Maîtriser ses données : grand défi des prochaines années (Deuxième partie)

 

AdS DPC 2 with fingers S 375623058Dans la première partie de ce billet, j’ai présenté les deux “visions” différentes qui sont nécessaires pour gérer efficacement des données numériques :

● Technique, avec la nécessité d’utiliser plusieurs solutions logicielles, toutes dans des clouds publics.

● Métiers, qui n’ont pas à savoir comment les différentes données dont ils ont besoin sont gérées par les équipes de la DSI.

La deuxième partie de ce billet présente les défis auxquels il faut répondre pour assurer une “transparence utilisateur” entre ces deux visions et les indépendances à créer entre infrastructures, données et usages.


Vision technique, vision métiers des données

Créer une transparence entre ces deux visions, c’est un défi majeur mais passionnant pour tous les professionnels de la gestion des données.

Je reviens sur l’exemple présenté dans la première partie de ce billet, celui du technicien qui assure la maintenance d’une installation industrielle.

Sur son smartphone, il a besoin, selon les étapes de son processus d’intervention, d’un plan, d’un document PDF, de photos, de données temporelles…

Ce n’est pas à lui de savoir dans quelle base de données les informations dont il a besoin sont stockées.

Les applications métiers, construites pour répondre, cas par cas, aux attentes spécifiques des collaborateurs doivent pouvoir “piocher” les données nécessaires dans les différents réservoirs disponibles.

Vision Infrastructures + Métiers données

Ce schéma peut faire peur à des dirigeants et des professionnels du numérique par son apparente complexité. Au contraire, les efforts initiaux qui sont nécessaires pour “architecturer” les données deviennent vite une arme redoutable pour les entreprises qui suivent ce chemin. Elles peuvent construire des applications adaptées aux attentes des métiers plus vite. Il devient aussi possible de changer certaines briques logicielles sans prendre le risque que tout l’édifice des données s’écroule.

 

Les trois indépendances

Ce nouveau schéma présente les composants du modèle B I S D d’une manière légèrement différente. Il permet de visualiser la nouvelle démarche d’indépendances que j’ai imaginée et qui aidera les entreprises à construire des solutions numériques innovantes, flexibles et évolutives.

Modèle BISD - Infra  Soutien  Métiers -Data - 3 indépendances

Trois indépendances sont mises en évidence :

● Indépendance 1 : entre les infrastructures et les usages, qu’ils soient Support ou Métier.

● Indépendance 2 : entre les infrastructures et les données, dans leurs dimensions techniques.

● Indépendance 3 : entre les usages et les données, dans leurs dimensions d’usages.

Puzzle Infra usages donnéesCette démarche d’architecte s’oppose frontalement à celle de ceux qui s’obstinent à croire aux vertus des solutions intégrées, que j’ai visualisées dans ce puzzle.

Quelques grands fournisseurs historiques s’accrochent encore à cette fiction des avantages des solutions intégrées. Elles ont, pour eux, l’intérêt majeur de garder leurs clients dans une prison dont il est très difficile de sortir. Il y a encore, hélas, de trop nombreux DSI et dirigeants qui se laissent bercer par le chant de ces sirènes.

Ces sirènes maléfiques informatiques sont bien connues ; j’en ai identifié les quatre espèces les plus dangereuses :

● Les éditeurs d’ERP intégrés.

● Les grands acteurs historiques des bases de données structurées.

● Les fournisseurs d’infrastructures propriétaires “on premise”.

● Les grandes ESN qui recommandent ces trois espèces de sirènes. Elles vont ensuite profiter, pendant des années, des budgets millionnaires des entreprises qui se sont laissées séduire par la mélodie insidieuse mais tentante de l’intégration.

Ulysse sirènesDirigeants et DSI, essayez de réduire au maximum les rencontres avec ces sirènes du malheur. Si, comme Ulysse, vous ne pouvez pas éviter de croiser leur chemin, attachez-vous à votre bureau, les mains liées derrière votre chaise, pour éviter de signer le moindre contrat !

 

Indépendance 1 : Usages - Infrastructures

Le principe est simple : les évolutions des infrastructures et des applications doivent être aussi indépendantes que possible.

C’est l’indépendance dont je parle depuis le plus longtemps, mais elle reste plus que jamais d’actualité.

J’ai publié un premier billet sur ce thème en… 2008, il y a plus de 12 ans. Ce principe est maintenant bien accepté par la majorité des entreprises raisonnables, et c’est une bonne nouvelle.

L’une des réponses les plus efficaces est aussi la plus simple : toute application nouvelle qui n’est pas accessible depuis un navigateur moderne est strictement interdite. En 2008, cette affirmation faisait débat. Aujourd’hui, elle est acceptée par tous les professionnels du numérique.

Indépendance 1 - I - B & S navigateur


En 2015, les PWA, Progressive Web Apps ont fait leurs débuts. Les PWA sont des applications Web qui ’installent un lien sous la forme d'une icône sur les objets mobiles Android et iOS.

Logo PWAEn pratique, cela signifie qu’une application développée en mode PWA peut être utilisée sur les trois grandes plateformes modernes :

● Navigateur

● Android

● iOS

Ceci évite aux entreprises d’écrire trois versions différentes de la même application !

PWA a un autre avantage, de plus en plus intéressant : une entreprise peut diffuser une application PWA pour Android et iOS sans passer sous les fourches caudines des places de marché de ces deux fournisseurs.

Garantir cette indépendance entre les applications et les infrastructures qui y accèdent est en 2021 possible avec les solutions navigateurs et PWA. Toute autre approche est suicidaire, car elle obère les capacités d’évolution d’un Système d’Information.

Le mot “obérer” s’impose ici : il signifie accabler de dettes, compromettre l’avenir.

 

Indépendance 2 : Données - Infrastructures

Cette indépendance entre les données et les infrastructures est une préoccupation plus récente, mais qui s'impose rapidement.

La gestion de cette indépendance incombe aux équipes de la DSI : elle n’intéresse pas directement les métiers, même s’ils en sont les grands bénéficiaires.

Les progrès réalisés dans ce domaine depuis les trois dernières années sont spectaculaires, et c’est une excellente nouvelle. L’émergence de trois grands leaders mondiaux dans les infrastructures Cloud a facilité cette amélioration. Les fournisseurs de solutions de gestion de données structurées sont les pionniers de cette indépendance. Quelques exemples :

BigQuery Omni. BigQuery est l’entrepôt de données créé par Google pour son Cloud GCP. La nouvelle version, BigQuery Omni, annoncée en 2020, peut être utilisée sur AWS et Azure.

Snowflake, solution d’entrepôts de données créée par des Français, est elle aussi disponible sur les trois clouds publics.

Databricks a pour ambition de proposer une solution qui combine entrepôt de données, analyse des données et intelligence artificielle. Databricks est disponible sur...AWS, GCP et Azure.

Cohesity est une solution de sauvegarde, elle aussi présente sur AWS, Azure et GCP.

Indépendance 2 données - infrastructures

J’entends souvent des DSI évoquer les risques de devenir “prisonniers” de leurs fournisseurs de Clouds Publics et faire la promotion des solutions multiclouds. Ce sont en priorité les DSI les plus réticents aux solutions Clouds publics qui cherchent des alibis, des excuses pour ne pas faire le saut !

Les solutions que je viens de présenter, et beaucoup d’autres réduisent à néant ces alibis.

Je souhaite abandonner AWS pour basculer sur Google Cloud ? Pas de problèmes, je peux porter mon environnement Snowflake ou Databricks de l’un vers l’autre.

Les DSI innovants, pragmatiques et tournés vers l’action l’ont bien compris ; la majorité d’entre eux ont fait le choix de deux de ces trois leaders et savent très bien qu’ils ne sont pas prisonniers de leurs choix.

 

Indépendance 3 : Usages - Données

Cette troisième indépendance entre les applications (Support et Business) et les données (D) est la plus complexe, mais probablement la plus essentielle à long terme.

Le principe est simple à énoncer : il faut sortir les données de leurs prisons applicatives, et les exporter dans les outils choisis par l’entreprise pour gérer de manière unifiée les six familles de données présentées dans la première partie de ce billet.

Indépendances 3 usages données

Une majorité des applications historiques des entreprises sont encore installées dans leurs centres de calculs privés. Les bases de données utilisées ont pour nom DB2, Oracle ou SQL Server. Les ERP les plus répandus restent SAP, Oracle (PeopleSoft…) ou Microsoft Dynamics.

Les données créées par ces applications sont prisonnières de leurs applications. Il est impossible d’y accéder directement.

Prison logicielle applications historiques

La situation n’est pas plus simple avec les applications Support, utilisées en SaaS, Software as a Service. Quand une entreprise décide d’utiliser un logiciel SaaS tel que Salesforce, Workday ou Talentsoft, elle doit accepter les choix d’infrastructures IaaS et des bases de données utilisées faits par l’éditeur du logiciel SaaS.

SOR SaaS with their own data

Ce que souhaitent tous ces éditeurs de logiciels, traditionnels ou SaaS, c’est que l’entreprise paye autant de droits d’accès que le nombre de personnes qui vont accéder aux données qu’elles produisent, même si ce sont pour des usages très occasionnels et depuis d’autres applications.

AdS DPC jail prison window open S 159270914Ouvrir les prisons dans lesquelles sont enfermées les données, c’est la nouvelle priorité des entreprises innovantes, et c’est tout sauf simple !

La démarche qui pourrait devenir la norme serait de… répliquer en temps réel toutes les données créées par ces applications pour les copier dans des espaces de stockage indépendants de ces applications. Ceci oblige l’entreprise à doubler sa capacité de stockage, en priorité pour les données structurées. Les capacités de stockage dans les clouds publics et leurs coûts très bas font que ce doublement des volumes n’est plus le problème principal.

Les difficultés viennent de la “mauvaise volonté” de nombreux éditeurs et du petit nombre de solutions logicielles performantes pour assurer ces transferts de données.

L’une des startups les plus prometteuses dans ces domaines était Attunity ; elle a été rachetée par Qlik et son nouveau nom est Qlik Replicate, nom en phase avec ses fonctionnalités.

Comme le montre ce tableau, Qlik Replicate donne accès à beaucoup de logiciels, historiques et SaaS. Les résultats peuvent être stockés, quelle surprise, dans les trois grands clouds publics.

Qlik replicate solutions 3

Cette vidéo YouTube présente le mode de fonctionnement de Qlik Replicate.

Je pronostique et j’espère que l’offre de solutions permettant d’organiser ces réplications de données pour en retrouver la maîtrise va s'enrichir rapidement.

Logo FivetranParmi les nouveaux entrants sur ce marché de la réplication, la société Fivetran est devenue une licorne en 2020 après avoir levé 100 M$.

C’est justement parce que cette troisième indépendance entre les usages et les données est la plus difficile à mettre en œuvre qu’il faut s’attaquer immédiatement à ce grand défi.

Je suis effondré quand je constate qu’un nombre important de DSI et dirigeants prennent exactement… le chemin inverse !

Le plus spectaculaire contre-exemple de cette absence d’indépendance entre les usages et les données est un produit dont j’ai déjà dit beaucoup de “bien” : S/4HANA de SAP.

SAP:4HANA GuantanamoCette solution est géniale pour... SAP ; elle leur assure des dizaines d’années d’entreprises enfermées dans un “Guantanamo Numérique”. Les ESN dont j’ai parlé au début de ce billet sont prêtes à jouer les rôles de gardiens des DSI emprisonnés.

Elle est catastrophique pour les entreprises qui sont obligées de choisir une base de données propriétaire SAP pour leurs données structurées. C’est d’autant plus inexcusable que c’est justement dans le domaine des solutions de gestions de données structurées que l’offre de solutions cloud est la plus abondante. Honte aux DSI et entreprises qui acceptent d'entrer dans cette prison numérique monstrueuse, la fleur au fusil, alors que rien ne les y oblige.

AdS DPC Ja Nein S 91268040Qu’un éditeur de logiciel comme SAP soit capable d’imposer sa volonté à ce point là, que des entreprises parmi les plus grandes du monde n'aient pas le minimum de courage nécessaire pour dire “Nein!”, ce n’est vraiment pas glorieux pour la profession des DSI.

Vous voulez créer de la dette numérique pour des années ? S/4HANA est le moyen le plus efficace pour y arriver, et de très loin !

 

Indépendance Usages - Données : deux exemples

Pour illustrer et rendre plus concret cette indépendance entre les usages et les données, je vous propose deux exemples, un dans le domaine des données structurées et l’autre pour les contenus multimédia.

Données structurées

Les données structurées sont encore, et de très loin, les plus utilisées dans toutes les entreprises. Cet exemple est pertinent pour toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité.

Comme on l’a vu plus haut, les solutions pour gérer des données structurées sont légion ; j’ai choisi quelques noms dans le schéma ci-dessous, mais il peut s’appliquer à beaucoup d’autres produits.

Indépendance Usages - Données : Structurées

En partant du bas du schéma, on trouve :

● Les applications qui sont les sources principales de contenus structurés. Ce sont aussi bien des applications anciennes telles que SAP ou PeopleSoft que des solutions SaaS comme Salesforce ou Workday.

● Les nouveaux logiciels “extracteurs” de données, Qlik Replicate ou Fivetran. Ils sont capables, si nécessaire, de faire ces extractions au fil de l’eau, en temps réel, pour garantir que les données extraites auront le même niveau de fraîcheur que dans les applications.

● La couche “D”, “Données indépendantes” Data Warehouse, Data Lake ou tout autre nom que l’on souhaite lui donner.

● Les applications d’usages spécifiques de l’entreprise, développées sur mesure ou disponibles en SaaS, qui accéderont aux données de la couche D. À ce niveau, on n’a plus à se préoccuper de savoir si la donnée vient de SAP ou de Workday ; on accède à des données structurées qui sont les mêmes pour tous les collaborateurs de l’entreprise.

Données multimédia

À l’inverse des données structurées, la gestion des données multimédia est encore balbutiante dans la majorité des entreprises.

Le schéma ci-dessous présente quelques cas d’usages possibles de la solution WizyVision, qui a été créée pour répondre à ce problème.

(Rappel : WizyVision est développé par Wizy.io, société dont je suis l’un des cofondateurs. Cette solution est née pour répondre aux besoins d’une entreprise industrielle qui ne trouvait pas de réponse satisfaisante sur le marché.)

Indépendance usages données - exemple multimédia

Les trois composants de WizyVision sont :

Digital Repository : base de données spécialisée dans les contenus multimédia (D du modèle B I S D).

DAC = Digital Asset Center : outil universel (S du modèle B I S D) qui permet à tous les collaborateurs d’une entreprise d’accéder aux contenus du Digital Repository.

ML Studio : outil “No Code” qui donne la possibilité aux collaborateurs des entreprises de construire eux-mêmes des modèles de ML, Machine Learning pour répondre à des besoins métiers spécifiques (B du modèle B I S D).

● Pour la dimension (I) du modèle B I S D, WizyVision est construit sur l’infrastructure GCP, Google Cloud Platform.

L’alimentation du Digital Repository peut se faire de plusieurs manières. Sur la partie basse de ce schéma, j’en ai représenté quatre, qui illustrent différents cas d’usages :

● Récupérer les données multimédia existantes dans un logiciel DAM traditionnel (Digital Asset Management) que les équipes des directions marketing ou communication souhaitent mettre à la disposition, contrôlée, de tous les collaborateurs de l’entreprise.

● Recevoir depuis un drone des photos ou des vidéos pour surveiller des installations industrielles ou des réseaux de distribution physiques tels que l'électricité, l'eau ou le gaz.

● Déployer en Edge Computing des outils spécialisés d’analyse d’images pour identifier par caméras vidéos des défauts sur une ligne de production.

● Permettre à des FLW, Front Line Workers, travailleurs en première ligne, d’enregistrer, directement depuis leur smartphone, des images pendant des opérations de maintenance.

Pour les usages, dans la partie haute du schéma, les collaborateurs peuvent accéder au Digital Repository :

● Depuis le DAC, Digital Asset Center, outil universel qui leur permet de retrouver tous les contenus multimédia dont ils pourraient avoir l’usage.

● Depuis une application métier spécialisée construite avec ML Studio, des FLW peuvent trouver tous les contenus multimédia dont ils ont besoin pour accélérer et améliorer leurs processus métiers.

Dans la logique de ce billet, le composant D, Digital Repository, est indépendant des deux autres, DAC et ML Studio. Il peut être utilisé seul, pour enregistrer tous les contenus multimédia d’une entreprise. Des API permettent d’y accéder avec toutes les applications existantes qui auraient besoin de ces contenus multimédia.

Je pronostique que ce sera le composant de WizyVision qui aura le plus de clients.

 

Synthèse

Ces deux longs billets ont mis en évidence les défis qui se posent aux entreprises qui souhaitent reprendre la maîtrise de leurs données, de toutes leurs données.

DPC old Climbing road S 15104963Il a surtout présenté des pistes innovantes, solides et pérennes pour y répondre ; elles s’appuient :

● Sur le modèle d’architecture B I S D.

● La double vision, technique et métiers, des données.

● Les trois indépendances qu’il faut créer pour reprendre la main sur ses données.

● Des offres de solutions de plus en performantes sur lesquelles on peut s’appuyer.

Le chemin pour y arriver est long, escarpé, plein d'embûches, oui, mais les bénéfices et les avantages concurrentiels que vont en retirer les entreprises ayant eu le courage d’entreprendre le voyage feront vite oublier les difficultés rencontrées en cours de route.


Cybersécurité : ne pas se tromper de combat

 

AdS DPC 1 milliard billion S 240309178Les cyberattaques font la une depuis quelques jours ; la cybersécurité devient une priorité nationale, une de plus...

Deux hôpitaux, quelques mairies découvrent les joies des rançongiciels et, COVID-19 oblige, la classe politique française unanime décide qu’il faut faire cesser ces attaques inacceptables.

Comme s’il existait des attaques de diligences, de banques ou d’hôpitaux acceptables…

La méthode française pour s’attaquer à un problème est bien connue. Elle comporte deux volets :

● Un plan.

● L’annonce d’un gros chiffre. On précise en annexe ou en tout petit que ce chiffre correspond à des dépenses ou investissements étalés sur un grand nombre d'années.

Le Président Emmanuel Macron a mis en pratique cette démarche le 18 février 2021, en annonçant, quelle surprise :

● Un plan cybersécurité.

● Un budget de 1 milliard d’euros. Un chiffre rond, cela fait sérieux. Ce budget sera réparti sur la période 2021 - 2025, soit environ 200 millions d’euros par an.

Macron Cybersécurité 1 B€

Personne n’a la moindre idée de la manière dont ce milliard a été calculé, ni de comment cette somme sera dépensée.

Devant l’urgence de la situation, j’ai décidé de plancher cette nuit sur le sujet pour apporter, modestement, mais rapidement quelques éléments de réponse.

C’est le sujet de ce billet.

 

L’offre de solutions de cybersécurité : très en avance sur les usages

J’ai une excellente nouvelle pour le gouvernement français : la part de ce budget à consacrer à développer de nouvelles offres de solutions est facile à mesurer : Zéro Euro.

Depuis des dizaines d’années, des centaines de sociétés innovantes, dans le monde entier, ont développé des produits logiciels exceptionnels qui couvrent toutes les dimensions techniques pour se protéger efficacement des cyberattaques.

À titre d’illustration, le tableau ci-dessous dresse une carte de plus de 80 produits de nouvelle génération qui s’appuient sur l’Intelligence Artificielle (IA) pour combattre le cybercrime.

Map Cybersecurity with AI solutions

Des centaines d’autres solutions, elles aussi très performantes, travaillent de manière plus traditionnelle, car elles sont nées avant l’arrivée de l’IA.

En résumé

L’offre de solutions pour se protéger des cyberattaques n’est plus le problème en 2021.

Il y a même une surabondance de solutions et la principale difficulté des experts sérieux dans le domaine est de faire son choix parmi autant de produits exceptionnels.

Ceci m'amène à faire une première recommandation pratique au gouvernement français, après avoir vu la répartion prévisionnelle de ce budget de 1 milliard d'euros.

Toutes les sommes présentes dans la première colonne de ce tableau peuvent être ramenées à... zéro euro :

  • Rajouter encore plus de solutions à une offre déjà surdimensionnée, quelle absurdité.
  • Il faudra en plus des années pour produire ces "nouvelles solutions", et sans aucune garantie qu'elles soient perfomantes.
  • Il y a vraiment beaucoup plus intelligent, plus efficace à faire pour s'attaquer à la cybercriminalité.

Répartition plan cyber

Ceci représente 515 millions de moins dans les dépenses et autant dans les financements. Dans la suite de ce billet, j'indiquerai comment on peut réallouer ces sommes.

 

Protéger les infrastructures et les usages

Cybersécurité - Infrastructures usages sans réponsesLes lecteurs de mon blog connaissent bien cette distinction :

● Les infrastructures, serveurs, réseaux, objets d’accès sont les fondations d’un Système d’Information.

● Les usages ou les applications s’appuient sur ces infrastructures pour créer de la valeur pour les clients, internes et externes de chaque entreprise.

● Ceci est valable pour toutes les entreprises, TPE, PME, ETI ou grandes, privées ou publiques, dans tous les pays du monde.

Dans ce court billet, je vais aller à l’essentiel.

 

Cybersécurité : quelles réponses opérationnelles en 2021

Cette distinction entre infrastructures et usages sert de référence pour proposer des réponses opérationnelles, immédiatement.

Infrastructures

Dans les infrastructures, la protection des centres de calcul où fonctionnent serveurs et outils de stockage des données est essentielle.

Il existe deux grandes familles de centres de calcul :

● Les centres de calculs privés : chaque entreprise gère un ou plusieurs bâtiments où se trouvent ces serveurs.

Cloud security● Les Clouds Publics : ce sont des serveurs gérés par de grands industriels mondiaux qui mettent leurs ressources au service des entreprises. C’est la démarche IaaS, Infrastructure as a Service. Trois grands fournisseurs dominent le marché : AWS d’Amazon, Azure de Microsoft et GCP de Google.

En 2021, face aux cyberattaques, il n’y a plus qu’une seule décision de bon sens :

Fermer le plus vite possible tous les centres de calcul privés et obliger 99,99% des entreprises à basculer sur des clouds publics.

Aucune entreprise, même parmi les plus grandes, celles qui sont membres du CIGREF, Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises, n’a les ressources techniques, humaines et financières suffisantes pour offrir un niveau de sécurité équivalent à ceux proposés par les industriels IaaS.

Sécurité des infrastructures serveurs : problème réglé.

Usages

Pour se protéger efficacement des cyberattaques, la profession des professionnels de ces outils utilise une expression très parlante : Zero Trust.

Zero Trust : cela veut dire que l’on fait l’hypothèse que rien n’est sécurisé et qu’il faut tout protéger.

Les principaux composants d’une démarche Zero Trust sont résumés sur ce schéma.

Démarche zero trust

Je reprends ici quelques lignes d’un blog récent où je présentais Zero Trust.

● Vérifier l’identité de la personne qui se connecte. On complète les mots de passe par d’autres techniques regroupées dans la famille MFA, Multi Factor Authentication.

● S’assurer que l’on peut faire confiance à l’objet d’accès, quel qu’il soit.

● Chiffrer les données, en transit et dans les objets d’accès.

● Autoriser les accès aux applications, une par une, selon les personnes, selon les lieux d’accès.

● Fournir des outils d’audit pour des contrôles a posteriori quand c’est nécessaire.

Zero Trust, c’est le remplacement des technologies archaïques que certains d’entre vous ont connu dans une vie antérieure : VPN sur les postes de travail et Pare Feu périmétrique autour des centres de calcul privés.

Comme je l’ai écrit au début de ce billet, l’offre de solutions est pléthorique. Ce tableau présente quelques-unes des solutions qui participent à cette démarche Zero Trust, parmi les plus connues du marché

Outils solutions zero Trust

 

Cybersécurité - Infrastructures usages avec réponsesEn reprenant la même image que j’avais utilisée pour séparer infrastructures et usages, on peut résumer les deux démarches qui permettent de bien se protéger contre des cyberattaques :

● Utiliser les clouds publics pour les infrastructures.

● S’appuyer sur des outils qui permettent une approche Zero Trust pour les usages.

 

Reste l’essentiel : les comportements humains

Je ne connais pas les deux hôpitaux qui ont déclenché cette réaction rapide du gouvernement français après avoir subi une cyberattaque. Ce que je sais, c’est qu’ils avaient tout faux : centres de calculs privés et pas de démarche Zero Trust.

J’ai envie de proposer au gouvernement français un objectif ambitieux et réaliste pour son plan cybersécurité :

Faire de la France l’un des pays les moins rentables et les plus coûteux pour réussir des cyberattaques contre ses entreprises.

Les cyberattaques vont continuer, vont devenir de plus en plus sophistiquées, c’est une évidence.

Penser une seule seconde que l’on peut garantir une sécurité parfaite contre les cyberattaques est une idée absurde.

La seule arme raisonnable, c’est donc la dissuasion. C’est le principe des portes blindées dans les appartements. Une porte blindée de qualité n’est jamais inviolable, mais ralentit beaucoup les cambrioleurs ; ils préféreront souvent s’attaquer à un autre appartement moins bien protégé.

Je propose donc que 100 % de ce budget de 1 milliard d’euros soit consacré à des actions vers les dirigeants et les responsables informatiques des entreprises, en étant très, mais très directif.

Il y a deux décisions prioritaires et “simples” à énoncer.

Décision 1 : toute entreprise présente sur le territoire français doit fermer rapidement ses centres de calcul privés.

Comment accélérer cette décision ? Attaquer les dirigeants au porte-monnaie.

● Pour les entreprises ayant des petits centres de calcul privés, de moins de 100 serveurs, une taxe sera établie sur la valeur comptable de ce centre de calcul :

○ 10% de cette valeur en 2022.

○ 20% en 2023.

○ 30% en 2024 et années suivantes.

● Pour les entreprises ayant des centres de calcul privés avec plus de 100 serveurs, elles sont peu nombreuses, cette taxe sera :

○ 0% en 2022, car il leur faut quand même plus de temps pour se préparer.

○ 20% en 2023.

○ 30% en 2024 et années suivantes.

Je prévois que le montant de ces taxes devrait rapidement rembourser le budget de 1 milliard d’euros prévu.

On taxe bien les produits dangereux pour la santé tels que le tabac ou l'alcool. Il est donc logique de taxer aussi les produits dangereux pour la santé de l'informatique, les centres de calcul privés.

Seringue Zero Trust SécuritéDécision 2 : vacciner rapidement au Zero Trust tous les responsables informatiques et les RSSI, Responsables de la Sécurité des Systèmes d’information. Cette vaccination devra être terminée avant juillet 2022. Un certificat de vaccination sera remis à toutes les personnes qui auront suivi avec succès cette formation. Il sera exigé pour pouvoir exercer ces professions à partir de janvier 2023.

L’essentiel du budget de 1 milliard d’euros sera consacré à la mise en œuvre de ces deux décisions. Cela représente beaucoup de travail et d’investissements en accompagnement et formation, mais ce seront vraiment des “investissements d’avenir”.

Comme je l'ai proposé plus haut, on peut récupérer la moitié du budget initialement prévu pour créer de nouveaux produits, soit 515 millions d'investissements et autant de financements

 

Résumé

Se protéger des cyberattaques est une priorité pour la France, comme pour tous les autres pays.

L’objectif ne sera jamais d’arriver à une protection parfaite. On le voit bien aujourd’hui avec les vaccins contre la COVID-19 : les meilleurs ont des niveaux de protection exceptionnels, supérieurs à 90 %.

Cet encadré propose un bel objectif aux décideurs qui vont relever le défi posé par ces cyberattaques : en réduire de 99% les dangers.

Infr Cloud + Usages ZT = 99% moins

Est-ce que je serai entendu ?

Est-ce que mes recommandations seront acceptées ?


Maîtriser ses données : grand défi des prochaines années (Première partie)

 

AdS DPC barre bateau S 270637175La prise de conscience de l’importance des données numériques c’est accélérée depuis 2 ou 3 années. En 2021, la “donnée” est sur toutes les lèvres.

Deux événements qui ont eu lieu en France en janvier 2021 le confirment.

Le GAIA-X French Hub a tenu sa première conférence plénière le 22 janvier 2021, sous les auspices du CIGREF. J’ai suivi cette conférence en ligne qui a duré toute la matinée. Le support est disponible au format PDF.

La priorité a été clairement mise sur les données ; neuf domaines clés ont été identifiés tels que la santé, l’énergie ou l’agriculture.

Gaia-x 9 data spaces

Assises de la donnée 28:2:2021Les assises de la Data Transformation se sont tenues à Bercy le 28 janvier 2021 ; Bruno Lemaire, ministre des Finances, en a fait l’ouverture.

Cette conférence a duré toute la journée et j’ai pu en suivre une grande partie. L’essentiel des conférences est disponible sur ce lien.

L’avenir du numérique européen passe par la donnée pour GAIA-X. “Les données sont au cœur de notre relance économique” pour le ministre des Finances de la France.

Quelles belles ambitions, quels beaux projets !

AdS DPC small man vs big Man S 55968372Je travaillais sur ce billet pendant que je regardais ces deux conférences ; j’ai eu un moment le sentiment de me sentir “tout petit” avec mon objectif d’aider chaque entreprise à améliorer sa gestion des données. Parler des entreprises quand l’avenir de la France et de l’Europe dépend des données, ce n’était vraiment pas au niveau voulu...

Je suis rapidement revenu à la raison : gérer efficacement ses données est déjà un défi d’une exceptionnelle difficulté pour chaque entreprise, et prendra plusieurs années. Sur ce thème, je pense pouvoir apporter de la valeur.

Au niveau de la France ou de l’Europe ? Je préfère laisser cette activité à d’autres.

Ce billet a pour ambition d’aider, un peu, les entreprises à reprendre la maîtrise de leurs données.

 

Rappel : modèle B I S et modèle B I S D

(Pour les lecteurs qui ne sont pas familiers avec ces deux modèles.)

En 2015, j'ai proposé un modèle d’analyse du Système d’Information (SI) des entreprises, nommé B I S :

B = Business, cœur métier en français : les applications liées aux activités spécifiques de chaque entreprise.

I =  Infrastructures : serveurs, réseaux, postes de travail, les fondations d’un SI.

S = Support, les applications transverses, universelles que l’on rencontre dans la majorité des entreprises.

En 2019, j’ai fait évoluer ce modèle en ajoutant la dimension D, pour données ; il est devenu le modèle B I S D.

Modèle BISD - Infra  Soutien  Métiers -Data

Les missions d’accompagnement des entreprises dans leur Transformation Numérique que j’ai menées entre 2015 et 2019 ont confirmé que les données occupent une place centrale dans la nouvelle version de mon modèle.

 

Les données : un peu d’histoire

Cover 10 000 years of recorded information STout au début de ma carrière en informatique, j’ai eu l’honneur et le privilège de rencontrer et de travailler aux USA avec Paul Strassmann quand il était DSI de Xerox. Cet homme exceptionnel, né en Europe de l’Est, a immigré aux USA après l’invasion de son pays par les Russes à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il a organisé pour Xerox une exposition remarquable sur “10 000 ans d’information enregistrée”. Le catalogue de cette exposition en présente quelques pièces exceptionnelles. C’est à ma connaissance la seule collection qui regroupe tous les moyens utilisés par l’humanité, dans toutes les civilisations, pour “enregistrer” des informations. Il est fascinant de voir comment, avec des techniques très différentes, les hommes ont, depuis 10 000 ans, cherché à mémoriser des données. L’une des pièces les plus rares (p 11) est l’un des seuls Quipus Péruviens restants, qui servait à enregistrer les… taxes. Les Espagnols avaient détruit systématiquement toutes ces “mémoires” pour effacer l’histoire du pays.

Aujourd’hui, l’immense majorité des données est mémorisée sous forme numérique. En 2021, les contraintes de volumes et de coûts ont disparu : il est possible de tout mémoriser. Comme le montre ce graphique, cette croissance des volumes de données est exponentielle ; on est passé entre 2010 et 2020 de 2 zettabytes à 60 zettabytes, une multiplication par 30.

Data stored from 2010 to 2024 - Zettabytes

Comment gérer efficacement ce déluge de données, qui ne fait que commencer ?

Je vous propose une démarche innovante qui, je l’espère, vous aidera à répondre à ce défi.

 

Les deux dimensions des données

Données dialogue SQL vs BudgetLorsque vous parlez de données à un professionnel du numérique, il pense immédiatement aux solutions disponibles.

Lorsque vous parlez de données avec les métiers, ils les voient sous la forme de contenus, financiers, humains ou autres.

C’est pour répondre à cette double vision des données qu’il est nécessaire d’avoir… une double réponse :

● La première, qui va proposer des solutions d’infrastructures numériques.

● La deuxième, qui parle des données dans le langage des métiers.

● Le défi, bien sûr, c’est de réconcilier les deux.

 

Dimension Infrastructures des données

J’ai participé à d’innombrables conférences, salons et séminaires où des professionnels du numérique parlent des données. Ce qui est fascinant pour moi, c’est que tout le monde se concentre sur un seul type de données, les données structurées.

Oui, les données structurées, utilisées en comptabilité, en finance, pour la gestion des ressources humaines ou des stocks sont importantes. Mais, en 2021, elles ne sont pas les seules à être numérisées, et ce sont celles qui occupent les plus petits volumes !

J’ai identifié six grandes familles de données :

● Les données structurées.

● Les documents bureautiques : textes, tableurs, présentations, PDF…

● Les modèles 3D, utilisés en ingénierie, construction…

● Les séries temporelles, que l’on rencontre aussi bien en finance que dans l’industrie.

● Les contenus multimédia : images, photos, vidéos…

● Les données géographiques : cartographie, routes, météo…

Vision Infrastructures données

L’ordre dans lequel elles sont présentées, de droite à gauche, n’est pas le fruit du hasard, comme on va le voir maintenant.

Remarque concernant les solutions citées : l’avenir des données est dans les Clouds Publics ou...dans les Clouds Publics. Toutes les solutions historiques, que l’on rencontre encore dans les centres de calcul privés que quelques rares entreprises “frileuses” continuent à gérer ont vocation à disparaître, et très vite. Je ne vais donc référencer que des solutions “natives cloud”.

C’est aussi un domaine où quelques fournisseurs attardés essaient de faire croire à leurs clients qu’ils ont LA solution universelle, intégrée, pour tous les types de données.

On retrouve ce combat entre les solutions “universelles” et les “best of breed” dans tous les domaines du numérique, et la gestion des données n’y fait pas exception.

Données structurées

Ce sont les données pour lesquelles il existe le plus de solutions techniques, et de très loin. Bases de données SQL, entrepôts de données, Data Lake… des centaines de logiciels sont disponibles pour gérer les données structurées. Ce sont aussi les solutions de gestion de ces données structurées qui sont les mieux connues par les informaticiens. Les formations à la gestion des bases de données sont presque exclusivement centrées sur ce thème.

La société de Capital Risque A16z (Andreessen Horowitz) a publié ce graphique qui présente son “Architecture Unifiée d’Infrastructures de Données.” Il est d’une grande complexité, liste des dizaines de solutions qui sont toutes…quelle surprise, dédiées aux données structurées.

A16z Unified Data Management Model

Données bureautiques.

Gdrive collaborationC’est la deuxième famille de données la plus utilisée dans les entreprises. Toutes les entreprises créent et gèrent des rapports, des présentations, des contrats… Il existe des solutions leaders dans ce domaine, venant :

● Des fournisseurs d’outils bureautiques cloud comme GDrive de Google ou OneDrive de Microsoft.

● De sociétés spécialisées comme Box ou Dropbox.

Il ne viendrait à l’idée de personne d’utiliser une base de données structurées SQL pour gérer tous ses documents.

Les quatre familles de solutions techniques qui suivent sont moins universelles que ces deux premières. Ce sont des données que l’on ne rencontre pas dans toutes les entreprises. Conséquence : le nombre de solutions “Cloud” disponibles pour ces familles de données est plus réduit.

Modèles 3D

Dassault 3D experienceLa numérisation de toutes les activités d'ingénierie est banalisée depuis des dizaines d’années. C’est l’un des rares domaines du numérique où la France a un champion mondial, Dassault Systèmes. Depuis plusieurs années, Dassault Systèmes a pris le virage du Cloud avec ses solutions 3ds.com. La mise à disposition des modèles 3D dans le Cloud permet à des collaborateurs sur le terrain d’y accéder depuis un navigateur.

Séries temporelles

Amazon timestreamÉvolution d’un cours de bourse, suivi de la vitesse de rotation d’un moteur, variation de la température dans un four… les domaines d’activités où l’on souhaite suivre l’évolution d’une donnée au cours du temps sont très nombreux. Il a fallu attendre longtemps avant de voir apparaître des solutions logicielles spécialisées pour gérer efficacement ces types de données, et elles sont encore peu nombreuses. Amazon Timestream, disponible sur AWS, n’est arrivé qu’en 2019.

Contenus multimédia

Pendant longtemps, les contenus multimédia, photos, images ou vidéos, ont été réservés à des métiers spécialisés comme la communication ou le marketing. Des dizaines de solutions DAM, Digital Asset Management, existent pour répondre à ces besoins spécifiques.

Il y a 2 ans, nous avons recherché avec une entreprise industrielle française une solution simple de gestion de contenus multimédia dans le Cloud pour permettre à tous les collaborateurs de partager ces contenus.

WizyVision exempleComme aucune solution satisfaisante n’était disponible, l’entreprise Wizy.io, dont je suis l’un des fondateurs, a développé un logiciel SaaS pour les contenus multimédia. C’est devenu le produit WizyVision DAC, Digital Asset Center. Je peux le définir comme le premier outil universel, natif Cloud, pour la gestion des contenus multimédia.

Données géographiques

Des milliers de services numériques utilisent la géolocalisation : Uber, CityMapper et même StopCovid !

Toutes les entreprises n’ont pas les moyens de Google, Apple ou Uber pour construire sur mesure des solutions métiers qui s’appuient sur des dimensions géographiques. Il existe depuis des années des outils qui répondent à ce besoin, mais ils sont chers, complexes et construits sur des architectures anciennes.

Bonne nouvelle : les toutes premières solutions Cloud natives arrivent. L’une des plus prometteuses est Unfolded.ai. Les fondateurs sont d’anciens collaborateurs d’Uber ; ils avaient construit leurs applications en créant des briques Open Source, Kepler.gl et Deck.gl.

Unfolded.ai on Open Source platforms

Unfolded.ai s’appuie sur ces composants Open Source, ce qui est un gage de qualité et de pérennité.

 

Dimension infrastructures : en résumé

Petit à petit, l’offre de solutions natives Cloud s’enrichit, pour répondre à toutes les attentes des entreprises pour gérer leurs données. Dans des domaines comme le multimédia ou les données géographiques, pour lesquels les demandes des entreprises avaient du mal à trouver des réponses modernes, les premières offres sont maintenant disponibles.

Vision Infrastructures données + solutions

Oui, les métiers de gestionnaires des infrastructures de données seront de plus en plus complexes, car il faudra maîtriser plusieurs outils logiciels.

C’est la seule option raisonnable à long terme, face à la tentation, suicidaire, d'espérer trouver la solution unique qui répondrait à toutes les attentes, actuelles et futures, des entreprises pour la gestion de toutes les familles de données dont elles ont besoin.

Matrice gestion données ancien monde nouveau mondeCette matrice à quatre cases permet de visualiser les évolutions nécessaires des entreprises dans leur démarche de gestion des données :

● La situation historique la plus fréquente : des outils universels installés dans des centres de calculs privés

● Deux cases sans avenir : outil universel dans le cloud et outils spécialisés dans centres de calcul privés.

● Le point d’arrivée moderne : des outils spécialisés dans le cloud public.

 

Usages

La situation est plus stable dans le domaine des usages : les métiers ont des attentes raisonnablement bien connues et pérennes.

Toutes les entreprises ont besoin d’information dans des domaines universels tels que :

● Clients.

● Ressources Humaines.

● Finances.

Il existe aussi des attentes spécifiques à certains secteurs d’activités :

● Gestion de production.

● IIoT : Industrial Internet of Things, informations sur les objets connectés.

Vision métiers données

Les limites techniques de l’informatique des années 1960 à 1990, les coûts très élevés des solutions de stockage avaient conduit les entreprises à avoir une stratégie de gestion de la pénurie et à considérer que l’octet était une ressource rare et chère. Les données structurées financières et bureautiques textuelles étaient les seules à pouvoir être stockées dans des supports numériques. L’exemple probablement le plus célèbre est celui des années ; on n’avait gardé que les deux derniers chiffres pour économiser des octets. Le passage à l’année 2000 a montré à quel point cette économie initiale avait été la source de coûts très élevés quand il a fallu passer à quatre chiffres.

L’explosion des usages d’Internet et du Web a fait naître des sources d’information nouvelles, externes à l’entreprise, telles que les réseaux sociaux et les sites Web ouverts à tous.

Données sources internes - externes 1990 - 2020Entre 1990, année du début du Web, et aujourd’hui, les volumes de données créées en interne ont augmenté, mais raisonnablement. À l’inverse, les entreprises ont vu croître très vite les données d’origine externe.

Les FLW, Front Line Workers, les travailleurs en première ligne, ont été pendant trop longtemps les oubliés de la Transformation Numérique. Leurs besoins de données numériques n’étaient pas prises en compte et le papier restait leur outil principal.

L’exemple que je vais présenter montre comment ces FLW peuvent en 2021 profiter de ces différentes sources de données pour transformer en profondeur leurs modes de travail.

AdS DPC FLW with smartphone factory S 354388167Cet exemple est celui d’un technicien qui doit mener une opération de maintenance sur une installation industrielle de grande taille. Comme tous les FLW, il est équipé d’un smartphone. Il peut :

● Localiser le lieu d’intervention par la cartographie.

● Arrivé sur place, une simple photo lui permet de retrouver, dans la base multimédia, les références du matériel à réparer.

● Toutes les données des maintenances préalables s’affichent automatiquement sur son écran, à partir d’une base de données structurées. Aucune saisie manuelle n’est nécessaire.

● Il peut consulter à tout moment, dans la base des documents, le manuel d’entretien.

● S’il diagnostique que le problème vient d’irrégularités dans la pression d’alimentation en air comprimé, un coup d’œil sur les évolutions de la pression au cours des 3 derniers mois dans la base temporelle lui permet de confirmer son intuition.

● Un accès aux plans 3D de l’installation lui montre sur quel composant il doit intervenir.

● À la fin de son intervention, quelques photos après réparation vont enrichir la base multimédia, ce qui aidera un autre technicien d’entretien lors d’une prochaine visite.

● Tout ceci est réalisé en mode numérique 100%, sans avoir besoin d’utiliser le moindre support papier pendant l’intégralité des étapes de son intervention.

L’application sur mesure qui a été développée pour ce FLW fait appel aux six solutions logicielles de gestion des données, de manière totalement transparente pour lui.

C’est aussi un bon exemple d’un double bénéfice “Gagnant Gagnant” :

● Pour le Front Line Worker, qui peut se concentrer sur ses activités à forte valeur ajoutée, sans perdre du temps sur des fonctions administratives.

● Pour l’entreprise, à qui ce nouveau processus 100% numérique garantit que toutes les informations, de toute nature, sont à  jour en permanence.

Cet exemple permet d’introduire la deuxième partie de ce billet ; il présentera les indépendances nécessaires à créer entre les composants d’un Système d’Information construit sur le modèle B I S D.


Après COVID-19 : quelles Transformations Numériques universelles ? Deuxième partie : solutions numériques

 

DPC universal toolsLa première partie de ce billet a présenté les changements majeurs induits par le COVID-19 dans le fonctionnement de toutes les entreprises.

Cette deuxième partie est centrée sur les solutions numériques universelles que toutes les entreprises doivent mettre en œuvre pour gérer ces changements majeurs et se préparer à des futurs numériques de plus en plus imprévisibles.

Ces recommandations sont valables, quels que soient les secteurs d’activité ou les pays où sont installées les entreprises.

Comme dans la première partie de ce billet, j’ai fait le choix de me concentrer sur un petit nombre de réponses universelles :

● Infrastructures pérennes et solides.

● Usages “bureautique” universels pour tous.

● Données indépendantes des usages et des infrastructures.

● Confiance dans les usages numériques.

● Processus informationnels numériques de bout en bout.

 

Infrastructures pérennes et solides

Les infrastructures numériques sont les fondations sur lesquelles s’appuient les usages numériques. Elles sont essentielles mais souvent “invisibles”.

Pour l’illustrer, je vous propose l’exemple d’un spectacle d’opéra :

Orchestre opera CTO

● L’orchestre est dans une fosse, presque invisible depuis la salle, sauf pendant l’ouverture. Ce sont les infrastructures.

● Les chanteurs sont sur la scène, bien visibles, les grandes vedettes du spectacle. Ce sont les usages.

● Le chef d’orchestre est dans la fosse pour l’essentiel du temps. Lors des applaudissements de fin de spectacle, les chanteurs l’invitent sur scène. Il représente le CTO, Chief Technical Officer, le patron des infrastructures.

La crise du COVID-19 a remis sur le devant de la scène les infrastructures, qui étaient auparavant les parents pauvres de l’informatique.

Réseaux sous-dimensionnés, serveurs incapables de répondre aux variations de charge, postes de travail à distance incapables d'accéder aux applications… des millions de salariés et de clients en ont fait l’expérience.

J’ose espérer que le COVID-19 aura enfin dessillé les yeux des dirigeants et DSI qui refusaient de moderniser leurs infrastructures, thèmes que j’ai abordés des dizaines de fois dans ce blog.

Pour aller à l’essentiel, je vous propose trois axes d’action :

- Fermer une fois pour toutes vos centres de calculs privés, hors de prix, passoires de sécurité, gloutons en énergie, rigides… pour basculer dans les grands clouds publics industriels AWS, GCP ou Azure. Ce n’est plus “vers le Cloud”, c’est : “Cloud public, maintenant !

J’ai imaginé un indicateur très simple pour savoir où vous en êtes : le pourcentage de vos applications qui sont encore prisonnières de vos centres de calcul privés :

Pourcentages Applications en Cloud Public Rouge vert

● Compris entre 100 % et 50 % : danger absolu. Changez de DSI et de CTO.

● Compris entre 50 % et 20 % : zone de risques plus raisonnable.

● Inférieur à 20 % : Bravo, vous êtes prêts à affronter toutes les prochaines crises.

DPC WAN network-  Basculer tous vos réseaux sur des solutions 100 % Internet et ne pas lésiner sur la vitesse et sur les redondances pour permettre à tous vos collaborateurs de travailler, où qu’ils soient. Des défaillances de réseaux ne sont plus acceptables en 2020.

Chromebook   PWA HTML5- Imposez un navigateur comme seule fenêtre d’accès à 100 % de vos applications HTML5, disponible sur tous les PC, Macintosh, Chromebooks, smartphones et tablettes. Je vous propose un investissement “somptuaire” pour vous aider dans cette démarche : vous achetez un Chromebook et une application qui ne fonctionne pas sur cet objet d'accès est… définitivement interdite d’entrée dans votre entreprise.

Pourquoi donner autant d’importance aux infrastructures numériques dans un monde post COVID-19 ?

● Sans infrastructures fiables, rien ne fonctionne.

● Elles sont plus stables, plus pérennes que les usages.

● Bien anticipées, elles seront capables d’héberger des nouvelles applications dont personne ne peut connaître à l’avance la nature.

● Elles sont par nature universelles, pour l’essentiel indépendantes des pays et des secteurs d’activité des entreprises.

AdS DPC roman road S 114071534L’exemple des infrastructures routières en est une bonne illustration. Beaucoup de routes actuelles sont construites là où existaient déjà des routes romaines. Les voitures électriques circulent aussi bien que les thermiques sur les routes actuelles. Il faut simplement adapter des équipements annexes pour distribuer de l’énergie électrique en plus des produits pétroliers.

Tout ceci devrait donner encore plus de pouvoir aux CTO, responsables d’infrastructures, ce que j’appelle de mes vœux depuis longtemps.

 

Usages “bureautique” universels pour tous

Outils bureautique anciensAprès les infrastructures universelles, votre deuxième priorité est les usages universels “bureautique”, et pour 100% de vos collaborateurs.

Les outils bureautiques universels, écrire, calculer, dessiner, présenter, communiquer… ont toujours été les premiers à être déployés quand de nouvelles infrastructures informatiques arrivent. Le tableur a accéléré la diffusion des PC, la messagerie électronique a été le premier usage d’Internet et du Web.

La première solution SaaS dans un cloud public utilisée par des millions de personnes a été Google Apps, disponible en 2007, renommé G Suite. Par rapport aux outils anciens de l’époque, Office de Microsoft, G Suite apportait deux innovations majeures :

● La possibilité de partager des contenus.

● La collaboration native permettant de produire des contenus à plusieurs, en partageant une seule et même version.

Brutalement plongés dans un monde où le travail à distance devenait la norme, tous les collaborateurs de l’entreprise ont redécouvert le rôle essentiel de ces fonctions de base.

L’autre grand vainqueur est la vidéoconférence. Le marché, en faible croissance, était encore dominé début 2020 par des solutions de l’Ancien Monde, telles que Webex ou GoToMeeting. En quelques semaines, l’expression “organiser une conférence Zoom” c’est banalisée.

Dans les mois qui viennent, toutes les entreprises peuvent et doivent immédiatement moderniser leurs outils bureautiques poussiéreux en prenant deux décisions “simples” :

Interdire et éliminer tout outil bureautique archaïque qu’il faut encore installer sur les postes de travail. Parmi les candidats évidents :

○ Microsoft Office : Word, Excel, PowerPoint...

○ Les clients lourds de messagerie et agenda : Outlook, Mail d’Apple…

○ Les outils de vidéoconférence à installer:  Teams, Webex, Skype, Zoom…

● En cohérence avec ce qui a été écrit sur les infrastructures, n’accepter que les outils accessibles depuis un navigateur :

○ G Suite de Google, Remotely de Zoho ou la version Web de Microsoft 365 pour les fonctions de base, envoyer des courriels, écrire, calculer ou présenter.

○ Des solutions natives WebRTC pour la vidéoconférence : Whereby, Meet de Google ou Bluejeans.

Logos WebRTC Bluejeans whereby Meet

Ce sont des décisions que je préconise depuis… plus de dix ans et que de nombreuses entreprises innovantes avaient mises en œuvre avant que le COVID-19 n’apparaisse. Ces entreprises ont répondu instantanément, sans aucun effort, aux attentes de tous leurs collaborateurs à distance.

Que ces décisions de bon sens soient encore considérées comme révolutionnaires ou impossibles en 2020 dépasse l’entendement et met en évidence l’impossibilité qu'ont une majorité d’entreprises à innover dans ces domaines universels.

Microsoft Fluid Office DocumentMiracle, et grande nouvelle ! Microsoft découvre en mai 2020 que collaborer nativement sur des documents est utile ! Un nouveau service, Microsoft Fluid Framework, permettra, quand il sera disponible dans quelques mois, de faire ce que permet Google Docs depuis 2007. Microsoft annonce fièrement que cette solution sera plus puissante que celle de Google ; 13 ans après, c’est quand même un minimum !

La troisième décision est de loin la plus importante mais demande que les deux premières aient été mises en pratique.

Il s’agit d’équiper 100 % des collaborateurs de ces outils bureautiques universels.

La crise du COVID-19, c’est aussi la revanche des opérationnels, des personnes qui sont sur le terrain et pas dans des bureaux : infirmiers, chauffeurs routiers, éboueurs, policiers, équipes de maintenance, ambulanciers… Ils ont tous droit, ils ont tous besoin, et souvent plus que les cols blancs, d’utiliser ces outils de partage, de communication et de collaboration.

Cet objectif peut se résumer en une phrase simple :

100 % des collaborateurs équipés d'outils natifs Web, pour produire, partager, collaborer et communiquer, quels que soient les contenus.

100 % Collaborateurs équipés

 

Données indépendantes des usages et des infrastructures

Il y a un peu moins d’un an, j’ai proposé une évolution du modèle initial B I S que j’avais imaginé en 2015.

Nouveau modèle BISD - Infra  Soutien  Métiers -DataJ’y ai ajouté une dimension D, données, pour cette nouvelle version, B I S D.

Le monde numérique post COVID-19, imprévisible, rend cette évolution encore plus pertinente.

Des données, indépendantes des applications et des infrastructures, deviennent les nouvelles ressources numériques universelles. Elles peuvent être mises à la disposition de tous les collaborateurs de l’entreprise, quelles que soient les applications qu’ils utilisent.

Il faut aussi prendre en compte les différentes natures d’information dont a besoin l’entreprise. Pour trop de professionnels de l’informatique, les données structurées, financières, ressources humaines ou commerciales sont les seules dignes d’intérêt.

J’ai identifié 6 grandes familles d’information ; les trois premières sont universelles, les trois autres sont liées aux métiers des entreprises :

AdS DPC Data in a laptop● Contenus bureautiques : textes, tableaux, présentations, PDF…

● Données structurées : financières, commerciales…

● Données multimédias : images, photos, vidéos…

● Données géographiques : cartographie, géolocalisation…

● Données 3D : ingénierie, industrie…

● Séries temporelles : analyses financières, maintenance industrielle...

Organiser cette indépendance entre les données, les infrastructures et les applications est urgent ; ce sera tout sauf facile, mais la résilience du Système d’Information qui en découle deviendra un atout majeur pour les entreprises qui réussissent cette indépendance.

 

Confiance dans les usages numériques

Nouvelles infrastructures, usages universels intensifs, travail à distance généralisé, les responsables de la sécurité doivent prendre en compte ces changements profonds et proposer des solutions différentes, qui répondent à de nouvelles attentes.

DPC Trust roots shared S 44760182On n’a plus le droit de bloquer ces évolutions irréversibles sous des prétextes de sécurité et de confidentialité. Il faut les accompagner, les encourager, en proposant de nouvelles solutions de sécurité.

La bonne nouvelle ? Ces solutions innovantes existent. J’y ai consacré un billet publié il y a environ 1 an : “Cloud, la confiance”. J’en résume le contenu en une phrase :

la sécurité des solutions numériques dans les Clouds Publics est, dans 99,9999% des cas, meilleure que celles que fournissent les antiquités telles que VPN ou pare feux périmétriques.

Démarche Zéro Trust

Les démarches  “zéro trust” sont aujourd’hui les meilleures réponses aux attentes des entreprises. Elles font l’hypothèse par défaut que rien n’est sécurisé et qu’il faut tout contrôler.

Ce schéma présente les 5 fonctions essentielles d’une démarche zéro trust :

● Vérifier l’identité de la personne qui se connecte. On complète les mots de passe par d’autres techniques regroupées dans la famille MFA, Multi Factor Authentication.

● S’assurer que l’on peut faire confiance à l’objet d’accès, quel qu’il soit.

● Chiffrer les données, en transit et dans les objets d’accès.

● Autoriser les accès aux applications, une par une, selon les personnes, selon les lieux d’accès.

● Fournir des outils d’audit pour des contrôles a posteriori quand c’est nécessaire.

Démarche zero trust

L’offre de solutions de haute qualité permettant de mettre en œuvre une démarche zéro Trust est très riche ; le plus difficile, c’est probablement de faire des choix !

Résumons : il est interdit de soulever les alibis de la sécurité et de la confidentialité des données pour bloquer les évolutions urgentes et indispensables rendues nécessaires par la crise du COVID-19.

99% des personnes qui refusent ces évolutions, qui continuent à penser que les armes obsolètes du siècle dernier sont encore les meilleures, sont des trouillards ; ils ont peur d’affronter des attaquants innovants, très puissants, et se réfugient dans leurs châteaux forts moyenâgeux, “protégés” par des pare feux démodés. 

Charge brigade légère 1Ils n’ont même pas l’excuse de la bravoure, de l’inconscience des Anglais lors de la “charge de la brigade légère”, envoyée au massacre contre les forces russes très équipées en artillerie.

Je n’ai aucun respect pour eux.

À l’inverse, j’ai beaucoup d’admiration pour les dirigeants, DSI et RSSI qui acceptent les défis de ce Nouveau Monde numérique et ont le courage de tout mettre en œuvre pour créer une confiance raisonnable, au service de leur entreprise et de ses collaborateurs.

En résumé de ce qui vient d’être écrit, le schéma ci-dessous regroupe les quatre fondations universelles nécessaires pour aborder avec succès un monde post COVID-19.

Universels SI - Infrastructures Données Usages universels

Les entreprises qui sont en cohérence avec ce schéma disposent de fondations infrastructures et applicatives universelles solides et pérennes, qui leur permettent d’affronter un futur imprévisible avec la certitude de pouvoir répondre aux défis nouveaux qu’elles devront affronter.

Tout n’est pas réglé pour autant ! Il faut maintenant s’attaquer à un très gros morceau, la numérisation de tous les processus informationnels.

 

Processus informationnels, numériques de bout en bout

Nous sommes en 2021 : la majorité des salariés travaillent à distance et l’entreprise doit gérer des dizaines de processus pour :

● Organiser l’embauche d’un nouveau collaborateur qui va travailler chez lui, en Nouvelle-Zélande.

● Lancer un appel d’offres pour un nouveau logiciel.

● Préparer le budget 2022 de la filiale espagnole.

● Faire approuver par le conseil d’administration les comptes de 2020.

● …

Processus Wheels 100% numérique

Dans le monde pré COVID-19, l'entreprise avait la possibilité, pour ces processus, de faire approuver ou signer des documents papiers.

L'entreprise a impérativement besoin, dans un monde post COVID-19 :

AdS DPC Online document editing SS 276062556● Que ces processus soient numériques de bout en bout, sans jamais passer par la case papier.

● Que toutes les personnes concernées puissent modifier les documents numériques, sans les imprimer.

● Que les documents puissent être signés par des personnes à distance, tout en restant numériques.

● Que tous les contenus créés pendant ces processus soient accessibles à distance par les personnes qui y ont droit.

Ce “cahier des charges” est simple à définir, mais monstrueusement difficile à mettre en œuvre dans l’immense majorité des organisations.

AdS DPC sceau seal old paper S 180208132Quel est le plus beau symbole de l’Ancien Monde ? Le parapheur !

Signe majeur du pouvoir, les parapheurs trônent sur les bureaux des dirigeants et attendent que ces maîtres du monde mettent leur “sceau” sur les documents qu’ils contiennent.

Parapheurs Gérard DarmaninEn arrivant dans ses nouveaux bureaux au ministère des Finances, Gérard Darmamin s'est plaint du nombre de parapheurs qui attendaient sur son bureau.

Combien en restera-t-il quand il quittera son poste ?

Il ne faut pas oublier que la majorité de ces processus mettent en jeu, non seulement des collaborateurs de l’entreprise, mais aussi des partenaires externes, clients, fournisseurs ou prestataires, souvent dans plusieurs pays.

Docusigned by Louis Naugès 2Les solutions qui permettent cette numérisation de bout en bout, signature comprise, existent depuis longtemps. Cela fait des années que je signe tous les documents des entreprises dont je suis actionnaire et membre du conseil d’administration avec l’application Docusign, l’un des leaders de ce marché.

Pour rester fidèle à ma démarche qui privilégie des indicateurs simples, je vous propose l’exercice suivant :

● Comptez le nombre total de parapheurs qui circulent aujourd’hui dans votre entreprise.

● Planifiez une réduction progressive de ce nombre, qui pourrait suivre le calendrier suivant, ambitieux mais réaliste :

○ Réduction de 20 % à la fin de l’année 2020.

○ Réduction de 50 % à la fin de l’année 2021.

○ Réduction de 80 % à la fin de l’année 2022.

○ (Il est interdit de remplacer 3 parapheurs sur le même bureau par un parapheur plus grand !)

Nombre parapheurs dans entreprise

Objectif zéro parapheur !

Si vous réussissez cet exploit, vous aurez fait un pas de géant vers un transformation numérique majeure.

AdS DPC Paper to digital S 88196772Dans les entreprises qui auront réussi cette numérisation de bout en bout de la grande majorité de leurs processus numériques, tout le reste suivra, de manière évidente. Elles seront en position de force pour innover dans tous les usages que je n’ai pas abordés dans ce billet, leurs usages numériques spécifiques, cœurs de métiers.

 

Synthèse

DPC Woman with ? SS 78180253La Transformation Numérique accompagne et facilite les mutations profondes et pérennes, rendues indispensables dans un monde post COVID-19. Elle permet aux entreprises de s’adapter en permanence, et rapidement, à des environnements de plus en plus imprévisibles.

“Il vaut mieux être préparé à des catastrophes qui ne se produisent pas que de ne pas être prêts pour des catastrophes qui elles arrivent”. C’est un bon résumé des responsabilités des dirigeants.

Pour conclure, je vous propose une synthèse des caractéristiques d’une entreprise qui a compris quelles sont les transformations numériques universelles et indispensables pour réussir dans un monde Post COVID-19 :

● Des infrastructures numériques industrielles, robustes et évolutives :

○ Basculement de tous les serveurs dans des clouds publics.

○ Des réseaux rapides mis à la disposition de 100 % des collaborateurs, où qu’ils soient.

○ La possibilité d’accéder à 100 % des applications numériques depuis un navigateur, sur tout objet d’accès, smartphone, tablette, Chromebook ou PC.

● La possibilité de travailler depuis tout lieu, bureau, domicile, hôtel… en faisant confiance aux collaborateurs et sans outils intrusifs de surveillance.

● Des usages bureautiques universels, pour tous, permettant de travailler en mode collaboratif natif sur tout type de contenu, textes, tableurs, présentations, données structurées, multimédia…

● Des outils pour créer la “confiance” dans le cloud, dans une logique “Zéro trust”.

● Des processus informationnels 100% numérisés, rendant l’usage du papier et de la signature manuscrite inutiles.

Cela devrait vous occuper pour au moins deux ou trois années !

 


Après COVID-19 : quelles Transformations Numériques universelles ? Première partie : la règle 4 x 50

 

AdS DPC COVID-19 over Europe SJ’avais abordé le sujet des impacts de la crise COVID-19 sur les Systèmes d'Information des entreprises dans mon billet précédent.

Aujourd’hui, j’ai choisi de me concentrer sur les composants universels d’une Transformation Numérique qui sont pertinents pour toutes les entreprises, petites, grandes ou moyennes, publiques ou privées et qui sont devenus encore plus essentiels pour affronter avec succès un monde post COVID-19.

La première partie analyse les ruptures apportées dans le monde par le COVID-19 et qui auront de profonds impacts sur les solutions et usages numériques.

La deuxième partie présente les actions prioritaires que doivent mener les entreprises pour tenir compte de ces ruptures dans leur Transformation Numérique.

 

COVID-19 : créateur de ruptures fortes et irréversibles

Le COVID-19 est devenu le vecteur le plus important de changements majeurs dans le monde entier depuis la Deuxième Guerre mondiale.

C’est au départ une crise médicale mondiale majeure, mais pas beaucoup plus grave que beaucoup d’autres épidémies ou pandémies récentes.

Ce qui est profondément nouveau, ce sont les impacts majeurs qu’aura le COVID-19 sur les comportements de milliards de personnes et sur les économies mondiales. Le modèle dit de “confinement”, importé de Chine, adopté par une grande majorité de pays aura, en quelques mois, créé un grand nombre de ruptures, fortes et irréversibles.

Je vais me concentrer dans ce billet sur un petit nombre de changements économiques, humains et sociaux qui auront des impacts forts sur les usages numériques des entreprises et qui vont leur demander d’accélérer leur Transformation Numérique.

Il semble qu’un consensus s’est réalisé sur le fait que le monde “Post COVID-19” dans lequel nous entrons va durer un minimum de deux années. C’est l’hypothèse que je retiens dans ce billet.

COVIC pandemic last 2 years

Les professionnels sérieux du monde de la santé pensent que la disponibilité en masse d’un vaccin efficace peut au mieux devenir une réalité dans les 18 à 24 mois qui viennent.
Ce remarquable article de la revue Nature explique les 8 manières possibles de l’obtenir et liste plus de 90 recherches en cours.

COVID-19 Vaccines projects

J’ai choisi de privilégier quatre changements majeurs :

● Une crise économique profonde.

● La peur de l’autre.

● Le travail distribué.

● De nouveaux modes de fonctionnement pour les entreprises.

 

Une crise économique profonde

La réduction de la croissance économique, dans le monde entier attendra un niveau jamais rencontré depuis la crise de 1929, comme le prévoit le FMI, Fonds Monétaire International. Ces prévisions font l’hypothèse que le virus sera beaucoup moins actif dans la deuxième partie de l’année 2020, et rien ne garantit que ce sera le cas.

IMF Recession prediction 2020

Les débats entre croissance économique et avenir de la planète faisaient encore rage il y a six mois ; le COVID-19 a déclenché en 3 mois une récession mondiale, dans tous les pays. Ralentir la croissance, c’est impossible, disaient les économistes, le COVID-19 l’a fait.

Il faut maintenant imaginer de nouveaux modèles d’évolution de l’économie mondiale ; personne n’a de réponses claires à proposer.

Ce graffiti dans le métro de Hong Kong le résume très bien : “On ne peut pas retourner à la normale, parce que la normale que nous avions été justement le problème”.

Graffiti HongKong COVID-19

Des secteurs entiers d’activités seront bouleversés, pour longtemps : transport aérien, commerce de proximité, industrie automobile et aérienne, tourisme international, restauration, hôtellerie d’affaires et touristique, immobilier de bureaux…

Même si l’histoire ne se répète jamais, la croissance exponentielle des sites de e-commerce en Chine date de 2003, année de la crise sanitaire du virus SARS.

Cette crise COVID-19 aura eu au moins un avantage : elle nous a fait prendre conscience que des débats économiques et sociaux qui nous déchiraient encore il y a quelques mois n’étaient pas aussi essentiels qu’on le croyait.

Le Brexit ? La réforme des retraites ? Les gilets jaunes ? Que cela nous paraît anodin, aujourd’hui !

 

La peur de l’autre

Dans sa célèbre réunion des actionnaires, qu’il a tenue pour la première fois le 4 mai 2020 face à une salle vide alors que 40 000 personnes y assistaient tous les ans, Warren Buffett a bien résumé la situation par cette phrase :

"Fear is the most contagious disease you can imagine."

(La peur est la maladie la plus contagieuse que l’on peut imaginer)

Distanciation sociale ou distanciation physique ? Peu importe, ces expressions qui n’existaient pas en février 2020 vont durablement s’imposer dans nos vies et nos comportements.

L’autre, la personne que l’on croise dans la rue, dans son bureau, dans son immeuble, l’autre représente un danger grave, porteur potentiel d’un virus d’autant plus inquiétant qu’il est invisible.

Tous ceux qui ont un peu voyagé sont conscients des fortes différences culturelles qui existent dans les relations humaines et sociales selon les pays.

● Les embrassades sont généralisées dans les pays latins tels que l’Espagne ou l’Italie.

● La distance physique est plus forte dans les pays du nord de l’Europe.

● Cette distance est encore plus marquée dans la majorité des pays asiatiques.

● La France est, selon mes expériences, à mi-chemin entre les cultures latines et nordiques.

Ce tableau donne les statistiques mondiales d’impacts par pays, le 10 mai 2020, veille du déconfinement en France. Est-ce une coïncidence si parmi les pays les plus touchés par le COVID-19 on trouve l’Italie, l’Espagne et la France ?

CoronaVirus top countries for death 10 mai 2020

Les deux autres sont les Etats-Unis, dirigés par un incompétent absolu et la Grande-Bretagne, qui avait essayé une démarche différente, et qui a dû faire marche arrière, rapidement.

Chinese distanciation in car manufacturingCette photo, prise dans une usine automobile en Chine à l’heure du repas de midi, montre que les ouvriers ont très vite adopté un comportement distant. Peut-on imaginer facilement le restaurant d’entreprise de Renault utilisant la même organisation ?

Amsterdam restaurants mediamatic 2Ce n’est probablement pas par hasard si c’est un restaurant des Pays-Bas qui a, le premier, imaginé de mettre des cabines fermées en verre sur sa terrasse en bord de canal.

La question qu’il faut se poser : est-ce que la majorité des Français, dans leurs comportements de groupe, familiaux ou professionnels, vont revenir à des habitudes “latines” ou basculer sur des modes d’échanges “nordiques” ?

Si, comme je le pense, les Français ne revenaient pas en arrière, poussés par ce sentiment pérenne de peur de l’autre, la fin des serrements de main et des accolades dans le monde professionnel pourrait devenir définitive.

 

Un changement majeur qui va durer : travailler depuis chez soi

Le télétravail n’est pas né avec le COVID-19. Depuis des dizaines d’années, politiques, dirigeants, syndicats et autres CHSCT débattent des conditions qu’il fallait réunir pour que le “télétravail” soit possible.


Portrait Télétravailleur en France 2:2019Une étude sur le télétravail en France dans le secteur privé a été réalisée par le groupe d’assurances Malakoff-Médéric en février 2019, un an avant l’arrivée du COVID-19.

Le journal Le Parisien en a présenté un excellent résumé : un peu plus de 5 millions de personnes, 29 % des salariés, pratiquent le télétravail, partiellement dans la grande majorité des cas.

Combien le faisaient dans le cadre d’un accord d’entreprise ? Seulement 9% des 29%.

Arrive mars 2020 : en quelques jours, des dizaines de millions de travailleurs, en France et dans le monde, ont basculé dans un monde nouveau pour eux, celui du travail à domicile. Les Américains, qui créent des acronymes pour tout, utilisent maintenant WFH, Working From Home, pour nommer ce mode de travail.

En 2 mois, ce qui paraissait impossible ou très compliqué a été mis en œuvre dans toutes les entreprises, y compris du secteur public, dont les enseignants.

Mon pronostic : ce basculement vers beaucoup plus de travail à distance, sera irréversible, le changement principal dans le fonctionnement des entreprises induit par le COVID-19.

De très nombreuses entreprises ont déjà annoncé qu’elles allaient maintenir le “WFH” pendant au moins toute l’année 2020. J’ai regroupé dans cette image les annonces du groupe automobile PSA, de Google et de Facebook.

WFH - Facebook  PSA  Google

Il est difficile d’appréhender tous les impacts de ce mouvement de fond, tant ils sont nombreux. Les plus évidents :

● Réduction forte de la demande de bureaux.

● Moins de déplacements domicile-travail.

● Réaménagement des espaces de vie personnelle pour y installer des lieux où l’on peut mieux s’isoler et participer à des vidéoconférences.

● Possibilité d’embaucher des collaborateurs dans toute la France, et dans le monde entier. L’entreprise distribuée peut devenir la norme.

● Plus d’opportunités de travail pour les personnes handicapées pour se déplacer.

Dress WFH vs Office● Changement des habitudes vestimentaires, comme le dit avec humour ce Tweet. On ne compte plus les cas où des personnes en vidéoconférence avaient un “haut” professionnel et ont montré par mégarde des “bas” moins habillés !

● ...

Un dernier signe qui ne trompe pas et montre que ce phénomène va durer : le gouvernement français a publié le 6 mai un long décret, signé par 8 ministres, sur les règles à appliquer pour le télétravail dans la fonction publique.

 

Mon prochain combat : mise hors la loi des logiciels de surveillance des travailleurs à distance

Zoom n’est pas le seul logiciel à voir ses usages augmenter avec l’arrivée du COVID-19. Une autre famille d’outils logiciels voit ses ventes exploser : les solutions qui permettent d’espionner les personnes qui travaillent à distance, loin des yeux de leurs surveillants. Je ne pouvais pas imaginer :

● Qu’il y en avait autant.

● Que de très nombreuses entreprises y faisaient appel.

Employee monitoring top 10 software

J’ai fait une analyse rapide de leurs fonctionnalités et de leur puissance ; les résultats sont terrifiants.

Cette liste non exhaustive montre que tout absolument tout ce que fait un travailleur à distance sur son poste de travail peut être analysé.

Employee monitoring main functions

Pour illustrer les “performances” de ces outils de surveillance, j’ai pris quelques exemples. Dans l’encadré ci-dessous :

● La solution Interguard annonce qu’elle peut prendre une photo de l’écran toutes les 5 secondes. Ils annoncent “fièrement” que l’on peut ainsi avoir un film complet de l’activité du collaborateur.

● Le logiciel Pragli mesure l’activité du clavier et peut prévenir le “garde-chiourme” que vous êtes un fainéant si vous n’avez pas utilisé votre clavier depuis 15 s. 15 s, cela signifie que toute période de réflexion est interdite !

WFH Contrôles 5 et 15 secondes

Dans ce troisième exemple, celui du logiciel Time Doctor, un “pop-up” apparaît sur l’écran du collaborateur dès qu’il accède à un site Web que Time Doctor considère comme n’étant pas directement lié à l’application professionnelle.

TIme Tracking- Pop Up %22Are you Working ?%22

Cerise sur le gâteau, ces logiciels sont hors de prix, comme le montre l’exemple de Teramind. La version intermédiaire coûte 25 $ par mois et par personne.

Petit rappel : la version business de G Suite, très complète, coûte moins de 10 $ par mois et par personne.

Teramind time tracking pricing

Vous souhaitez faire échouer vos projets de généralisation du travail à distance, j’ai le moyen infaillible d’y arriver : installez l’un de ces logiciels espions.

Amercican Slaves in JailVous montrerez ainsi de manière éclatante toute la “confiance” que vous avez dans vos collaborateurs ! Que des solutions de ce type existent encore en 2020 me laisse pantois : je croyais, naïvement, que l’esclavage avait été supprimé en France en 1848.

Je suis tellement indigné par ce danger que j’envisage de créer sur le Web une liste noire des entreprises scélérates qui osent déployer ces outils.

 

Nouveaux modes de fonctionnement pour les entreprises

Repenser les organisations ? Le COVID-19 va obliger toutes les entreprises à se reposer beaucoup de questions sur leurs modes de fonctionnement.

J’ai choisi, pour illustrer ces ruptures, quelques exemples concrets.

 

Priorité aux opérationnels

Infirmiers, aide-soignants, pompiers, livreurs, éboueurs, chauffeurs routiers… Politiques et dirigeants ont redécouvert avec le tsunami COVID-19 que ces métiers du terrain, opérationnels, avaient de la valeur !

AdS DPC opérationnels

J’espère, je pense que cette prise de conscience du rôle clef de ces métiers opérationnels dans toutes les entreprises sera l’un des acquis durables de ces derniers mois.

Image livre DTN inversion siège terrainC’est un thème que nous avions longuement abordé dans le livre : “Dirigeants, Acteurs de la Transformation Numérique”, co-écrit avec Dominique Mockly, dont ce schéma est extrait.

Mettre les fonctionnels, ressources humaines, finances, commerce, Direction Générale… au service des opérationnels devient une nouvelle priorité, un beau défi.

 

Réduction des déplacements physiques longue distance

Faire des milliers de kilomètres en avion pour participer à une réunion de 4 heures ?

Organiser une formation en présentiel pour 15 personnes venant de différents établissements de l’entreprise ?

Avant l’arrivée du COVID-19, peu d’entreprises se posaient ces questions et elles trouvaient naturel, normal de voir des collaborateurs perdre 2 ou 3 journées de leur temps, dépenser des milliers d’euros pour assister à des réunions et des conférences.

Ces déplacements sont, du jour au lendemain, devenus impossibles. Miracle ! On découvre que l’on peut très bien s’en passer. Les réunions en visioconférence, les formations en “distanciel” se sont multipliées et les collaborateurs ont découvert que c’était possible, plus efficace, moins générateur de temps perdu.

J’ai une très mauvaise nouvelle pour les compagnies aériennes : l’essentiel de leurs revenus et de leurs marges venait des déplacements professionnels ; ils vont, de manière définitive, se réduire très fortement.

Non seulement les entreprises vont limiter au maximum ces déplacements qui seront jugés non indispensables, mais en plus, voyager en avion deviendra encore plus pénible. L’attaque des tours du World Trade Center avait augmenté les contraintes de sécurité dans les aéroports. Le COVID-19 va y rajouter les contraintes de santé.

Airtravel very bad 2

Les rares avantages qu’il y avait à voyager en classe affaires vont aussi se réduire : fermeture des salons VIP, repas et boissons réduites… Il est difficile de boire une coupe de champagne ou de déguster une tranche de foie gras avec un masque !

Moins de clients, taux de remplissage réduits : le prix des billets d’avion est condamné à augmenter, ce qui va accélérer ce cercle vicieux de la décroissance du trafic aérien.

Mon pronostic : les budgets déplacements en avion des entreprises vont se réduire de plus de 50%.

 

Quel avenir pour les bureaux centraux

On l’a vu plus haut, le travail à distance va se banaliser et être utilisé par plus de monde, plus longtemps.

Basecamp, une entreprise qui commercialise un logiciel SaaS de gestion d’activité, que j’ai souvent cité dans mes blogs, est en travail distribué à 100% depuis sa création, il a plus de 15 années. Elle restera une exception, oui, mais il n’est pas déraisonnable d’imaginer que, dans les 5 années qui viennent, le taux d’occupation des bureaux centraux actuels baisse de 50 % ou plus.

Les partisans de cette culture d’entreprise où des centaines de personnes travaillaient dans un même lieu en vantaient les avantages : convivialité, interactivité, échanges informels… Si, comme je le pense, la distanciation physique et sociale devient permanente, une grande partie de ces avantages disparaîtra.

Vous avez détesté les bureaux ouverts, open space ? Vous allez adorer les bureaux...séparés par des cubes en verre !

Bureaux séparés par écrans verres

Déjeuner à la cantine, séparé de 2 m de ses voisins ? Bonjour la convivialité ! Nettoyer les boutons-poussoirs de la machine à café après chaque personne, se déplacer dans des couloirs à sens unique… Est-ce que j’ai envie de travailler dans ce « Nouveau Monde » ? Perdre son temps dans des réunions physiques où l’on est tellement séparé des autres qu’il faut parler fort pour se faire entendre ? Est-ce que je ne serais pas mieux chez moi, en interactivité numérique ?

Paris la défenseToutes les grandes métropoles tertiaires doivent se poser la question : quel est l’avenir des centres d’affaires tels que la Défense à Paris ?

Si, chaque jour, 50% des personnes qui “allaient au bureau” travaillent à distance, la demande de bureaux va baisser de 50 %, et rapidement.

La liste des secteurs d’activités qui vont souffrir des changements des modes de travail induits par le COVID-19 va s’allonger :

● Gestionnaires de grands centres de bureaux.

● Immobilier d’entreprise.

● Aménagement de bureaux.

● Services aux entreprises dans les bureaux : restauration, nettoyage, gardiennage, parking...

Depuis plusieurs dizaines d’années, des appartements de centre-ville avaient été transformés en bureaux. Et si un mouvement inverse démarrait en 2021 ?

Il ne devrait pas être très difficile de transformer les “cités dortoirs” en espaces mixtes, où l’on vit et où l’on travaille.

Mon pronostic : les budgets immobiliers de bureaux des entreprises vont se réduire de plus de 50%.

 

Distribution plus innovante des temps et lieux de travail

Il n’est pas difficile de définir les besoins minima raisonnables de l’espace de travail d’une personne en travail distribué :

Collaborateur Basecamp WFH● Un espace de 15 à 20 m2, bien éclairé, bien isolé phoniquement.

● Un accès réseau à 100 Mb/s.

● Et… rien d’autre !

Le pays ? La région ? La ville ? Le village ? Peu importe !

L’entreprise distribuée deviendra la norme, rapidement. Wizy, dont je suis l’un des dirigeants, en est une bonne illustration : ses équipes sont réparties entre l’Espagne, Paris, Angers, Singapour, l’Australie… Nos réunions de management se font toutes en vidéoconférences, la principale difficulté étant de trouver des créneaux horaires compatibles avec ces différentes zones mondiales.

 

Résumé de la première partie

Je vous propose, pour résumer cette première partie, de définir un nouveau mode de fonctionnement des entreprises :

La règle 4 x 50

● 50 % des collaborateurs en travail à distance à tout moment.

● Réduction de 50 % des déplacements longue distance.

● Basculement de 50 % des actions de formation en “distanciel”.

● Réduction de 50 % de la surface des bureaux utilisés.

Règle 4 x 50

Ce sont bien sûr des moyennes, qui peuvent varier d’une entreprise à l’autre.

Par contre, si vous faites le total des quatre pourcentages pour votre entreprise, il devrait être proche de 200, les écarts par rapport à la moyenne de 50 % se compensant partiellement.

Votre score pourra varier entre 0 et 400 :

● Score 0 : rien ne change, on redémarre comme avant.

● Score 200 : votre entreprise a pris la mesure des changements nécessaires.

● Score 400 : votre entreprise se lance dans un monde nouveau, dans la position de "early adopters".

Cette règle 4 x 50 deviendra rapidement un indicateur universel des changements permanents induits par le COVID-19 dans toutes les entreprises.

Dans la deuxième partie de cette analyse, j'analyse les outils universels dont on besoin les entreprises pour se préparer à un monde post COVID-19.


Transformation Numérique : l’après COVID-19, mode d’emploi pour 2020

 

(Long billet : l’importance du sujet l’impose et vous avez probablement un peu plus de temps que d’habitude pour le lire et... mettre en pratique les recommandations qu’il contient.)

Couverture livre DTN copie 2Depuis quelques semaines, dans le monde entier, le Coronavirus COVID-19 a obligé toutes les organisations, privées ou publiques, petites, moyennes ou grandes à apprendre à travailler autrement, très vite et sans préavis.

A la fin de l’année 2018, j’avais publié avec Dominique Mockly, PDG de Teréga, le livre :

Dirigeants, Acteurs de la Transformation Numérique

Ce livre, écrit avec Google Docs et publié sur Amazon pour s’appuyer sur les outils modernes du Cloud Computing, ne faisait pas référence au COVID-19. Il a aidé des organisations innovantes qui avaient bien avancé dans leur Transformation Numérique à s’adapter rapidement aux nouveaux modes de travail rendu indispensables par les règles de confinement.

Mise à jour du 17 avril 2020 : ce livre est maintenant disponible en format numérique, Kindle.

A l’inverse, dans une majorité d’entreprises, cette pandémie COVID-19 a mis en évidence des défaillances de leur Système d’Information et la possibilité pour leurs collaborateurs de travailler efficacement, loin de leurs bureaux traditionnels.

Ce billet aborde les thèmes suivants :

  • Principaux dysfonctionnements mis en évidence.
  • Comment une Transformation Numérique réussie a permis de mieux résister.
  • Comment se préparer pour redémarrer, autrement.
  • Pourquoi, demain, on doit, on peut concilier Transformation Numérique et Frugalité Numérique.
  • Quelles sont les décisions prioritaires à prendre avant la fin de l’année 2020.

(Pour éviter de répéter ce que j’ai souvent écrit dans ce blog, je vais référencer de nombreux billets déjà publiés.)

 

Dysfonctionnements d’un Système d’Information mis en évidence par le COVID-19

AdS DPC Confinement COVID-19 S 332567052Les strictes mesures de confinement annoncées en mars 2020 dans de nombreux pays, et exécutoires en quelques heures, ont obligé les entreprises, leurs collaborateurs et leurs partenaires à bouleverser leurs modes de travail et d’organisation. Fin mars 2020, la moitié de la population mondiale était confinée à son domicile.

Tous les défauts des informatiques archaïques, que je dénonce depuis plus de dix ans, ont immédiatement resurgi. Pour ne pas accabler ces entreprises qui font l’autruche, je ne citerai que les plus évidents.

Centres de calcul privés (appelés à tort clouds privés) sous-dimensionnés

Le confinement est annoncé en France le 17 mars. Immédiatement, les sites des grands acteurs du commerce comme Monoprix ou Leclerc… ne répondent plus ! Surprise ? Non !

Sites marchands down coronavirus

Est-ce que vous pensez que la demande n’a pas augmenté au moins autant sur le site d’Amazon ? Avez-vous entendu parler d’une panne sur le site marchand Amazon ? Non !

OVH Panne 30 mars 2020Même les hébergeurs ne sont pas à l’abri de ces pannes : OVH en a fait la démonstration le 30 mars 2020. Il faudra bien qu'un jour les hébergeurs et leurs clients finissent par comprendre que leur métier n’a strictement rien à voir avec celui des fournisseurs industriels de Clouds Publics comme AWS, Azure ou GCP.

Croire encore en 2020 que la sécurité des accès se fait par des VPN (Virtual Private Networks)

Les défenseurs de VPN me font penser à… “la belle au bois dormant”. Ils se sont endormis en l’an 2000 et ont été réveillés sans ménagement en 2020 par des milliers d'utilisateurs désespérés qui essayaient vainement de travailler, confinés dans leur domicile.

En 2017, j’avais écrit un billet expliquant pourquoi le principe de la sécurité “périmétrique” était un mythe périmé et dangereux. Je ne suis pas le seul à le penser, heureusement.

Death of VPN with Coronavirus

Encore trop de collaborateurs équipés de PC fixes

Old Desktop PCDans le grand public, si l’on met de côté les “gamers”, les ventes de PC fixes ont disparu. Ce n’est hélas pas encore le cas dans toutes les entreprises. PC mobiles et Chromebooks sont les seuls objets d’accès professionnels qui permettent de travailler en tout lieu, à toute heure.

Ces déficiences techniques sont graves, mais ce n’est rien par rapport aux visions dépassées de dirigeants et à l’absence de préparation des salariés aux nouveaux modes de travail qu’il est nécessaire de maîtriser pour être efficace en mode “confinement”.

C’est le cas en France, comme le montre cet article de la revue Capital.

Ce n’est pas mieux aux USA ! Le CEO de Charter, grande entreprise du secteur des télécoms, ose écrire aux salariés que : “travailler au bureau est plus efficace pour tous, y compris ceux qui pourraient télétravailler”.

Watching you WFHLa paranoïa des dirigeants qui ont peur de perdre le contrôle sur les activités des salariés qu’ils ne “voient pas” peut prendre des formes extrêmes : une entreprise annonce que tout ce que font leurs salariés sur leur PC est enregistré : sites Web visités, une copie d’écran toutes les dix minutes...

Education Nationale & CoronavirusOn en a eu aussi un exemple éclatant dans le monde de l’éducation nationale, quand plus de 15 millions d’apprenants ont dû basculer en mode enseignement à distance en 48 heures. Je ne mets pas en cause le dévouement et les efforts de l’immense majorité des enseignants, mais l’absence d’innovation dans les outils numériques déployés dans les écoles, lycées et universités.

J’avais abordé, il y a juste un an, ce sujet majeur dans un billet.

Dès 2014, j’avais identifié les 10 “ex bonnes pratiques” qu’il fallait abandonner et les dix NBP, Nouvelles Bonnes Pratiques, à adopter pour la période 2014-2021.

Hélas, en 2020, ces “ex bonnes pratiques” sont encore trop incrustées dans les entreprises qui n’ont pas pris le chemin de leur Transformation Numérique.

Je terminais ce billet en donnant rendez-vous en 2021 pour établir les NBP pour la décennie qui commence en 2021. A mon grand désespoir, je suis encore, en 2020, obligé de me battre pour que les NBP de 2014 soient mises en œuvre.

Sept outils innovation - Traditionnels copieDur, dur, de changer les organisations et leur SI !

J’avais aussi écrit en 2017 un autre billet qui identifiait sept signaux forts d’innovation ; ils sont plus que jamais d’actualité.

Il y a, heureusement, des entreprises qui ont pu s’adapter immédiatement aux défis posés par le confinement COVID-19.

 

Transformation Numérique réussie : meilleure résistance aux crises telles que COVID-19

Depuis plus de dix ans, dans ce blog, par mes actions de sensibilisation et missions de conseil, je pousse les organisations à réinventer leurs usages et leurs infrastructures informatiques et numériques.

Beaucoup reste à faire : en reprenant la courbe de Gauss de l’innovation que j’ai souvent utilisée, j’estime que la France est encore entre la zone “innovateurs” et “majorité initiale”.

Moins de 20 % des entreprises françaises ont basculé dans un monde “numérique prioritaire”, “Digital First” en anglais.

Gauss innovation -Etat France 2:2020

Il faut énormément de courage de la part des dirigeants et des équipes de professionnels du numérique pour aller au-delà des mots et passer à l’action ; je l’ai expliqué en détail dans ce billet au titre clair : Transformation Numérique, le courage ou la trouille.

J’ai pu échanger ces derniers jours avec les rares entreprises que je connais et qui ont entrepris depuis plusieurs années une Transformation Numérique majeure. Cela fait chaud au cœur quand un dirigeant félicite publiquement son DSI après une conférence vidéo qui a réuni plusieurs centaines de personnes et qui a fonctionné sans hiatus, car les collaborateurs étaient bien équipés et… bien préparés.

Techniquement, il n’y a rien de magique : on connaît très bien les outils et solutions à mettre en œuvre pour qu’une entreprise soit prête à affronter une crise comme celle du COVID-19.

J’ai publié en 2017 plusieurs billets qui identifiaient les technologies clés des prochaines années ; les échanges “vidéos” en faisaient bien sûr partie.

La liste qui suit n’est pas exhaustive, mais va à l’essentiel.

Basculement des infrastructures sur des Clouds publics industriels

Ceci permet de répondre aux évolutions imprévisibles de la demande des entreprises :

● Variabilité de la charge.

● Résilience.

● Fiabilité.

Même les géants du Cloud n’ont pas toujours la puissance disponible pour faire face à de fortes augmentations des usages, comme ce fut le cas pour Microsoft 365.

Bravo quand même, Microsoft, qui a su faire face, sans trop réduire les services proposés, à une augmentation de sa charge très importante, proche de 800 %. Combien d’entreprises gérant elles-mêmes leurs infrastructures en auraient été capables ?

Généralisation des accès aux applications par navigateur

Chromebooks sold out Covid-19Ceci permet à tout collaborateur, quel que soit son objet d’accès, PC Windows, Mac, smartphones, tablettes ou Chromebook, d’accéder à l’ensemble des applications de son entreprise, où qu’il soit. Les avantages des Chromebooks sont encore plus évidents dans ces périodes de crise ; j’en ai longuement parlé dans ce billet.

Ce Tweet donne une liste de produits en rupture de stock aux USA : les Chromebooks en font partie, mais, hélas, après les armes à feu !

Des usages SaaS, Software as a Service, pour toutes les fonctions support

G Suite de Google n’a connu aucune panne significative au niveau mondial depuis le début de la crise.

Des dizaines d’autres fournisseurs de solutions SaaS, tels que Workday, Coupa ou Talentsoft, ont encaissé de fortes croissances de la demande tout en garantissant un haut niveau de service.

La nouvelle vedette du logiciel, Zoom, qui permet des vidéoconférences de haute qualité avec une facilité d’usage exceptionnelle a connu une forte croissance du nombre d’entreprises qui l’ont déployé, comme le montre ce graphique. N’oublions pas que Zoom existe depuis… plus de dix ans, et avait déjà démontré la qualité de ses services.

Number new users Zoom

Autre chiffre éloquent : le nombre de nouveaux utilisateurs pendant les 3 premiers mois de 2020 est supérieur à ceux de toute l’année 2019 !

Ceci ne doit pas occulter les sérieuses zones d’ombre de Zoom, en particulier sur la sécurité et la confidentialité des échanges. Des alternatives protégeant mieux la confidentialité des données existent : parmi les meilleures, Whereby, société norvégienne et 100% compatible avec le standard WebRTC, ce qui évite toute installation sur les postes de travail.

Sécurité, confiance, confidentialité des données

Cela fait longtemps que de remarquables outils existent, qui permettent aux collaborateurs des entreprises qui ont basculé sur les clouds publics de travailler en toute confiance ; je vous renvoie à ce long billet sur ce thème.

Quelques exemples :

Zscaler help for Coronavirus● Pour accéder de chez soi aux applications de l’entreprise sans souffrir les lenteurs d’un VPN, la solution Zscaler est une excellente réponse. Une entreprise de plus de 70 000 collaborateurs a remplacé au mois de mars 2020 ses VPN catastrophiques par Zscaler.

● Les solutions de SSO, Single Sign On, qui permettent de sélectionner les applications auxquelles on peut accéder à distance en toute sécurité.

En partageant avec tous ses clients ses connaissances, Zscaler protège efficacement, immédiatement, contre les attaques “innovantes” des hackers qui utilisent les craintes liées au COVID-19.

C’est parce qu’elles avaient pris en compte les dimensions humaines, culturelles et organisationnelles, en accompagnant tous les collaborateurs dans ce voyage passionnant qu’est une Transformation Numérique que des entreprises ont pu, immédiatement, basculer dans des modes de travail distribué.

Pour les autres, il est urgent de… s’y préparer, sérieusement.

 

Se préparer, pendant les semaines qui viennent

Who leads Digital TransformationCe Tweet résume remarquablement bien la situation : Le COVID-19 sera le catalyseur principal des nombreuses Transformations Numériques qui vont démarrer pendant la deuxième moitié de l’année 2020.

L’activité économique va rester faible pour la majorité des entreprises en avril et mai 2020.

Dirigeants et responsables informatiques des entreprises qui n’ont pas encore sérieusement “numérisé” votre entreprise, je vous propose de profiter de ces deux mois pour vous mettre en ordre de bataille avant de passer à l’action.

Information et sensibilisation

Commandez immédiatement (dès qu’Amazon livrera) un exemplaire de “Dirigeants, Acteurs de la Transformation Numérique” pour chacun de vos dirigeants, pour chaque collaborateur de votre DSI et demandez-leur de le lire avant la fin du mois de mai 2020.

Ils auront acquis les bases essentielles pour préparer les étapes suivantes.

En mai ou juin, si vous pouvez organiser un séminaire, en ligne ou en présentiel, d’une journée pour, ensemble, échanger sur ces thèmes, ce sera très utile.

Travail distribué, WFH en anglais (Working From Home)

Il ne suffit pas de donner un PC portable à un collaborateur, un accès internet aux applications de l’entreprise pour que, par un coup de baguette magique, il s’adapte immédiatement à ces nouveaux modes de travail.

Lisez, faites lire les trois livres publiés par les fondateurs de Basecamp, une remarquable solution SaaS de gestion d’activités. Ils ont été, depuis le premier jour, les pionniers du travail à distance.

Rework, publié en 2010, il y a dix ans, déjà !

Remote, publié en 2013.

It doesn't have to be crazy at work, publié en 2018.

Three books Basecamp

Ces trois livres sont courts, remarquablement écrits, faciles à lire, pragmatiques et remplis d’excellents conseils que l’on peut mettre en pratique immédiatement.

Des dizaines de personnes se sont proclamées expertes en télétravail ces dernières semaines. Rien ne remplacera jamais les dix ans d’expérience de Basecamp dans ces domaines.

Ces trois livres sont redevenus des “best-sellers” depuis quelques semaines, quelle surprise !

Pour compléter ces ouvrages, les règles de communications professionnelles efficaces utilisées en interne par Basecamp sont aussi une lecture indispensable.

Créez, dès que les activités de votre organisation auront repris un rythme presque normal, un groupe de combat qui aura deux missions :

● Mettre en pratique, avant la fin de l’année 2020, de premiers éléments d’une Transformation Numérique. Ce point est détaillé dans la suite du billet.

● Définir, avant la fin de l’année 2020, la nouvelle stratégie numérique qui sera déployée à partir de 2021.

 

COVID-19, Transformation Numérique et… Frugalité Numérique

La Frugalité Numérique a pour objectif de prendre en compte les dimensions énergétiques et climatiques de toute action dans le domaine du numérique. C’est un sujet que j’ai abordé dans plusieurs billets en ce début d’année 2020.

Excellente nouvelle : j’ai démontré que les meilleures décisions concernant une Transformation Numérique réussie sont aussi… les meilleures décisions en matière de Frugalité Numérique.

Je prendrai juste un chiffre extrait de l’un de mes billets sur le sujet :

Fermer ses centres de calcul privés et basculer sur des clouds publics divise au minimum par 6 la consommation d’énergie électrique nécessaire pour exécuter toutes les applications de l’entreprise.

Je vous propose donc de faire… d’une pierre deux coups.

Une pierre deux coups Transformation  Frugalité numérique

Votre entreprise peut, en démarrant dans la deuxième moitié de l’année 2020, se fixer deux objectifs simultanés :

● Accélérer sa Transformation Numérique.

● Lancer de premières actions pour améliorer sa Frugalité Numérique.

En regroupant ces deux objectifs, ils seront plus faciles à atteindre que de manière séparée. Vous pourrez plus facilement motiver tous vos collaborateurs en mettant en évidence les bénéfices de cette double transformation, pour eux, leur entreprise et la planète.

 

Un avant, un après COVID-19, pour votre Transformation Numérique

En juin 2020, après 3 mois de confinement qui auront impacté les modes de fonctionnement de 100% des organisations, la vie économique va redémarrer, lentement.

Devant l’immensité des tâches qui attendent les entreprises après plusieurs mois d’activités réduites, face à des marchés dont on ne sait pas comment ils vont réagir, la tentation sera forte de revenir au statu quo.

Il y a deux démarches possibles, remarquablement résumées par ce double dessin :

1. Ce n’est pas le moment, c’est impossible.

2. Transformer ce défi en opportunité : rien n’est impossible.

Just do nothing  its impossible 2

Mon pronostic est clair : le monde « post COVID-19 » ne sera plus le même qu’avant la pandémie :

● Le grand public ne l’acceptera plus.

● Les collaborateurs auront de nouvelles exigences.

● Les états changeront leurs stratégies en matière d’approvisionnement, de relocalisation d’activités…

● Les clients grand public et professionnels  des entreprises seront plus exigeants et basculeront dans un monde “numérique prioritaire”.

Les entreprises n’auront pas le choix : une Transformation Numérique forte et rapide deviendra indispensable. Au lieu de subir cette mutation, dirigeants et responsables informatiques peuvent prendre les devants et transformer ce défi en opportunité.

Que c’est-il passé entre février et fin mars 2020 ?

Du jour au lendemain, les entreprises ont dû apprendre à travailler en réduisant fortement leurs modes de fonctionnement habituels :

● Disparition des réunions physiques.

● Des bureaux centraux vidés de la majorité de leurs collaborateurs.

● Sans aucune possibilité de se déplacer sur de longues distances, en avion, en train ou en voiture.

● En ne participant plus aux grands salons professionnels de leur secteur d’activité.

● Sans organiser ou participer à des formations en présentiel.

● En ne rencontrant plus physiquement leurs prospects pour présenter leurs offres.

● ….

Ce sont les activités en bleu sur le graphique ci-dessous. Le niveau de réduction de chacune de ces activités est différent : il est passé d’une base 100 en février 2020 à un taux réduit A1, probablement compris entre - 50% et - 100%.

COVID-19 : un avant  un après

Du jour au lendemain, les entreprises ont été obligées de pousser de nouveaux usages :

● Un nombre beaucoup plus élevé de salariés qui travaillent depuis chez eux.

● Une explosion du nombre d’audio et vidéo conférences.

● Travailler à plusieurs sur un même document.

● Organiser des formations “on line”. (C’est ce que m’a demandé de faire le Mastère Système d’Information de Grenoble Ecole de Management où j’interviens, pour un cours de deux journées.)

● Créer des Webinaires pour présenter leurs solutions à des prospects.

● ...

Ce sont les activités en rouge sur le graphique ci-dessus. Le niveau de croissance de chacune de ces activités est différent : il est passé d’une base 100 en février 2020 à un taux plus élevé N1, probablement compris entre + 50% et + 2 000%.

 

Transformation Numérique : actions concrètes prioritaires en 2020

Je vous propose de partir du schéma des activités qui ont baissé et monté entre février et avril 2020.

Pour chacune de ces activités, vous pouvez :

● Mesurer les niveaux de départ, base 100 à fin février 2020.

● Mesurer quel est le niveau, A1 ou N1, atteint par chaque activité, à fin mars ou fin avril.

Profitez des semaines qui viennent pour déterminer, en concertation entre toutes les parties prenantes, collaborateurs, informaticiens et dirigeants, les nouveaux niveaux, A2 ou N2, que vous souhaitez atteindre à la fin de l’année 2020 pour chacune des activités.

Fin mars 2020, le cabinet d’études 451 Research a publié les résultats d’une enquête auprès de dirigeants. J’en ai extrait le tableau suivant, qui montre quels sont les impacts permanents probables du COVID-19 sur les modes de travail. Il peut vous aider à formuler vos propres hypothèses.

451 research - COVID-19 impacts on ways of working

La démarche la plus mauvaise serait le “laissez faire” et d’attendre pour voir quel sera le nouveau point d’équilibre atteint quand l’entreprise aura retrouvé un niveau d’activité proche de la normale.

BAU, Business As Usual, n’est plus une option. Les entreprises doivent “profiter” des ruptures créées par le COVID-19 pour reprendre la main et faire des choix forts sur les nouveaux modes de travail, les nouveaux outils numériques qu’elles souhaitent mettre en œuvre avant la fin de l’année 2020.

C’est ce que j’ai appelé les “Objectifs Management” sur le schéma présenté plus haut.

J’ai construit ce tableau pour vous aider dans votre réflexion ; les chiffres qu’il contient sont donnés à titre d’exemple et ne sont pas des recommandations.

Après COVID-19 - priorités modes de travail

Chaque entreprise doit sélectionner les activités qu’elle a identifiées comme pertinentes et :

● Mesurer les valeurs en janvier 2020.

● Mesurer les valeurs en avril 2020.

● Déterminer des objectifs pour décembre 2020.

Une Transformation Numérique complète demande de repenser l’ensemble des usages numériques de l’entreprise ; elle demande plusieurs années d’efforts intenses.

L’urgence, la priorité d’ici la fin de l’année 2020 est de se concentrer sur les usages et les outils universels liés aux activités communes à la grande majorité des collaborateurs.

Cette priorité peut se résumer en une phrase simple :

Travailler, collaborer, partager et communiquer... autrement

 

Synthèse : optimisme et action

Il y aura un avant et un après COVID-19, et ils seront différents, dans toutes les entreprises.

AdS DPC Before After Sea view S 176408860

Pour préparer un “après” qui est “meilleur” pour les entreprises, leurs collaborateurs, sans oublier la planète, accélérer Transformation Numérique et Frugalité Numérique seront indispensables dès la deuxième moitié de l’année 2020.

Les outils numériques pour le faire sont tous opérationnels, fiables, économiques, prêts à être déployés immédiatement.

Vos prochaines étapes :

● Utiliser les deux mois qui viennent pour établir un plan d’action pour 2020.

● Le mettre en œuvre, dès le milieu de l’année.

Bon courage ! Faire d’un gigantesque défi mondial une opportunité, c’est encore possible !


Frugalité Numérique : Réseaux (Quatrième partie)

 

AdS DPC wireless symbol with key S 173234095Thème de ce quatrième billet sur la Frugalité Numérique : les réseaux.

Liens vers les trois billets précédents :

Premier billet : présentation générale de la thématique Frugalité Numérique.

Deuxième billet : les centres de calcul.

Troisième billet : les objets d’accès.

Trouver des informations claires et fiables sur les dimensions énergies pour les réseaux a été beaucoup plus complexe que je pouvais le penser en commençant cette étude.

Des chiffres alarmistes ont été publiés sur les consommations d’énergies liées aux usages des réseaux, et en particulier de la vidéo.

L’exemple des annonces de Greenpeace, résumé dans le graphique ci-dessous, est emblématique.

Greenpeace infographics on networks

De son côté, le « Shift project », qui réalise des études intéressantes sur les usages numériques, à publié en 2019 un rapport au titre alarmiste : “L’insoutenable usage de la vidéo en ligne”. J’y reviendrai à la fin de ce billet.

Attention : les résultats de mes analyses vont en surprendre plus d’un.

Je m’attends à des réactions fortes des “puristes” de l’écologie qui ne vont pas aimer du tout ce que j’écris et démontre dans ce billet.

 

Hypothèse : les réseaux numériques sont indispensables

Les réseaux de transport de données sont indispensables pour des usages numériques, pour les entreprises et le grand public. C’est la quatrième infrastructure clef, après l’eau, l’électricité et les réseaux de transport physique.

Comme pour toute technologie numérique, il faut clairement différencier les dimensions infrastructures et usages des réseaux. Ce billet n’analyse que la dimension infrastructures des réseaux, un billet entier sera consacré aux usages.

Les infrastructures réseaux, comme les voies ferrées pour la SNCF, représentent des investissements à long terme très élevés. Leur consommation d’énergie est peu impactée par les usages. Une fibre optique, une borne WiFi, qu’elles soient au repos ou qu’elles transportent des vidéos, consomment à peu près autant d’énergie.

Dans le domaine des réseaux haut débit sans fil 4G et 5G, tous les opérateurs travaillent sur des méthodes d’optimisation de ces réseaux pour que le coût énergétique du bit transmis soit le plus faible possible et optimisé en fonction de la charge.

De très nombreux articles scientifiques sont publiés en ce moment sur ces sujets et proposent des méthodes d’optimisation à fort potentiel.

GSMA network energy optimisationVoici quelques liens vers ces études, souvent très techniques et à fort contenu mathématique :

Les entreprises utilisatrices de ces réseaux n’ont pas vraiment leur mot à dire sur ces sujets ; elles peuvent simplement espérer que les opérateurs feront de leur mieux pour continuer à améliorer la performance énergétique des réseaux qu’ils proposent.

 

Réseaux : infrastructures

Pour la majorité de leurs composants, les infrastructures réseau ne sont pas déployées par les entreprises ou les particuliers, mais par des acteurs industriels, opérateurs télécoms en priorité.

Ce schéma de base présente les grands composants d’une architecture de réseaux numériques.

Frugalité Numérique - Schéma principe réseaux

Les réseaux vont chercher les données dans des centres de calcul d’entreprises et des clouds publics. J’ai traité ce sujet dans la deuxième partie de ces billets.

Le transport longue distance (WAN, Wide Area Network) et moyenne distance (MAN, Metropolitan Area Network) est réalisé par des fibres optiques, très peu consommatrices d’énergie. Les fibres modernes nécessitent un répéteur d’amplification du signal tous les 100 km. Le nouveau câble sous-marin entre les Etats-Unis et la France, Dunant, financé à 100% par Google, opérationnel en 2020 aura une capacité de 250 Terabit/s, permettant le transport simultané de plus de 100 millions de vidéos haute définition.

Pour la distribution de proximité (dernier km ou “last mile”) les deux principales options sont la fibre optique et les réseaux haut débit sans fil, 4G et bientôt 5G.

Dans ses locaux, l’entreprise est responsable de l’installation des réseaux numériques. En 2020, le sans-fil est dominant : WiFi, souvent complété par des petites antennes (FemtoCell ou PicoCell) qui sont des relais 4G et 5G pour assurer une meilleure couverture.

Les contenus numériques sont “consommés” par des objets d’accès, que j’ai étudié dans la troisième partie de ces billets.

 

Réseaux sans-fil dans les entreprises : quelle consommation d’énergie

Dans ce domaine des réseaux LAN (Local Area Network), les chiffres sont raisonnablement bien connus, pour le WiFi et les réseaux 4G et 5G.

Puissance maxi WiFi 2  4 et 5 MhzLes réseaux WiFi utilisent deux bandes de fréquences, 2,4 GHz et 5 GHz. En France la puissance maximale d’émission est limitée à :

  • 100 mW dans la bande 2,4 GHz, en intérieur et en extérieur.
  • 200 mW dans la bande 5 GHz, en intérieur. L’expression “PIRE” utilisée dans le tableau ci-dessous signifie : “Puissance Isotrope Rayonnée Equivalente”. Ils auraient pu choisir un acronyme plus sympathique !

Selon leur puissance et leurs performances, les bornes WiFi consomment entre 5 et 20 watts ; je vais utiliser comme valeur moyenne 10 watts, l’équivalent d’une ampoule basse consommation. En faisant l’hypothèse qu’une borne WiFi dans une entreprise permet à une dizaine de personnes de se connecter, on arrive à 1 Wh par personne de puissance électrique pour permettre des communications à très haut débit.

Les chiffres sont similaires pour les FemtoCell ou PicoCell : elles consomment entre 7 et 15 watts, 10 watts en moyenne.

En résumé : une entreprise peut fournir un double accès très haut débit, WiFi et 4G/5G par FemtoCell, à chaque collaborateur pour une consommation d’énergie de 2 watts par heure. Ceci représente la consommation fixe permanente, indépendamment du fait que le réseau soit utilisé ou pas.

 

Impacts positifs de l’amélioration des performances techniques : WiFi et 5G

Le WiFi est une technologie jeune, du début des années 2000. La première version, WiFi 1, avait une vitesse maximale de 11 Mb/s. En 2020, les bornes WiFi 6, disponibles depuis plus d’un an, permettent une vitesse maximale de 20 Gb/s.

Cette amélioration d’un rapport 2 000 dans la vitesse de transmission, donc dans la capacité de transporter plus de bits, c’est faite à… consommation énergétique stable, la puissance nécessaire pour alimenter une borne WiFi restant de l’ordre de 10 watts. La puissance d’émission est toujours limitée à 100 ou 200 mW.

Ceci à une conséquence majeure, positive, et trop souvent oubliée par les organisations et personnes qui se plaignent de l’augmentation de la demande de bande passante liée à une meilleure qualité des images, photos et vidéos.

En 20 ans, le coût énergétique de transmission en WiFi d’un bit

a été divisé par 2 000 !

Oui, le volume de données transmises augmente vite. Une étude de Cisco montre que le volume de données à transmettre sera multiplié par 3 entre 2017 et 2022. 70% de ces données seront transmises en sans fil, dont 51% en WiFi. C’est beaucoup, oui, mais c’est moins que l’amélioration des performances des réseaux WiFi !

Cisco VNI 2017 2022 Wifi 4G

On retrouve aussi cette croissance exponentielle des débits dans les réseaux mobiles. En 2020, la 5G a une vitesse théorique de 10 Gb/s en débit descendant, 10 000 fois plus que le débit théorique de 1 Mb/s de la 3G des années 2005.

Résumons :

  • Réseaux WiFi : débit multiplié par 2 000 en 20 ans.
  • Réseaux sans fil : débit multiplié par 10 000 en 15 ans.
  • Augmentation de la demande de bande passante : 3 fois plus en 5 ans.

Les performances des fibres optiques sont elles aussi en croissance exponentielle. La nouvelle fibre Equinao, qui relie le Portugal à l’Afrique du Sud, financée par Google, a une capacité… 20 fois supérieure à celle de toutes les fibres existantes sur ce même parcours ! Dans les réseaux WAN et MAN, les performances vont aussi augmenter plus vite que la demande.

Ces améliorations exponentielles des vitesses de tous les réseaux, LAN, MAN et WAN vont continuer pendant longtemps. C’est une très bonne nouvelle pour la planète :

La capacité des réseaux va augmenter plus vite que la demande

et le coût énergétique des réseaux va rester stable =

 plus de données transmises à énergie constante.

Pour compléter cette analyse avec d’autres bonnes nouvelles, j’ai choisi de comparer l’usage d’une borne WiFi et d’un four à micro-ondes, qui fonctionnent tous les deux sur la même fréquence de 2,4 GHz. Les résultats sont “intéressants”.

Energie usages : WiFi vs Microonde

  • En fonctionnement, un micro-ondes consomme environ 1 000 W, une borne WiFi, 100 mW, soit 10 000 fois moins : 1 minute de micro-ondes = 166 heures de WiFi.
  • En organisant 2 heures de vidéoconférences par jour, 200 jours par an, l’énergie utilisée est équivalente à 2,5 minutes de micro-onde… par an !
  • En mode veille, un micro-ondes consomme 26 kW par an, une borne WiFi 88 kW.

Ces chiffres montrent que les coûts énergétiques des réseaux sans fil pour des usages numériques dans les entreprises sont très bas, comparés à toutes les autres consommations d’énergie liées à l’éclairage, au chauffage ou à la climatisation.

In Memoriam : réseaux filaires en entreprise

Je n’ai pas évoqué les réseaux filaires historiques, téléphoniques ou Ethernet, qui ont été très longtemps dominants dans les entreprises. De plus en plus d’entreprises, telles que Veolia ou Sanofi, profitent d’un déménagement pour les supprimer. C’est une excellente démarche pour réduire les consommations d’énergie qui étaient liées aux téléphones IP et aux centraux téléphoniques.

 

Coûts énergétiques des réseaux de transport CDN, MAN et WAN

Quel est le coût de transport des données entre les centres de calcul où elles sont stockées et les bornes WiFi des entreprises, la partie “CDN” du schéma présenté au début de ce billet ?

Les données générales sur ce sujet sont difficiles à obtenir et c’est compréhensible, au vu de la variété et du nombre d’acteurs.

J’ai choisi d’utiliser le cas de l’un des plus grands transporteurs de contenus numériques au monde, Netflix. Pourquoi ? Les données publiées par Netflix permettent de faire des calculs précis et sérieux.

 

Exemple chiffré : Netflix

Netflix logoNetflix publie tous les ans des chiffres détaillés sur ses abonnés et sur ses consommations d’énergie électrique.
N’oublions pas que Netflix est considéré par beaucoup d’organisations militantes pour le climat comme un “grand méchant” pollueur, à l’origine d’usages immodérés des réseaux.

Le document de référence que je vais utiliser pour ces calculs est leur “Environmental Social Governance Report” pour 2019.

Netflix, un bon élève pour la Frugalité Numérique !

Netflix utilise des algorithmes propriétaires de compression des flux vidéos qui réduisent dans un rapport trois les volumes de données transmis. Quand on sait que Netflix représente environ 15% des flux vidéos mondiaux, c’est une économie majeure. Bravo, Netflix.

Netflix a été l’une des premières grandes entreprises d’Internet à basculer sur le cloud d’Amazon, AWS : en 2012, 95% de ses usages étaient déjà sur AWS. Aujourd’hui, Netflix utilise AWS et GCP de Google pour 100% de ses usages numériques. Dans mon billet qui analyse les centres de calcul, j’ai montré que Google et Amazon étaient les meilleurs élèves de la classe et géraient mieux que quiconque leurs centres de calcul. En 2019, Google était à 100% en énergies renouvelables et AWS à environ 50%.

AdS DPC Solar and wind energy S 44797039Netflix évalue à 357 000 MWh sa consommation d’énergie pour ses infrastructures externalisées et la compense à 100% avec des certificats régionaux d’énergies renouvelables. Si je comprends bien, Netflix compense à 100% des énergies qui sont déjà 100% renouvelables. Concrètement, plus on utilise Netflix qui compense à près de 200%, meilleur c’est pour le climat !

Bravo, Netflix pour ces choix d’infrastructures, bons pour la planète.

Netflix utilise ses propres infrastructures pour le transport des flux, dans la partie CDN, Content Distribution Network. La consommation d’énergie de Netflix pour ses usages internes et pour ses CDN a été de 94 000 MWh en 2019. Netflix compense aussi à 100% en crédits d’énergies renouvelables ses dépenses énergétiques CDN. Bravo, Netflix.

Dans mes calculs, je fait l’hypothèse que 100% de cette consommation d’énergie est liée à ses activités CDN, et donc la majorer, ne connaissant pas la part relative à leurs usages internes tels que gestion de leurs bureaux.

Les chiffres pour 2018 sont de 194 000 MWh pour les centres de calcul et de 51 000 MWh pour la partie CDN.

Une étude, réalisée pour l’année 2018 par un organisme d’analyse des consommations de vidéos par les personnes, donne les chiffres suivants, pour Netflix :

  • Nombre d’abonnés dans le monde : 140 millions.
  • Temps moyen d’utilisation de Netflix : 71 minutes par jour.
  • Nombre d’heures Netflix visionnées par jour : 165 millions.

Tous ces chiffres me permettent de calculer le coût énergétique CDN d’une heure de vidéo Netflix, résumé dans le tableau ci-dessous, en utilisant les chiffres de 2018.

Netflix Energie CDN et Data Center

J’ai refait plusieurs fois les calculs, tant les résultats m’ont surpris : 1 heure de vidéo transportée par Netflix consomme 0,84 Wh. Pour simplifier, je vais arrondir à 1 Wh.

1 heure de vidéo Netflix transportée par Internet = 1 Wh

Permettez-moi maintenant de revenir sur les chiffres de Greenpeace que j’avais cités au début de ce billet. On y trouve la phrase suivante :

“Il faut plus d’énergie pour diffuser une vidéo HD en streaming depuis le Cloud que pour fabriquer et expédier un DVD”

J’ai cherché, sans succès, leurs sources ; je vous ai donné les miennes. Mes calculs correspondent exactement à ce qu’ils nomment le “streaming depuis le Cloud”.

Qui croire ?

Je ne connais pas le coût énergétique complet de fabrication d’un DVD, de l’extraction des matériaux nécessaires à sa fabrication, des matériaux nécessaires à son emballage, de son transport depuis un pays asiatique, de sa mise à disposition dans un point de vente en France, de son transport chez le client final et de l’énergie consommée par le lecteur de DVD pour transmettre les données sur une télévision, un PC ou un smartphone. Je suis par contre certain que c’est… sensiblement plus élevé que le 1 Wh de son streaming depuis le Cloud !

En prenant comme hypothèse très basse que toutes ces actions consomment au minimum 1 kWh, on arrive à la conclusion “intéressante” suivante :

Visualiser une heure de vidéo depuis Internet est

1 000 fois moins consommateur d’énergie que d’acheter un DVD !

 

Retour sur le document vidéo en ligne du Shift Project

Dans l’introduction de ce billet, j’ai cité le document du Shift project de 2019 qui alertait sur les risques que faisait peser sur la planète la croissance des flux vidéos.


Shift Project répartition vidéosCe long document de 38 pages contient beaucoup d’informations intéressantes :

  • Oui, la vidéo représente près de 80% des flux de données.
  • Oui, sa répartition par familles d’usages pose des questions de société, par exemple le volume important des flux pornographiques.
  • Oui, il insiste sur les usages et leurs dimensions sociales, humaines et politiques.

Par contre, certaines recommandations de ce rapport me semblent peu pertinentes, car elles mélangent les dimensions usages, dominantes, et infrastructures, pas assez étudiées à mon avis.

Ce document ne prend pas en compte la croissance exponentielle des performances des réseaux, plus rapide que les volumes des données à transmettre.

Exemple de recommandation peu pertinente : demander aux utilisateurs de visualiser une vidéo avec une définition minimale n’a aucun impact sur la consommation d’énergie, comme je l’ai montré dans mon analyse. Sur une borne WiFi qui n’est pratiquement jamais saturée, diffuser en basse définition ou en 4K n’a aucun impact sur la consommation d’énergie de cette borne.

Tenir des discours alarmistes, faire du “numérique bashing”, ce sont de très mauvaises idées qui rendent un mauvais service à la planète. Si l’on souhaite que les dirigeants, les DSI et les collaborateurs des entreprises prennent des décisions efficaces pour améliorer la Frugalité Numérique de leur entreprise, il est essentiel de tenir un discours rationnel et factuel, pour leur permettre de déclencher des actions qui auront des impacts concrets et rapides.

 

Synthèse sur les consommations énergétiques des infrastructures réseau

J’ai passé beaucoup de temps à chercher des données fiables, à faire des calculs clairs correspondant à l’ensemble des étapes du transport de données par des réseaux numériques, depuis les centres de calcul jusqu’à leur arrivée sur les objets d’accès.

  • Les dépenses énergétiques LAN et MAN/WAN sont identiques, 1Wh.
  • Sur le réseau LAN, on utilise l’une des deux technologies, WiFi et 4G/5G.

En résumé :

1 heure de vidéo transmise d’un centre de calcul

à un objet d’accès consomme 2 Wh.

J’ai été surpris par ces résultats ! L’important est qu’ils sont très encourageants pour l’avenir du numérique dans les entreprises.

Ils sont résumés en enrichissant l’un des premiers schémas de ce billet.

Frugalité Numérique - réseaux - 1 heure vidéo

Je vous propose de terminer ce billet par un message fort et positif :

Un usage numérique qui apporte de la valeur à une entreprise

ne doit jamais être freiné par l’idée que la consommation de réseaux

qu’il induit est mauvaise pour la planète.

 


Frugalité Numérique : objets d’accès. (Troisième partie)

 

AdS DPC Objets d'accès PC  tablette smartphone S 106566518Ce troisième billet sur le thème de la Frugalité Numérique traite des objets d’accès, PC, smartphones, tablettes ou chromebooks utilisés par les collaborateurs d’une entreprise pour accéder à leurs usages numériques.

Premier billet : présentation générale de la thématique Frugalité Numérique.

Deuxième billet : les centres de calcul.

Dans le tableau de répartition des responsabilités entre les six domaines d’actions et les différents acteurs présenté à la fin du premier billet, j’ai indiqué que les deux populations clefs pour les objets d’accès étaient les collaborateurs et la DSI. L’objet d’accès est en effet le seul composant d’infrastructure qu’un collaborateur “touche” ; réseaux sans fil et serveurs sont des composants virtuels pour lui. Ces deux populations seront au centre des décisions concernant les objets d’accès.

 

Objets d’accès : dimensions énergétiques et matérielles

Un smartphone, une tablette, un PC portable Windows ou un Chromebook demandent de l’énergie pour être fabriqués et consomment de l’énergie pendant leur utilisation. Posez autour de vous la question suivante :

Si vous utilisez votre smartphone pendant 3 ans, quel est le pourcentage d’énergie utilisée pour sa fabrication par rapport à son usage ?

Vous constaterez que peu de personnes se sont spontanément posées la question et leurs réponses seront très variées.

Plusieurs études fournissent des réponses, différentes, à cette question. J’ai choisi de vous présenter les résultats de celle réalisée par l’European Environmental Bureau (EEB) ; elle est complète, sérieuse et donne des chiffres pour les smartphones et les PC portables dans l’Union Européenne.

PC portables

Les résultats de l’étude EEB sont résumés dans le tableau ci-dessous.

EBB Notebook energy numbers

Les chiffres clefs :

  • Avec comme hypothèse que la durée de vie utile d’un PC portable est de 4,5 années, il consomme autant d’énergie pour sa fabrication, 50%, que pour son utilisation.
  • Le parc installé en Europe, de l’ordre de 150 millions, génère environ 13 millions de tonnes de CO2 par an.

Smartphones

Cette même étude donne les chiffres suivants pour les smartphones :

EBB smartphones energy numbers

  • Dans ce cas, l’hypothèse de la durée de vie est de 3 ans : la fabrication d’un smartphone consomme 3 fois plus d’énergie que son usage !
  • Le parc installé en Europe, de 630 millions de smartphones, émet 14 millions de tonnes de CO2 par an, à peu près autant que les PC portables. Comme il y a 4 fois plus de smartphones que de PC, ceci signifie qu’un smartphone est 4 fois moins polluant, en CO2, qu’un PC portable.

Un axe d’action recommandé par EBB est d’augmenter la durée de vie d’un smartphone. Si l’on passe de 3 ans à 4 ans, ce qui n’est pas déraisonnable, leurs calculs montrent que l’impact est significatif : La réduction de l’émission de CO2 correspond à celle d’un million de voitures.

EEB Frugalité - augmenter durée vie smartphones

Individuellement, PCs et smartphones émettent peu de CO2 ; collectivement, ils sont des producteurs importants de CO2.

Augmenter la durée de vie utile de ces objets d’accès est un moyen efficace de réduire leurs impacts sur la planète : ceci pose la double question de leur réparabilité et de leur obsolescence.

 

Objets d’accès : réparabilité et Frugalité Numérique

L’immense majorité des anciens téléphones portables, non-smartphones, Nokia, Motorola… permettaient l’échange immédiat des batteries. C’est devenu rare sur les smartphones actuels.

Le cas des batteries est un exemple parmi d’autres de la difficulté croissante de réparation des smartphones et PC modernes.

En 2019, j’ai eu deux expériences “inacceptables” dans ce domaine :

  • Batterie remplacement MacBook airLa batterie de mon ordinateur de secours, un Apple Macbook Air de 6 ans, a rendu l’âme. Le point de vente Apple où je suis allé pour la remplacer m’a dit : « votre ordinateur a plus de 5 ans, nous n’avons donc pas de batteries de rechange ». Leur proposition “frugale” était de le reprendre pour 50 € si j’achetais un nouvel ordinateur. Changer d’ordinateur parce que la batterie est morte, c’est comme changer de voiture parce que les pneus sont usés ! Une recherche rapide sur Amazon m’a permis de trouver une batterie compatible, à moins de 50 €, livrée avec les tournevis permettant de démonter les vis “propriétaires” d’Apple. Il faudra un jour qu’Apple m’explique quelle est la valeur ajoutée pour les clients d’avoir inventé des vis différentes du reste du monde !
  • La même mésaventure m’est arrivée avec une montre Motorola. Après seulement 3 ans de vie, la batterie est morte et Motorola m’a écrit : “nous avons arrêté de fabriquer des montres et donc de les réparer” ! Les fournisseurs automobiles sont obligés de proposer des pièces de rechange pendant un minimum de 10 années après l’arrêt de fabrication d’un modèle. Il est urgent qu’une loi du même type soit promulguée en Europe. La batterie de rechange pour cette montre existe sur Amazon, à moins de 20 € !

Motorola montre 360 batterie

Honte à ces deux entreprises, Apple et Motorola, filiale du chinois Lenovo, pour leur absence totale de considération pour la réparabilité de leurs produits. Avant de leur acheter un nouvel objet d’accès, demandez une réponse écrite à la question : pendant combien d’années garantissez-vous la réparabilité de vos produits ?

Une entreprise peut exiger que les objets d’accès qu’elle achète, smartphones, PC portables ou tablettes soient facilement réparables ; c’est essentiel quand elle a comme objectif d’en augmenter la durée de vie utile.

La société américaine Ifixit est spécialisée dans l’analyse de la réparabilité des objets numériques. A chaque sortie d’un nouvel appareil, elle en achète un exemplaire, le démonte et lui donne une note de réparabilité comprise entre 0, impossible à réparer et 10 si c’est très facile.

Dans le tableau ci-dessous, j’ai choisi six exemples emblématiques d’objets d’accès sortis en 2019, représentant les deux extrêmes de la notation : PC portables, tablettes et smartphones.

IFIXIT Score 2019 best worst smartphone tablet PC

  • PCs portables : note 1/10 pour Macbook pro, 10/10 pour HP Elite book.
  • Tablettes : note 2/10 pour iPad 7, 9/10 pour HP Elite.
  • Smartphones : note 2/10 pour Samsung Fold (à la fiabilité “faible”) et 10/10 pour Fairphone 3.

 

Un bon exemple de réparabilité : le smartphone Fairphone 3

Fairphone 3 components + IFIXIT noteUne jeune société des Pays-Bas, Fairphone, propose des smartphones Android qui ont été pensés, dès le premier jour, pour être le plus faciles possible à réparer. Ce sont les seuls smartphones au monde à avoir obtenu la note de 10/10 chez Ifixit.

Leur modèle le plus récent, Fairphone 3, est un smartphone aux performances raisonnables, vendu 450 €. Sur leur site, le prix des principaux composants est affiché :

Fairphone spare parts prices

  • Batterie : 29,95 €
  • Ecran : 89,95 €
  • Caméras : 49,95 €

Tout est prévu pour que le remplacement soit réalisable par les équipes internes d’une entreprise sans avoir besoin de renvoyer le Fairphone 3 au fournisseur.

Des entreprises avec qui je collabore ont acheté quelques exemplaires de Fairphone 3 pour les tester avant de les recommander ; c’est une démarche pragmatique que je propose de généraliser dans toutes les entreprises.

Si, comme je l’espère, le nombre d’entreprises qui s’équipent de Fairphone 3 augmente, je suis persuadé que d’autres fournisseurs entendront le message et feront les efforts nécessaires pour proposer de nouveaux modèles plus faciles à réparer.

Vous souhaitez augmenter au maximum raisonnable la durée de vie utile de tous vos objets d’accès : si la réponse est oui, je vous propose de prendre une décision simple et radicale :

Interdiction totale d’acheter un objet d’accès

qui a un score Ifixit inférieur à 6

Ceci va faciliter vos processus d’achat et de sélection, en réduisant fortement le nombre d’objets d’accès qui répondent à ce critère éliminatoire.

Aurez-vous le… courage de prendre cette décision ?

 

Objets d’accès : obsolescence et Frugalité Numérique


Le marché mondial des objets d’accès est stabilisé depuis quelques années. Pour la période 2020 - 2022, le Gartner Group confirme cette tendance, comme le montre ce tableau. Chaque année, plus de 2 100 millions d’objets numériques d’accès seront vendus, un chiffre élevé, rapporté à la population mondiale d’un peu plus de 7 700 millions de personnes.

Worldwide devices shipments Gartner 2020 - 2022

Dans une logique de Frugalité Numérique, c’est une bonne nouvelle ; les entreprises peuvent espérer une raisonnable stabilité de l’offre et de la demande d’objets d’accès.

Anticiper les évolutions technologiques pour réduire l’obsolescence

Une voiture bien entretenue avait une durée de vie utile supérieure à 10 ans. C’est de moins en moins vrai au vu des ruptures technologiques majeures qui secouent l’industrie automobile, électricité et conduite autonome. Il faut aujourd’hui se poser la question de la pertinence d’un achat d’un véhicule 100% thermique et anticiper les évolutions des offres et de la demande.

Les mêmes questions se posent aux responsables des choix et des achats d’objets d’accès dans les entreprises.

AdS DPC Anticipate S 180296971Si je souhaite que l’objet d’accès acheté aujourd’hui ait une durée de vie maximale, il est indispensable d’anticiper les évolutions techniques qui pourraient le rendre obsolète alors qu’il continuerait à bien fonctionner.

Voici, à titre d’exemples, quelques questions qu’il faut se poser :

  • Les réseaux 5G sont annoncés : à quelle date, en 2020, 2021 ou 2022, faudra-t-il exiger qu’un modem 5G soit disponible sur un smartphone.
  • La version 6 du WiFi est disponible : quand les nouvelles bornes déployées dans les bureaux devront-elles être en version 6 ? Quand mettre dans les appels d’offres de PC portables que la compatibilité WiFi 6 est obligatoire ?
  • Les Chromebooks deviennent des alternatives crédibles aux PC portables Windows. Ils sont maintenant capables d’exécuter toutes les applications Android. Conséquence : acheter un Chromebook qui n’a pas d’écran tactile est une erreur.
  • Installer des cartes SIM 4G et 5G sur des PC portables et des tablettes devient possible. Faut-il en faire une priorité ou est-ce que l’utilisation d’un smartphone comme routeur est suffisante ?
  • Faut-il fixer des capacités minimales pour les mémoires, les processeurs, les capacités des capteurs photographiques, la taille des écrans... ? Si oui, lesquelles ?
  • ...

Pour aider dans ces décisions, une entreprise peut se fixer une durée de vie minimale pour chaque famille d’objets d’accès.

Je vous propose d’utiliser comme minima les chiffres suivants :

  • Smartphones : 4 années.
  • PC portables : 6 années. Google garantit maintenant qu’un Chromebook pourra être mis à jour pendant un minimum de 8 années.
  • Tablettes : 5 années.

 

Objets d’accès : une nouvelle collaboration entre DSI et collaborateurs

En privilégiant la réparabilité et une durée de vie technique allongée, les entreprises peuvent augmenter la durée de vie utile de tous les objets d’accès. C’est en agissant sur ces deux dimensions que l’entreprise peut améliorer sa Frugalité Numérique pour les objets d’accès.

Les dimensions techniques réglées, reste le plus difficile : mettre en œuvre les changements humains et organisationnels qui permettent d’en tirer parti.

Une nouvelle démarche est nécessaire : je l’ai nommée :

OAaaS : Objet d’Accès as a Service

Le schéma ci-dessous résume les principes de la démarche OAaaS.

OAaaS - Frugalité Numérique

Les principes en sont simples, la mise en œuvre, beaucoup moins !

L’idée forte est la suivante : il faut réduire la dimension “personnelle” des objets d’accès et les banaliser.

Pour assurer le succès de cette démarche, la DSI et les collaborateurs devront travailler avec de nouvelles responsabilités mutuelles.

 

Objets d’accès : responsabilités des collaborateurs

Pour accéder à mes applications professionnelles, j’ai besoin d’objets d’accès. La démarche proposée permet à chaque collaborateur de choisir le ou les objets dont il a besoin, à un instant donné, pour des activités qui peuvent changer selon les lieux ou les conditions de travail.

En prenant comme exemple les voitures de services, je peux demander un 4x4 pour mener une inspection dans une région de montagne et une petite voiture facile à garer si je dois rencontrer un client dans une grande ville.

Google Fi pricingAvec beaucoup de pragmatisme, je vais demander aux équipes de la DSI de m’équiper en fonction de mes besoins spécifiques, et changeants :

  • Pour mes usages permanents “normaux”, je considère qu’un Chromebook tactile de 13 pouces est l’objet d’accès le mieux adapté, complété par un smartphone Android milieu de gamme.
  • Je pars pour une tournée internationale dans quatre pays différents pendant 10 jours : je vais souhaiter partir avec deux ordinateurs portables pour éviter des problèmes en cas de vol ou de casse. Je demanderai aussi un téléphone “Google Fi”, acheté aux USA, qui permet un roaming international à coût raisonnable dans 200 pays.
  • Je vais travailler pendant 48 heures dans une zone avec des risques d’explosion, comme une raffinerie de pétrole : je vais demander une tablette “ATEX”, anti-explosion.

Ces règles d’attribution d’objets d’accès aux collaborateurs ont pour objectif principal d’optimiser, et les usages et le parc installé. Il ne s’agit pas de changer pour changer, mais il faut casser le principe actuel de l’attribution “définitive” d’un objet d’accès à un collaborateur.

Pour fonctionner, la démarche OAaaS s’appuie sur des principes simples et peu nombreux :

  • Le nombre, la nature et la puissance des objets d’accès utilisés par un collaborateur ne sont pas liés à son niveau hiérarchique ou à la direction où il travaille. Les dirigeants sont rarement les personnes qui ont le plus besoin d’outils puissants !
  • Les objets d’accès sont affectés aux collaborateurs selon leurs besoins professionnels à un moment donné.
  • Un collaborateur dont le métier ou les besoins numériques évoluent se verra proposer des objets d’accès différents, si nécessaire.
  • Quand un collaborateur a besoin d’un objet d’accès spécialisé pour une mission de quelques jours, il fait une demande à la DSI, qui lui remettra ceux qui correspondent le mieux à sa demande.

Pour répondre à ces nouveaux modes de “consommation” d’objets d’accès, les équipes de la DSI doivent, elles aussi, changer leurs modes de fonctionnement.

 

Objets d’accès : responsabilités de la DSI

La DSI devient gestionnaire d’un parc d’objets d’accès, mis au service de tous les collaborateurs de l’entreprise. Toutes les “bonnes pratiques” d’une gestion de parcs, automobile par exemple, peuvent être reprises pour cette gestion d’objets d’accès.

  • La priorité reste bien sûr d’offrir le meilleur service possible aux collaborateur:
    • Une variété suffisante : tailles d’écrans, puissance.
    • La capacité de répondre à des demandes ponctuelles, pour des objets d’accès spécialisés.
    • La mise à disposition d’objets d’accès performants, modernes et durables.
  • La DSI propose une variété raisonnable d’objets d’accès à son catalogue, pour couvrir l’essentiel des attentes des collaborateurs de l’entreprise :
    • Caractéristiques techniques : puissance, poids, taille, mémoire...
    • PCs, Smartphones, Tablettes et Chromebooks.
    •  …

Parc Objets accès - smartphones PC Tablettes

  • La DSI optimise le parc d’objets d’accès en privilégiant la réparabilité et la durée de vie utile, comme on l’a vu plus haut. Lorsque les parcs sont importants, il peut être envisagé de disposer d’un atelier interne pour les réparations de base et accélérer les remises en service.
  • La rotation des objets d’accès devient une pratique courante : tout objet d’accès qui est retourné à la DSI peut être réalloué à une autre personne.
  • Pour les objets d’accès en fin de vie utile, le recyclage fait partie des priorités.

 

Objets d’accès : usages professionnels et personnels

Pour améliorer leur Frugalité Numérique, les entreprises doivent se poser la question des usages professionnels et personnels des objets d’accès.

Comme on l’a vu plus haut, la part de l’énergie nécessaire pour fabriquer un smartphone ou un PC portable est importante.

C’est encore plus vrai pour la consommation des matériaux, souvent rares, utilisés pour leur fabrication.

La majorité des PC portables, chromebooks, tablettes ou smartphones peuvent être utilisés pour des usages professionnels et personnels.

Il est aujourd’hui possible de séparer efficacement, sur un même objet d’accès, les usages personnels et professionnels en déployant des solutions EMM (Enterprise Mobile Management) dont c’est l’une des fonctions essentielles.

Ceci permet de répondre aux inquiétudes sur la confidentialité des données et des usages, la sécurité des contenus professionnels, les risques de “surveillance” des collaborateurs et autres “alibis” utilisés pour maintenir le statu quo.

Si les collaborateurs et la DSI acceptent d’utiliser les mêmes objets d’accès pour tous les usages, les impacts énergétiques sont faciles à mesurer :

  • Sur 4 années, utiliser un seul smartphone au lieu de deux réduit de 37% la consommation d’énergie électrique. Le calcul est simple :
    • 2 smartphones : 75% x 2 pour production et 25% x 2 pour usages = 200.
    • 1 seul smartphone : 75% x 1 et 25% x 2 = 125.
  • Sur 5 années, utiliser un seul PC portable au lieu de deux réduit de 25% la consommation d’énergie électrique, selon un calcul similaire :
    • 2 PC portables : 50% x 2 pour production et 50% x 2 pour usages = 200.
    • 1 seul PC portable : 50% x 1 et 50% x 2 = 150.

Partage Laptop Smartphone perso - professionnel

Les impacts sur la consommation de matières premières rares sont évidents ! Utiliser un seul smartphone, un seul PC portable divise par deux cette consommation.

Deux démarches différentes permettent de partager un seul objet d’accès pour ses usages personnels et professionnels :

  • BYOD : Bring Your Own Device : un collaborateur utilise un objet d’accès personnel pour ses usages professionnels.
  • COPE : Company Owned, Personally Enabled : un collaborateur utilise un objet d’accès fourni par entreprise pour ses usages personnels.

BYOD et COPE peuvent s’appliquer à des PC portables, des tablettes ou des smartphones.

Ces démarches BYOD et COPE sont beaucoup moins fréquentes que je pouvais l’espérer il y a quelques années : des réticences fortes sont venues des deux côtés, utilisateurs et DSI.

Expliquer aux collaborateurs et aux DSI que ces démarches ont des impacts forts et immédiats sur la consommation d’énergie et l’usage de ressources rares peut leur redonner un fort regain d’intérêt. Ce serait une bonne nouvelle de plus pour la planète !

 

Indicateurs de performance (KPI) Frugalité Numérique pour parc d’objets d’accès

Pour suivre les progrès réalisés dans une démarche Frugalité Numérique, la DSI peut choisir un petit nombre d’indicateurs de performances (KPI) dédiés. Il est important de ne pas mélanger ces KPIs avec ceux, plus traditionnels, utilisés pour le suivi financier des objets d’accès.

Je vous propose une première liste de KPIs pertinents pour suivre les progrès de la Frugalité Numérique dans sa dimension Objets d’Accès :

  • Age moyen du parc.
  • Age moyen des objets retirés.
  • Pourcentage des objets réparés et remis en circulation.
  • Pourcentage d’objets en BYOD.
  • Pourcentage d’objets en COPE.

KPI gestion Parc Objets accès

Ces KPIs, suivis mensuellement, sont calculés pour chaque famille d’objets d’accès, PC, Smartphones, Chromebooks et Tablettes.

 

Synthèse

Win Win Frugalité Entreprise planèteLes objets d’accès sont l’une des composantes les plus efficaces des outils numériques pour sensibiliser rapidement une entreprise aux potentiels de la Frugalité Numérique.

Chaque collaborateur est concerné, chaque collaborateur peut mesurer l’impact de ses décisions individuelles, telles que BYOD ou COPE, prises en accord avec celles de l’entreprise.

C’est aussi un moyen efficace pour donner plus de visibilité à la DSI qui, en soutien des collaborateurs, va montrer qu’elle participe activement à l’amélioration de la Frugalité Numérique, au service de la planète.

Obtenir rapidement des résultats significatifs, mesurables, et qui parlent à tout le monde en privilégiant une démarche innovante de gestion des objets d’accès, c’est un bon exemple d’un projet “gagnant - gagnant “.

 

Quatrième partie : les réseaux


Frugalité Numérique : centres de calcul (Deuxième partie)

 

AdS DPC Data Center horizontal cloud S 34080396J’ai commencé l’année 2020 par le premier d’une longue série de billets sur la Frugalité Numérique.

J’aborde aujourd’hui l’un des six domaines d’action que j’y ai identifié, les centres de calcul, Data Center en anglais.

Commencer par les centres de calcul n’est pas anodin ; c’est trop souvent sur eux que se concentre la vindicte des écologistes mal informés, qui les accusent d’être de grands méchants consommateurs d’énergie.

Ce billet démontre que faire des choix “frugaux” pour ses centres de calcul est l’une des décisions les plus positives pour la planète que peuvent prendre les entreprises, avec des impacts forts et immédiats.

 

Les centres de calcul dans le monde

La demande d’usages numériques augmente dans le monde, que ce soit pour le grand public ou pour les entreprises : ceci induit une croissance de la puissance de calcul et des volumes de données stockées dans les centres de calcul.

Ces centres de calcul utilisent de l’électricité, beaucoup d’électricité et de nombreuses personnes, qui cherchent des solutions pour réduire les émissions de CO2 s’en inquiètent, à juste raison.

Plusieurs études ont été faites sur ce sujet. Tous ces résultats sont à prendre avec beaucoup de précautions, comme le démontre la grande dispersion des mesures. Les écarts sont importants sur les chiffres de consommation actuels, ils le sont encore plus sur les prévisions à 5 ou 10 ans.

En décembre 2017, un article de la revue Forbes donne les chiffres suivants :

  • Au niveau mondial, les centres de calcul ont consommé 416 térawatts, ce qui représente 3% de toute l’énergie électrique mondiale.
  • Ceci correspond à 1,4 fois l’énergie électrique consommée au Royaume-Uni.
  • Cette consommation va doubler en quatre ans.

Andres Andrae, qui travaille pour Huawei en Suède a mené une autre étude. Elle est citée par la revue Nature en 2018 et reprise par la revue Fortune en 2019. Elle annonce que les centres de calcul ont représenté 2% de la demande mondiale d’électricité. C’est un chiffre inférieur de 33% à celui de la revue Forbes !

Le laboratoire “Ernest Orlando Lawrence Berkeley National” a réalisé en 2016 l’étude la plus complète que je connaisse (65 pages) : elle présente plusieurs scénarios d’évolution des centres de calcul aux États-Unis entre 2010 et 2020. J’y ferai plusieurs fois référence dans ce billet (étude Berkeley).

L’une des principales raisons pour laquelle il est difficile d’avoir des chiffres fiables vient du fait que la majorité des centres de calcul sont de petite ou très petite taille, dans des PME, comme le montre ce graphique tiré de l’étude Berkeley.

Berkeley servers numbers: size DC

 

Centres de calcul pour les entreprises : principales options

En simplifiant au maximum, les entreprises ont trois options principales pour leurs centres de calcul :

● Posséder leurs centres de calcul privés. C’était, jusqu’il y a peu, le choix le plus répandu. Dans les PME, on parle souvent de “salles machines”. Les grandes entreprises ont eu récemment la mauvaise idée de les renommer “cloud privé”.

● L’hébergement. Les hébergeurs, tels que OVH ou OBS (Orange Business Services) existent depuis plusieurs dizaines d’années. Ces hébergeurs mutualisent des centres de calcul, souvent plus efficients, et chaque entreprise cliente y installe tout ou partie de ses serveurs.

● Le Cloud Public. De grands fournisseurs industriels d’énergie informatique proposent aux entreprises d’utiliser cette énergie à la carte, selon leurs besoins. Les entreprises ne sont plus propriétaires de leurs serveurs. C’est un thème que j’ai très souvent abordé dans ce blog.

Centres de calcul - trois options interne  hébergé Cloud public

Dans ce billet, c’est la seule dimension énergétique de ces trois options qui est analysée.

Je ne vais pas faire durer plus longtemps le “suspense” : la seule manière pour une entreprise de réduire fortement et rapidement l’impact énergétique de ses centres de calcul est de… les fermer le plus vite possible et de basculer sur des clouds publics.

L’option hébergement est souvent plus efficace que les centres de calcul privés, mais toujours moins efficace que les clouds publics.

 

Une excellente nouvelle : les entreprises ferment leurs centres de calcul privés

Il y avait 13 millions de serveurs aux États-Unis en 2010. L’étude Berkeley propose deux scénarios principaux, concernant les évolutions du nombre de serveurs physiques :

● Le scénario Current Trends (Rien ne change). Les entreprises gardent leurs centres de calcul ; pour faire face à la croissance de la demande de traitement, le nombre de serveurs monte à 18 millions.

● Le scénario Best Practices (en pratique, Clouds Publics). Dans ce cas, le nombre total de serveurs descend à 10 millions, sans changer la capacité de traitement.

Etude Berkeley nb servers BaU Hyperscale

Ce basculement partiel sur des clouds publics réduit le nombre de serveurs physiques de 8 millions : il passe de 18 millions à 10 millions. Ceci correspond à une réduction de 45% du nombre de serveurs.

La planète ne va pas s’en plaindre…

La société d’études Synergy Research Group vient de publier, fin 2019, une étude qui confirme ce mouvement de fond : en 2019, pour la première fois, les dépenses des entreprises dans des solutions cloud ont dépassé celles pour les centres de calcul privé.

Synergy - private DC investments vs Public cloud

La planète ne va pas s’en plaindre…

 

Les serveurs OCP, Open Compute Project

Dans l’ancien monde informatique, les entreprises achetaient leurs serveurs à de grands fournisseurs historiques qui avaient pour noms Dell, HP, Lenovo, IBM…

À l’initiative de Facebook, les grands acteurs du Cloud Public ont formé, en 2011, une organisation nommée OCP, Open Compute Project. Google, Microsoft et beaucoup d’autres entreprises ont rejoint OCP. OCP met en “Open Source” les meilleures pratiques dans le domaine des matériels tels que serveurs ou disques.

Efficiencies of OCP serversCes serveurs sont fabriqués par les grands industriels chinois et coréens. Ils sont optimisés pour avoir des prix de revient les plus bas et surtout pour consommer le moins d’énergie possible. À titre d’illustration, ils ne sont pas équipés de lumières qui indiquent leur état de fonctionnement, car… personne ne regarde les serveurs dans les clouds publics, tout étant géré à distance. Ceci est très bien expliqué dans un article de la revue Nature, publiée en 2018, dont est extrait le texte ci-dessus. Un chiffre résume cette efficacité : un serveur OCP remplace en moyenne… 3,75 serveurs classiques !

En 2020, le basculement des géants du cloud public sur des serveurs OCP ou équivalents est terminé, comme le montre ce graphique tiré de l’étude Berkeley.

Unbranded servers used by hyperscale

Dans les entreprises, et de manière scandaleuse, les responsables des achats d’infrastructures ignorent et font l’impasse sur les serveurs OCP, qu’ils pourraient acheter pour remplacer les serveurs démodés commercialisés par les grandes marques historiques, déjà citées, en fin de vie.

OCP used worldwide = 50% less energy in data centersOCP estime que si toutes les entreprises utilisaient leurs serveurs, la consommation d’énergie des centres de calcul serait divisée par deux !

Et ce sont ces mêmes entreprises qui osent parler de réduire leurs impacts énergétiques et sont incapables de prendre une décision aussi simple, possible depuis plusieurs années.

Des paroles, oui, c’est facile. Des actes…

 

E-TRAP : un modèle d’analyse énergétique des centres de calcul

Les études que j’ai menées avec quelques entreprises innovantes m’ont permis d’imaginer un modèle d’analyse des performances énergétiques des centres de calcul des entreprises.

Le l’ai nommé E-TRAP : la capacité à atTRAPer” l’Energie !

Frugalité numérique - Modèle E-TRAP - Data Centers

Les principaux composants du modèle E-TRAP sont, de droite à gauche :

● Les Applications.

● Le TUS : Taux d’utilisation des serveurs.

● Le PUE : Power Usage Effectiveness.

● Le type d’énergie utilisée : Renouvelable ou carbonée.

● L’Energie totale consommée.

Les Applications

Les centres de calcul hébergent les serveurs et les supports de stockage des données nécessaires pour faire fonctionner des applications. Dans ce billet, la pertinence de ces applications n’est pas mise en cause ; ce sujet serait traité dans un autre billet, dédié aux applications.

L’objectif “Frugalité Numérique” d’un centre de calcul est clair : consommer le minimum d’énergie pour qu’une application s’exécute. Les trois paramètres TUS, PUE et type d’énergie déterminent le niveau de Frugalité Numérique obtenu.

TUS : Taux d’utilisation des serveurs

Un serveur physique consomme de l’énergie quand il est en fonctionnement, indépendamment du fait qu’une application s’exécute ou pas.

Le TUS mesure le pourcentage du temps “utile” de fonctionnement d’un serveur, c’est-à-dire quand une application est opérationnelle par rapport au temps total sous tension. Un TUS de 1 correspond au cas théorique idéal d’un serveur utilisé à 100%, un TUS de 0,1 signifie qu’une application utilise 10% du temps total d’un serveur.

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles un TUS de 1 ne sera jamais atteint :

● Une application chargée dans un serveur n’est pas active en permanence. Une application de calcul d’un prêt immobilier par un banquier n’est utilisée que lorsqu’un client fait une demande, et reste inactive le reste du temps.

● Le taux d’usage d’une application varie beaucoup selon les heures de la journée, les périodes de l’année. L’application ‘Parcoursup” d’inscription dans les universités françaises à des pointes très fortes d’usages, selon le rythme des examens, et un niveau d’usage proche de zéro le reste du temps.

● Plusieurs techniques, telles que la virtualisation, permettent à un serveur physique d’être utilisé en même temps par plusieurs applications, pour optimiser son usage.

L’étude Berkeley a calculé le TUS selon les types de centres de calcul dans les trois familles présentées auparavant :

● Internal (Interne).

● Service provider (hébergeur).

● Hyperscale (Clouds Publics).

Server usage level by 3 familiesCe tableau donne le TUS moyen de ces trois familles, sur la période 2000 - 2010 et une estimation pour l’année 2020.

Si l’on prend ces chiffres pour 2020, un fournisseur de Cloud Public a un TUS 3,33 fois plus performant (50% vs 15%) que les serveurs gérés en interne par une entreprise. C’est un chiffre cohérent avec ceux que l’on a déjà vus plus haut.

PUE : Power Usage Effectiveness

Le PUE (indicateur normalisé par l’ISO) mesure d’efficacité énergétique d’un centre de calcul, en séparant :

● L’énergie électrique utilisée pour alimenter les serveurs, l’énergie “utile”.

● Les dépenses “indirectes” d’énergie, pour des activités telles que la climatisation ou l’éclairage.

Le PUE théorique optimum est de 1, quand 100% de l’énergie est utilisée pour les serveurs.

PUE des Clouds publics

Les fournisseurs de Clouds publics ont fait des efforts majeurs pour réduire leur PUE. Ils sont en 2020 proches de 1,1, comme le montre ce graphique correspondant à Google. On y observe des variations saisonnières liées à la météo, mais la moyenne s’établit à 1,11.

PUE Google Data Center 2008 - 2019

Améliorer ce chiffre de 1,11 est difficile ; leurs centres de calcul les plus modernes atteignent 1,07 ; des progrès peuvent au mieux réduire de 10% la consommation d’énergie électrique.

PUE des centres de calcul gérés par les entreprises

De nombreuses études ont été réalisées sur les PUE des centres de calcul gérés par les entreprises. L’une des plus complètes est menée chaque année par le “Uptime Institute”, qui interroge des milliers d’entreprises, dans le monde entier.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution du PUE des plus grands centres de calculs privés du monde, ceux qui ont les meilleurs résultats à cause d’évidentes économies d’échelle.

PUE enterprise Uptime Institute

Les entreprises ont aussi amélioré leur PUE entre 2006 et 2014, en le réduisant de plus de 30%. Comme pour les Clouds publics, les réductions de PUE deviennent de plus en plus difficiles.

Pour l’année 2019, le PUE des meilleurs centres de calcul privés est de 1,67.

Dans les centres de calcul des entreprises grandes et moyennes, ce PUE dépasse souvent 2 et il peut atteindre 3 ou 4 dans les “salles machines” des PME ou TPE.

 

Energies renouvelables, énergies carbonées

Un centre de calcul peut être alimenté en énergie carbonée, cas le plus fréquent aujourd’hui, ou en énergies renouvelables.

Dans ce domaine aussi, les grands acteurs du cloud public font des efforts majeurs pour basculer sur des énergies renouvelables.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution rapide de Google vers des énergies 100% renouvelables.

Google 100 % renovable energy 2018

Depuis 2017, les centres de calcul de Google sont à 100% alimentés en énergies renouvelables ou, quand cela n’est pas possible, couverts par des rachats de crédits d’énergies renouvelables.

En 2019, Google a annoncé un investissement de 600 M$ pour accroître la puissance de son centre de calcul d’Hamina en Finlande. En même temps, Google a signé un accord pour l'achat d'énergie éolienne en provenance de Suède.

Google est pour le moment le plus en avance des grands acteurs du cloud public dans sa migration réussie vers du 100% renouvelable, mais Azure, AWS et Alibaba ont pris le même chemin.

J’ai utilisé le graphique ci-dessous dans mon billet de la fin de l’année 2019 mais je le reprends ici, car il montre que les trois entreprises américaines qui, en mars 2018, avaient le plus investi dans les énergies renouvelables sont… les trois géants du Cloud public, Google, Amazon et Microsoft.

Best users USA of renewable energy

Maintenant que les trois éléments clefs du modèle E-TRAP qui déterminent la consommation d’énergie d’un centre de calcul sont compris et maîtrisés, il est possible de comparer les choix qui s’offrent aux entreprises pour améliorer la Frugalité Numérique de leurs centres de calcul.

 

R2E : Ratio d’Efficacité Energétique d’un centre de calcul

Pour mesurer le rapport entre l’énergie qui rentre dans un centre de calcul et celle qui sert à activer une application, je vous propose d’utiliser un ratio que j’ai nommé :

Ratio Efficacité Energétique (R2E).

Son calcul est très simple :

                                                         100 x PUE

R2E : Ratio Efficacité Energétique = ---------------

                                                               TUS

Un centre de calcul “énergétiquement parfait” aurait un R2E de 100, correspondant à un PUE de 1 et un TUS de 100%.

R2E d’un Cloud Public

En utilisant les chiffres présentés dans ce billet, PUE de 1,1 et TUS de 50%, on obtient, pour un cloud public un R2E de :

R2E : (100 x 1,10)/0,5 = 220

Plus de la moitié de l’énergie qui rentre dans un Cloud Public est consommée sans apporter de valeur. C’est sur le TUS que des progrès importants peuvent encore être réalisés.

Calcul du R2E d’un centre de calcul privé

En prenant l’exemple d’une grande entreprise qui a un PUE de 2 et un TUS de 15%, on obtient un R2E pour un centre de calcul privé de :

R2E : (100 x 2)/0,15 = 1333

Ce R2E devrait donner des “sueurs froides” à tous les dirigeants : l’énergie qui rentre dans un centre de calcul d’entreprise est… 13 fois supérieure à l’énergie utile !

Présenté autrement, moins de 8% de l’énergie électrique qui rentre dans un centre de calcul d’entreprise est utile, 92% est gaspillée !

 

Synthèse : basculer sur les clouds publics, c’est bon pour la planète

La comparaison de ces deux R2E est sans appel.

Une entreprise qui abandonne ses centres de calcul privés et bascule sur des clouds publics augmente dans un rapport 1333/220 = 6 son efficacité énergétique !

Si l’on tient aussi compte de la dimension renouvelable vs carbonée, le bilan est encore plus impressionnant et positif :

● Basculement sur le cloud public GCP de Google : consommation d’énergie divisée par 6, consommation d’énergie carbonée ramenée à zéro.

● Basculement sur les clouds publics AWS ou Azure, en faisant l’hypothèse qu’ils sont déjà à environ 50% d’énergies renouvelables : consommation d’énergie divisée par 6, consommation d’énergie carbonée divisée par 12.

Ces résultats sont des moyennes mondiales : les TPE et PME ont des résultats encore plus catastrophiques, et les entreprises qui disposent de très grands centres de calcul privés font... un peu mieux.

Ce dernier tableau met devant leurs responsabilités tous les dirigeants qui souhaitent passer à l’action et améliorer fortement la Frugalité Numérique de leur entreprise.

Frugalité Numérique centre calcul - Electricité & renouvelable

C’est une excellente nouvelle pour les entreprises qui ont pris la décision de basculer vers les clouds publics. En plus de tous les bénéfices que j’ai présentés dans ce blog depuis 10 ans, rentabilité, sécurité, flexibilité, innovation, OPEX… elles découvrent un maxi-bonus : cette décision les positionne parmi les championnes de la Frugalité Numérique.

Toutes les autres entreprises, qui avaient encore des doutes sur la pertinence d’une migration sur les clouds publics avant la lecture de ce billet, ont maintenant un argument “massue” qui leur permettra de dire à leurs dirigeants, leurs informaticiens et surtout à tous leurs collaborateurs :

“Nous migrons vers les clouds publics pour aider au sauvetage de la planète”.

Qui oserait, aujourd’hui, résister face à un tel argument ?

Vous ?

 

Troisième partie : les objets d'accès

Quatrième partie : les réseaux


Frugalité Numérique : première partie

AdS DPC Souris Verte frugalité SS 61824038J’ai terminé 2019 par un long billet optimiste sur les impacts positifs potentiels de l’innovation et du numérique sur la planète.

Je démarre 2020 avec le premier d’une longue série de billets sur la Frugalité Numérique.

Je souhaiterais que ce thème soit présent dans les réflexions de tous les dirigeants et responsables du numérique au cours de cette année 2020.

 

Le numérique : bon pour l’entreprise, bon pour la planète

AdS DPC 2020 numérique with hand SS 306954428Ce préalable, très court, est indispensable avant de parler de Frugalité Numérique.

Non, non et non ! Le numérique n’est pas nocif pour la planète, comme je l’ai longuement expliqué dans mon billet de fin d’année 2019.

C’est par plus d’innovations, plus d’entrepreneuriat, plus de numérique que l’humanité peut imaginer rapidement des solutions qui permettront de mettre un coup d’arrêt au réchauffement climatique et de trouver des méthodes efficaces pour réduire les niveaux de CO2 déjà présents.

La dématérialisation de l’économie est l’option la plus prometteuse et nous en voyons tous les jours des exemples encourageants. (J’invite ceux qui ne l’ont pas fait à lire mon dernier billet).

Les ventes d’appareils de photos numériques illustrent très bien cette dématérialisation. Comme le montre ce graphique, leurs ventes se sont écroulées avec la diffusion massive des smartphones.

Digital cameras sales down

Entre 2010 et 2018, les smartphones ont réduit de 100 millions par an les ventes d’objets numériques lourds et chers. Sur cette même période, c’est environ 550 millions d’appareils photo numériques qui n’ont pas été fabriqués et vendus ! Ceci mérite une médaille d’honneur pour les smartphones avec la mention “La planète reconnaissante”.

 

Frugalité : faire mieux avec moins

Livre guide innovation FrugaleSobriété numérique, green IT, frugalité numérique, de nombreuses expressions sont utilisées pour parler d’un même thème : minimiser les impacts environnementaux du numérique.

J’ai choisi de privilégier l’expression “Frugalité Numérique” car elle porte un message positif :

La frugalité, c’est faire mieux avec moins.

A la fin de l’année 2019, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Navi Radjou, co-auteur d’un livre passionnant et… optimiste sur ces sujets de la frugalité, dans tous les domaines et pas seulement le numérique : “Le guide de l’innovation frugale”.

AdS DPC Light bulb & tree green SS 227727671La frugalité, ce n’est pas faire moins, mais faire mieux. Des mouvements très forts, très vocaux, prônent le “numérique bashing” : le numérique, c’est mauvais pour la planète, il faut réduire ses usages du numérique, ne plus utiliser de smartphones, ne plus regarder de vidéos en streaming… Je suis en totale opposition avec ces démarches rétrogrades, comme je l’ai longuement expliqué dans mon dernier billet de 2019.

La démarche de Frugalité Numérique que je porte est tournée vers le futur, vers l’innovation, vers plus de numérique. Elle permet, en même temps :

  • De promouvoir des usages innovants du numérique.
  • De le faire en réduisant les impacts environnementaux du numérique.

Opposer ces deux idées est dangereux, pour le numérique, et pour la planète !

 

Frugalité Numérique

AdS DPC possible impossible S 52425151Aujourd’hui, les performances des outils numériques sont telles que la probabilité de ne pas pouvoir mettre en œuvre une solution numérique pour répondre à une demande des entreprises est proche de 0 %.

C'est une situation récente ; pendant longtemps, il n’y avait pas de réponses techniques à toutes les demandes de traitement, de stockage ou de transport d’information.

Toutes les barrières technologiques ont disparu. Au vu de la croissance exponentielle de la performance des outils numériques au cours des prochaines années, il sera de plus en facile de répondre à une demande d’usages numériques.

En clair, dans le domaine du numérique, l’offre est en avance sur les usages possibles.

Une entreprise peut, en 2020, répondre à toute demande de nouveaux usages numériques en s’appuyant sur la puissance des outils existants. Raison de plus pour s’interroger, pour bien réfléchir avant de formuler une demande de nouveaux usages numériques.

Deux des principaux enjeux du numérique pour la planète sont l’énergie et l’utilisation de métaux rares. Toutes les solutions numériques ne se valent pas dans leurs impacts sur l’environnement et les différences entre elles sont très importantes. Les prochains billets que je vais publier sur ce thème auront pour objectif prioritaire d’aider les entreprises à faire les choix numériques qui sont les plus positifs pour la planète.

La bonne nouvelle : il est possible de concilier innovation numérique et défense de la planète.

La mauvaise nouvelle : la majorité des solutions informatiques existantes sont… mauvaises pour la planète.

Prendre en compte la dimension Frugalité Numérique dans leur démarche de Transformation Numérique devient un impératif pour toutes les entreprises.

 

Six principaux domaines d’action

Il n’existe pas de réponses globales à la recherche de solutions numériques frugales. Il est impératif de travailler par “composants” pour trouver, cas par cas, les meilleures réponses. Les travaux que je mène sur ce sujet m’ont permis d’identifier six domaines d’action différents :

Frugalité Numérique - six composants

  •  Les centres de calculs.
  • Les réseaux, filaires et sans fil.
  • Les objets d’accès : PC, smartphone, tablette, chromebook...
  • Le stockage des données, centralisé ou distribué.
  • Les impressions.
  • Les applications.

Chacun de ces domaines fera l’objet d’un billet spécifique.

Les cinq premiers font partie des infrastructures numériques, au service du sixième, les applications. Le CTO, Chief Technical Officer, responsable des infrastructures, a un rôle essentiel dans la définition d’une démarche de Frugalité Numérique. Ce sont sur ses épaules que repose l’essentiel des décisions et des actions.

Est-ce qu’il existe un autre domaine d’action que j’aurais ignoré ? Si oui, je suis preneur de vos remarques à ce sujet.

 

Quatre familles d’acteurs


Frugalité Numérique - Quatre acteursLa réussite d’une démarche de Frugalité Numérique demande l’implication forte de tous les acteurs de l’entreprise :

  • Les dirigeants.
  • La DSI.
  • Les responsables métiers.
  • L’ensemble de tous les collaborateurs.

Les dirigeants

Devenir une entreprise frugale numérique demande beaucoup d’efforts de remise en cause d’habitudes de travail bien ancrées dans la culture de l’entreprise. Comme il est difficile de se montrer ouvertement contre une démarche qui a pour objectif d’aider la planète, les résistances seront masquées, insidieuses et plus délicates à affronter. Les dirigeants doivent être “acteurs” de cette démarche, comme ils doivent l’être pour accompagner une Transformation Numérique.

La DSI

Peu importe le nom ! DSI, Direction du Numérique ou autre, ce sont eux qui portent l’essentiel des efforts de mise en œuvre des outils et solutions numériques. Ce sont aussi eux qui verront le plus de changements dans leurs différents métiers.

Les responsables métiers

Leur domaine prioritaire de responsabilité, ce sont les applications. Maintenant que tout est techniquement possible, qu’il n’y a plus de limites à la volumétrie des données, aux calculs les plus complexes, il leur faudra beaucoup de courage pour rester raisonnable. Il n’est pas toujours facile de rouler à 120 km/h quand on conduit une voiture qui peut facilement atteindre les 250 km/h !

Les collaborateurs

Chaque collaborateur, quel que soit son métier, peut contribuer à améliorer l’impact de ses actes quotidiens sur l’avenir de la planète. Imprimer un peu moins, plus en noir et blanc qu’en couleur, garder son smartphone un an de plus, éviter d’envoyer un courriel à des listes de diffusion trop longues… ces dizaines de petits gestes, répétés tous les jours, par tous les collaborateurs donneront des résultats spectaculaires à la fin de l’année.

Une des clefs de la réussite : la fierté !

AdS DCP proud woman fierté SS 133751643Malgré les difficultés induites par une démarche forte de Frugalité Numérique, je suis très optimiste sur la réussite finale. Les toutes premières actions menées avec des entreprises innovantes et courageuses m’ont convaincu que c’était un moyen remarquable de mobiliser beaucoup d’énergies et de créer un fort sentiment partagé de fierté.

Je suis devenu frugal numérique, et j’en suis fier !

 

Matrice des rôles : domaines - acteurs

Six domaines d’actions, quatre familles d’acteurs : et si on menait un travail d’analyse pour répartir au mieux les rôles de chacun dans ces différents domaines d’actions ?

J’ai imaginé cette matrice, pour faciliter cette d’analyse.

Frugalité Numérique tableau domaines acteurs vide

J’ai placé la Direction Générale dans un rôle de gouvernance de l’ensemble de la démarche, sans essayer de lui donner des règles spécifiques par domaine d’action.

Le mode d’emploi est simple : pour chaque ligne, vous devez repartir 5 étoiles entre les trois familles d’acteurs : collaborateurs, directions métiers et DSI. Le nombre d’étoiles mesure l’importance relative de chaque famille d’acteurs, pour chacun des domaines d’actions.

Le total par colonne donne le poids relatif de chaque famille d’acteurs.

Je vous propose de distribuer cette matrice autour de vous, dans différents groupes, et de demander à chacun de vous donner ses pondérations.

Vous pouvez aussi la remplir vous-même.

Cet exercice peut être réalisé deux fois :

  • Immédiatement, avant que j’aie publié les autres billets sur chacun des domaines. Ceci permettra de mesurer la position initiale des personnes interrogées.
  • Après avoir lu tous les billets publiés ; les écarts éventuels entre les deux réponses seront intéressants à analyser.

Pour illustrer la démarche, je vous partage ma vision actuelle de cette répartition des rôles. Elle n’est en aucune manière “la” bonne réponse ! Nous avons tous des sensibilités spécifiques sur ces sujets, et c’est en comparant des points de vue différents que l’on peut avancer et faire des progrès.

Frugalité Numérique tableau domaines acteurs LN

 

Synthèse

AdS DPC Do more with less SS 276368839Faire plus avec moins dans le numérique, c’est un beau sujet qui pourrait être très fédérateur dans votre entreprise en 2020. Pourquoi ?

- C’est un thème urgent : le numérique représente entre 2 % et 3 % de la consommation d’énergie dans le monde. Il est possible d’accroître les usages du numérique tout en réduisant sa part d’usage de l’énergie dans le monde, en devenant plus… frugal numérique.

- C’est un thème porteur d’avenir : Il permet de lutter contre le pessimisme ambiant et la tentation du retour à un “monde ancien meilleur” en réduisant les usages du numérique, ce qui serait une catastrophe mondiale.

- C’est un thème porteur de sens pour tout le monde : l’immense majorité des collaborateurs des entreprises, l’immense majorité des professionnels du numérique sont conscients des défis posés à la planète et de l’urgence de mener des actions fortes pour la protéger. Ils seront tous prêts, tous enthousiastes pour suivre les recommandations qui seront faites pour que la Frugalité Numérique dans leur environnement de travail devienne un grand succès.

AdS DPC save the planet old typewriter S 290895250Difficile de trouver un thème plus fédérateur, plus porteur de fiertés, individuelles et collectives !

Je prévois d’écrire un billet séparé pour préciser comment mener une démarche de Frugalité Numérique performante pour chacun des 6 domaines du numérique.

Tout ceci devrait se transformer, d’ici à la fin de l’année 2020, en un livre dont le titre sera, vous l’avez deviné, Frugalité Numérique.

Si votre entreprise fait partie des “early adopters” qui souhaitent entreprendre immédiatement une démarche de Frugalité Numérique, parlons-en ; je suis prêt à vous accompagner !

Je l’ai déjà fait...

 

Deuxième partie : les centres de calcul

Troisième partie : les objets d'accès

Quatrième partie : les réseaux