IBM s’offre Red Hat : quels futurs possibles ?

 

IBM-RedHat logosDans une annonce qui a surpris beaucoup de monde, IBM a annoncé le dimanche 28 octobre 2018 (les marchés financiers sont fermés le dimanche) son intention d’acheter Red Hat, société surtout connue pour sa version professionnelle de Linux, utilisée en majorité dans les entreprises.

La Présidente et CEO d’IBM, Ginni Rometty, dans son annonce officielle dit que “ ...IBM deviendra le premier fournisseur mondial de cloud hybride...”

Le cloud est clairement la motivation officielle annoncée pour cette opération financière.

Que faut-il en penser ? J’ai laissé passer quelques jours avant d’écrire ce texte, pour me laisser du temps pour la réflexion.

Les faits 

IBM prévoit de débourser 34 milliards de dollars pour Red Hat ; c’est beaucoup d’argent !

Les chiffres sont “intéressants” :

Red Hat Financials 2017

  • IBM offre 190 $ par action, une prime de 63% sur le cours de bourse la veille de l’annonce, 117 $.
  • Cette somme représente 12 fois le CA de Red Hat en 2017 (2,9 B$) et 10 fois celui prévu pour 2018.
  • Bénéfices de Red Hat en 2017 : 260 M$. Le prix d’achat correspond à 130 fois les bénéfices !
  • CA d’IBM en 2017 : 79 B$, en baisse de 1%.
  • Bénéfices d’IBM en 2017 : 5,8 B$, en baisse de 52%.
  • IBM perd 4% en bourse le lendemain de l’annonce : sa valeur boursière passe sous les 110 B$ (10 fois moins qu’Apple).

En résumé, IBM a décidé de consacrer l’équivalent de ⅓ de sa valeur boursière à l’achat de Red Hat : raisonnable ?

C'est aussi l'opération financière la plus importante dans le monde du logiciel, comme le montre ce graphique. C'était jusqu'à présent Microsoft qui était en tête avec le rachat de LinkedIn.

Largest software acquisitions

 

IBM, aujourd’hui 

IBM est la seule société du secteur de l’informatique à avoir fêté son centenaire, en 2011 ; c’est exceptionnel, et bravo.

IBM est aussi, hélas, une société dont le chiffre d’affaires est en baisse constante depuis… 2011, l’année du centenaire.

Revenus IBM monde 1999 - 2017

En 2017, son CA de 79 B$ était inférieur à celui de 1999, et ne représentait plus que 74% du CA de 2011.

IBM continue à générer des bénéfices importants porté par ses activités historiques autour des Mainframe et des serveurs iSeries.

IBM arrive aussi, difficilement, à ralentir la baisse du cours de son action par des distributions de gros dividendes et des rachats massifs de ses propres actions.

Malgré ses efforts et le rachat de Softlayer, IBM n’a pas réussi sa percée dans le cloud public. AWS, Google et Microsoft font la course en tête et IBM a en pratique abandonné tout espoir de percer sur ce marché. Ce graphique, sans pitié, le montre bien : les investissements (CAPEX) des géants du cloud s’envolent et pendant ce temps… IBM réduit ses investissements !

CAPEX IBM Google AWS  Microsoft

En 2018, les jeux sont faits : IBM, n’est pas, ne sera plus jamais un acteur crédible sur le marché du cloud public.

 

Red Hat, aujourd’hui

Red Hat est la plus importante société mondiale commercialisant des solutions Open Source. L’essentiel de ses revenus vient encore de Linux : RHEL (Red Hat Enterprise Linux) est la version de Linux qui est, de très loin, la plus utilisée par les entreprises dans leurs centres de calcul privés.

Les fournisseurs de clouds publics ont des taux de croissance supérieurs à 50 % par an, car les entreprises basculent de plus en plus vers ces solutions. Je reviens sur ce point dans le prochain paragraphe.

RedHat Openshift KubernetesLes nouveaux standards dans le cloud public, Open Source eux aussi, sont les containers, avec Docker comme leader et Kubernetes comme solution dominante de gestion des containers.

Les dirigeants de Red Hat l’ont bien compris et proposent maintenant leur solution Kubernetes sous le nom d’OpenShift.

Aujourd’hui, Red Hat a :

  • Un pied dans l’ancien monde du centre de calcul privé avec RHEL.
  • Un pied dans le nouveau monde container/Kubernetes avec OpenShift.

 

Les marchés du cloud, aujourd’hui et demain

Depuis, 2006, année de la création d’AWS, Amazon Web Services, le basculement vers des solutions IaaS, Infrastructures as a Service, dans les clouds publics est un mouvement irréversible, mais toutes les entreprises n’y vont pas à la même vitesse.

Je vais utiliser, une fois de plus, la courbe de Gauss de l’innovation.

Ce premier schéma montre la situation du marché mondial du cloud, fin 2018, début 2019.

Gauss innovation - Cloud 2019

Les innovateurs et les premiers adopteurs ont basculé dans une logique cloud public et deviennent progressivement des entreprises “DataCenterless”, sans centres de calculs privés.

Les entreprises de la majorité tardive et retardataires sont encore dans une culture cloud privé.

Les entreprises de la majorité initiale sont dans une démarche “hybride”, avec une partie de leurs applications en cloud public, mais sans avoir pris encore la décision d’y aller à 100%.

Dans son discours officiel, IBM annonce qu’il veut répondre, avec le rachat de Red Hat, à la demande “majoritaire” des entreprises pour des solutions clouds hybrides et privées. A court terme, IBM a raison, il y a encore une demande forte pour ces familles de solutions.

Problème : le basculement vers les clouds publics s’accélère !

Dans ce deuxième schéma, j’anticipe la situation du marché dans 3 ans, début 2022.

Gauss innovation - Cloud 2022

La répartition pourrait être la suivante :

  • Plus de la moitié du marché aura fait le choix d’une démarche cloud public : innovateurs, premiers adopteurs, majorité initiale et une grande partie (70 % ?) de la majorité tardive.
  • L’autre partie de la majorité tardive (30% ?) restera dans une logique hybride.
  • Il ne restera plus que les retardataires à croire encore aux mérites du cloud privé ; ce sont les mêmes qui ont encore des Mainframes et sont les clients… d’IBM !

Conséquence : le marché des solutions serveurs propriétaires d’IBM et de Red Hat avec RHEL va se réduire comme peau de chagrin. Ceci va accélérer la décroissance des ventes de ces deux entreprises.

Est-ce que la fusion des solutions et des compétences d’IBM et de Red Hat peut enrayer ou ralentir cette inexorable descente aux enfers ?

C’est peu probable ; la vitesse de cette baisse d’activité dépend du mode de fonctionnement de ce tandem ; j’imagine trois scénarii possibles :

  • Cohabitation : chacun fonctionne indépendamment.
  • IBM prend le pouvoir.
  • Red Hat prend le pouvoir.

 

Scénario 1 : IBM et Red Hat cohabitent

AdS DPC cohabitation man woman S 39379477Pour éviter d’effrayer les clients actuels de Red Hat, IBM a annoncé qu’il ferait tout pour que Red Hat reste une solution neutre, “Suisse”.

Il y a très peu d’éléments communs entre les solutions d’IBM et celles de Red Hat ; j’ai du mal à trouver de possibles synergies entre les offres.

Les clients actuels d’IBM sont pour l’essentiel des grandes organisations “majorité tardive” ou “retardataires” : Red Hat est déjà très bien introduit dans ces entreprises et a probablement beaucoup plus de clients qu’IBM. Les possibilités de ventes croisées sont faibles dans le sens IBM vers Red Hat et nulles dans le sens Red Hat vers IBM.

Les actionnaires et dirigeants de Red Hat auront réalisé des gains financiers importants.

Les actionnaires d’IBM auront fait un mauvais investissement en sur-payant Red Hat, comme le montre déjà la baisse du cours d’IBM de près de 10 % dans les deux jours qui ont suivi l’annonce de l’achat de Red Hat.

Scénario 2 : IBM prend le pouvoir

IBM eat Red Hat fishLa patronne d’IBM, Ginni Rometty, 61 ans, a dépassé l’âge officiel de départ à la retraite des dirigeants de cette société, 60 ans, mais elle pourrait encore rester CEO pendant quelques années.

Dans ce scénario, les principaux dirigeants de Red Hat quittent la société et sont remplacés par des personnes venant d’IBM, avec pour conséquence le départ d’un grand nombre de collaborateurs de Red Hat.

Les résultats “spectaculaires” que l’on peut attendre d’une telle démarche ont été mis en évidence par le grand “succès” du rachat de Sun par Oracle. Les serveurs Sun et Solaris, leur version d’Unix, ont en pratique disparu du marché. De la même manière, les produits Open Source rachetés par Oracle, MySql pour les bases de données et Open Office pour la bureautique, ont été remplacés par MariaDB et Libre Office.

Il existe d’excellentes versions de Linux en alternative à RHEL, il existe d’excellentes solutions de gestion Kubernetes en alternative à OpenShift. Les clients actuels de Red Hat abandonneront rapidement ces solutions et IBM se retrouvera, dans 3 à 5 ans, avec une coquille vide, très cher payée.

 

Scénario 3 : Red Hat prend le pouvoir

Jim Whitehurst Red Hat  Ginni Rometti IBMEt si cette opération financière était le dernier coup d’éclat de Ginni Rometty avant de prendre sa retraite ?

Courant 2019, dès que l’opération de rachat est confirmée, Jim Whitehurst, le CEO de Red Hat, prend sa place et devient CEO de l’ensemble.

En poste chez Red Hat depuis plus de 10 ans, Jim en a fait la plus importante entreprise du monde de l’Open Source. A 51 ans, il est encore “jeune” et pourrait rester CEO d’IBM pendant une dizaine d’années.

Les défis organisationnels et humains de ce nouveau poste seraient gigantesques :

  • Dimension humaine : il y a 366 000 salariés chez IBM, 12 600 chez Red Hat, un ratio de 1 à 30. Transformer des IBMers en RedHaters : difficile de trouver plus difficile ! Il risque de rencontrer beaucoup de Red “Haters”, personnes qui refusent cette nouvelle culture.
  • Dimension culturelle : vendre des solutions en fin de vie à des clients “retardataires”, gérer une société de services de plus de 100 000 personnes, en concurrence avec des géants comme Accenture, Wipro ou CapGemini sont des métiers qu’il ne maîtrise pas et qui, à mon avis, ne l’intéressent pas du tout.

IBM a déjà survécu à crise profonde en embauchant en 1993 un CEO qui n’avait aucune expérience en informatique, Lou Gerstner, qui venait de l’alimentaire et du tabac, Nabisco.

Est-ce que Jim Whitehurst peut devenir le Lou Gerstner de 2019 ? C’est, des trois scénarii, celui qui a la plus faible probabilité d’échouer.

Synthèse : mon pronostic

AdS DPC Bad Choice S 51720876L’achat de Red Hat par IBM est une mauvaise décision, catastrophique, quel que soit le scénario qui s’impose.

Je le vois comme une fuite en avant qui s’appuie sur une vision passéiste du marché, sur l’illusion que les comportements actuels des entreprises “traditionnelles” vont perdurer.

 Remarque : les dirigeants de Red Hat et IBM sont des personnes intelligentes, avec beaucoup d’expérience ; ils n’ont pas pris cette décision à la légère et j’ose espérer qu’ils sont persuadés qu’elle est la meilleure pour leurs entreprises, et pas seulement pour leurs intérêts à court terme de dirigeants.

Je leur souhaite de tout cœur que les prochains mois, les prochaines années contredisent mes prévisions, pour le moins pessimistes...

 


RCS : une deuxième jeunesse pour le SMS ?

 

Logo RCS*Pourquoi parler du SMS en 2018 ? C’est totalement dépassé, “has been” !

La montée en puissance des solutions de chat grand public comme WhatsApp, Messenger ou Wechat, l’arrivée de solutions professionnelles comme Workplace by Facebook ou Google HangOuts ont fait de l’ombre à l’ancêtre SMS.

Un nouveau standard de communication est relancé en 2018 et devrait décoller en 2019 : RCS, Rich Communication Services.

Il pourrait redonner une deuxième jeunesse au SMS et les entreprises doivent rapidement en comprendre les potentiels et les limites. Pourquoi ? C’est pour répondre à cette question que j’écris ce billet.

 

SMS, aujourd’hui

Le SMS (Short Message Service) est né au début des années 1990, en même temps que la téléphonie mobile 2G. A la grande surprise initiale des opérateurs téléphoniques, les usages du SMS se sont développés rapidement, en priorité dans le grand public. Comme les SMS utilisent la bande de communication de services SS7, ils n’ont aucun impact sur les capacités de transport de la voix. Ils ont rapidement représenté une importante source de revenus pour les opérateurs ; leur coût marginal était voisin de zéro et les marges... exceptionnelles.

En 2018, quelle est la plateforme de communication qui compte le plus grand nombre d’utilisateurs dans le monde ? Comme l’indique ce graphique, c’est… le SMS, devant la messagerie électronique, et loin devant les outils de chats tels que WhatsApp. Ces 4,7 milliards de personnes représentent 65 % de la population mondiale ; pas mal pour un outil qui à plus de 25 ans !

SMS numéro 1 mondial outils comm*

En France, l’ARCEP, qui publie tous les trimestres de remarquables études sur les outils de communication, indique que le nombre de SMS émis est raisonnablement stable ; il baisse, un peu, mais représente encore plus de 43 milliards de messages par trimestre, au même niveau qu’en 2012 quand ni WhatsApp ni Messenger n’existaient.

Nombre SMS France Q1 2018*

Arcep SMS Roaming*La libération du roaming en Europe a donné un coup de pouce aux SMS ; leur nombre a augmenté en 2017.

Résumons la situation actuelle du SMS :

  • Reste la plateforme de communication la plus utilisée.
  • Est sous le contrôle des opérateurs téléphoniques.
  • Leur rapporte beaucoup d’argent.
  • Son niveau d’utilisation commence à baisser.

La réponse trouvée par les opérateurs téléphoniques pour que cette manne d’argent ne se tarisse pas : proposer une solution plus adaptée aux attentes actuelles de leurs clients.

Elle a pour nom… RCS.

 

RCS, Rich Communication Services : les principes

RCS est une solution de communication de la même famille que SMS ; on peut dire, en simplifiant, que c’est SMS V2, qui profite des progrès réalisés par les technologies numériques de ces 25 dernières années.

Les éléments communs entre RCS et SMS :

Logo GSMA*

  • C’est un standard mondial du monde des télécoms : il est porté par GSMA, une association qui regroupe plus de 700 opérateurs télécoms et les principaux fournisseurs d’objets mobiles.
  • Les services RCS seront proposés par les opérateurs télécoms ; ce sont eux qui décident de joindre ou non le mouvement RCS. Cette carte montre une première liste des opérateurs RCS, début 2018. Depuis, d’autres opérateurs importants comme AT&T, China Telecom, Docomo, Singtel, Turkcell ou Verizon ont annoncé leur participation. En France, Orange et SFR sont les premiers inscrits.

Carte opérateurs RCS monde*

  • RCS est un service “universel”, comme le SMS ; il permet de communiquer avec tous les abonnés d’un opérateur qui propose RCS, sans avoir besoin d’obtenir l’autorisation de chaque client.
  • Le numéro de téléphone mobile est le seul identifiant nécessaire pour dialoguer avec un client ; 100 % des possesseurs d’un téléphone mobile sont joignables par RCS.
  • RCS permet un “roaming transparent” entre tous les opérateurs participants : je peux envoyer un message RCS à un client Telefónica depuis un mobile Orange sans surcoût.
  • Comme le SMS, RCS ne propose pas un chiffrement des messages de bout en bout, à l’inverse de beaucoup de messageries Chat.

Les nouveautés de RCS par rapport à SMS :

  • RCS est un outil de communication Internet, utilisant le protocole TCP/IP. Il fonctionne sur l’abonnement “données” des clients. Tous les usages Internet deviennent accessibles depuis RCS.
  • Ce qui saute aux yeux, ce que verra le client, c’est la richesse multimédia du message, principale différence par rapport au SMS. Cet exemple simple dans le transport aérien illustre bien les différences :
    • La personne qui reçoit le SMS ne peut pas l’utiliser comme carte d’embarquement et doit visiter le site Web du transporteur.
    • Le message RCS sert directement et immédiatement de carte d’embarquement : pas besoin de lancer une application sur son mobile, avec tous les risques de dysfonctionnements au dernier moment ! Prenant l’avion plus de 100 fois par an, je suis preneur de RCS, tout de suite.

SMS vs RCS*

  • RCS remet les communications gérées par les opérateurs télécoms au niveau d’ergonomie et de services des chats tels que WhatsApp. La concurrence entre ces deux familles de services devient frontale.
  • Le soutien fort de Google pour RCS sur Android : le “grand succès” de Google avec ses nombreuses applications de chat propriétaires est bien connu ! Google n’a jamais pu imposer une de ses solutions face à Facebook ou Apple. Google a mis toutes ses forces dans la promotion du standard RCS et espère amener les 85 % de possesseurs de smartphones dans le monde qui utilisent Android vers cette nouvelle plateforme universelle. Le nom choisi pour cette application par Google est très original : Chat !
  • Il existe une compatibilité descendante RCS vers SMS : un message RCS envoyé à une personne qui ne dispose que du SMS sera présenté comme un SMS normal.

Il existe pour le moment un grand absent dans cette famille RCS, Apple, qui dispose avec iMessage d’une application de qualité qui fédère très bien les fans de la pomme. Apple rejoindra RCS un jour : la question, c’est quand ? Dans 1 ou 2 ans ? Dans 5 ans ou plus ?

 

RCS : prévisions de croissance

L’année 2018 marque le véritable début de RCS ; quelles sont les perspectives de croissance de cette nouvelle solution de communication, qui, à priori, à beaucoup d’avantages ?

RCS accepted in Europe France leader*Les trois dimensions clefs de cette croissance sont :

  • Le nombre d’opérateurs télécoms qui propose RCS.
  • Le nombre d’utilisateurs du service RCS.
  • Le Chiffre d’Affaires que peut générer RCS.

Un petit “Cororico” : une étude menée par MobileSquared en Europe indique que c’est en France que l’intérêt pour RCS est le plus marqué, devant le Royaume Uni et l’Allemagne. Les Etats-Unis seraient moins enthousiastes que l’Europe sur cette technologie.

Nb opérateurs RCS 2022*Nombre d’opérateurs RCS : à mi 2018, ils sont environ 60 à proposer le service. GSMA prévoit que ce nombre devrait approcher 500 dès 2022. Cela représente l’immense majorité des opérateurs télécoms et tous les pays seraient donc couverts par ce service RCS.

Nombre d’utilisateurs RCS : Les chiffres dont je dispose viennent de GSMA et ne vont pas au delà de 2019. S’ils se confirment, ce serait une croissance exceptionnellement rapide ; RCS atteindrait en deux ans autant de personnes que Facebook Messenger, quand Messenger a mis huit années pour atteindre le chiffre du milliard d’utilisateurs.

Croissance MAU RCS* 2019

 


RCS from 60 to 90 $B*Chiffre d’Affaires des opérateurs
: le marché du SMS est important pour les opérateurs ; même s’il est en décroissance, il représente encore 60 milliards de dollars en 2017. GSMA estime que RCS permettra, non seulement de freiner cette décroissance, mais pourrait recréer une croissance forte : le Chiffre d’Affaires pourrait atteindre 90 milliards de dollars dès 2021, 50 % de plus qu’en 2017.

Même s’il faut être prudent devant des chiffres très optimistes, les entreprises peuvent faire l’hypothèse que RCS sera un succès ; elles doivent donc, rapidement, réfléchir aux usages potentiels de RCS dans leurs métiers.

 

RCS : les potentiels pour les entreprises

RCS ne va pas se substituer aux usages courriels ni remplacer les outils internes tels que Slack ou Workplace by Facebook.

Son domaine prioritaire d’usages sera certainement les échanges B2C, des entreprises vers leurs clients particuliers. Pour ces échanges, RCS a de nombreux avantages pour les entreprises :

  • Pas besoin pour les clients de se preinscrire (opt-in) ; toute personne qui dispose d’un numéro de téléphone mobile est joignable par RCS.
  • 95 % des personnes lisent leurs SMS ; ce pourcentage devrait rester le même avec RCS.
  • Le basculement en mode dégradé SMS est toujours possible.
  • Les clients n’ont pas besoin d’installer une application mobile de plus pour chaque entreprise.
  • Les entreprises de toute taille, dans tous les pays peuvent utiliser RCS sans compétences fortes en informatique.

Pour les clients particuliers, les avantages de RCS sont encore plus évidents. L’exemple de la compagnie aérienne déjà cité permet de mieux illustrer ces bénéfices :

Exemple RCS professionnel*

  • Passage d’un mode de communication message à un mode conversationnel. On peut proposer des actions, des échanges. Les premiers cas d’usages montrent qu’il y a en moyenne 9 interactions par conversation.
  • Dimension multimédia : possibilité d’afficher des images, des vidéos, des QR codes…
  • Niveau élevé de confiance : l’émetteur est clairement identifié par son nom, son logo… contrairement aux SMS.

RCS exemple Booking.com*Les secteurs d’activités qui peuvent tirer profit de RCS sont très nombreux. Les premières entreprises à déployer RCS sont en priorité dans les activités suivantes :

  • Commerce, en particulier beauté et santé.
  • Restauration, restauration rapide
  • Hôtellerie, plateformes de réservation comme cet exemple de Booking.com.
  • Les opérateurs de télécoms.
  • Les acteurs du sport.
  • ….

Les entreprises qui seront les premières à investir sur RCS bénéficieront d’un avantage concurrentiel intéressant : nouveaux services, notoriété, image de modernité...

 

RCS : questions en suspens


Comme toute nouvelle solution numérique, les prévisions de croissance annoncées peuvent ne pas se confirmer ; les échecs de Google dans le domaine de la messagerie instantanée sont là pour le confirmer.

AdS DPC failure plane down 175093110Trois autres facteurs peuvent ralentir la croissance de RCS :

  • Des facturations déraisonnables par les opérateurs. Comment remplacer la facturation au message en SMS dans le cas de RCS qui fonctionne par conversations ?
  • La réticence d’Apple à proposer RCS pour iOS.
  • Une mauvaise compréhension des potentiels et des usages possibles de RCS par les entreprises.

 

Résumé

RCS, le nouveau standard opérationnel de communication de messages enrichis, est opérationnel et commencera à être utilisé en 2019.

RCS ne sera pas la “panacée universelle” et ne va pas réduire les usages des solutions Chat grand public ou professionnel, ce sera une option de plus.

Les entreprises doivent aujourd’hui analyser la solution RCS, trouver quelques premiers usages potentiels vers leurs clients pour être prêtes à accélérer si le succès de RCS se confirme.

Mise à jour du 13 septembre 2018 : Samsung et Google annoncent ensemble la disponibilité de RCS sur de nombreux modèles de smartphones Samsung. C'est un signal encourageant pour le succès de RCS.

 


2017 - 2027 = décennie interface voix

 

AdS DPC 5 stars S vertical 68765866Je pensais faire de ce billet le cinquième et dernier de la série sur les technologies qui vont dominer la période 2017 - 2027.

Première partie : technologies clefs 2007 - 2017.

Deuxième partie : microprocesseurs spécialisés.

Troisième partie : Intelligence Artificielle et Machine Learning.

Quatrième partie : 5G et Edge Computing.

Le thème des interfaces entre les personnes et le monde numérique devient si important que je vais lui consacrer tout ce billet.

  

1990 - 2017 : interfaces clavier-souris et tactiles

Entre 1990 et 2010, pendant 20 ans, les interfaces claviers - souris étaient les modes de communication dominants avec les objets numériques, PC Windows et Macintosh.

Depuis 2011, le nombre de PC vendus baisse, année après année.

PC sales 2006 - 2016

L’interface tactile sur objets mobiles s’est imposée sur la décennie 2007 - 2017, poussée par les smartphones. Le smartphone est encore la star du marché en 2017, même si la croissance des ventes se ralentit.

Sur le troisième trimestre 2017, les ventes de smartphones ont augmenté de 3 % quand les ventes de PC ont continué à baisser de 4 %.

Shipments PC vs Smartphones - Q3:2017

En nombre d’objets vendus, les smartphones ont gagné la bataille : il c’est vendu 5,7 fois plus de smartphones que de PC pendant cette période.

Je pronostique qu’à partir de 2021 la courbe des ventes de smartphones aura la même forme que celle des PC depuis 2011, une baisse, lente et continue.

Il suffit d’écrire « death of the smartphone » dans son moteur de recherches préféré pour voir apparaître des dizaines d’articles qui annoncent la prochaine disparition des smartphones tels qu’on les connait aujourd’hui.

Je vous en propose trois : The smartphone is going to die

 On me pose souvent la question : quels objets vont prendre la place des smartphones ? Ce n’est pas la bonne question…

La question à poser : quelle interface va se substituer à l’interface tactile ?

  

2017 - 2027 : Interfaces voix

Quelle sera l’interface vedette des années 2017 - 2027 ? Le suspense a disparu :

La voix prendra le relais du tactile

Le mouvement a commencé dans le grand public : on estime à 2 milliards le nombre d’utilisateurs de ces interfaces voix en 2021. Ces prévisions ne prennent pas en compte les usages professionnels.

Number Users Voice Interfaces 2015 - 2021

Les interfaces voix sont déjà présentes sur de nombreux objets tels que les smartphones ou les GPS dans les voitures. Depuis 2015, une nouvelle génération d’objets auxquels on peut « parler » à fait son apparition dans les foyers, les « smart speakers », hauts parleurs intelligents. Amazon a été le premier avec sa gamme Echo et domine le marché ; Google a rapidement suivi avec « Home » et ces deux membres du club GAFA font la course en tête.

Amazon Echo Sales 2016

Apple avait annoncé son HomePod pour la fin de l’année 2017, mais ratera l’importante période des ventes pendant les fêtes ; ce produit ne sera pas disponible avant 2018.

Aujourd’hui, Microsoft n’a pas d’offre comparable ; ceci explique une annonce pour le moins surprenante : un accord avec… Amazon pour que Echo « parle » aussi Cortana. La raison « officielle » est que l’on combine le meilleur d’Alexa dans le grand public avec le meilleur de Cortana dans l’entreprise. Permettez-moi d’être très sceptique : c’est un signe de faiblesse de Microsoft qui ne veut pas que Cortana meure trop vite, comme Windows Phone. Je reviendrai plus loin sur l’annonce faite à AWS Re-Invent de l’offre « Alexa for Business » ; elle laisse très peu de place pour… Cortana !

Un combat sans merci se prépare entre les « anciens », rois du tactile, Google et Apple, et les nouveaux, rois de la « voix », Amazon et…Google. Les entreprises qui domineront les interfaces voix seront, en 2027, les leaders des mondes numériques grand public et professionnels.

On assiste actuellement à une guéguerre ridicule entre Amazon et Google sur ce thème :

  • Amazon refuse de vendre les Chromecasts, Google Home, et des produits Nest, tous fabriqués par Google.
  • Google refuse que les utilisateurs d’Echo et Fire TV (équivalent Chromecast de Google) d’Amazon accèdent à YouTube.

C’est un signe avant-coureur des combats entre ces deux géants ; ils seront beaucoup plus violents dans les années qui viennent !

  

Interfaces voix : composants techniques

Derrière l’apparente simplicité des interfaces voix se cache une grande complexité technique, que je présente dans ce schéma.

Framework composants SI Voix + réseaux

De haut en bas :

1 - Une personne pose une question, émet une requête vocale, dans son domicile, son bureau, sa voiture ou son usine.

2 - Des objets très différents vont enregistrer ce signal sonore. Il suffit en pratique d’un micro et d’un haut-parleur pour la réponse. Ils seront de plus en plus invisibles : on n’aura pas besoin de savoir exactement où ils sont.

Parmi les plus répandus :

  • Un smartphone
  • Un haut-parleur intelligent
  • Un GPS dans une voiture
  • Une montre connectée

3 - Des réseaux sans fil, 3G, 4G, 5G, Bluetooth ou WiFi qui transmettent le signal reçu. Ces réseaux sont invisibles car sans fil.

Ces messages sonores arrivent ensuite sur des outils numériques très puissants, invisibles eux aussi, qui vont :

4 - Décoder les messages vocaux et les traduire en texte.

5 - Utiliser pour cela sur des solutions d’Intelligence Artificielle, de Machine Learning et de NLP, Natural Language Processing.

6 - L’essentiel des traitements et des données nécessaires est pris en charge par des clouds publics.

Il est important de comprendre toute la complexité, la puissance, l’intelligence qui permet à un Google Home de répondre en moins d’une seconde à une question en apparence aussi simple que : « Quel temps fera-t-il à Valencia mercredi prochain ? »

Quels sont les fournisseurs capables de jouer un rôle important dans cette révolution des interfaces voix ?

  

Interfaces voix : principaux acteurs

Surprise ! On retrouve une fois de plus nos grands amis GAFAM, Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft.

Dans ce tableau je présente la situation actuelle des points forts, des points faibles des GAFAM.

GAFAM - Voix

GAFAM - Voix

1 - Smartphones : ce sont, aujourd’hui, et de très loin, les objets les plus nombreux disposant d’interfaces voix. Google contrôle 87 % du marché mondial avec Android, Apple 13 % avec iOS. Amazon, Facebook et Microsoft ont la même part de marché : 0 %.

2 - Interfaces voix : seul Facebook est absent de cette catégorie. Les quatre autres ont chacun leur solution, propriétaire.

3 - Smart Speakers : fin 2017, Amazon et Google sont les seuls à commercialiser des Smart Speakers. Apple devrait proposer HomePod dans la première moitié de 2018. Facebook et Microsoft n’ont rien annoncé pour le moment.

4 - Intelligence Artificielle : Google est le plus avancé dans ce domaine, suivi d’Amazon et Facebook. Les solutions de Microsoft et Apple sont moins performantes.

5 - Infrastructures Cloud : les lecteurs de ce blog ne seront pas surpris d’apprendre que Google, Amazon et Microsoft dominent ce marché. Facebook dispose d’infrastructures très performantes pour ses usages internes et Apple est en retard dans ce domaine.

6 - Multilingues : La maîtrise des langues est essentielle dans le domaine des interfaces voix ; Google est le leader incontesté et Amazon est en retard.

Début 2018, les forces en présence sont les suivantes :

  • Google earbuds 40 LanguagesGoogle fait la course en tête : avec plusieurs milliards de smartphones Android et Home, Google peut déployer Google Now sur un très grand nombre d’objets. Son deuxième avantage est la maîtrise des langues comme l’illustre son annonce des Earbuds, écouteurs Bluetooth capables de traduire en temps réel 40 langues.
  • Amazon et Apple sont bien placés, même s’il leur manque des éléments clefs comme l’accès aux smartphones pour Amazon.
  • Microsoft et Facebook ferment la marche : ils sont en retard dans de nombreux domaines.

 Il ne faut pas oublier les champions chinois, les BATX : Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi. Ils ont tous déjà annoncé des Smart Speakers. Baidu, Alibaba et Tencent sont très avancés dans le Cloud, l’intelligence artificielle et les interfaces voix.

Voice Assistants BATX Chinois

Ils déploient logiquement en priorité ces outils sur leur marché national, aux 1300 millions de clients potentiels.

Quand décideront-ils d’offrir eux aussi des solutions multilingues ? Je n’ai pas de réponses à cette question, par contre je suis convaincu qu’ils ont les compétences humaines et techniques pour le faire.

En Corée, Samsung a de grandes ambitions dans les interfaces voix, avec sa solution Bixby. Est-ce que ce sera suffisant pour se faire une place au soleil ? Je n’en suis pas convaincu.

  

Interfaces voix : grand public et entreprises

 Comme toujours, c’est dans le grand public que des solutions innovantes se diffusent en priorité et les interfaces voix n’échappent pas à cette règle.

Quelle sera la place des interfaces voix dans les entreprises ? Pour répondre à cette question, il faut s’interroger sur l’offre et la demande de solutions.

L’offre professionnelle :
1 - Microsoft propose Cortana pour des usages professionnels, en particulier dans Office 365. 
On peut aussi installer Cortana sur un téléphone Android, mais les premiers retours d’expérience ne sont pas très encourageants !

Alexa for Business2 - Amazon a annoncé « Alexa for Business » durant la conférence Re-Invent organisée par AWS fin novembre 2017.

3 - Google : il n’est pas nécessaire d’être un grand devin pour prévoir que « Google Now for Enterprise » sera disponible dans les premiers mois de 2018.

La demande professionnelle :

Quand j’évoque le sujet des interfaces voix dans le monde professionnel, on m’oppose souvent cette objection : parler à ses applications numériques dans nos bureaux, cela va vite devenir insupportable et tout le monde saura quelles sont les questions que je pose.

Cette objection est logique, car exprimée par des personnes qui travaillent dans les bureaux et les sièges sociaux des entreprises, mais… elles ne sont pas les premières clientes des interfaces voix.

Alexa Echo DotLes opérationnels, les personnes en usines, sur le terrain, qui conduisent des chariots élévateurs ou des camions seront les premiers bénéficiaires des interfaces voix. Leurs mains, leurs yeux sont utilisés en priorité pour leurs activités métiers et les interfaces classiques, souris ou tactiles, sont mal adaptés à leurs modes de travail.

Les équiper d’un casque Bluetooth, installer dans une usine des petits boîtiers de type Alexa Dot, qui coûtent moins de 50 €, permet de créer des environnements professionnels où la voix devient l’interface le plus efficace, le mieux accepté par les salariés.

  

Prochaines étapes

AdS DPC Voice Bot SS 114290846Toutes les entreprises doivent, immédiatement, se préparer à l’arrivée des interfaces voix. Pour ce faire, je vous propose de développer en 2018 deux ou trois « Voicebots », des applications « SoE », Systems of engagement, qui privilégient les environnements industriels et les clients internes opérationnels.

Vous pourrez, en 2018, choisir parmi un très grand nombre d’objets adaptés aux environnements professionnels permettant des interactions voix avec ces applications numériques de nouvelle génération.

 

Synthèse

Un mot clef résume ces nouvelles interfaces voix : invisibilité !

AdS DPC Man speaking with woman S 31442266Le dialogue entre une personne et un environnement numérique deviendra aussi naturel que celui qui s’établit entre deux personnes en face à face. Un artéfact, clavier, souris, écran tactile… ne sera plus nécessaire pour établir la communication.

La bouche et les oreilles sont les moyens les plus naturels de l’homme pour communiquer ; en 2027, nous les utiliserons en priorité pour dialoguer avec notre environnement numérique, personnel et professionnel.

En 2028, quand on se posera la question de savoir quel changement technologique aura le plus marqué la période 2017 - 2027, je suis prêt à parier que la réponse sera : les interfaces voix.

Plus grande innovation numérique de la période 2007 - 2017 : interfaces tactiles.

Plus grande innovation numérique de la période 2017 - 2027 : interfaces voix.

 


Chromebook, l'objet d'accès à tout faire ?

 

Google Pixel 2 $ 1000J’ai écrit deux billets sur les chromebooks, en janvier et août 2016 ; ils faisaient le point sur les offres et les usages possibles à ces dates.

Des évolutions intéressantes ont eu lieu depuis, à la fois dans l’offre et dans les usages, ce qui motive ce nouveau texte.

Des entreprises avec qui je travaille ont fait le choix par défaut des chromebooks comme objet d’accès au SI ; des photos qui illustrent ce billet ont été réalisées chez elles.

 

Chromebook : les fondamentaux

Petit rappel :

  • Un chromebook est un PC portable qui fonctionne sous ChromeOS, pas sous Windows ou MacOS.
  • L’offre est maintenant très large, avec des tailles d’écrans de 10 à 15 pouces.
  • Les prix de vente des chromebooks sont pour l’essentiel compris entre 200 et 500 €. Il existe quelques exceptions très haut de gamme comme le Pixel 2 de Google à 1 000$ (sa photo est au début de ce billet).
  • La majorité des fournisseurs de PC proposent des chromebooks : Acer, Asus, Dell, HP, Lenovo, Samsung ou Toshiba.
  • L’autonomie vraie est de l’ordre de 7 à 10 heures selon les modèles.
  • Des coûts de possession très bas : les mises à jour de ChromeOS sont automatiques, on n’installe pas d’applications et la fiabilité matérielle est forte ; il y a peu de composants et en particulier pas de disques magnétiques.

Gowizyou chromebooks

La société GoWizYou est le principal distributeur de chromebooks en France et… ne commercialise que des chromebooks ! Elle propose une quinzaine de modèles différents sur son site de vente.

  

Trois modes d’usages

Dans l’immense majorité des entreprises, même celles qui ont une stratégie de migration vers des infrastructures cloud public et des usages SaaS, il existe trois familles principales d’usages :

  • Des applications Client/Serveur, pour PC Windows.
  • Des applications natives Web, accessibles depuis un navigateur.
  • Des applications mobiles, Android et iOS.

Les pourcentages relatifs d’applications Windows, Web ou mobiles sont très variables selon les entreprises ; le mouvement vers plus de Web, plus de mobiles et moins de Windows s’accélère, mais prend du temps…

La réponse traditionnelle actuelle pour répondre à cette variété d’interfaces est d’utiliser :

  • Un PC Windows pour les usages Windows et Web.
  • Un smartphone pour les usages mobiles et Web.

Aujourd’hui, un chromebook est une option moderne, innovante et pérenne pour répondre à ces trois modes d'usages :

Chromebook - Trois modes usages

  • La raison d’être initiale des chromebooks est l’accès aux applications Web et SaaS ! Ils sont les meilleurs PC portables pour ces usages.
  • Depuis quelques mois, Google Play, la place de marché Android aux trois millions d’applications, est accessible depuis un chromebook. Tout n’est pas encore disponible, mais l’offre s’enrichit très vite.
  • Il existe plusieurs moyens d’accéder à des applications Windows :
    • Le client Citrix est nativement disponible, mais l’on peut aussi utiliser l’équivalent de Microsoft.
    • Des bureaux virtuels, comme WorkSpaces sur AWS, sont accessibles depuis un chromebook. La solution WorkSpaces a un avantage financier majeur : on peut payer à l’heure, ce qui correspond bien aux cas d’usages envisagés, des accès peu fréquents à ces applications Windows.

Workspace AWS on Chromebooks

  

Un cas d’usage

 Une entreprise française a lancé, début 2017, une stratégie ambitieuse de migration vers des solutions cloud public et SaaS, et les chromebooks accompagnent cette stratégie.

L’une des premières actions a été d’équiper de chromebooks tous les dirigeants membres du comité exécutif ! Plusieurs modèles ont été proposés et leur choix unanime c’est porté vers les chromebooks de 11 pouces, faciles à transporter.

Sur ces deux photos, prises dans cette entreprise :

Chromebook - trois usages photos

  • La première montre le chromebook utilisé simultanément en mode natif Web et avec un client Windows qui permet à chaque collaborateur d’accéder aux applications auxquelles il a droit.
  • Sur la deuxième, il y a en plus la fenêtre Google Play, pour les applications Android autorisées.

La DSI met à disposition des collaborateurs plusieurs modèles de chromebooks ; l’un de ceux qui ont le plus de succès est un modèle ASUS de 10 pouces, que l’on peut utiliser de trois manières différentes :

Chromebook - Trois positions

  • En mode PC portable classique.
  • En mode tablette.
  • En mode « pyramide », sur une table.

Il dispose d’un écran tactile et son prix de vente est de l’ordre de 500 €.

  

Chromebook, le nouveau PC portable par défaut ?

L’entreprise présentée dans le paragraphe précédent était encore, en 2016, équipée à 100 % de PC Windows, avec, comme souvent, un « Master » pour tous les collaborateurs !

Migration Windows - ChromebookPour organiser une gestion sereine et efficace de la transition vers un monde qui sera 100 % Web et mobile avant la fin de l’année 2018, les chromebooks sont les PC portables les mieux adaptés.

Toutes les entreprises devront, plus ou moins vite, gérer des migrations de ce type. Elles sont encore trop peu nombreuses à penser aux chromebooks ; elles restent sur l’image initiale de ces PC, lors de leur lancement en 2011, quand ils n’étaient utilisables que pour des usages Web.

Le choix d’un chromebook avec un écran tactile s’impose aujourd’hui ; toutes les applications Google Play sont prévues pour un usage tactile, et elles ne seront pas toutes modifiées pour s’adapter à un mode de travail plus ancien, clavier et souris.

On commence aussi à trouver quelques modèles avec un stylet, une option utile pour de nombreux usages, et pas seulement dans le monde de l’éducation.

Je vous recommande trois sites francophones qui permettent de suivre l’activité du monde chromebook :

 

Synthèse 

Fin 2017, les chromebooks sont des PC encore très minoritaires dans les entreprises ; leur part de marché est de l’ordre de 5 %. Leur principal succès, on le trouve dans le monde de l’éducation, en particulier aux USA, où ils ont pris plus de 50 % du marché.

Quelle sera la part de marché des chromebooks dans les PC portables en 2021 ? 30 % ? 50 % ? 70 % ? Difficile de le prévoir.

DPC Old Way  New Way S 54116212On devrait, à cette date, rencontrer deux familles d’entreprises :

  • Les innovantes, qui ont basculées dans le cloud et où les chromebooks sont dominants.
  • Les « traditionnelles », encore arc-boutées sur leurs solutions informatiques  du siècle dernier : SAP, Microsoft Office, Oracle… et où seront réfugiées les derniers PC Windows.

  


2017 : après 2007, autre année charnière pour l’innovation technologique ? Deuxième partie

 

AdS DPC 2017 Start S 123980981Regarder 2007 depuis 2017 pour déterminer les technologies qui ont profondément marqué cette décennie est raisonnablement facile ; c’est ce que j’ai fait dans la première partie de cette analyse.

Regarder 2027 depuis 2017 pour essayer d’anticiper les technologies, émergentes en 2017, qui seront considérées en 2017 comme ayant eu le plus grand impact sur cette période est plus... délicat.

Je n’ai pas trop mal réussi dans cet exercice au cours des dix dernières années, comme le montrent les nombreux textes que j’avais publié dans ce blog et qui sont référencés dans la première partie de ce billet.

J'essaie, avec beaucoup d’humilité, de refaire l’exercice pour la période 2017 - 2027. J’ai choisi sept technologies émergentes qui, comme pour la période 2007 - 2017, pourraient changer profondément nos usages des technologies informatiques. Ces sept technologies sont :

1 - Microprocesseurs spécialisés

2 - Intelligence Artificielle, Machine Learning...

3 - Réseaux 5G

4 - Edge Computing

5 - Nouvelles interfaces homme-machine

6 - Réalité Augmentée, Réalité Virtuelle

7 - Transports autonomes.

Plusieurs billets seront nécessaires pour traiter les sept thèmes.

Avant d’analyser ces sept technologies, il est important de prendre conscience qu’un mot, qui s’applique à ces sept technologies, explique l’impressionnante vitesse de ces évolutions : ce mot, c’est... exponentiel.

 

Croissance exponentielle

Gilder  Moore LawsProcesseurs, mémoires numériques, réseaux... toutes les technologies d’infrastructures voient leurs performances s’accroître de manière exponentielle. C’était vrai jusqu’à aujourd’hui, comme le rappellent ces courbes qui montrent les évolutions de ces trois domaines, avec des doublements tous les 18 mois pour les processeurs et tous les 9 mois pour la capacité des réseaux.

Cette «exponentialité» des performances va continuer entre 2017 et 2027, mais n’oublions pas que la pente d’une courbe exponentielle se rapproche rapidement de la verticale. A ce moment-là, les performances augmentent de plus en plus vite, en valeur absolue.

Exponential with manEn 2017, nous entrons dans une période de «verticalité exponentielle». En clair, cela signifie que toutes les limites que l’on connaissait en matière de performances des outils informatiques vont rapidement disparaître.

Sans Limites ! Sans limites dans la puissance de calcul. Sans limites dans les capacités de stockage. Sans limites dans les possibilités de transport de l’information.

2027, bienvenue dans un monde où les limites à la performance des technologies informatiques ont disparu !

  

1 - Les microprocesseurs spécialisés

DPC Microprocessor SS 80618919Les microprocesseurs généralistes, d’Intel, AMD ou ARM sont aujourd’hui les moteurs principaux de l’informatique. Ils auront encore un rôle important à jouer pendant les 10 ans qui viennent, mais ne seront plus des vecteurs d’innovation.

Je pronostique que ce sont de nouvelles générations de microprocesseurs spécialisés qui rendront possibles l’essentiel des innovations majeures des années 2017 - 2027. Ils resteront invisibles au grand public, comme le sont souvent les infrastructures informatiques qui servent de fondation aux nouveaux usages.

Je les place en première position dans cette liste des sept technologies ; sans eux, rien de ce que je présente dans ces billets ne serait possible.

Les premières versions de ces nouvelles familles de microprocesseurs sont déjà là, en 2017. Les progrès exponentiels dans leur puissance, au cours des 10 prochaines années, vont ouvrir des chantiers d’innovations difficiles à imaginer aujourd’hui.

Sans prétendre à l’exhaustivité, la petite dizaine de familles de microprocesseurs spécialisés présentés donnent une bonne photographie de la variété des options disponibles.

 

Processeurs graphiques (GPU)

Les cartes graphiques (GPU) existent depuis longtemps ; leurs domaines d’usages prioritaires étaient jusqu’à présent l’accélération graphique des affichages, en particulier pour les jeux vidéos.

GTX 1080 new Nvidia GPUNvidia, leader actuel des processeurs GPU, continue à investir dans des cartes pour la vidéo et les jeux, comme le montre l’annonce récente de la carte GTX 1080, plus puissante que la génération actuelle et consommant trois fois moins d’énergie.

Le nouveau champ d’action de ces cartes graphiques est dans l’Intelligence artificielle et en particulier le Machine Learning (ML).

Avec la DGX-1, Nvidia propose un super ordinateur pour l’Intelligence Artificielle (IA) :

  • Construit en utilisant les cartes graphiques Tesla P100 ; le nom n’a sûrement pas été choisi par hasard !
  • Promet des performances entre 30 et 250 fois supérieures à celles fournies par des solutions n’utilisant que des processeurs traditionnels.

Super computer AI Nvidia

Ces solutions sont disponibles pour toutes les entreprises ; les grands acteurs du IaaS, dont Google, IBM et Microsoft ont annoncé le support de ces cartes graphiques dans leurs environnements.

Les professionnels du sujet disent que ces cartes GPU sont très efficaces lors de la phase d’apprentissage des logiciels de Machine Learning. D’autres processeurs, comme les TPU présentées dans le paragraphe suivant, sont plus performants pour exécuter ces logiciels.

 Mise à jour 10 mai 2017 : NVidia vient d'annoncer ses résultats trimestriels : + 50 % de CA, + 100 % sur les bénéfices, grace aux ventes de GPU dans les centres de calcul.

Intelligence Artificielle (IA) et Machine Learning (ML)

Une nouvelle génération de processeurs, nés pour l’IA et le ML, pointe le bout de son nez. Ce ne sont pas des Intel ou des Nvidia qui les conçoivent, mais des entreprises du Cloud comme Google.

Google TPU processorLa plateforme logicielle de ML de Google a pour nom TensorFlow ; il était donc logique de créer le TPU, TensorFlow Processing Unit, processeur dédié pour cette plateforme. Les fans de technologies trouveront dans cet article une présentation détaillée de l’architecture TPU.

Chip Dédié Google AI = less Data CentersLes TPU sont massivement déployés dans les centres de calcul de Google. Un article publié dans Wired explique que Google a évité de construire une douzaine de nouveaux centres de calcul grâce à la puissance de ces TPU.

 

La création de processeurs spécialisés IA s’accélère en 2017 : parmi les nouveau-nés, il y a Gloq, société créée par des anciens de… Google. Inutile de chercher leur site Web, il n’y en a pas. Ceci ne les a pas empêchés de lever 10 M$ !

Il n’est plus possible de citer toutes les startups dans ce domaine, car leur nombre augmente très vite ; parmi les annonces récentes :

  • KnuEdge, fondée par des anciens de la NASA, avec 100 M$ d’investissements.

Knu:Edge Neural CPU

  • DynamIQ, créé par ARM, le leader des processeurs pour smartphones et qui a lui aussi décidé de se joindre à ce mouvement.

 

Processeurs quantiques

Les premiers processeurs quantiques sont nés il y a près de 10 ans, en 2009.

Processeur quantiqueCe sont des technologies très complexes, dans lesquelles les « bits » sont remplacés par des «qubits », capables de prendre plusieurs états. Pour fonctionner, un calculateur quantique doit être totalement isolé du monde extérieur.

Des progrès majeurs ont été réalisés récemment dans les ordinateurs quantiques depuis que des géants de l’informatique comme IBM ou Google ont décidé d’y investir massivement.

Google devrait annoncer, avant la fin de l’année… 2017, un processeur 50 qubits ; il pourrait devenir le calculateur le plus puissant du monde !

On entendra beaucoup parler de qubits entre 2017 et 2027. Je suis prêt à parier que beaucoup d’informaticiens diront en 2027 :

« Comment pouvait-on faire de l’informatique en 2017, quand les processeurs quantiques n’existaient pas ? »

 

Processeurs «programmables» FPGA

L’industrie informatique utilise depuis longtemps des processeurs ASIC (Application Specific Integrated Circuit). Ce sont des processeurs spécialisés pour une tache, performants, mais que l’on ne peut pas modifier ensuite.

Altera fpgaLes processeurs FPGA (Field Programmable Gate Arrays) représentent la nouvelle génération des ASIC.

La différence essentielle entre les deux familles : la logique de fonctionnement des FPGA est modifiable par les utilisateurs, ce qui donne beaucoup plus de souplesse et permet de faire évoluer les usages au cours du temps.

Les deux leaders, Xiling et Altera, représentent environ 90 % du marché des processeurs FPGA.

Le marché des processeurs FPGA est-il vraiment stratégique ? Pour vous en convaincre, il suffit de savoir qu’Intel a déboursé 16,7 milliards de dollars pour racheter Altera ! C’est le plus important investissement jamais réalisé par Intel.

AWS F1 FPGA EC2L’importance croissante des processeurs FPGA est confirmée par le fait que les grands acteurs du Cloud comme AWS commencent à les proposer à leurs clients. On les trouvera de plus souvent dans le traitement de la voix et de l’image.

A côté de ces nouvelles familles de processeurs à usages potentiels très variés, on note l’émergence de nouvelles familles de processeurs dédiés à une seule activité. Sans prétendre à l’exhaustivité, j’ai choisi 4 domaines spécialisés :

  • La voix
  • L’image
  • Le transport
  • La sécurité 

Traitement de la voix

Amazon Echo - Just AskLes succès d’Amazon avec Echo et de Google avec Home, leurs boîtiers pilotés à la voix, montrent l’importance croissante des « interfaces voix ».

Des équipes du MIT ont développé des microprocesseurs spécialisés dans la reconnaissance vocale, capables de fonctionner avec une consommation électrique divisée par... 100. Ils pourront être déployés partout, à coût très bas, y compris dans des environnements industriels où les avantages du pilotage à la voix sont évidents.

La reconnaissance vocale est l’une des sept autres innovations que j’analyse ici ; une fois encore, c’est grâce aux performances de microprocesseurs spécialisés que les progrès les plus spectaculaires seront rendus possibles. Qui a financé cette recherche ? Le constructeur de microprocesseurs Quanta, basé en Corée du Sud.

 Pour des usages « plus classiques » autour du son, les GPU sont encore très utilisés : c’est le cas par exemple de Shazam, l’application capable de reconnaître en quelques secondes plus de 40 millions de thèmes musicaux. Shazam s’appuie de plus en plus sur les solutions Cloud de Google qui propose des GPU en IaaS.

 

Vision : processeur d’images

La reconnaissance d’images dans des photos et des vidéos est une priorité pour des entreprises comme Google ou Facebook. Dans ce domaine aussi, on a vu apparaître des acteurs spécialisés tels que Movidius avec ses processeurs Myriad.

Fathom by MovidiusPour rester dans la course et offrir des solutions spécialisées à ces clients, Intel a aussi racheté Movidius.

En 2016, Movidius a présenté Fathom, une clef USB dans laquelle est logé un processeur d’images Myriad ; ceci permet de rajouter un réseau neuronal de traitement de l’image à un PC classique ! Prix de vente de cette clef de calcul neuronal ? Environ 100 $.

 

Processeurs Transport

Voitures, camions, autobus… Tout le secteur du transport se prépare à l’invasion des véhicules autonomes. Les besoins de calcul dans les processeurs embarqués dans ces objets roulants sont gigantesques et vont donc demander des… processeurs spécialisés.

Nvidia automous carNvidia a annoncé Xavier, son processeur pour véhicules autonomes, qui sera disponible… fin 2017. Avec 7 milliards de transistors et une puissance de calcul de 20 TOPS (Trillion Operation Per Second), il va transformer tout véhicule en un super ordinateur.

Au CES de 2017, Nvidia a présenté une voiture Lincoln équipée avec Xavier. 

 

Processeurs sécurité

Nous utilisons tous depuis des dizaines d’années des processeurs spécialisés pour la sécurité pour nos cartes de crédit.

La course poursuite entre « les gendarmes et les voleurs » dans le cyberespace demande de plus en plus de puissance de calcul, donc des… processeurs spécialisés.

Gogole Security chip TitanPour améliorer la sécurité de ces centres de calcul, Google a annoncé en… 2017 Titan, un processeur dédié à la sécurité.

Du côté des objets d’accès, c’est SK Telecom, en Corée du Sud, qui présente un tout petit processeur pour smartphones, capable de générer de manière vraiment aléatoire des nombres premiers, indispensables dans les processus de chiffrement.

 

Synthèse  

Cette liste de nouvelles générations de microprocesseurs peut vous paraître un peu longue ; elle est pourtant incomplète et a pour seul objectif de vous faire toucher du doigt à quel point les microprocesseurs spécialisés seront les portes d’entrée indispensables pour la majorité des grandes innovations technologiques des 10 prochaines années. 

Troisième partie : Intelligence Artificielle et Machine Learning


2017 : après 2007, autre année charnière pour l’innovation technologique ? Première partie

 

2007 logo2007 ? Pourquoi proposer aujourd’hui ce retour en arrière de 10 ans quand je privilégie dans ce blog des réflexions sur les 5 ou 10 prochaines années ?

2007 restera dans l’histoire de l’informatique une année charnière, qui a vu la naissance de très nombreuses technologies innovantes, de rupture. J’ai souvent eu l’occasion, en dix années d’écriture de billets sur ce blog, de traiter ces différents sujets.

Dans 10 ans, en 2027, est-ce que l’on considérera aussi que 2017 a été une autre année charnière ? C’est ce scénario que je vous propose d’analyser dans ces billets.

Comprendre le passé pour mieux anticiper l’avenir, c’est parfois un exercice utile.

  

2007  : sept innovations technologiques extraordinaires

DPC number 7 SSUn monde sans smartphones, sans réseaux sans-fil rapides omniprésents ? Pour beaucoup d’entre nous, et en particulier les 12 - 20 ans, c’est difficile à imaginer, aujourd’hui. On oublie vite que ces innovations n’ont pas toujours été à nos côtés.

J’ai choisi les sept innovations qui, à mon avis, ont eu le plus d’impacts sur nos vies personnelles et professionnelles. Votre sélection est peut-être différente de la mienne, on pourra échanger sur ces écarts dans les commentaires.

 

1 - Smartphone

Steve Jobs with iPhoneLe lancement de l’iPhone 1 par Steve Jobs est l’événement fondateur de cette année 2007. C’est aussi, à mon avis, l’innovation technologique qui a le plus marqué ces dix dernières années.

Nombreux sont ceux qui n’en ont pas compris immédiatement l’importance ; le plus célèbre d’entre eux ? Steve Ballmer, CEO de Microsoft, qui déclarait que l’iPhone n’avait pas la moindre chance de prendre des parts de marché !

Ballmer iPhone no chance

Les chiffres du Gartner sont sans appel : en 2016, il s’est vendu 1 500 M de smartphones contre 270 M de PC, 5,5 fois plus.

Sales 2016 - PC vs Smartphones 

2 - Infrastructures Cloud, IaaS, Infrastructures as a Service

BusinessWeek Bezos AWS 2007AWS, Amazon Web Services, la branche IaaS d’Amazon est née fin 2006, début 2007. Je n’oublierai jamais les réactions «amusées» des grands fournisseurs historiques de serveurs, Dell, HP, IBM et des DSI «sérieux» des grandes entreprises françaises face à ce vendeur de livres qui se prenait pour un fournisseur de solutions informatiques quand je leur annonçais que c’était l’avenir des infrastructures informatiques.

En 2016, AWS a dépassé les 12 milliards de dollars de CA avec un bénéfice supérieur à 3 milliards de dollars.

AWS Sales 2016

 

3 - Les usages universels «Bureautique» dans le Cloud

C’est en février 2007, à Blog LN Google Apps 2007Paris, que Google a annoncé Google Apps, la version professionnelle de ses outils universels grand public autour de Gmail.

Des entreprises innovantes françaises, Valeo, Essilor... avaient accepté de tester cette solution avant son annonce officielle. Là encore, c’était un fournisseur «grand public» qui osait s’attaquer aux leaders historiques de l’époque, Microsoft et IBM.

Aujourd’hui, les entreprises «traditionnelles» peuvent faire semblant de migrer leur bureautique dans le cloud en choisissant la solution Office 365 de Microsoft, solution qui leur évite d’apporter le moindre changement dans les usages de leurs collaborateurs.

 

4 - Réseaux sans fil rapides, 3G, 4G et WiFi

En 2017, la probabilité de ne pas trouver un réseau 3G, 4G ou WiFi pour accéder à Internet et au Cloud est devenue très faible. Dans tous les pays, tous les continents, les infrastructures de réseaux sans fil sont déployées et permettent un accès banalisé aux solutions Cloud.

Voice & Data Mobile 2007 - 2011

Comme le montre très bien cette étude Ericsson, les échanges de données sur les réseaux mobiles étaient inexistants en 2007 ; dès 2011, les flux de données sur réseaux mobiles étaient trois fois supérieurs aux échanges voix.

 

5 - L’omniprésence de la vidéo numérique

YouTube a été racheté par Google en 2006 et lancé en 2007.

Fin 2015, 400 heures de vidéos étaient montées sur YouTube chaque... minute. En 2017, le milliard de vidéos vues par jour a été dépassé.

Video importe Youtube

Facebook, Netflix... font aussi partie de ces fournisseurs de contenus vidéos devenus incontournables, et qui n’existaient pas en 2007.

Il ne viendrait plus à l’esprit d’une seule entreprise de ne pas avoir, en 2017, un ou plusieurs canaux «corporate» YouTube !

YouTube presence of cars vendors

 

6 - L’explosion des réseaux sociaux, grand public et professionnels

C’est en 2007 que Facebook, qui jusqu’à cette date, était réservé au monde éducatif (.edu) s’est ouvert à tous.

Facebook active users 2007 - 2012

Les 800 millions de membres actifs étaient atteints dès 2011 ; ils sont aujourd’hui 1 300 millions.

LinkedIn 500 M UsersLe leader des réseaux sociaux professionnels, LinkedIn, vient d’annoncer en avril 2017 qu’il avait franchi la barre des 500 millions de membres actifs.

Après les échecs répétés des RSE (Réseaux Sociaux d’Entreprise) déployés en Intranet, les entreprises commencent à utiliser pour leurs collaborateurs des solutions grand public adaptées telles que Workspace by Facebook.

 

7 - Les solutions SaaS, Software as a Service, pour usages support

Marché CRM en 2007Salesforce a été la première solution SaaS sur le marché au début des années 2000. En 2007, Salesforce représentait moins de 10 % du marché des logiciels CRM, comme le montre ce graphique.

Aujourd’hui, en 2017, plus de 5 000 solutions SaaS de haute qualité couvrent 99 % des besoins des entreprises pour toutes les fonctions support, telles que CRM, pilotage RH, gestion des budgets ou trésorerie.

 

 

Synergie

AdS DPC Synergy hands S 45041751Ces sept innovations sont importantes, prises individuellement. Mais c’est leur synergie qui a déclenché l’explosion exponentielle des usages numériques de ces dix dernières années. Le smartphone est devenu la fenêtre universelle pour visualiser des contenus, des vidéos, des applications professionnelles, alimenté par des réseaux mobiles rapides et la capacité infinie de stockage dans les infrastructures Cloud, encourageant leur partage dans les réseaux sociaux.

Dans les prochains billets de cette série, je vous proposerai ma sélection des sept technologies, émergentes en 2017, qui pourraient devenir indispensables en 2027.

Deuxième partie : Croissance exponentielle et processeurs spécialisés.

Troisième partie : Intelligence Artificielle et Machine Learning. 


Les trois générations d’outils de communication professionnels : email, Chat, Voix

 

AdS DPC Smoke signal 33328048Quels sont les outils informatiques les plus utilisés par la majorité des collaborateurs d’une entreprise ? Ce sont toujours les solutions de communication.

En 2016, la messagerie électronique, l’email, reste le premier moyen d’échange dans le monde professionnel ; cette forme de communication ne va pas disparaître, mais sera complétée rapidement par deux nouvelles familles d’outils. Nous assistons à la naissance d’une trilogie de solutions de communications professionnelles, très complémentaires, autour de :

  • L’email
  • Le Chat
  • La Voix

  

Génération email

AdS DPC symbol mail 45026050C’est dans le monde professionnel que l’email a commencé, au début des années 1970, en même temps qu’Internet.

Sa généralisation dans les entreprises c’est accéléré à partir de 1990, avec l’arrivée d’IBM Lotus Notes puis de Microsoft Exchange. Aujourd’hui, tous les salariés équipés d’un PC utilisent une ou plusieurs adresses email.

La mort de l’email ? Quoi qu’en disent certains dirigeants, elle n’est pas pour tout de suite !

La société d’études de marché Radicati publie des études très précises sur la messagerie ; ce tableau montre l’évolution du nombre de mails échangés, par personne et par jour, dans les entreprises entre 2015 et 2020.

Radicali -  number Email : user - 2015 -2020
Les tendances :

  • Le nombre total de messages échangés reste stable, de 122 à 126.
  • Le nombre de messages reçus, non spam, ne bouge pas, de 76 à 77.
  • Le nombre de messages envoyés... baisse de 10 % de 34 à 30.

Depuis 2007, les entreprises abandonnent leurs solutions hébergées en interne et basculent vers des Clouds publics. Deux solutions, Google Apps et Microsoft Office 365, ont pris le pouvoir ; je l’ai longuement expliqué dans deux billets, ici et .

C’est un marché en forte croissance, confirmé par les chiffres de Radicati : le CA des logiciels SaaS de messagerie triplera entre 2016 et 2020, passant de 15 à 41 B$. Pas étonnant que la guerre entre Google et Microsoft pour le contrôle de la messagerie Cloud soit sans merci !

Radicati Cloud email revenues growth

Tout le monde se plaint d’avoir trop d’emails, mais... tout le monde consulte sa boîte mail en permanence, sur son PC, son smartphone, au bureau, chez lui, en réunion, dans le train, pendant les repas...

  

Décalages grand public, entreprises

DPC Innovation on screen S 70041361Avant d’analyser les deux nouvelles familles d’outils de communication, je reviens sur un phénomène majeur, évoqué dans ce blog : l’innovation dans les usages des outils informatiques a déserté les entreprises et se trouve maintenant dans le grand public.

L’email c’était imposé en priorité dans les entreprises. Depuis le début des années 1990, avec l’arrivée du Web, c’est toujours dans le grand public que les usages innovants se diffusent en priorité.

Ce schéma donne quelques exemples de ce décalage dans le temps :

Décalages usages Grand public - pro calendrier

  • WebMail : Gmail arrive en 2004, Google Apps en 2007.
  • Réseaux sociaux : Facebook commence sa croissance en 2007 ; il faut attendre 2014 pour voir arriver Facebook at Work.
  • Chat : WhatsApp démarre en 2010, les premières solutions de chats professionnels arrivent en 2013-2014.
  • Interface Voix : Google Now existe depuis 2014, et l’on attend encore l’équivalent dans les entreprises.

Les deux nouvelles familles d’outils de communication professionnels, autour du chat et de la voix, font partie de ces usages largement diffusés dans le grand public avant de pénétrer dans les entreprises.

 

Génération Chat

AdS DPC Symbol Chat 74809486Successeurs des SMS, les outils de Chat Internet, qui permettent de s’affranchir des opérateurs télécom, ont vu leurs usages exploser à partir de 2010. En 2016, le succès des outils de Chat dans le grand public est impressionnant, comme le confirme ce tableau.

Main Chat Apps

Les deux leaders, WhatsApp et Messenger appartiennent à Facebook et regroupent près de 2 milliards d’utilisateurs actifs mensuels à eux deux. WeChat, dont l’essentiel des clients sont en Chine, est aujourd’hui l’application Chat la plus avancée en termes de fonctionnalités ; il est possible d’y faire des transactions financières, des achats, de communiquer avec beaucoup d’entreprises.

Je suis frappé par le fait que les deux leaders mondiaux du Webmail, Google et Microsoft soient absents de cette liste des fournisseurs de solutions Chat ; est-ce que les cultures email et Chat sont incompatibles ? On peut se poser la question quand on voit aussi que les leaders du Chat sont absents du monde email.

Dans la majorité des entreprises, le Chat professionnel n’est pas encore déployé de manière significative ; deux facteurs importants vont pousser les entreprises à le mettre en œuvre :

  • La demande des clients externes. Une enquête récente réalisée par Twilio montre que 90 % des clients souhaitent échanger avec les entreprises par Chat quand moins de 50 % des entreprises sont équipées pour le faire.

Trilio - 90 % clients, 48% entreprises en chat

  • La demande des clients internes pour des communications plus efficaces. L’email reste très performant pour des échanges vers l’extérieur, mais a montré ses limites pour les communications intraentreprises. Des centaines d’équipes, de groupes de travail souhaitent accélérer les échanges et se plaignent des délais induits par l’email.

Les premières offres professionnelles, «Chat Centric» sont disponibles pour répondre à cette attente. Les plus connues sont HipChat d’Atlassian et surtout Slack.

Slack, opérationnel depuis 2014, a connu un succès foudroyant, confirmé par ce graphique : le nombre d’utilisateurs de la version freemium gratuite atteint 3 millions et il y a environ 1 million d’utilisateurs payants.

Slack rapid growth

Slack value 3.8B$La dernière levée de fond de Slack, 200 M$ en avril 2016, valorise l’entreprise à... 3,8 B$, pas mal pour une entreprise qui commercialise son produit depuis 2 ans !

Microsoft Skype TeamsMicrosoft a entendu le message et compris qu’il y avait un marché intéressant dans le Chat professionnel. Une annonce, non officielle, a été faite : l’arrivée, sans date de sortie confirmée, de sa solution Skype Teams.

Et Google ? Pour le moment, à ma connaissance, Google n’a pas annoncé de solutions de Chat professionnel pour les entreprises qui utilisent Google Apps.

J’ai aujourd’hui une excellente nouvelle pour ces entreprises...

 

Votre entreprise utilise Google Apps ?

WizyRoom logoLe 13 septembre 2016, Wizy.io, startup basée en Californie, a présenté sa nouvelle solution, «Chat Centric» multifonctions, WizyRoom. Elle est déjà disponible en français et en anglais, en attendant d’autres langues.

WizyRoom est construit sur la plateforme GCP, Google Cloud Platform, et ne fonctionne que pour les entreprises qui utilisent Google Apps. Ce choix stratégique permet de proposer une solution en totale symbiose avec Google Apps. Ses principales fonctions :

  • Un chat de groupe, permettant les conversations comme dans Gmail.
  • Une gestion des activités, des tâches.
  • Des liens directs avec Google Drive.
  • La possibilité de créer rapidement des applications professionnelles légères basées sur le Chat. Les premiers clients ß de WizyRoom ont déjà déployé des applications commerciales, de remontées d'incidents dans une unité de production en usine ou de ressources humaines pour un suivi de planning.

WizyRoom Screenshot

WizyRoom permet aux personnes qui utilisent Google Apps de disposer de fonctionnalités équivalentes à celles de Slack, Trello pour la gestion des tâches et Evernote, sans sortir de Google Apps, sans avoir à ouvrir d’autres applications.

WizyRoom permet aux entreprises qui ont déployé Google Apps de disposer, immédiatement, d’une solution «Chat Centric» multifonctions professionnelle, leur permettant de décupler l’efficacité de leurs équipes.

Disclaimer : Le CEO de Wizy.io est Laurent Gasser, cofondateur avec moi de Revevol. Je suis depuis septembre 2016 «Chief Strategy Officer» de Wizy.io et actionnaire depuis 2 ans. Pour en savoir plus sur WizyRoom, vous pouvez consulter cet interview de Laurent par JDN, le journal du Net.

  

Génération Voix 

AdS DPC symbole voix S 100980974Pendant que les entreprises commencent à déployer des solutions «Chat Centric», le grand public expérimente avec les outils «Voix Centric».

Tous les grands acteurs du Cloud et du Web sont présents sur ce marché, bien décidés à ne pas se laisser prendre de vitesse par leurs concurrents, comme cela c’était passé avec le Chat pour Google et Microsoft.

Logos Cortana Siri Alexa Google Now

Amazon avec Alexa, Apple avec Siri, Google avec Now, Microsoft avec Cortana ont été les premiers à démarrer. Facebook arrive avec M ainsi que de nombreuses startups telles que VIV, fondé par les créateurs de Siri chez Apple.

Nous étions déjà 400 M à utiliser ces interfaces voix en 2015 ; ce graphique montre que nous pourrions être près de 2 milliards en 2021.

Voice Digital Assistants

Ce sont les progrès fulgurants en IA, Intelligence Artificielle et Machine Learning qui rendent possibles le succès de ces interfaces voix.

Wavenet - Text to speed DeepMind solution  - copieGoogle a présenté en septembre 2016 WaveNet, mis au point par leur filiale DeepMinds, célèbre pour ses succès au jeu de Go. WaveNet est capable de synthétiser la voix de manière beaucoup plus naturelle que les outils actuels. Cet article explique en détail comment fonctionne WaveNet et permet d’écouter quelques exemples de messages vocaux, comparant les différentes techniques de création de messages sonores, en Anglais et en Mandarin.

Nous en sommes tout au début, et il est facile d’ironiser sur les erreurs commises par les premières versions de ces outils.

D’ici 2021, il sera impossible de faire la différence entre un dialogue avec une personne ou avec un «bot» vocal :

  • L’interface voix aura-t-il alors remplacé l’interface tactile ?
  • Nos objets d’accès 2021 auront-ils ringardisé les smartphones sous leur forme actuelle ?

Ce sont des questions que l’on doit commencer à se poser aujourd’hui.

La complémentarité entre ces trois familles d'usages sera très forte. Un exemple récent : WhatsApp annonce que l'on peut utiliser Siri sur iPhone pour piloter son application.

  

Résumé

Les entreprises doivent, immédiatement, déployer des solutions «Chat Centric», en complément des solutions «email Centric» existantes. Elles seront utilisées pour augmenter l’efficacité des communications internes et faciliter les échanges avec les clients externes.

Email centric, chat centric, voice centric

Les entreprises innovantes peuvent aussi commencer à réfléchir aux potentiels des usages «Voix Centric» qui pourraient faire leur apparition dans le monde professionnel à partir des années 2018 ou 2019.

 


75 % des serveurs dans les entreprises auront disparu en 2020 ! L’hécatombe annoncée devient réalité

 

AdS DPC Cimetière militaire S 72348903Dès 2009, je faisais dans ce blog le pronostic que les centres de calcul des entreprises allaient progressivement se vider de leurs serveurs. Je terminais ce billet avec une prévision : le nombre de serveurs dans les centres de calcul pourrait se réduire de 60 à 90 % d’ici à 2020, en citant 80 % comme pourcentage le plus probable.

En juin 2016 le Laboratoire National de l’Université de Berkeley a publié une étude d’une exceptionnelle richesse sur «La consommation d’énergie des centres de calcul aux USA». Les universités de Stanford, Northwestern et Carnegie Mellon, ainsi que le département d’énergie du gouvernement américain ont participé à cette étude.

Berkeley study - US Energy Data Center

L’essentiel des données que je vais utiliser dans ce billet provient de ce document de plus de 60 pages. C’est une lecture obligatoire pour tous les responsables informatiques. Il analyse les impacts de l’arrivée des acteurs «Hyperscale», en clair les industriels du Cloud Public, sur les serveurs, les outils de stockage, les outils de réseaux et la consommation d’énergie des centres de calcul aux USA, sur la période 2000 - 2020.

 

Croissance du Cloud Public = disparition des serveurs d’entreprise

Il n’est pas nécessaire d’être un grand mathématicien pour comprendre cette équation :

            CTE = (NSE + NSCP) x PMUS

  • CTE = Charge de travail des entreprises, les applications à exécuter.
  • NSCP = Nombre de Serveurs Clouds Publics.
  • NSE = Nombre de Serveurs Entreprises.
  • PMUS = Puissance Moyenne Utile d’un Serveur.

Serveurs entreprises down, Cloud UpDeux facteurs vont jouer un rôle clef dans cette équation :

  • Amélioration de PMUS : croissance de la puissance des serveurs à coût constant, virtualisation, containers... tous ces paramètres évoluent dans le même sens et permettent de traiter plus d’applications par serveur.
  • Basculement sur les Clouds Publics, ce qui entraîne un accroissement très rapide de NSCP.

Le résultat de ces deux évolutions ? NSE, le nombre de serveurs entreprises, chute très vite.

  

Impacts croissance Cloud Public sur vendeurs de serveurs aux entreprises

Ce graphique est extrait de l’étude américaine citée dans l’introduction.

Evolution Nb serveurs vendus, hyperscale vs classique

Il demande quelques explications :

  • En ordonnée, le nombre de serveurs installés dans les centres de calcul.
  • L’année de rupture des tendances : 2014.
  • Hyperscale : les mégas centres de calcul, construit en majorité par les grands acteurs industriels du Cloud Public, AWS, Google, Microsoft...
  • Non Hyperscale : les «petits» centres de calcul, de moins de 10 000 serveurs, ce que certains appellent encore «Clouds Privés» et que je préfère nommer «Centres de Calculs Privés».

D’ici 2020, le basculement vers un scénario Hyperscale aura deux impacts majeurs :

  • Le nombre total de serveurs installés va légèrement baisser entre 2014 et 2020, alors que la puissance informatique consommée va continuer à exploser. Ceci confirme la très forte amélioration de la performance des serveurs (PMUS) et leur meilleure utilisation par les industriels du Cloud. Le nombre de serveurs sera en 2020 au même niveau qu’en 2010.
  • La part des serveurs dans les centres de calcul privés va baisser de 75% entre 2014 et 2020. C’est une vitesse de décroissance jamais vue jusqu’à présent ! Si l’on fait l’hypothèse que la durée de vie d’un serveur est de 4 à 5 années, ceci signifie en pratique que l’immense majorité des serveurs en fin de vie ne seront pas remplacés.

Unbranded vs branded servers - US Data Center study Ce schéma présente le fonctionnement de l’industrie de fabrication des serveurs.

  • Les seules entreprises qui fabriquent vraiment des serveurs sont des sociétés «unbranded», de marque blanche, toutes situées en Asie. Ces entreprises gigantesques, telles que Foxconn ou Quantra, sont inconnues du grand public et des DSI. Ce sont les mêmes qui fabriquent l’essentiel des PC ou des smartphones.
  • Les grandes entreprises qui vendent des serveurs aux entreprises, Dell, HP, Lenovo, IBM... se fournissent aussi chez les mêmes «unbranded», rajoutent leurs logos, leurs fortes marges, leurs coûts de marketing et de commercialisation. Ce sont ces marques qui ont la «confiance» des DSI des grandes entreprises.
  • Les industriels du Cloud Public, AWS, Google... font fabriquer directement leurs serveurs chez les mêmes fabricants que Dell ou HP, mais selon leurs  propres spécifications. Ils n’ont aucun coût supplémentaire et obtiennent donc des serveurs 40 et 50 % moins chers que les entreprises qui achètent des marques.

Fabricants serveurs massacreCombinez ces deux mouvements, les entreprises n’achètent plus de serveurs et les industriels du Cloud les font fabriquer directement ; quelle en est la conséquence inéluctable ? La mort très rapide de tous les fournisseurs historiques de serveurs auxquels les entreprises faisaient encore confiance, il n’y a pas si longtemps.

Ce bain de sang économique ne va pas seulement toucher les fabricants, mais aussi tout l’écosystème qui les entoure ; je pense en particulier aux distributeurs et aux petites sociétés de services qui vivent de l’installation et de la maintenance de ces serveurs HP, Dell, Lenovo ou autres.

Ce graphique résume très bien l’évolution du marché des serveurs d’ici 2020.

% unbranded servers Cloud - US Data Center study - % unbranded servers Cloud

  • 100 % des industriels du Cloud Public se fourniront chez les «unbranded».
  • Le marché des serveurs sera à 90% alimenté par les «unbranded».
  • Il restera des miettes, de l’ordre de 10 %, pour les vendeurs de marques.

Permettez-moi un conseil d’investissement : si vous souhaitez perdre l’essentiel de vos économies d’ici 2020, achetez vite des actions de fournisseurs de serveurs de marque...

  

Impacts sur la stratégie serveurs des entreprises 

Quelle que soit leur taille, la stratégie serveurs des entreprises est maintenant d’une grande simplicité :

        Arrêt immédiat et définitif de tout achat d’un seul nouveau serveur.

J’avais déjà évoqué ce thème, ici et .

Pourquoi cette décision devient de plus en plus évidente ?

  • Le nombre de serveurs présents dans vos centres de calcul est déjà supérieur à la demande.
  • Ils ne sont pas toujours utilisés de manière optimale.
  • Le basculement vers des solutions Cloud, IaaS et SaaS, va accélérer la baisse de la demande pour vos serveurs actuels.

 

Impacts sur la consommation d’énergie électrique

J’avais déjà écrit que le Cloud Computing était une excellente nouvelle pour la planète.

Le thème principal de cette remarquable étude sur les centres de calcul aux USA était l’impact des évolutions prévues de la consommation d’énergie électrique. Elle confirme que le basculement sur les solutions de Cloud Public a des impacts majeurs, positifs, sur la consommation d’énergie électrique, comme le montre ce graphique.

US Data Center study - Energy savings: servers, disks...

En 2020, la consommation annuelle d’électricité aurait été de l’ordre de 200 milliards de KW/h en 2020 si rien n’avait changé. Grâce au Cloud Public, elle restera stable, autour de 90 KW/h, deux fois moins !

Qui oserait s’en plaindre ?

 

Synthèse

Good NewsLe basculement massif et rapide vers des solutions industrielles de Clouds Publics va s’accélérer d’ici à 2020.

  • C’est une très mauvaise nouvelle pour les fournisseurs historiques de serveurs.
  • C’est une excellente nouvelle pour les entreprises et les DSI qui vont bénéficier de meilleurs services, à moindre coût.
  • C’est une excellente nouvelle pour notre planète Terre.

Manager fired En 2016, lutter contre cette révolution positive est inacceptable, et tout contrevenant doit être sévèrement sanctionné. A partir d’aujourd’hui, tout DSI qui autorise l’achat d’un seul nouveau serveur subira un sort radical : 

  • Faute professionnelle grave.
  • Licenciement immédiat.
  • Pas d’indemnités !

Cela fera de la place pour des DSI plus innovants, plus courageux !

 


Se libérer de ses Mainframe IBM, rapidement. Deuxième partie

 

AdS DPC Deux oiseaux migrateurs S 87179078Dans la première partie de cette analyse, j’ai présenté la solution de la société LzLabs qui permet de migrer une infrastructure Mainframe IBM, serveur Z sous z/OS, vers une plateforme x86/Linux.

Dans cette deuxième partie, je souhaite vous aider à trouver des solutions innovantes pour migrer les usages, les applications Mainframe IBM.


Le point de départ

Mainframe Migration Starting point La migration réussie d’une infrastructure Mainframe IBM vers une plateforme ouverte et plus économique est une étape majeure pour une entreprise. Elle peut décider de s’arrêter là, au moins pendant quelques mois ou années.

L’entreprise peut aussi, de manière complémentaire et indépendante, se poser la question du remplacement de ces applications historiques.

Les chiffres publiés par MicroFocus sur le poids actuel des applications Cobol sont impressionnants et préoccupants.

 

Microfocus - stats on Cobol in 2013

J’en ai extrait trois éléments :

  • 85 % des transactions financières professionnelles sont réalisées en Cobol.
  • 95% des opérations des distributeurs de billets sont gérés en Cobol.
  • 5 milliards de nouvelles lignes de code Cobol sont développées chaque année. Oui, vous avez bien lu, on parle de «nouvelles» lignes de Cobol.

Microfocus survey - evolution of cobol estateCeci est confirmé par les résultats de l’enquête réalisée par MicroFocus et que j’ai déjà citée dans la première partie de cette analyse : 80 % des entreprises prévoient d’avoir un parc d’applications Cobol stable ou en croissance !

Cette situation n’est pas nouvelle : cela fait des années que les entreprises souhaiteraient pouvoir abandonner leurs applications historiques ; cela fait des années que l’usage de ces applications historiques... augmente.

Mainframe Stats - users want to move, Workloads upUne autre enquête, réalisée par Vanson Bourne en 2014 et citée par LzLabs confirme ce paradoxe, comme le montre ce graphique.

Peut-on sortir de ce cul-de-sac ou faut-il accepter de rester prisonnier de ses applications historiques pendant encore des années ?

Ma réponse ? Oui, il est possible de se libérer de cet énorme fardeau.

 

Migration des applications Mainframe IBM : mode d’emploi 

100 % - NoCommençons par éliminer la démarche qui vous conduira certainement à l’échec : la tentation de migrer 100 % des applications Mainframe IBM existantes, à l’identique, vers une nouvelle plateforme.

Ce serait une très mauvaise idée, un chantier pharaonique et la garantie d’une catastrophe financière et organisationnelle.

Le pragmatisme et une approche modulaire sont à la base d’une migration réussie.

Pie Chart usages Coeur métier support backofficePremière étape : réaliser un inventaire des applications Mainframe IBM existantes et les classer en trois familles :

  • Celles qui correspondent à des fonctions support, transverses, universelles : gestion RH, budgets, trésorerie, CRM...
  • Les fonctions cœur métier, vraiment spécifiques de l’activité de l’entreprise, qu’elle soit dans le secteur financier, industriel ou de services.
  • Les fonctions de gestion administratives back-office, telles que la paye ou la comptabilité.

Cet inventaire peut se réaliser très rapidement, en allant à l’essentiel. Les pourcentages d’applications dans chaque famille seront très différents d’une entreprise à l’autre, mais l’important est que toutes les applications soient placées dans l’une de ces trois catégories.

Deuxième étape : réduire au maximum le nombre d’applications Mainframe IBM à migrer.

Ce schéma présente les différentes pistes permettant de réduire l’empreinte des applications Mainframe IBM dans votre Système d’Information. Il servira de base à toute ce billet.

Mainframe Migration strategy applications

 

Usages Support : j’ai publié un billet sur la démarche DUS, Démarche Usages Support. L’hypothèse de travail est très simple : il existe de remarquables solutions SaaS, opérationnelles, qui répondent à 99 % des besoins correspondant aux fonctions support.

Les fonctions Mainframe Support ne seront jamais migrées ; elles seront éliminées, remplacées par des outils SaaS. Ceci a un double avantage :

  • On supprime une grande partie du parc applicatif Mainframe IBM.
  •  On propose un meilleur service aux clients internes de l’entreprise en remplaçant des applications à l’ergonomie archaïque par des applications modernes, accessibles depuis tout objet disposant d’un navigateur.

Usages Cœur Métier (B - Business sur le schéma) : dans le même texte où je parle de la démarche DUS, je propose une autre démarche, DUM, pour les usages métiers. C’est le moment ou jamais pour l’entreprise et les équipes internes de développement de se poser la question : et si on en profitait pour repenser, dans une logique de reengineering de processus, ces applications essentielles ? Les outils modernes de développement, PaaS, Platform as a Service, disponibles sur les grands clouds publics, permettent de construire des applications beaucoup plus performantes, ergonomiques et innovantes. Il faut pour cela que l’entreprise accepte de recréer en interne des équipes d’ingénieurs logiciels, proches des métiers.

Usages Back-Office : Il reste maintenant toute une série d’applications Mainframe IBM qui ne seront pas remplacées par des solutions SaaS ou des développements sur mesure en PaaS. Pour l’essentiel, ce seront des applications de type Back-Office. Ce stock résiduel d’application est un candidat raisonnable pour une migration vers des architectures logicielles plus modernes.

Logo Eranea migration mainframeJ’ai maintenant une deuxième bonne nouvelle pour les responsables informatiques. J’ai présenté LzLabs pour la migration des infrastructures ; il existe une autre société suisse, basée à Lausanne, Eranea, qui propose des outils de migration des applications Cobol vers des solutions Java/Web.

Eranea Slideshare presentationCe que fait Eranea est très complexe, et ils ont plusieurs années d’expérience dans ces activités de migration. Une présentation détaillée de leur solution est disponible sur SlideShare.

Les sociétés LzLabs et Eranea se connaissent bien ; Eranea était à Zurich lors de la présentation de LzLabs. Je ne serai pas surpris qu’elles annoncent rapidement des accords de collaboration tant leurs solutions sont complémentaires.

En résumé, il est nécessaire d’utiliser trois démarches différentes pour se libérer, progressivement, de ses applications Mainframe IBM :

  • Basculement vers des solutions SaaS des fonctions Support.
  • Développement sur mesure pour les usages cœur métier.
  • Migration les applications résiduelles avec la solution proposée par Eranea.

  

Modèle B I S et Mainframe : une stratégie gagnante

BIS - Infra, Soutien, MétiersJe ne pensais vraiment pas, quand j’ai développé le modèle B I S, Business, Infrastructures, Support, qu’il me rendrait service pour imaginer les démarches et solutions permettant d’envisager, pour la première fois, l’élimination des infrastructures et usages Mainframe IBM dans les grandes entreprises.

Il est très encourageant pour moi de constater que les solutions innovantes qui arrivent sur le marché, comme les offres LzLabs ou Eranea, confortent les visions stratégiques du SI que je présente dans ce blog. Les offres du Cloud Public, IaaS, SaaS et PaaS alliées au modèle B I S permettent, pour la première fois, de proposer des pistes de migration innovantes pour des solutions informatiques, Mainframe IBM, qui sont là depuis 1/2 siècle !

 

Calendrier réaliste

Combien de temps faudra-t-il pour que cette migration des applications Mainframe IBM soit terminée ?

AdS DPC 2016 - 2024 S 116367930Les réponses seront très différentes d’une entreprise à l’autre, c’est une évidence. Je vais quand même vous donner une fourchette de temps que j’estime réaliste : entre 3 et 7 années !

Dans quel ordre peut-on mener ce grand et passionnant chantier ?

  • Etape 1 : migration des infrastructures Mainframe vers x86/Linux avec LzLabs.
  • Etape 2 : recherche des solutions SaaS qui permettent de remplacer les applications Mainframe Support. L’étape 2 peut être menée en parallèle avec l’étape 1.
  • Etape 3 : développement sur mesure des usages cœur métiers, en PaaS.
  • Etape 4 : migration des applications qui restent avec Eranea.

J’espère croiser, dans les années qui viennent, de nombreux DSI de grandes entreprises qui me diront : «Merci, nous avons réussi à moderniser notre SI en nous libérant de nos Mainframe IBM. Nous avons suivi les pistes que vous avez défrichées pour nous.»

 


Un «smartphone» de 12 pouces avec clavier physique pour 300 €, vous êtes intéressé ?

  

Chrome OS Android AppsSurpris par ce titre ? Vous trouverez la réponse à cette question dans ce billet...

Une nouvelle famille d’objets d’accès va apparaître fin 2016, début 2017, et elle va secouer fortement le statu quo. Elle permettra aux entreprises de proposer à leurs clients internes des solutions à forte valeur ajoutée et à... coûts réduits.

  

Objets d’accès : la situation en 2016

Que se passe-t-il d’intéressant sur le marché des objets d’accès au Système d’information depuis 2 ou 3 ans ? Pas grand-chose.

DPC smartphone, Tablet, PC  SOn se trouve dans une situation classique dans le schéma de l’innovation de Christensen, qui me sert de référence dans l’analyse des marchés informatiques depuis... 2006, date de mon premier billet sur le sujet.

  • L’offre actuelle est surdimensionnée pour la majorité des personnes. Qui fait vraiment la différence entre des processeurs octocœurs ou quadricœurs sur son smartphone ?
  • Un petit nombre d’acteurs dominent le marché, rendant impossible l’arrivée de challengers. Un bon exemple est la marginalisation des concurrents d’Android et iOS sur les smartphones, BlackBerry et Windows Phone.
  • L’innovation véritable se ralentit. Un smartphone de couleur or-rose, c’est vraiment un plus majeur...

Comment se présente le marché des objets d’accès en 2016 ? Je vous propose une photographie de l’offre actuelle sur trois dimensions :

  • Familles d’objets d’accès
  • Taille des écrans
  • Prix de vente

Familles d’objets d’accès. Ce tableau résume l’état de l’offre en 2016. Tous les chiffres que je donne sont des ordres de grandeur confirmés par les analyses de Gartner, IDC ou Canalys.

Familles objets accès - principales solutions 2016

  • PC portables : Windows domine ce créneau avec environ 85 % de part de marché, suivi d’Apple avec 10 % et Google, 5 % avec ChromeOS.
  • Smartphones : duopole avec Apple iOS, autour de 15 % et Android à 83 %. Tous les autres acteurs sont marginalisés. IDC annonce moins de 1 % pour Windows Phone en 2020.

IDC Smartphone forecast 2016 - 2020

  • Tablettes : domination d’Android autour de 63 % et iOS avec 22 %. Microsoft est présent sur le créneau des 2 en 1 haut de gamme, tels que les produits Surface Pro, avec 15 % du marché.

Pour le moment, les jeux sont faits et ces parts de marché évoluent peu d’une année sur l’autre.

Taille des écrans. Dans ce domaine aussi, la situation est stabilisée :

Tailles d'écran smartphones tablet laptop

  • Smartphones : en y incluant les «Phablets», l’offre va de 4 à 7 pouces.
  • Tablettes : le cœur du marché couvre une fourchette de 7 à 11 pouces.
  • PC portables : l’essentiel de l’offre se concentre sur 11 à 15 pouces, les 17 pouces se faisant rares.

Il y a peu de chevauchement d’une famille à l’autre.

Prix de vente. A l’inverse des tailles d’écrans, les prix sont peu différents, en particulier sur l’entrée et le milieu de gamme, qui représentent l’essentiel du marché.

Prix moyen smartphones tablet laptop - €

  • Smartphones : on trouve des modèles Android raisonnables à partir de 100 € et on peut aussi dépenser jusqu’à 1 000 € si l’on choisit Apple, de plus en plus positionné sur le marché du luxe.
  • Tablette Microsoft Surface Pro 3000 €Tablettes : l’entrée de gamme commence à 100 € et Microsoft vous permet de dépenser près de 3 000 € pour sa Surface Pro !
  • PC portables : les Chromebooks sont disponibles à partir de 150 € et Apple est ravi de vous proposer un MacBook Pro 15 pouces qui dépasse allègrement les 3 000 €.

 

Une seule famille nouvelle depuis 2011 : les Chromebooks

All metal AcerPro 299 €C’est en 2011 que les premiers Chromebooks sont apparus. J’ai présenté récemment leurs principaux avantages dans ce billet.

Un Chromebook, c’est :

  • Un PC portable.
  • Un OS, ChromeOS, dont le rôle principal est de démarrer le navigateur Chrome.
  • Un prix de vente compris entre 150 et 400 € pour la majorité des modèles.

Petit à petit, les Chromebooks ont trouvé leur place sur le marché :

  • Ils sont utilisés en priorité dans l’éducation, comme le confirme cette analyse Gartner.

Chromebooks sales : Sector :Continent

  • C’est l’un des rares PC portables dont le marché est en croissance, de 16 % en 2016 par rapport à 2015, même si les Chromebooks restent encore une niche, avec 8 millions d’unités vendues prévu en 2016.

Et si une innovation forte faisait que le nombre de Chromebooks vendus explosait dans les prochaines années ?

  

Une innovation de rupture en 2016 : Android sur Chromebook

Google Blog Play store on ChromebooksEn mai 2016, Google a confirmé que la place de marché Android, Google Play, qui héberge des millions d’applications, sera nativement disponible sur les Chromebooks.

La version développeur est déjà disponible ; les premiers tests sont très prometteurs, comme le montre cette vidéo YouTube.

 

Asus Chromebook FlipLe Chromebook sur lequel a lieu cette présentation est l’Asus Flip, l’un des tout premiers modèles disponibles avec cette possibilité, vendu 249$. En 2017, quand la version stable et définitive de ChromeOS avec Google Play sera disponible, la majorité les Chromebooks profitera de cette avancée importante.

Quels sont les avantages de ce mariage ChromeOS - Google Play ? Je dispose d’un nouvel objet d’accès avec des caractéristiques uniques :

Google PlayStore on Chromebooks

  • Un grand écran tactile, de 10 à 14 pouces.
  • Un clavier physique et un trackpad.
  • Une autonomie de 10 à 12 heures.
  • Des millions d’applications disponibles.
  • Le meilleur navigateur du monde, le plus répandu, Chrome, en mode natif.
  • Un démarrage en quelques secondes.
  • Un prix de vente très compétitif, de 200 à 500 €.

Cet objet hybride combine les deux familles d’objets d’accès les plus répandus, les PC portables et les smartphones.

Projetez-vous début 2017 ; vous devez vous équiper d’un objet d’accès :

  • Vous avez besoin en priorité d’un objet avec clavier et grand écran. L’option Chromebook vous propose maintenant un objet disposant de plus d’applications que les PC Windows ou les Macintosh, pour beaucoup moins cher. L’absence d’applications utilisables en local, hors connexion, sur les premiers Chromebooks était l’un principaux freins à leur achat. Si je reviens sur le tableau des familles d’objets présenté au début de ce billet et me projette en 2020, quelle sera la part de marché de Windows sur les PC portables ? 60 %? 40 % ? Ou moins ?
  • Vous envisagez d’acheter un smartphone mais auriez aussi besoin, de temps en temps, d’un grand écran et d’un clavier. Cette solution répond aussi à votre attente.
  • Quelle place restera-t-il pour les tablettes ? Le marché des tablettes est en décroissance depuis 2 ans ; elle devrait s’accélérer au cours des prochaines années.

Iphone SE 489 € Petit rappel : un Chromebook-Google Play coûte deux fois moins cher que le moins cher des iPhone, le SE, dont le prix d’entrée est de 489 € !

Une autre innovation majeure annoncée par Google va renforcer la valeur des Chromebooks-Google Play, l’arrivée des «Instant Apps».

Android Instant Apps

Instant Apps permet de disposer d’applications Android, quand on a besoin, sans nécessité de les installer. Ceci évite d’avoir des dizaines d’applications résidentes dont on ne sert que de manière épisodique. Avec Instant Apps, seule l’icône de l’application est présente sur votre objet. Quand vous en avez besoin, les composants nécessaires s’installent de manière provisoire, un peu comme les pages Web que vous chargez à la demande.

La proposition de valeur de ces Chromebooks-Google Play-Instant Apps devient impressionnante. Il devient urgent de leur trouver un nom !

 

Quel rôle pour le smartphone

Un Chromebook-Google Play ne va pas remplacer un smartphone, c’est une évidence. Nous aurons tous encore besoin d’avoir en permanence avec nous un smartphone de taille raisonnable, autour de 5 pouces, pour des usages flexibles, en tout lieu, à tout moment. Les modèles Android d’entrée de gamme, avec des prix compris entre 100 et 300 €, seront largement suffisants.

La complémentarité entre ces deux objets d’accès est très forte :

Complémentarité Chromebook Smartphone

  • Le même navigateur, Chrome.
  • Le partage des mêmes applications natives Cloud et SaaS.
  • L’accès aux mêmes Instant Apps sur le Cloud.
  • L’utilisation en local des mêmes applications Google Play.

Les entreprises peuvent maintenant, pour un coût compris entre 400 et 700 €, équiper leurs collaborateurs d’un duo d’objets d’accès performants et complémentaires. Quelle place restera-t-il, en 2020, pour les autres objets d’accès :

  • Tablettes, tous vendeurs confondus.
  • PC et smartphones Apple et Microsoft.

  

Google, numéro un dans tous les objets d’accès ? 

En 2016, la situation du marché des objets d'accès est claire :

  • Google est numéro un des smartphones avec 85 % de part de marché.
  • Google est numéro un des tablettes avec plus de 60 % de part de marché.
  • Google est numéro un des navigateurs avec Chrome, comme le montre ce graphique des parts de marché des navigateurs en Europe en juillet 2016.
  • Google est un nain des PC portables avec 5 % de part de marché.

Chrome Market share Europe 7:2016

La vitesse à laquelle cette prise du pouvoir c'est réalisée est impressionnante :

  • Il a fallu 4 années à Google pour devenir numéro un des navigateurs.
  • Il a fallu 4 années à Google pour devenir numéro un des OS mobiles.
  • Combien de temps faudra-t-il à Google pour devenir numéro un des OS pour PC portables avec ChromeOS nouvelle version ? 4 années ?

Google Number One Smartphones tablette Nav Laptop

Le marché des PC portables est petit, 250 M de machines vendues par an, comparé à celui des smartphones, 1 500 M par an. Il est cependant stratégique dans les entreprises et l’éducation.

L’arrivée des Chromebooks-GooglePlay peut permettre à Google de devenir aussi le fournisseur numéro un des PC portables dans le monde professionnel, après avoir déjà conquis celui de l’éducation.

 

Résumé

DPC budget down coins S 84975725Les responsables informatiques doivent, immédiatement, analyser l’option Chromebook-Google Play comme alternative aux PC portables Windows.

Le déploiement généralisé de cette solution sera possible dès le début de l’année 2017 ; il est urgent d’évaluer cette option dans le processus budgétaire en cours ; elle permet de planifier une rapide baisse des coûts.

Il ne faudra pas pour autant éluder une question de fond : est-ce que l’on est prêt à accepter la domination de Google sur l’ensemble de ses objets d’accès en lui confiant aussi les PC portables ?