus difficile pour les PME et les TPE qui se sentent désarmées, face à leurs fournisseurs télécom. En France, Orange occupe une position beaucoup plus dominante dans le monde professionnel que dans le grand public.

Les entreprises peuvent choisir comme exigence cette phrase tirée d’une publicité de Samsung :

Samsung du pro aussi pro que mon perso

«Je veux du pro, aussi pro que mon perso», en rajoutant

«au même prix que mon perso».

A court terme, la démarche la plus rapide, la plus efficace est de demander pour chaque implantation géographique de l’entreprise des réponses chiffrées aux branches professionnelles et grand public des opérateurs. Certains d’entre eux s’y opposent, mais je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas répréhensible sous le principe du «refus de vente».

 

Nouveaux entrants, nouveaux espoirs

DPC WMAN S 75805873J’ai privilégié dans cette analyse les offres d’accès à Internet, au Cloud, au Web : dans le jargon des télécoms, on parle de MAN, Metropolitan Area Network, des accès de moyenne distance, compris entre 1 et 50 km environ.

J’avais, dans un billet récent, parlé de WaaS, WAN as a Service, pour remplacer les solutions longues distances MPLS, fin de vie, commercialisées par les opérateurs historiques.

Je vous propose aujourd’hui un nouvel acronyme, MaaS, MAN as a Service, pour des offres de réseaux MAN proposés comme des services.

MaaS - MAN as a Service

Les entreprises peuvent exiger, pour chacune de leurs implantations, des offres «as a Service», flexibles, sur des durées maximales de 12 mois, et qui proposent, selon les lieux :

  • Des liaisons filaires fibres, de 100 Mb/s à 10 Gb/s.
  • Des liaisons filaires xDSL, de 5 à 100 Mb/s.
  • Des «fibres noires», fibres non utilisées par les opérateurs. On peut les activer pour relier une implantation d’entreprise avec un POP, Point de Présence d’opérateur, pour accéder à Internet.
  • Des liaisons sans fil 4G/4G+.
  • Des liaisons satellites, telles que celles proposées par Tooway, à 20 Mb/s descente et 6 Mb/s montée, en versions grand public et professionnelle.

Qui seront les premiers fournisseurs à oser se positionner sur le marché du MaaS, à rechercher les meilleures solutions, les meilleurs rapports vitesse/coût pour les entreprises ? Je leur pronostique un avenir radieux et une croissance très forte de leur activité dans les 5 années qui viennent.

Carte Kosc TelecomKosc Telecom pourrait être l’un de ces acteurs de rupture. Avec l’aide de BPI France en 2016, il a pour ambition de secouer le marché français, et ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre !

DPC tous ensemble SS 100633149Je suis prêt à aider les fournisseurs MaaS de nouvelle génération et les entreprises à construire, ensemble, des offres professionnelles qui ne seront plus des escroqueries monumentales.

Il y a des centaines de millions d’euros à gagner, et rapidement, pour les entreprises.

 


Pas d’ingénieurs logiciels en interne ? Pas d’entreprise numérique !

 

DPC Words S 64680360Entreprise numérique, Chief Digital Officer, Big Data... Les entreprises sont toujours prêtes à parler des nouvelles technologies, à se gargariser de mots qui donnent l’illusion de la modernité et de l’innovation.

Le seul problème : ces entreprises sont trop peu nombreuses à passer à l’action, à avoir le courage de prendre les décisions qui permettraient de mettre en œuvre ces outils numériques au service de leur compétitivité.

J’aborde dans ce billet l’une des carences les plus universelles dans les grandes organisations, leur incapacité à créer en interne des équipes de développeurs, d’ingénieurs logiciels, et à les garder en leur proposant une véritable carrière.

  

L’entreprise devient logiciel

GE becoming a software company«Toutes les entreprises doivent devenir des entreprises logiciels» Bill Ruh, General Electric

Cette citation d’un dirigeant de General Electric illustre parfaitement la mutation qui touche toutes les entreprises, quelle que soit leur secteur d’activité. General Electric a embauché plus de 1 200 ingénieurs logiciels.

Entreprise industrielle, de transport, banque, assurance ou secteur public, toutes les entreprises doivent, elles aussi, devenir «éditeur de logiciels métiers» pour rester compétitives.

Le «B» du modèle B I S

Les lecteurs de ce blog sont familiers du modèle B I S, Business, Infrastructures, Support.

DPC Developper smallDevenir éditeur de logiciel n’a de sens que pour les usages «B», cœur métiers. Pour que cette mutation culturelle puisse se réaliser, il y a deux préalables indispensables :

  • La reconnaissance par la DG, les directions métiers et la DSI du rôle primordial des applications métiers spécifiques, innovantes.
  • La reconnaissance par la DG, la DRH et la DSI du fait que pour développer des applications métiers innovantes, il faut... des ingénieurs logiciels en interne.

Si ces deux conditions ne sont pas remplies, les entreprises resteront dans le «discours incantatoire» et n’auront jamais la capacité de devenir des «entreprises logiciels».

Par contre, si cette prise de conscience a lieu, et les décisions qui en découlent sont prises, alors, le futur des usages cœur métiers devient passionnant.

Pourquoi ? Toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour que les équipes d’ingénieurs logiciels puissent réaliser un travail formidable.

 

Ingénieur logiciel, en 2016 : tout doit changer

DPC Comeback renaissance S 100260192Dans un billet récent, j’ai annoncé la «renaissance du métier d’ingénieur logiciel», en espérant que les entreprises comprennent mon message et le mette en pratique. La réalité est hélas encore très loin de cette prise de conscience.

Démarches, outils, plateformes... tout ce que l’on avait appris sur les ex bonnes pratiques du métier de développeur doit être abandonné :

  • La séparation entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre.
  • La séparation entre développement et production.
  • Les méthodes traditionnelles de gestion de projets.
  • Les recettes logicielles.
  • ....

Si je devais choisir seulement deux concepts qui vont révolutionner le métier d’ingénieur logiciel dans les prochaines années, ce seraient :

  • Devops
  • Serverless

Devops

DevOps logoDevops est la contraction de Developpement et Operations. L’expression Devops est utilisée depuis le début des années 2010.

Au delà des outils, Devops est une démarche de rupture dans tout le processus de construction d’une application. Elle a ses origines dans les démarches agiles et le «continuous delivery».

Tout l’édifice classique informatique est mis à bas par Devops. Dans l’immense majorité des entreprises, les équipes de développement s’occupent du code et passent ensuite le «bébé» aux équipes d’infrastructures qui vont, après moult tests, accepter de mettre cette application en production. Ce processus dure souvent des semaines ou des mois.

You built it, you run it Werner vogelsC’est Werner Vogels, le CTO d’AWS, Amazon Web Services, qui en a donné ce qui est pour moi la meilleure et la plus simple définition :

«You build it, you run it»

Chez AWS, des centaines de projets Devops avancent en parallèle. Dès que l’équipe du projet 134 est prête, elle met en production la nouvelle version sans se préoccuper de ce que font les autres projets. Toute les notions de synchronisation ou de schéma directeur disparaissent, car elles seraient des facteurs de blocage et de ralentissement insupportables.

AWS Certified Devops EngineerAWS a récemment créé une certification «Devops Engineer».

Devops est utilisé par tous les géants du Web et des entreprises innovantes telles que NetFlix.

En apparence, la démarche Devops est en contradiction avec une des idées que je défends avec le plus de force, l’indépendance entre les usages et les infrastructures.

C’est là qu’intervient la deuxième révolution, «serverless»

Serverless

La démarche serverless, «sans serveur», consiste à affranchir l’ingénieur logiciel de toute référence à des ressources matérielles d’infrastructures, telles que serveurs ou fichiers.

Aws lambda Une fois de plus, c’est AWS qui a pris le leadership dans ce domaine, avec l’annonce de Lambda ( λ ).

L’application envoie des ordres, les lambda functions, et le service Lambda va dynamiquement mettre en œuvre les ressources d’infrastructures nécessaires à son exécution.

Avec Lambda, on atteint la parfaite indépendance usages - infrastructures ; les développeurs ne pensent qu’à leur code, et Lambda met en œuvre les ressources nécessaires.

Book AWS LambdaUn premier livre sur Lambda est disponible, pour le moment uniquement en version Kindle.

 Les leaders mondiaux de l’informatique ont bien pris conscience de l’importance de cette démarche «serverless». L’avancée prise par AWS avec Lambda les inquiète et ils commencent à réagir :

  • Google a annoncé, début 2016, Google Cloud Functions, très proche dans sa logique de Lambda.
  • Le projet Kratos, porté par Iron.io, a pour objectif de rendre Lambda agnostique et de permettre de porter les fonctions λ sur tous les fournisseurs de Cloud.

Kratos project - AWS Lambda compatible

J’aurais aussi pu parler des microservices, des différents langages disponibles ou des grands frameworks applicatifs. J’ai préféré me concentrer sur les deux concepts qui vont, à mon avis, avoir le plus d’impacts sur le métier d’ingénieur logiciel : Devops et Serverless.

MAJ du 23 février 2016

IBM rejoint AWS et Google avec l'annonce de sa version Serverless pour Bluemix : OpenWhisk. IBM met en avant une caractéristique importante : c'est une solution Open Source.

 

Actions urgentes, immédiates

DPC Risk sharks S 48163440Les entreprises, et en particulier les plus grandes, qui n’auront pas, très rapidement, des équipes internes d’ingénieurs logiciels qui maîtrisent Devops et Serverless prendront de graves risques de perte de compétitivité.

Il leur sera très difficile de se battre à armes égales avec leurs concurrents capables de produire, mois après mois, de nouveaux services numériques innovants.

Pour recréer des conditions d’accueil d’ingénieurs logiciels, DRH et DSI doivent travailler ensemble pour proposer des rémunérations et des plans de carrière dignes de ce nom.

Rémunération

Le site ComputerCareers vient de publier une étude sur les salaires des ingénieurs logiciels ; ce sont les chiffres de décembre 2015. Ce tableau donne les résultats dans les entreprises qui payent le mieux.

Computer careers Salaires Software engineers : company 12:2015Pour les sept entreprises citées, la moyenne des salaires annuels est dans la fourchette 130 000 à 155 000 dollars.

Plans de carrières

Ce deuxième tableau montre que l’écart entre les débutants et les mieux payés est de 1 à 3, ce qui permet des plans de carrière raisonnables.

Computercareers salary range

Comparez ces chiffres à ceux pratiqués dans votre entreprise : même en tenant compte des écarts de salaires entre les USA et l’Europe, vous aurez une bonne idée du chemin qui reste à parcourir.

Les ingénieurs logiciels seront, demain, les informaticiens les plus importants de vos équipes. Proches des directions métiers, ils vont acquérir de plus en plus de compétences sur les activités essentielles des entreprises. Il serait criminel de ne pas les «chouchouter», de ne pas leur donner la possibilité d’exercer cette activité pendant des dizaines d’années.

 

Des paroles ou des actes

DPC Word Action S 100476305Les entreprises doivent arrêter de se faire plaisir avec des mots et des concepts ronflants, qui ne débouchent sur rien de concret, d’opérationnel. L’action doit prendre le pas sur la parole, et vite !

Vous aimez développer des logiciels ? Nous vous proposons des carrières passionnantes, à long terme.

Combien d’entreprises sont capables, aujourd’hui de tenir ce discours et... de le mettre en œuvre.

Il existe heureusement des lueurs d'espoir ; dans un entretien avec la revue du digital, Carlos Gonçalves, DSI de Société Générale CIB, prévoit "un avenir incroyable pour les bons développeurs".

Avenir incroyable pour développeurs DSI Société Générale

Espérons qu'ils seront de plus en plus nombreux, les DSI à partager son point de vue !


FNAC et Motorola : deux PME qui n’ont rien compris aux attentes des clients Internet

 

DPC Yell S 89339396Trop, c’est trop ! De temps en temps, cela fait du bien de pousser un « coup de gueule », ce que je fais aujourd’hui.

J’ai choisi d’illustrer le retard catastrophique que des « PME » telles que la FNAC ou Motorola ont pris dans la gestion de leurs clients Internet. Ces exemples sont des signes inquiétants d’un mouvement plus large, qui frappe un trop grand nombre d’entreprises.

« Le client au centre de nos préoccupations », c’est le discours de toutes les entreprises aujourd’hui, mais la réalité vécue par ces clients est trop souvent... l’inverse !

DPC business process ss 73458201La principale cause de cette situation : des processus à revoir de fond en comble, centrés aujourd’hui sur les attentes des acteurs internes et qui oublient les demandes de base des clients.

Vous avez tous vécu des situations similaires, en ayant l’impression que l’entreprise à laquelle vous essayez d’acheter un service ou un produit fait tout ce qu’elle peut pour vous en décourager. L’analyse qui suit, de quatre petits exemples concrets, a pour objectif d’alerter les entreprises sur les impacts catastrophiques que peuvent avoir des processus « anti-clients ».

Ces quatre « saynètes » n’ont, individuellement, aucune gravité ; prises ensemble, elles montrent à quel point de grandes entreprises prennent des risques majeurs en oubliant que ce sont leurs clients qui les font vivre.

 

FNAC 

Acte 1 : tentative d’achat d’un smartphone.

Logo Fnac.comIl y a deux ans, Je décide de faire une opération très complexe, acheter sur Internet un smartphone. Je vais sur le site FNAC.com, pour changer un peu de mon fournisseur habituel, Amazon.com

En apparence, tout se passe bien ; je paie avec ma carte American Express (AMEX) et FNAC.com m’annonce une livraison dans 4 jours.

Une semaine, dix jours se passent et je n’ai aucune nouvelle, rien ! Je me décide à appeler par téléphone, ne trouvant aucune information sur le site.

Après de longues minutes d’attente, une personne sympathique prend mon appel ; je lui donne la référence de mon achat et lui demande pourquoi ce retard. C’est à ce moment que commence un dialogue « ubuesque » :

  • Nous avons un problème de paiement avec AMEX.
  • Lequel ?
  • C’est la première fois que vous payez chez nous avec AMEX ?
  • Oui.
  • Nous ne pouvons pas accepter le paiement sans confirmation de domicile.
  • Vous ne pouviez pas m’en informer au moment du paiement, ou par email ! Si je n’avais pas appelé, j’aurais pu attendre... longtemps.
  • Désolé, mais, en plus, pour confirmer votre adresse, il faut que vous nous envoyiez,par « courrier papier », un document de justification de domicile ! Jamais on ne m’avait encore fait une blague pareille, sur Internet !

J'ai immédiatement annulé ma commande et acheté ce smartphone, devinez où, sur Amazon.

Acte 2 : achat d’un livre en magasin FNAC

Il y a un an, passant devant un magasin FNAC, je rentre pour acheter un livre peu connu.
Très aimable, le vendeur regarde sur son écran et me dit : « on peut vous le livrer dans 15 jours ». 

Je paie avec ma carte de crédit en choisissant VISA (pas AMEX !) et part avec mon reçu.

Lettre chéque FNACUne semaine plus tard, je reçois à mon domicile une lettre de la FNAC :

  • Elle m’annonce que le livre n’est pas disponible ! On aurait peut-être pu le dire immédiatement !
  • La lettre contenait un... chèque de remboursement !! C’est bien la première fois que l’on me crédite un paiement carte de crédit par un chèque.

J’ai un scoop pour la FNAC : il est possible de créditer directement le compte de la carte de crédit.

En plus d’une image client désastreuse, est-ce qu’il y a une seule personne un peu raisonnable à la FNAC qui s'est posée la question du coût de ce processus ?

  • Impression et envoi de la lettre chèque.
  • Envoi par le client à sa banque.
  • Traitement du chèque par la banque.
  • J’avais oublié de préciser que le montant de mon achat était de 18,72 €.

Dans les deux cas, ce ne sont pas les personnes qui sont en cause, elles ont fait le mieux possible leur travail. Ce sont les processus qu’il faut revoir de fond en comble.

L’équation est simple : 

Un service banalisé + un processus catastrophique = un client définitivement perdu.

 

Motorola 

Acte 3 : tentative d’achat d’un smartphone Motorola G

Logo motorola - LenovoMotorola a annoncé en septembre 2015 la version 3 du modèle G, un smartphone avec un excellent rapport qualité/prix. Je décide de commander la version « haut de gamme », avec 2 Go de mémoire et 16 Go de flash, pour le prix « exorbitant » de 229 € TTC, livraison comprise.

Motorola G commandéJe profite aussi d’un sympathique service de personnalisation pour choisir quelques options comme la couleur du dos.

La commande se déroule sans encombre et l’on m’annonce un délai de livraison de 15 jours, car la demande est forte.

Surprise ! Le lendemain je reçois un courriel m’annonçant que ma commande est « en suspens ».

Ordre Motorola %22en suspens%22J’appelle donc le numéro indiqué (payant !!) et une personne, encore une fois prête à m’aider le mieux possible, m’explique que ma commande ne peut être honorée, car j’ai... payé sur le site français avec une carte Visa... espagnole. Je ne savais pas qu’Arnaud Montebourg était conseiller de Motorola France pour pratiquer le « traité en France ».

Nous sommes en 2015 ! Ce n’était pas une carte de crédit grecque ! Il ne doit pas être impossible de détecter l’origine de ma carte au moment du paiement pour me prévenir que je dois utiliser une carte française !

Je propose gentiment de lui donner par téléphone les numéros de ma carte française. Réponse : c’est impossible, il faut annuler la commande et retourner sur le site Motorola pour reprendre à zéro tout le... processus de commande. 

Je suis enchanté de la réponse ? Non, mais j’accepte de repasser commande, car j’ai bien compris qu’il n’y a pas d’alternative. Je pose la question sur la date de livraison et on m’annonce qu’elle sera probablement décalée.

Acte 4 : deuxième tentative d’achat du même smartphone Motorola G

Plein de bonne volonté, je repasse ma commande en prenant soin de payer avec une carte Visa française.

Surprise ! Le lendemain, je reçois à nouveau le même message de mise en suspens de ma commande.

Très perplexe, je retourne sur le site voir l’état de ma commande et j’ai le plaisir de lire qu’elle est « Cancelled » (annulée) alors que le courriel parle de « en suspens ».

Motorola ordre %22cancelled%22Trois remarques :

  • Est-ce trop demander à Motorola France de mettre « annulée » au lieu de « cancelled », quand tout le reste du texte est en français ?
  • Pourquoi mettre cancelled quand on veut dire « en suspens » ?
  • Le comble ! Motorola a bien compris qu’il y a un problème ; en relisant le message reçu par courriel (voir plus haut) il est précisé en petit, dans la dernière ligne que je risque de voir apparaître par erreur le message « annulé ». Au lieu de corriger une erreur dans le processus, on le... complexifie pour rajouter un texte qui n’aurait jamais du exister.

Nouvel appel, payant, à Motorola pour comprendre le pourquoi de ce deuxième rejet. La réponse obtenue est tout simplement ahurissante : « comme mon paiement précédent a été rejeté, je suis maintenant suspect et on refuse ma deuxième prise de commande ». Motorola est aussi devenu un adepte du principe de précaution, cher à la France.

Mon interlocutrice, toujours aimable, m’annonce qu’elle pense avoir une solution : elle va appeler un responsable des ventes qui a le pouvoir de « forcer » la commande, qui pourrait être autorisée dans... 2 ou 3 jours ! Je suis, vous l’avez compris, « enchanté » de cette réponse.

J’ai enfin reçu une bonne nouvelle : ma commande a été débloquée. C’est bien, mais il ne faut pas oublier qu’elle n’aurait jamais dû être... bloquée.

Le plus triste de cette histoire : plusieurs personnes de Motorola ont perdu du temps pour essayer de court-circuiter un processus catastrophique au lieu de le corriger, et tout cela pour une commande de 229 €. Le coût de ce dysfonctionnement interne doit approcher le montant de ma commande.

L’équation est simple :

Un excellent produit + un processus catastrophique = un client furieux, mais qui reste quand même client.

 

Un contre exemple positif : la démarche de Jeff Bezos, PDG d’Amazon

Jeff Bezos + logoComment « ravir les clients Internet » ? Ce devrait être l’objectif prioritaire de toute entreprise qui utilise le Web. La démarche suivie par le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, en est une excellente illustration.

Tous les mois, il passe une journée dans un centre d’appels, à dialoguer avec les clients comme un opérateur normal. Combien de dirigeants d’entreprises ont une démarche de ce type ?

Ce qui est encore plus passionnant, c’est la logique suivie : si un client appelle, c’est que... nous ne sommes pas bons ! Il suffit d’avoir passé un moment dans des centres d’appel pour avoir entendu des opérateurs employer des phrases du genre : « Ils sont nuls, ils n’ont rien compris, quelle plaie... » en parlant des... clients.

La réponse de Jeff Bezos : analysons pourquoi cet appel a eu lieu, ce qui fait que le client a du appeler et changeons le processus pour qu’aucun nouvel appel de ce type ne se reproduise.

Connaissez-vous beaucoup de sites Web aussi agréables, aussi efficaces que ceux d’Amazon ? Moi, non.

Je suis persuadé que c’est à l’aide de dizaines, de centaines de petites modifications de processus qu’Amazon a obtenu cette fluidité, ce confort d’usage qui les rend aussi redoutables. 

 

Résumé

DPC papillon noir S 70571708Ce sont des dizaines de « petites erreurs » dans les processus qui créent de grandes catastrophes, ce que j’ai envie de nommer « l’effet papillon » des processus.

Combien de temps faudrait-il aux équipes informatiques de la FNAC ou de Motorola pour corriger ces erreurs ridicules de processus ? 15 jours ? 1 mois ? Combien faudra-t-il de clients perdus, insatisfaits pour que la décision soit prise ?

Je rencontre tous les jours des salariés motivés, pleins de bonne volonté, qui font leur maximum pour satisfaire leurs clients malgré les défauts, les absurdités des processus internes.

Les entreprises doivent comprendre que c’est par la fluidité et l’ergonomie de leurs processus clients externes qu’est jugée la qualité de leur SI.

Ecoutez vos clients, écoutez leurs remarques, ce sont les mieux placés pour vous aider à améliorer vos processus. 

 


Systèmes d’Information de l’état, deuxième partie : des clefs pour réussir, immédiatement

 

DPC future loading S 84561724Dans la première partie de cette analyse, j’ai été très critique de certains choix stratégiques faits aujourd’hui pour les Systèmes d’Information du secteur public, qui les mènent dans le mur.

Dans cette deuxième partie, je propose une nouvelle démarche, réaliste, opérationnelle, qui peut donner des résultats dans les mois qui viennent.

La seule condition pour réussir : accepter de remettre en cause une grande partie des axes stratégiques actuels ; facile à écrire, difficile à mettre en œuvre.

  

Modèle B I S, appliqué au secteur public

Début 2015, j’ai présenté sur ce blog le modèle B I S, Business, Infrastructures, Support.

Le modèle B I S s’applique très bien... à tous les Systèmes d’Information du secteur public.

Modèle B I S

  • B = Usages Business, cœur métier.
  • I = Infrastructures.
  • S = Usages support, universels. 

La vision stratégique que je propose pour les SI de l’État est raisonnablement simple :

  • Faire comme toutes les organisations du monde : choisir « sur étagère », le meilleur des solutions industrielles pour I et S.
  • Investir uniquement sur ce qui fait la spécificité du secteur public, des applications cœur métier, très nombreuses.

 

Secteur public : choisir le meilleur du marché pour les infrastructures

J’ai une excellente nouvelle pour les responsables de la stratégie SI du gouvernement français et pour tous les DSI des organismes publics : ils peuvent déployer, immédiatement, les meilleures solutions du monde pour leurs infrastructures.

  • Il n’y a pas de modèles spécifiques « secteur public » pour les objets d’accès au SI : les mêmes PC Windows, Macintosh, Chromebooks, tablettes ou smartphones, les mêmes navigateurs peuvent être utilisés par toutes les entreprises, publiques ou privées. Problème réglé.
  • Il n’y a pas de réseaux spécifiques « secteur public » : les mêmes réseaux sans fil, WiFi, 3G ou 4G, les mêmes réseaux WAN et MAN peuvent être déployés par toutes les entreprises, publiques ou privées. Problème réglé.
  • Concernant les centres de calcul, il est aussi absurde pour les organisations publiques que privées de continuer à construire ou exploiter des « centres de calcul privés », improprement appelés « Cloud Privés ». Toutes les entreprises peuvent migrer leurs infrastructures serveurs sur des clouds publics, en donnant bien sur la priorité aux acteurs industriels et pérennes. Problème réglé.

Tout ceci est résumé dans ce schéma très simple :

Infrastructures cibles - Secteur public

L’État n’a plus besoin d’investir dans des infrastructures informatiques et pourra fermer, d’ici 2021, plus de 90 % de ses centres de calcul existants. C’est une excellente nouvelle pour les finances publiques...

Une mesure conservatoire s’impose : un décret peut être publié cet été pour annoncer que : « à partir du 1er septembre 2015, aucun organisme public n’est autorisé à acheter un seul nouveau serveur. »

 

Secteur public : choisir le meilleur du marché pour les usages support

DPC SaaS on yellow line s 81917193Pour la dimension « S », fonctions support, la décision stratégique est, elle aussi, très simple à formuler :

« Seules des applications SaaS, multi-tenant sont autorisées dans les organisations publiques, pour répondre aux usages support ».

C’est une excellente nouvelle de plus pour les financiers et les DSI du secteur public ; il existe, aujourd’hui, des réponses SaaS pour 100 % des usages support dont ont besoin les organisations publiques. Quelques exemples :

  • Messagerie et fonctions bureautiques : Google Apps ou Office 365 de Microsoft. Conséquence logique : abandon immédiat des solutions « gauloises Open Source » dont j’ai parlé dans la première partie de cette analyse.
  • Gestion des voyages : Concur ou KDS.
  • Enquêtes : SurveyMonkey.
  • Il existe d’excellentes solutions « françaises » pour répondre à des usages support. On peut citer : Logos editeurs SaaS français
  •     TalentSoft pour la gestion des ressources humaines ; c’est la solution choisie par la SNCF pour ses 150 000 collaborateurs.
  •     BIME pour les outils décisionnels et de reporting.
  •     ESKER ou Yooz pour la dématérialisation, usage considéré comme prioritaire dans la « Loi Macron », ce qui est une excellente initiative.

Pour mettre en œuvre cette politique « SaaS Only », le gouvernement français peut s’inspirer de ce qu’on fait nos voisins britanniques, dès 2012 : proposer une place de marché où sont présentes toutes les applications « SaaS multi-tenant » présélectionnées. En juillet 2015, il y a plus de 5 000 applications référencées !

UK Government G -Cloud SaaSUn organisme public anglais peut aller sur cette place de marché et choisir la solution qui lui parait la plus raisonnable ; il peut la commander immédiatement, au prix indiqué ! C’est la fin les délais et les coûts monstrueux des appels d’offres : personne ne s’en plaindra !

La place de marché SaaS du gouvernement anglais était opérationnelle en 4 semaines. Je propose donc que la place de marche SaaS française soit construire pendant le dernier trimestre 2015 et que le décret en rendant l’usage obligatoire soit daté du lundi 4 janvier 2016, pour bien commencer l’année dans le secteur public.

  

Les usages cœur métier, priorité absolue pour les SI de l’État

Les nouvelles options stratégiques pour les infrastructures et les usages support vont libérer beaucoup de temps et d’argent pour s’occuper de ce qui est essentiel, les usages « B », cœur métier.

DPC Dossier médical S 68160616J’ai souvent eu l’honneur de travailler avec des conseils généraux, des villes, des hôpitaux... J’ai découvert a chaque fois que le nombre et la variété des usages cœur métier étaient impressionnants.

Une ville de taille moyenne a beaucoup plus d’applications métiers qu’une grande banque nationale : elle s’occupe d’éducation, de sécurité, de jardins, de personnes âgées...

Dans ce domaine, l’excessive centralisation de l’État français a au moins un avantage : pour l’essentiel, les règlements qui s’appliquent sont les mêmes sur tout le territoire. Ceci permet d’envisager l’usage de la troisième voie du Cloud, le cloud communautaire, sujet que j’avais traité dans deux billets dès 2011.

Community cloudsRappel :  caractéristiques principales d’un cloud communautaire :

  • Propose une application métier spécifique.
  • Ces applications sont construites en SaaS multi-tenant.
  • Elles sont, de plus en plus souvent, hébergées sur des plateformes IaaS.

La priorité absolue, immédiate, des responsables des SI de l’État français doit être de promouvoir la création de dizaines, de centaines d’applications cœur métier SaaS, disponibles sur des clouds communautaires.

Pour ces applications cœur métier, privilégier des infrastructures clouds publics sur le territoire national a du sens. OVH, Orange-CloudWatt, Numergy, Outscale ou d’autres sociétés pourront être mises en concurrence pour héberger ces applications cœur métier. Le fait que ces applications SaaS ne soient pas toutes chez le même fournisseur serait une bonne chose, en créant un environnement concurrentiel fort entre ces acteurs, dont pourront bénéficier tous les organismes publics.

La tache est immense, compte tenu du très grand nombre d’applications cœur métiers à construire. Pour répondre à ce challenge, je propose une démarche très pragmatique :

  • Logo Coter ClubS’appuyer sur les organismes associatifs existants. Dans le domaine des collectivités locales, le Coter-Club est le partenaire évident. Je suis persuadé qu’ils seraient prêts à établir, rapidement, une première liste d’applications prioritaires, après une enquête auprès de leurs membres. La même démarche peut être menée auprès des associations de DSI du secteur de la santé, des ministères.
  • Privilégier au début les applications cœur métier les plus simples, les plus rapides à déployer, celles qui posent le moins de problèmes techniques ou organisationnels. Nous avons trop tendance, en France, à chercher les sujets les plus complexes pour démarrer !
  • S’appuyer, chaque fois que c’est possible, sur les éditeurs historiques de solutions métiers existantes. Ils connaissent bien les problématiques de ces applications mais n’ont pas toujours l’envie ou les compétences nécessaires pour basculer de leur modèle actuel, de logiciels à installer avec ventes de licences vers un modèle économique SaaS.  Aider financièrement ces éditeurs, souvent petits, à prendre le virage du SaaS sera un investissement raisonnable et porteur de véritable valeur, pour les organismes publics clients et pour les éditeurs.
  • Utiliser tous les outils existants qui permettent d’industrialiser au maximum cette migration. Je pense en particulier aux solutions de Corent Technologies, « SurPaas », qui permettent de transformer très rapidement certaines applications existantes en véritables applications SaaS mullti-tenant. Corent Surpaas

En profiter pour recréer des filières d’excellence pour favoriser la carrière des développeurs, des ingénieurs logiciels, sujet que j’ai traité récemment. C’est un domaine où le secteur public peut être très moteur.

Dans les domaines « I » et « S », l’offre de solutions est en avance sur la demande ; il n’est donc pas nécessaire d’investir, il suffit de déployer les solutions existantes.

Dans le domaine « B », l’offre est très en retard sur la demande. C’est dans ce domaine que l’État doit favoriser l’investissement en aidant à la création de produits pour lesquels une forte demande latente existe.

  

Des exemples à suivre, dans d’autres pays

J’ai déjà présenté la stratégie Cloud du gouvernement US (2011) et la place de marché du gouvernement UK (2012).

Il y a d’autres initiatives innovantes dans le domaine des SI du secteur public, dont on peut aussi s’inspirer en France. Je vous en propose quatre :

  • Obama 150 people IT teamLe président Obama vient de recruter une équipe « secrète » de 150 personnes, parmi les plus brillants informaticiens de la Silicon Valley, pour l’aider à moderniser les SI du gouvernement américain. Ils ont tous accepté cette « mission », c’est le mot qui convient, malgré de fortes baisses de salaires et les « stock options » abandonnées.
  • David Recordon White House IT directorEn mars 2015, la « Maison Blanche » a recruté son nouveau directeur informatique : David Recordon a 28 ans, travaillait avant chez Facebook et est l’un des gurus de l’Open Source.
  • Toujours en mars 2015, l’armée américaine a publié un document, public, définissant sa stratégie Cloud Computing. Parmi les objectifs annoncés : « réduire notre possession des matériels (I) et autres technologies de commodités (S)... pour mieux répondre à nos missions (B) ». US Army Strategy objectives
  • Plus près de nous, l’Estonie a développé ce qui est considéré aujourd’hui comme le SI d’e-gouvernement le plus avancé du monde.

 

Résumé

DPC oui  S 42619841Oui, il est possible, rapidement de définir une stratégie SI innovante pour le secteur public.

Oui, on peut être optimiste en voyant ce qu’il est possible de faire, aujourd’hui, pour améliorer le fonctionnement et l’efficacité des acteurs du secteur public.

Oui, mais, tout cela dépend d’une forte capacité à remettre en cause des démarches et stratégies actuelles qui, elles, nous conduisent dans le mur.

 


Systèmes d’Information de l’état : alerte aux erreurs stratégiques - Première partie

 

DPC Alerte S 77134119Les systèmes d’information du secteur public, et en particulier ceux pilotés par la DISIC, prennent en ce moment des virages stratégiques dangereux.

 

Nous savons tous que le gouvernement français a des budgets sans limites et qu’il est possible de dépenser sans compter ! Les SI du secteur public peuvent contribuer beaucoup, et rapidement, à la modernisation du fonctionnement de l’état et à la réduction des dépenses publiques. Encore faut-il que les décisions prises aillent dans le bon sens, ce qui n’est vraiment pas le cas aujourd’hui
Je vous propose, dans cette première partie, de mettre en évidence quelques erreurs stratégiques récentes.

DPC Diagnostic clavier S 53105774Ce diagnostic serait sans intérêt s’il n’y avait pas d’autres pistes possibles ; ce sont celles que je vais explorer dans la deuxième partie de cette analyse.

En publiant ces deux billets, je suis conscient que je vais me mettre à dos le ban et l’arrière-ban des sommités informatiques du secteur public ; j’en assume le risque ! 

Mon éthique m’interdit de rester silencieux quand je mesure l’ampleur des catastrophes qui s’annoncent.

  

Secteur public, secteur privé : des challenges SI similaires

DPC Privé Public S 59256035Pour l’essentiel, les mêmes outils informatiques d’infrastructures et d’usages peuvent être déployés dans toutes les organisations, publiques et privées.

Ce qui fonctionne bien dans les entreprises privées peut aussi donner d’excellents résultats dans la sphère publique, et il serait criminel de ne pas en profiter.

  • Les mêmes PC, tablettes, smartphones, réseaux WAN et LAN, solutions IaaS, Infrastructures as a Service... sont disponibles pour toutes les organisations, privées comme publiques.
  • Les mêmes applications « universelles » SaaS, Software as a Service, telles que messagerie, décisionnel, gestion RH, budgets... peuvent être déployées dans une administration publique, une banque ou une société pétrolière. 

Il y a bien sur des différences entre ces deux mondes, et en particulier pour tout ce qui touche les applications « cœur métier » spécifiques. J’aurai l’occasion d’en reparler dans la deuxième partie.

Il semblerait que de grands pontes de l’informatique du secteur public pensent le contraire ; trois exemples précis vont illustrer quelques-unes des erreurs stratégiques commises par le secteur public. 

  

Echec sanglant des « clouds souverains » 

La « souveraineté de la France » est menacée par l’invasion des grands méchants industriels de l’IaaS, Infrastructure as a Service, AWS, Google et Microsoft ? Qu’à cela ne tienne, on va créer des clouds souverains, avec le financement de l’état, en l’occurrence la Caisse des Dépôts.

Résultats cloud à la FrançaiseEntre 2012 et 2015, les performances de ces deux acteurs souverains, Numergy et ClouWatt, ont été « spectaculaires » comme l’a confirmé une enquête de BFM-TV en juin 2015.

Sur la même période, et sans aucun financement public, des acteurs tels que OVH ou Outscale ont développé des offres crédibles, déployées au niveau international et non pas seulement à l’intérieur des frontières de la France.

CloudWatt a été repris par OBS, Orange Business Services : espérons que cela leur permettra de retrouver rapidement un nouveau positionnement, pérenne et spécialisé.

Quel avenir pour Numergy, maintenant que son actionnaire SFR a été repris par Numéricable et que l’autre actionnaire, Bull, a rejoint Atos ? Bien malin qui pourrait répondre aujourd’hui à cette question, surtout quand on connait le goût prononcé de l’actionnaire principal de SFR, Patrick Drahi, pour les entreprises qui perdent beaucoup d’argent...

  

Appel d’offres « Cloud Public », téléguidé pour Orange

DPC Public Cloud S only 62180979En mai 2015, l’État français annonce en grande pompe son premier appel d’offres pour un cloud public.

Et un projet ridicule de plus ! J’ai du relire plusieurs fois ce document pour être certain de ne pas me tromper ; on parle d’1 M€ sur deux ans quand les achats d’informatiques gérés par les services d’achats de l’état sont de 30 milliards d’euros par an.

La rédaction de cet appel d’offres, un chef d’œuvre de mauvaise foi, interdisait en pratique à tous les acteurs industriels du marché de répondre.

Et, quelle surprise... C’est Orange avec OBS qui va gagner ce micro-marché.

Il y a vraiment de quoi s’inquiéter très sérieusement si les responsables informatiques de l’état essayent de nous convaincre qu’ils croient en l’avenir du cloud public en annonçant fièrement qu’ils vont y consacrer 0,016 % de leur budget.

US it federal_budget_on_cloudUn léger contraste : dès 2011, le rapport stratégique sur l’informatique du gouvernement fédéral américain proposait de basculer 25 % de ses budgets informatiques, soit 20 milliards de dollars, sur le Cloud.

25 % contre 0, 016 %, et 5 ans après ! Les décideurs informatiques du secteur public français ont vraiment pris conscience des potentiels des infrastructures cloud...

 

L’obsession Open Source, et ses dérives

DPC Open Source S 76074527Les solutions Open Source sont omniprésentes dans les infrastructures Cloud des grands acteurs industriels tels qu’AWS, Google ou Facebook. Même Microsoft s’est converti et soutient des projets Open Source tels que Mesos ou Docker.

Ce n’est pas moi qui vais reprocher au gouvernement français de trouver de la valeur aux solutions Open Source, au contraire.

Par contre, en faire une religion, un dogme est très dangereux, surtout si on parle plus de « logiciels libres » avec toutes les connotations politico-économiques que cela induit que d’Open Source, qui a une signification technique claire et non ambigüe.

Cette dérive dogmatique s’est traduite, en juillet 2015, par une nouvelle décision ridicule, absurde et qui va jeter, dans le monde entier, un discrédit total sur la capacité de nos dirigeants informatiques du secteur public.

Le gouvernement va investir environ 11 M€, sur quatre ans, pour concurrencer les « PME Google et Microsoft » en finançant le projet OpenPaaS, des solutions Open Source de bureautique et de messagerie.

Dans mes cauchemars les plus noirs, jamais je n’aurais pu imaginer que l’on oserait prendre une décision aussi nulle : 

  • Face aux deux leaders mondiaux de la bureautique Cloud, Google Apps et Microsoft Office 365, Linagora, une ESN qui fait 11 M € de CA, pour l’essentiel avec le secteur public, a été chargée de développer une solution « gauloise », annoncée fièrement comme bien meilleure que celles des nuls américains. 
  • Je ne résiste pas au plaisir de citer l’un des avantages clefs de cette petite merveille : contrairement aux solutions actuelles, qui limitent à quelques dizaines le nombre de personnes qui peuvent collaborer en temps réel sur un même document, il sera maintenant possible à des centaines de personnes de le faire. Toute personne qui a déjà participé à la rédaction d’un document collaboratif sait très bien qu’au-delà de 5 à 7 personnes, c’est mission impossible.
  • Comble de la bêtise, ce sera bien sur une solution de type « cloud privé » ; elle va obliger les organismes publics à installer et gérer leurs propres serveurs de messagerie et de stockage de contenus. Linagora proposera même d’héberger ces messageries aux organismes qui le souhaitent...
  • Cela fait maintenant plus de sept ans que les entreprises privées ont commencé leur migration vers les solutions SaaS de Google puis de Microsoft. Tout DSI qui n’a pas compris que son rôle n’est plus de gérer en interne sa messagerie doit de toute urgence changer de métier.
  • Je l’ai écrit plus haut, mais il est important de le répéter : si tout va bien ce projet génial verra le jour dans 3 ou 4 ans.

DPC gaspillage S 34295231Ce ne sont pas les 11 M € qui seront gaspillés inutilement dans ce projet qui me font hurler le plus ; ce sont les centaines de millions d’euros qui seront dépensés par tous les ministères et organismes publics, condamnés à déployer une solution mort-née. Ceci réduira d’autant leur capacité à investir dans de véritables solutions à forte valeur ajoutée. 

Ce sera aussi un retard catastrophique de plusieurs années imposé à tous ces organismes publics qui devront attendre l’arrivée d’une solution sans avenir et n’auront pas l’autorisation de déployer les solutions industrielles immédiatement opérationnelles.

Une décision ridicule similaire avait déjà été prise il y a un an, obligeant les universités françaises à déployer BlueMind, une autre solution Open Source... concurrente de celle de Linagora. Ces deux entreprises sont d’ailleurs en procès.

Il y a peut-être une solution astucieuse pour transformer cette catastrophe annoncée en outil de compétitivité pour la France : cela consisterait à l’offrir gratuitement OpenPaas à des pays concurrents, si on en trouve d’assez naïfs pour accepter ce cadeau empoisonné.

  

Un long historique de catastrophes dans les SI publics

Ces exemples récents ne sont hélas pas les premiers. Nous connaissons tous quelques échecs majeurs informatiques dans le secteur public :

  • Logo ChorusChoisir l’ERP SAP pour le projet Chorus de refonte de la comptabilité publique française était une erreur grossière qui a coûté des milliards d’euros et a été fustigée par plusieurs commissions d’enquête parlementaires. Il suffisait de 5 minutes de bon sens pour comprendre que la comptabilité nationale française étant un « objet informatique unique au monde », la seule bonne réponse était un... développement spécifique.
  • Le projet Louvois de paie des militaires a été abandonné après dix ans d’efforts et... 200 M d’euros de trop payés par an.
  • Bercy operateur national de paieUne autre catastrophe, concernant la paie des fonctionnaires, a été évitée : l’Opérateur National de Paye (ONP), a été fermé au bout de 7 années d’efforts infructueux.

     

Il n’est pas trop tard pour que le secteur public change, immédiatement, de stratégie SI

DPC Optimismus S 86863025Je n’ai pas écrit ce texte pour mettre en lumière quelques-unes des erreurs stratégiques actuelles des responsables de l’avenir de l’informatique du secteur public ; je n’ai pas mené ce jeu de massacre pour le plaisir, au contraire.

Je l’ai fait, car je suis avant tout un optimiste, profondément persuadé qu’il est encore possible de construire des SI performants, économiques et flexibles, y compris dans le secteur public.

Ce seront ces idées positives que je vais défendre dans la deuxième partie de cette analyse.

DPC Old Way, New Way S 54116212L’organisme responsable des SI du secteur public, la DISIC, va changer de nom et s’appeler la DINSIC.

J’ose encore espérer que le changement de nom, suivi rapidement d’un changement du Directeur Général, sera aussi l’occasion d’un changement radical et rapide de stratégie.

 

 


Le talon d’Achille de Salesforce : ses infrastructures

 

Salesforce logoCoïncidence ? Au moment où je terminais ce billet, le Web évoque la possibilité que Salesforce.com soit racheté par une grande entreprise informatique. J’ai donc modifié un peu mon texte et aborderai ce sujet à la fin de mon billet.

Salesforce.com (SF.com) est une entreprise exceptionnelle, qui a vraiment lancé le mouvement SaaS, Software as a Service, il y a déjà 15 ans.

Mark Bernioff, son fondateur, un ancien d’Oracle, a fait beaucoup pour la promotion des solutions SaaS et a construit une entreprise dont le CA dépasse les 5 milliards de dollars ; bravo !

Etre pionnier sur un marché apporte beaucoup d’avantages, mais peut aussi avoir quelques conséquences négatives, et c’est le cas pour SF.com.

  

Les choix initiaux d’infrastructures de SF.com

Marc-BenioffEn 1999, à la création de SF.com, Mark Bernioff a choisi les solutions logicielles Oracle comme bases de sa solution. C’était à l’époque un choix raisonnable, doublement « aidé » par le fait que Mark avait fait carrière chez Oracle et que Larry Ellison, PDG d’Oracle, était l’un des premiers investisseurs dans SF.com.

A cette date, les solutions d’IaaS, Infrastructures as a Service, n’existent pas et SF.com est donc obligé de construire ses propres centres de calcul, comme toutes les entreprises de l’époque.

 

Des infrastructures anciennes, le talon d’Achille de SF.com 

Talon_achilleAujourd’hui, en 2015, SF.com continue à utiliser les solutions Oracle... et cela devient un problème majeur, pour SF.com et surtout pour ses clients.

En 2013, SF.com signe un accord avec Oracle qui en fait son fournisseur exclusif de solutions pour 9 ans !

9 ans : c’est une durée absurde dans le monde informatique actuel avec des technologies innovantes qui arrivent tous les mois.

Accord SF OracleDans le même accord, SF.com a même été obligé d’abandonner l’usage de solutions SaaS pour ses applications internes et choisir celles, vous l’aviez deviné, d’Oracle, comme l’indique clairement ce communiqué de presse commun signé en juin 2013.

Comment en est-on arrivé à cette situation catastrophique ?

Deux ans auparavant, Mark Bernioff avait acheté, fort cher, le droit d’être un conférencier « Keynote » à a réunion des utilisateurs d’Oracle, et Larry Ellison avait annulé cette intervention au dernier moment.

Les ennemis d’hier se sont miraculeusement réconciliés... Pourquoi ?


Salesforce.com, étranglé par ses coûts d’infrastructures

Tous les grands acteurs industriels du Cloud et du SaaS s’appuient sur des infrastructures Open Source, ce qui leur permet de croître rapidement sans voir leurs coûts d’infrastructures exploser.

A l’inverse, SF.com s’appuie sur des infrastructures Oracle dont les coûts ne sont pas connus pour être les plus bas du marché !

Hand cuffs Oracle SFOracle a pu exiger cet accord de 9 années en mettant une pression financière forte sur SF.com ; je ne vois pas d’autres raisons pour expliquer cette absurdité économique et financière.

Ces coûts exorbitants d’infrastructures expliquent aussi pourquoi, après 15 ans d’existence et plus de 5 milliards de dollars de CA, SF.com est encore en pertes. Ce qui est très inquiétant, c’est que SF.com est prisonnier de ces choix techniques pour encore 7 années, une éternité dans le monde du Cloud.

 

Quels impacts pour les entreprises

SF.com est l’une des solutions SaaS les plus chères du marché, même si aucune grande entreprise ne paye le prix officiel. 

Prix SF.com FranceTous les DSI, tous les acheteurs informatiques savent très bien qu’ils peuvent obtenir des réductions très fortes des commerciaux d’Oracle ; des pourcentages similaires sont possibles avec SF.com.

Cette dimension « coût » n’est pourtant pas la plus importante. 

La vraie question que doivent se poser les entreprises quand elles envisagent de déployer SF.com est : est-ce un choix pertinent à long terme ?

La réponse est loin d’être évidente...

 

Salesforce : les questions à se poser en 2015

DPC Best of Breed S 74360988SF.com propose depuis 15 ans une excellente application SaaS pour les équipes commerciales, et cela reste vrai aujourd’hui. 

Dans la catégorie CRM « Best of Breed », il n’y a pas beaucoup d’alternatives à SF.com pour les grandes entreprises ; les offres CRM SaaS pour PME sont plus nombreuses.

Salesforce enters HR domainSalesforce a l’ambition de devenir une « plateforme » logicielle pour les entreprises et propose :

  • Des applications SaaS de Marketing.
  • Une plateforme de développement PaaS, Force.com
  • Fin avril 2015, SF.com a annoncé son entrée sur le marché des solutions SaaS dans le domaine des Ressources Humaines, en concurrence avec les ténors du domaine tels que SuccessFactors ou TalentSoft.

J’avais, il y a quelques semaines, tiré à boulets rouges contre SAP qui venait d’annoncer SAP S/4HANA, une solution qui liait infrastructures et usages, le péché capital de l’informatique moderne.

Si je reste cohérent avec cette logique, à la question :

SF.com est-elle une plateforme pour le futur, ma réponse est... NON.

Une entreprise n’a pas le droit, en 2015, de lier de manière pérenne le futur de son informatique à des solutions propriétaires.

Dans le cas de SF.com, je vais l’illustrer avec la plateforme PaaS proposée, Force.com. Quel est le langage de développement recommandé ? APEX.

APEX OracleOui, le même APEX qui est, vous l’avez deviné, le langage de développement propriétaire d’Oracle !

MAJ du 4 mai :

Florent, dans les commentaires, me signale qu'il y a de fortes différences entre les deux APEX, celui de SF.com et celui d'Oracle. Merci à lui.

Ce sont hélas tous les deux des langages propriétaires, donc à éviter au maximum pour ne pas se retrouver prisonnier d'une solution.

APEX d’Oracle et SF.com ou ABAP de SAP, ce sont des noms qui n’ont plus droit de cité dans votre panoplie d’outils informatiques.

Pour développer vos nouvelles applications, pour votre PaaS, les seules solutions autorisées sont des plateformes ouvertes telles que JavaScript ou PHP.

Choisir SF.com comme plateforme informatique, c’est s’enfermer dans une double prison :

  • Pour les infrastructures, Oracle ou Oracle.
  • Pour les outils de développements, APEX ou APEX.

Salesforce Jail - Infrastructure PaaSNe venez pas pleurer, si dans 3 ou 5 ans, vous souhaitez changer de plateforme et vous constatez que tous vos investissements sont sans valeur sur la nouvelle plateforme ouverte que vous avez choisie.

  

Un bon exemple de la nécessaire collaboration DSI - Métiers

Ce que je viens d’écrire sur SF.com illustre très bien l’indispensable collaboration entre la DSI et les directions métiers quand il s’agit de choisir des solutions informatiques Cloud et SaaS :

Collaboration DSI Métiers

  • Les équipes de la DSI doivent analyser les solutions envisagées sous l’angle de la technologie et présélectionner celles qui répondent à des critères informatiques : SaaS, ouverture, standards, pérennité...
  • Les directions métiers choisissent, parmi les solutions présélectionnées par la DSI, celles qui correspondent raisonnablement bien à leurs attentes.

N’oublions pas que la majorité des décisions de déployer SF.com avaient été prises par des directions commerciales sans en parler à la DSI. Ce phénomène de « Cloud Fantôme » continuera tant que les DSI n’iront pas vers les directions métiers pour les encourager à choisir des solutions SaaS.

Comment voulez-vous qu’une direction métier comprenne les risques d’une plateforme APEX ? La DSI doit les aider, les conseiller en leur expliquant pourquoi certains choix techniques, en apparence contraignants, sont faits pour ne pas rentrer dans un cul-de-sac technique.

 

Le rachat possible de Salesforce : quels candidats possibles

SF.com Racheté ?Je reviens maintenant sur les rumeurs qui courent en ce moment sur un rachat de Salesforce par une autre entreprise. La majorité des articles, celui cité au début de ce texte ou celui-là, ont établi une liste des acheteurs potentiels.

Parmi les noms cités, on trouve Amazon, Apple, Cisco, Google, IBM, Microsoft, Oracle ou SAP.

Quand on comprend à quel point SF.com et Oracle sont liés par des choix technologiques, la liste des acheteurs se réduit très vite :

  • Imaginez-vous sérieusement que des fournisseurs historiques tels que Cisco, IBM, Microsoft ou SAP vont investir dans une entreprise liée pendant encore 7 années avec Oracle ?
  • Imaginez-vous sérieusement que des fournisseurs natifs Clouds tels que Amazon ou Google vont investir dans une entreprise qui utilise des technologies qu’elles n’ont jamais déployées ?

Il ne reste donc qu’un seul acheteur potentiel, Oracle. 

  • Est-ce qu’Oracle peut racheter Salesforce ? Oui.
  • Est-ce qu’Oracle va racheter Salesforce ? Je n’en sais rien, et on pourrait avoir la réponse rapidement.