2017 - 2027 = décennie interface voix

 

AdS DPC 5 stars S vertical 68765866Je pensais faire de ce billet le cinquième et dernier de la série sur les technologies qui vont dominer la période 2017 - 2027.

Première partie : technologies clefs 2007 - 2017.

Deuxième partie : microprocesseurs spécialisés.

Troisième partie : Intelligence Artificielle et Machine Learning.

Quatrième partie : 5G et Edge Computing.

Le thème des interfaces entre les personnes et le monde numérique devient si important que je vais lui consacrer tout ce billet.

  

1990 - 2017 : interfaces clavier-souris et tactiles

Entre 1990 et 2010, pendant 20 ans, les interfaces claviers - souris étaient les modes de communication dominants avec les objets numériques, PC Windows et Macintosh.

Depuis 2011, le nombre de PC vendus baisse, année après année.

PC sales 2006 - 2016

L’interface tactile sur objets mobiles s’est imposée sur la décennie 2007 - 2017, poussée par les smartphones. Le smartphone est encore la star du marché en 2017, même si la croissance des ventes se ralentit.

Sur le troisième trimestre 2017, les ventes de smartphones ont augmenté de 3 % quand les ventes de PC ont continué à baisser de 4 %.

Shipments PC vs Smartphones - Q3:2017

En nombre d’objets vendus, les smartphones ont gagné la bataille : il c’est vendu 5,7 fois plus de smartphones que de PC pendant cette période.

Je pronostique qu’à partir de 2021 la courbe des ventes de smartphones aura la même forme que celle des PC depuis 2011, une baisse, lente et continue.

Il suffit d’écrire « death of the smartphone » dans son moteur de recherches préféré pour voir apparaître des dizaines d’articles qui annoncent la prochaine disparition des smartphones tels qu’on les connait aujourd’hui.

Je vous en propose trois : The smartphone is going to die

 On me pose souvent la question : quels objets vont prendre la place des smartphones ? Ce n’est pas la bonne question…

La question à poser : quelle interface va se substituer à l’interface tactile ?

  

2017 - 2027 : Interfaces voix

Quelle sera l’interface vedette des années 2017 - 2027 ? Le suspense a disparu :

La voix prendra le relais du tactile

Le mouvement a commencé dans le grand public : on estime à 2 milliards le nombre d’utilisateurs de ces interfaces voix en 2021. Ces prévisions ne prennent pas en compte les usages professionnels.

Number Users Voice Interfaces 2015 - 2021

Les interfaces voix sont déjà présentes sur de nombreux objets tels que les smartphones ou les GPS dans les voitures. Depuis 2015, une nouvelle génération d’objets auxquels on peut « parler » à fait son apparition dans les foyers, les « smart speakers », hauts parleurs intelligents. Amazon a été le premier avec sa gamme Echo et domine le marché ; Google a rapidement suivi avec « Home » et ces deux membres du club GAFA font la course en tête.

Amazon Echo Sales 2016

Apple avait annoncé son HomePod pour la fin de l’année 2017, mais ratera l’importante période des ventes pendant les fêtes ; ce produit ne sera pas disponible avant 2018.

Aujourd’hui, Microsoft n’a pas d’offre comparable ; ceci explique une annonce pour le moins surprenante : un accord avec… Amazon pour que Echo « parle » aussi Cortana. La raison « officielle » est que l’on combine le meilleur d’Alexa dans le grand public avec le meilleur de Cortana dans l’entreprise. Permettez-moi d’être très sceptique : c’est un signe de faiblesse de Microsoft qui ne veut pas que Cortana meure trop vite, comme Windows Phone. Je reviendrai plus loin sur l’annonce faite à AWS Re-Invent de l’offre « Alexa for Business » ; elle laisse très peu de place pour… Cortana !

Un combat sans merci se prépare entre les « anciens », rois du tactile, Google et Apple, et les nouveaux, rois de la « voix », Amazon et…Google. Les entreprises qui domineront les interfaces voix seront, en 2027, les leaders des mondes numériques grand public et professionnels.

On assiste actuellement à une guéguerre ridicule entre Amazon et Google sur ce thème :

  • Amazon refuse de vendre les Chromecasts, Google Home, et des produits Nest, tous fabriqués par Google.
  • Google refuse que les utilisateurs d’Echo et Fire TV (équivalent Chromecast de Google) d’Amazon accèdent à YouTube.

C’est un signe avant-coureur des combats entre ces deux géants ; ils seront beaucoup plus violents dans les années qui viennent !

  

Interfaces voix : composants techniques

Derrière l’apparente simplicité des interfaces voix se cache une grande complexité technique, que je présente dans ce schéma.

Framework composants SI Voix + réseaux

De haut en bas :

1 - Une personne pose une question, émet une requête vocale, dans son domicile, son bureau, sa voiture ou son usine.

2 - Des objets très différents vont enregistrer ce signal sonore. Il suffit en pratique d’un micro et d’un haut-parleur pour la réponse. Ils seront de plus en plus invisibles : on n’aura pas besoin de savoir exactement où ils sont.

Parmi les plus répandus :

  • Un smartphone
  • Un haut-parleur intelligent
  • Un GPS dans une voiture
  • Une montre connectée

3 - Des réseaux sans fil, 3G, 4G, 5G, Bluetooth ou WiFi qui transmettent le signal reçu. Ces réseaux sont invisibles car sans fil.

Ces messages sonores arrivent ensuite sur des outils numériques très puissants, invisibles eux aussi, qui vont :

4 - Décoder les messages vocaux et les traduire en texte.

5 - Utiliser pour cela sur des solutions d’Intelligence Artificielle, de Machine Learning et de NLP, Natural Language Processing.

6 - L’essentiel des traitements et des données nécessaires est pris en charge par des clouds publics.

Il est important de comprendre toute la complexité, la puissance, l’intelligence qui permet à un Google Home de répondre en moins d’une seconde à une question en apparence aussi simple que : « Quel temps fera-t-il à Valencia mercredi prochain ? »

Quels sont les fournisseurs capables de jouer un rôle important dans cette révolution des interfaces voix ?

  

Interfaces voix : principaux acteurs

Surprise ! On retrouve une fois de plus nos grands amis GAFAM, Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft.

Dans ce tableau je présente la situation actuelle des points forts, des points faibles des GAFAM.

GAFAM - Voix

GAFAM - Voix

1 - Smartphones : ce sont, aujourd’hui, et de très loin, les objets les plus nombreux disposant d’interfaces voix. Google contrôle 87 % du marché mondial avec Android, Apple 13 % avec iOS. Amazon, Facebook et Microsoft ont la même part de marché : 0 %.

2 - Interfaces voix : seul Facebook est absent de cette catégorie. Les quatre autres ont chacun leur solution, propriétaire.

3 - Smart Speakers : fin 2017, Amazon et Google sont les seuls à commercialiser des Smart Speakers. Apple devrait proposer HomePod dans la première moitié de 2018. Facebook et Microsoft n’ont rien annoncé pour le moment.

4 - Intelligence Artificielle : Google est le plus avancé dans ce domaine, suivi d’Amazon et Facebook. Les solutions de Microsoft et Apple sont moins performantes.

5 - Infrastructures Cloud : les lecteurs de ce blog ne seront pas surpris d’apprendre que Google, Amazon et Microsoft dominent ce marché. Facebook dispose d’infrastructures très performantes pour ses usages internes et Apple est en retard dans ce domaine.

6 - Multilingues : La maîtrise des langues est essentielle dans le domaine des interfaces voix ; Google est le leader incontesté et Amazon est en retard.

Début 2018, les forces en présence sont les suivantes :

  • Google earbuds 40 LanguagesGoogle fait la course en tête : avec plusieurs milliards de smartphones Android et Home, Google peut déployer Google Now sur un très grand nombre d’objets. Son deuxième avantage est la maîtrise des langues comme l’illustre son annonce des Earbuds, écouteurs Bluetooth capables de traduire en temps réel 40 langues.
  • Amazon et Apple sont bien placés, même s’il leur manque des éléments clefs comme l’accès aux smartphones pour Amazon.
  • Microsoft et Facebook ferment la marche : ils sont en retard dans de nombreux domaines.

 Il ne faut pas oublier les champions chinois, les BATX : Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi. Ils ont tous déjà annoncé des Smart Speakers. Baidu, Alibaba et Tencent sont très avancés dans le Cloud, l’intelligence artificielle et les interfaces voix.

Voice Assistants BATX Chinois

Ils déploient logiquement en priorité ces outils sur leur marché national, aux 1300 millions de clients potentiels.

Quand décideront-ils d’offrir eux aussi des solutions multilingues ? Je n’ai pas de réponses à cette question, par contre je suis convaincu qu’ils ont les compétences humaines et techniques pour le faire.

En Corée, Samsung a de grandes ambitions dans les interfaces voix, avec sa solution Bixby. Est-ce que ce sera suffisant pour se faire une place au soleil ? Je n’en suis pas convaincu.

  

Interfaces voix : grand public et entreprises

 Comme toujours, c’est dans le grand public que des solutions innovantes se diffusent en priorité et les interfaces voix n’échappent pas à cette règle.

Quelle sera la place des interfaces voix dans les entreprises ? Pour répondre à cette question, il faut s’interroger sur l’offre et la demande de solutions.

L’offre professionnelle :
1 - Microsoft propose Cortana pour des usages professionnels, en particulier dans Office 365. 
On peut aussi installer Cortana sur un téléphone Android, mais les premiers retours d’expérience ne sont pas très encourageants !

Alexa for Business2 - Amazon a annoncé « Alexa for Business » durant la conférence Re-Invent organisée par AWS fin novembre 2017.

3 - Google : il n’est pas nécessaire d’être un grand devin pour prévoir que « Google Now for Enterprise » sera disponible dans les premiers mois de 2018.

La demande professionnelle :

Quand j’évoque le sujet des interfaces voix dans le monde professionnel, on m’oppose souvent cette objection : parler à ses applications numériques dans nos bureaux, cela va vite devenir insupportable et tout le monde saura quelles sont les questions que je pose.

Cette objection est logique, car exprimée par des personnes qui travaillent dans les bureaux et les sièges sociaux des entreprises, mais… elles ne sont pas les premières clientes des interfaces voix.

Alexa Echo DotLes opérationnels, les personnes en usines, sur le terrain, qui conduisent des chariots élévateurs ou des camions seront les premiers bénéficiaires des interfaces voix. Leurs mains, leurs yeux sont utilisés en priorité pour leurs activités métiers et les interfaces classiques, souris ou tactiles, sont mal adaptés à leurs modes de travail.

Les équiper d’un casque Bluetooth, installer dans une usine des petits boîtiers de type Alexa Dot, qui coûtent moins de 50 €, permet de créer des environnements professionnels où la voix devient l’interface le plus efficace, le mieux accepté par les salariés.

  

Prochaines étapes

AdS DPC Voice Bot SS 114290846Toutes les entreprises doivent, immédiatement, se préparer à l’arrivée des interfaces voix. Pour ce faire, je vous propose de développer en 2018 deux ou trois « Voicebots », des applications « SoE », Systems of engagement, qui privilégient les environnements industriels et les clients internes opérationnels.

Vous pourrez, en 2018, choisir parmi un très grand nombre d’objets adaptés aux environnements professionnels permettant des interactions voix avec ces applications numériques de nouvelle génération.

 

Synthèse

Un mot clef résume ces nouvelles interfaces voix : invisibilité !

AdS DPC Man speaking with woman S 31442266Le dialogue entre une personne et un environnement numérique deviendra aussi naturel que celui qui s’établit entre deux personnes en face à face. Un artéfact, clavier, souris, écran tactile… ne sera plus nécessaire pour établir la communication.

La bouche et les oreilles sont les moyens les plus naturels de l’homme pour communiquer ; en 2027, nous les utiliserons en priorité pour dialoguer avec notre environnement numérique, personnel et professionnel.

En 2028, quand on se posera la question de savoir quel changement technologique aura le plus marqué la période 2017 - 2027, je suis prêt à parier que la réponse sera : les interfaces voix.

Plus grande innovation numérique de la période 2007 - 2017 : interfaces tactiles.

Plus grande innovation numérique de la période 2017 - 2027 : interfaces voix.

 


Sécurités historiques, périmétriques, pour entreprises & pays… un combat d’arrière-garde !

 

AdS DPC Old lock cadenas S 89945035Le cloud public n’est pas sécurisé ! Mes données ne sont pas protégées dans un cloud public ! AWS, Google, Microsoft Azure ne sont pas des fournisseurs sérieux, capables d’offrir la même sécurité que les acteurs historiques : IBM, HP, Cisco, Dell…

Cela fait dix ans que j’entends ces rengaines, transmises par des DSI, des dirigeants et des RSSI (Responsables de la Sécurité des SI).

L’un des thèmes dominants est celui de la protection de son « territoire », au sens physique du terme, comme le faisaient les châteaux forts du Moyen Âge, entourés de grandes murailles.

Cette démarche de protection périmétrique, qui était raisonnable au « Moyen Âge de l’informatique », n’a plus aucun sens aujourd’hui.

Voyons pourquoi.

 

Sécurité périmétrique entreprise

 Dans l’ancien monde informatique, les choses étaient simples : l’essentiel de l’activité se passait à l’intérieur de l’entreprise :

Muraille circulaire - Firewall entreprise

  • Les serveurs étaient hébergés dans un centre de calcul appartenant à l’entreprise.
  • Les postes de travail, des PC Windows, étaient reliés à un réseau Ethernet filaire, géré par les équipes internes.
  • Les accès informatiques à l’extérieur de l’entreprise par les salariés n’étaient que rarement nécessaires, souvent bloqués.
  • Un firewall, ou pare-feu était mis en œuvre, pour protéger les ressources et personnes présentes à l’intérieur de l’entreprise de toute attaque venant des « barbares » présents à l’extérieur.

Aujourd’hui, tout a changé !

AdS DPC chicken Inside outside S 98088222

  • Les infrastructures sont gérées par des industriels du cloud public, AWS, Google ou Microsoft.
  • De plus en plus d’applications SaaS, Software as a Service, sont utilisées, et elles sont toutes, par nature, hébergées à l’extérieur de l’entreprise.
  • Les postes de travail sont variés, mobiles, smartphones, tablettes, PC portables ou Chromebooks, et reliés à des réseaux mobiles, 3G, 4G ou WiFi.
  • Les collaborateurs ont besoin et exigent l’accès à leurs applications en tout lieu, à toute heure.

Dans ce nouveau monde, obliger les transferts de données à transiter par l’intérieur de l’entreprise pour ressortir ensuite vers le cloud n’a aucun sens.

  

Sécurité périmétrique pays

Muraille circulaire - ligne maginotC’est plus récent, mais encore plus ridicule ! De trop nombreuses voix s’élèvent pour exiger une protection périmétrique autour de chaque pays. On pousse même l’absurdité jusqu’à exiger que les données d’un pays soient stockées dans ce pays !

C’est une approche suicidaire et qui n’a aucun sens. Il faut remonter à nos grands stratèges militaires qui avaient imaginé la « Ligne Maginot » pour trouver une démarche aussi inutile et inefficace.

En 2012, la France a frappé fort en imaginant que deux fournisseurs de « Clouds souverains », Numergy et CloudWatt allaient bouter dehors les envahisseurs AWS ou Google ; ils avaient tous les deux disparu en 2015.

Je préfère la démarche moderne d’un acteur français du cloud public qui n’a jamais demandé 1 € à l’état, Outscale.

Map Data Centers Outscale

Comme l’illustre la carte de leurs centres de calcul, ils sont présents dans le monde entier, et non pas retranchés dans l’hexagone.

  

Nouveau modèle : triple confiance

Je suis probablement l’une des personnes les plus sensibles à la sécurité des SI et à la protection des données ; c’est pour atteindre ces objectifs que je milite pour une approche différente, aujourd’hui indispensable.

Comment créer la « confiance » ? La bonne démarche consiste à segmenter le problème en trois composants :

Securité 3 niveaux - Personne : transport : Data center

  • Confiance accès.
  • Confiance transport.
  • Confiance partage.

Cette démarche par composants a comme avantage supplémentaire la modularité et la flexibilité dans le choix des solutions. On peut à tout instant modifier l’un des outils utilisés sans remettre en cause tous les autres.

AdS DPC Hypochondriac S 47590383Hypocondriaques de la sécurité des SI, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous ! Il existe des dizaines de solutions de haute qualité qui répondent très bien à ce besoin de confiance aux trois niveaux. Vous ne pourrez plus vous plaindre de l’absence de sécurité !

Il vous restera toujours la possibilité de vous retrouver entre vous, dans ces très nombreuses conférences sur la sécurité des SI qui ont pour principal objectif de transmettre des messages de peur et de maintenir les emplois de pseudo-professionnels de la sécurité arcboutés sur des démarches démodées et dangereuses.

J’ai proposé de regrouper ces solutions sous le nom TaaS, Trust as a Service. Ceci permet d’utiliser un mot positif, Trust - Confiance pour remplacer des mots à consonance négative comme sécurité.

 

Confiance Accès 

Ce premier niveau de confiance doit permettre :

  • De garantir l’identité de la personne qui se connecte.
  • De vérifier que l’objet utilisé peut le faire sans risques.
  • De moduler les droits en fonction des lieux et heures de connexion.

Sécurité Accès - 5ACette confiance d’accès doit être garantie pour les «5 A» en anglais, ou en français :

  • Toute personne
  • Tout objet d’accès
  • À tout moment
  • En tout lieu
  • Pour tout contenu


Les entreprises disposent aujourd’hui de tous les outils nécessaires pour garantir cette confiance d’accès. Quelques exemples :

AdS DPC Secure smartphone S 109939800

  • MDM Mobile Device Management : gestion des outils mobiles, séparation des données et applications professionnelles et privées..
  • Authentification forte : code aléatoire, SMS, empreintes digitales…
  • Chiffrement des contenus sur les objets d’accès.
  • Vérifier que les mises à jour d’OS et d’applications sont réalisées.

Les challenges majeurs à régler ne sont plus dans le domaine de la confiance, mais dans :

  • L’ergonomie des solutions, pour les rendre raisonnablement transparentes pour tous les collaborateurs.
  • Le coût élevé de trop nombreux produits.

  

Confiance Transport

AdS DPC Trusted Link S 140835419Aujourd’hui, créer les conditions de « Confiance Transport » ne pose plus de difficultés majeures.

L’objectif est simple : transporter en sécurité des données, depuis un objet d’accès vers un espace de partage. 

Tout est disponible pour créer les conditions de cette confiance transport :

  • Confiance transport
  • HTTPS : les échanges entre l’objet d’accès et le serveur sont chiffrés de manière transparente pour les utilisateurs. Offre une excellente protection depuis des dizaines d’années.
  • Chiffrement des contenus : si, pour un tout petit nombre de données hypersensibles, on souhaite aller au-delà de HTTPS, il est très facile de rajouter une fonction de chiffrement des contenus. Dans ce domaine aussi, de remarquables solutions existent depuis longtemps : PGP, racheté par Symantec, en est un bon exemple.
  • Pare-feu dans le cloud : pour remplacer les pare-feu anciens, périmétriques, il est possible de déployer des « pare-feu cloud » qui protègent les collaborateurs, où qu’ils soient. Zscaler est la solution dominante, aujourd’hui.

Confiance transport : problème réglé.

 
Confiance Partage
 

AdS DPC Secure Cloud Sharing S 57198898C’est dans ce domaine que les fantasmes sur la non-confiance à accorder au cloud public sont les plus virulents :

  • Le grand méchant Google va lire mes mails.
  • La NSA va pirater mes données commerciales et les envoyer à mon concurrent américain.
  • Mes données personnelles vont se retrouver chez Microsoft maintenant qu’ils ont racheté LinkedIn.
  • ….

Oui, bien sûr, des risques majeurs existent lorsque des données sensibles sont stockées dans des centres de calcul. Oui, mais :

  • Ces risques sont beaucoup plus élevés dans des centres de calcul passoires, que certains continuent à appeler « clouds privés ». Toutes les failles importantes de sécurité de 2016 et 2017 ont eu lieu lorsque les entreprises géraient elles-mêmes leurs centres de calcul.
  • Les grands acteurs industriels du cloud public ont des moyens techniques et humains pour assurer la sécurité et la confidentialité des données qui leur sont confiées sans commune mesure avec ceux des entreprises, même les plus grandes.

Lisez attentivement ce que proposent AWS ou Google pour protéger leurs centres de calcul. Ensuite, posez-vous une question simple : est-ce que je suis capable d’offrir le même niveau de sécurité ?

Prenons deux exemples, le chiffrement et la réglementation européenne GDPR.

Microsoft win over US governmentAWS, Google ou Microsoft chiffrent toutes les données qui leur sont confiées. Quand je l’explique à mes interlocuteurs, il y en a toujours un pour me rétorquer : « Oui, mais ce sont eux qui ont la clef et ils la donneront si une autorité politique ou policière en fait la demande ». Les conditions dans lesquelles ils acceptent de le faire sont exceptionnelles, comme le montre cette victoire de Microsoft dans un procès avec le gouvernement américain.

Je ne résiste jamais au plaisir de poser à mon tour une question : quel est le pourcentage de vos données qui sont chiffrées dans vos centres de calcul ? La réponse que j’obtiens le plus souvent : 0 %.

AWS KMS Key Management Service bring your own keysPour rassurer leurs clients, nos champions du cloud public sont allés encore plus loin : ils proposent tous, comme AWS dans cet exemple, de chiffrer vos données avec une clef qui vous appartient, à laquelle ils n’ont pas accès.

 Fin mai 2018, la directive européenne sur la protection des données personnelles, la GDPR, s’imposera à toutes les organisations présentes en Europe, et c’est une excellente initiative. Cela a créé de superbes opportunités « business » pour juristes, professionnels de l’informatique et sociétés de services qui proposent d’aider les entreprises à être en règle avec la GDPR.

L’essentiel des données de mes entreprises est dans des clouds Google. J’ai reçu il y a quelques jours ce sympathique message de Google :

Google ready for GDPR

  • M’informant que tout était déjà prêt, en novembre 2017.
  • Me donnant le texte des nouvelles règles qui s’appliqueront, pour que j’aie le temps de les étudier.
  • Me confirmant que je n’aurai rien à faire le jour de la mise en vigueur de la GDPR, ils vont l’activer pour moi.

Dois-je rajouter que les mises en conformité GDPR de mes entreprises ne m’auront pas coûté 1 €, ni occupé une seule journée de travail d’un collaborateur ?

 

Synthèse

Passe Muraille MontmartreCette démarche simple, pragmatique, des « trois confiances » permet à toute organisation, quelle que soit sa taille, de créer un exceptionnel niveau de confiance pour accélérer sa transformation numérique.

Elle peut le faire en utilisant des solutions industrielles du marché, de haute qualité et qui seront de plus en performantes dans les mois et années qui viennent.

Libre à vous de rester sur vos vieilles démarches périmétriques, mais ne comptez pas sur moi pour vous accompagner… Le « passe muraille », célèbre monument de Montmartre à Paris : une excellente illustration de vos firewalls passoires si vous continuez dans cette voie sans issue.

 


Systems of Record, Systems of Engagement, Systems of Intelligence : LA réponse aux attentes numériques des clients internes du SI. Deuxième partie

 

SoR SoE Référentiels 3 bricksDans la première partie de cette analyse, j’ai mis en évidence l’importance de la création des trois premières briques de cette approche innovante :

  • SoR : Systems of Records
  • SoE : Systems of Engagement
  • Référentiels de données

Ensuite, et ensuite seulement, il est possible d’aller plus loin, en s’appuyant sur les potentiels de l’Intelligence Artificielle et des outils de Machine Learning, en développant des SoI, Systems of Intelligence.

  

SoI : Systems of Intelligence

SoI, Systems of Intelligence : on peut utiliser la même expression en français : « Systèmes d’intelligence ».

Rappel : j’ai écrit en 2016 deux billets détaillés, ici, et , sur les potentiels des solutions d’IA et de Machine Learning (IA/ML).

AdS DPC Data robinet S 105436910L’un des ingrédients essentiels de toute solution IA/ML est la possibilité d’utiliser des données, beaucoup de données, et des données fiables. Les entreprises qui oublient cette évidence iront dans le mur pour tous leurs projets IA/ML.

C’est pour cela que l’existence de référentiels fiables est un préalable à tout projet IA/ML. Ce n’est que quand cette première étape est terminée qu’il devient possible de mettre en œuvre des Sol.

SoR  SoE  SoI  Référentiels données

Quelles sont les caractéristiques de base d’un SoI ?

  • Il s’appuie sur les référentiels de l’entreprise.
  • Il est en priorité à la disposition des opérationnels pour les aider dans leurs activités.
  • Il joue le même rôle qu’un SoE, s’appuie sur les mêmes interfaces ; un opérationnel ne devrait pas voir de différences dans ses échanges avec un SoE et un SoI.
  • A la différence d’un SoE, construit par un ingénieur logiciel, un SoI est construit par des outils IA/ML ; sa logique n’est pas maîtrisée par un humain.
  • SoE et SoI sont complémentaires : il faudra beaucoup de pragmatisme pour choisir, cas par cas, quelle est la réponse qui apporte le plus de valeur aux opérationnels.

Les SoI ont-ils un rôle potentiel important dans la mutation numérique des entreprises ? Oui bien sûr. Les SoI sont-ils la réponse « magique » universelle ? Bien sûr que non. C’est une corde de plus à l’arc des outils des spécialistes des SI ; à eux de l’utiliser à bon escient.

  

Différents clients internes pour SoR, SoE, SoI

Construire un environnement numérique innovant s’appuie sur trois familles de solutions, SoR, SoE et SoI.

Je vous propose aussi de segmenter les « clients internes » en… trois familles !

SoR  SoE  Clients opérationnels  informationnels

Remarque : pour la clarté du schéma, je n’ai pas représenté les SoI ; ils sont à mettre en parallèle avec les SoE, ils jouent le même rôle, ont les mêmes clients internes prioritaires.

1 - Spécialistes informationnels : ce sont des personnes qui passent l’essentiel de leur temps sur des activités informationnelles complexes. Ils sont en majorité dans les sièges des entreprises, dans des fonctions supports. Ils sont contrôleurs de gestion, spécialistes de la paye, ou à la direction des achats. Ce sont les clients prioritaires des SoR, qu’ils vont utiliser plusieurs heures par jour.

AdS Plane cockpit S 107812956La richesse fonctionnelle de ces SoR, leur complexité d’usage ne font pas peur à ses spécialistes, au contraire, et ils en ont souvent objectivement besoin. Un pilote d’avion dispose d’un tableau de bord plus riche, plus complexe qu’un conducteur de voiture particulière.

L’erreur trop souvent commise a été de vouloir utiliser ces mêmes applications, ces mêmes interfaces spécialisées et complexes pour tous les collaborateurs de l’entreprise, en pensant que l’unicité des réponses était la  meilleure réponse.

Alexa Garmin screen2 - Opérationnels : ce sont des personnes dont le métier principal n’est pas lié à l’information. Ils sont chauffeurs routiers, ouvriers sur une ligne de montage d’avion ou agents de sécurité. Ils ont besoin, de temps en temps, d’accéder à des informations pour faire leur métier, mais ce n’est jamais leur activité dominante.

Les SoE et SoI construits pour eux doivent donner une absolue priorité à la simplicité d’usage, à la sélection des seules informations dont ils ont besoin. Le minimalisme sera la qualité principale de ces interfaces. La société Garmin vient d’annoncer un GPS « Voicebot », piloté par Alexa d’Amazon qui illustre très bien cette tendance de fond. Difficile d’imaginer un affichage plus simple !

3 - Informationnels : ce sont des personnes, opérationnelles, pour qui l’information représente une partie importante de leurs activités. Un responsable de planning en usine, un commercial sur le terrain, un agent de maintenance sont représentatifs de cette famille, nombreuse et variée, de clients des SI.

AdS DPC huge planning screen S 171568550Les SoE et SoI construits pour eux seront plus riches en contenus que ceux des opérationnels, mais ils doivent aussi donner la priorité à une ergonomie qui privilégie la simplicité et l’adaptation au contexte. Un responsable de planning aura peut-être besoin d’un écran fixe de 80 pouces quand le commercial sera mieux servi par un Chromebook de 11 pouces.

La variété des objets d’accès, la variété des informations utiles seront maximales pour ces populations d’informationnels : le nombre de SoE et SoI spécialisés à construire pour eux représente un vrai challenge pour les équipes d’ingénieurs logiciels. C’est la population qui aura le plus besoin d’un SoI, capable de prendre en compte ces différents contextes professionnels.

Je n’ai pas encore rencontré une entreprise qui segmente ses clients internes selon cette typologie. C’est, à mon avis, un axe majeur d’amélioration rapide des solutions numériques à déployer, et qui sera accueilli à bras ouverts par… tous les collaborateurs de l’entreprise. Pour la première fois, les SI seront construits en tenant compte de la réalité de leurs activités quotidiennes !

  

Synthèse

AdS DPC hands with 9 fingers S 95792846Trois familles de solutions, SoR, SoE et SoI ; trois familles de clients internes, spécialistes informationnels, opérationnels et informationnels. Accepter le principe de cette matrice à 9 positions, c’est faire un pas de géant vers des solutions numériques qui collent aux attentes de l’entreprise et de ces collaborateurs. C’est aussi, une fois de plus, dire adieu aux vieux mythes de l’unicité et des solutions intégrées !

Un beau chantier pour les 2 ou 3 années qui viennent…

 


Systems of Record, Systems of Engagement, Systems of Intelligence : LA réponse aux attentes numériques des clients internes du SI. Première partie

 

AdS DPC emerge - plant in snow S 77470873Une nouvelle approche des Systèmes d’Information (SI) émerge : elle demandera une très profonde et très rapide refonte de tous les SI existants !

C’est aussi l’une des réponses aux défis que je posais dans mon précédent billet sur l’inversion des priorités du SI entre le siège et le terrain.

Cette nouvelle approche organise un SI autour de trois composants :

  • SoR : Systems of Records
  • SoE : Systems of Engagement
  • SoI : Systems of Intelligence

Pour assurer la cohérence entre ces trois composants, il est impératif de créer des référentiels de données fiables.

Une fois de plus, cette logique de « composants » met en miettes l’utopie des solutions intégrées ; j’y reviendrai tout au long de ce billet.

En route pour une présentation de ces différents composants…

  

SoR : Systems of Records 

SoR peut être traduit en français par « Systèmes d’Enregistrements ».

Ce sont toutes les applications, ou plutôt les services, qui ont comme objectif principal de créer des contenus informationnels fiables.

La variété de ces contenus est maximale dans les entreprises industrielles ; elles serviront donc de modèle dans ce texte.  Les cinq principales familles universelles de contenus à créer sont :

SoR  Référentiels données

  • Clients, et plus généralement tous les acteurs externes avec lesquels l’entreprise a des échanges.
  • Finance : tous les flux financiers qui traversent l’entreprise.
  • RH, Ressources Humaines : les informations sur les collaborateurs de l’entreprise.
  • Production : les informations permettant la gestion des usines : gestion de production, approvisionnements…
  • IIoT : Industrial Internet of Things : informations sur les machines utilisées dans l’entreprise.

Chaque famille de services est responsable de la création de son référentiel spécifique de données.

Une famille de services = un référentiel : c’est par cette approche composants que l’on peut créer un SI de qualité, fiable et évolutif.

J’ai écrit récemment tout le mal que je pensais des solutions « intégrées ».

Comment peut-on encore imaginer une seconde qu’un seul service soit capable de gérer efficacement des référentiels aussi différents que les clients, les salariés ou les machines-outils !

 

Le rôle clef des référentiels

Les SoR sont responsables de la qualité des référentiels de données. Il doivent permettre de créer une « Single Source of Trust », Source Unique de Confiance, c’est vital, et c’est difficile.

Dans la majorité des entreprises, ces sources uniques de confiance n’existent pas, ce qui se traduit par la création de dizaines d’applications Excel ou de fichiers Access, avec des taux d’erreurs dépassant les 70 % et la garantie d’une absolue incohérence des données.

Il faut aborder immédiatement un sujet capital : les entreprises doivent reprendre la main sur leurs référentiels et les gérer, indépendamment des services SoR qui les alimentent.

Je vais m’appuyer sur l’exemple, raisonnablement simple, du référentiel RH pour montrer l’importance de cette indépendance.

Séparation SoR - Référentiels RH

J’ai représenté sur ce schéma trois « services » dont a besoin toute DRH :

  • Un service organigramme, un « LinkedIn interne », permettant à chacun de savoir qui est qui, sa place dans l’organisation, son parcours professionnel… Moins de 10 % des grandes entreprises sont aujourd’hui capables de proposer ce service, pourtant essentiel.
  • Un service paye, qui lui est présent dans toutes les entreprises !
  • Un ou plusieurs services de gestion des RH, tels que formation, plan de carrière, évaluation ou succession.

Dans ces cas aussi, la logique ancienne « d’applications »  est remplacée par celle de « services », qui porte le message de la modularité et de la capacité d’échanger avec d’autres services par API ou WebServices.

Comment gérer ce « SoR RH » en garantissant l’efficacité, la souplesse, la réactivité ?

  • Choisir pour chaque service des solutions « best of breed ». Les bons logiciels SaaS de gestion RH, tels que TalentSoft, ne proposent pas les services de paye.
  • Gérer la paye en France est l’un des sujets les plus complexes du monde ! La DRH peut choisir un éditeur spécialisé ou… externaliser la paye, ce qui lui élimine beaucoup de problèmes.
  • Créer un référentiel RH maison : l’erreur historique a consisté à choisir l’un des services comme référentiel, par exemple le service de paye. Que se passe-t-il ensuite si l’on décide de changer de fournisseur ? Il faut reconstruire son référentiel !

Intégration SoR - Référentiels RH Le comportement scandaleux des grands éditeurs historiques, tels que SAP ou Oracle, rend cette indépendance référentiels - services encore plus indispensable aujourd’hui. Ils exigent maintenant que les entreprises payent des licences pour des « accès indirects » à leurs propres données !

C’est une démarche inacceptable qui a pour objectif d’obliger les entreprises à rester sur ces solutions intégrées, fin de vie. Ces éditeurs « legacy » sont paniqués par l’arrivée des solutions SaaS dédiées, efficaces, économiques, modulaires, mise en œuvre en quelques semaines ou quelques mois, à l’inverse des ERP catastrophes actuels. 

Avec la démarche d’indépendance entre les référentiels et les services, y compris « legacy » que je propose, ce risque majeur disparaît enfin.

Risque majeur ? Posez la question à Diageo et au brasseur belge AB InBev à qui SAP réclame respectivement 64 M€ et 600 M$ pour des… accès indirects.

SAP Accès Indirects Diageo Belge

Avec de telles sommes, une entreprise a largement de quoi investir dans des référentiels maison, pérennes et de qualité !

  

SoE : Systems of Engagement

SoE peut être maintenu en français en « Systèmes d'Engagement ». 

MAJ 23/10/2017 : dans une première version du billet, j'avais utilisé "Systèmes de Contrats", mais plusieurs personnes m'ont suggéré de garder engagement.

Les SoE sont des services construits pour répondre aux attentes des personnes du terrain, aux opérationnels.

SoR  SoE  Référentiels données

Quelles sont les principales caractéristiques de ces SoE de nouvelle génération ?

  • Un SoE ne parle jamais directement aux SoR, pour garantir modularité et évolutivité du SI et éviter les risques graves liés aux accès indirects déjà évoqués.
  • Un SoE se branche sur les référentiels de données dont il a besoin, et seulement sur ceux utiles pour les opérationnels concernés.
  • Il devient nécessaire de construire de très nombreux SoE, spécifiques de chaque métier que l’on souhaite aider. Le SoE qui aide un cariste à trouver la prochaine charge à transporter n’a rien avoir avec le SoE qui aide le responsable de la planification dans l’usine.
  • Les interfaces des SoE s’appuient, cas par cas, sur les solutions les plus ergonomiques disponibles. Comme le montre le schéma, on peut utiliser :
    • Un navigateur, qui garantit l’universalité d’accès sur tout objet.
    • Une application mobile, iOS ou Android. Il existe de nombreux outils permettant aujourd’hui d’écrire en une seule fois des services qui peuvent être présentés sur navigateur, iOS et Android.
    • Un Chatbot : cette approche, encore peu répandue, répond très bien aux attentes des opérationnels du terrain, qui souvent n’ont pas d’adresse email.
    • Un Voicebot, variante d’un Chatbot utilisant l’interface voix.

Pour construire ces nombreux services SoE, chaque entreprise doit avoir, en interne, des équipes de développeurs, des ingénieurs logiciels, qui maîtrisent des outils tels que :

  • Un BPM pour construire des processus légers spécifiques.
  • Des solutions de BI, Business Intelligence, qui se branchent sur les référentiels et garantissent que tout le monde partage la « même source unique de confiance ».

SoE - Developers & tools

Proposer à chaque opérationnel un service adapté à ses véritables attentes informationnelles change profondément la donne. Au lieu de l’obliger à aller à la pêche aux informations dans des applications legacy complexes, à l’ergonomie détestable, un opérationnel dispose des seules informations dont il a vraiment besoin. Dans l’immense majorité des cas, ces besoins sont très simples ; un ingénieur logiciel, qui travaille à côté des opérationnels, peut construire des services spécifiques en quelques heures, ou quelques jours.

  

Résumé

AdS DPC Time multiclock SS 65784767Construire les SoR, référentiels et SoE qui répondent, enfin, aux véritables attentes des opérationnels, cela peut prendre de nombreuses années, surtout dans les grandes organisations traditionnelles.

Ensuite, et ensuite seulement, on pourra envisager de rajouter les SoI, Systems of Intelligence. C’est ce que je présenterai dans mon prochain billet.

 


Siège vs terrain : inverser les priorités du Système d’Information

 

Fléches inverseJ’accompagne des entreprises de tout secteur, de toute taille, dans l’amélioration de leurs Systèmes d’Information (SI).

Je passe l’essentiel de mon temps sur le terrain, dans les usines, dans les bureaux locaux, pour comprendre la réalité des attentes et des usages.

Le décalage entre la vision théorique des personnes du siège et la réalité pratique du terrain est très fort ; ce décalage représente un danger majeur pour la performance des entreprises.

Il devient urgent, urgentissime, d’inverser les priorités du SI et de donner plus de pouvoir, d’importance au terrain.

 

Aujourd’hui : priorité au siège

Siège terrain - Aujourd'huiLes SI sont construits par des informaticiens, au siège, pour des dirigeants, au siège, pour répondre aux attentes des salariés des directions centrales, au siège. Il ne faut donc pas s’étonner que ces SI soient bien reçus par les collaborateurs… du siège.

Il existe aussi un monde lointain, différent, que l’on appelle le terrain, sur lequel ne s’aventurent jamais les dirigeants et les informaticiens. Il faudrait pour cela quitter des bureaux climatisés, dans les beaux quartiers, et rentrer dans des territoires bizarres, où l’on rencontre des personnes bizarres, qui sont en contact direct avec les machines ou les clients. Ces créatures bizarres travaillent de manière « bizarre » et ne suivent jamais les consignes et les processus « intelligents » construits par les populations supérieures des sièges qui « savent » comment il faut faire, même s’ils n’ont jamais mis les pieds sur ces terrains lointains.

Ces SI hypertrophiés siège sont ceux que je rencontre le plus dans mes missions. Ils contiennent des données fausses, qui ne représentent pas la réalité du terrain. Fournir au siège une image réelle du terrain serait très dangereux : tout décalage entre une image idéale de la réalité attendue par les collaborateurs du siège et ce qui se passe vraiment se traduirait immédiatement par des retours de bâtons punissant lourdement les « serfs » locaux qui osent déplaire aux puissants, aux sachants… du siège.

Et si l’on inversait la démarche, en donnant la priorité au terrain ?

 

Demain : priorité au terrain

Louis Terrain x 2Dès que possible, je demande aux dirigeants avec qui je travaille de passer du temps sur le terrain. Je leur propose aussi que des personnes de la DSI m’accompagnent dans ces visites terrain, chez eux. A ma grande surprise, je découvre souvent qu’ils n’avaient jamais entrepris cette démarche. Externe, je leur sers de guide sur le terrain de… leur propre entreprise !

Il n’est pas nécessaire de passer des dizaines de jours sur le terrain pour prendre conscience des graves déficiences de ces SI au service du siège.

Il suffit d’accompagner ces acteurs opérationnels dans leur mission, dans leurs activités quotidiennes pour découvrir que ces SI sont en permanence des empêcheurs de travailler efficacement. J’ai trop souvent l’impression qu’ils ont été construits pour rendre les opérationnels le moins efficace possible ! 

Le plus impressionnant, c’est l’extraordinaire bonne volonté de ces opérationnels du terrain qui font tout pour arriver à travailler, malgré les difficultés majeures, les bâtons dans les roues créées par ces SI.

Terrain siège - demainL’inversion des priorités devient urgente : il faut reconstruire un SI dont les clients principaux sont les acteurs du terrain et tout faire pour leur permettre de travailler efficacement, ce qu’ils arrivent malgré tout à faire aujourd’hui, en dépit des difficultés créées par les SI orientés siège.

La bonne nouvelle : ces SI orientés terrain sont beaucoup plus faciles et plus rapides à construire que les SI existants, orientés siège. Pourquoi ?

  • Les acteurs du terrain ont envie de bien travailler, de construire des produits de qualité, de répondre aux attentes des clients qu’ils rencontrent.
  • Leurs véritables besoins informationnels sont simples, et demandent rarement l’accès à des centaines de données.
  • C’est sur le terrain qu’il est possible de saisir des données exactes, correspondant à la réalité des activités des entreprises.

 

Un choc organisationnel et culturel très fort

AdS DPC Cultural shock S 136113354Simplifier la vie des opérationnels, leur faire confiance, mettre le SI en priorité à leur service… ce sont des changements majeurs, beaucoup plus organisationnels que techniques.

Ces difficultés, on ne les rencontrera pas sur le terrain, mais… au siège où les personnes devront s’adapter à un SI qui leur demande de tout faire pour rendre plus facile la vie quotidienne des opérationnels.

L’une des actions les plus efficaces, les plus simples pour réduire ce choc organisationnel : demander à chaque collaborateur du siège de passer une semaine sur le terrain, non pas en visite, mais en acteur !

Plaque J du BellayLa première population « siège » à envoyer sur le terrain ? Les informaticiens, tous les informaticiens ! Ils reviendront, comme Ulysse dans le poème de Joachim du Bellay, « plein d’usage et raison », en se demandant comment ils ont pu construire des SI aussi catastrophiques, aussi loin de la réalité des attentes, simples, du terrain.

Comment reconstruire ces SI donnant la priorité au terrain ? Je reviendrai très vite sur ce sujet.

  


Solutions intégrées, un danger mortel pour les entreprises

 

AdS DPC integrated with Man SS 84207398Je rencontre encore trop souvent des professionnels des Systèmes d’Information (SI) qui continuent à penser que le « nirvana », pour leur entreprise, serait une solution intégrée, bien sûr proposée par un seul fournisseur.

Les échecs universels des ERP intégrés au cours des 25 dernières années n’ont hélas pas servi de leçon.

Je reviens aujourd’hui sur ce sujet, car les dangers de cette vision « intégrée » d’un SI deviennent mortels dans un monde où tout évolue de plus en plus vite :

  • Les attentes des clients externes et internes.
  • La richesse et la variété des solutions disponibles.
  • Le besoin de réactivité des entreprises, publiques et privées pour s’adapter à un monde aux évolutions imprévisibles.

 

Le modèle du couteau suisse

Couteau suisse géantJe vais utiliser dans ce billet mon outil intégré favori, le couteau suisse le plus spectaculaire, fabriqué par Wenger.

Ce modèle réunit tout ce qu’ils ont réussi à mettre dans un couteau...de poche, 87 outils pour 141 fonctions !!! Un grand bravo aux ingénieurs qui ont réussi à mettre en moyenne deux fonctions par lame. Son poids : 1.345 kg. Le couteau est livré dans un coffret en bois, accompagné du très officiel certificat, délivré par le Guiness World Records Book, qui vous garantit que vous avez le modèle le plus complet disponible sur le marché.

Je n’ai pas trouvé une image plus forte pour illustrer l’absurdité des solutions intégrées. Vous serez d’accord avec moi pour dire que cet objet contient :

  • La meilleure scie pour préparer votre bois pour l’hiver.
  • La lame la plus performante pour découper un jambon.
  • L’objet le plus commode pour couper vos ongles.

J’espère que chaque fois qu’un fournisseur informatique vous parlera des mérites de sa solution « intégrée », il fera apparaître dans votre esprit cette image du couteau suisse qui fait tout, qui fait tout très mal.

 

Moyen de transports « intégrés »

Le monde du transport illustre bien la valeur d’une approche industrielle, « best of breed », à l’opposé de l’intégré, pour répondre aux attentes du marché.

C’est un domaine d’extrême spécialisation, comme l’illustre ce schéma.

Solutions Intégrées transport

Trains, avions, bateaux, voitures, bicyclettes, nous avons à notre disposition un grand nombre de moyens de transports différents. Dans chaque famille, il existe des milliers d’objets différents pour nous permettre de choisir celui qui correspond le mieux à nos besoins ou nos attentes.
Les compétences nécessaires pour bien maîtriser ces objets sont elles aussi très différentes. Certaines peuvent être très répandues, comme la capacité d’utiliser une voiture ou une bicyclette, les outils « bureautiques » universels.

D’autres demandent des compétences beaucoup plus fortes, un apprentissage de plusieurs années, comme celles d’un pilote d’avion, les outils informatiques structurés.

Flying carsUn exemple emblématique montre à quel point il est difficile, et déraisonnable de vouloir « intégrer » : qui n’a jamais rêvé, coincé dans un embouteillage, de pouvoir décoller pour en sortir. Cela fait des dizaines d’années que de brillants ingénieurs cherchent à construire une « voiture volante » ou un « avion qui roule », en combinant 2 modes de transport en un seul. Cela fait des dizaines d’années que le marché des voitures volantes reste… cloué au sol.

Cela n’empêche pas de nombreux investisseurs, y compris en Silicon Valley, de croire que ce marché va décoller.


Même si, un jour,  c’était le cas, il faudrait immédiatement pousser plus loin l’intégration et exiger que ces voitures volantes sachent aussi…naviguer en devenant amphibies.

 

Solutions informatiques « intégrées »

A l’inverse du monde industriel du transport, l’informatique a grandi autour du mythe des solutions intégrées. C’est surtout vrai dans le domaine des logiciels d’entreprises.

Solutions Intégrées IT

Les fonctionnalités dont peut avoir besoin une entreprise sont aussi variées que les moyens de transport :

  • Gestion commerciale, CRM
  • Marketing
  • Paye
  • Gestion des ressources humaines
  • Logistique
  • Gestion de production
  • Supply Chain
  • ….

Les « clients » de ces solutions sont eux aussi très divers dans leurs activités, leurs compétences et leurs attentes :

  • Commercial
  • Ouvrier spécialisé
  • Informaticien
  • Agriculteur
  • Electricien
  • ….

 Si le bon sens avait été présent dans les directions informatiques, il y a longtemps que l’on aurait compris qu’il fallait des outils différents, pour des fonctions différentes et des clients différents.

Ulysse et sirènes SHélas, les directions informatiques sont tombées sous le charme de deux redoutables familles de « Sirènes », les éditeurs d’ERP intégrés et les grandes sociétés de services informatiques ravies de récupérer des contrats de mise en œuvre pluriannuels qui se chiffraient en millions d’euros.

A l’inverse d’Ulysse, qui s’était fait attacher au mât de son bateau pour résister à leurs chants, elles n’ont pas eu l’intelligence de se préparer à ce danger.

Les deux plus redoutables de ces sirènes assassines sont SAP et Oracle, qui ont réussi à coloniser les SI de la majorité des grandes organisations.

Solutions Intégrées IT SAP - Oracle

Cette malédiction des solutions intégrées n’est pas irrémédiable ; il est aujourd’hui possible d’y échapper en s’appuyant sur les solutions innovantes nées avec les Clouds Publics et les solutions SaaS, Software as a Service. 

 

Différentes fonctions, différents clients, différentes solutions

A chacun sa compétence ! C’est une évidence dans le monde « normal », depuis des décennies. Les industriels ont compris depuis longtemps que fabriquer un produit de qualité, compétitif, est très difficile et les oblige à y consacrer toute leur énergie.

Solutions transports - FournisseursJe pense que vous serez tous d’accord pour dire que j’ai établi dans ce schéma et cette liste les « meilleurs » liens entre un moyen de transport et le fournisseur le mieux placé pour répondre à ma demande :

  • Renault pour les avions.
  • Airbus pour les trains.
  • Alstom pour les bateaux.
  • Beneteau pour les voitures.

Feriez-vous confiance à Michelin s’il venait vous vendre des pare-brises ? Feriez-vous confiance Saint-Gobain s’il venait vous vendre des pneumatiques ?

Bien sûr que non !

CharlatanExpliquez-moi alors pourquoi vous faites encore aveuglément confiance à ces éditeurs de solutions intégrées, ces vendeurs de pilules miracles, ces charlatans, qui vous vendent un ensemble intégré contenant un CRM, un outil de gestion de production, un autre pour les ressources humaines…

Il est urgent de sortir de votre crédibilité moyenâgeuse !

DPC SaaS blackboard S Dans le monde des solutions logicielles, ce mouvement de spécialisation est devenu possible, depuis plus de dix ans, avec l’arrivée de plusieurs milliers de véritables solutions SaaS. Il permet aux responsables informatiques et aux entreprises de trouver rapidement d’excellentes solutions spécialisées, répondant bien aux différentes attentes des clients.

Pour chaque famille de demandes, il existe maintenant plusieurs solutions. L’offre n’est pas encore aussi riche que dans le monde de l’automobile, mais elle est aujourd’hui suffisante pour répondre, bien, à l’essentiel des attentes de vos clients.

  

Le challenge de la cohérence 

Une majorité de dirigeants et responsables informatiques comprennent que la démarche « intégrée » est dangereuse et sont sensibles aux avantages d’une approche « Best of Breed ».

COHERENCELa première question qu’ils me posent est celle de la cohérence du SI, et c’est évidemment une question pertinente.

Je suis souvent amené à leur retourner la question et à m’interroger sur la cohérence du SI intégré actuel. La situation est souvent catastrophique, surtout dans les grandes organisations ; des dizaines d’instances différentes de « L’ERP intégré », sont déployées, sous différentes versions, mises en œuvre par des sociétés de service différentes. Quand on va sur le terrain, on découvre des centaines, des milliers d’applications Excel qui sont les principales sources, fausses, d’information pour des milliers de personnes !

Mettre en place un nouveau SI qui soit moins cohérent que l’ancien, c’est souvent un challenge impossible à relever !

L’excellente nouvelle, c’est qu’il est maintenant possible de construire un SI cohérent avec des composants différents, plus facilement qu’avec les anciennes approches intégrées.

Cette cohérence s’obtient en agissant sur deux axes :

Installation d’une plateforme d’AaaS : Aggregation as a Service.

C’est un sujet que j’ai déjà traité dans ce blog ; ces solutions AaaS sont un élément clef, indispensable, de tout SI moderne. La bonne nouvelle, c’est que les offres, Cloud évidemment, sont aujourd’hui solides et performantes.

AaaS SolutionsCinq des solutions disponibles sont :

  • Mulesoft
  • Jitterbit
  • SnapLogic
  • Workato
  • Crosscut

Les solutions IaaS permettent des échanges structurés par connecteurs, API ou WebServices.

Création de plusieurs référentiels de données

C’est un sujet qui va devenir vital dans les années qui viennent, et je vais y consacrer prochainement un billet complet. Il s’agit de créer plusieurs référentiels par grandes familles de données, RH, commercial, financières, techniques… Ces référentiels seront des sources de données cohérentes pour toutes les applications « Best of Breed ».

Si je devais recommander une seule bonne résolution à prendre pour l’année 2018, se serait sans hésitation :

Abandon définitif de l’idée absurde

des solutions informatiques intégrées

 

Solutions intégrées = tout, tout mal

 


Le Cloud Public expliqué à une… Direction financière

 

Chenille PapillonIl existe encore de nombreuses, trop nombreuses DSI, Direction des Systèmes d’Information, rattachées à une Direction financière.

Il est temps que, à l’image de la chenille qui se transforme en papillon pour prendre son envol, les DSI s’émancipent du carcan de la Direction financière.

En même temps, l’évolution des métiers financiers peut servir de guide à ce qui doit se passer dans le monde des Systèmes d’Information.

 

Evolution métiers des Directions financières au XXe siècle

Il était fréquent, au début du XXe siècle que les grandes entreprises gèrent leurs propres banques.

Finances - Ancien monde

Il était « risqué » de faire confiance à des banques externes, et ces entreprises pensaient que leur argent était plus en sécurité à l’intérieur de leurs murs !

Aujourd’hui, toutes les entreprises ont abandonné cette fonction « banque interne » et ont externalisé ces activités, non cœur métier, à des banques professionnelles à qui elles font « confiance ».

Finances - nouveau monde

Il existe d’excellents logiciels SaaS, Software as a Service, tel que Kyriba, pour les aider à gérer leurs finances et trésoreries réparties dans plusieurs banques.

Avec un décalage de plusieurs dizaines d’années, ces mêmes entreprises vont faire suivre le même chemin à leurs centres de calcul.

  

Les centres de calcul, au début du XXIe siècle

Au début de ce siècle, toutes les entreprises géraient elles-mêmes leurs centres de calcul, qui abritaient leurs applications informatiques.

Centre Calcul Privés - Ancien monde

Protégées par des pare-feu censés les protéger des « méchants » vivant à l’extérieur, les bandits de la forêt de Sherwood, elles confiaient leur Système d’Information à des collaborateurs internes.

Il y a urgence à abandonner ces « ex bonnes pratiques » comme nous le rappellent tous les jours les catastrophes induites par cette gestion en interne.

  

La faillite des centres de calcul privés

Il ne se passe pas une seule semaine sans que l’on apprenne que de grandes entreprises ont été victimes de l’amateurisme de leurs équipes informatiques internes.

Sur les seuls 15 derniers jours du mois de mai 2017, j’ai retenu trois « incidents » qui ont frappé des « PME » européennes.

A la suite de l’attaque WannayCry, qui ne pouvait se diffuser que dans des centres de calcul incapables d’avoir des serveurs à jour des correctifs de sécurité Windows, des dizaines d’entreprises ont subi des pertes importantes. 

Renault a fermé l’une de ses usines pendant toute une journée.

Usine Renault à l'arrêt

  • Quel est le coût financier de cet arrêt en perte de Chiffres d’Affaires dû à la non-production des voitures ?
  • Quel est le coût pour Renault de cet arrêt sur le plan de l’image de l’entreprise ?

Telefonica todos à casaTelefónica, l’opérateur national de télécommunications en Espagne a envoyé un message à tous ses collaborateurs :

  • Arrêtez immédiatement tous vos ordinateurs.
  • Rentrez chez vous !

Mêmes questions :

  • Quel est le coût financier de cet arrêt en perte d’activités ?
  • Quel est le coût pour Telefónica de cet arrêt sur le plan de l’image de l’entreprise ?

A la suite d’une panne informatique, British Airways a été obligé d’annuler tous ses vols au départ de Londres pendant le Week End.

British airways cancels flights

  • Quel est le coût financier de cet arrêt en perte de Chiffres d’Affaires dû à l’annulation de plusieurs centaines de vols ?
  • Quel est le coût pour British Airways de cet arrêt sur le plan de l’image de l’entreprise ?

Arrêtons ces massacres ! Il est temps que tous les DSI, de toutes les entreprises du monde, comprennent qu’ils n’ont ni les compétences ni les ressources pour gérer professionnellement leurs centres de calcul privés. Ces centres de calcul privés sont de véritables passoires à la merci d’attaquants professionnels qui ne vont plus leur laisser une seule chance de protéger efficacement leurs entreprises.

Et ne venez pas me dire que vous êtes bien meilleur que les DSI de Renault, Telefónica ou British Airways ; ce sont sûrement des personnes de qualité qui essaient de faire, le mieux possible, leur métier. Ils sont simplement face à une réalité que beaucoup ont du mal à accepter : gérer un centre de calcul privé de manière efficace et sécurisée est devenu une tâche impossible.

 

Le Cloud Public, seule solution raisonnable en 2017

Il y a dix ans, Amazon créait, avec son département AWS, Amazon Web Services, le premier acteur du marché IaaS, Infrastructure as a Service. Aujourd’hui, les trois grands fournisseurs de plateformes IaaS, AWS, Google Cloud Platform et Microsoft Azure ont gagné la bataille du Cloud : les solutions Cloud Public vont faire disparaître tous les centres de calcul privés, que certains persistent à appeler Clouds Privés.

Des milliers d’entreprises aujourd’hui, toutes demain, feront confiance à ces géants industriels pour gérer leurs infrastructures informatiques, comme elles ont confié leur argent à de grandes banques.

Cloud Public - Nouveau Monde

Pour assurer cette « confiance », il existe un grand nombre de solutions SaaS, Software as a Service, tel que Zscaler présenté sur ce graphique, permettant de construire une plateforme de « Trust », TaaS, Trust as a Service. 

Avant que cette victoire du Cloud Public ne soit complète, il reste un dernier obstacle à franchir, et il est de taille : la réticence, la résistance de quelques DSI qui n’ont pas le courage de sauter le pas, qui craignent, à tort, de perdre le contrôle de leurs infrastructures.

  

Résumé

Les Directeurs financiers des entreprises ont compris, il y a longtemps, qu’il n’était pas raisonnable d’essayer d’être aussi efficaces que des banquiers professionnels.

Les DSI des entreprises comprennent, aujourd’hui, qu’il n’est pas raisonnable d’essayer d’être aussi efficaces que des fournisseurs de Clouds Publics d’infrastructures.

Les quatre schémas de ce billet montrent comment les entreprises vont répliquer les décisions prises sur les "banques internes" dans les "infrastructures informatiques internes".

AdS DPC Time for action S 55654090Attendrez-vous d’être la prochaine victime d’une cyberattaque pour basculer sur le Cloud Public ?

Attendrez-vous le prochain plantage de votre centre de calcul privé actuel pour basculer sur le Cloud Public ?

Il est plus intelligent de devancer une catastrophe annoncée, inéluctable, et de préparer, aujourd’hui, la migration de vos infrastructures informatiques sur des Clouds Publics industriels, économiques, surs et pérennes.

 


2017 : après 2007, autre année charnière pour l’innovation technologique ? Troisième partie

 

AdS DPC Numbers 3 S- 33894499Dans la première partie de cette série de billets, j’ai présenté les sept technologies nées en 2007 et qui sont devenues incontournables en 2017.

Dans la deuxième partie, j’ai abordé deux sujets : la croissance exponentielle des performances et le rôle essentiel des microprocesseurs spécialisés. 

Dans cette troisième partie, je traite le thème 2, Intelligence Artificielle et Machine Learning.

 

Intelligence Artificielle (IA), Machine Learning (ML)

En 2016, j’ai écrit deux billets sur « La décennie Machine Learning », ici et .

Début 2017, j’ai analysé les trois niveaux de l’Intelligence Artificielle dans deux textes, ici, et .

Aujourd’hui, ce sont les impacts à long terme de l’IA et du ML que je vous propose d’anticiper.

2007 - Cloud  2017 - Machine Learning - ExponentialLa croissance « exponentielle » des usages IA/ML sera encore plus rapide que celle du Cloud Computing au cours de la décennie 2007 - 2016.    

Image Interview Jeff BezosAvec l’IA et le ML, nous sommes au tout début d’une révolution majeure. Jeff Bezos, PDG d’Amazon, l’a bien résumé dans une interview récente :

« Machine Learning et Intelligence Artificielle sont une couche horizontale à haut potentiel. Ils vont améliorer et donner plus de potentiels à toutes les entreprises, toutes les organisations gouvernementales, tous les organismes à but non lucratif. En pratique, il n’existe pas une seule institution dans le monde qui ne peut pas être améliorée par le Machine Learning ».

Il y a deux messages clefs dans cette analyse :

  • Technologies horizontales, transverses.
  • Impacts universels, dans tous les secteurs d’activité.

 

IA et ML, technologies horizontales, transverses

Dans la deuxième partie de cette analyse, j’ai insisté sur l’apport des processeurs spécialisés à l’IA et au ML ; ils vont rendre possibles des milliers de nouvelles applications que personne, aujourd’hui, n’est capable d’imaginer. 

Les solutions horizontales d’IA/ML sont déjà disponibles dans toutes les grandes plateformes Cloud Public, IaaS, SaaS et PaaS. Ceci permet aux organisations de toute taille, de tout secteur, d’ajouter de l’IA et du ML dans tous leurs usages informatiques. Demain, IA et ML seront « natifs » dans les solutions SaaS du marché mises en œuvre. La priorité, en 2017, est donc d’imaginer comment les applications « cœur métier », développées en interne, peuvent aujourd’hui s’appuyer sur l’IA et le ML pour offrir des services innovants, porteurs de compétitivité et de différentiation.

Trois composants BIS - Infra  Soutien  Métiers -IA ML

Comme ces solutions techniques sont disponibles sur des clouds publics, les PME peuvent lutter à armes égales avec les grandes organisations. Les Directions Générales et les DSI qui seront les premiers à déployer ces usages IA/ML innovants vont donner à leur entreprise une longueur d’avance sur la concurrence.

Il est essentiel de comprendre qu’une entreprise « normale », qui n’a pas les moyens d’embaucher des spécialistes de haut niveau de l’IA/ML, pourra accéder à des solutions mettant à sa disposition des fonctionnalités très avancées, dont la complexité sera masquée grâce aux efforts des ingénieurs logiciels des grands fournisseurs de plateformes d’IA/ML.

Je vous propose de rajouter à chaque nouveau projet d’application cœur métier une ligne : « comment utiliser l’IA et le ML pour rendre cette application plus compétitive ? »

  

IA et ML, impacts universels

L’IA et le ML seront omniprésents en 2027. Les 5 ou 6 milliards d’internautes utiliseront de manière transparente et naturelle des solutions d’IA/ML dans toutes leurs activités personnelles et professionnelles. J’ai beaucoup de mal à imaginer l’étendue et la variété de mes usages ML/IA quotidiens, transparents en 2021.

La vie quotidienne de milliards de personnes dépendra de plus en plus de ces outils ML/IA, comme elle dépend déjà aujourd’hui de l’électricité et de leur smartphone. Nous en avons déjà les prémices aujourd’hui ; je prendrai un seul exemple :

Smart Traffic for FranceBeaucoup de personnes ne sont plus capables de s’orienter dans leurs déplacements sans des applications comme Google Maps ou Waze qui leur dictent le meilleur chemin d’un point A à un point B. Il existe même une application dédiée à la France, Smart Traffic !

Les conséquences à long terme en sont très claires et … inquiétantes :

Addiction ML et IA

En 2027, il n’existera plus une seule activité économique dans le monde, plus une seule personne, qui ne dépendra pas, pour sa vie et son activité quotidienne, de solutions très puissantes de Machine Learning et d’Intelligence Artificielle.

  

Les nouveaux maîtres du monde

Pour réussir dans le ML/IA, il est nécessaire de disposer :

  • De puissances de calcul infinies.
  • De capacités de stockage infinies.
  • De « Zetta octets » de données.
  • D’outils très puissants de ML/IA, matériels et logiciels.
  • D’équipes de très haut niveau qui maîtrisent ces outils.

Aujourd’hui, dans les pays occidentaux, Amazon, Facebook, Google et Microsoft sont les seuls à disposer de ces cinq armes indispensables.

Masters of the Universe - A  F  G  M

Il s’y rajoute une dimension clef dont nous ne sommes pas tous conscients : l’avantage concurrentiel des entreprises qui maîtrisent ces outils augmente avec le temps. Les deux dimensions clefs de ce pouvoir sont les outils ML/IA et les données :

  • Plus j’ai de données, plus mes outils ML/IA deviennent performants.
  • Plus mes outils ML/IA s’améliorent, mieux ils sont capables de tirer de la valeur des données existantes.

 On rentre avec le ML/IA dans une spirale de la puissance qui, elle aussi, est… exponentielle !

On me pose souvent la question de la place d’Apple dans la période 2017 - 2027. Je n’ai pas cité Apple dans la liste des géants de demain, pourquoi ?

AdS DPC Rotten Apple S 57192021En mai 2017, Apple est l’entreprise qui a la plus forte valorisation boursière, proche de 800 milliards de dollars. Apple tire 70 % de ses revenus et de ces bénéfices de la plateforme iPhone. Cette dépendance ne garantit pas un avenir radieux pour Apple, car cette domination est fragile, comme on le verra dans un prochain texte. L’objet smartphone, l’interface tactile représentent une étape dans l’évolution des technologies ; nombreux sont ceux qui annoncent déjà la « fin du smartphone ». Si c’est le cas, Apple n’a, pour le moment, aucune source de revenus et de bénéfices capable de se substituer à l’iPhone.

BAT - Baidu Alibaba TencentDans 3 à 5 ans, les leaders occidentaux du ML/IA seront rejoints par leurs équivalents chinois, qui ont pour nom Baidu, Alibaba ou Tencent, regroupés sous le nom BAT. Ces géants asiatiques investissent massivement dans l’IA et le ML, recrutent les meilleurs talents, y compris ceux de la Silicon Valley ou d’Europe, et disposent, grâce à la taille de leur marché, de toutes les données nécessaires pour alimenter leurs solutions d’IA/ML.

Il sera intéressant de voir si, dans quelques années, les différences fortes de comportement des populations, enregistrées dans ces bases de données, donnent naissance à des solutions d’IA/ML ayant des comportements…différents.

 

Synthèse

Abraham Lincoln on the futureEn 2027, toutes les entreprises, tous les particuliers utiliseront, des dizaines de fois par jour, des outils dans lesquels l’Intelligence Artificielle et le Machine Learning seront omniprésents.

Quels en seront les impacts ? Je pense que personne ne peut répondre avec précision à cette question. Ce n’est pas une raison pour ne pas investir immédiatement dans ces technologies, au contraire.

Comme le disait Abraham Lincoln : « Le meilleur moyen de prédire l’avenir, c’est de le créer. ».


7 questions sur vos outils informatiques... pour évaluer votre capacité d’innovation

 

Boule cristal - InnovantEt si les outils informatiques que vous utilisez étaient des prédicteurs forts de la capacité d’innovation de votre entreprise ?

C’est une question que je me pose de plus en plus, ayant l’opportunité de rencontrer de nombreuses entreprises en France et à l’étranger.

Je suis aujourd’hui arrivé à la conclusion que je peux rapidement, et avec une marge d’erreur faible, déterminer la capacité d’innovation d’une entreprise en utilisant sept grandes options technologiques universelles.

Ceci me permet de calculer un «indice d’innovation» qui va de 0 à 7, en fonction des choix faits par une entreprise pour chaque grande option.

Alors, êtes-vous une entreprise traditionnelle ou une entreprise innovante ? Après avoir indiqué quels sont vos choix dans ces 7 options technologiques, vous serez capables de calculer l’indice d’innovation de votre entreprise.

  

Outils de communication et collaboration

DPC World collaboration SS 42614334La majorité des entreprises ont enfin compris que la gestion en interne de leur messagerie n’était plus d’actualité. Elles ont déployé, ou vont déployer, l’une des deux solutions dominantes dans le monde, G Suite de Google (nouveau nom de Google Apps) ou Office 365 de Microsoft.

J’ai souvent écrit sur ce sujet, en particulier dans ces deux billets, ici et .

En 2017, la situation est claire :

  • G Suite et Office 365 sont deux solutions solides, pérennes et qui répondent aux attentes de toutes les entreprises.
  • Le choix ne se fait plus sur des critères «objectifs» tels que coût, fonctionnalités ou sécurité.
  • Le seul véritable critère de choix est la volonté d’affronter ou pas les résistances au changement. Il y a deux approches possibles :
    • Minimiser les changements d’usages, ne pas créer de vagues et faire une croix sur l’innovation ; on choisit Office 365.
    • Accepter des changements significatifs dans les usages, promouvoir le collaboratif natif et l’innovation : on choisit G Suite.

  

Infrastructures Cloud 

DPC Servers in Cloud S 43632244Depuis l’arrivée en 2006 sur le marché des infrastructures Cloud d’AWS, Amazon Web Services, le débat fait rage entre les partisans du Cloud Public et ceux du Cloud Privé.

J’ai toujours défendu dans ce blog l’idée que la seule réponse raisonnable est celle du Cloud Public, le Cloud Privé étant condamné à l’échec.

Dix ans après, je rencontre encore trop souvent des entreprises qui envisagent de déployer des solutions de Cloud Privé. Sécurité, confidentialité des données, dépendance de solutions américaines ou chinoises... tous ces arguments utilisés par les partisans du Cloud Privé ne sont que des alibis qui permettent de masquer une incapacité à innover.

En 2017, les jeux sont faits :

  • Seules les entreprises traditionnelles envisagent encore de déployer des solutions de Clouds Privés.
  • Toutes les entreprises innovantes ont fait le choix prioritaire du Cloud Public. 

 

Applications informatiques structurées

DPC Cloud Development S 53945228Cela fait plus de 25 ans que les entreprises sont tombées dans le piège mortel des «ERP intégrés» ; ces ERP sont aujourd’hui présents dans la majorité des entreprises, grandes ou moyennes.

Ces ERP intégrés sont des boulets qui freinent l’innovation et absorbent une trop grande partie des ressources de la DSI.

Face à cette situation préoccupante, il y a deux démarches possibles :

  • Continuer dans l’erreur ERP, investir sur de nouvelles versions, essayer de créer une version «unique» pour remplacer les dizaines de versions différentes présentes dans les pays. C’est la démarche suivie par les entreprises traditionnelles qui n’ont pas le courage de reconnaître qu’un ERP intégré est un cul-de-sac très dangereux.
  • Prendre le taureau par les cornes et choisir une démarche de solutions SaaS, «best of breed», pour remplacer, progressivement, des éléments de l’ERP intégré. Les entreprises qui choisissent ce chemin, difficile et courageux, sont les seules qui seront capables d’innover dans leurs usages informatiques structurés.

  

Postes de travail

DPC Browser S 76416616Cela fait aussi plus de 25 ans, depuis l’arrivée du tandem Windows/office, que les PC «Wintel» sont et restent le poste de travail dominant dans les entreprises.

Il y a deux approches possibles pour les choix de postes de travail :

- La démarche traditionnelle, qui consiste à accepter la dépendance aux Systèmes d’Exploitation (OS), qu’ils soient Windows, iOS ou Android, et à accepter de continuer à déployer des applications qui dépendent de ces OS.

- La démarche innovante, qui privilégie l’indépendance entre les choix d’infrastructures, postes de travail, et les choix d’applications. La réponse pragmatique actuelle est d’exiger que les applications soient accessibles par un navigateur moderne. D’autres interfaces Web, autour des Chatbots et des VoiceBots, vont rapidement s’imposer dans les entreprises, mais ils seront eux aussi disponibles sur toutes les familles de postes de travail, indépendamment de leur OS.

C’est un sujet que j’abordais déjà en... 2008, et qui reste, hélas, d’actualité.

En résumé :

  • L’entreprise traditionnelle accepte les dépendances aux OS des applications.
  • L’entreprise innovante impose une indépendance postes de travail / Applications.

 

Usages du WiFi

DPC WiFi SS 72977003Le WiFi existe depuis 15 ans. C’est devenu le moyen le plus universel et le plus économique pour connecter tous les postes de travail, PC, Macintosh, Chromebooks, smartphones ou tablettes.

Je rencontre trop souvent, en 2017, un grand nombre d’entreprises où les usages du WiFi sont interdits, limités ou très contrôlés. Ce sont toujours les mêmes alibis ridicules qui essaient de justifier ces blocages : la sécurité, le temps perdu par les collaborateurs...

L’usage du WiFi est encore en 2017 un indicateur fort de différences culturelles entre les entreprises :

  • Les entreprises innovantes permettent à leurs collaborateurs d’utiliser le WiFi en permanence, au bureau, chez eux ou en déplacement.
  • Les entreprises traditionnelles interdisent ou mettent beaucoup de contraintes aux usages du WiFi.

 

Choix des objets d’accès

DPC BYOD on Cloud S 63399429Dans les temps très anciens de l’informatique, beaucoup d’entreprises avaient standardisé les postes de travail de tous les salariés en créant un «Master PC».

Ce Master, chargé de toutes les applications utilisables dans l’entreprise, était livré à chaque collaborateur. Chaque mise à jour du Master devenait un projet important, surtout quand il fallait changer la version de Windows utilisée.

L’unicité est un mot qui doit disparaître du vocabulaire de tout DSI ; la variété des usages, la variété des attentes demande une... variété raisonnable des objets d’accès.

Je rencontre les deux approches des postes de travail :

  • Unicité, prédominance d’un Master PC, situation encore très présente dans les entreprises traditionnelles.
  • La variété des objets d’accès, proposée par la DSI ou rendue possible par une démarche BYOD, Bring Your Own Device, signe fort d’une culture d’innovation.

  

Développement d’applications sur mesure

DPC Software Developer SS  57767361Aucune innovation n’est possible sans la création de logiciels métiers sur mesure, porteurs de compétitivité. Ces logiciels métiers doivent être construits par des collaborateurs de l’entreprise, des ingénieurs logiciels travaillant au plus près des métiers.

La re-internalisation du développement d’applications cœur métier au sein des entreprises est une condition «sine qua non» de l’innovation, quel que soit le métier de l’entreprise.

Depuis les premiers billets que j’ai écrits sur ce sujet, j’ai constaté avec grand plaisir que je prêchai de moins en moins dans le désert ; le message semble passer et être compris par des DSI, de plus en nombreuses.

Sur le sujet des développements logiciels sur mesure, la situation est claire :

  • Les entreprises traditionnelles n’en voient pas le besoin ou utilisent des «chefs de projets», gestionnaires de contrats de sous-traitance à des ESN qui font réaliser ces applications par des développeurs situés dans des pays à bas coût et qui n’ont pas la moindre idée des problèmes qu’ils sont censés résoudre.
  • Les entreprises innovantes réinvestissent dans des équipes internes d’ingénieurs logiciels de haut niveau, maîtrisant les démarches innovantes Devops et Serverless. Ces ingénieurs logiciels connaissent, comprennent les métiers de leur entreprise et travaillent au sein des directions métiers.

  

Mesurez vous-même votre indice d’innovation

J’ai préparé ce tableau de synthèse pour que vous puissiez calculer facilement l’«indice d’innovation» de votre entreprise ; il reprend les sept dimensions présentées dans ce billet.

Sept outils innovation - Traditionnels

 

Utilisez la dernière ligne pour calculer votre nombre de points.

Le mode d’emploi est raisonnablement simple :

  • Les réponses dans la colonne «traditionnelle» valent 0 point.
  • Les réponses dans la colonne «innovation» valent 1 point.
  • Compter le nombre de réponses dans chaque colonne.
  • Vous obtenez ainsi votre indice d’innovation, compris entre 0 et 7 points.

Comme toutes les échelles comprenant un nombre impair d’options, il est impossible d’avoir une réponse 50/50 ; vous êtes obligatoirement traditionnel ou innovant.

La grille d’analyse est la suivante :

  • Indice = 0 ou 1 : difficile de faire plus traditionnel ; tirez le signal d’alarme, immédiatement ! Il est difficile de créer un environnement informatique plus bloquant pour l’innovation que le votre.
  • Indice = 2 ou 3 : tout n’est pas perdu, mais il vous reste beaucoup de chemin à parcourir pour proposer des solutions propices à l’innovation.
  • Indice = 4 ou 5 : vous êtes sur la bonne voie, la majorité des indicateurs sont au vert.
  • Indice = 6 ou 7 : bravo ! Vous avez mis en œuvre un environnement technologique qui favorise au maximum l’innovation.

  

Résumé 

AdS DPC Easy button S 39120940J’entends déjà les critiques qui vont pleuvoir sur cette mesure simple et rapide de la capacité d’une DSI à favoriser l’innovation : simpliste, incomplète, ne tient pas compte de la complexité des situations...

Cette mesure d’un indice d’innovation est imparfaite, oui, mais elle très efficace pour élaborer un diagnostic fiable et rapide ; j’ai pu le vérifier dans la majorité des entreprises avec lesquelles j’ai récemment travaillé.

  

 


Un régime méditerranéen pour votre SI

 

AdS DPC régime méditerranéen S 113968179En ce début d’année, après les fêtes, beaucoup d’entre nous ont pris de bonnes résolutions alimentaires pour essayer de perdre quelques kilos mal placés.

A coté des régimes «miracles» qui naissent chaque année et disparaissent l’année d’après, il existe de bonnes pratiques reconnues par les professionnels sérieux de la nutrition. Le plus connu est le régime méditerranéen, à base de produits naturels tels que les fruits ou l’huile d’olive.

Et s’il existait un régime méditerranéen pour les Systèmes d’Information, permettant de combattre leur obésité croissante ?

Réponse dans ce billet...

  

L’obésité actuelle, des personnes et des Systèmes d’Information

L’obésité est un fléau mondial ; sa croissance forte est généralisée dans la majorité des grands pays, comme le montre ce graphique.

Population overweight 1970 - 2020

Les impacts de ces situations de surpoids et d’obésité sur la santé sont bien connus et documentés : 2015 est la première année qui a vu l’espérance de vie baisser aux États-Unis, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

US life expectancy at birth

Les mauvaises alimentaires en cause sont bien connues : abus du sucre, des graisses non naturelles, de l’alcool, des fast foods...

Les personnes qui essaient d’alerter les populations sur ces risques se heurtent à des lobbies alimentaires très puissants.

Et si l’évolution actuelle du monde des Systèmes d’Information ressemblait beaucoup à celle de l’alimentation dans le monde ?

 Il est difficile d’avoir des chiffres sur l’évolution de l’obésité des Systèmes d’Information ; ce ne sont pas des chiffres que les entreprises ont très envie de partager !

Il faut donc saluer le courage de la DINSIC, Direction Interministérielle du Numérique et du Système d'Information et de Communication de l'État ; son nouveau directeur, Henri Verdier, a pris l’initiative de publier un document très complet sur l’état des grands projets informatiques dans le secteur public. 

Les chiffres clefs de ce document :

  • Montant total des budgets : 2, 29 Md€.
  • Durée moyenne des projets : 6,2 années.
  • Ecart budgétaire moyen : 32 %.

DINSIC - Panorama grands projets états

J’entends déjà les pourfendeurs du secteur public se scandaliser de ces chiffres et de la «mauvaise qualité» de la gestion de ces projets. J’aimerais bien que nos grands acteurs du CAC 40 aient, eux aussi, le courage de publier des chiffres sur leurs grands projets informatiques.

Les causes de cette «obésité informatique» sont bien connues :

  • Projets ERP intégrés qui ne sont jamais terminés.
  • Solutions informatiques anciennes, hors de prix de nos amis Oracle, IBM ou autres.
  • Infrastructures gérées en interne.
  • ...

En ce début d’année 2017, la situation sur le front de l’obésité est très préoccupante, que ce soit pour les personnes ou pour les SI.

Fat - Régime  - Informatique

Situation préoccupante, oui ! Désespérée, non !

Des solutions existent, pour les personnes et pour les SI.

 

Un régime minceur, pour les personnes et les Systèmes d’Information

Pyramide Régime MéditerranéenTous les nutritionnistes du monde connaissent les avantages d’un régime alimentaire équilibré ; régime méditerranéen, aussi appelé régime crétois. Ils divergent sur des points de détail, mais convergent sur l’essentiel. Le régime méditerranéen fait maintenant partie du «patrimoine culturel immatériel de l’humanité» pour l’Unesco.

La majorité des personnes obèses ou en surpoids connaissent le régime méditerranéen et savent qu’il est une réponse efficace à leur problème de poids. Cette connaissance ne les empêche pas de continuer dans leurs mauvaises habitudes alimentaires. En cause, un manque de volonté, de courage pour affronter la réalité et accepter un changement important dans leurs habitudes.

La situation est très semblable dans le monde des Systèmes d’Information !

Les spécialistes de la «santé» des SI connaissent les dangers de cet embonpoint informatique :

  • Rigidité du SI
  • Difficulté pour le faire évoluer
  • Budgets non contrôlés
  • Dépenses opérationnelles très élevées qui bloquent toute innovation.
  • ...

Ils en connaissent aussi les raisons, déjà évoquées plus haut : ERP, Infrastructures gérées en interne...

Cela fait des années que je parle dans ce blog des bonnes pratiques qui permettent de reconstruire un SI «fit», en forme, répondant rapidement aux attentes des clients externes et internes. Ce «régime méditerranéen SI» est basé sur des composants maintenant bien connus :

 Toutes ces recettes pour construire un SI de qualité sont connues, depuis de nombreuses années.

Je peux, aujourd’hui :

  • Retrouver une bonne forme physique en suivant des recettes éprouvées.
  • Retrouver un SI en bonne forme physique en suivant des recettes éprouvées.

Fit - Régime -  Informatique

Je constate malheureusement tous les jours que l’obésité des SI augmente très vite, comme celle des personnes. Cette obésité SI touche en priorité les grandes organisations. Elles refusent d’abandonner les solutions nocives pour la santé du SI de leur entreprise, qui ont pour noms SAP, Oracle, MS Office et quelques autres poisons dangereux. Ils sont d’autant plus redoutables que, comme le sucre, le tabac ou la cocaïne, ils créent des addictions fortes dont il est très difficile de se libérer.

Fear Courage AdS DPC S GS fkfAw-DOOui, il faut beaucoup de courage à une personne pour affronter son surpoids et suivre un régime dont les bénéfices sont certains, mais qui demande de changer beaucoup de choses dans sa vie quotidienne.

Oui, il faut beaucoup de courage à un DSI pour affronter le surpoids de son SI, les mauvaises habitudes de ses équipes, le lobby des fournisseurs qui poussent des solutions dangereuses et mettre en œuvre un régime dont les bénéfices sont certains, mais qui demande de changer beaucoup de choses dans le mode de fonctionnement de sa direction.

  

Synthèse

Quel Système d’Information souhaitez-vous pour votre entreprise ?

  • Un SI obèse, porteur de maladies mortelles.
  • Un Si «fit», garantissant la bonne santé de votre entreprise.

Fat - Fit informatique

C’est une décision qui vous appartient et vous de pouvez plus vous abriter sous des alibis technologiques pour justifier votre choix.

Courage d’affronter des changements difficiles, renoncement devant les difficultés que cela représente, à vous de choisir.