Dirigeants, vos rôles dans la transformation numérique au service des équipes terrain

 

XScénarios équipement équipes terrainDans un billet récent, j’ai abordé la dimension financière de l’équipement numérique des équipes terrain.

J’en reprends uniquement le tableau final, qui donne le coût complet d’une solution frontique, à savoir un smartphone et des applications numériques universelles.

Le coût mensuel par personne est compris entre 8 € et 25 €.

Je terminais en disant que la dimension financière était la plus simple à régler et que les dimensions management sont les plus complexes à régler.

C’est le thème de ce billet.

 

Les défis posés par l’équipement numérique des équipes terrain

Remarque préliminaire: ce que j'écris dans ce billet ne concerne pas votre entreprise !

Chez vous, tout est parfait, impeccable et les équipes terrain disposent des meilleurs outils numériques du monde.

C’est chez les autres que l’on rencontre les problèmes que j’expose ici:

● Dans la majorité des entreprises, les équipes terrain n’ont pas leur mot à dire sur le choix des outils numériques que l’on met à leur disposition.

● Dans la majorité des entreprises, les dirigeants n’ont pas la moindre idée de la réalité des activités des équipes terrain.

● Dans la majorité des entreprises, les équipes informatiques et numériques achètent ou développent des solutions numériques pour les équipes terrain sans faire le moindre effort pour aller sur le terrain et essayer de comprendre quelles sont leurs véritables attentes.

XAdS DPC filling forms S 37816129● Dans la majorité des entreprises, équiper tous les cols blancs d’un PC haut de gamme et d’un smartphone est une évidence quand on refuse trop souvent de fournir aux équipes terrain un smartphone professionnel, les obligeant à utiliser des formulaires papier, en 2022!

Dans toutes ces entreprises, cette fracture numérique entre les cols blancs et les équipes terrain doit cesser, et vite.

Comment ? En demandant aux dirigeants de prendre le problème en main et… de le résoudre.

La bonne nouvelle: c’est possible, rapidement.

 

Démarche Top Down - Bottom Up

La démarche proposée a déjà été suivie avec succès par un petit nombre d’entreprises innovantes.

Elle répond aux quatre défis que j’ai identifiés dans le paragraphe précédent et s’appuie sur un double mouvement, “Top-Down” et “Bottom-up”.

XWIzyVision - Top Down & Bottom Up

Pour la partie Top-down, les équipes dirigeantes ont la responsabilité d’impulser une stratégie claire, avec plusieurs objectifs:

● Faire de la réduction de la fracture numérique entre cols blancs et équipes terrain une priorité.

● Proposer des outils numériques qui encouragent une collaboration entre ces deux populations et rendent plus facile le partage d’information.

● Choisir des outils qui garantissent la pérennité des solutions proposées et évitent la prolifération d’un “Numérique Fantôme” comme on l’a connue pour les cols blancs.

● Mettre la sécurité et la protection des données au cœur des préoccupations.

Pour les équipes terrain, la démarche bottom-up répond à d’autres objectifs:

● Accepter le fait que les solutions numériques n’ont pas pour premier objectif de contrôler l’activité des équipes terrain, mais de les rendre plus efficaces dans leurs métiers.

Ceux qui font, savent. Ce sont les équipes terrain qui sont les mieux placées pour déterminer quels sont les outils numériques qui peuvent les aider dans leurs activités.

● Comprendre que la variété des activités demandées aux équipes terrain est beaucoup plus grande que ne le pensent les dirigeants.

● Instaurer une confiance réciproque entre les équipes terrain et les cols blancs.

● C’est en mettant entre les mains des équipes terrain des outils numériques universels, “frontiques”, qu’elles seront capables d’imaginer les dizaines de cas d’usage simples, à forte valeur ajoutée, qui les aideront dans leurs activités quotidiennes.

 

Les dirigeants acteurs

J’ai identifié quatre familles de dirigeants dont les rôles sont prioritaires pour assurer le succès d’une transformation numérique au service des équipes terrain.

XQuatre familles managers pour équipes terrain

L’ordre dans lequel je les présente n’ai pas dû au hasard; il va du plus important au moins important:

1. DRH, Direction des Ressources Humaines.

2. Directions métiers opérationnels, où travaillent les équipes terrain.

3. DSIN, Direction des Systèmes d’Information et du numérique.

4. DG, Direction Générale.

Par contre, la chronologie de l’ordre des interventions n’est pas la même: DRH, DSI, DG et Directions métiers opérationnels. C’est celui que je vais suivre dans mon analyse.

 

Rôle de la Direction des Ressources Humaines

Quand on parle d’équipes terrain, on fait référence à des personnes. Il est logique que la DRH d’une entreprise soit en première ligne pour orchestrer la disparition de la fracture numérique interne entre les cols blancs et les équipes terrain.

En France, les collaborateurs des équipes terrain, les personnes qui ne peuvent pas télétravailler, représentent environ 60% des salariés. C’est très variable selon les secteurs d’activités.

Faire rentrer les équipes terrain dans le monde numérique, toutes les personnes de ces équipes, quelle que soit leur formation initiale, ou souvent leur absence de formation, c’est investir sur la capacité de ces hommes et de ces femmes à progresser dans leurs compétences et leurs apports à l’entreprise.

C’est l’une des plus belles missions que puisse prendre en charge une DRH innovante.

J’ai participé il y a quelques semaines à un débat organisé par l’UODC, Université ouverte des compétences, qui avait invité Sandra Hazelart, DRH du Groupe Monoprix.

XDRH Monoprix

Avec l’accord total du DG du Groupe, la démarche qu’elle pousse pour prendre en compte les attentes des équipes terrain est exceptionnelle par sa portée et les innovations qu’elle porte.

Gérer les évolutions de carrière, en particulier pour les caissières dont on sait que le nombre va baisser, mettre plus de collaborateurs au contact des clients, équiper 22000 collaborateurs de smartphones sont quelques-unes des actions les plus spectaculaires poussées par Sandra Hazelart.

Les entreprises françaises ont besoin de beaucoup plus de DRH aussi exceptionnelles!

 

Rôle de la Direction des Systèmes d’Information et du Numérique

Quand on parle d’informatique et de numérique au service des équipes terrain, il est essentiel que les équipes de la DSIN soient impliquées dès le début du projet.

Dans le cas des usages frontiques à destination des équipes terrain, leurs rôles sont orientés en priorité vers les infrastructures.

Pourquoi? Les usages seront imaginés dans une démarche bottom-up par les équipes terrain, sans que les équipes de la DSIN n’aient à s’en occuper.

La DSIN doit proposer une plateforme numérique pérenne qui servira de support à tous les usages déployés par et pour les équipes terrain.

XFLW Modèle BISDUne fois de plus, le modèle B I S D (Business, Infrastructures, Support, Données) que je propose depuis des années s’applique très bien pour les usages au service des équipes terrain:

● I = Infrastructures Cloud pour la puissance et la pérennité.

● S = Usages support, ce que sont les applications frontiques.

● D = Base de données indépendante des usages.

● B = Usages métiers, pour des applications métiers spécifiques des équipes terrain.

La DSIN doit garantir:

● La cohérence de tous les usages qui seront imaginés par les équipes terrain.

● Que ces usages ne vont pas générer une nouvelle vague d’informatique fantôme comme cela c’est passé avec les cols blancs.

● Que la solution proposée ne va pas créer un nouveau “silo de données”.

● Que les échanges entre les solutions existantes au service des cols blancs et celles construites pour les équipes terrain seront possibles, chaque fois que nécessaire.

C’est avec tous ces objectifs en tête dès le premier jour et en travaillant en étroite collaboration avec les équipes informatiques et numériques d’entreprises innovantes comme Teréga que Wizy.io a construit la solution frontique WizyVision.

XComposants WizyVisionWizyVision a tout pour répondre aux attentes d’une DSIN:

● Basé sur GCP, le Cloud Public de Google: garantit une puissance sans limites et la possibilité de déployer les solutions sur tous les continents.

● DAC, Digital Asset Center: la seule base de données professionnelle au monde construite pour gérer et sécuriser tous les contenus photos créés par les équipes terrain.

● Frontspace: application mobile au service des équipes terrain.

● ML Studio: permet de construire des applications de Machine Learning en mode No-Code, permettant de reconnaître des objets métiers spécifiques.

● API: toutes les fonctionnalités de WizyVision sont ouvertes par API pour échanger, dans les deux sens, avec les applications existantes.

Oui, il est possible en 2022 à une DSIN de proposer rapidement une plateforme technologique moderne et pérenne qui permet de construire des dizaines de cas d’usages pour les équipes terrain.

 

Rôle de la Direction Générale

AdS DPC Rowing boat S 307629349Il est classique de dire que toute action dans une entreprise doit être initiée par la Direction Générale. Dans la pratique, il est illusoire de demander à une Direction Générale d’être le chef d’orchestre de toute transformation; ils n’en ont matériellement pas le temps.

Sur ce grand chantier de la suppression de la fracture numérique des équipes terrain, comme sur beaucoup d’autres, la DG doit être une facilitatrice et une coordinatrice des actions menées par les dirigeants plus directement impliqués.

 

Rôle directions métiers opérationnelles

Les équipes terrain travaillent dans ces directions opérationnelles, que ce soit dans l’industrie, le transport, la logistique, la distribution, l’hospitalité, la santé, la construction ou l’agriculture.

J’inclus aussi dans les directions métiers les managers de premier niveau, en contact direct avec les équipes terrain. Ce sont eux qui ont le plus de capacité à piloter la transformation numérique opérationnelle des équipes terrain.

Les objectifs de ces directions métiers sont clairs:

● Augmenter les compétences de leurs équipes terrain.

● Accroître leur efficience.

● Accepter que la démarche “bottom-up” soit la plus efficace.

Pour y parvenir, le plus efficace est de mener une première opération d’expérimentation, par échantillonnage:

● Mettre entre les mains d’un groupe le plus représentatif possible de collaborateurs des outils numériques universels frontiques.

● Leur demander de trouver les premiers cas d’usages.

● Faire la synthèse des meilleures pratiques nées sur le terrain.

L’entreprise peut ensuite industrialiser la diffusion des solutions numériques et généraliser les cas d’usage identifiés comme les plus pertinents à l’ensemble des collaborateurs.

Comme le montre ce schéma, de nouveaux cas d’usages naîtront en permanence, au fur et à mesure que les collaborateurs s’approprient ces outils frontiques.

XEtapes équipement FLW

 

Illustration de la démarche sur un cas concret

Pour illustrer cette démarche, je vous propose un exemple concret: une entreprise du secteur de la distribution qui emploie 4000 collaborateurs dans les équipes terrain, répartis entre 150 points de vente, 100 supermarchés et 50 supérettes de centre-ville.

XProjet FLW dans supermarchéQuelles sont les étapes de la phase d’expérimentation de l’équipement numérique des équipes terrain de cette entreprise?

● Sélectionner 20 supermarchés et 10 supérettes, les plus différents possibles en matière de localisation, de taille et de marché.

● Choisir 200 collaborateurs volontaires et motivés, 5% des effectifs, dans ces 30 points de vente, aux profils et activités les plus variés possibles.

● Équiper ces 200 personnes d’outils frontiques de base: un smartphone et une application telle que WizyVision.

● Leur donner carte blanche, pendant 15 jours, pour trouver et documenter des cas d’usages pertinents qui les aideraient dans leurs activités quotidiennes.

● Faire ensuite l’inventaire de toutes les propositions de cas d’usages.

Les chiffres qui suivent sont une estimation, mais ils sont basés sur des réalisations de ce type déjà menées à bien:

● Nombre moyen de cas d’usages proposés par chacun des 200 collaborateurs: 4.

● Nombre total de cas d’usages proposés: 200 x 4 = 800.

● Des cas d’usages similaires seront proposés par ces 200 collaborateurs. En faisant l’hypothèse que le taux de redondance des cas d’usages proposés est de 70%, on aura quand même identifié 240 cas d’usages différents!

Il est alors possible de passer à la phase industrialisation avec la certitude que ce sera un succès pour l’entreprise:

● Equiper les 4 000 collaborateurs avec un smartphone et les cas d’usages pertinents. Selon les métiers, on peut décider:

    ○ D’équiper la personne d’un smartphone individuel.

    ○ De la mise à disposition d’un smartphone partagé, en particulier pour les personnes qui travaillent à tour de rôle sur les mêmes métiers.

● Présenter, par petits groupes, métier par métier, à tous les collaborateurs les cas d’usages proposés. Ce sont les salariés qui ont identifié les cas d’usages qui seront chargés d’en faire la promotion et la démonstration.

● Demander à tous les salariés maintenant équipés de proposer eux aussi des cas d’usages qui n’avaient pas encore été identifiés. Ceci devrait rapidement générer un minimum une centaine de nouveaux cas d’usages.

● À la fin de ce processus en deux étapes, qui peut se réaliser en moins d’une année, 350 applications simples, à forte valeur ajoutée auront été déployées pour les 4 000 collaborateurs, dans les 150 points de vente.

 

Synthèse: réduire la fracture numérique pour les équipes terrain, un beau défi management des 5 prochaines années

Fracture numérique cols blancs FLWIls sont 2 700 millions dans le monde, ils sont dramatiquement sous-équipés en outils numériques, les collaborateurs des équipes terrain vous demandent à vous, les dirigeants, d’enfin penser à eux.
DG, DRH, DSIN, Dirigeants métiers, vous avez une responsabilité forte, une obligation morale devant vous: faire que, d’ici à 2025, il n’y ait plus de fractures numériques entre les cols blancs et les équipes terrain dans vos entreprises.

Ce billet est le cinquième que je publie sur ce sujet essentiel, et voici, en rappel, les quatre premiers:

Problème : après les cols blancs, priorité aux FLW, Front Line Workers.

Comment : après un ordinateur pour chaque col blanc, un smartphone pour chaque FLW.

Pourquoi : fractures numériques.

Finances : coûts des solutions numériques: cols blancs et équipes terrain.

Management : ce billet.

Il ne vous reste plus... qu’à passer à l’action.


Coûts des solutions numériques universelles : cols blancs et équipes terrain

 

XFLW & Woman Office workerCela fait deux ans que je parle dans ce blog des deux grandes populations clientes du Système d’Information des entreprises, les cols blancs et les équipes terrain, les FLW, Front Line Workers en Anglais.

Les outils universels cols blancs, bureautiques, sont massivement déployés depuis les années 1990. Les entreprises investissent “naturellement” pour ces cols blancs sans se poser la question de la rentabilité de cet investissement, jugé indispensable pour que les cols blancs puissent travailler.

À l’inverse, chaque fois que je propose à une entreprise d’équiper les équipes terrain d’outils numériques universels, j’ai droit à la question : quelle est la rentabilité de ce projet?

Je vous propose dans ce billet de comparer les coûts de mise à disposition d’outils numériques universels pour les cols blancs et pour les équipes terrain.

 

Un résumé de l’histoire informatique des entreprises

Comment résumer l’évolution de l’informatique professionnelle depuis ses premiers pas?

J'ai l’ambition de faire en quelques lignes et deux schémas!

Xusages structurés - universels cols blancs FLWSur ce premier schéma, je vous propose une matrice à quatre cases:

● Usages structurés et usages universels.

● Cols blancs et équipes terrain.

La première segmentation est liée à la nature des applications:

● Les usages structurés correspondent à des processus complexes, qui suivent des règles strictes, telles que la comptabilité, la paye ou la facturation. L’automatisation de ces processus structurés a été la priorité des entreprises, et c’est logique.

● Les usages universels, peu structurés, correspondent à des applications dont tout le monde a besoin. Pour les cols blancs, il s’agit d’outils bureautiques pour écrire, calculer, envoyer un courriel, gérer son agenda…

La seconde dimension correspond au profil des personnes:

● Cols blancs.

● Équipes terrain.

J’ai analysé les différences entre ces deux populations dans plusieurs billets de ce blog:

Après les cols blancs, priorité aux FLW, Front Line Workers.

Après un ordinateur pour chaque col blanc, un smartphone pour chaque FLW.

Fractures numériques.

Le deuxième schéma présente le calendrier des grandes dates de l’informatique dans ces deux dimensions, usages et population.

XEvolution informatique Cols Blancs FLW

Ce schéma met en évidence quelques idées fortes:

● L’équipement des cols blancs a précédé celui des équipes terrain.

● Les solutions structurées ont été déployées avant les outils universels.

● C’est la naissance de nouvelles générations d’objets d’accès qui accélère ces évolutions.

Il y a quatre dates clés:

1960: arrivée des premiers ordinateurs universels comme l’IBM 360 et des terminaux à écran 3270 IBM. Ils sont utilisés en priorité pour des applications structurées de gestion.

1990: démocratisation des premiers PC et arrivée simultanée des outils bureautiques tels que le traitement de texte ou le tableur. Microsoft réalise un hold-up sur ce marché avec Windows et Office.

XSteve Jobs with Iphone  12010: les premiers smartphones font leur apparition dans le monde professionnel et des entreprises innovantes commencent à équiper les équipes terrain avec des applications structurées. L’annonce en 2007 par Steve Jobs du premier iPhone restera une date majeure dans l’histoire du numérique mondial.

2020: démocratisation des smartphones dans le monde entier et émergence des premières applications universelles, frontiques, pour les équipes terrain.

L’accélération exponentielle de ces évolutions est confirmée par la réduction des écarts entre ces dates:

● 30 ans entre 1960 et 1990.

● 20 ans entre 1990 et 2010.

● 10 ans entre 2010 et 2020.

 

Cols blancs : coûts bureautiques

Remarque préalable: tous les calculs qui sont faits dans ce paragraphe et le suivant s’appuient sur des hypothèses moyennes raisonnables. Chaque entreprise pourra utiliser ses propres chiffres pour calculer ses coûts en utilisant le même modèle de calcul.

XCoûts outils universels cols blancsPour simplifier les calculs et avoir des chiffres qui sont les plus pertinents possibles pour un maximum d’entreprise, j’ai fait les hypothèses suivantes:

● Tous les cols blancs disposent d’un PC et d’un smartphone.

● La durée de vie d’un PC est de 5 ans et celle d’un smartphone de 3 ans.

● Tous les cols blancs utilisent une solution bureautique cloud, Office 365 de Microsoft ou Google Workspace.

● Les calculs sont faits dans deux situations, hypothèse de base et hypothèse haute.

● Je ne tiens compte que des coûts directs. Les coûts indirects, tels que formation ou support, ne sont pas chiffrés.

● Les coûts réseaux, très variables d’une entreprise à l’autre, d’un pays à l’autre, ne sont pas pris en compte.

Résultat : la mise à disposition de solutions bureautiques pour les cols blancs représente un coût direct mensuel compris entre 61 € et 115 € par personne.

 

Équipes terrain : coûts frontiques

XCoûts outils universels équipes terrainPour les équipes terrain, les hypothèses sont les suivantes:

● Les collaborateurs des équipes terrain sont équipés d’un smartphone.

● La durée de vie d’un smartphone de 4 ans. Le fait que la majorité de ces smartphones soient des modèles “durcis” permet de les garder plus longtemps.

● Pour garantir la sécurité et faciliter leur gestion, tous les smartphones sont équipés d'un logiciel EMM, Enterprise Mobile Management.

● Les collaborateurs des équipes terrain utilisent une solution frontique cloud. J’ai pris comme exemple WizyVision.

● Les calculs sont faits dans deux situations, hypothèse de base et hypothèse haute.

● Je ne tiens compte que des coûts directs. Les coûts indirects, tels que formation ou support, ne sont pas chiffrés.

● Les coûts réseaux, très variables d’une entreprise à l’autre, d’un pays à l’autre, ne sont pas pris en compte.

Résultat : la mise à disposition de solutions frontiques pour les équipes terrain représente un coût direct mensuel compris entre 12 € et 39 € par personne.

 

Comparaison des coûts bureautiques et frontiques

Ce petit tableau de synthèse regroupant les chiffres clés des calculs faits pour les solutions bureautiques cols blancs et les solutions frontiques pour équipes terrain donne un résultat intéressant:

L’équipement bureautique des cols blancs coûte entre 3 et 5 fois

plus cher que l’équipement frontique d’une équipe terrain.

XCoûts universels cols blancs vs équipes terrainCet écart est le plus grand quand on fait le choix des solutions de base, ce qui correspond à la situation la plus fréquente dans les entreprises.

Le paradoxe soulevé au début de ce texte devient encore plus surprenant:

● Les entreprises équipent sans justifications économiques tous les cols blancs de solutions numériques.

● Les mêmes entreprises exigent des justifications économiques pour équiper de solutions numériques les équipes terrain alors que les montants en jeu sont entre 3 et 5 fois plus faibles!

 

Equipement numérique des équipes terrain : principaux scénarios

Vous avez décidé d’équiper vos équipes terrain de solutions frontiques : quels sont les budgets à prévoir?

Pour faire les calculs, j’ai pris pour les coûts la moyenne entre l’hypothèse de base et l’hypothèse haut de gamme.

XScénarios équipement équipes terrainDans ce tableau, je propose trois hypothèses sur la situation initiale:

H1 : les équipes terrain sont déjà équipées d’un smartphone et d’applications structurées. Dans ce cas, le coût additionnel est uniquement celui de l’application frontique.

H2 : les équipes terrain ne sont pas équipées de smartphones et chaque collaborateur reçoit un smartphone individuel. Le coût par personne est celui de la solution complète, smartphone et application frontique.

H3 : les équipes terrain ne sont pas équipées de smartphones et les smartphones seront partagés entre plusieurs personnes. Ce sera le cas dans des entreprises où les horaires de travail exigent que plusieurs personnes occupent successivement les mêmes postes. Le coût par personne est celui de la solution complète, divisé par le nombre de collaborateurs qui partagent le smartphone. L’hypothèse choisie est d’un smartphone partagé en moyenne par trois personnes.

Selon le scénario retenu, le coût par personne pour équiper de solutions frontiques les équipes terrain est compris entre 8 € et 25 € par mois.

Chaque entreprise peut maintenant calculer facilement le bénéfice minimum qu’elle doit obtenir pour justifier cet investissement. Le paramètre souvent utilisé pour ce calcul sera le temps gagné par les collaborateurs des équipes terrain.

 

Résumé

Faire tomber l’alibi financier comme excuse pour ne pas déployer des solutions frontiques auprès des équipes terrain, c’est l’objectif de cette analyse.

XAdS DPC course de haie 110 m S 70653933Trouver une rentabilité rapide aux solutions frontiques, c’est presque le plus facile!

Il reste des barrières plus difficiles à faire tomber avant que l’équipement des équipes terrain avec des solutions universelles, frontiques, ne devienne aussi “naturel” que l’équipement des cols blancs avec des outils bureautiques.

Ce sera le thème d’un prochain billet.


Fractures numériques

 

XPItch Valérie PecresseSouveraineté numérique, frugalité numérique, fracture numérique… Ces thèmes ont été abordés par des candidats à la Présidence de la République française lors du “Pitch” auquel j’ai assisté le 9 mars 2022.  Il était organisé par une dizaine d’organisations professionnelles, dont le CIGREF et Systematic.

Je me suis rendu compte que j’avais souvent traité dans ce blog les thèmes de la souveraineté numérique et de la frugalité numérique, mais que je n’avais pas encore abordé celui de la fracture numérique.

En écoutant les candidats à la Présidence de la République, il était clair que l’expression “fracture numérique” n’avait pas la même signification pour tout le monde.

Je vous propose dans ce billet d’analyser quatre dimensions différentes de la fracture numérique, d’où le pluriel dans le titre:

● Technique

● Humaine

● Financière

● Organisationnelle.

Quelle est la fracture numérique la plus importante? Ce n’est probablement pas celle à laquelle vous pensez.

Pour le savoir, il faudra lire ce billet dans son intégralité.

 

Fracture numérique technique

Une fracture numérique technique, c’est l’impossibilité d’accéder à un service numérique liée à l’absence de solutions techniques.

En 2022, deux des freins qui existaient au début de l’informatique ont sauté.

Objets d’accès. Jusqu’en 2007, l’objet d’accès dominant à des applications informatiques était l’ordinateur personnel, d’un coût et d’une complexité d’usage qui en limitaient fortement la diffusion.

XSteve Jobs presents iPhoneDans cette vidéo mythique, Steve Jobs d’Apple présente pour la première fois l’iPhone. Si vous ne l’avez jamais regardée, il est indispensable de le faire. C’est la plus spectaculaire annonce d’une innovation numérique qui ait jamais eu lieu.

Aujourd’hui, plus de 6 milliards de personnes utilisent un smartphone, qui est devenu, et de loin, l’objet d’accès au numérique le plus utilisé dans le monde.

XNumber of smartphones users worldwide

XNumber of apps on Google play & iOSServeurs et services. Des milliers de services, professionnels et personnels sont disponibles, gratuitement, chez les géants d’Internet tels que Google ou Facebook, mais aussi proposés par des centaines de fournisseurs nationaux. Plus de cinq millions d’applications mobiles sont disponibles sur Google Play et iOS.

Réseaux. La seule fracture numérique technique potentielle qui reste est celle liée aux réseaux. La situation est très différente d’un pays à un autre. 100% des personnes qui résident à Monaco ont accès à des réseaux filaires par fibres optiques à 1Gb/s et des réseaux mobiles 5G. Ce n’est pas le cas au Burkina Faso.

XCouverture 3G:4G opérateurs FranceEn France, les zones blanches, sans couvertures réseau fixes ou mobiles, sont en forte réduction, comme le montrent les chiffres publiés par l’ARCEP en mars 2022. En 4G, les quatre opérateurs couvrent 99% de la population et entre 90% et 94% du territoire. Il reste quand même entre 6% et 10% de zones non couvertes.

Dans ce document publié par l’ARCEP en janvier 2022, les opérateurs s’engagent à un taux de couverture mobile de 97,7% de la population en janvier 2027.

Il existe des solutions qui permettent d’affirmer qu’il est possible d’avoir accès à du haut et très haut débit sur 100% du territoire français, et immédiatement.

Comment? La réponse vient du ciel, des satellites. Plusieurs solutions sont disponibles en France, dont Tooway et Starlink de SpaceX.

Xantenne ToowayTooway: service qui s’appuie sur un satellite Eutelsat géostationnaire avec un débit descendant maximum de 22 Mb/s et montant maximum de 6 Mb/s. Une version professionnelle, Tooway Business, permet des débits supérieurs, 50 Mb/s en descente et 10 Mb/s en montée.

XContainer of Starlink antennas in Ukraine tweet● On parle beaucoup en ce moment de Starlink, le réseau de satellites basse altitude lancé par SpaceX d’Elon Musk. Après l’invasion de l’Ukraine par le dictateur Poutine, et à la demande de son Président, Zelensky, Elon Musk a livré en quelques jours un conteneur avec des antennes permettant de se connecter au réseau Starlink. Starlink permet aux armées ukrainiennes d’avoir des accès Internet très haut débit en tout point du territoire.

XStarlink speedtest & antennaComme le montrent ces mesures Speedtest, Starlink permet d’obtenir 144 Mb/s en descente et 20 Mb/s en montée, avec une latence faible de 30 ms. Starlink est disponible en France depuis le milieu de l’année 2021. Cet article montre que la mise en service ne prend pas plus de 30 minutes.

Résumé. En France, la fracture numérique technique n’existe plus en 2022.

Les couvertures classiques, fibre optique, 4G et 5G couvrent plus de 90% de la population. En attendant que ces services se déploient dans les zones blanches existantes, des solutions satellites sont immédiatement opérationnelles pour ceux qui en ont besoin, que ce soit pour des usages professionnels ou personnels.

 

Fracture numérique humaine

En France, comme dans tous les pays du monde, il y a des personnes qui ne sont pas capables ou n’ont pas l’envie d’utiliser des services numériques.

Le CREDOC, l’ARCEP et le ministère de l'Économie et des Finances publient tous les ans le baromètre du numérique, document très complet sur les usages numériques en France.

Vous pouvez télécharger sur cette page la version 2021 de ce rapport, de 350 pages.

XCREDOC usages internet:age et niveau éducation

J’en ai extrait ce graphique qui montre les proportions d’internautes selon leur âge et leur diplôme.

Sans grande surprise, on constate que ces deux dimensions sont des prédicteurs du taux d’usage d’Internet.

● Sur l’âge, il est encourageant de constater que le niveau d’usage reste raisonnablement stable entre 12 ans et 69 ans. Le décrochage ne se fait qu'à partir de 70 ans.

● Le niveau d’éducation est un marqueur encore plus fort du taux d’utilisation d’Internet. En 2020, les non-diplômés ont un niveau d’usage inférieur à celui des plus de 70 ans.

● Il semblerait que la pandémie COVID-19 a fortement accéléré en 2020 le niveau d’usage des Français et Françaises parmi les plus de 70 ans et les non-diplômés.

XTablette senior FacilotabDes initiatives sont prises pour réduire cette fracture numérique humaine. Elles passent en priorité par une simplification des outils et des applications.
Des tablettes “seniors” sont proposées par le Groupe La Poste ou l’entreprise Facilotab.

XSmartphone Mobiho SeniorIl existe aussi des smartphones adaptés aux attentes des seniors, avec des affichages plus grands et plus simples, comme ce modèle Mobiho commercialisé par Darty.

La fracture numérique humaine peut être réduite, elle ne disparaîtra pas.

Formation, accompagnement et outils plus simples sont importants pour diminuer cette fracture numérique humaine. On peut réduire de manière significative le pourcentage des personnes qui sont encore dans l'illettrisme numérique. L’alphanétisation, la formation au numérique peuvent être renforcées, oui, mais elles ne feront pas des miracles.

X7% des français non connectésUne étude publiée fin janvier 2022 estime qu’il reste en France 7% de personnes qui n’ont ni smartphone ni accès Internet. C’est un chiffre encourageant: 93% des Français peuvent accéder à des services numériques.

 

Fracture numérique financière

Dans de nombreux pays, les coûts d’utilisation de solutions numériques sont hors de portée de la majorité des personnes.

Cette analyse a été réalisée en 2020 sur les coûts d’accès à Internet et du MB transmis dans les principaux pays du monde. Dans ce tableau, j’ai sélectionné les moins chers, les plus chers et les données relatives à la France.

XInternet access costs:countries

On laissera de côté le cas aberrant de l'Érythrée, l’un des pays les plus pauvres de la planète et l’un des cinq à avoir voté contre la résolution de l’ONU condamnant l’invasion de l’Ukraine.

Que nous apprennent ces chiffres:

● Ce sont trop souvent dans les pays les plus pauvres que l’accès à Internet est le plus cher, tels que la Mauritanie, les Comores ou le Burundi où le coût de transfert de 1MB dépasse les 100$. Des pays très “démocratiques” comme le Turkménistan font aussi partie des pays les plus chers.

● Parmi les pays où l’usage du numérique est le moins cher, on trouve de nombreux pays de l’Europe de l’Est, comme l’Ukraine, la Russie ou la Roumanie;  le MB y a un coût inférieur à 0,1$.

● La France est dans la moyenne des coûts des pays développés, avec le MB à 0,48$.

Situation de la France

En France les coûts liés à l’usage du numérique sont raisonnables et ne sont plus un frein majeur qui contribue à la fracture numérique.

L’étude de l’ARCEP sur les réseaux mobiles au 3e trimestre 2021 montre qu’il y a en France un taux d’équipement en abonnements mobiles proche de 120%, soit 1,2 abonnement par personne.

XTaux pénétration mobile France T3:2021

XSamsung galaxy et iphone maxEn clair, toute personne en France qui souhaite accéder à des services numériques a les moyens financiers de le faire. Il est possible d’acheter un smartphone de bon niveau comme ce Samsung A02s à moins de 160 €. Personne n'a besoin d’un iPhone 13 ProMax avec 1To à 1839 € pour accéder à Internet!

Résumé. Dans la majorité des pays développés et démocratiques, il n’existe plus de réelle fracture numérique financière.

C’est hélas dans les pays les plus pauvres et les moins démocratiques, l’un allant souvent avec l’autre, que l’accès à des services numériques a un coût prohibitif. Les dirigeants politiques de ces pays font tout pour interdire l’accès à Internet à leurs citoyens.

 

Fracture numérique organisationnelle

Cette quatrième fracture numérique, personne n’en parle, personne n’en a pris conscience.
C’est pourtant, est de loin, la plus importante, en particulier dans les pays développés comme la France.

Cette fracture numérique est présente dans l’immense majorité des entreprises, petites et grandes, publiques et privées.
Ceux qui me suivent sur mon blog commencent probablement à comprendre de quelle rupture numérique je parle:

Le décalage inacceptable entre l’accès à des solutions numériques des cols blancs

et des équipes terrain, les FLW, Front Line Workers en anglais.

Cette fracture numérique est présente partout, sous vos yeux, et vous ne la voyez pas, ou faites semblant de l’ignorer.

J’ai publié deux longs billets sur ce blog pour montrer l’importance de ces équipes terrain dans les entreprises et le fait que les solutions numériques construites pour les cols blancs ne sont absolument pas adaptées aux attentes des équipes terrain.

XVenture underfunding FLWQuelques chiffres clés sur cette fracture numérique:

● Les équipes terrain, c’est 80% des actifs dans le monde, comparé à 20% pour les cols blancs.

● Les pourcentages d’investissement dans les outils numériques sont inversés: 20% pour les équipes terrain, 80% pour les cols blancs.

● 1%, oui, vous avez bien lu, 1% seulement des investissements réalisés par les VC, Venture Capitalists, vont à des entreprises qui proposent des solutions pour les équipes terrain.

● J’ai résumé la situation dans ce tableau:

XRatios Cols blancs FLW investissements & VC○ Le ratio des investissements numériques entre équipes terrain et cols blancs est de 1 à 16. Pour 1 € investi pour une personne du terrain, on investit 16 € pour un col blanc.

○ Le ratio des investissements des VCs entre les solutions pour équipes terrain et cols blancs est de 1 à 400!

Tous ces chiffres montrent clairement que cette fracture numérique organisationnelle est, de très loin, la plus importante des quatre fractures étudiées.

 

Les attentes numériques des équipes terrain

Une étude passionnante publiée en 2021 par Emergence fait le point sur les attentes des équipes terrain concernant leurs outils numériques.

J’ai regroupé dans ce tableau sept des principaux résultats de cette étude, numérotés de 1 à 7 pour en faciliter la lecture.

XEmergence stats on FLW

1. 70% des équipes terrain souhaitent disposer de plus de technologies numériques.

2. Devant le refus des entreprises de les équiper, plus de la moitié des équipes terrain, 56%, font le choix d’utiliser leurs outils personnels pour des usages professionnels. C’est catastrophique pour la sécurité et favorise le développement d’un numérique fantôme!

3. 60% des équipes terrain ne sont pas satisfaites de la situation et pensent qu’il est possible de l’améliorer. Qu’attendez-vous pour répondre à cette attente?

4. Les équipes terrain pensent qu’elles ont droit, elles aussi, à des logiciels de qualité. Logique, non?

5. Pendant la pandémie COVID-19, 65% des équipes terrain disent que les entreprises n’ont pas fait l’effort d’un investissement supplémentaire dans des outils numériques. Beaucoup de paroles pour les encourager, les féliciter, mais pas d’argent pour investir!

6. 78% des équipes terrain disent que les solutions numériques proposées seront un élément important au moment de choisir un métier. Le “grand remplacement” devrait accélérer ce mouvement.

7. Enfin, et c’est pour moi le plus important, les trois principales raisons pour lesquelles les équipes terrain ne sont pas plus équipées en solutions numériques sont:

a. Leur non-connaissance des outils numériques qui existent pour leurs métiers. Un travail de sensibilisation est nécessaire, mais facile.

b. Des contraintes budgétaires: honte à vous, les dirigeants.

c. L’absence de compréhension par les cols blancs du siège de la réalité du terrain et comment les solutions numériques pourraient les aider. C’est le cas dans la majorité des grandes entreprises: les collaborateurs du siège ne vont jamais sur le terrain!

Il est probable que les résultats de cette étude correspondent aussi à ce qui se passe dans votre entreprise.

À tous les décideurs, je pose cette question simple:

Dirigeants, DSI, patrons d’usines, responsables syndicaux, comment osez-vous laisser cette fracture numérique perdurer, sous vos yeux, dans vos entreprises?

Il est urgent, et possible, d’agir pour que cette fracture numérique organisationnelle se réduise dans votre entreprise, et dès le mois d’avril 2022.

 

Comment supprimer cette fracture numérique organisationnelle

Comme je l’ai expliqué dans les lignes qui précèdent, le décalage entre les investissements réalisés par les entreprises pour les cols blancs et les équipes terrain est de 16 à 1.

La priorité, c’est de rééquilibrer, un peu, les investissements en faveur des équipes terrain.

Pour cela, il faut agir sur les deux populations en même temps:

XAdS DPC Office Worker PC smartphone tablet S 297068563● Arrêtez de chouchouter les enfants gâtés dans vos bureaux, dirigeants, cadres, collaborateurs qui osent se plaindre quand ils n’ont pas le dernier smartphone qui vient de sortir, un PC léger et puissant à la fois, des logiciels haut de gamme… Un peu de “frugalité numérique” pour les cols blancs pendant les deux années qui viennent leur fera du bien.

● Investissez immédiatement pour équiper vos équipes terrain avec des outils numériques essentiels, universels et indispensables.

Dans les années 1990, les entreprises ont massivement investi sur des postes de travail ordinateurs personnels et des outils logiciels universels, bureautiques, pour les cols blancs. Ces outils, traitement de texte, tableur, messagerie et agenda électronique… étaient les mêmes, quels que soient le secteur d’activité ou la taille des entreprises. Ces investissements, en priorité autour de Windows et Office, ont été à l’origine du succès de Microsoft.

En 2022, la même démarche peut s’appliquer aux équipes terrain.

Avec quels outils numériques? Les équipes terrain ont elles aussi besoin d’un objet d’accès et de logiciels adaptés.

Objet d’accès

L’ordinateur personnel n’est absolument pas adapté aux besoins des équipes terrain. C’est le smartphone qui s’impose dans la majorité des cas. Ce smartphone peut parfois être remplacé par une tablette.

Le grand vainqueur est Android:

XSamsung Xcover Pro● Choix important de fournisseurs.

● Des prix raisonnables, qui commencent à 200 € pour des smartphones professionnels.

● La possibilité, si nécessaire, de choisir des smartphones “durcis”, avec des batteries amovibles et des protections renforcées contre les chocs ou l’eau. Le Samsung Galaxy Xcover Pro est un bon exemple d’un smartphone durci à coût raisonnable.

● Dans quelques rares cas spécifiques, par exemple l’industrie du luxe, les entreprises feront le choix d’un smartphone Apple iOS pour les équipes terrain en magasin.

La deuxième question à se poser est liée au partage éventuel d’un smartphone pour des usages personnels et professionnels:

● Mode COPE (Company Owned, Personally Enabled): le smartphone est fourni par l’entreprise et elle permet au salarié de s’en servir pour ses usages personnels.

● Mode COBO (Company Owned, Business Only): le smartphone est fourni par l’entreprise pour un usage uniquement professionnel.

● Mode BYOD (Bring Your Own Device): l’entreprise autorise le salarié à utiliser son smartphone personnel pour des usages professionnels.

En France, le mode COBO s'impose dans la majorité des cas. L’entreprise peut équiper le smartphone d’un logiciel EMM de sécurisation et de gestion et le collaborateur terrain préfère avoir son smartphone personnel séparé.

Logiciels universels pour équipes terrain.

Après la bureautique, mot que j’ai créé à la fin des années 1970, je vous propose le mot “Frontique”, pour définir les outils universels des équipes terrain, les Frontline Workers en anglais, les personnes qui sont “au front”.

XSolutions universelles cols blancs vs FLWEn 2018, j’ai constaté qu’il n’existait pas de solutions frontiques pour les équipes terrain. Comme tous les entrepreneurs quand ils découvrent un marché à très haut potentiel, nous avons développé avec Laurent Gasser la solution SaaS WizyVision, qui “Fait parler les photos pour les équipes terrain”.

C’est, à ma connaissance, une première mondiale: une plateforme logicielle complète qui répond aux besoins universels de base de toutes les équipes terrain, quelles que soient les activités ou la taille des entreprises.

Toute personne qui sait prendre une photo avec un smartphone peut utiliser WizyVision, immédiatement, avec zéro formation.

Je reviens sur la deuxième fracture numérique, humaine. En mettant la photo au cœur de la démarche, WizyVision permet à 100% des collaborateurs des équipes terrain de rentrer dans le monde du numérique, y compris les personnes illettrées. Il y en a beaucoup dans le monde, y compris en France. Je suis humainement très fier de ce résultat. 

Je suis prêt à prendre avec vous le pari suivant:

il n’y a pas dans votre entreprise une seule personne des équipes terrain qui ne puisse pas trouver un usage à forte valeur ajoutée pour elle et pour votre entreprise, en utilisant le duo de choc “Smartphone + WizyVision”.

Quels budgets pour équiper les équipes terrain

Faisons l’hypothèse que la première barrière est tombée: les dirigeants acceptent l’idée qu’il est urgent de réduire la fracture numérique qui existe dans leur entreprise entre les cols blancs et les équipes terrain.

Reste une deuxième barrière à franchir: combien cela va-t-il coûter à mon entreprise?

Le calcul que je vous propose correspond à des hypothèses raisonnables pour la majorité des entreprises.

● Objet d’accès. Un smartphone avec son logiciel EMM de sécurisation et de gestion: coût mensuel dans la fourchette de 10 € à 20 € par mois. La principale différence vient de l’abonnement éventuel à un réseau mobile. Si les équipes terrain restent dans un bâtiment de l’entreprise, usine ou entrepôt, le WiFi peut suffire.

● Solution WizyVision. Prévoir entre 5 € et 10 € par mois, selon la richesse fonctionnelle nécessaire.

XCoût Equipement FLW - Equipe terrainCoût mensuel complet: entre 15 € et 30 € par mois. En France, ceci correspond à 1 heure ou 2 heures du salaire d’un collaborateur payé au SMIC.

La question de la rentabilité de l’équipement des équipes terrain doit se traiter cas par cas, selon les différents métiers.

Il suffit de répondre à la question simple: est-ce que l’usage de ce tandem “Smartphone + WizyVision” fait gagner au minimum 1 ou 2 heures par mois à chaque collaborateur?

J’ai une question subsidiaire pour vous: combien de dirigeants font ce type de calcul pour… les cols blancs?

On aura vraiment réglé cette facture numérique organisationnelle le jour où les entreprises auront compris qu’un smartphone pour les équipes terrain est aussi indispensable qu’un ordinateur personnel pour les cols blancs.

À vous de décider… quand.

 

Synthèse: ces fractures numériques peuvent s'additionner

Ces quatre fractures numériques, technique, humaine, financière et organisationnelle ne peuvent pas être étudiées indépendamment les unes des autres.

Les personnes de plus de 70 ans, peu diplômées, sont souvent celles qui ont les revenus les plus faibles. Quand elles vivent dans des zones où la couverture Internet, fixe ou mobile, est mauvaise, elles n'ont pas les moyens de s’équiper d’une antenne satellite. Ces fractures numériques vont perdurer dans les usages grand public du numérique.

Dans les entreprises, la situation est plus simple:

Quatre fractures numériques ● La fracture technique a sauté: elles sont capables de proposer des solutions réseau haut débit dans tous les lieux de travail, bureaux, usines ou entrepôts.

● La fracture numérique humaine n’existe pas; tous les collaborateurs sont capables de prendre des photos avec un smartphone.

● La fracture financière n’en est plus une: faire gagner 1 à 2 heures par mois à tous les collaborateurs terrain, c’est tout sauf “mission impossible”.

Il reste un défi, et il est de taille, celui de la fracture organisationnelle.

Il devient urgent pour les entreprises d’équiper immédiatement tous les collaborateurs des équipes terrain, et je dis bien tous, d’outils numériques modernes, un smartphone et des logiciels adaptés.

 


Souveraineté Numérique Européenne et Clouds Publics

 

XAdS DPC Good news  bad newsJ’ai une excellente nouvelle pour les entreprises européennes clientes des Clouds Publics américains.

J’ai une très mauvaise nouvelle pour les pleurnicheurs européens qui attaquent les géants américains du Cloud Public sur les dangers qu’ils feraient poser à la Souveraineté Numérique Européenne.

C’est… la même nouvelle.

Tous les arguments éculés que l’on continuait à entendre sur les supposés risques posés par le Cloud Act et autres FISA 102 tombent, et définitivement.

En décembre 2021, Google a annoncé de nouvelles fonctionnalités exceptionnelles pour améliorer encore la confiance que les entreprises peuvent avoir dans ses services de Cloud Public.

XGoogle titre souveraineté Numérique européenne

 

Le point sur la situation, avant l’annonce de Google.

Pour clarifier le champ d’applications de mon billet, je vais préciser de quoi je parle:

● J’aborde exclusivement les activités professionnelles. Ces analyses ne s’appliquent pas aux usages grand public.

● Je ne vais pas m’intéresser aux GAFAM, qu’il faut maintenant nommer GAMAM après le changement de nom de Facebook en Meta. Mon analyse concerne un sous-ensemble, GAM, Google, Amazon et Microsoft. Ce sont les trois principaux fournisseurs occidentaux d’infrastructures IaaS et PaaS dans les Clouds Publics.

Il y a un peu moins d’un an, j’ai publié un billet sur la cybersécurité. Son contenu reste d’actualité, aujourd’hui.

Je ne vais pas répéter ici tout ce qu’il contient, mais en résumer l’essentiel.

Contrairement à beaucoup d’idées reçues, la sécurité numérique peut aujourd’hui atteindre un niveau exceptionnel. L’offre de solutions performantes est très en avance sur les usages.

XCybersécurité - Infrastructures usages avec réponsesCe schéma résume les deux grandes dimensions d’une approche moderne de la sécurité numérique :

● Des infrastructures Clouds Publics, qui garantissent une sécurité supérieure à tout ce que peut proposer une entreprise gérant ses propres centres de calcul.

● Une démarche “Zero Trust” pour les usages : c’est sous la seule responsabilité des entreprises que ces solutions “Zero Trust” doivent être mises en œuvre.

 

Chiffrer, pour protéger ses données

Encryption wheelLe chiffrement des contenus a depuis toujours été une arme efficace pour les protéger d’un accès par des personnes non autorisées.

Le chiffrement des données est natif pour 100% des données stockées par les trois grands acteurs de l’IaaS : AWS, GCP et Azure.

Vous avez le choix entre deux options :

● Clef de chiffrement gérée directement par les acteurs de l’IaaS. Avantages :

    ○ Le plus simple.

    ○ L’entreprise cliente n’a rien à faire.

    ○ Excellente solution pour 99% des données.

● Clef de chiffrement gérée par l’entreprise. Avantages :

    ○ Le fournisseur d’IaaS n’a pas accès à la clef de chiffrement.

    ○ Il ne peut pas, volontairement ou pas, donner la clef à un tiers ; il ne la connaît pas.

Question sur le chiffrement : quel est le pourcentage des données chiffrées dans vos centres de calcul privés ? Probablement plus proche de 0% que de 100%!

Quelle est la meilleure réponse pour la sécurité de vos données :

● Des données chiffrées à 100% dans des Clouds Publics qui proposent les infrastructures les mieux sécurisées au monde ?

● Des données pas ou peu chiffrées dans des centres de calcul privés qui sont des passoires en termes de sécurité ?

La réponse est évidente. MAIS, les anti-clouds adorent sortir l’argument massue : les grands méchants Américains peuvent demander l’accès aux données des clients d’AWS, GCP et Azure sans qu’ils puissent prévenir leurs clients.

Il y a quatre noms célèbres de lois ou d’organismes “dangereux” qui sont cités chaque fois que l’on aborde ce sujet :

● La NSA : National Security Agency. La mission de la NSA est claire et officielle : espionnage international.

FISA 702 : Foreign Intelligence Collection and Safeguards Accountability. Mis à jour en 2018, il concerne en priorité la surveillance des citoyens américains.

Patriot Act : publié après les attentats du 11 septembre 2001, il a pour principal objectif de s’attaquer au terrorisme international.

CLOUD Act : ce texte, qui n’a rien à voir avec le Cloud, est un acronyme malheureux pour: “ Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act “.

Four Gangsters NSA Patriot FiSA CLoud

Chaque fois que je me risque à émettre l’hypothèse que les cas de piratages de données sensibles européennes par ces quatre grands méchants sont, ou inexistants ou très peu fréquents, on me rétorque que les acteurs américains du Cloud Public n’ont pas le droit de prévenir leurs clients de ces demandes.

C’est juridiquement exact, mais je suis persuadé que si une grande entreprise européenne avait été la cible de l’un de ces piratages et l’avait découvert, on en aurait entendu parlé, et beaucoup ! Il suffit de voir les vagues d’indignation que soulève la moindre entorse à la protection des données européennes.

Tout ceci explique pourquoi je n’ai pas mis la cybersécurité dans la liste des quatre risques majeurs numériques pour notre planète d’ici à 2030.

Les entreprises qui sont vraiment intéressées par la création d'un environnement numérique de confiance peuvent le faire aujourd’hui en s’appuyant sur des solutions d’une exceptionnelle qualité. Je constate hélas souvent que cette volonté s’arrête très vite dès qu’il faut ouvrir son portefeuille pour investir dans des solutions performantes.

XTintin étoile mystèrieuse la fin du mondeIl y a encore des responsables qui fantasment sur les dangers potentiels très élevés que feraient peser sur eux les actions criminelles des quatre bandits nommés ci-dessus. Ils me font penser aux personnes qui regardent le ciel avec frayeur en attendant la grosse météorite qui va tomber sur le toit de leur maison et qui n'investissent pas dans une serrure de sécurité pour leur porte d’entrée.

J’ai une très mauvaise nouvelle pour eux : les annonces récentes de Google anéantissent ces risques “potentiels”.

 

Les nouvelles garanties proposées par Google

Oui, je vais parler des innovations annoncées par Google Cloud il y a quelques jours.

Oui, je les considère comme majeures pour les entreprises.

Oui, je suis dans mon rôle de veille technologique en aidant les entreprises à découvrir des nouveautés qui peuvent les aider à accélérer leur Transformation Numérique en toute confiance.

Oui, je publierais le même texte si ces annonces avaient été réalisées par AWS ou Azure.

XDPC Satan
Oui, je suis convaincu qu’AWS et Azure auront des offres proches avant la fin de l’année 2022.

NON, je ne suis pas un grand suppôt de Satan, ayant vendu mon âme aux abominables diables du Cloud Public. Professionnellement, j’ai un objectif, une passion, aider les entreprises, toutes les entreprises, à réussir leur Transformation Numérique.

Baptisée "Assured Workloads for EU", cette nouvelle offre propose un ensemble de contrôles souverains pour simplifier et automatiser le déploiement et l'application sur GCP de fonctionnalités de sécurité et confidentialité renforcées.

Cette notion de “workloads”, d’applications est importante : elle permet aux entreprises de faire des choix différents pour des applications différentes.

En matière de sécurité et de confidentialité, c’est essentiel. Une entreprise peut choisir les solutions les plus protectrices pour les seules applications qui en ont vraiment besoin.

Comme on l’a vu plus haut, je considère que les conditions standards d’usages des clouds publics offrent des niveaux de sécurité et de confidentialité remarquables pour la grande majorité des applications.

L’annonce de Google comporte trois volets.

1 - Localisation des applications et des données

La première de ces annonces n’est pas vraiment une nouveauté : elle concerne la possibilité de garantir que les données resteront en Europe, dans l’une des cinq zones géographiques existantes.

XMap Régions Google 1:2022

Google confirme aussi l’ouverture de trois nouvelles zones, Italie, Espagne et France.

La zone française, opérationnelle avant la fin de l’année 2022 servira aussi pour recevoir le “Cloud de Confiance” géré par Thales.

2 - Contrôle des clefs d’accès aux données

C’est dans ce domaine que l’innovation est la plus importante, et de loin.

Le service KAJ, Key Access Justifications, permet aux entreprises d’interdire à Google d'accéder aux données chiffrées, quelle qu’en soit la raison. Les options proposées sont nombreuses et sont bien expliquées dans ce document.

Même les collaborateurs de Google responsables de la maintenance et des mises à  jour logicielles peuvent être interdits d’accès si l’entreprise le souhaite.

Ceci a bien sûr des conséquences sur les services d’assistance que Google peut proposer à ses clients, comme le montre cette liste “technique”.

XInconvénients potentiels de bloquer accès à Google

Il reste malgré tout encore un domaine où cette protection ne s’applique pas : lorsque les données sont en cours de traitement par une application. C’est un sujet très complexe pour lequel de premières solutions commencent à émerger.
Dans ce domaine, les applications qui s'exécutent dans les Clouds Publics et dans des centres de calcul privés sont logées à la même enseigne. Les données sont traitées en clair et sont donc vulnérables.

3 - Assistance en Europe, par des Européens

Cette troisième nouveauté, “Assured Support” sera progressivement déployée en Europe.

Ce seront des collaborateurs européens de Google, résidents en Europe, qui assureront l’assistance et le support technique.

C’est un domaine dans lequel mes compétences ne me permettent pas de déterminer avec précision quelle est la valeur de cette proposition pour accroître la protection des données, mais j’imagine qu’elle existe sinon cette option ne serait pas proposée.

4 - Collaboration avec des partenaires européens de confiance

Le niveau maximal de protection des données et des traitements est fourni par les partenaires de confiance choisis par Google. T-Systems en Allemagne et Thales en France sont les deux premiers partenaires sélectionnés par Google.

XGoogle trusted partner (Thales)Ce schéma résume bien la différence entre les deux approches possibles.

● Cloud GCP géré par Google : l’entreprise cliente s’appuie sur les nouveaux services “Assured Workloads” présentés dans ce billet.

● Cloud GCP géré par un partenaire de confiance : l’entreprise devient cliente d’une société européenne qui lui fournit les mêmes services techniques, matériels et logiciels de Google GCP, mais en y ajoutant des protections supplémentaires.

Pour les entreprises françaises qui utiliseront en 2022 les centres de calcul de Google installés en France, on peut même envisager que les deux modes de fonctionnement, directement par Google ou au travers de Thales, soient utilisés simultanément pour des applications ayant des niveaux différents de contraintes de sécurité et de confidentialité.

 

Résumé

L’année 2022 démarre avec d’excellentes nouvelles pour les organisations modernes, innovantes, raisonnables et soucieuses de la performance de leurs solutions numériques.

Il n’y a plus aucune raison objective liée à la sécurité et la confidentialité des données pour ne pas utiliser les solutions Clouds Publics proposées par les grands acteurs industriels Google GCP, AWS d’Amazon et Azure de Microsoft.

Pour le moment, Google a pris une longueur d’avance, mais je suis convaincu qu’AWS et Azure annonceront des propositions similaires d’ici la fin de l’année 2022.

XOeil qui pleurePour toutes les autres organisations, rétrogrades, frileuses, ignorantes de la réalité des solutions numériques et qui cherchaient désespérément des arguments pour ne pas basculer vers les Clouds Publics, il ne leur reste plus que… leurs beaux yeux pour pleurer leurs illusions perdues.


Après un ordinateur pour chaque col blanc, un smartphone pour chaque FLW, Front Line Worker

 

XOld IBM PCMicrosoft, entreprise créée en 1975, n’était pas à l'origine du premier ordinateur personnel. Mais, avec l’aide d’IBM pour les premiers PC MS/Dos, puis avec la création de Windows, Microsoft s'est imposé comme le fournisseur du Système d’Exploitation dominant sur le marché mondial des ordinateurs personnels.

Cet email, envoyé par Bill Gates à l’occasion du 40e anniversaire de la naissance de Microsoft, fait référence à l’objectif ambitieux de Microsoft à ses débuts :

              Bill Gates : “Un ordinateur personnel pour chaque bureau, pour chaque maison”.

Cette prévision a mis des dizaines d’années à devenir une réalité !

XMail One PC on every Desk

Je me souviens d’avoir évoqué cet objectif avec un dirigeant en lui disant : “demain, il y aura dans vos bureaux autant d’ordinateurs individuels que de téléphones.” Sa réponse fut immédiate : “OK, je vais supprimer des téléphones !”

Aujourd’hui, tous les cols blancs sont équipés d’ordinateurs personnels, portables dans plus de 90% des cas.

Par contre, les FLW, Front Line Workers, équipes en première ligne, restent les grands oubliés de la Transformation Numérique.

En ce début d’année 2022, je vous propose à mon tour un objectif ambitieux :

     Louis Naugès : un smartphone pour chaque FLW avant la fin de l’année 2025.

Les entreprises innovantes, soucieuses de leur compétitivité et de la nécessité de faire rentrer les FLW dans l’ère du numérique, auront atteint cet objectif avant 2025.

Dans ce billet, j’ai l’ambition de vous proposer un mode d’emploi clair, complet, opérationnel, concret pour vous permettre d’équiper immédiatement tous les FLW de votre entreprise avec des outils numériques qu’ils plébiscitent, qui les rendent plus efficaces et plus productifs.

Personne ne peut être contre cet objectif…

Si votre entreprise emploie des FLW, vous devez impérativement lire ce billet pour préparer le futur de leur équipement numérique.

 

Rappel : Les FLW, Front Line Workers, équipes en première ligne

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept de FLW, Front Line Workers, j’ai écrit récemment deux billets consacrés à ce thème :

Travailleurs en première ligne, nouvelle priorité de toute Transformation Numérique.

Numérique, après les cols blancs, priorité aux FLW, Front Line Workers.

J’en résume ici les idées clefs.

Les FLW sont les travailleurs en première ligne, les “deskless”, les sans bureaux, par opposition aux cols blancs. Quelques chiffres essentiels :

● Cols blancs = 20% de la population mondiale des actifs.

● FLW = 80% de la population mondiale des actifs.

● Principaux secteurs d’activités avec majorité de FLW : industrie, transport, logistique, agriculture, hôpitaux, hôtels…

● Dans les économies avancées, Etats-Unis, Europe… le pourcentage de FLW est plus faible, comme le montre cette étude réalisée par OMDIA en 2020. Il est compris entre 65 et 70%, encore largement majoritaire.

XOmdia 70% FLW

 

Situation actuelle : bienvenue dans le Numérique Fantôme des FLW

Un smartphone pour chaque FLW : c’est déjà une réalité en 2022 !

Problème, ce sont dans la majorité des cas des smartphones personnels, utilisés en priorité pour des usages personnels et, parfois, aussi pour des usages professionnels.

C’est l’un des exemples les plus frappants du décalage qui existe entre les vitesses d’introduction des solutions numériques dans le grand public et dans les entreprises.

Dans un grand groupe français de la distribution avec qui j’échangeais récemment, on m’a cité un cas “de Numérique Fantôme” typique. Dans les magasins, les FLW ont créé des groupes WhatsApp avec 250 personnes, le maximum autorisé par cette application, pour échanger des photos liées à leurs activités professionnelles. J’expliquerai, à la fin de ce billet, comment transformer ce numérique fantôme FLW en une application officielle, beaucoup plus performante, en utilisant la solution Frontspace de WizyVision.

XNetskope Iceberg 10 xLe numérique fantôme (Shadow IT en anglais) : il a toujours existé et a explosé avec l’arrivée des solutions SaaS, Software as a Service, depuis le début des années 2000.

Une enquête menée par l’éditeur de solutions de sécurité Netskope a montré que le nombre de solutions SaaS utilisées est dix fois supérieur à celui estimé par les équipes informatiques.

En refusant de fournir aux FLW des outils numériques d’entreprise, les entreprises prennent le risque de répéter les mêmes erreurs commises avec les cols blancs et de voir se multiplier des cas d’usages de numérique fantôme FLW.

 

Cols blancs et FLW : des outils numériques différents

Le premier réflexe, logique, des entreprises qui décident d’équiper leurs FLW avec des outils numériques est de leur proposer les mêmes solutions qui ont fait leurs preuves avec les cols blancs. J’ai personnellement commis cette erreur au début des années 2010 quand je militais pour donner une adresse courriel à tous les FLW.

Il est clair, aujourd’hui, que c’était une mauvaise idée : les FLW ont besoin d’outils numériques différents :

● Le texte, le formulaire, ce n’est pas ma tasse de thé.

● Le courrier électronique, non merci.

● Un ordinateur portable : vous plaisantez ?

Fidèle à une démarche que je préconise depuis des dizaines d’années, je vais clairement séparer :

● Les solutions d’infrastructures, en l'occurrence, les objets d’accès et les réseaux.

● Les usages, les applications, qui apportent de la valeur aux FLW et qui s’appuient sur ces infrastructures.

Pour les réseaux au service des FLW, encore plus que pour les cols blancs, les seules réponses possibles sont des réseaux sans fil, WiFi, 4G et 5G. Dans la suite de ce billet, je fais l’hypothèse, raisonnable, que des réseaux sans fil sont disponibles pour les FLW.

Sur les objets d’accès, les études que nous avons menées avec WizyVision ont confirmé des différences majeures, résumées dans ce tableau.

XOffice Workers & FLW Interfaces - Outils accès● Les cols blancs maîtrisent depuis des dizaines d’années les ordinateurs personnels. Ils sont aussi très à l’aise avec l’interface clavier-texte-souris, qui leur permet de créer des tableaux, des présentations et des documents.

● Pour les FLW, ordinateur de bureau et clavier ne seront jamais leurs outils favoris. Ils sont par contre tous capables :

    ○ D’utiliser un smartphone.

    ○ De prendre des photos.

    ○ D’ajouter un commentaire vocal qui sera automatiquement traduit en texte et rattaché à une photo.

Ceci confirme l’hypothèse formulée au début de ce billet, proposer :

             Un smartphone pour chaque FLW avant la fin de l’année 2025.

Comment choisir un smartphone pour les FLW ? C’est l’objet du prochain paragraphe.

 

Equiper les FLW avec un smartphone : principales options

Je vais centrer mon analyse sur les smartphones Android, qui équipent ou équiperont l’immense majorité des FLW. On rencontre peu de smartphones Apple dans les usines, chez les transporteurs ou les compagnons sur un chantier de construction.

Les entreprises doivent répondre à deux questions :

● Quel smartphone Android choisir ?

● Quelles sont les options de possession du smartphone, entre l’entreprise et le FLW ?

Je vais parler en priorité des smartphones ; dans certains cas, une tablette Android sera plus efficace, mais ce qui suit est valable pour les smartphones et les tablettes.

Choix du smartphone Android

Il faut rentrer, un peu, dans la technique pour comprendre les options proposées pour le Système d’exploitation Android.

1 - AOSP : Android Open Source Project

Il s’agit de la version native, “Open Source” d’Android. C’est celle que doit maintenant utiliser Huawei après l’interdiction par le gouvernement américain d’accéder aux “Services” de Google.

Cette version de base ne permet pas de donner accès aux services essentiels de Google, tels que le Google Play Store et la géolocalisation avec Google Maps. Elle ne doit pas être choisie par les entreprises européennes pour équiper les FLW.

2 - GMS : Google Mobile Services

GMS est la version d’Android installée sur la quasi-totalité des smartphones commercialisés en dehors de la Chine. Ce document explique en détail les fonctionnalités et les avantages de GMS.

XVersions Android - AOSP  ManagedPour être certifié GMS, un smartphone doit passer un grand nombre de tests. C’est un peu la réponse de Google à Apple. GMS lui permet de mieux contrôler les nombreux fournisseurs et les centaines de modèles Android disponibles, en garantissant aux acheteurs qu’ils disposent tous des mêmes fonctionnalités de base.

Ce tableau dresse une liste très complète des principales fonctionnalités disponibles sur un smartphone GMS.

Les points essentiels à mémoriser, sur les avantages de GMS :

● Met à disposition les fonctionnalités et applications de Google.

● Donne accès aux API de Google.

● Permet d’utiliser le Google Play Store.

Pour équiper les FLW la version GMS d’Android s’impose clairement.

XLogo Android Enterprise recommendedParmi tous les smartphones GMS, les équipes Android ont établi une sélection de modèles adaptés aux attentes des entreprises, les offres “Android Enterprise”.

Option Zero Touch. Je recommande fortement aux entreprises de choisir des smartphones qui disposent de l’option Zero Touch. Elle permet de gérer plus facilement des flottes de terminaux en autorisant l’enrôlement automatique des smartphones OTA (Over the Air) dans l’EMM choisi pour gérer les utilisateurs et les applications sans avoir besoin d’accéder physiquement aux terminaux.

La deuxième question qui se pose est : smartphone standard ou version durcie.

XRugged Zebra device1 - Les smartphones durcis (Rugged en anglais) sont adaptés à des conditions d'utilisation qui demandent des smartphones plus résistants.

Les principales fonctionnalités recherchées par les entreprises :

● Batteries que l’on peut remplacer. C’est de loin la demande la plus importante.

● Résistance aux chutes, à l’eau.

● Lecteurs rapides de codes barres ou de QR codes.

● ATEX, pour les environnements où les risques d’explosion sont importants.

Les prix de ces smartphones durcis sont dans la fourchette de 500 € à 2 000 €. Les entreprises demandent de plus en plus de smartphones durcis à des prix raisonnables, inférieurs à 1 000 €.

Les principaux fournisseurs de smartphones Android durcis ont pour noms : Zebra, Honeywell, Samsung…

J’ai fait une recherche sur le site d’Android Entreprise pour les smartphones durcis disponibles en Europe, et j’ai trouvé 83 modèles différents. Chaque entreprise y trouvera ceux qui conviennent aux différents profils de FLW.

XAndroid Devices Europe rugged

2 - Les smartphones standards, qui sont aussi utilisables par les cols blancs (Knowledge Workers).

Tous les FLW n’ont pas besoin d’un smartphone Android durci. Il existe d’excellents smartphones GMS non durcis qui répondent aux attentes de nombreux FLW.

Ces smartphones standards ont deux avantages :

● Des prix plus bas, qui commencent à environ 300 €.

● L’offre est plus abondante, avec 241 modèles Android Entreprise disponibles en Europe.

XAndroid Devices Europe all

 

Options de possession d’un smartphone professionnel par un FLW

Il y a trois démarches possibles pour équiper un FLW d’un smartphone :

● Utiliser deux smartphones séparés, un professionnel et un personnel.

● COPE : Company Owned, Personally Enabled. L’entreprise fournit un smartphone au FLW et l’autorise à l’utiliser à titre personnel.

● BYOD : Bring Your Own Device. Le FLW est propriétaire du smartphone et s’en sert aussi officiellement pour ses usages professionnels.

Chacune de ces trois démarches est possible. Ce sont avant tout des considérations organisationnelles, culturelles et humaines qui vont orienter les choix d’une entreprise.

Cet article présente clairement ces options.

Deux smartphones séparés

Cette démarche est la plus simple à mettre en œuvre.

XDeux smartphones indépendantsIl y a de nombreuses situations pour lesquelles c’est la seule option raisonnable.

On peut citer quelques exemples :

● Environnement sécurisé : le smartphone ne doit pas quitter la zone de travail.

● Smartphones durcis : ils ne sont pas adaptés à un usage personnel.

● Smartphones professionnels non nominatifs, en libre-service, partagés par plusieurs FLW.

● Équipement de FLW pendant de courtes périodes : saisonniers, intérimaires, sous-traitants…

Un seul smartphone, pour usages professionnels et personnels.

XUn seul téléphone perso & proAvant de présenter ces deux options, il est important de comprendre ce que permet aujourd’hui de faire un smartphone Android moderne.

Création de “containers” indépendants : il est possible de créer deux espaces totalement indépendants sur un même smartphone :

● Un container professionnel, “Work profile”.

● Un container personnel, “Personal profile”.

● Chacun de ses deux containers est indépendant, en matière d’applications et de données. Si un FLW utilise Google Maps pour son travail et ses usages personnels, il y aura deux versions de Google Maps installées.

● Le FLW peut être autorisé à mettre “off” le container professionnel, par exemple pendant le Week-End, pour ne pas recevoir de communications de son entreprise.

Démarche COPE. C’est l’entreprise qui prend la main et choisit les smartphones qui seront proposés aux FLW. Elle peut aussi contrôler les règles d’usages et quels opérateurs télécoms seront sélectionnés.

Démarche BYOD. C’est le collaborateur FLW qui fait le choix du smartphone Android qu’il va accepter de partager avec son entreprise. Rien ne garantit qu’ils seront tous “Android Enterprise”, donc faciles à gérer. C’est pour cela qu’il y a un point d'interrogation face à EMM. Seuls les téléphones Android Entreprise le permettent.

Je constate que la démarche COPE est choisie en priorité par les entreprises innovantes qui ont équipé des FLW avec un seul smartphone, professionnel et personnel. On en verra deux exemples plus loin dans ce billet.

 

Indispensable : un EMM, Enterprise Mobile Management

Quelle que soit la démarche choisie, Il n’est pas raisonnable d’équiper un FLW avec un smartphone pour des usages professionnels sans y installer un logiciel EMM, Enterprise Mobile Management, qui a deux grandes familles de fonctions :

● Sécuriser le smartphone. Parmi les fonctions essentielles, on trouve :

    ○ Utilisation obligatoire d’un blocage d’écran.

    ○ Effacement à distance en cas de vol ou de perte.

    ○ Contrôle des réseaux WiFi auxquels le smartphone peut se connecter.

    ○ Chiffrement natif des données.

    ○ Limites d’utilisation : définir la zone géographique dans laquelle le smartphone est autorisé à fonctionner.

    ○ Rendre impossible un “factory reset”.

● Gérer le smartphone et les applications :

    ○ Garantir que les seules applications autorisées professionnellement sont installées dans le work profile.

    ○ Interdire toute installation d’applications qui ne viennent pas du Google Play Store.

    ○ Gérer de manière centralisée la flotte des smartphones des FLW.

Dans le domaine des EMM aussi, l’offre est abondante. Une recherche sur le site Android Entreprise, en sélectionnant les fonctionnalités les plus importantes, propose 31 solutions.

XAndroid EMM main features 31

On y trouve des solutions qui existent depuis de nombreuses années, telles que SOTI, VMWare Workspace ou Mobileiron. Parmi les plus récentes, je peux citer l’une des plus modernes et des plus compétitives, WizyEMM, proposée par la société Wizy.io. (Dont je suis l’un des fondateurs !)

 

Cas d’usages 1 : La Poste en France

Le Groupe La Poste est un pionnier dans l’équipement de ses collaborateurs du terrain avec un smartphone. Le projet Facteo a démarré il y a presque 10 ans, en 2012.

Aujourd’hui plus de 70 000 facteurs sont équipés d’un smartphone Android standard.

La priorité a été donnée à des applications métiers, telles que l’aide aux personnes âgées, pour pallier la baisse continue du courrier papier, qui était initialement le principal métier des facteurs.

La démarche COPE a été choisie : le facteur dispose d’un environnement personnel étanche sur le smartphone fourni par l’entreprise. Le fait que La Poste soit aussi un opérateur téléphonique mobile a facilité la mise à disposition d’accès à un réseau mobile.

XPhoto par facteur d'un françaisCela fait aussi plaisir de voir que La Poste était présente au CES de Las Vegas en 2020 pour faire la promotion de ses solutions numériques innovantes. Elle en profite pour accompagner plusieurs startups sur ce salon.

La dimension humaine du métier de facteur, en particulier en milieu rural, sera mise en lumière lors d’une exposition des meilleures photos prises par les facteurs. Cette exposition sera visible en 2022 à la grande poste du Louvre à Paris. C’est une très belle initiative, bravo !

 

Cas d’usages 2 : Walmart aux Etats-Unis

Walmart, peu connu en Europe, est un distributeur dont 70% des revenus se font aux Etats-Unis. C’est aussi le plus important employeur privé du monde avec 2,2 millions de collaborateurs.

En 2021, Walmart a lancé un grand programme d’équipement en smartphones de ses  “Associates”, les FLW payées à l’heure chez Walmart. Ce sont en priorité les personnes présentes dans les supermarchés et hypermarchés.

La première vague d’investissements en 2021 ne concerne que 50% de cette population. Cela représente quand même… 740 000 smartphones Samsung Android !

Xarticle Walmart 740 000 smartphones

Dans ce webinaire, d’une durée de 20 minutes, organisé par Android Entreprise à la fin de l’année 2021, deux collaboratrices de Walmart présentent ce projet, les principaux objectifs et les premiers résultats obtenus. Me@Walmart, c’est le nom de l’application mobile qui regroupe toutes les fonctionnalités auxquelles ont accès les Associates.

XWalmart employee image 740 000 & freeComme pour le Groupe La Poste, une démarche COPE a été choisie. Les collaborateurs de Walmart peuvent utiliser librement leur smartphone professionnel pour des usages personnels. Même aux Etats-Unis, la fracture numérique existe et l’un des objectifs de Walmart est de réduire, un peu, cette fracture.

 

Equipement d’un FLW avec un smartphone : éléments budgétaires

Il n’est pas raisonnable de proposer à des dirigeants d’investir pour les FLW sans leur donner des éléments budgétaires. Comme toutes les infrastructures numériques, un smartphone pour FLW coûte et… ne rapporte rien. Les bénéfices viennent des usages.

XSmartphone FLW - BudgetCe tableau résume les coûts estimatifs de deux solutions :

● Une hypothèse basse, avec un smartphone normal.

● Une hypothèse haute, avec un smartphone durci haut de gamme.

● Dans les deux cas, la durée de vie estimée du smartphone est de 4 années.

Le coût complet mensuel de mise à disposition d’un smartphone pour FLW, incluant le smartphone, l’EMM et un abonnement à un réseau sans fil est dans une fourchette de 17,5€ à 46,5€.

Chaque entreprise fera ses propres calculs, mais je pense qu’elle sera dans la majorité des cas dans cette fourchette de coût.

 

Un smartphone, pour quoi faire ? Quels usages “Frontiques” pour les FLW

Ads DPC FLW with smartphone reading meter S 208354616Depuis longtemps, les entreprises ont équipé en priorité les FLW de smartphones dans des métiers pour lesquels c'était un outil indispensable, utilisé plusieurs heures par jour, tels que :

● Logistique dans les entrepôts.

● Relevés de compteurs.

● Maintenance d’équipements chez les clients.

● Transporteurs comme Chronopost ou DHL.

On restait dans des cas d’usages très spécialisés, et la grande majorité des FLW n’était pas concernée par ces outils, ce qui explique le déficit actuel d’équipement numérique des FLW dans les entreprises.

Dans le monde des cols blancs, ce sont les usages bureautiques qui ont été à l’origine de la banalisation des ordinateurs personnels et des outils Web tels que la messagerie ou la visioconférence.

Pour les usages universels des FLW, je propose d’utiliser le mot “Frontique”, en espérant qu’il aura le même succès que le mot Bureautique que j’avais créé… Il y a fort longtemps.

Le nombre d’outils bureautiques universels est très réduit. Je fais l’hypothèse qu’il en sera de même pour le nombre d’outils frontiques.

J’ai choisi d’illustrer le concept de solutions frontiques par deux outils SaaS :

● we advocacy

● WizyVision

Ce sont deux exemples de solutions françaises !

 

Premier exemple de solution “Frontique” : we advocacy

XLogo weadvocacywe advocacy est une jeune société française qui propose une solution innovante, et pour le moment, unique : la capacité pour une entreprise de communiquer “Top Down” vers des collaborateurs n’ayant pas d’adresse email. we advocacy a d’autres fonctionnalités, mais je m’intéresse ici uniquement à son apport pour les FLW.

L’application mobile we advocacy est proposée à tous les FLW pour leur smartphone personnel ou professionnel ; ils ont le droit de refuser de l’installer ou de l’activer.

Si le FLW accepte de l’utiliser, cette application fonctionne exactement comme un SMS classique.

we advocacy permet aux entreprises :

De communiquer les mêmes informations vers les FLW et les cols blancs :

    ○ Sous forme de textes, d’images ou de vidéos.

    ○ Événements importants (formations).

    ○ Messages de la direction.

    ○ Lancement de nouveaux produits.

    ○ Newsletter d'entreprise.

    ○ ...

Elle peut être utilisée par plusieurs services et notamment la DSI (alertes autour d'incidents, maintenances programmées) et les RH (offres d'emplois, invitation autour de démarches RH).

Elle permet également d’organiser des sondages simples, réguliers, qui permettent de mieux suivre le ressenti des FLW au cours du temps.

De donner à un chef de chantier la possibilité de communiquer directement avec toute son équipe, en temps réel.

L’entreprise Colas Rail utilise l’application we advocacy ; ces deux exemples sont liés à la vie des chantiers et aux informations relatives à la pandémie COVID-19.

XWeadvocacy Colas Rail

Lors de mes échanges avec les fondateurs de we advocacy, ils m’ont indiqué quels étaient les bénéfices les plus importants remontés par les entreprises clientes :

Augmente le sentiment d’appartenance des FLW à l’entreprise.

Améliore la marque employeur, thème important pour des FLW qui sont des personnes qui changent souvent d’entreprise.

Très simple à déployer et à utiliser : aucun retour négatif, pas de nécessité de formation.

Parmi les difficultés qu’il faut surmonter, l’une des principales reste souvent la “défiance” vis-à-vis de l’employeur, d’où l’importance de laisser le choix au FLW de l’utiliser ou pas.

 

Deuxième exemple de solution “Frontique” : Frontspace de WizyVision

WizyVision a été construit sur l’une des hypothèses présentées au début de ce billet : l’image deviendra l’interface dominante pour les FLW.

XComposants WizyVisionInvisible pour le FLW, mais essentielle, il y a au cœur de l’offre de WizyVision une base de données professionnelles d'images, DAC, Digital Asset Center.

Sur le smartphone du FLW, l’application mobile est Frontspace, qui existe avec plusieurs niveaux de puissance :

● Une version de base, pour prendre des photos, les partager et les sauvegarder dans la base de données DAC. C’est l’option “Klik&Share”.

● Une version plus puissante, qui permet de développer, en “No Code”, des processus légers construits autour de l’image. Il est possible d’utiliser des fonctions d’IA standards telles que l'OCR ou la reconnaissance d’objets.

● Le FLW peut aussi activer la fonction “voix vers texte” et ajouter un commentaire vocal aux photos qu’il prend.

● Avec ML Studio, on peut construire, en “No Code”, des modèles de reconnaissance d’objets métiers spécifiques.

Frontspace est une solution 100%  “frontique”, universelle : les cas d’usages potentiels sont très variés, dans tous les secteurs d’activités qui emploient des FLW.

XInformatique fantome FLW Avantages inconvénientsPour illustrer les avantages de la solution Frontspace, je reviens sur l’exemple du numérique fantôme dans la distribution, présenté au début de ce billet.

1 - Dans la colonne “Numérique Fantôme :

● Le smartphone utilisé est celui du collaborateur FLW, non sécurisé et non géré.

● L’application utilisée pour partager des photos est WhatsApp :

    ○ C’est une image “pauvre”. Toutes les métadonnées, comme la géolocalisation et l’horodatage, sont perdues.

    ○ Le partage de l’image au sein de l’entreprise est impossible, en dehors du groupe WhatsApp.

    ○ Une photo, liée à une activité professionnelle, peut être partagée librement par tous les collaborateurs du groupe WhatsApp, à l’extérieur de l’entreprise, sans aucun contrôle possible.

2 - Dans la colonne Numérique Gérée par l’entreprise :

● Le smartphone est sécurisé et géré, que ce soit un smartphone dédié à l’entreprise ou partagé en mode COPE. Dans les deux cas, un EMM est installé pour garantir cette sécurité et cette gestion.

● Avec l’application Frontspace :

    ○ Toute la richesse informationnelle de la photo est conservée, toutes les metadata sont disponibles, telles que :

        ■ Géolocalisation.

        ■ Horodatage.

        ■ Lecture de tous les textes contenus dans la photo.

        ■ Lecture des éventuels codes barres ou QR codes.

        ■ Reconnaissance d’objets.

        ■ …

    ○ L’intégralité des photos est stockée dans le DAC, sécurisée et accessible à toutes les personnes de l’entreprise en fonction des droits d’accès qui leur sont attribués.

Cet exemple simple illustre bien les potentiels majeurs d’une solution professionnelle frontique comme Frontspace pour… tous les collaborateurs FLW pour qui l’image et la photo ont une valeur importante dans leurs activités.

 

Petite synthèse sur les usages frontiques pour les FLW

Les premiers outils bureautiques pour les cols blancs étaient réservés à des profils spécialisés : les matériels et logiciels de traitement de texte étaient utilisés par les dactylos et secrétaires.

L’arrivée du tableur sur les ordinateurs personnels et de la messagerie électronique ont ouvert la bureautique à tous les cols blancs, cadres compris.

Je pronostique que le même phénomène va se répéter pour les FLW. Après les premières applications métiers réservées à des professionnels comme les chauffeurs de Chronopost, l’arrivée de solutions frontiques comme We advocacy ou WizyVision va permettre, progressivement, à 100% des FLW d’accéder à des usages numériques universels, quels que soient leurs métiers.
Cela fait quand même 2 700 millions de FLW dans le monde à équiper !

XOutils universels FLW EuropeDans mon billet récent sur l’avenir du numérique en Europe, j’ai identifié l’équipement des FLW comme l’un des sept “DC2E” (Digital Commando of Excellence in Europe), domaines dans lesquels l’Europe pouvait encore jouer un rôle important dans l’industrie numérique mondiale.

we advocacy, WizyVision et WizyEMM sont des solutions SaaS françaises, pouvant être utilisées par des FLW dans le monde entier. C’est déjà le cas pour WizyEMM et WizyVision, avec des clients sur les 5 continents.

Oui, l’Europe du numérique a un avenir radieux, si l’on choisit bien ses combats !

 

Concilier équipement des FLW et  frugalité numérique

XAdS DPC Man with two smartphones S 412828136Deux smartphones par personne, c’est très mauvais pour la planète !

J’ai écrit plusieurs billets sur la frugalité numérique, dont un sur les objets d’accès.

XSmartphones numbers - FrugalitéL’information pertinente pour la planète sur le sujet de l’équipement des FLW avec un smartphone est liée à la consommation d’énergie pendant les phases de construction et d’utilisation.

Les chiffres sont sans appel : si je garde un smartphone pendant 3 années :

● Les ¾ de l’énergie sont liées à sa fabrication initiale.

● ¼ seulement est lié à son usage.

Si l’on revient sur les différentes options d’équipement d’un FLW, la solution deux smartphones est la plus mauvaise pour la planète, car elle rajoute ¾ de consommation d’énergie pour le deuxième smartphone, les usages restant identiques. On passe d’une consommation d’énergie de “1” à 1,75”, presque un doublement.

Pour les entreprises et les collaborateurs soucieux de l’avenir de la planète, les deux options raisonnables sont :

● Deux smartphones dans les seuls cas où c’est indispensable, comme on l’a vu précédemment.

● Dans toutes les autres situations, la démarche COPE est à privilégier. Il faut pour cela vaincre les réticences d’un FLW à porter ses usages personnels sur un smartphone appartenant à l’entreprise. Je suis persuadé qu’une explication claire des avantages pour la planète d’une solution COPE fera tomber beaucoup des résistances des FLW.

 

Synthèse

Un smartphone par FLW deviendra la norme dans toutes les entreprises, plus ou moins rapidement.

XAdS DPC FLW in field with smartphone S 257294217C’est un chantier enthousiasmant, que je vous encourage à démarrer, immédiatement :

● Forte valeur ajoutée humaine, pour les FLW.

● Forte valeur ajoutée efficience, pour les entreprises.

● Forte rentabilité pour les entreprises.

● Des dizaines de cas d’usages possibles, immédiatement, en 2022.

Un jour, tous les FLW de votre entreprise seront équipés d’un smartphone pour des usages professionnels, c’est une évidence. Pourquoi attendre ?


Numérique : après les cols blancs, priorité aux FLW, Front Line Workers

 

- Office Workers & FLWDans un billet publié à la fin de l’année 2020, j’ai mis en évidence à quel point les FLW, Front Line Workers, les travailleurs en première ligne, sont essentiels dans l’économie mondiale.

Aujourd'hui, j'analyse les profondes différences entre les solutions numériques dominantes, destinées en priorité aux cols blancs, et celles dont ont besoin les FLW.

Je n’aborde pas dans ce billet le thème des usages au service des clients externes ; mon analyse se centre sur les solutions numériques à destination des clients internes.

Les dirigeants et les DSI doivent se fixer une nouvelle priorité pour les 5 années qui viennent : répondre aux véritables attentes numériques des FLW.

Pour cela, il est nécessaire d’“oublier” une grande partie de leurs certitudes actuelles sur ce qu’ils pensent être les bonnes pratiques numériques.

L’objectif ambitieux de ce billet est de servir de référence pour toutes les entreprises qui décident de mettre des solutions numériques de qualité au service de leurs FLW.

Sa longueur est le prix à payer pour présenter des réponses sérieuses et pérennes.

 

Les FLW, Front Line Workers

(Rappel des points essentiels développés dans le billet cité plus haut.)

- 80% Workforce is desklessLes FLW sont environ 2 700 millions dans le monde et représentent 80% des travailleurs, face aux 20% de cols blancs. On les nomme aussi les “Deskless”, les sans bureaux.

Les FLW passent l’essentiel de leur temps sur le terrain, dans une usine, un champ, un camion de livraison, un entrepôt, un restaurant, une boutique, un chantier de travaux publics...

Leur métier de base n’est jamais le numérique. Tous les FLW ont besoin de l’aide du numérique, mais c’est toujours en soutien de leur métier principal.

 

Cols blancs et FLW : principales différences

Pendant les 50 premières années de l’informatique, les entreprises et les équipes informatiques ont concentré leurs efforts à répondre aux attentes des cols blancs. Quand on devait équiper des FLW, on leur donnait accès aux mêmes applications que les cols blancs.

Ce tableau présente les principales différences qu’il faut prendre en compte pour réussir une transformation numérique au service des FLW.

- Différences office workers vs FLW

Leur nombre : les FLW sont 5 fois plus nombreux que les cols blancs. C’est une moyenne mondiale et les situations varient selon les pays ou les secteurs d’activités.

Dans beaucoup de pays africains, les FLW agriculteurs peuvent représenter jusqu’à 60% de la population active.

À l’inverse, dans une banque française, plus de 95% des collaborateurs sont des cols blancs.

Les budgets informatiques : dans une étude pour l’année 2020 citée dans mon billet précédent sur les FLW, le Gartner Group estime que 80% des dépenses informatiques étaient consacrées aux cols blancs et seulement 20% aux FLW.

Ramenés à chaque salarié, ces chiffres sont encore plus surprenants : en moyenne, les entreprises dépensent en informatique 16 fois moins pour un FLW que pour un col blanc !

Les objets d’accès : la majorité des applications informatiques ont été développées pour des terminaux puis des PC. Le clavier, l’écran et la souris sont des outils banalisés pour tous les cols blancs.

Pour les FLW, le smartphone est devenu l’objet d’accès aux applications informatiques le plus répandu. Il est parfois remplacé par une tablette, mais pratiquement jamais par un PC.

Les interfaces : Les cols blancs travaillent en priorité sur des textes et des chiffres, disponibles sur les claviers de leurs PC. Les applications mises à disposition des FLW sont majoritairement copiées de celles destinées aux cols blancs et essaient d’imposer ces mêmes interfaces claviers. Pour répondre aux véritables attentes des FLW, les usages numériques devront changer de paradigme et privilégier les interfaces images, plus naturelles, plus efficaces pour des usages terrain.

 

Solutions numériques existantes pour les FLW

En 2020, il existe de nombreuses applications destinées aux FLW, souvent de haute qualité, qui répondent à de véritables besoins.

Pour l’essentiel, ces applications ne sont pas en “rupture” avec celles disponibles pour les cols blancs. Elles numérisent des processus existants, basés sur des formulaires historiques papier.

Suivis de chantiers, gestion de planning d’intervenants sur le terrain, mesures de niveaux de stocks dans des rayons de supermarché… ces processus ont été améliorés par l’usage de tablettes ou de smartphones, mais sans les repenser en profondeur. Parfois, l’image sera utilisée, mais en pièce jointe, comme élément de confirmation ou de justification. L’image ne sera pas au cœur de la démarche, du processus.

- Praxedo -SaaS Gestion interventionsCe sont des solutions spécialisées, qui répondent aux attentes d’un métier.

La solution française Praxedo en est une belle illustration : cette offre SaaS aide les entreprises à gérer leurs équipes d’intervention, et elle le fait très bien.

Un autre exemple est la startup MaintainX qui vient de lever 50 M$ pour accélérer sa croissance dans la gestion des workflows de maintenance industrielle.

 

Mettre à profit les solutions informatiques existantes

Ce schéma simple a pour ambition de résumer l’évolution de l’informatique des entreprises au cours des 60 dernières années.

Pourquoi avoir choisi 1960 comme année de départ ? Il y avait des ordinateurs avant.

1960, c’est l’arrivée du premier ordinateur universel de gestion, l’IBM 360, qui s'est rapidement imposé comme la solution dominante dans les entreprises. Plus de 5 000 grandes entreprises dans le monde utilisent encore en 2021 les Mainframe Z d’IBM, successeurs des 360.

- 1960 - 2030 - Technologie Cols blancs FLW

- La courbe en rouge représente l’évolution exponentielle de la puissance des solutions informatiques, infrastructures et usages.

- La courbe en bleu montre l’évolution des attentes des cols blancs. Il a fallu attendre longtemps, plus de 50 ans, avant que les solutions informatiques puissent répondre à toutes les attentes des cols blancs. Depuis 2015, l’offre est en avance sur ces attentes, et l’écart entre les deux va encore s’accroître d’ici à 2030.

- La courbe en vert montre l’évolution des attentes des FLW. Grands oubliés de la Transformation Numérique, les entreprises ont ignoré les attentes des FLW, alors qu’elles étaient moins complexes que celles des cols blancs !

Plutôt que de se plaindre  de cette situation, il faut penser à demain, et la météo numérique est au beau fixe pour les FLW. En 2021, les potentiels immédiats des solutions disponibles sont très largement supérieurs aux réponses actuelles proposées aux FLW. Il est possible, rapidement, de rattraper ce retard et de fournir aux FLW des réponses de qualité à toutes leurs attentes. J’espère qu’en 2030 on aura atteint la même situation que pour les cols blancs : le numérique aura répondu à l’essentiel des demandes de tous les FLW du monde.

Comparées à celles des cols blancs, les attentes des FLW sont :

● Simples : le numérique n’est pas leur activité principale, mais une assistance à leurs métiers. Plus les solutions proposées seront simples, plus les FLW seront heureux !

● Spécialisées : le cariste dans un entrepôt, la personne qui vérifie la qualité des produits finis, l’agriculteur qui analyse une plante malade… toutes ces activités demandent des solutions numériques très spécialisées, adaptées à chacun de ces métiers.

● Spécifiques : au lieu de construire des ERP pour FLW, les entreprises doivent développer des dizaines, des centaines de petites applications spécifiques pour coller aux véritables besoins des FLW.

J’aurais aimé parler d’applications S3, Simples, Spécialisées et Spécifiques, mais l'expression est déjà utilisée par AWS pour sa solution de stockage S3, Simple Storage Service.

Je vais donc utiliser dans la suite de ce texte les nommer FLW-S3.

Il y a une deuxième raison d’être optimiste quand une entreprise cherche à rattraper le retard pris par son Système d’Information au service des FLW. Elle peut réutiliser une grande partie des investissements déjà réalisés pour les cols blancs et les mettre au service des FLW.

- SI Partagé - White collars - FLW

Les technologies disponibles en 2021, telles que le Cloud et les API, permettent de connecter les nouvelles applications destinées aux FLW aux solutions existantes, et en priorité aux données qu’elles produisent.

Mon diagnostic, en résumé : les entreprises ont pris conscience de l’importance des FLW, comprennent quelles sont les différences des solutions numériques FLW par rapport à celles des cols blancs et peuvent s’appuyer sur les SI existants pour aller vite.

Quelles sont les prochaines étapes ?

 

Le modèle B I S D, appliqué aux FLW

- Modèle BISD - Infra  Soutien  Métiers -DataLorsque j’ai imaginé en 2015 le modèle B I S, Business, Infrastructures, Support, modifié en 2019 en B I S D en ajoutant la dimension Donnée, je m’adressais aux cols blancs, qui étaient encore la priorité des Systèmes d’Information.

Est-ce que ce modèle B I S D peut aussi être utilisé pour les FLW ? La réponse est : oui !

Prenons les quatre éléments, un par un.

I - Infrastructures.

Les solutions Cloud Public s’imposent aussi pour les FLW ; leur niveau de maturité en 2021 est tel qu’il n’y a plus d’alternatives crédibles.

S - Usages Support.

Les fonctions Support destinées aux cols blancs ne sont pas adaptées aux attentes des FLW. Les outils bureautiques classiques, les fonctions support en commerce, ressources humaines ou finances, ne font pas partie des outils SaaS dont ont besoin les FLW.

Il est nécessaire d’imaginer ces nouvelles fonctions support, universelles. Je propose de les nommer solutions “Frontiques”. Elles sont présentées dans la suite de ce billet.

B - Usages Business, cœur métier.

Ce sont les usages que j’ai nommés FLW-S3 dans un paragraphe précédent : simples, spécialisées et spécifiques. En 2021, les outils les mieux adaptés pour construire ces applications FLW-S3 sont regroupés dans les familles “No Code” et “Low Code”. Ils peuvent être utilisés directement par les métiers, au plus près du terrain.

D- Données.

Les applications destinées aux FLW peuvent accéder aux bases de données utilisées par les cols blancs pour les données structurées classiques. Ils ont en plus des besoins très spécifiques pour gérer efficacement les images qui seront au cœur de ces nouveaux usages.

Les spécificités du modèle B I S D pour les FLW sont résumées dans le schéma ci-dessous.

- modèle BISD -FLW

 

Solutions “Frontiques”

J’ai créé dans les années 1970 le mot “Bureautique” pour parler des outils informatiques universels utilisés par les cols blancs : traitement de texte, tableur, messagerie...

Il est difficile de parler de la Bureautique des FLW quand on sait qu’ils sont “deskless”, sans… bureaux !

Comment nommer les outils numériques universels qui seront utilisés par les FLW ?

Je vous propose le mot “Frontique”.

Est-ce qu’il aura le même succès que le mot bureautique ? L’avenir le dira.

Quelles seront les principales fonctionnalités frontiques ? Une chose est certaine, ce ne seront pas les fonctionnalités des cols blancs tels que le traitement de texte ou le tableur.

Elles seront liées à l’image, qui devient l’interface dominante pour les FLW.

Avec les équipes de WizyVision, nous travaillons sur ce sujet depuis des années.

Les premières fonctions frontiques que nous avons identifiées sont :

● Lire dans l’image : retrouver un numéro de série, relever une mesure...

● Trouver dans l’image : identifier un objet présent dans l’image pour apporter au FLW les informations pertinentes.

● Compter dans l’image : combien de produits dans un rayon, sur une palette...

● Mesurer dans l’image : calculer la surface ou le volume d’un objet, déterminer combien peuvent être chargés dans un camion...

D’autres fonctions universelles frontiques seront développées, mais en petit nombre. Le principe de base des fonctions frontiques est qu'elles doivent pouvoir être utilisées par la grande majorité des FLW, quels que soient leurs métiers et leurs secteurs d’activité.

 

Répondre aux attentes des FLW : les réponses de WizyVision

Je vais prendre pendant quelques minutes ma casquette de Chief Strategy Officer de Wizy.io, éditeur de solutions SaaS pour FLW, dont je suis l’un des cofondateurs.

Wizy.io a deux produits à son catalogue :

WizyEMM, un outil pour sécuriser et gérer les terminaux Android, en priorité pour les FLW, mais pas seulement.

WizyVision, qui met l’image au service des FLW, que je présente ici.

En tant que responsable de la stratégie, j’ai beaucoup réfléchi sur les attentes des 2 700 millions de FLW. Ce billet est en grande partie le fruit de ces réflexions.

Les équipes de WIzy.io ont construit les solutions WizyVision qui s’appuient sur le modèle B I S D pour FLW défini ci-dessus.

I - Infrastructures : parmi les trois acteurs principaux du marché, GCP de Google était un choix évident :

● Fortes compétences dans l’image et la vidéo avec Google Photos et YouTube. La majorité des API de Google dans ses domaines sont disponibles et utilisées par WizyVision.

● Des outils d’Intelligence Artificielle et de Machine Learning au plus haut niveau, tels que TensorFlow, plateforme développée par Google et mise en Open Source dès 2015.

● Avec Android, Google contrôle 85% du marché des mobiles et les FLW sont équipés à plus de 90% de smartphones ou tablettes Android. Les rares exceptions sont dans le secteur du luxe où, pour des questions d’image, les vendeurs sont parfois équipés d’iPhone et d'iPad.

● La majorité des FLW sont en Asie Pacifique, Amérique du Sud ou Afrique. Ce sont des zones où les accès à Internet sont souvent problématiques. Google est le plus grand propriétaire mondial de fibres optiques, maritimes et terrestres. Google vient aussi de signer un accord avec Starlink d’Elon Musk, qui fournira des accès 100 Mb/s par satellites à basse altitude, en priorité dans les zones à faible couverture Internet.

- Main types of Databases in CloudD- Données : lorsque j’ai cherché en 2019 pour une entreprise française une base de données, native cloud, spécialisée pour les contenus multimédias, j’ai découvert que l’offre était... inexistante. Ceci est confirmé par ce tableau, publié en 2020, des principales solutions de gestion de bases de données pour Kubernetes et les trois géants du Cloud Public.

L’offre est pléthorique pour les données structurées et semi-structurées, sous toutes leurs formes. Il faut aller à la dernière ligne du tableau pour voir “non structurées”, images, vidéos, sons….et les seules réponses disponibles sont non spécialisées, de type S3 chez AWS !

Pour combler ce vide technique surprenant, WizyVision a construit la première et la seule base de données cloud spécialisée pour les contenus multimédias, que nous avons appelée DAC, Digital Asset Center.

S - Usages Support, Frontiques : WizyVision développe progressivement l’ensemble des usages frontiques dont j’ai parlé plus haut. Comme ils sont construits sur GCP de Google, ils pourraient fournir à Google un avantage concurrentiel majeur vis-à-vis de son grand concurrent Microsoft !

- Solutions universelles cols blancs vs FLW

Pour les cols blancs, Google propose Google Workspace, une solution remarquable, mais qui se heurte au quasi-monopole historique des outils Office 365. À l’inverse, les premières solutions frontiques disponibles, construites sur GCP par WizyVision, auront un boulevard devant elles !

B - Usages Business, cœur métier : WizyVision propose une plateforme de Machine Learning “No Code”, ML Studio, qui permet aux entreprises et à ses partenaires de construire rapidement des modèles de Machine Learning, simples, dans la logique “FLW-S3” présentées plus haut.

- modèle BISD -FLW WizyVisionCes choix stratégiques sont résumés dans ce schéma qui présente les réponses de WizyVision pour le modèle B I S D des FLW.

Pour les entreprises qui décident de proposer des solutions numériques adaptées aux véritables attentes de leurs FLW, la bonne nouvelle, c’est qu’elles existent et sont opérationnelles. WizyVision a l’ambition de devenir un acteur mondial sur ce marché des FLW, mais d’autres offres existent ou vont apparaître dans les années qui viennent.

- Factory AI Cloud Image FLW smartphone WizyVisionCe schéma résume les points forts des solutions WizyVision :

● En priorité pour les FLW.

● Accessible par smartphone.

● L’image au cœur de la solution.

● Construit sur le Cloud.

● Utilise l’Intelligence Artificielle.

 

Investir dans des solutions numériques pour les FLW : quels bénéfices

- Problems with FLW bad ITLe sous-investissement dans les solutions numériques au service des FLW a de nombreuses conséquences négatives pour les entreprises, comme le montre cette étude réalisée par Android Entreprise :

● Perte d’efficacité pour l’entreprise.

● Salariés démotivés.

● Clients mécontents.

● ...

- Top reasons for investing in IT for FLWUne autre étude, réalisée par Emergence en 2018, montre, à contrario, qu’il y a beaucoup de bénéfices potentiels lorsqu'une entreprise investit dans des solutions numériques spécifiques pour les FLW.

Les bénéficiaires sont, en même temps :

● Les entreprises : productivité, réduction des coûts, conformité...

● Les salariés FLW, avec de meilleures conditions de travail et de communication.

● Les clients, au contact avec des FLW.

Équiper les FLW de solutions numériques performantes, ce sont des investissements de faible montant, à très forte rentabilité. Il serait dommage de s’en priver !

 

Résumé

- FL work  FL Worker  Fournisseurs WIn Win WInLe numérique au service des FLW sera l’un des principaux relais de croissance de l’industrie du numérique de cette décennie.

● Les entreprises de tous les secteurs d’activités qui emploient des FLW ont beaucoup à y gagner.

● Les FLW, enfin équipés des solutions numériques nativement construites pour eux, verront leur qualité de vie au travail s’améliorer rapidement.

● Les fournisseurs de technologies numériques, en infrastructures et en usages, qui seront les premiers à investir pour construire des solutions spécialisées pour les FLW prendront une longueur d’avance sur leurs concurrents et il sera difficile de les rattraper.

Un beau trio de gagnants en perspective !

Les potentiels sont impressionnants, les premières places sont à prendre, mais il faudra faire vite.

On l’a déjà vu avec le marché des solutions IaaS, Infrastructures as a Service dans le cloud : il était balbutiant en 2007, les jeux étaient faits en 2017.

Pour les FLW, les acteurs dominants seront en place, avant la fin de l’année 2030.


Maîtriser ses données : grand défi des prochaines années (Deuxième partie)

 

AdS DPC 2 with fingers S 375623058Dans la première partie de ce billet, j’ai présenté les deux “visions” différentes qui sont nécessaires pour gérer efficacement des données numériques :

● Technique, avec la nécessité d’utiliser plusieurs solutions logicielles, toutes dans des clouds publics.

● Métiers, qui n’ont pas à savoir comment les différentes données dont ils ont besoin sont gérées par les équipes de la DSI.

La deuxième partie de ce billet présente les défis auxquels il faut répondre pour assurer une “transparence utilisateur” entre ces deux visions et les indépendances à créer entre infrastructures, données et usages.


Vision technique, vision métiers des données

Créer une transparence entre ces deux visions, c’est un défi majeur mais passionnant pour tous les professionnels de la gestion des données.

Je reviens sur l’exemple présenté dans la première partie de ce billet, celui du technicien qui assure la maintenance d’une installation industrielle.

Sur son smartphone, il a besoin, selon les étapes de son processus d’intervention, d’un plan, d’un document PDF, de photos, de données temporelles…

Ce n’est pas à lui de savoir dans quelle base de données les informations dont il a besoin sont stockées.

Les applications métiers, construites pour répondre, cas par cas, aux attentes spécifiques des collaborateurs doivent pouvoir “piocher” les données nécessaires dans les différents réservoirs disponibles.

Vision Infrastructures + Métiers données

Ce schéma peut faire peur à des dirigeants et des professionnels du numérique par son apparente complexité. Au contraire, les efforts initiaux qui sont nécessaires pour “architecturer” les données deviennent vite une arme redoutable pour les entreprises qui suivent ce chemin. Elles peuvent construire des applications adaptées aux attentes des métiers plus vite. Il devient aussi possible de changer certaines briques logicielles sans prendre le risque que tout l’édifice des données s’écroule.

 

Les trois indépendances

Ce nouveau schéma présente les composants du modèle B I S D d’une manière légèrement différente. Il permet de visualiser la nouvelle démarche d’indépendances que j’ai imaginée et qui aidera les entreprises à construire des solutions numériques innovantes, flexibles et évolutives.

Modèle BISD - Infra  Soutien  Métiers -Data - 3 indépendances

Trois indépendances sont mises en évidence :

● Indépendance 1 : entre les infrastructures et les usages, qu’ils soient Support ou Métier.

● Indépendance 2 : entre les infrastructures et les données, dans leurs dimensions techniques.

● Indépendance 3 : entre les usages et les données, dans leurs dimensions d’usages.

Puzzle Infra usages donnéesCette démarche d’architecte s’oppose frontalement à celle de ceux qui s’obstinent à croire aux vertus des solutions intégrées, que j’ai visualisées dans ce puzzle.

Quelques grands fournisseurs historiques s’accrochent encore à cette fiction des avantages des solutions intégrées. Elles ont, pour eux, l’intérêt majeur de garder leurs clients dans une prison dont il est très difficile de sortir. Il y a encore, hélas, de trop nombreux DSI et dirigeants qui se laissent bercer par le chant de ces sirènes.

Ces sirènes maléfiques informatiques sont bien connues ; j’en ai identifié les quatre espèces les plus dangereuses :

● Les éditeurs d’ERP intégrés.

● Les grands acteurs historiques des bases de données structurées.

● Les fournisseurs d’infrastructures propriétaires “on premise”.

● Les grandes ESN qui recommandent ces trois espèces de sirènes. Elles vont ensuite profiter, pendant des années, des budgets millionnaires des entreprises qui se sont laissées séduire par la mélodie insidieuse mais tentante de l’intégration.

Ulysse sirènesDirigeants et DSI, essayez de réduire au maximum les rencontres avec ces sirènes du malheur. Si, comme Ulysse, vous ne pouvez pas éviter de croiser leur chemin, attachez-vous à votre bureau, les mains liées derrière votre chaise, pour éviter de signer le moindre contrat !

 

Indépendance 1 : Usages - Infrastructures

Le principe est simple : les évolutions des infrastructures et des applications doivent être aussi indépendantes que possible.

C’est l’indépendance dont je parle depuis le plus longtemps, mais elle reste plus que jamais d’actualité.

J’ai publié un premier billet sur ce thème en… 2008, il y a plus de 12 ans. Ce principe est maintenant bien accepté par la majorité des entreprises raisonnables, et c’est une bonne nouvelle.

L’une des réponses les plus efficaces est aussi la plus simple : toute application nouvelle qui n’est pas accessible depuis un navigateur moderne est strictement interdite. En 2008, cette affirmation faisait débat. Aujourd’hui, elle est acceptée par tous les professionnels du numérique.

Indépendance 1 - I - B & S navigateur


En 2015, les PWA, Progressive Web Apps ont fait leurs débuts. Les PWA sont des applications Web qui ’installent un lien sous la forme d'une icône sur les objets mobiles Android et iOS.

Logo PWAEn pratique, cela signifie qu’une application développée en mode PWA peut être utilisée sur les trois grandes plateformes modernes :

● Navigateur

● Android

● iOS

Ceci évite aux entreprises d’écrire trois versions différentes de la même application !

PWA a un autre avantage, de plus en plus intéressant : une entreprise peut diffuser une application PWA pour Android et iOS sans passer sous les fourches caudines des places de marché de ces deux fournisseurs.

Garantir cette indépendance entre les applications et les infrastructures qui y accèdent est en 2021 possible avec les solutions navigateurs et PWA. Toute autre approche est suicidaire, car elle obère les capacités d’évolution d’un Système d’Information.

Le mot “obérer” s’impose ici : il signifie accabler de dettes, compromettre l’avenir.

 

Indépendance 2 : Données - Infrastructures

Cette indépendance entre les données et les infrastructures est une préoccupation plus récente, mais qui s'impose rapidement.

La gestion de cette indépendance incombe aux équipes de la DSI : elle n’intéresse pas directement les métiers, même s’ils en sont les grands bénéficiaires.

Les progrès réalisés dans ce domaine depuis les trois dernières années sont spectaculaires, et c’est une excellente nouvelle. L’émergence de trois grands leaders mondiaux dans les infrastructures Cloud a facilité cette amélioration. Les fournisseurs de solutions de gestion de données structurées sont les pionniers de cette indépendance. Quelques exemples :

BigQuery Omni. BigQuery est l’entrepôt de données créé par Google pour son Cloud GCP. La nouvelle version, BigQuery Omni, annoncée en 2020, peut être utilisée sur AWS et Azure.

Snowflake, solution d’entrepôts de données créée par des Français, est elle aussi disponible sur les trois clouds publics.

Databricks a pour ambition de proposer une solution qui combine entrepôt de données, analyse des données et intelligence artificielle. Databricks est disponible sur...AWS, GCP et Azure.

Cohesity est une solution de sauvegarde, elle aussi présente sur AWS, Azure et GCP.

Indépendance 2 données - infrastructures

J’entends souvent des DSI évoquer les risques de devenir “prisonniers” de leurs fournisseurs de Clouds Publics et faire la promotion des solutions multiclouds. Ce sont en priorité les DSI les plus réticents aux solutions Clouds publics qui cherchent des alibis, des excuses pour ne pas faire le saut !

Les solutions que je viens de présenter, et beaucoup d’autres réduisent à néant ces alibis.

Je souhaite abandonner AWS pour basculer sur Google Cloud ? Pas de problèmes, je peux porter mon environnement Snowflake ou Databricks de l’un vers l’autre.

Les DSI innovants, pragmatiques et tournés vers l’action l’ont bien compris ; la majorité d’entre eux ont fait le choix de deux de ces trois leaders et savent très bien qu’ils ne sont pas prisonniers de leurs choix.

 

Indépendance 3 : Usages - Données

Cette troisième indépendance entre les applications (Support et Business) et les données (D) est la plus complexe, mais probablement la plus essentielle à long terme.

Le principe est simple à énoncer : il faut sortir les données de leurs prisons applicatives, et les exporter dans les outils choisis par l’entreprise pour gérer de manière unifiée les six familles de données présentées dans la première partie de ce billet.

Indépendances 3 usages données

Une majorité des applications historiques des entreprises sont encore installées dans leurs centres de calculs privés. Les bases de données utilisées ont pour nom DB2, Oracle ou SQL Server. Les ERP les plus répandus restent SAP, Oracle (PeopleSoft…) ou Microsoft Dynamics.

Les données créées par ces applications sont prisonnières de leurs applications. Il est impossible d’y accéder directement.

Prison logicielle applications historiques

La situation n’est pas plus simple avec les applications Support, utilisées en SaaS, Software as a Service. Quand une entreprise décide d’utiliser un logiciel SaaS tel que Salesforce, Workday ou Talentsoft, elle doit accepter les choix d’infrastructures IaaS et des bases de données utilisées faits par l’éditeur du logiciel SaaS.

SOR SaaS with their own data

Ce que souhaitent tous ces éditeurs de logiciels, traditionnels ou SaaS, c’est que l’entreprise paye autant de droits d’accès que le nombre de personnes qui vont accéder aux données qu’elles produisent, même si ce sont pour des usages très occasionnels et depuis d’autres applications.

AdS DPC jail prison window open S 159270914Ouvrir les prisons dans lesquelles sont enfermées les données, c’est la nouvelle priorité des entreprises innovantes, et c’est tout sauf simple !

La démarche qui pourrait devenir la norme serait de… répliquer en temps réel toutes les données créées par ces applications pour les copier dans des espaces de stockage indépendants de ces applications. Ceci oblige l’entreprise à doubler sa capacité de stockage, en priorité pour les données structurées. Les capacités de stockage dans les clouds publics et leurs coûts très bas font que ce doublement des volumes n’est plus le problème principal.

Les difficultés viennent de la “mauvaise volonté” de nombreux éditeurs et du petit nombre de solutions logicielles performantes pour assurer ces transferts de données.

L’une des startups les plus prometteuses dans ces domaines était Attunity ; elle a été rachetée par Qlik et son nouveau nom est Qlik Replicate, nom en phase avec ses fonctionnalités.

Comme le montre ce tableau, Qlik Replicate donne accès à beaucoup de logiciels, historiques et SaaS. Les résultats peuvent être stockés, quelle surprise, dans les trois grands clouds publics.

Qlik replicate solutions 3

Cette vidéo YouTube présente le mode de fonctionnement de Qlik Replicate.

Je pronostique et j’espère que l’offre de solutions permettant d’organiser ces réplications de données pour en retrouver la maîtrise va s'enrichir rapidement.

Logo FivetranParmi les nouveaux entrants sur ce marché de la réplication, la société Fivetran est devenue une licorne en 2020 après avoir levé 100 M$.

C’est justement parce que cette troisième indépendance entre les usages et les données est la plus difficile à mettre en œuvre qu’il faut s’attaquer immédiatement à ce grand défi.

Je suis effondré quand je constate qu’un nombre important de DSI et dirigeants prennent exactement… le chemin inverse !

Le plus spectaculaire contre-exemple de cette absence d’indépendance entre les usages et les données est un produit dont j’ai déjà dit beaucoup de “bien” : S/4HANA de SAP.

SAP:4HANA GuantanamoCette solution est géniale pour... SAP ; elle leur assure des dizaines d’années d’entreprises enfermées dans un “Guantanamo Numérique”. Les ESN dont j’ai parlé au début de ce billet sont prêtes à jouer les rôles de gardiens des DSI emprisonnés.

Elle est catastrophique pour les entreprises qui sont obligées de choisir une base de données propriétaire SAP pour leurs données structurées. C’est d’autant plus inexcusable que c’est justement dans le domaine des solutions de gestions de données structurées que l’offre de solutions cloud est la plus abondante. Honte aux DSI et entreprises qui acceptent d'entrer dans cette prison numérique monstrueuse, la fleur au fusil, alors que rien ne les y oblige.

AdS DPC Ja Nein S 91268040Qu’un éditeur de logiciel comme SAP soit capable d’imposer sa volonté à ce point là, que des entreprises parmi les plus grandes du monde n'aient pas le minimum de courage nécessaire pour dire “Nein!”, ce n’est vraiment pas glorieux pour la profession des DSI.

Vous voulez créer de la dette numérique pour des années ? S/4HANA est le moyen le plus efficace pour y arriver, et de très loin !

 

Indépendance Usages - Données : deux exemples

Pour illustrer et rendre plus concret cette indépendance entre les usages et les données, je vous propose deux exemples, un dans le domaine des données structurées et l’autre pour les contenus multimédia.

Données structurées

Les données structurées sont encore, et de très loin, les plus utilisées dans toutes les entreprises. Cet exemple est pertinent pour toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité.

Comme on l’a vu plus haut, les solutions pour gérer des données structurées sont légion ; j’ai choisi quelques noms dans le schéma ci-dessous, mais il peut s’appliquer à beaucoup d’autres produits.

Indépendance Usages - Données : Structurées

En partant du bas du schéma, on trouve :

● Les applications qui sont les sources principales de contenus structurés. Ce sont aussi bien des applications anciennes telles que SAP ou PeopleSoft que des solutions SaaS comme Salesforce ou Workday.

● Les nouveaux logiciels “extracteurs” de données, Qlik Replicate ou Fivetran. Ils sont capables, si nécessaire, de faire ces extractions au fil de l’eau, en temps réel, pour garantir que les données extraites auront le même niveau de fraîcheur que dans les applications.

● La couche “D”, “Données indépendantes” Data Warehouse, Data Lake ou tout autre nom que l’on souhaite lui donner.

● Les applications d’usages spécifiques de l’entreprise, développées sur mesure ou disponibles en SaaS, qui accéderont aux données de la couche D. À ce niveau, on n’a plus à se préoccuper de savoir si la donnée vient de SAP ou de Workday ; on accède à des données structurées qui sont les mêmes pour tous les collaborateurs de l’entreprise.

Données multimédia

À l’inverse des données structurées, la gestion des données multimédia est encore balbutiante dans la majorité des entreprises.

Le schéma ci-dessous présente quelques cas d’usages possibles de la solution WizyVision, qui a été créée pour répondre à ce problème.

(Rappel : WizyVision est développé par Wizy.io, société dont je suis l’un des cofondateurs. Cette solution est née pour répondre aux besoins d’une entreprise industrielle qui ne trouvait pas de réponse satisfaisante sur le marché.)

Indépendance usages données - exemple multimédia

Les trois composants de WizyVision sont :

Digital Repository : base de données spécialisée dans les contenus multimédia (D du modèle B I S D).

DAC = Digital Asset Center : outil universel (S du modèle B I S D) qui permet à tous les collaborateurs d’une entreprise d’accéder aux contenus du Digital Repository.

ML Studio : outil “No Code” qui donne la possibilité aux collaborateurs des entreprises de construire eux-mêmes des modèles de ML, Machine Learning pour répondre à des besoins métiers spécifiques (B du modèle B I S D).

● Pour la dimension (I) du modèle B I S D, WizyVision est construit sur l’infrastructure GCP, Google Cloud Platform.

L’alimentation du Digital Repository peut se faire de plusieurs manières. Sur la partie basse de ce schéma, j’en ai représenté quatre, qui illustrent différents cas d’usages :

● Récupérer les données multimédia existantes dans un logiciel DAM traditionnel (Digital Asset Management) que les équipes des directions marketing ou communication souhaitent mettre à la disposition, contrôlée, de tous les collaborateurs de l’entreprise.

● Recevoir depuis un drone des photos ou des vidéos pour surveiller des installations industrielles ou des réseaux de distribution physiques tels que l'électricité, l'eau ou le gaz.

● Déployer en Edge Computing des outils spécialisés d’analyse d’images pour identifier par caméras vidéos des défauts sur une ligne de production.

● Permettre à des FLW, Front Line Workers, travailleurs en première ligne, d’enregistrer, directement depuis leur smartphone, des images pendant des opérations de maintenance.

Pour les usages, dans la partie haute du schéma, les collaborateurs peuvent accéder au Digital Repository :

● Depuis le DAC, Digital Asset Center, outil universel qui leur permet de retrouver tous les contenus multimédia dont ils pourraient avoir l’usage.

● Depuis une application métier spécialisée construite avec ML Studio, des FLW peuvent trouver tous les contenus multimédia dont ils ont besoin pour accélérer et améliorer leurs processus métiers.

Dans la logique de ce billet, le composant D, Digital Repository, est indépendant des deux autres, DAC et ML Studio. Il peut être utilisé seul, pour enregistrer tous les contenus multimédia d’une entreprise. Des API permettent d’y accéder avec toutes les applications existantes qui auraient besoin de ces contenus multimédia.

Je pronostique que ce sera le composant de WizyVision qui aura le plus de clients.

 

Synthèse

Ces deux longs billets ont mis en évidence les défis qui se posent aux entreprises qui souhaitent reprendre la maîtrise de leurs données, de toutes leurs données.

DPC old Climbing road S 15104963Il a surtout présenté des pistes innovantes, solides et pérennes pour y répondre ; elles s’appuient :

● Sur le modèle d’architecture B I S D.

● La double vision, technique et métiers, des données.

● Les trois indépendances qu’il faut créer pour reprendre la main sur ses données.

● Des offres de solutions de plus en performantes sur lesquelles on peut s’appuyer.

Le chemin pour y arriver est long, escarpé, plein d'embûches, oui, mais les bénéfices et les avantages concurrentiels que vont en retirer les entreprises ayant eu le courage d’entreprendre le voyage feront vite oublier les difficultés rencontrées en cours de route.


Cybersécurité : ne pas se tromper de combat

 

AdS DPC 1 milliard billion S 240309178Les cyberattaques font la une depuis quelques jours ; la cybersécurité devient une priorité nationale, une de plus...

Deux hôpitaux, quelques mairies découvrent les joies des rançongiciels et, COVID-19 oblige, la classe politique française unanime décide qu’il faut faire cesser ces attaques inacceptables.

Comme s’il existait des attaques de diligences, de banques ou d’hôpitaux acceptables…

La méthode française pour s’attaquer à un problème est bien connue. Elle comporte deux volets :

● Un plan.

● L’annonce d’un gros chiffre. On précise en annexe ou en tout petit que ce chiffre correspond à des dépenses ou investissements étalés sur un grand nombre d'années.

Le Président Emmanuel Macron a mis en pratique cette démarche le 18 février 2021, en annonçant, quelle surprise :

● Un plan cybersécurité.

● Un budget de 1 milliard d’euros. Un chiffre rond, cela fait sérieux. Ce budget sera réparti sur la période 2021 - 2025, soit environ 200 millions d’euros par an.

Macron Cybersécurité 1 B€

Personne n’a la moindre idée de la manière dont ce milliard a été calculé, ni de comment cette somme sera dépensée.

Devant l’urgence de la situation, j’ai décidé de plancher cette nuit sur le sujet pour apporter, modestement, mais rapidement quelques éléments de réponse.

C’est le sujet de ce billet.

 

L’offre de solutions de cybersécurité : très en avance sur les usages

J’ai une excellente nouvelle pour le gouvernement français : la part de ce budget à consacrer à développer de nouvelles offres de solutions est facile à mesurer : Zéro Euro.

Depuis des dizaines d’années, des centaines de sociétés innovantes, dans le monde entier, ont développé des produits logiciels exceptionnels qui couvrent toutes les dimensions techniques pour se protéger efficacement des cyberattaques.

À titre d’illustration, le tableau ci-dessous dresse une carte de plus de 80 produits de nouvelle génération qui s’appuient sur l’Intelligence Artificielle (IA) pour combattre le cybercrime.

Map Cybersecurity with AI solutions

Des centaines d’autres solutions, elles aussi très performantes, travaillent de manière plus traditionnelle, car elles sont nées avant l’arrivée de l’IA.

En résumé

L’offre de solutions pour se protéger des cyberattaques n’est plus le problème en 2021.

Il y a même une surabondance de solutions et la principale difficulté des experts sérieux dans le domaine est de faire son choix parmi autant de produits exceptionnels.

Ceci m'amène à faire une première recommandation pratique au gouvernement français, après avoir vu la répartion prévisionnelle de ce budget de 1 milliard d'euros.

Toutes les sommes présentes dans la première colonne de ce tableau peuvent être ramenées à... zéro euro :

  • Rajouter encore plus de solutions à une offre déjà surdimensionnée, quelle absurdité.
  • Il faudra en plus des années pour produire ces "nouvelles solutions", et sans aucune garantie qu'elles soient perfomantes.
  • Il y a vraiment beaucoup plus intelligent, plus efficace à faire pour s'attaquer à la cybercriminalité.

Répartition plan cyber

Ceci représente 515 millions de moins dans les dépenses et autant dans les financements. Dans la suite de ce billet, j'indiquerai comment on peut réallouer ces sommes.

 

Protéger les infrastructures et les usages

Cybersécurité - Infrastructures usages sans réponsesLes lecteurs de mon blog connaissent bien cette distinction :

● Les infrastructures, serveurs, réseaux, objets d’accès sont les fondations d’un Système d’Information.

● Les usages ou les applications s’appuient sur ces infrastructures pour créer de la valeur pour les clients, internes et externes de chaque entreprise.

● Ceci est valable pour toutes les entreprises, TPE, PME, ETI ou grandes, privées ou publiques, dans tous les pays du monde.

Dans ce court billet, je vais aller à l’essentiel.

 

Cybersécurité : quelles réponses opérationnelles en 2021

Cette distinction entre infrastructures et usages sert de référence pour proposer des réponses opérationnelles, immédiatement.

Infrastructures

Dans les infrastructures, la protection des centres de calcul où fonctionnent serveurs et outils de stockage des données est essentielle.

Il existe deux grandes familles de centres de calcul :

● Les centres de calculs privés : chaque entreprise gère un ou plusieurs bâtiments où se trouvent ces serveurs.

Cloud security● Les Clouds Publics : ce sont des serveurs gérés par de grands industriels mondiaux qui mettent leurs ressources au service des entreprises. C’est la démarche IaaS, Infrastructure as a Service. Trois grands fournisseurs dominent le marché : AWS d’Amazon, Azure de Microsoft et GCP de Google.

En 2021, face aux cyberattaques, il n’y a plus qu’une seule décision de bon sens :

Fermer le plus vite possible tous les centres de calcul privés et obliger 99,99% des entreprises à basculer sur des clouds publics.

Aucune entreprise, même parmi les plus grandes, celles qui sont membres du CIGREF, Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises, n’a les ressources techniques, humaines et financières suffisantes pour offrir un niveau de sécurité équivalent à ceux proposés par les industriels IaaS.

Sécurité des infrastructures serveurs : problème réglé.

Usages

Pour se protéger efficacement des cyberattaques, la profession des professionnels de ces outils utilise une expression très parlante : Zero Trust.

Zero Trust : cela veut dire que l’on fait l’hypothèse que rien n’est sécurisé et qu’il faut tout protéger.

Les principaux composants d’une démarche Zero Trust sont résumés sur ce schéma.

Démarche zero trust

Je reprends ici quelques lignes d’un blog récent où je présentais Zero Trust.

● Vérifier l’identité de la personne qui se connecte. On complète les mots de passe par d’autres techniques regroupées dans la famille MFA, Multi Factor Authentication.

● S’assurer que l’on peut faire confiance à l’objet d’accès, quel qu’il soit.

● Chiffrer les données, en transit et dans les objets d’accès.

● Autoriser les accès aux applications, une par une, selon les personnes, selon les lieux d’accès.

● Fournir des outils d’audit pour des contrôles a posteriori quand c’est nécessaire.

Zero Trust, c’est le remplacement des technologies archaïques que certains d’entre vous ont connu dans une vie antérieure : VPN sur les postes de travail et Pare Feu périmétrique autour des centres de calcul privés.

Comme je l’ai écrit au début de ce billet, l’offre de solutions est pléthorique. Ce tableau présente quelques-unes des solutions qui participent à cette démarche Zero Trust, parmi les plus connues du marché

Outils solutions zero Trust

 

Cybersécurité - Infrastructures usages avec réponsesEn reprenant la même image que j’avais utilisée pour séparer infrastructures et usages, on peut résumer les deux démarches qui permettent de bien se protéger contre des cyberattaques :

● Utiliser les clouds publics pour les infrastructures.

● S’appuyer sur des outils qui permettent une approche Zero Trust pour les usages.

 

Reste l’essentiel : les comportements humains

Je ne connais pas les deux hôpitaux qui ont déclenché cette réaction rapide du gouvernement français après avoir subi une cyberattaque. Ce que je sais, c’est qu’ils avaient tout faux : centres de calculs privés et pas de démarche Zero Trust.

J’ai envie de proposer au gouvernement français un objectif ambitieux et réaliste pour son plan cybersécurité :

Faire de la France l’un des pays les moins rentables et les plus coûteux pour réussir des cyberattaques contre ses entreprises.

Les cyberattaques vont continuer, vont devenir de plus en plus sophistiquées, c’est une évidence.

Penser une seule seconde que l’on peut garantir une sécurité parfaite contre les cyberattaques est une idée absurde.

La seule arme raisonnable, c’est donc la dissuasion. C’est le principe des portes blindées dans les appartements. Une porte blindée de qualité n’est jamais inviolable, mais ralentit beaucoup les cambrioleurs ; ils préféreront souvent s’attaquer à un autre appartement moins bien protégé.

Je propose donc que 100 % de ce budget de 1 milliard d’euros soit consacré à des actions vers les dirigeants et les responsables informatiques des entreprises, en étant très, mais très directif.

Il y a deux décisions prioritaires et “simples” à énoncer.

Décision 1 : toute entreprise présente sur le territoire français doit fermer rapidement ses centres de calcul privés.

Comment accélérer cette décision ? Attaquer les dirigeants au porte-monnaie.

● Pour les entreprises ayant des petits centres de calcul privés, de moins de 100 serveurs, une taxe sera établie sur la valeur comptable de ce centre de calcul :

○ 10% de cette valeur en 2022.

○ 20% en 2023.

○ 30% en 2024 et années suivantes.

● Pour les entreprises ayant des centres de calcul privés avec plus de 100 serveurs, elles sont peu nombreuses, cette taxe sera :

○ 0% en 2022, car il leur faut quand même plus de temps pour se préparer.

○ 20% en 2023.

○ 30% en 2024 et années suivantes.

Je prévois que le montant de ces taxes devrait rapidement rembourser le budget de 1 milliard d’euros prévu.

On taxe bien les produits dangereux pour la santé tels que le tabac ou l'alcool. Il est donc logique de taxer aussi les produits dangereux pour la santé de l'informatique, les centres de calcul privés.

Seringue Zero Trust SécuritéDécision 2 : vacciner rapidement au Zero Trust tous les responsables informatiques et les RSSI, Responsables de la Sécurité des Systèmes d’information. Cette vaccination devra être terminée avant juillet 2022. Un certificat de vaccination sera remis à toutes les personnes qui auront suivi avec succès cette formation. Il sera exigé pour pouvoir exercer ces professions à partir de janvier 2023.

L’essentiel du budget de 1 milliard d’euros sera consacré à la mise en œuvre de ces deux décisions. Cela représente beaucoup de travail et d’investissements en accompagnement et formation, mais ce seront vraiment des “investissements d’avenir”.

Comme je l'ai proposé plus haut, on peut récupérer la moitié du budget initialement prévu pour créer de nouveaux produits, soit 515 millions d'investissements et autant de financements

 

Résumé

Se protéger des cyberattaques est une priorité pour la France, comme pour tous les autres pays.

L’objectif ne sera jamais d’arriver à une protection parfaite. On le voit bien aujourd’hui avec les vaccins contre la COVID-19 : les meilleurs ont des niveaux de protection exceptionnels, supérieurs à 90 %.

Cet encadré propose un bel objectif aux décideurs qui vont relever le défi posé par ces cyberattaques : en réduire de 99% les dangers.

Infr Cloud + Usages ZT = 99% moins

Est-ce que je serai entendu ?

Est-ce que mes recommandations seront acceptées ?


Maîtriser ses données : grand défi des prochaines années (Première partie)

 

AdS DPC barre bateau S 270637175La prise de conscience de l’importance des données numériques c’est accélérée depuis 2 ou 3 années. En 2021, la “donnée” est sur toutes les lèvres.

Deux événements qui ont eu lieu en France en janvier 2021 le confirment.

Le GAIA-X French Hub a tenu sa première conférence plénière le 22 janvier 2021, sous les auspices du CIGREF. J’ai suivi cette conférence en ligne qui a duré toute la matinée. Le support est disponible au format PDF.

La priorité a été clairement mise sur les données ; neuf domaines clés ont été identifiés tels que la santé, l’énergie ou l’agriculture.

Gaia-x 9 data spaces

Assises de la donnée 28:2:2021Les assises de la Data Transformation se sont tenues à Bercy le 28 janvier 2021 ; Bruno Lemaire, ministre des Finances, en a fait l’ouverture.

Cette conférence a duré toute la journée et j’ai pu en suivre une grande partie. L’essentiel des conférences est disponible sur ce lien.

L’avenir du numérique européen passe par la donnée pour GAIA-X. “Les données sont au cœur de notre relance économique” pour le ministre des Finances de la France.

Quelles belles ambitions, quels beaux projets !

AdS DPC small man vs big Man S 55968372Je travaillais sur ce billet pendant que je regardais ces deux conférences ; j’ai eu un moment le sentiment de me sentir “tout petit” avec mon objectif d’aider chaque entreprise à améliorer sa gestion des données. Parler des entreprises quand l’avenir de la France et de l’Europe dépend des données, ce n’était vraiment pas au niveau voulu...

Je suis rapidement revenu à la raison : gérer efficacement ses données est déjà un défi d’une exceptionnelle difficulté pour chaque entreprise, et prendra plusieurs années. Sur ce thème, je pense pouvoir apporter de la valeur.

Au niveau de la France ou de l’Europe ? Je préfère laisser cette activité à d’autres.

Ce billet a pour ambition d’aider, un peu, les entreprises à reprendre la maîtrise de leurs données.

 

Rappel : modèle B I S et modèle B I S D

(Pour les lecteurs qui ne sont pas familiers avec ces deux modèles.)

En 2015, j'ai proposé un modèle d’analyse du Système d’Information (SI) des entreprises, nommé B I S :

B = Business, cœur métier en français : les applications liées aux activités spécifiques de chaque entreprise.

I =  Infrastructures : serveurs, réseaux, postes de travail, les fondations d’un SI.

S = Support, les applications transverses, universelles que l’on rencontre dans la majorité des entreprises.

En 2019, j’ai fait évoluer ce modèle en ajoutant la dimension D, pour données ; il est devenu le modèle B I S D.

Modèle BISD - Infra  Soutien  Métiers -Data

Les missions d’accompagnement des entreprises dans leur Transformation Numérique que j’ai menées entre 2015 et 2019 ont confirmé que les données occupent une place centrale dans la nouvelle version de mon modèle.

 

Les données : un peu d’histoire

Cover 10 000 years of recorded information STout au début de ma carrière en informatique, j’ai eu l’honneur et le privilège de rencontrer et de travailler aux USA avec Paul Strassmann quand il était DSI de Xerox. Cet homme exceptionnel, né en Europe de l’Est, a immigré aux USA après l’invasion de son pays par les Russes à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il a organisé pour Xerox une exposition remarquable sur “10 000 ans d’information enregistrée”. Le catalogue de cette exposition en présente quelques pièces exceptionnelles. C’est à ma connaissance la seule collection qui regroupe tous les moyens utilisés par l’humanité, dans toutes les civilisations, pour “enregistrer” des informations. Il est fascinant de voir comment, avec des techniques très différentes, les hommes ont, depuis 10 000 ans, cherché à mémoriser des données. L’une des pièces les plus rares (p 11) est l’un des seuls Quipus Péruviens restants, qui servait à enregistrer les… taxes. Les Espagnols avaient détruit systématiquement toutes ces “mémoires” pour effacer l’histoire du pays.

Aujourd’hui, l’immense majorité des données est mémorisée sous forme numérique. En 2021, les contraintes de volumes et de coûts ont disparu : il est possible de tout mémoriser. Comme le montre ce graphique, cette croissance des volumes de données est exponentielle ; on est passé entre 2010 et 2020 de 2 zettabytes à 60 zettabytes, une multiplication par 30.

Data stored from 2010 to 2024 - Zettabytes

Comment gérer efficacement ce déluge de données, qui ne fait que commencer ?

Je vous propose une démarche innovante qui, je l’espère, vous aidera à répondre à ce défi.

 

Les deux dimensions des données

Données dialogue SQL vs BudgetLorsque vous parlez de données à un professionnel du numérique, il pense immédiatement aux solutions disponibles.

Lorsque vous parlez de données avec les métiers, ils les voient sous la forme de contenus, financiers, humains ou autres.

C’est pour répondre à cette double vision des données qu’il est nécessaire d’avoir… une double réponse :

● La première, qui va proposer des solutions d’infrastructures numériques.

● La deuxième, qui parle des données dans le langage des métiers.

● Le défi, bien sûr, c’est de réconcilier les deux.

 

Dimension Infrastructures des données

J’ai participé à d’innombrables conférences, salons et séminaires où des professionnels du numérique parlent des données. Ce qui est fascinant pour moi, c’est que tout le monde se concentre sur un seul type de données, les données structurées.

Oui, les données structurées, utilisées en comptabilité, en finance, pour la gestion des ressources humaines ou des stocks sont importantes. Mais, en 2021, elles ne sont pas les seules à être numérisées, et ce sont celles qui occupent les plus petits volumes !

J’ai identifié six grandes familles de données :

● Les données structurées.

● Les documents bureautiques : textes, tableurs, présentations, PDF…

● Les modèles 3D, utilisés en ingénierie, construction…

● Les séries temporelles, que l’on rencontre aussi bien en finance que dans l’industrie.

● Les contenus multimédia : images, photos, vidéos…

● Les données géographiques : cartographie, routes, météo…

Vision Infrastructures données

L’ordre dans lequel elles sont présentées, de droite à gauche, n’est pas le fruit du hasard, comme on va le voir maintenant.

Remarque concernant les solutions citées : l’avenir des données est dans les Clouds Publics ou...dans les Clouds Publics. Toutes les solutions historiques, que l’on rencontre encore dans les centres de calcul privés que quelques rares entreprises “frileuses” continuent à gérer ont vocation à disparaître, et très vite. Je ne vais donc référencer que des solutions “natives cloud”.

C’est aussi un domaine où quelques fournisseurs attardés essaient de faire croire à leurs clients qu’ils ont LA solution universelle, intégrée, pour tous les types de données.

On retrouve ce combat entre les solutions “universelles” et les “best of breed” dans tous les domaines du numérique, et la gestion des données n’y fait pas exception.

Données structurées

Ce sont les données pour lesquelles il existe le plus de solutions techniques, et de très loin. Bases de données SQL, entrepôts de données, Data Lake… des centaines de logiciels sont disponibles pour gérer les données structurées. Ce sont aussi les solutions de gestion de ces données structurées qui sont les mieux connues par les informaticiens. Les formations à la gestion des bases de données sont presque exclusivement centrées sur ce thème.

La société de Capital Risque A16z (Andreessen Horowitz) a publié ce graphique qui présente son “Architecture Unifiée d’Infrastructures de Données.” Il est d’une grande complexité, liste des dizaines de solutions qui sont toutes…quelle surprise, dédiées aux données structurées.

A16z Unified Data Management Model

Données bureautiques.

Gdrive collaborationC’est la deuxième famille de données la plus utilisée dans les entreprises. Toutes les entreprises créent et gèrent des rapports, des présentations, des contrats… Il existe des solutions leaders dans ce domaine, venant :

● Des fournisseurs d’outils bureautiques cloud comme GDrive de Google ou OneDrive de Microsoft.

● De sociétés spécialisées comme Box ou Dropbox.

Il ne viendrait à l’idée de personne d’utiliser une base de données structurées SQL pour gérer tous ses documents.

Les quatre familles de solutions techniques qui suivent sont moins universelles que ces deux premières. Ce sont des données que l’on ne rencontre pas dans toutes les entreprises. Conséquence : le nombre de solutions “Cloud” disponibles pour ces familles de données est plus réduit.

Modèles 3D

Dassault 3D experienceLa numérisation de toutes les activités d'ingénierie est banalisée depuis des dizaines d’années. C’est l’un des rares domaines du numérique où la France a un champion mondial, Dassault Systèmes. Depuis plusieurs années, Dassault Systèmes a pris le virage du Cloud avec ses solutions 3ds.com. La mise à disposition des modèles 3D dans le Cloud permet à des collaborateurs sur le terrain d’y accéder depuis un navigateur.

Séries temporelles

Amazon timestreamÉvolution d’un cours de bourse, suivi de la vitesse de rotation d’un moteur, variation de la température dans un four… les domaines d’activités où l’on souhaite suivre l’évolution d’une donnée au cours du temps sont très nombreux. Il a fallu attendre longtemps avant de voir apparaître des solutions logicielles spécialisées pour gérer efficacement ces types de données, et elles sont encore peu nombreuses. Amazon Timestream, disponible sur AWS, n’est arrivé qu’en 2019.

Contenus multimédia

Pendant longtemps, les contenus multimédia, photos, images ou vidéos, ont été réservés à des métiers spécialisés comme la communication ou le marketing. Des dizaines de solutions DAM, Digital Asset Management, existent pour répondre à ces besoins spécifiques.

Il y a 2 ans, nous avons recherché avec une entreprise industrielle française une solution simple de gestion de contenus multimédia dans le Cloud pour permettre à tous les collaborateurs de partager ces contenus.

WizyVision exempleComme aucune solution satisfaisante n’était disponible, l’entreprise Wizy.io, dont je suis l’un des fondateurs, a développé un logiciel SaaS pour les contenus multimédia. C’est devenu le produit WizyVision DAC, Digital Asset Center. Je peux le définir comme le premier outil universel, natif Cloud, pour la gestion des contenus multimédia.

Données géographiques

Des milliers de services numériques utilisent la géolocalisation : Uber, CityMapper et même StopCovid !

Toutes les entreprises n’ont pas les moyens de Google, Apple ou Uber pour construire sur mesure des solutions métiers qui s’appuient sur des dimensions géographiques. Il existe depuis des années des outils qui répondent à ce besoin, mais ils sont chers, complexes et construits sur des architectures anciennes.

Bonne nouvelle : les toutes premières solutions Cloud natives arrivent. L’une des plus prometteuses est Unfolded.ai. Les fondateurs sont d’anciens collaborateurs d’Uber ; ils avaient construit leurs applications en créant des briques Open Source, Kepler.gl et Deck.gl.

Unfolded.ai on Open Source platforms

Unfolded.ai s’appuie sur ces composants Open Source, ce qui est un gage de qualité et de pérennité.

 

Dimension infrastructures : en résumé

Petit à petit, l’offre de solutions natives Cloud s’enrichit, pour répondre à toutes les attentes des entreprises pour gérer leurs données. Dans des domaines comme le multimédia ou les données géographiques, pour lesquels les demandes des entreprises avaient du mal à trouver des réponses modernes, les premières offres sont maintenant disponibles.

Vision Infrastructures données + solutions

Oui, les métiers de gestionnaires des infrastructures de données seront de plus en plus complexes, car il faudra maîtriser plusieurs outils logiciels.

C’est la seule option raisonnable à long terme, face à la tentation, suicidaire, d'espérer trouver la solution unique qui répondrait à toutes les attentes, actuelles et futures, des entreprises pour la gestion de toutes les familles de données dont elles ont besoin.

Matrice gestion données ancien monde nouveau mondeCette matrice à quatre cases permet de visualiser les évolutions nécessaires des entreprises dans leur démarche de gestion des données :

● La situation historique la plus fréquente : des outils universels installés dans des centres de calculs privés

● Deux cases sans avenir : outil universel dans le cloud et outils spécialisés dans centres de calcul privés.

● Le point d’arrivée moderne : des outils spécialisés dans le cloud public.

 

Usages

La situation est plus stable dans le domaine des usages : les métiers ont des attentes raisonnablement bien connues et pérennes.

Toutes les entreprises ont besoin d’information dans des domaines universels tels que :

● Clients.

● Ressources Humaines.

● Finances.

Il existe aussi des attentes spécifiques à certains secteurs d’activités :

● Gestion de production.

● IIoT : Industrial Internet of Things, informations sur les objets connectés.

Vision métiers données

Les limites techniques de l’informatique des années 1960 à 1990, les coûts très élevés des solutions de stockage avaient conduit les entreprises à avoir une stratégie de gestion de la pénurie et à considérer que l’octet était une ressource rare et chère. Les données structurées financières et bureautiques textuelles étaient les seules à pouvoir être stockées dans des supports numériques. L’exemple probablement le plus célèbre est celui des années ; on n’avait gardé que les deux derniers chiffres pour économiser des octets. Le passage à l’année 2000 a montré à quel point cette économie initiale avait été la source de coûts très élevés quand il a fallu passer à quatre chiffres.

L’explosion des usages d’Internet et du Web a fait naître des sources d’information nouvelles, externes à l’entreprise, telles que les réseaux sociaux et les sites Web ouverts à tous.

Données sources internes - externes 1990 - 2020Entre 1990, année du début du Web, et aujourd’hui, les volumes de données créées en interne ont augmenté, mais raisonnablement. À l’inverse, les entreprises ont vu croître très vite les données d’origine externe.

Les FLW, Front Line Workers, les travailleurs en première ligne, ont été pendant trop longtemps les oubliés de la Transformation Numérique. Leurs besoins de données numériques n’étaient pas prises en compte et le papier restait leur outil principal.

L’exemple que je vais présenter montre comment ces FLW peuvent en 2021 profiter de ces différentes sources de données pour transformer en profondeur leurs modes de travail.

AdS DPC FLW with smartphone factory S 354388167Cet exemple est celui d’un technicien qui doit mener une opération de maintenance sur une installation industrielle de grande taille. Comme tous les FLW, il est équipé d’un smartphone. Il peut :

● Localiser le lieu d’intervention par la cartographie.

● Arrivé sur place, une simple photo lui permet de retrouver, dans la base multimédia, les références du matériel à réparer.

● Toutes les données des maintenances préalables s’affichent automatiquement sur son écran, à partir d’une base de données structurées. Aucune saisie manuelle n’est nécessaire.

● Il peut consulter à tout moment, dans la base des documents, le manuel d’entretien.

● S’il diagnostique que le problème vient d’irrégularités dans la pression d’alimentation en air comprimé, un coup d’œil sur les évolutions de la pression au cours des 3 derniers mois dans la base temporelle lui permet de confirmer son intuition.

● Un accès aux plans 3D de l’installation lui montre sur quel composant il doit intervenir.

● À la fin de son intervention, quelques photos après réparation vont enrichir la base multimédia, ce qui aidera un autre technicien d’entretien lors d’une prochaine visite.

● Tout ceci est réalisé en mode numérique 100%, sans avoir besoin d’utiliser le moindre support papier pendant l’intégralité des étapes de son intervention.

L’application sur mesure qui a été développée pour ce FLW fait appel aux six solutions logicielles de gestion des données, de manière totalement transparente pour lui.

C’est aussi un bon exemple d’un double bénéfice “Gagnant Gagnant” :

● Pour le Front Line Worker, qui peut se concentrer sur ses activités à forte valeur ajoutée, sans perdre du temps sur des fonctions administratives.

● Pour l’entreprise, à qui ce nouveau processus 100% numérique garantit que toutes les informations, de toute nature, sont à  jour en permanence.

Cet exemple permet d’introduire la deuxième partie de ce billet ; il présentera les indépendances nécessaires à créer entre les composants d’un Système d’Information construit sur le modèle B I S D.


Après COVID-19 : quelles Transformations Numériques universelles ? Deuxième partie : solutions numériques

 

DPC universal toolsLa première partie de ce billet a présenté les changements majeurs induits par le COVID-19 dans le fonctionnement de toutes les entreprises.

Cette deuxième partie est centrée sur les solutions numériques universelles que toutes les entreprises doivent mettre en œuvre pour gérer ces changements majeurs et se préparer à des futurs numériques de plus en plus imprévisibles.

Ces recommandations sont valables, quels que soient les secteurs d’activité ou les pays où sont installées les entreprises.

Comme dans la première partie de ce billet, j’ai fait le choix de me concentrer sur un petit nombre de réponses universelles :

● Infrastructures pérennes et solides.

● Usages “bureautique” universels pour tous.

● Données indépendantes des usages et des infrastructures.

● Confiance dans les usages numériques.

● Processus informationnels numériques de bout en bout.

 

Infrastructures pérennes et solides

Les infrastructures numériques sont les fondations sur lesquelles s’appuient les usages numériques. Elles sont essentielles mais souvent “invisibles”.

Pour l’illustrer, je vous propose l’exemple d’un spectacle d’opéra :

Orchestre opera CTO

● L’orchestre est dans une fosse, presque invisible depuis la salle, sauf pendant l’ouverture. Ce sont les infrastructures.

● Les chanteurs sont sur la scène, bien visibles, les grandes vedettes du spectacle. Ce sont les usages.

● Le chef d’orchestre est dans la fosse pour l’essentiel du temps. Lors des applaudissements de fin de spectacle, les chanteurs l’invitent sur scène. Il représente le CTO, Chief Technical Officer, le patron des infrastructures.

La crise du COVID-19 a remis sur le devant de la scène les infrastructures, qui étaient auparavant les parents pauvres de l’informatique.

Réseaux sous-dimensionnés, serveurs incapables de répondre aux variations de charge, postes de travail à distance incapables d'accéder aux applications… des millions de salariés et de clients en ont fait l’expérience.

J’ose espérer que le COVID-19 aura enfin dessillé les yeux des dirigeants et DSI qui refusaient de moderniser leurs infrastructures, thèmes que j’ai abordés des dizaines de fois dans ce blog.

Pour aller à l’essentiel, je vous propose trois axes d’action :

- Fermer une fois pour toutes vos centres de calculs privés, hors de prix, passoires de sécurité, gloutons en énergie, rigides… pour basculer dans les grands clouds publics industriels AWS, GCP ou Azure. Ce n’est plus “vers le Cloud”, c’est : “Cloud public, maintenant !

J’ai imaginé un indicateur très simple pour savoir où vous en êtes : le pourcentage de vos applications qui sont encore prisonnières de vos centres de calcul privés :

Pourcentages Applications en Cloud Public Rouge vert

● Compris entre 100 % et 50 % : danger absolu. Changez de DSI et de CTO.

● Compris entre 50 % et 20 % : zone de risques plus raisonnable.

● Inférieur à 20 % : Bravo, vous êtes prêts à affronter toutes les prochaines crises.

DPC WAN network-  Basculer tous vos réseaux sur des solutions 100 % Internet et ne pas lésiner sur la vitesse et sur les redondances pour permettre à tous vos collaborateurs de travailler, où qu’ils soient. Des défaillances de réseaux ne sont plus acceptables en 2020.

Chromebook   PWA HTML5- Imposez un navigateur comme seule fenêtre d’accès à 100 % de vos applications HTML5, disponible sur tous les PC, Macintosh, Chromebooks, smartphones et tablettes. Je vous propose un investissement “somptuaire” pour vous aider dans cette démarche : vous achetez un Chromebook et une application qui ne fonctionne pas sur cet objet d'accès est… définitivement interdite d’entrée dans votre entreprise.

Pourquoi donner autant d’importance aux infrastructures numériques dans un monde post COVID-19 ?

● Sans infrastructures fiables, rien ne fonctionne.

● Elles sont plus stables, plus pérennes que les usages.

● Bien anticipées, elles seront capables d’héberger des nouvelles applications dont personne ne peut connaître à l’avance la nature.

● Elles sont par nature universelles, pour l’essentiel indépendantes des pays et des secteurs d’activité des entreprises.

AdS DPC roman road S 114071534L’exemple des infrastructures routières en est une bonne illustration. Beaucoup de routes actuelles sont construites là où existaient déjà des routes romaines. Les voitures électriques circulent aussi bien que les thermiques sur les routes actuelles. Il faut simplement adapter des équipements annexes pour distribuer de l’énergie électrique en plus des produits pétroliers.

Tout ceci devrait donner encore plus de pouvoir aux CTO, responsables d’infrastructures, ce que j’appelle de mes vœux depuis longtemps.

 

Usages “bureautique” universels pour tous

Outils bureautique anciensAprès les infrastructures universelles, votre deuxième priorité est les usages universels “bureautique”, et pour 100% de vos collaborateurs.

Les outils bureautiques universels, écrire, calculer, dessiner, présenter, communiquer… ont toujours été les premiers à être déployés quand de nouvelles infrastructures informatiques arrivent. Le tableur a accéléré la diffusion des PC, la messagerie électronique a été le premier usage d’Internet et du Web.

La première solution SaaS dans un cloud public utilisée par des millions de personnes a été Google Apps, disponible en 2007, renommé G Suite. Par rapport aux outils anciens de l’époque, Office de Microsoft, G Suite apportait deux innovations majeures :

● La possibilité de partager des contenus.

● La collaboration native permettant de produire des contenus à plusieurs, en partageant une seule et même version.

Brutalement plongés dans un monde où le travail à distance devenait la norme, tous les collaborateurs de l’entreprise ont redécouvert le rôle essentiel de ces fonctions de base.

L’autre grand vainqueur est la vidéoconférence. Le marché, en faible croissance, était encore dominé début 2020 par des solutions de l’Ancien Monde, telles que Webex ou GoToMeeting. En quelques semaines, l’expression “organiser une conférence Zoom” c’est banalisée.

Dans les mois qui viennent, toutes les entreprises peuvent et doivent immédiatement moderniser leurs outils bureautiques poussiéreux en prenant deux décisions “simples” :

Interdire et éliminer tout outil bureautique archaïque qu’il faut encore installer sur les postes de travail. Parmi les candidats évidents :

○ Microsoft Office : Word, Excel, PowerPoint...

○ Les clients lourds de messagerie et agenda : Outlook, Mail d’Apple…

○ Les outils de vidéoconférence à installer:  Teams, Webex, Skype, Zoom…

● En cohérence avec ce qui a été écrit sur les infrastructures, n’accepter que les outils accessibles depuis un navigateur :

○ G Suite de Google, Remotely de Zoho ou la version Web de Microsoft 365 pour les fonctions de base, envoyer des courriels, écrire, calculer ou présenter.

○ Des solutions natives WebRTC pour la vidéoconférence : Whereby, Meet de Google ou Bluejeans.

Logos WebRTC Bluejeans whereby Meet

Ce sont des décisions que je préconise depuis… plus de dix ans et que de nombreuses entreprises innovantes avaient mises en œuvre avant que le COVID-19 n’apparaisse. Ces entreprises ont répondu instantanément, sans aucun effort, aux attentes de tous leurs collaborateurs à distance.

Que ces décisions de bon sens soient encore considérées comme révolutionnaires ou impossibles en 2020 dépasse l’entendement et met en évidence l’impossibilité qu'ont une majorité d’entreprises à innover dans ces domaines universels.

Microsoft Fluid Office DocumentMiracle, et grande nouvelle ! Microsoft découvre en mai 2020 que collaborer nativement sur des documents est utile ! Un nouveau service, Microsoft Fluid Framework, permettra, quand il sera disponible dans quelques mois, de faire ce que permet Google Docs depuis 2007. Microsoft annonce fièrement que cette solution sera plus puissante que celle de Google ; 13 ans après, c’est quand même un minimum !

La troisième décision est de loin la plus importante mais demande que les deux premières aient été mises en pratique.

Il s’agit d’équiper 100 % des collaborateurs de ces outils bureautiques universels.

La crise du COVID-19, c’est aussi la revanche des opérationnels, des personnes qui sont sur le terrain et pas dans des bureaux : infirmiers, chauffeurs routiers, éboueurs, policiers, équipes de maintenance, ambulanciers… Ils ont tous droit, ils ont tous besoin, et souvent plus que les cols blancs, d’utiliser ces outils de partage, de communication et de collaboration.

Cet objectif peut se résumer en une phrase simple :

100 % des collaborateurs équipés d'outils natifs Web, pour produire, partager, collaborer et communiquer, quels que soient les contenus.

100 % Collaborateurs équipés

 

Données indépendantes des usages et des infrastructures

Il y a un peu moins d’un an, j’ai proposé une évolution du modèle initial B I S que j’avais imaginé en 2015.

Nouveau modèle BISD - Infra  Soutien  Métiers -DataJ’y ai ajouté une dimension D, données, pour cette nouvelle version, B I S D.

Le monde numérique post COVID-19, imprévisible, rend cette évolution encore plus pertinente.

Des données, indépendantes des applications et des infrastructures, deviennent les nouvelles ressources numériques universelles. Elles peuvent être mises à la disposition de tous les collaborateurs de l’entreprise, quelles que soient les applications qu’ils utilisent.

Il faut aussi prendre en compte les différentes natures d’information dont a besoin l’entreprise. Pour trop de professionnels de l’informatique, les données structurées, financières, ressources humaines ou commerciales sont les seules dignes d’intérêt.

J’ai identifié 6 grandes familles d’information ; les trois premières sont universelles, les trois autres sont liées aux métiers des entreprises :

AdS DPC Data in a laptop● Contenus bureautiques : textes, tableaux, présentations, PDF…

● Données structurées : financières, commerciales…

● Données multimédias : images, photos, vidéos…

● Données géographiques : cartographie, géolocalisation…

● Données 3D : ingénierie, industrie…

● Séries temporelles : analyses financières, maintenance industrielle...

Organiser cette indépendance entre les données, les infrastructures et les applications est urgent ; ce sera tout sauf facile, mais la résilience du Système d’Information qui en découle deviendra un atout majeur pour les entreprises qui réussissent cette indépendance.

 

Confiance dans les usages numériques

Nouvelles infrastructures, usages universels intensifs, travail à distance généralisé, les responsables de la sécurité doivent prendre en compte ces changements profonds et proposer des solutions différentes, qui répondent à de nouvelles attentes.

DPC Trust roots shared S 44760182On n’a plus le droit de bloquer ces évolutions irréversibles sous des prétextes de sécurité et de confidentialité. Il faut les accompagner, les encourager, en proposant de nouvelles solutions de sécurité.

La bonne nouvelle ? Ces solutions innovantes existent. J’y ai consacré un billet publié il y a environ 1 an : “Cloud, la confiance”. J’en résume le contenu en une phrase :

la sécurité des solutions numériques dans les Clouds Publics est, dans 99,9999% des cas, meilleure que celles que fournissent les antiquités telles que VPN ou pare feux périmétriques.

Démarche Zéro Trust

Les démarches  “zéro trust” sont aujourd’hui les meilleures réponses aux attentes des entreprises. Elles font l’hypothèse par défaut que rien n’est sécurisé et qu’il faut tout contrôler.

Ce schéma présente les 5 fonctions essentielles d’une démarche zéro trust :

● Vérifier l’identité de la personne qui se connecte. On complète les mots de passe par d’autres techniques regroupées dans la famille MFA, Multi Factor Authentication.

● S’assurer que l’on peut faire confiance à l’objet d’accès, quel qu’il soit.

● Chiffrer les données, en transit et dans les objets d’accès.

● Autoriser les accès aux applications, une par une, selon les personnes, selon les lieux d’accès.

● Fournir des outils d’audit pour des contrôles a posteriori quand c’est nécessaire.

Démarche zero trust

L’offre de solutions de haute qualité permettant de mettre en œuvre une démarche zéro Trust est très riche ; le plus difficile, c’est probablement de faire des choix !

Résumons : il est interdit de soulever les alibis de la sécurité et de la confidentialité des données pour bloquer les évolutions urgentes et indispensables rendues nécessaires par la crise du COVID-19.

99% des personnes qui refusent ces évolutions, qui continuent à penser que les armes obsolètes du siècle dernier sont encore les meilleures, sont des trouillards ; ils ont peur d’affronter des attaquants innovants, très puissants, et se réfugient dans leurs châteaux forts moyenâgeux, “protégés” par des pare feux démodés. 

Charge brigade légère 1Ils n’ont même pas l’excuse de la bravoure, de l’inconscience des Anglais lors de la “charge de la brigade légère”, envoyée au massacre contre les forces russes très équipées en artillerie.

Je n’ai aucun respect pour eux.

À l’inverse, j’ai beaucoup d’admiration pour les dirigeants, DSI et RSSI qui acceptent les défis de ce Nouveau Monde numérique et ont le courage de tout mettre en œuvre pour créer une confiance raisonnable, au service de leur entreprise et de ses collaborateurs.

En résumé de ce qui vient d’être écrit, le schéma ci-dessous regroupe les quatre fondations universelles nécessaires pour aborder avec succès un monde post COVID-19.

Universels SI - Infrastructures Données Usages universels

Les entreprises qui sont en cohérence avec ce schéma disposent de fondations infrastructures et applicatives universelles solides et pérennes, qui leur permettent d’affronter un futur imprévisible avec la certitude de pouvoir répondre aux défis nouveaux qu’elles devront affronter.

Tout n’est pas réglé pour autant ! Il faut maintenant s’attaquer à un très gros morceau, la numérisation de tous les processus informationnels.

 

Processus informationnels, numériques de bout en bout

Nous sommes en 2021 : la majorité des salariés travaillent à distance et l’entreprise doit gérer des dizaines de processus pour :

● Organiser l’embauche d’un nouveau collaborateur qui va travailler chez lui, en Nouvelle-Zélande.

● Lancer un appel d’offres pour un nouveau logiciel.

● Préparer le budget 2022 de la filiale espagnole.

● Faire approuver par le conseil d’administration les comptes de 2020.

● …

Processus Wheels 100% numérique

Dans le monde pré COVID-19, l'entreprise avait la possibilité, pour ces processus, de faire approuver ou signer des documents papiers.

L'entreprise a impérativement besoin, dans un monde post COVID-19 :

AdS DPC Online document editing SS 276062556● Que ces processus soient numériques de bout en bout, sans jamais passer par la case papier.

● Que toutes les personnes concernées puissent modifier les documents numériques, sans les imprimer.

● Que les documents puissent être signés par des personnes à distance, tout en restant numériques.

● Que tous les contenus créés pendant ces processus soient accessibles à distance par les personnes qui y ont droit.

Ce “cahier des charges” est simple à définir, mais monstrueusement difficile à mettre en œuvre dans l’immense majorité des organisations.

AdS DPC sceau seal old paper S 180208132Quel est le plus beau symbole de l’Ancien Monde ? Le parapheur !

Signe majeur du pouvoir, les parapheurs trônent sur les bureaux des dirigeants et attendent que ces maîtres du monde mettent leur “sceau” sur les documents qu’ils contiennent.

Parapheurs Gérard DarmaninEn arrivant dans ses nouveaux bureaux au ministère des Finances, Gérard Darmamin s'est plaint du nombre de parapheurs qui attendaient sur son bureau.

Combien en restera-t-il quand il quittera son poste ?

Il ne faut pas oublier que la majorité de ces processus mettent en jeu, non seulement des collaborateurs de l’entreprise, mais aussi des partenaires externes, clients, fournisseurs ou prestataires, souvent dans plusieurs pays.

Docusigned by Louis Naugès 2Les solutions qui permettent cette numérisation de bout en bout, signature comprise, existent depuis longtemps. Cela fait des années que je signe tous les documents des entreprises dont je suis actionnaire et membre du conseil d’administration avec l’application Docusign, l’un des leaders de ce marché.

Pour rester fidèle à ma démarche qui privilégie des indicateurs simples, je vous propose l’exercice suivant :

● Comptez le nombre total de parapheurs qui circulent aujourd’hui dans votre entreprise.

● Planifiez une réduction progressive de ce nombre, qui pourrait suivre le calendrier suivant, ambitieux mais réaliste :

○ Réduction de 20 % à la fin de l’année 2020.

○ Réduction de 50 % à la fin de l’année 2021.

○ Réduction de 80 % à la fin de l’année 2022.

○ (Il est interdit de remplacer 3 parapheurs sur le même bureau par un parapheur plus grand !)

Nombre parapheurs dans entreprise

Objectif zéro parapheur !

Si vous réussissez cet exploit, vous aurez fait un pas de géant vers un transformation numérique majeure.

AdS DPC Paper to digital S 88196772Dans les entreprises qui auront réussi cette numérisation de bout en bout de la grande majorité de leurs processus numériques, tout le reste suivra, de manière évidente. Elles seront en position de force pour innover dans tous les usages que je n’ai pas abordés dans ce billet, leurs usages numériques spécifiques, cœurs de métiers.

 

Synthèse

DPC Woman with ? SS 78180253La Transformation Numérique accompagne et facilite les mutations profondes et pérennes, rendues indispensables dans un monde post COVID-19. Elle permet aux entreprises de s’adapter en permanence, et rapidement, à des environnements de plus en plus imprévisibles.

“Il vaut mieux être préparé à des catastrophes qui ne se produisent pas que de ne pas être prêts pour des catastrophes qui elles arrivent”. C’est un bon résumé des responsabilités des dirigeants.

Pour conclure, je vous propose une synthèse des caractéristiques d’une entreprise qui a compris quelles sont les transformations numériques universelles et indispensables pour réussir dans un monde Post COVID-19 :

● Des infrastructures numériques industrielles, robustes et évolutives :

○ Basculement de tous les serveurs dans des clouds publics.

○ Des réseaux rapides mis à la disposition de 100 % des collaborateurs, où qu’ils soient.

○ La possibilité d’accéder à 100 % des applications numériques depuis un navigateur, sur tout objet d’accès, smartphone, tablette, Chromebook ou PC.

● La possibilité de travailler depuis tout lieu, bureau, domicile, hôtel… en faisant confiance aux collaborateurs et sans outils intrusifs de surveillance.

● Des usages bureautiques universels, pour tous, permettant de travailler en mode collaboratif natif sur tout type de contenu, textes, tableurs, présentations, données structurées, multimédia…

● Des outils pour créer la “confiance” dans le cloud, dans une logique “Zéro trust”.

● Des processus informationnels 100% numérisés, rendant l’usage du papier et de la signature manuscrite inutiles.

Cela devrait vous occuper pour au moins deux ou trois années !